dimanche 6 mai 2012

Mourir Pour Vivre Par Jessie Penn-Lewis



  
CHAPITRE I

Le chemin de la délivrance.

"Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en Sa mort que nous avons été baptisés ?" (Romains 6:3)

    Comment être libéré de l'esclavage du péché et de la vie propre ? Telle est la grande question que se posent de nombreux enfants de Dieu. Cet affranchissement semble impossible, mais "les choses qui sont impossibles aux hommes sont possibles à Dieu". La Parole de Dieu déclare : "Un Seul est mort pour tous. Tous donc sont morts et Il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux" (2 Corinthiens 5:14,15.) Quand nous sommes venus à Christ pour la première fois, chargés du fardeau et de la culpabilité de nos péchés, la délivrance nous paraissait tout aussi irréalisable, mais lorsque nous avons pris Dieu au mot et que nous nous sommes appropriés Sa Parole, le Saint-Esprit y a rendu témoignage et nous a prouvé qu'Il avait le pouvoir d'accomplir ce qui nous paraissait impossible, Revenons à cette première étape de notre délivrance, et rappelons-nous de quelle manière elle fut opérée.
  1. Nous avons été convaincus de péché.
  2. Nous avons lutté pour obtenir la paix et avons tourné nos regards sur nous-mêmes pour trouver quelque soulagement, mais tous nos efforts ont été vains.
  3. Au seuil du désespoir, il nous a été révélé que la délivrance ne pouvait venir que d'une puissance qui soit en dehors de nous-mêmes.
  4. Enfin nous avons porté nos regards sur Christ. Nous L'avons contemplé sur la croix du Calvaire, portant nos péchés en Son corps sur le bois.
  5. Nous avons cessé nos luttes, nous nous sommes reposés sur l'œuvre expiatoire accomplie, et nous avons trouvé la paix par le sang de Sa croix. Le Saint-Esprit a rendu ce précieux sang efficace pour notre âme, et nous n'avons "plus eu aucune conscience de nos péchés" (Hébreux 10:2). La chose "impossible" est devenue un fait accompli. Justifiés par la foi, nous avons réalisé que nous avions la paix avec Dieu (Romains 5:1).
  6. La vie nouvelle, issue de Dieu, nous a été communiquée par le Saint-Esprit, et Il a rendu témoignage à notre esprit que nous étions enfants de Dieu (Romains 8:16).
    Ces expériences successives se répètent d'une manière claire et précise lorsque Dieu nous amène à connaître la délivrance de l'esclavage du "moi" et du péché.
  • L'Esprit de Dieu commence par nous convaincre de la servitude du péché et du caractère exécrable de la vie propre (voir 1 Corinthiens 3:1-3).
  • Nous luttons pour vaincre nos péchés et nous libérer nous-mêmes ; nous crions à Dieu, et cependant la victoire semble de plus en plus problématique, L'ennemi nous suggère : "Ce n'est pas pour toi..." ou : "La délivrance n'existe pas..." Nous essayons de nous livrer de plus en plus à Dieu ; mais nous tombons de chute en chute, Nous languissons d'accomplir la volonté de Dieu, mais plus nous nous y efforçons, plus il nous semble que nous agissons d'une manière contraire à nos désirs. L'horreur que nous inspire le péché augmente, et sa puissance paraît plus grande. Nous nous trouvons placés dans des circonstances qui font ressortir les plus mauvais côtés de notre nature, jusqu'à ce qu'enfin nous nous maudissions nous-mêmes et nous écriions : "Oh ! misérable que je suis, qui me délivrera…" (Romains 7:24).
  • Arrivés à ce point d'amer désespoir et de ténèbres, l'Esprit de Dieu nous révèle que la délivrance doit venir d'une autre source et que la vie propre ne peut pas se vaincre elle-même, pas plus qu'elle ne peut vaincre le péché.
  • L’Esprit de Dieu nous ramène alors au Calvaire et projette Sa lumière sur tout ce qu'implique la mort du Seigneur pour la délivrance de ceux qui se confient en Lui. Il nous conduit à la Parole de Dieu : "Un Seul est mort pour tous, tous donc sont morts" (2 Corinthiens 5:14). Nous comprenons maintenant que le Sauveur a porté le pécheur sur la croix, et non pas seulement ses péchés, et qu'en Lui, nous sommes morts au péché et à l'ancienne vie du "moi ". Nous sommes prêts enfin à nous reconnaître comme crucifiés avec Christ, et à vivre la vie crucifiée, "Toujours livrés à la mort pour l'amour de Jésus, afin que la vie de Jésus soit manifestée" (2 Corinthiens 4:2, Darby.)
  • "Devenus une même plante avec Lui par la conformité à Sa mort" (Romains 6:5), comme étant morts avec Lui, nous mettons un terme à nos efforts, nous laissons de côté nos propres œuvres, et nous entrons dans le repos (Hébreux 4:10), affirmant, dans une entière dépendance du Saint-Esprit : "J'ai été crucifié avec Christ" (Galates 2:20).
  • La vie de Dieu nous est désormais communiquée dans une plus grande mesure, et le Saint-Esprit nous révèle le Christ vivant, demeurant dans notre âme et nous rendant capables de vivre selon Lui, moment après moment.
    "Ah ! dira quelqu'un, mais je ne sens pas encore qu'il en est ainsi !" Néanmoins c'est le message du Calvaire et de la résurrection de Christ, et nous devons prendre cette position devant Dieu, par la foi en Sa Parole, avant de pouvoir en faire l'expérience pratique.
    Avons-nous été amenés, par le Saint-Esprit, à désespérer entièrement de nous-mêmes, et sommes-nous prêts à convenir "qu'en nous il n'habite point de bien" ? (Romains 7:18, Darby). Dans ce cas, nous pouvons en toute confiance :
  1. Regarder au Calvaire une fois de plus, et voir que le Sauveur nous a portés en Lui-même sur la croix, en même temps que nos péchés (Romains 6:3; Galates 2:20).
  2. Prendre notre place en Lui sur la croix et déclarer que, par le choix de notre volonté, nous sommes morts avec Lui (Colossiens 3 : 3; Galates 2:20).
  3. Dès lors, jour après jour, chaque fois qu'une trace de notre ancienne nature sera remise en lumière, l'apporter à la croix et reconnaître qu'elle a été crucifiée avec Lui (Romains 8:13).
  4. Compter sur Christ, vivant en nous, pour manifester Sa vie d'une manière continue.
    Si, paisiblement, nous nous appuyons ainsi sur la Parole de Dieu, "Vous êtes morts" (Colossiens 3:3), et réclamons que la puissance de séparation de la mort de Christ intervienne envers toute manifestation de l'ancienne vie adamique et envers les liens du péché qui nous retenaient autrefois, le Saint-Esprit agira aussitôt pour "faire mourir les actions du corps", et nous marcherons dans la liberté par laquelle Christ nous a affranchis.
    De plus, à l'heure de la tentation, lorsque Satan essayera de rejeter sur nous nos anciens péchés ou les agissements de notre vieille nature, sous quelque forme que ce soit, nous pourrons, par "la parole de notre témoignage", proclamer que nous sommes crucifiés avec Christ et faire nôtre la victoire qu'Il a remportée sur Satan à la croix, refusant de nous soumettre à son pouvoir diabolique.

Mais comment se fait-il que notre mort avec Christ puisse devenir une réalité pour nous d'une manière instantanée ?

    Il ne faut qu'un instant pour prendre notre place de "crucifié avec Christ", mais ensuite, l'Esprit de Dieu doit, jour après jour, exercer Sa puissance sur notre vieille nature. Notre part est de la livrer à la croix, au fur et à mesure qu'elle nous est révélée d'une manière plus profonde.

Le "moi" peut-il ressusciter ?
  1. Après avoir réalisé notre mort avec Christ, de nouvelles manifestations de notre vie propre se feront probablement jour, et nous aurons à y faire face, car, à mesure que l'œuvre de Dieu s'approfondit dans nos cœurs, le Saint-Esprit nous révèle des abîmes de péché dont nous n'avions aucune idée si du moins la prière que nous adressons à Dieu est : "Seigneur, ne m'épargne pas !"
  2. Il peut arriver que l'adversaire imite le "moi" afin de nous faire perdre notre foi dans le fait que nous sommes crucifiés avec Christ.
Que faire quand ces difficultés se présentent ?
  1. Nous tenir de pied ferme sur le rocher de la Parole du Dieu vivant, et déclarer : "Il est écrit" : "J'ai été crucifié avec Christ, Sa mort est devenue la mienne".
  2. Remettre toute trace de vie propre, réelle ou apparente, au Saint-Esprit, afin qu'Il S'en occupe Lui-même, et refuser d'avoir quoi que ce soit à faire avec cette chose.
  3. Croire que Dieu délivre maintenant en face de toutes les apparences contraires et se cacher en Christ sur la croix, à l'abri de l'ennemi, comptant sur la protection du sang du Calvaire.
La communion avec la mort de Christ exclut-elle les "sentiments"  ?

    Le Seigneur n'a pas promis de faire de nous des pierres. Par l'union avec Christ en Sa mort, nous sommes délivrés de notre égoïsme, de notre susceptibilité (notre "moi" blessé), mais pas de notre sensibilité à l'égard de notre prochain. Dorénavant nous verserons des larmes pour les autres, mais nous n'en verserons plus parce que nous sommes lésés ! Quelque souffrance que nous ayons à endurer, nous ne nous en offenserons plus et ne riposterons plus comme nous en avions l'habitude. Cependant nous ne deviendrons pas insensibles à la souffrance ; mais nous verrons la main de Dieu dans tout ce qui nous arrivera, sachant que toutes choses concourent à notre bien. (Romains 8:28.)

Si nous sommes morts, comment pouvons-nous encore être tentés ?

    Si Christ a souffert, étant tenté, et s'Il fut tenté comme nous en toutes choses (Hébreux 2:18;  4:15), nous ne cesserons certainement jamais d'être tentés nous-mêmes. Galates 2:20 nous donne le secret : "JE suis crucifié, Christ vit en MOI". JE, l'égoïste JE est cloué à la croix ; "moi", ma personnalité, demeure pour être tentée et mise à l'épreuve.

Que signifie "sans cesse livrés à la mort?’’ (2 Corinthiens 4:11).

    En lisant le contexte de ce passage, nous verrons qu'il se rapporte au fait que la vie physique de Paul était continuellement exposée au danger, Il ne semble pas du tout qu'il concerne la mort "spirituelle". Dans 2 Corinthiens 4:10, en revanche, nous lisons ces mots : "Portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus". Ceci décrit la vie crucifiée qui résulte de notre acceptation des déclarations de la Parole de Dieu concernant notre mort avec Christ, alors que l'Esprit-Saint nous conduit de jour en jour dans une conformité plus grande avec la mort du Seigneur.

Que faire si nous tombons dans le péché après avoir pris notre place de mort à la croix ?

    C'est là le point le plus critique de tous. Par-dessus tout, il nous faut être honnêtes avec Dieu et appeler le péché par son vrai nom : PÉCHÉ, sans essayer de l'excuser ou de l'atténuer, ni de réconcilier notre chute avec notre expérience passée, Nous aurons toujours besoin de 1 Jean 1:9 ! Lorsque nous aurons confessé notre péché, quel qu'il soit, il nous faudra simplement reprendre notre place de "crucifié avec Christ". et demander à Dieu de nous attirer dans une communion plus intime avec Lui-même et de nous garder continuellement par la puissance de Sa vie en nous.

Qu'en est-il de la croissance ?

   Ce n'est qu'à partir du moment où nous réalisons notre union avec Christ dans Sa mort qu'il nous devient vraiment possible de "croître dans la grâce", car c'est la vie divine qui doit croître, tandis que la vie terrestre est continuellement livrée à la mort.

Quelques paroles d'avertissement :
  1. Prenons garde, en rendant témoignage, de ne pas proclamer : "Je suis mort" car c'est attirer l'attention sur soi-même, c'est le "moi" sous une forme subtile ! Parlons du Seigneur et de tout ce qu'Il est, mais c'est à Lui de rendre témoignage de ce qu'II a fait pour nous. Accueillons aussi avec empressement toute critique, qu'elle soit formulée avec bonté ou non ; c'est ainsi que nous apprendrons à mieux nous connaître nous-mêmes, ce qui nous poussera à chercher une délivrance plus profonde. Par ce moyen, notre vie extérieure ne tardera pas à être rendue conforme à notre vie intérieure, et notre conduite ne risquera pas d'être en contradiction avec notre profession de foi. Gardons-nous de dogmatiser sur les vérités spirituelles. Si Dieu rend témoignage à la réalité de notre expérience, nous n'aurons pas besoin d'en parler beaucoup nous-mêmes. 1 Corinthiens 8:2 est toujours vrai !
  2. Ne recherchons jamais les "expériences", mais abandonnons-nous entre les mains de Dieu, afin qu'Il agisse à notre égard comme Il Lui plaira, nous conduisant dans le chemin qu'Il jugera bon pour nous.
  1. Faisons attention de ne pas sortir du repos de notre âme en cherchant de nouvelles bénédictions. Dieu ne peut pas agir pendant que nous sommes anxieux et inquiets, même s'il s'agit de notre vie spirituelle, Prenons Dieu au mot, comptons sur Sa Parole et laissons-Lui le soin de l'accomplir.
  2. Ne jugeons jamais la Parole de Dieu d'après notre expérience, car la Parole de Dieu est vérité, quelle que soit notre expérience.
  3. Ne cherchons pas à être "conscients" de notre mort avec Christ. Ces mots mêmes sont en contradiction l'un avec l'autre, car, si nous avions littéralement passé de ce monde dans l'au-delà, nous ne sentirions pas que nous sommes morts. Nous serions seulement conscients d'être entrés dans une nouvelle vie merveilleuse, et notre expérience de la mort serait négative, les liens du passé ne pouvant plus, en aucune façon, nous retenir captifs.
  4. Prenons garde de ne pas appuyer notre foi sur l'attitude que nous avons prise par rapport à notre mort avec Christ, mais sur le Dieu qui agit, faisant que cette attitude se transforme en réalité.
  5. Soyons également attentifs à ne pas "essayer de saisir" la vérité divine, car dans la plupart des cas, cela représente un effort intellectuel qui empêche le Saint-Esprit d'accomplir Son œuvre, Livrons-nous au Saint-Esprit, et Il fera que la vérité nous saisisse.
  6. Le Seigneur n'a jamais promis qu'un jour viendrait où nous pourrions regarder au-dedans de nous et déclarer avec satisfaction que toute vie propre en est extirpée. Si nous croyons vraiment la Parole de Dieu quand elle proclame que nous sommes morts avec Christ, et si nous comptons sur Christ vivant en nous pour manifester Sa vie par nous, les autres verront qu'il en est ainsi, tandis que nous serons occupés de Christ.
  7. Quand le Saint-Esprit a appliqué la mort de Christ à notre âme et l'a amenée ainsi dans une vie de libération réelle, cette expérience doit être maintenue continuellement en demeurant en Lui. Nul effort n'est nécessaire pour "demeurer" si nous nous en remettons au Saint-Esprit qui nous gardera "en Lui" sans que nous en soyons même conscients.
  8. Lorsque nous faisons le pas décisif en nous fiant à la Parole de Dieu, gardons-nous de tourner nos regards sur nous-mêmes pour voir si l'œuvre se fait et de surveiller, pour ainsi dire, "l'opération de Dieu" (Colossiens 2:12). Tandis que nous nous reposons sur Sa Parole, l'œuvre s'accomplit dans les profondeurs de notre être par les soins du tout-puissant Opérateur qui habite en nous. Si nous commençons à questionner : "Suis-je mort avec Christ, ou ne le suis-je pas ?", Il doit attendre jusqu'à ce qu'Il ait pu nous amener à détourner nos yeux de nous-mêmes et à nous appuyer de nouveau sur la Parole seule.
  9. Attendons-nous à ce que l'adversaire nous dispute chaque pouce de terrain. Le diable n'est PAS mort ! Bien au contraire, lorsque nous trouvons un refuge en Christ sur la croix, il semble plus vivant que jamais. Que le Sauveur vivant qui demeure dans nos cœurs nous garde de toutes ses attaques subtiles ! Nous expérimenterons alors la victoire à chaque pas du chemin, car il est un ennemi vaincu.
  10. Rappelons-nous que c'est en vain que nous demandons à Dieu de nous affranchir de nous-mêmes si nous retenons volontairement une seule chose qui serve les intérêts de la vie propre. En revanche, une pleine délivrance nous sera accordée si en toute sincérité nous permettons à Christ de nous posséder entièrement et si nous déposons à la croix d'une manière toute pratique chaque élément nouveau de la vie propre, dès qu'il nous est révélé. Nous ferons bien aussi de nous souvenir que la méthode de Dieu à notre égard est de ne pas permettre qu'une épreuve nous soit enlevée avant que nous ayons cessé de nous regimber contre elle. Par conséquent, il nous est plus avantageux de dire tout de suite : "Oui, Seigneur !"
  11. Pour terminer, "la fin que le Seigneur nous accorde" (Jacques 5:11) est la VIE, la vie qui découle de la mort. "Si nous avons été identifiés aVec Lui dans la ressemblance de Sa mort, nous le serons aussi dans la ressemblance de Sa résurrection. (Romains 6:5, Darby). Fions-nous à Lui pour qu'II accomplisse Son œuvre dans nos cœurs tandis que nous cédons à Son action ! Confions-nous en Lui implicitement et obéissons promptement.


CHAPITRE II

Jusqu'à quelle profondeur la croix doit-elle pénétrer en nous ?

"L'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu" (1 Corinthiens 2:10).

    Le thème du 6° chapitre de l’Épître aux Romains peut être résumé par ces mots : "Le double message de la croix". Ce titre est condensé lui-même dans les deux faits fondamentaux exposés par l'apôtre Paul en relation avec le Calvaire : 

1) "Christ est mort"  ; 
2) "Nous sommes morts".

    Le "règne de la mort" qui a prévalu sur toute l'espèce humaine est la preuve de la chute de l'homme. La mort est entrée dans le monde par le péché. Romains 5 nous enseigne que Christ est mort à notre place, afin que nous puissions devenir participants de Sa vie de résurrection. Romains 6 nous apprend comment nous approprier cette vie. Si Christ est mort pour nous, afin que Sa vie puisse nous être communiquée, nous sommes morts avec Lui pour être rendus capables de la recevoir virtuellement. Il faut que nous devenions "une même plante avec Lui par la conformité à Sa mort". Trois fois, Paul se sert de ces mots : "Sa mort", v. 3, 4, 5. Puis il ajoute : "Nous sommes morts," v. 8. L'identification du pécheur au Sauveur est donc clairement indiquée.
    Mais que signifie cette mort avec Christ ? En premier lieu, elle signifie mourir au PECHE en tant que maître et tyran, au péché, et non à "nos péchés". Elle signifie en outre tout ce que Dieu veut faire pour nous par la crucifixion de notre" vieil homme" avec Christ (Romains 6:6). Le Saint-Esprit est prêt à la rendre efficace jusqu'au tréfonds de notre être intérieur, jusqu'à ce que le péché ait perdu son empire dans tous les domaines. Cette mort agit d'une manière plus profonde que ne l'implique le renoncement aux choses visibles et extérieures. Elle pénètre dans les retranchements les plus secrets de notre être jusqu'à ce qu'elle y ait établi une libération absolue de l'esclavage et de la tyrannie du péché. Elle accomplit une œuvre si étendue, par le ministère de l'Esprit éternel Lui-même, que le pivot de notre vie est changé et que l'âme est replacée dans son centre légitime : le Dieu d'éternité.

Jusqu'à quelle profondeur doit pénétrer cette mort ?

    C'est la question que je vous pose aujourd'hui. Quand l'Esprit de Dieu effectue cette œuvre radicale en faisant nôtre la mort de Christ, il s'agit d'une opération d'une plus grande portée que la seule purification de notre cœur : c'est une coupure, une séparation, qui ne peut être exprimée que par tout ce que le mot "mort" implique. Le croyant est soustrait à un maître cruel appelé péché, par l'action de l'Esprit de Dieu qui s'exerce au centre même de son être et l'affranchit afin de le rendre capable d'obéir à Dieu. L’Écriture ne dit pas qu'il est désormais impeccable, qu'il n'y a plus de péché en lui, mais qu'il y a coupure entre lui et le péché par l'imputation de la mort de son Substitut, qui a livré Sa vie à sa place au Calvaire, de telle sorte qu'il en est désormais de lui, comme s'il était littéralement mort lui-même. Son ancien maître, le péché, n'a plus aucun pouvoir sur lui et aucune revendication à formuler à son égard (voir Romains 6:17, 18).
    Voilà la raison pour laquelle, dans Romains 6, qui est la grande charte de l'Eglise de Christ, l'apôtre fait alterner d'une manière si remarquable les mots SA MORT, avec NOUS SOMMES MORTS, comme s'ils concernaient un seul et même fait - ce qui, du reste, est le cas, dans le merveilleux plan de rédemption de Dieu.
    Bien-aimés, ne comprenez-vous pas que c'est précisément sur ce point que vous devez être établis sur un fondement solide ? Il se peut que vous luttiez contre "vos péchés" jusqu'à être fatigués de la bataille. Vous avez recherché la purification de votre cœur et avez peut-être expérimenté un temps de répit dans votre lutte épuisante. Mais l'œuvre doit aller plus profond. La mort de Christ - Sa mort - élève dans les profondeurs de l'homme intérieur, au centre même de l'être, une barrière entre lui et son tyran, le péché, ressemblant à la lame de l'épée flamboyante agitée par les chérubins à la porte du jardin d’Éden. Vous êtes "morts au péché", et par l'action puissante du Saint-Esprit qui rend cette mort efficace pour vous, en réponse à votre foi en l'intervention Divine (Colossiens 2:12), vous êtes affranchis afin de "vivre pour Dieu".

Jusqu'à quelle profondeur cela ira-t-Il ?

   Jusqu'à quelle profondeur consentez-vous à ce que Dieu aille dans votre vie intérieure ? Désirez-vous réellement être délivrés du péché ? Haïssez-vous le péché ? Pour le moment, laissons de côté le souvenir des différents péchés qui vous troublent. Dieu veut avoir affaire au centre. Qu'II puisse commencer Son œuvre tout au fond et y dresser la barrière de la mort entre vous et votre tyran, le péché. Proclamez, comme Dieu déclare que vous pouvez le faire : "Crucifié avec Christ, je ne suis plus esclave du péché !" Et Dieu fera que cette proclamation devienne vraie dans votre expérience.

Jusqu'à quelle profondeur la mort de Christ doit-elle pénétrer en nous ?

    Vous êtes d'accord de répondre pour ce qui concerne le péché : "Aussi profond que Dieu peut aller pour me donner la délivrance !" Jusque-là, c'est bien. Mais il y a d'autres résultats qui se rattachent à cet acte initial par lequel la barrière de la mort de Christ a été élevée contre le péché au centre de notre être, Beaucoup d'autres choses sont comprises dans notre mort avec Christ et doivent encore nous être révélées. Il y a un autre esclavage dont nous devons être affranchis et que Paul désigne sous le nom de "la loi". Regardez Romains 7:6.

"Maintenant que nous sommes morts avec Christ, la loi sous l'empire de laquelle nous étions autrefois maintenus a perdu son pouvoir sur nous, de sorte que nous ne sommes plus dans l'ancien esclavage de la lettre, mais dans le service nouveau de l'Esprit" (Version Conybeare).

    Derrière la tyrannie du péché, il y a une loi, avec sa verge et ses exigences, qui nous fait réaliser avec amertume notre incapacité absolue de la mettre en pratique. Dieu nous dit par le moyen de la loi : "Tu feras ceci", et "tu ne feras pas cela", et nous, sous la servitude du péché, nous sommes sans force pour obéir. Mais maintenant que nous sommes morts, la loi perd son pouvoir sur nous. Nous sommes morts (avec Christ) au péché, et par cette mort, nous sommes soustraits aussi aux exigences de cette loi. Les jours d'oppression sont finis. La loi, sous la férule de laquelle nous tremblions, est désormais transfigurée. Elle est accomplie en nous par la puissance de l'Esprit (Romains 8:4), car Christ Lui-même, vivant en nous, est l'accomplissement de la loi Autrefois c'était "je dois" - et la défaite. Maintenant c'est "je puis par Christ" - et la victoire.

Jusqu'à quelle profondeur ?

    La croix de Christ, dressée au centre de notre être, a de plus profondes répercussions encore. C'est à nous de dire à Dieu "jusqu'à quelle profondeur" Il peut aller, en réalisant dans nos vies tout ce qu'implique le Calvaire. Lisons Colossiens 2:20 (Conybeare) : "Si donc, quand vous êtes morts avec Christ, vous avez mis de côté les leçons de l'enfance en ce qui concerne les choses extérieures, pourquoi, comme si vous étiez encore en vie dans les choses extérieures, vous soumettez-vous à des ordonnances - ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas... !"

Jusqu'à quelle profondeur la mort de Christ doit-elle pénétrer en nous ?

    Jusqu'à quelle profondeur l'épée de la croix doit-elle trancher dans nos vies ? Nous avons déjà vu qu'elle doit opérer une séparation entre nous et 1) le péché, ce maître implacable qui habite en nous, 2) l'esclavage de la loi qui nous opprime avec ses exigences inexorables. Mais maintenant, elle doit encore nous délivrer de 3) toute dépendance des choses extérieures, de l'importance exagérée que nous donnons à ces choses, les croyant essentielles, ou même simplement utiles à notre service et à notre culte pour Dieu. Le fait que Paul parle ici du côté religieux de la vie du croyant est indiqué par le contexte de ce passage. Il s'agit des "questions de conscience" qui apportent le trouble et la division dans tout le corps de Christ. Est-ce que "j'ose" manger ceci, ou boire cela ? Qu'en est-il de l'observation du dimanche ? Le sabbat institué en Eden concerne-t-il aussi "la nouvelle création en Christ", née à la vie par le Calvaire et la résurrection (2 Corinthiens 5:17) ? Que penser de certains préceptes qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes, préceptes généralement négatifs, tels que "ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas ! - choses qui sont toutes destinées à périr par l'usage" ? (Colossiens 2:22, version Darby.)
    Ces préceptes, dit l'apôtre, ont une "apparence de sagesse, en ce qu'ils indiquent de l'humilité et le mépris du corps" mais "ils sont sans aucune valeur pour réprimer la tolérance des passions charnelles" - c'est-à-dire que la chair reste la même sous la surface en dépit de cette prétendue humilité et de ce mépris du corps.
    La méthode de Dieu est plus excellente. Il fait pénétrer l'épée de la croix jusqu'à la moelle de l'être humain, et par la bouche de l'apôtre, Il déclare : "Quand vous êtes morts avec Christ, cela concernait toutes ces choses extérieures. Aucune d'entre elles n'est indispensable au salut, elles ne contribuent même pas au développement de la vraie vie intérieure. La "chair" a été mise à mort en Christ pour vous" (Galates 5:24). Pourquoi donc vous appuyer sur des choses qui, en réalité, n'ont aucune valeur pour tenir en bride les passions de la chair, laquelle ne fera que changer de forme et se fera jour d'une autre manière ? Ce sont les pensées charnelles, "enflées d'un vain orgueil", (Colossiens 2:18) qui sont les instigatrices de toutes ces méthodes ayant pour but de maîtriser la chair. Celle-ci est donc encore renforcée et rendue plus active par les moyens mêmes qui sont employés pour lui mettre un frein.
    Mais, dira quelqu'un, ces choses extérieures ne sont-elles d'aucun secours pour le développement de la vraie vie de Dieu dans l'âme humaine ? Paul nous indique le moment où elles peuvent lui être en aide : C'est dans le temps de l'enfance spirituelle. Elles sont des "leçons de l'enfance" qui tomberont à la croix de Christ lorsque sa signification profonde commencera à être révélée à l'enfant de Dieu. Les Colossiens étaient troublés au sujet de ces préceptes, des sabbats, etc., et ils se condamnaient les uns les autres avec autant de vigueur que les Chrétiens du vingtième siècle ne le font à propos de leurs opinions respectives, quant au bien-fondé ou au mal fondé d'une quantité de choses extérieures. Ces choses sont toutes "des ombres," "des ombres," "des ombres," leur crie l'apôtre (Colossiens 2 : 17). Recherchez la substance même et vous comprendrez bien vite quelle est la pensée du Seigneur pour vous au sujet de la manière dont vous devez agir à l'égard de "ces ombres" dans la vie pratique (Romains 14 illustre ce principe d'une manière très claire).
    Il est très instructif de constater que Paul n'essaye pas de résoudre les "questions de conscience" des Colossiens. Il les amène à la seule place où ces questions peuvent être envisagées selon leur vraie perspective. En dehors du Calvaire - le seul lieu qu'un pécheur sauvé par grâce possède sur la terre, le lieu de sa mort avec Christ -, ces questions sont amplifiées hors de toutes proportions. Des choses extérieures, insignifiantes, finissent par éclipser complètement celles qui comptent réellement.
    Reviens au Calvaire, enfant de Dieu, reviens au Calvaire ! Mets de côté - du moins pour le moment - toute discussion, et laisse Dieu tailler jusqu'au fond de toi-même, par l'action de la croix, et amputer toutes tes vues, tes opinions au sujet des questions extérieures ayant trait à la vie chrétienne. Rejette les "leçons" de ton enfance spirituelle et meurs en Christ ! Alors un voile se déchirera devant ta vision intérieure, et tu verras la lumière dans la lumière de Dieu (Psaumes 36:10). Tu apprendras que la seule chose qui vaille est d'être "une nouvelle création" (Galates 6:15). Tu connaîtras que "le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit" (Romains 14:17). Tu seras délivré ainsi de toute tendance à juger et à condamner ton prochain pour des détails qui ne sont pas essentiels au salut : tu ne permettras plus à ces choses de s'élever comme des barrières entre toi et d'autres membres du corps de Christ.

Jusqu'à quelle profondeur la mort de Christ doit-elle pénétrer en nous ?

Plus profond encore, toujours plus profond ! Lisez Colossiens 3:2, 3 :

"Affectionnez-vous aux choses d'en haut (mettez votre cœur dans les choses d'en haut), et non à celles qui sont sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu".

Jusqu'à quelle profondeur ?

    Si profondément que notre vie sera vécue dorénavant dans le ciel, "avec Christ en Dieu". Telle doit être la suite normale de notre expérience. A mesure que la mort de Christ agit et retranche plus profondément en nous, la vie d'union avec Lui doit se fortifier. A mesure que le péché cesse de régner sur notre cœur et que l'esclavage du "tu dois" fait place à l'obéissance de l'amour, à mesure que l'âme est de plus en plus dépouillée de toute confiance en quoi que ce soit hors de Christ, ou insidieusement ajouté à la perfection de Son œuvre pleinement accomplie et achevée au Calvaire, le croyant découvre que sa vie est de plus en plus vécue dans le ciel. Les choses qui le troublaient auparavant descendent à leur vraie place et il ne paye plus "la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin" (Matthieu 23:23), tout en restant aveugle aux questions vitales qui concernent son salut. Jusqu'à quelle profondeur doit agir cette mort ? Si profondément que désormais le cœur est attaché aux choses d'en haut et non plus à celles qui sont sur la terre. Il n'a pas fallu de grandes luttes pour en arriver à lâcher ces choses terrestres : l'œuvre de mort de la croix les a retranchées, de telle façon qu'elles aussi, soumises à la volonté de Dieu, sont en quelque sorte "tombées" ; elles ont simplement été mises à leur vraie place.
    Ainsi, nous voyons qu'une véritable communion avec Christ dans Sa mort nous dépouille de tout fanatisme, de tous les "extrêmes" de tout ce qui n'est que le produit de la chair et non de la vie nouvelle d'en haut. La lumière du ciel projetée sur les choses de la terre nous fait voir ces choses à leur vraie valeur et nous enseigne le chemin à suivre pour marcher selon Dieu dans l'esprit. Quand un homme meurt, physiquement parlant, il doit abandonner ses possessions, si grandes soient-elles. Essayez de vous représenter cet homme venant vivre à nouveau sur la terre ! Ne croyez-vous pas qu'II envisagerait les valeurs sous un angle totalement différent, et que tout aurait changé d'aspect à ses yeux ? Spirituellement, c'est exactement ce que le plan de Dieu a prévu en identifiant le pécheur à son Sauveur sur la croix. La mort de Christ, appropriée au croyant, le sépare des choses terrestres, si bien qu'il vit désormais comme quelqu'un qui a sa demeure dans le ciel.

Jusqu'à quelle profondeur la croix ira-t-elle  ?

    Touchera-t-elle à vos vêtements, à vos ambitions, à vos biens ? Ce n'est pas tellement de remporter la victoire à l'égard de ces choses qu'il s'agit, mais plutôt de mourir à chacune d'elles dans la mort de Christ. Mais, plus profond encore, doit être le cri de notre âme ! Ouvrons nos Bibles à 2 Timothée 2:9-11 : "J'endure des souffrances comme un malfaiteur... J'endure tout pour l'amour des élus, afin qu'eux obtiennent... Cette parole en certaine ; car si nous sommes morts avec Lui, nous vivrons aussi avec Lui" (Darby).
    Où trouvons-nous, dans ce passage, que la mort de Christ aille plus profond encore ? C'est en ce qu'elle a retranché, dans la vie de Paul, tout intérêt personnel. Traité comme un malfaiteur, l'apôtre s'écrie : "J'endure tout pour l'amour des élus, afin qu'eux obtiennent..." Qu'eux puissent obtenir, non pas que "moi j'obtienne !"… Qui n'est pas désireux, dans ce monde battu par la tempête, de posséder une vie qui ait son centre dans les cieux ? Mais quand il s'agit de consentir à souffrir comme Christ a souffert, comme un criminel mené au trépas, et cela "pour l'amour des autres", afin qu'eux obtiennent la gloire et la bénédiction... ah ! cela, c'est "plus profond encore" ! Aucune recherche de ses propres intérêts ici, même quand il s'agit de bénédictions spirituelles ! Quelques-uns d'entre nous savent quelque chose - oh ! si peu de chose ! - de ce que représente la souffrance pour les autres. Mais la tentation nous confronte toujours à nouveau de "se sauver soi-même" et de descendre de la croix ! Lisons encore 2 Corinthiens 5 : 14-15, et voyons s'il est possible qu'il y ait encore une profondeur plus grande. L'apôtre écrit :
    "Car l'amour de Christ nous étreint, en ce que nous avons jugé ceci, que si Un est mort pour tous, tous sont donc morts (en Lui)… afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Lui" (Darby).

A quelle profondeur ?

    Il appartient à chaque enfant de Dieu de répondre personnellement à cette question. "C'est l'Esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien". Il n'y a qu'une chose que Dieu ne peut et ne veut pas faire pour nous et à notre place, c'est "vouloir". Il est prêt à travailler en nous, à agir pour nous, à nous amener jusqu'au point où nous pourrons "vouloir", mais cela, c'est à nous de le faire ; c'est à nous, par le libre choix de notre volonté, de donner le coup de barre au gouvernail du navire.

Jusqu'à quelle profondeur la mort de Christ doit-elle pénétrer en nous ?

   Jusqu'où la vérité de la croix est-elle entrée dans nos cœurs ?... Ayant amputé dans notre vie personnelle, a-t-elle atteint notre ministère et notre service chrétiens ?
    Le "monde" auquel Paul se disait crucifié et qui était crucifié à son égard, c'était le monde religieux, d'après ce que nous enseigne le contexte de Galates 6:14 "Ceux qui veulent avoir une bonne réputation dans les choses qui se rapportent à la chair vous contraignent à vous faire circoncire, uniquement afin de n'être pas persécutés à cause de la croix de Christ", écrivait l'apôtre aux Galates (6:12, version anglaise). Ici nous trouvons exposées "la bonne réputation religieuse", l'habitude de contraindre les gens à accepter certaines "vues" sur la vérité, les statistiques de convertis... On cherche à échapper à la croix ; et tout cela nous donne en miniature le portrait de l’Église professante d'aujourd'hui. "Ce monde-là est crucifié pour moi, et je le suis pour lui," s'écrie l'apôtre. Je ne me glorifie que dans la croix de Christ "qui est l'instrument de ma crucifixion comme de la Sienne" (Lightfoot), Ainsi doit-il en être de nos jours pour chacun de ceux qui veulent prêcher l’Évangile : "RIEN N'IMPORTE, SI CE N'EST UNE NOUVELLE CRÉATION".

A quelle profondeur ?

    Si profond que nous mourrons entièrement à tout désir d'avoir "une bonne réputation" dans "les choses qui se rapportent à la chair", dans notre service pour Dieu ; et nous serons satisfaits d'être dans la vraie ligne apostolique, sur le chemin foulé par notre Sauveur et Son apôtre. Ce merveilleux message de la croix nous conduit de profondeur en profondeur. Lui permettrons-nous de pénétrer si avant dans nos vies que toutes les barrières religieuses élevées entre nous et nos frères croyants seront renversées ? Quand il parlait du mur consistant en ordonnances religieuses, qui séparait les Juifs des Gentils, l'apôtre écrivait aux Ephésiens : "Il est notre paix, Lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation ; ayant anéanti par Sa mort le terrain de notre inimitié... afin de les réconcilier l'un et l'autre en un seul corps par la croix" (Ephésiens 2:14,16., version anglaise).

Jusqu'à quelle profondeur la croix de Christ pénètre-t-elle ?

    Assez profond pour démolir routes les barrières consistant en ordonnances, qui s'élèvent entre ceux que Sa mort expiatoire a sauvés. Qu'a donc accompli la croix en faveur du Juif et du païen ? Elle les a mis à mort l'un et l'autre, afin que des deux puisse naître un "nouvel homme", ni juif ni païen, mais chrétien. "En Christ, écrit l'apôtre, il n'y a ni Juif ni Grec... mais Christ est tout et en tous". (Colossiens 3:11)

A quelle profondeur ?

    Les profondeurs insondables du Calvaire, capables de sonder les abîmes sans fond de l'âme humaine, ne pourront jamais être épuisées. 2 Corinthiens 4:10-12 et 13:4 ouvrent des possibilités infinies aux profondeurs de la croix. De là, la vie de Jésus elle-même entre à flots et s'écoule avec une puissance sans limites par la vie de ceux qui permettent à l'Esprit de Dieu de creuser de profonds canaux dans leur être intérieur. Là aussi, la faiblesse humaine est puissamment énergisée par l'action de la force divine. Puissions-nous consentir à accepter et à réaliser tout ce que la croix représente, afin que nous soyons rendus capables de connaître la puissance de la résurrection de Christ, étant rendus "conformes à Lui dans Sa mort" (Philippiens 3:10).


CHAPITRE III

Livré à la mort
Ou : Comment manifester la vie de Jésus.

"Livrés à la mort pour l'amour de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus puisse être manifestée dans notre chair mortelle. Ainsi donc la mort opère en nous, mais la vie en vous" (2 Corinthiens 4:11,12, version Darby.)

   Il appartient au plan de Dieu qu'Il Lui soit permis d'opérer, dans le cœur de Ses messagers, la réalisation des vérités qu'Il leur confie pour les dispenser aux autres.
    Écrit en grands caractères, dans la Parole même de Dieu, ressort le principe de la mort agissant en ceux qu'Il envoie pour apporter Son message, afin que la vie soit manifestée dans les autres. "Livrés à la mort pour l'amour de Jésus"... Nous trouvons cette expérience vécue déjà au temps de l'Ancien Testament dans la vie de David et dans celle des autres prophètes. Et comme il en a été pour eux dans la réalisation des types, ou préfigurations du Calvaire, et dans les déclarations prophétiques annonçant la croix, il en a été de même dans la dispensation qui l'a suivie immédiatement, et dès lors continuellement à travers les siècles, jusqu'à nos jours.
    Nous découvrons ce principe incrusté dans la vie de l'apôtre Paul, dans la vie des martyrs et dans celle de tous les serviteurs de Dieu qui aient jamais été employés par Lui avec puissance. C'est un aspect de la croix que beaucoup d'entre nous n'ont pas su découvrir : ce principe de la mort produisant la vie, qui doit être forgé en nous avant que le message du Calvaire, communiqué par nous, puisse devenir vie dans les autres.
    Là est l'explication du fait qu'on entend tellement prêcher sur la croix sans que la puissance de la croix soit à l'œuvre. Nous pouvons avoir compris clairement l'aspect substitutif et expiatoire de la mort de Christ pour nous, mais n'avoir pas saisi le fait de notre identification à Lui dans cette mort, de telle sorte que nous connaissions la victoire sur le péché, que donne la certitude d'être mort avec Lui.
    Ou bien, si nous avons pris cette position d'identification, nous n'avons peut-être pas saisi ce que signifie la conformité à Sa mort, conformité qui permet à la puissance de la croix et de la résurrection de Christ d'agir en nous quotidiennement dans la vie pratique. Cette expérience introduit dans notre vie non seulement la victoire sur le péché, mais l'esprit du Calvaire. Par contre, l'absence de compréhension à cet égard est la cause de cette anomalie : la croix est prêchée, mais cette prédication ne porte pas l'empreinte de l'esprit du Calvaire. Là réside le danger de l'enseignement de l'identification, sans que celle-ci soit suivie d'une réelle conformité à la mort de Christ qui, seule, produit la vraie puissance. En effet, nous pouvons nous appuyer sur le fait que nous sommes morts avec Christ et prétendre qu'il n'a fallu qu'un instant pour que cette mort ait entièrement accompli son œuvre en nous, mais ne pas réaliser que la conformité à Sa mort doit suivre de près l'expérience de l'identification et qu'elle doit être appliquée à notre vie de plus en plus profondément, jusqu'à ce que la communion de Ses souffrances, sur le chemin de la croix, soit devenue une réalité pénétrant toute notre existence.
    Voyez le cas de Jérémie : comme il en a été pour lui, de même tous les véritables messagers de la croix devront suivre le même chemin et passer par les mêmes expériences, s'ils sont décidés à suivre le Seigneur jusqu'au Calvaire. Car Jérémie a connu ce que cela représente de fouler le sentier que Jésus a parcouru en allant à la croix, bien que ce fût de longues années avant que Christ vint sur la terre pour y mourir. De même que Jérémie a connu la croix par anticipation, de même, lorsque nous proclamons la tragédie et la victoire du Calvaire, il faut que nous la connaissions dans une communion intime avec l'Agneau de Golgotha. La mort de Christ peut et doit être agissante en nous d'une manière si réelle que nous l'expérimentions comme une communauté, une association avec le Seigneur dans Ses souffrances. Cela seul donne naissance à une vie qui triomphe de tout.
    Ce passage de 2 Corinthiens 4:11-12 est la pierre de touche de tout ce qui concerne cette expérience. "Nous qui vivons, écrit l'apôtre, nous sommes toujours livrés à la mort pour l'amour de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre chair mortelle. Ainsi donc la mort opère en nous, mais la vie en vous".
    Ne voyons-nous pas d'une manière évidente que David a été "livré à la mort" quand, dans une heure de souffrance intense, il s'est écrié : "Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m'as-Tu abandonné ?" Le Saint-Esprit a pu alors faire entendre par lui les paroles prophétiques qui devaient annoncer la mort de Christ au Calvaire.
    Tandis que nous méditons sur ces choses, une compréhension nouvelle nous est accordée de ce que comporte la vie de Dieu dans l'âme humaine. Nous voyons qu'Il burine dans le tréfonds de Sa créature les messages divins qu'Il cherche à communiquer par elle. Même d'un prophète, Il n'a jamais fait une "machine", mais Il S'exprime par un cœur et par une vie qu'Il a préparés dans la fournaise de la souffrance.
    En ces jours solennels qui précèdent la fin de notre dispensation, la question qui se pose à beaucoup de Chrétiens est celle-ci : "Comment l'Eglise de Christ va-t-elle être préparée à rencontrer le Seigneur ?" Nous répondons : "Seulement en consentant que soit créé en elle le vrai esprit de Jésus, en devenant conforme à Lui, l'Agneau de Dieu". Quelques enfants de Dieu ont eu comme une vision de ces choses. Ils en ont goûté la réalisation dans une certaine mesure, et ce message brûle dans leur cœur. Mais comment sera-t-il communiqué aux autres de telle manière qu'il devienne une réalité puissante dans leur vie ? Comment cette vie de Jésus, qui nous a été donnée par la communion avec Lui dans Sa mort, atteindra-t-elle les autres ? La réponse est celle-ci : "Il faut que nous soyons prêts à être livrés à la mort comme les prophètes l'ont été". Notre désir le plus profond est de faire connaître autour de nous le message du Calvaire dans toute sa puissance mais cela ne peut être réalisé que dans la mesure où il est œuvré en nous en premier lieu, comme il l'a été dans les vies de Jérémie, de David et de Paul.
    Sommes-nous prêts à vivre ce message dans les larmes s'il le faut comme David, qui a gémi et pleuré en faisant ies expériences décrites dans le Psaume 22, avant que le Saint-Esprit puisse lui inspirer les paroles de ce Psaume qui nous donne le portrait prophétique de Christ ? Oui, il nous faut, tout autant que David, connaître les angoisses, les sanglots du Calvaire, dans la communion de Ses souffrances, si nous voulons que le Saint-Esprit communique la vie aux autres par le message de la croix que nous leur apportons ! Si nous ne leur faisons part que de nos lumières intellectuelles sur la mort de Christ, cela peut, il est vrai, leur apporter la lumière, mais pas la vie. Nous sommes peut-être capables d'expliquer parfaitement tout ce qui concerne l'identification à Christ dans la mort au pêché et la victoire personnelle, si bien que nos auditeurs pourront à leur tour devenir victorieux, mais ce n'est pas la vie passant au travers de nous, car pour cela il ne faut rien de moins que la communion de Ses souffrances, accomplie en nous par le Saint-Esprit.
    Le Seigneur Jésus a crié sur la croix de Golgotha : "Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi M'as-Tu abandonné ?", répétant ainsi les paroles prononcées par David au milieu de larmes amères, des années auparavant.
    Et ce fut à Golgotha que la vie même de Jésus fut libérée en faveur d'un monde mourant. "Toujours livrés à la mort... Ainsi donc la mort agit en nous et la vie en vous..." écrivait Paul. Ces mots expriment-ils une supplication pour recevoir la puissance ? Non ! Pour obtenir le bonheur ? Non encore ! "Toujours livrés à la mort..." Avez-vous jamais, cher enfant de Dieu, demandé à Dieu de vous associer à Christ dans Sa mort ? Vous avez prié pour obtenir la puissance, mais la réponse divine est : "Toujours livrés à la mort".
    Toujours ! Pas seulement de temps en temps ! "Mais, direz-vous, je croyais que lorsque je suis venu à la croix et que j'ai compris mon identification avec Christ dans Sa mort, j'avais été introduit sur le terrain de la résurrection par mon union avec Lui, puis que, par Son ascension, j'avais pénétré avec Lui dans les lieux célestes (Ephésiens 2:6) ; je croyais que la croix était maintenant derrière moi et que je n'avais plus qu'à maintenir ma position..."
    Oui, cela est vrai, mais toute la vérité n'est pas contenue dans ce que vous venez de dire. 2 Corinthiens 4:10-12 et Philippiens 3:10 occupent une place vitale dans la vie spirituelle de tous ceux qui veulent s'attacher à connaître le Seigneur. "Regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu" (Romains 6:11), et "Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu" (Colossiens 3:3), sont des vérités fondamentales, un roc sur lequel nous devons jour après jour maintenir notre position. Mais la puissance de la résurrection ne s'obtient que par la conformité à Sa mort qui produit la vie pour les autres.
    "Toujours livrés à la mort pour l'amour de Jésus". "Oh ! direz-vous encore, vous ne placez pas devant nous le côté le plus attrayant de la vie chrétienne !" Ah ! frères en Christ, pourquoi, en suivant votre Sauveur, recherchez-vous toujours ce qui est attrayant à vues humaines ? Le Calvaire, dans toute sa terrible réalité, était-il attrayant ? Christ Lui-même était-Il attrayant sur le chemin de la croix ? Si nous avions pu Le contempler alors, nous n'aurions trouvé en Lui "aucune beauté qui nous Le fasse désirer" (EsaÏe 53:2, version anglaise). Mais "à cause de la joie qui Lui était proposée, Il a enduré la croix et méprisé la honte" (Hébreux 12:2, version anglaise). Si nos yeux étaient ouverts par le Saint. Esprit et qu'il nous soit donné d'avoir la vision divine de notre Seigneur dans Sa souffrance, nous trouverions une beauté ineffable dans l'Esprit de l'Agneau qui était en Lui. Nous verrions le côté céleste de la communion avec Christ sur le chemin de la croix, et nous regarderions comme une joie parfaite de suivre Ses traces. Alors notre désir intense serait de souffrir avec Lui, parce qu'ainsi, et ainsi seulement, nous serons "glorifiés avec Lui" (Romains 8:17). "Cette parole est certaine : Si nous sommes morts avec Lui, nous vivrons aussi avec Lui ; si nous souffrons, nous régnerons aussi avec Lui (2 Timothée 2:11-12).
    Mais quelle est la signification de ces mots : "Être livrés à la mort ?" Le Seigneur a été "livré pour nos offenses". Le Père L'a "livré pour nous tous". "Il fut livré entre les mains des hommes". Le mot grec signifie transmettre, tendre, remettre, abandonner, céder, renoncer à, se retirer de (an anglais : hand over ou give over). C'est le mot qui est employé dans Galates 2:20, quand il est dit : "Il m'a aimé et S'est donné Lui-même pour moi". Il S'est abandonné aux bourreaux, pour moi. Il S'est remis à la mort, pour moi. Le Père L'a abandonné, livré aux mains des bourreaux, à la merci des Gentils et des principaux des Juifs. A plusieurs reprises, nous lisons : "Quand le temps fut venu où Il devait être livré".
    Ceci est l'un des aspects de la vie de Jésus qui doit être manifesté dans notre corps mortel. Il nous appelle à consentir à être "abandonnés à la mort pour l'amour de Jésus" comme Il y a été abandonné pour nous. Il nous faut une vision qui aille plus loin que celle de notre confort, de notre joie, de notre bonheur personnel, de nos extases même. Il nous faut recevoir "la puissance" non seulement pour être témoins, mais pour être martyrs (le même mot grec signifie à la fois témoin et martyr), la puissance pour consentir à être livrés entre les mains des hommes, et la puissance pour pouvoir nous abandonner entièrement à la volonté de Dieu, afin que la vie agisse chez les autres, "livrés à la mort pour l'amour de Jésus".
    "Toujours livrés à la mort", toujours remis, abandonnés à la mort. Quels sont les instruments que Dieu emploie pour réaliser cette communion avec Christ ? "Un frère livrera son frère à la mort" (Matthieu 10:21). Relisez Matthieu 24:9 : "Alors ils vous livreront pour être affligés, et ils vous feront mourir ; et vous serez haïs" (version Darby). Oh ! enfants de Dieu, êtes-vous prêts à être haïs ? Ou bien y a-t-il en vous un sentiment cuisant, douloureux, qui déborde en ressentiment sur les autres ? Dans ce cas, vous n'avez pas encore appris ce qu'est le Calvaire et "la communion de Ses souffrances, étant rendus conformes à Lui dans Sa mort".
    "Et Ils vous feront mourir". Il y a bien des manières de "faire mourir", même sans employer le couteau ! "Ils vous haïront.,." Quand le message de Dieu est vraiment devenu une partie de nous-mêmes, il devient "l'épée de l'Esprit, pénétrant jusqu'aux jointures et aux moelles" chez les autres, et il arrive qu'ils s'en irritent et se tournent contre nous, comme ils se sont tournés contre Jérémie lorsqu'ils l'ont rejeté.
    Nous avons adouci le message de la croix et essayé d'adapter son langage aux sentiments du vingtième siècle ! Mais maintenant ce temps est révolu. Si nous sommes fidèles, le tranchant de la croix se fera sentir, que nous le voulions ou non. "Un frère livrera son frère à la mort". Consentez-vous à ce que, dans la vie de famille, votre sœur ou votre frère vous "livre à la mort" en vous faisant subir des injustices, en vous jugeant faussement, et supporterez-vous ces épreuves avec l'esprit du Calvaire ?
    Dans 1 Pierre 4:19, nous lisons : "Que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu remettent leurs âmes au fidèle Créateur, en faisant ce qui est bien (le verbe "remettre" exprime ici une action continue, c'est le même mot grec dont nous avons déjà étudié la signification) : "Car nous qui vivons, sommes toujours livrés à la mort pour l'amour de Jésus".
    "Nous qui vivons..." VIVRE. Ici, nous trouvons la vie s'épanouissant au milieu de la mort. La vie divine en nous ne peut pas être anéantie, mais, comme le grain de blé qui donne du pain est broyé, cette vie se brisera en livrant son parfum et sa puissance vivifiante en face de tout ce qui pourra la confronter. La vraie vie de Dieu en nous supportera n'importe quelle épreuve, si poignante soit-elle. Mais quant à ce qui n'est pas de Dieu, le plus tôt cette chose périra et disparaîtra, mieux cela vaudra pour nous.
    Il peut arriver que "la vie de Jésus", quoique habitant véritablement en nous, soit peu réalisée et remarquée, par le fait qu'elle ne trouve pas d'orifice pour se répandre ; le vase qui la contient n'a jamais été brisé ! C'est la raison pour laquelle nous sommes "toujours livrés à la mort". Ce ne sont que ceux qui vivent, ceux qui possèdent la vraie vie de Jésus en eux par leur union avec Lui dans la puissance de Sa résurrection, laquelle est la vie qui Lui a été communiquée au sein de la mort, qui sont "livrés à la mort" afin que la vie qui est en eux puisse être manifestée. Si la mort n'agit pas dans l'homme extérieur, cette vie est comprimée entre les parois d'une circonférence rigide. Elle ne trouve pas d'expansion. "Donnez, et il vous sera donné... une mesure pressée... et qui débordera..." (Luc 6 :38, version Darby.)
   Âme qui te trouves dans le sentier de l'épreuve, où tu es comme écrasée par la souffrance, commence à donner aux autres, cesse de penser à toi-même et à tes propres besoins. Reconnais que ta place est dans la mort de Christ, et déclare : "J'ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi". J'accepte d'être toujours livré à la mort pour l'amour de Jésus, afin que la vie de Jésus puisse être manifestée. Je ne demande pas que le chemin de l'épreuve me soit épargné, à ne pas être livré entre les mains des hommes ; je ne demande pas à être délivré de ceux qui me font du mal et me mettent à l'épreuve ; je réclame seulement que la vie de Jésus en moi puisse se répandre et triompher en eux.
    "Nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort". Et qui donc est celui qui me "livre". Ah ! C'est la main qui a été percée au Calvaire, la main du Seigneur... Ai-je donc une part à accomplir dans cette expérience ? Ta part, c'est de choisir, car il est en ton pouvoir de te rebeller. Ta part, c'est d'accepter le chemin qu'Il veut pour toi, de choisir d'être "livré", dans une participation intime à la mort de Christ. Alors Celui qui est mort et ressuscité dira de toi : "Je lui montrerai tout ce qu'il doit souffrir pour Mon Nom" (Actes 9:16).
    Et quel sera le résultat de ces expériences ? "Toujours livrés à la mort, afin que la vie de Jésus puisse être manifestée dans notre chair mortelle". Ces expériences ont affaire avec notre corps mortel, (la vie de Jésus manifestée dans notre chair mortelle), ce qui nous montre d'une manière indiscutable qu'il y a un chemin de mort pour l'homme extérieur, afin que la vie qui est en lui puisse trouver une brèche pour se manifester, pour devenir visible. L'objet et le but en vue sont toujours que la bénédiction atteigne les autres. "Ainsi la mort agit en nous, et la vie en vous". La mort agit ! Il y a donc telle chose que l'action de la mort dans le croyant. La mort agit, et dans la mesure où elle agit, la vie se répand sur les autres.
    Vous vivez au milieu de gens qui ne savent que peu de chose du Calvaire. Comment se fait-il que vous ne puissiez pas leur apporter le message de la croix ? Parce qu'Il n'est pas manifesté dans votre propre vie. En premier lieu, nous devons saisir la portée de l'identification ; puis, d'une manière intelligente, délibérée, nous abandonner à Dieu pour être "livrés à la mort" de la façon qu'Il choisira, afin que cette mort agisse en nous et que la vie de Christ jaillisse sur les autres. C'est ce qu'un certain auteur a décrit en ces termes : "Le chemin du sacrifice des élus de Dieu, le chemin qu'ont suivi David, Jérémie et les prophètes, le chemin qu'il faut suivre pour pouvoir proclamer le message de la croix aujourd'hui, comme il fallait le suivre pour la prophétiser aux jours de David. C'est ce chemin-là qui nous conduit à accepter d'être livrés à la mort par nos frères, selon les méthodes du vingtième siècle : une mort qui n'est pas corporelle, mais qui n'en est que plus raffinée et plus cruelle, lorsque nous sommes mis de côté et jugés injustement à cause de notre fidélité à Dieu. "Pour l'amour de Toi, nous sommes mis à mort tout le jour", disait Paul, "nous avons été estimés comme des brebis de tuerie... dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés" (Romains 8:36-37, version Darby).
    Que Dieu nous accorde la grâce d'ouvrir notre esprit à ce message, afin que le Saint-Esprit puisse nous pénétrer de Sa vérité et que nous soyons rendus capables de "suivre l'Agneau que1que part qu'Il aille" !
    Pouvez-vous dire du fond de votre cœur : "Oui, je vis, je sais que je vis avec Christ, étant participant de la vie divine. Devant moi se déroule maintenant le chemin dans lequel Dieu m'a conduit depuis quelque temps et contre lequel je me suis révolté. Je me suis irrité de devoir y passer, j'ai dit : Non ! j'en ai assez de cette croix : il n'est sûrement pas nécessaire d'en entendre toujours parler. Je ne la désire pas ! Mais maintenant, je suis prêt à y faire face !"
    "Par l'Esprit éternel, Il S'est offert Lui-même à Dieu" (Hébreux 9:14), "Il tourna fermement Son visage pour monter à Jérusalem". (Traduction littérale) Voulez-vous maintenant envisager ces paroles : "livrés à la mort" et répondre "Oui !" à votre Seigneur ? Oui, pour que la vie soit communiquée aux autres ? Voulez-vous cesser de rechercher quelque chose pour vous-mêmes ? "Oui, Seigneur, que les autres obtiennent ce que je voudrais avoir pour moi-même". Voulez-vous choisir le sentier de la mort pour que les autres puissent recevoir la vie, accepter d'accomplir dans votre chair ce qui reste encore à souffrir des afflictions de Christ pour Son corps, qui est l'Eglise ? (Colossiens 1:24).
    Et qu'implique donc ce choix ? Il implique : vivre, pleurer, souffrir, aimer, avec une patience infinie, une infinie tendresse, un amour inlassable pour chaque membre du corps de Christ. Il implique : être attaché non pas à ses propres progrès, mais à ceux de tout le corps de Christ ; laisser tomber tout élément personnel dans le service de Dieu, ne pas chercher à être remarqué, ne convoitant ni réputation, ni reconnaissance ; se 1âcher entièrement soi-même pour l'amour de Jésus-Christ, et se remettre à Dieu, prêt à être dépouillé en faveur de Son corps, qui est l’Église.
    Avec quelle tendresse, enfant de Dieu, ne voudrais-je pas mettre ce message devant toi et te demander d'y faire face avec le Seigneur et, au Nom de Jésus, de laisser le Saint-Esprit accomplir en toi tout ce qu'Il voit que, dans la communion avec Lui, tu es capable de supporter. Diras-tu "oui" ? Dans ces conditions, ne cherche pas à imiter quelque autre Chrétien, car Dieu veut agir envers toi comme s'Il n'y avait que toi dans le monde, et Il saura trouver le meilleur moyen de te faire partager une communion parfaite avec Lui-même.
    Dieu n'est-Il pas en train de nous préparer pour les événements qui sont à la porte ? Le jour de la grâce approche rapidement de sa fin. Combien d'entre nous seront-ils trouvés fidèles ? Combien d'entre nous seront-ils intègres envers Dieu ? Combien soutiendront-ils l'épreuve ? Le monde a besoin de martyrs, et Il a ses martyrs obscurs dans de nombreuses vies d'enfants de Dieu.
    Sur la terre entière, il y a des âmes vraies, profondes, à qui Dieu est en train d'enseigner quelle puissance peut avoir une vie qui souffre en faveur du corps de Christ. Sur la terre entière, au milieu des ténèbres profondes de cette dernière heure, Dieu mûrit dans la fournaise des âmes qui brilleront comme l'or au jour de Sa venue. Oh ! choisissons ce chemin étroit ! Livrons-nous entre les mains de Dieu, afin qu'Il nous associe à la communion de Son Fils. Sa vie alors sera manifestée, et elle coulera à flots sur le monde.

Source: Parole de Vie - Publication gratuite. Cette brochure ne peut être vendue. Reproduction autorisée.

dimanche 29 avril 2012

La Vraie Grâce de Dieu Par John Nelson Darby


"Je vous ai écrit... attestant que cette grâce dans laquelle vous êtes est la vraie grâce de Dieu."  1 Pierre 5:12
 
    Dieu nous est révélé comme le "Dieu de toute grâce"; et la position qui nous est faite est celle où nous "goûtons que le Seigneur est bon" (ou: plein de grâce). Combien il nous est souvent difficile de croire que le Seigneur est bon! Le sentiment naturel de nos cœurs est celui-ci: "Je sais que tu es un homme sévère"; il y a en chacun de nous une incompréhension absolue de la grâce de Dieu.

    Quelques-uns pensent que le mot grâce implique que Dieu passe par-dessus le péché; mais tel n'est pas le cas; la grâce suppose que le péché est une chose si abominable que Dieu ne peut pas le supporter: s'il était au pouvoir de l'homme, après avoir fait le mal, de redresser ses voies et de corriger sa propre nature de manière à pouvoir se tenir devant Dieu, il n'y aurait nul besoin de grâce. Le fait même que le Seigneur agit en grâce démontre que le péché est une chose si affreuse, que l'état de l'homme est absolument ruiné et sans espoir puisqu'il est un pécheur, et que rien sinon la libre grâce ne pourra répondre à son besoin. Nous devons apprendre ce que Dieu est pour nous, et cela non au moyen de nos propres pensées, mais par la révélation qu'Il nous a donnée de Lui-même, c'est-à-dire "le Dieu de toute grâce".

    Du moment où je comprends que je suis un homme pécheur, et que le Seigneur est venu à moi parce qu'Il connaissait l'étendue et l'horreur de mon péché, je comprends aussi ce que c'est que la grâce. La foi me montre que Dieu est plus grand que mon péché, et non pas que mon péché est plus grand que Dieu... Le Seigneur que j'ai connu laissant Sa vie pour moi, est le même Seigneur avec lequel j'ai à faire tous les jours de ma vie, et toute Sa manière d'agir envers moi repose sur les mêmes principes de grâce.

     Le grand secret pour croître, c'est de regarder au Seigneur comme au Dieu de grâce. Combien il est précieux et encourageant de savoir qu'à tout moment Jésus éprouve à mon égard et exerce envers moi le même amour que lorsqu'Il est mort pour moi sur la croix.

    C'est là une vérité que nous devrions réaliser dans toutes les circonstances les plus ordinaires de la vie. Supposez, par exemple, que j'aie un défaut de caractère qui me paraisse difficile à corriger; si je m'adresse à Jésus comme à mon Ami, Il me fournit la puissance dont j'ai besoin pour le faire. La foi devrait être ainsi constamment en exercice contre les tentations et non pas simplement mes propres efforts qui ne se seront jamais suffisants. La source de la véritable force, c'est le sentiment que le Seigneur est plein de grâce. L'homme naturel ne veut jamais reconnaître Christ comme la seule source de force et de bénédictions. Si ma communion avec le Seigneur est interrompue, mon cœur naturel dira toujours: "Il faut que je corrige ce qui a causé cet état, avant de pouvoir venir à Christ." Mais Il est plein de grâce; et sachant cela, la seule chose que nous ayons à faire, c'est de retourner à Lui, aussitôt, tels que nous sommes, puis alors de nous humilier profondément devant Lui. Ce n'est qu'en Lui que nous trouverons et de Lui que nous recevrons ce qui peut restaurer nos âmes. L'humilité en Sa présence est la seule véritable humilité. Si dans Sa présence nous reconnaissons être exactement ce que nous sommes, nous découvrons qu'Il ne manifeste à notre égard que de la grâce et rien d'autre …
    C'est Jésus qui donne un repos durable à nos âmes, ce n'est pas notre opinion personnelle sur nous-mêmes. La foi ne considère jamais ce qui est en nous-mêmes comme le fondement du repos; elle reçoit, aime et craint la révélation de Dieu et les pensées de Dieu à l'égard de Jésus en qui se trouve Son repos. Si Jésus a du prix pour nos âmes, si nos yeux et nos cœurs sont occupés de Lui, la vanité et le péché qui nous entourent n'auront pas de prise sur nous; et ce sera aussi là notre force contre le péché et la corruption de nos propres cœurs. Tout ce que je vois en moi en dehors de Lui est péché; mais ce qui me rendra humble, ce n'est pas de penser à mes propres péchés, à ma mauvaise nature, et d'en être occupé, c'est au contraire de penser au Seigneur Jésus, de méditer sur l'excellence de Sa Personne. Il est bon d'en avoir fini avec nous-mêmes et de n'avoir à faire qu'à Jésus. Nous avons le droit de nous oublier nous-mêmes, nous avons le droit d'oublier nos péchés, nous avons le droit de tout oublier sauf Jésus.
    Rien n'est plus difficile pour nos cœurs que de demeurer dans le sentiment de la grâce, de rester pratiquement conscients que nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce; c'est par la grâce que le cœur est "affermi", mais rien n'est plus difficile pour nous que de comprendre réellement la plénitude de la grâce, cette "grâce de Dieu dans laquelle nous sommes", et de marcher dans la puissance qui en découle.
    Ce n'est que dans la présence de Dieu que nous pouvons la connaître et c'est notre privilège de nous trouver . Dès que nous nous éloignons de la présence de Dieu, nos propres pensées sont toujours à l’œuvre au-dedans de nous, et nos propres pensées ne peuvent jamais atteindre les pensées de Dieu à notre égard, la "grâce de Dieu."

    Si je pensais avoir le moindre droit à quelque chose, ce ne serait pas la pure et libre grâce, cela ne pourrait être la "grâce de Dieu"... Ce n'est que dans la communion avec Lui que nous sommes capables de mesurer toutes choses en rapport avec Sa grâce... Lorsque nous demeurons dans le sentiment de la présence de Dieu, il est impossible que quoi que ce soit nous trouble -- fût-ce même l'état de l'Église -- car nous comptons sur Dieu, et toutes choses se trouvent alors pour nous dans une sphère où s'exerce Sa grâce.
    La vraie source de notre force comme chrétiens c'est d'avoir des pensées très simples au sujet de la grâce; et le secret de toute sainteté, paix et tranquillité d'esprit, c'est de demeurer dans le sentiment de la grâce, en la présence de Dieu.

    La "grâce de Dieu" est si illimitée, si complète, si parfaite, que si nous nous éloignons pour un moment de la présence de Dieu, nous ne pouvons en avoir une juste appréciation, nous n'avons pas de force pour la saisir; et si nous cherchons à la connaître hors de Sa présence, nous ne pouvons que la changer en licence. Demandons-nous simplement ce que c'est que la grâce. Elle n'a ni bornes, ni limites. Quels que nous puissions être (et nous ne pouvons être pires que nous sommes) en dépit de tout, Dieu est AMOUR à notre égard. Ni notre joie, ni notre paix ne dépendent de ce que nous sommes pour Dieu, mais de ce qu'Il est pour nous, et c'est la grâce.

    La grâce est la précieuse révélation que, par le moyen de Jésus, tout le péché et tout le mal qui est en nous a été ôté. Un seul péché est plus affreux aux yeux de Dieu qu'un millier de péchés ne le sont à nos yeux; et cependant, malgré une connaissance parfaite de ce que nous sommes, tout ce que Dieu se plaît à être à notre égard, c'est AMOUR.
    Au chapitre 7 de l'épître aux Romains, nous est décrit l'état d'une âme vivifiée, mais dont tous les raisonnements se concentrent en elle-même... Elle ne connaît pas la grâce, le simple fait que, quel que soit son état, DIEU EST AMOUR, et rien qu'amour à notre égard. Au lieu de regarder à Dieu, il n'est question que de "moi", "moi", "moi". La foi regarde à Dieu, tel qu'Il s'est révélé Lui-même en grâce. Est-ce moi, est-ce mon état qui est l'objet de la foi? Non, la foi ne prend jamais pour objet ce qu'il y a dans mon cœur, mais la révélation que Dieu fait de Lui-même en grâce.

    La grâce se rapporte à ce que Dieu est et non à ce que nous sommes, excepté en ce que l'étendue de nos péchés ne fait que magnifier l'immensité de la "grâce de Dieu". Nous devons aussi nous rappeler que la grâce a pour objet et pour effet indispensable d'amener nos âmes dans la communion avec Dieu, de nous sanctifier en nous apprenant à connaître Dieu et à L'aimer; la connaissance de la grâce est donc la véritable source de la sanctification.

    Le triomphe de la grâce apparaît en ceci: c'est que lorsque l'inimitié de l'homme avait rejeté Jésus de la terre, l'amour de Dieu introduisit le salut par cet acte même. Il vint expier le péché de ceux qui L'avaient rejeté. En regard du développement le plus complet du péché de l'homme, la foi voit le déploiement le plus complet de la grâce de Dieu. Si j'ai le plus léger doute, la moindre hésitation au sujet de l'amour de Dieu, je me suis éloigné de la grâce. Je dirai alors: "Je suis malheureux parce que je ne suis pas ce que je voudrais être": là n'est pas la question. La vraie question est celle-ci: Dieu est-Il ce que nous voudrions qu'Il soit, Jésus est-Il tout ce que nous pouvons désirer? Si la conscience de ce que nous sommes, de ce que nous trouvons en nous-mêmes, a un autre résultat que d'accroître notre adoration pour ce que Dieu est, même en nous humiliant, nous sommes hors du terrain de la pure grâce... Y a-t-il du mécontentement et de la méfiance dans votre esprit ? Voyez si la raison n'en était pas que vous dites encore : "moi", "moi", et que vous perdez de vue la grâce de Dieu.

    Il vaut mieux être occupé de ce que Dieu est, que de ce que nous sommes. Si nous regardons à nous-mêmes, c'est une preuve d'orgueil; c'est que nous n'avons pas réellement conscience que nous ne sommes bons à rien. Jusqu'à ce que nous ayons compris cela, nous ne pouvons détourner tout à fait nos regards de nous-mêmes et les porter sur Dieu. En regardant à Christ, c'est notre privilège de nous oublier nous-mêmes. La vraie humilité ne consiste pas tellement à penser du mal de nous-mêmes qu'à n'y pas penser du tout. Je suis trop mauvais pour mériter qu'on pense à moi. Ce dont j'ai besoin, c'est de m'oublier moi-même et de regarder à Dieu qui est digne de toutes mes pensées. Le résultat en sera nécessairement de nous rendre humbles à l'égard de nous-mêmes.

    Bien-aimés, si nous pouvons dire comme en Rom. 7 : "Je sais qu'en moi, c'est-à-dire en ma chair, il n'habite point de bien", cela suffit en ce qui nous concerne nous-mêmes; dirigeons alors nos pensées vers Celui qui a eu à notre égard "des pensée de paix et non de mal", longtemps avant que nous ayons pensé quoi que ce soit de nous-mêmes. Considérons Ses pensées de grâce à notre égard, et retenons cette parole de la foi: "Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?"

QUELQUES PENSEES SUR LE PSAUME 50 ET L'ENSEIGNEMENT DU SEIGNEUR

7  Écoute, mon peuple ! et je parlerai ; Israël ! et je t’avertirai. Je suis Dieu, ton Dieu.
8  Ce n’est pas pour tes sacrifices que je te fais des reproches ; Tes holocaustes sont constamment devant moi.
9  Je ne prendrai pas de taureau dans ta maison, Ni de bouc dans tes bergeries.
10  Car tous les animaux des forêts sont à moi, Toutes les bêtes des montagnes par milliers ;
11  Je connais tous les oiseaux des montagnes, Et tout ce qui se meut dans les champs m’appartient.
12  Si j’avais faim, je ne te le dirais pas, Car le monde est à moi et tout ce qu’il renferme.
13  Est–ce que je mange la chair des taureaux ? Est–ce que je bois le sang des boucs ?
14  Offre  pour sacrifice à Dieu des  actions de grâces,  Et accomplis tes vœux envers le Très-Haut.
15  Et invoque–moi au jour de la détresse ; Je te délivrerai, et tu me glorifieras.  

(Psaume 50)
 
20 Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. (Mathieu 5)

    "Si votre justice n'est pas supérieure à celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux." Cette affirmation de Jésus est la base de cette méditation. Le psaume 50 illustre parfaitement ce que le Seigneur a mis sur mon cœur. Nous voyons que Dieu reçoit favorablement les holocaustes que le peuple lui offre. L’Éternel déclare qu'ils sont constamment devant Lui. S'ils sont devant Lui, nous pouvons affirmer qu'ils sont agréés et agréables.... mais le Seigneur n'est pas satisfait.
    Pourquoi alors le Seigneur leur fait ces reproches ? Pourquoi veut-Il témoigner contre Son peuple ? Les holocaustes sont constamment devant Moi, dit-Il. Les sacrificateurs ont offert des bêtes sans défaut, sans tare, exactement conformes aux exigences de la loi. De ce point de vue, l'holocauste ne peut être qu'agréé car il est conforme à la norme établie par la loi. Le problème ne peut venir que de celui qui offre ce sacrifice.
    Quand nous lisons : "Je ne prendrai pas un taureau de ta maison, ni des boucs de ta bergerie", l’Éternel, par cette parole, dévoile le cœur de celui qui sacrifie. Il lui reproche son attitude intérieure. Celui qui offre, offre de ce qui lui appartient. Il ne reconnaît pas que c'est le Seigneur qui lui a donné cette bête et lui a permis de pouvoir la sacrifier pour s'approcher de Lui. Il ne comprend pas qu'il n'est que le gérant de ce que Dieu lui a confié. Il ne fait que Lui restituer une partie de ce qu'il a reçu. Le sacrifice est parfait, mais le cœur de celui qui offre est terriblement loin de la justice selon le cœur de Dieu. Il offre "sa propre justice", son propre bien, ce qui lui appartient. Il ne reconnaît pas que c'est le Seigneur qui a pourvu à ce sacrifice. Il est rempli de cette propre justice dénoncée par notre Seigneur dans ces passages de Mathieu. Le sacrifice devient un "moyen" par lequel celui qui offre est en paix avec Dieu, sans tenir compte de l'état de son cœur. C'est devenu un rituel dénué de tout ce qui en fait la valeur, et accompli par des cœurs incirconcis.
    Personne ne peut rien faire pour Dieu. Il est le Propriétaire de tout ce qui existe. On ne peut rien Lui offrir de ce qui est à nous-mêmes. Impossible ! Rien ne nous appartient ! Tout est de Lui, par Lui et pour Lui. C'est une pensée qui nous tient dans l'humilité et nous fait apprécier d'autant plus ce Dieu merveilleux que nous servons. Esaïe  s'est écrié dans un cantique : 

Éternel, tu nous donnes la paix ; Car tout ce que nous faisons, C’est toi qui l’accomplis pour nous. (Esaïe 26.12)

   Celui qui reconnaît ce que dit le prophète peut s'approcher de Dieu car il a un cœur circoncis, il sait que tout vient de l’Éternel. Nous ne pouvons rien Lui donner, tout ce que nous avons vient de Lui. Quand nous avons accompli un service, une action, un acte ou toute autre œuvre qui glorifient Dieu, nous sommes entrés dans ce qui était déjà préparé par Lui, pour nous, afin que nous le pratiquions ! C'est très important de comprendre cela. C'est la seule et stricte obéissance à Son Esprit qui nous permet de Le servir en vivant ce que le Seigneur a déjà préparé.Cette vérité nous tient dans l'humilité et la crainte de Dieu.
    La seule chose que demande le Seigneur est ce sacrifice de louanges, ces cœurs humbles et reconnaissants qui Le remercient pour tout ce qu'Il est en premier,et ce qu'Il a fait, car le mérite de cette offrande est celui de la bête qui a été immolée selon les prescriptions de la loi et sur laquelle a été déchargées les fautes de celui qui offre ce sacrifice. Ce sacrifice est agréé car il est conforme à la loi et celui qui offre est au bénéfice de ce sacrifice. Ce n'est sûrement pas le mérite de l’offrant  qui compte, mais celui du sacrifice sans défaut. Cette bête offerte est le symbole de l'Agneau de Dieu. Nous savons cela.
    Pour nous, chrétiens, nous sommes au bénéfice de notre Agneau immolé "dès la fondation du monde". Ce sacrifice parfait nous donne accès auprès de Dieu par les mérites de notre Agneau. Le sacrifice est parfait et nous sommes mis à son bénéfice. Notre cœur est parfois loin de réaliser cette grâce indescriptible dont nous bénéficions et il nous arrive d'être comme les hommes de ce Psaume. Nous présentons au Seigneur notre "œuvre" en sacrifice de reconnaissance avec un cœur imbu de ce que nous "avons réalisé". Ce que nous avons fait est le moyen par lequel nous nous approchons de Dieu, souvent inconsciemment et nous oublions les mérites de notre Agneau. L'orgueil nous guette, surtout si le Seigneur permet que nous réussissions ce qu'Il nous a donné de faire. Ainsi, souvent notre cœur s'enfle et nous tombons dans la mauvaise voie.
    Regardons ces actes de justice des scribes et des pharisiens tels que nous les présente le Seigneur dans Mathieu 6.
    Le premier acte de justice mentionnée par le Seigneur est "l'aumône". Le Seigneur décrit le cœur de celui qui donne en sonnant de la trompette. Nous pouvons comprendre que, même si cet acte est préconisé par la loi, le fait de proclamer cette "justice", montre l'orgueil démesuré de cette personne. Il veut se faire glorifier par les hommes. Son acte est juste, son cœur est mauvais. Il en est de même pour la prière et le jeûne.
    Au sujet de la prière, le Seigneur conclut par un enseignement sur le pardon. Si nous ne pardonnons pas, il nous est impossible d'être pardonnés par le Seigneur.
    Les actes de justice de cette nature ne permettront jamais à un homme de rentrer dans le royaume de Dieu. L'orgueil lui barre la route. L'acte en lui-même est selon la volonté de Dieu, mais le cœur de l'homme est une abomination aux yeux de Dieu.

13  Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. ( lire le contexte dans Mathieu 9)

    Jésus dit cette parole aux pharisiens qui l'accusaient de manger avec des pécheurs et des péagers. La réponse du Seigneur est lumineuse. Les pharisiens se séparaient de ces personnes pour ne pas "se souiller" en leur présence. Le Seigneur montre, par son attitude, que la séparation d'avec les pécheurs et les péagers est une séparation intérieure (ce que dira plus tard Paul dans ses écrits en la nommant la circoncision du cœur) et qu'ainsi, Il peut vivre et manger avec eux afin de leur donner les paroles du royaume. C'est la miséricorde qui devient efficace pour toucher les pécheurs et les mener au salut. Les pharisiens étaient dans le visible qui ne sert à rien, le Seigneur les conduit dans l'invisible, ces choses éternelles qui resteront pour toujours. C'est ce que voulait exprimer notre Seigneur lorsqu'Il a affirmé : "Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux." Non seulement, il est impossible d'entrer dans le royaume, mais aussi, il est impossible de toucher ceux qui ne sont pas sauvés, qui ont besoin du salut. La miséricorde prévaut sur les sacrifices offerts de façon légaliste et avec un cœur sec. Le sacrifice sans la miséricorde est vain. Il est en horreur à l’Éternel.

 7  Si vous saviez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents.  (lire le contexte dans Mathieu 12)

    Le contexte, ici, est différent. Les disciples arrachent des épis dans un champs de blé, un jour de sabbat pour les manger car ils ont faim. La réaction des pharisiens est immédiate : "la loi interdit cela le jour du sabbat !" Le Seigneur va leur démontrer l'esprit de la loi en prenant deux exemples. Le premier est celui de David et de ses hommes qui ont mangé les pains de proposition que "ni lui, ni ceux qui étaient avec lui, mais les sacrificateurs seuls avaient la permission de manger." (1Samuel 21.3-6) Ahimélek, le sacrificateur, a accepté de donner ces pains à David et à ses hommes car il a exercé la miséricorde en donnant à manger "ce qui était interdit" à ceux-ci. Le sacrificateur n'avait rien d'autre à offrir. C'est pour cette raison qu'il a enfreint la loi. La miséricorde, dans ce passage, a annulé la loi car le besoin comblé par cet acte de miséricorde est supérieur à la loi. 
    Le Seigneur prend un second exemple : celui de ces sacrificateurs qui violent la loi, durant leur service, le jour du sabbat, sans se rendre coupable. Lisons Nombres 28.9 :

Le jour du sabbat, vous offrirez deux agneaux d’un an sans défaut, et, pour l’offrande, deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l’huile, avec la libation.

    Le jour du sabbat, il était formellement interdit (et il est toujours interdit pour les Juifs pieux qui observent le sabbat de nos jours) d'allumer un feu ou de faire n'importe quel travail de quelque nature que ce soit. Pour sacrifier ces deux agneaux, le sacrifice perpétuel du matin et du soir, les sacrificateurs devaient entretenir le feu. Le fait d'offrir ces agneaux étaient aussi un travail. De plus, ils devaient offrir la fleur de farine pétrie à l'huile comme offrande. Il devait donc "travailler" pour cela le jour du sabbat et pour présenter les agneaux, et pour préparer le pain. La farine pétrie la veille risquait de lever et être corrompue par le levain. 
    Dans ce cas aussi, le service est supérieur à la loi. En refusant de donner les pains de proposition à David et à ses hommes, Ahimélek pouvaient les condamner à mourir de faim ou à être incapables de se défendre, étant sans forces, s'ils étaient attaqués par des ennemis. 
    Il en est de même pour les sacrificateurs. Dans ce cas, ils violent le sabbat pour que le peuple soit toujours sous le sang de l'agneau, au bénéfice de l'alliance.  
    Lisons quelques versets qui sont en accord avec ce que nous venons de voir. Il y en a tellement dans la Bible

La pratique de la justice et de l’équité, Voilà ce que l’Éternel préfère aux sacrifices. (Proverbes 21.3)
 Le sacrifice des méchants est en horreur à l’Éternel,  Mais la prière des hommes  droits lui
est  agréable. (Proverbes 15.8)

   Ces deux versets que nous regardons, (il y en a bien d'autres) montrent la volonté de Dieu et ce qu'Il désire par-dessus tout : la pratique de la justice et de l'équité. Dans ce cas les sacrifices ne sont pas nécessaires car ces personnes sont au bénéfice du sacrifice perpétuel du matin et du soir. Ils peuvent réellement jouir de la grâce de Dieu matérialisée par ce sacrifice perpétuel. Le sacrifice des méchants est en horreur à l’Éternel. Il veut la prière des hommes droits. Le Seigneur ne demande pas la pratique de ces sacrifices qui masquent l'état du cœur de ceux qui les offrent. Le cœur droit n'a aucunement besoin d'un autre sacrifice. Ceux du matin et du soir lui suffisent amplement. Il peut s'approcher de son Dieu avec assurance et sa prière est agréable. Celui qui multiplie les rites religieux avec un cœur partagé irrite Dieu et sa pratique religieuse est en horreur à l’Éternel.

    Nous pouvons lire dans Ecclésiaste 4.17 ce verset qui va dans le même sens :

Prends garde à ton pied, lorsque tu entres dans la maison de Dieu ; approche–toi pour écouter, plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés, car ils ne savent pas qu'ils font mal. 

    Il s'agit de personnes qui ont l'habitude de se présenter devant la Face de Dieu (le Temple) par des pratiques religieuses, formalistes, répétitives sans avoir dans le cœur cette  pureté morale qui doit accompagner ces rites. Ils veulent plaire à Dieu par leur vie religieuse, mais leurs cœurs sont remplis de ce qui est écrit dans ce Psaume 50 (versets 16-21) que nous allons regarder plus loi dans notre méditation.
    Dans le contexte de ce Psaume, il s'agit du sacrifice de reconnaissance (ou de communion) Ce sacrifice que le fidèle offrait était mangé par celui-ci, en compagnie du sacrificateur, et devant l’Éternel. C'est le symbole de la communion profonde entre l'homme et son Dieu. La part pour l’Éternel était mangé par le sacrificateur. La graisse était toujours brulée et réservée pour Dieu. Le sacrifice était accompagné de gâteaux sans levain pétris à l'huile, de galettes arrosées d'huile, et de la fleur de farine faite en gâteaux pétris à l'huile. Ces précisions sur ces gâteaux et sur cette farine sont une image, un symbole dont la réalité est la vie pure et sans tâche de notre Seigneur, ce Pain vivant descendu du ciel. Toute sa vie a été embrasée par le feu de l'autel d'airain, cet autel donné par Dieu pour l'expiation des péchés. Le Pain descendu du ciel, notre Seigneur, tellement éprouvé lorsqu'Il était au milieu de son peuple est représenté par cette offrande sur l'autel d'airain. Hébreux 2 dit : 

10 Il convenait, en effet, que celui pour qui et par qui sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut.
   
    Nous trouvons la réalité de ce pain et cette fleur de farine qui étaient mis à brûler sur l'autel par ces versets d'Hébreux 2. Que c'est beau !  Combien sont merveilleux notre Seigneur et le Père dans leur action pour venir nous chercher, nous purifier, nous sauver. Combien ces ombres dans le Lévitique nous éclairent de toute cette souffrance nécessaire pour nous sauver! C'est vraiment glorieux ! Le pain offert sur l'autel représente pour nous, notre appréciation de Christ que nous offrons au Père. Il est impossible de s'approcher du Père sans cette amour que nous devons avoir pour Christ. Ces pains représentent notre part pour le Père, part issue de notre travail "dans le Seigneur".
   Et merveille des merveilles, ces oblations étaient accompagnées de pains levés. Ces pains levés sont l'image, le symbole de celui qui offre et qui est purifié par l'offrande de la vie pure et sans tâche de notre Seigneur. Lui, Il est passé sur le feu de l'autel pour nous et nous en Lui, ce pain levé que nous sommes est accepté car il passe sur l'autel avec Christ. Il n'y a pas de mélange, mais la grâce d'être avec le Seigneur sur l'autel d'airain. (Lévitique 7.11-15) Il a souffert pour nous et notre participation sur l'autel d'airain est bien moins éprouvante et douloureuse que la sienne.  
   Comme nous sommes à Sion et que les seuls sacrifices sont la louange et l'adoration, sans qu'il soit question de l'autel d'airain qui se trouvait à Gabaon, seul est pris en compte l'état du cœur de celui qui offre. Le Seigneur dit : "En guise de sacrifices, offre à Dieu des actions de grâces!" (v. 14) C'est clair. Puisque l'offrant est au bénéfice du sacrifice perpétuel de Gabaon, seul le cœur doit être pur pour que le sacrifice de louanges soit agréable à Dieu.
    Paul  a écrit dans Galates 2. 20 : "Je suis crucifié avec Christ, et ce n'est plus moi qui vit, c'est Christ qui vit en moi..." Crucifié signifie être sur l'autel avec le Seigneur, Pain sans levain et Paul, pain levé, mais avec le Seigneur, sur l'autel!

   Ceux qui venaient sacrifier, par leur comportement, l'état de leurs cœurs, leur façon de s'approcher de l’Éternel avec un cœur partagé ou plein de ce qui est décrit dans le Psaume pour ce sacrifice ne pouvait que déplaire fortement au Seigneur. C'est pour cette raison qu'Il dit : "La pratique de la justice et de l’équité, Voilà ce que l’Éternel préfère aux sacrifices. Ce n'est pas la peine d'aller plus loin dans cette méditation, si ce n'est de mentionner ce deuxième verset des Proverbes : 

"Le sacrifice des méchants est en horreur à l’Éternel, Mais la prière des hommes droits lui est agréable." 
     
Lisons encore ces autres versets du Psaume 50 :

16  Et Dieu dit au méchant : Quoi donc ! tu énumères mes lois, Et tu as mon alliance à la bouche,
17  Toi qui hais les avis, Et qui jettes mes paroles derrière toi !
18  Si tu vois un voleur, tu te plais avec lui, Et ta part est avec les adultères.
19  Tu livres ta bouche au mal, Et ta langue est un tissu de tromperies.
20  Tu t’assieds, et tu parles contre ton frère, Tu diffames le fils de ta mère.
21  Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu. Tu t’es imaginé que je te ressemblais ; Mais je vais te reprendre, et tout mettre sous tes yeux.

    
    C'est la description des actions du cœur d'un homme dont le sacrifice ne peut être agréé. Combien de fois nous approchons-nous du Seigneur avec ce qui est décrit ici ! Surtout au niveau de notre langue ! Le Seigneur peut-Il regarder favorablement notre "sacrifice de reconnaissance", le fruit des lèvres qui confessent son Nom", (Hébreux 13.15) si nous sommes dans ces cas décrits par le Psaume ? 
    Souvenons-nous que ce Psaume a été écrit par Asaph qui officiait avec ses frères, dans la tente sur la colline de Sion. Il était en communion intime avec le Seigneur, dans la louange et l'adoration sans les sacrifices sanglants qui étaient pratiqués à Gabaon. C'est un type du sacerdoce de l’Église, libre de s'approcher du Seigneur étant couverte perpétuellement du Sang de l'Agneau pour la louange et l'adoration. 
    Peut-être que nous ne nous plaisons pas avec un voleur, mais combien de fois nous livrons notre bouche au mal en parlant d'un frère ou d'une sœur dans la foi en décrivant une situation délicate! Combien de fois notre langue dérape pour des choses futiles!  
    Les recommandations de ce Psaume sont renouvelées dans la nouvelle Alliance à travers les lettres de Paul et surtout celle de Jacques qui décrit si bien le mal de la langue qui n'est pas domptée !

5 De même, la langue est un petit membre, et elle se vante de grandes choses. Voici, comme un petit feu peut embraser une grande forêt !
6  La langue aussi est un feu ; c'est le monde de l'iniquité. La langue est placée parmi nos membres, souillant tout le corps, et enflammant le cours de la vie, étant elle–même enflammée par la géhenne.
 
7 Toutes les espèces de bêtes et d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins, sont domptés et ont été domptés par la nature humaine ;
8  mais la langue, aucun homme ne peut la dompter ; c’est un mal qu’on ne peut réprimer ; elle est pleine d’un venin mortel.
9 Par elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l’image de Dieu.
10  De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi.
 
 

    Ces quelques versets développent ceux de ce Psaume. Jacques explique très bien, même si parfois il est dur dans ses propos, le mal que peuvent générer des paroles. Notre Seigneur a affirmé que c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle. Tout ce qui sort de notre bouche a sa source au fond de nos cœurs. C'est avec ce cœur que nous nous présentons devant notre Dieu ! 
    Que chacun puisse aller plus loin dans cette méditation, avec l'aide du Saint-Esprit pour avoir ces cœurs débarrassés de tout ce qui peut nous souiller. Que notre bouche puisse exprimer les bonnes choses qui nous habitent par la vie de Christ en nous!
    J'ai vraiment conscience que ce n'est qu'une très faible approche des trésors qui sont écrits dans ce Psaume et dans ces passages  de la Bible que nous avons regardés. Ce n'est qu'un peu d'eau pour amorcer la pompe spirituelle de chacun!

jcb



dimanche 22 avril 2012

QUELQUES PENSÉES SUR LE PSAUME 50

1  Psaume d’Asaph. Dieu, Dieu, l’Éternel, parle, et convoque la terre, Depuis le soleil levant jusqu’au soleil couchant.
2  De Sion, beauté parfaite, Dieu resplendit.
3  Il vient, notre Dieu, il ne reste pas en silence ; Devant lui est un feu dévorant, Autour de lui une violente tempête.

    Ce Psaume d'Asaph est le premier d'une série de douze qui lui sont attribués (50 et 73 à 83) Il est très important de connaître sa fonction au sein de la prêtrise ou sacerdoce. Il était le chef des chantres (1Chroniques 16.5) Il a été établi par David pour invoquer, célébrer et louer l’Éternel dans la tente préparée par le roi, sur la colline de Sion. Il était accompagné de ses frères. Lisons les derniers versets de 1Chroniques 16 :

37 David laissa là, devant l’arche de l’alliance de l’Éternel, Asaph et ses frères, afin qu’ils fussent continuellement de service devant l’arche, remplissant leur tâche jour par jour.
38 Il laissa Obed–Edom et Hosa avec leurs frères, au nombre de soixante–huit, Obed–Edom, fils de Jeduthun, et Hosa, comme portiers.
39  Il établit le sacrificateur Tsadok et les sacrificateurs, ses frères, devant le tabernacle de l’Éternel, sur le haut lieu qui était à Gabaon,
40  pour qu’ils offrissent continuellement à l’Éternel des holocaustes, matin et soir, sur l’autel des holocaustes, et qu’ils accomplissent tout ce qui est écrit dans la loi de l’Éternel, imposée par l’Éternel à Israël.
41  Auprès d’eux étaient Héman et Jeduthun, et les autres qui avaient été choisis et désignés par leurs noms pour louer l’Éternel. Car sa miséricorde dure à toujours.
42  Auprès d’eux étaient Héman et Jeduthun, avec des trompettes et des cymbales pour ceux qui les faisaient retentir, et avec des instruments pour les cantiques en l’honneur de Dieu. Les fils de Jeduthun étaient portiers.

    Il est nécessaire, pour bien saisir la beauté de ce Psaume, de se situer dans le contexte de la vie du chantre qui l'a écrit. Nous avons déjà vu que Sion est la description d'une sacrificature très différente de celle pratiquée durant toute la période de l'Ancien Testament, sacrificature que nous voyons décrite principalement dans les livres de l'Exode et du Lévitique. C'est un sacerdoce d'exception qui a commencé avec David dans la tente qu'il avait préparée à cet effet sur cette colline de Sion qui était le lieu de sa forteresse conquise aux Yébousiens. C'est lui qui introduisit cette sacrificature dans la tente qu'il avait fait dressée à cet effet et qui s'est achevée lors de la mise en service du temple par Salomon.
    La tente préparée par David sur la colline de Sion a accueilli l'arche de l'alliance lorsqu'elle fut ramenée depuis la maison d'Obed-Edom jusque sur cette colline de Sion et placée en son centre (1Chroniquue 16.1)
    Asaph et ses fils, établis par le roi David, remplissaient leur sacrificature dans la louange, les chants, l'adoration. Ils étaient continuellement dans la présence de Dieu qui "siège entre les chérubins". Dans cette tente, (comme nous l'avons déjà vu dans d'autres méditations) se tenait l'arche en son milieu et les sacrificateurs officiaient devant elle. Il n'y avait pas de voile, pas de table des pains de proposition, pas de chandelier, pas d'autel d'or. Les prêtres étaient devant "la face de Dieu" sans aucune barrière, comme l’Église à présent. (pas de voile de séparation) La seule différence avec l’Église se situe dans le fait que l'arche était le symbole de la présence de Dieu, tandis que l’Église est réellement en présence du Seigneur. Là où deux ou trois se réunissent en mon Nom, Je suis au milieu d'eux.(Mathieu 18.20)  L'arche était Son trône, un trône de grâce à cause du sang répandu une fois l'an pour l'expiation des péchés du peuple.
    Il n'y avait pas de sacrifices sanglants à Sion, car l'autel des holocaustes se tenait dans le tabernacle à Gabaon, ainsi que la cuve de bronze pour les ablutions et tous les objets nécessaires à ce culte. A Gabaon, le sacrificateur Tsadoq et ses frères offraient le sacrifice perpétuel du matin et du soir nécessaire pour la louange et l'adoration qui se pratiquaient à Sion (1Chronique 16.39). 
    Sion ne pouvait exister que sur le fondement du sacrifice perpétuel de Gabaon. A Gabaon, se trouvaient les deux autels (holocauste et parfums) la cuve de bronze, le chandelier en or, la table des pains de proposition, avec les trois parties du sanctuaire : le parvis, le Lieu Saint et le Lieu très Saint dont le voile séparait le Lieu Saint du Saint des Saints dans la tente.
    Nous avions, d'une part, le sacrifice perpétuel à Gabaon, dans la non présence de Dieu, et d'autre part, la louange et l'adoration à Sion, dans la présence de Dieu. Gabaon est le type, le symbole du sacrifice de Christ (une fois pour toute) et Sion celui de la sacrificature de l’Église dans la louange et l'adoration fondée sur le sacrifice perpétuel de Christ.
   C'est à la lumière de ce contexte que nous allons méditer sur ce Psaume pour essayer d'en retirer tout ce qui peut nous faire grandir dans la connaissance de notre Dieu, nous le faire aimer d'avantage et avoir une vie qui glorifie notre Dieu.
    Asaph, dans ce Psaume, nomme Dieu de trois de Ses Noms divins : Dieu (Elohim) et  l’Éternel (YHWH) dans le premier verset,  le Très-Haut (El Elyon) dans le verset 14.
    Le chantre s'adresse en premier au Dieu Créateur du ciel et de la terre et de tout ce qui existe : hommes, bêtes, plantes, univers etc. C'est Dieu dans la plénitude du Dieu Créateur. Celui par qui et pour qui tout existe, Celui par qui, sans Sa main sur la création, rien ne pourrait exister et continuer à être.
    Ensuite, il le nomme l’Éternel. C'est par ce Nom que Dieu s'est révélé à Moïse : le Dieu qui vient sauver le peuple, Son peuple, le libérer de la servitude d’Égypte. C'est la traduction, dans nos Bibles, du saint Nom du Dieu de l'alliance YHWH, le Nom dont on a oublié comment Le prononcer. Les Juifs pieux l'appellent tout simplement :"le Nom" avec une vraie crainte de Dieu. C'est le Dieu "qui descend" pour délivrer. Celui qui s'est nommé : "Je suis celui qui suis". La Bible du Rabbinat français traduit : "Je suis l'Être invariable" C'est ce Dieu que le chantre invoque, le Dieu de l'alliance, le Sauveur.
    Puis, il le nomme le Dieu Très-Haut au verset 14. Dans ce verset, Asaph invoque d'abord Dieu (Elohim) pour Lui offrir la reconnaissance par des actions de grâces. Puis il recommande d'accomplir les vœux que l'on a fait envers le Très-Haut. Ce Nom a été mentionné pour la première fois, dans Genèse 14.18. Il s'agit de l'épisode de la rencontre d'Abram avec le sacrificateur du Dieu Très-Haut, Melchisédek. Le Dieu Très-Haut est défini comme étant "le Maître du ciel et de la terre"  
    Nous voyons, par ces Noms, combien est grande la louange et l'adoration que le chantre rend à Son Dieu en le définissant ainsi. C'est un homme qui connaissait Son Dieu ! Combien est grande l’admiration et la reconnaissance que lui voue ce chantre !
   De Sion, beauté parfaite, Dieu resplendit. Le chantre décrit l’Éternel à partir de Sion. C'est le lieu de l'adoration et de la louange. Le Lieu où il n'y a plus de sacrifices sanglants. C'est uniquement la louange et l'adoration qui constituent la sacrificature. C'est le lieu de la grâce et de la présence de Dieu, dans la liberté, le péché étant traité et expié jour après jour à Gabaon. C'est beau ! 
    Mais lorsque Asaph décrit Son Dieu, il Le décrit comme Celui qui s'est révélé au Mont Sinaï. Il est très important de comprendre cela. Le Dieu de la grâce est aussi le Dieu de la Loi, du Mont Sinaï. Dieu ne change pas ! Il est le même ! Nous devons bien réaliser cela, nous, qui sommes sous la grâce. Nous devons toujours avoir présent en nous, à notre esprit, ce Dieu du Sinaï, avoir cette sainte crainte de Dieu, afin de vraiment apprécier ce qu'est la grâce. Dans Hébreux 12.28-29 nous lisons ceci : 

28  C'est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, (12–29) avec piété et avec crainte,
29  car notre Dieu est aussi un feu dévorant.
 


   Nous ne devons pas être trop familier ou comme bien des personnes que parfois je côtoie qui prononcent avec légèreté ce beau Nom qui nous a sauvés. Il est vraiment très triste de constater combien ce Nom est devenu quelque chose de banal, de culturel dans les expressions courantes de la vie. Le Nom du Seigneur fait partie de la culture chrétienne. Il est devenu une expression parmi tant d'autres. Combien nous devons reconnaître que ce Nom ne peut pas être employé sans discernement, ni respect ou crainte, comme faisant partie de la "culture chrétienne". Notre Dieu, le Dieu de la grâce, est aussi un feu dévorant, à cause de Sa jalousie. La jalousie de Dieu n'a rien de commun avec celle de l'homme. Le Seigneur, dans les dix paroles nous l'a formellement demandé :

7  Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain. (Exode 20.7)
 

   Combien de fois nous prononçons ce Nom en vain ! Combien de fois, nous sommes irrévérencieux envers notre Dieu en banalisant Son Nom ! Il est devenu un nom commun. Il est dans cette culture chrétienne pétrie de formules toutes faites et nous l'employons souvent de manière trop légère. Nous devrions avoir cette sainte crainte de Dieu issue de cœurs d'adorateurs que nous sommes... ou devrions être. 
    Nous lisons dans Malachie 3.16 : "Alors ceux qui craignent l’Éternel se parlèrent l'un à l'autre" Ce même verset est traduit, dans la Bible du Rabbinat français : "Cependant, les adorateurs de l’Éternel s'exhortèrent mutuellement" La crainte de l’Éternel est la preuve d'un cœur d'adorateur. Il ne peut pas prononcer le Nom béni de façon légère. Ce Nom, tellement beau et grandiose, pour un adorateur, ne peut être que respectueusement prononcé. Le Seigneur n'est pas notre copain ! Et bien sûr, ne soyons pas, non plus, idolâtre du Nom, mais respectueux. 
    Nous sommes sous la grâce, avec un Dieu éternellement le même. Il est vrai que notre Seigneur Jésus a pris sur Lui toutes nos transgressions et que nous ne sommes plus sous la condamnation.....si nous marchons par l'Esprit ! C'est une raison de plus pour honorer ce Nom, si bien sûr nous savons réellement ce que représente ce Nom qui est au-dessus de tout nom. Il ne peut pas, ne doit pas  faire partie d'une "culture chrétienne." C'est le banaliser et en faire un sujet de tradition, de culture générale. Or, la Parole de Dieu nous exhorte "à offrir sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c'est-à-dire le fruit des lèvres qui confesse son Nom."  (Hébreux 13.15) Si ce Nom est devenu quelque chose de banal dans notre vie, comment pourrions-nous en faire une louange à notre Dieu ? Il est bon de réfléchir et méditer sur ces choses.
    Continuons notre lecture.

4  Il crie vers les cieux en haut, Et vers la terre, pour juger son peuple:
5  Rassemblez–moi mes fidèles, Qui ont fait alliance avec moi par le sacrifice ! –
6  Et les cieux publieront sa justice, Car c'est Dieu qui est juge. –Pause.

    Il crie vers les cieux et vers la terre pour juger son peuple. Le verset 4 est terrifiant si la suite ne présentait pas les fidèles qui ont fait alliance avec Dieu. Dès que le Seigneur parle du jugement, Il nous présente l'alliance. L'alliance est le moyen par lequel la justice de Dieu est manifestée par le jugement tombant sur la victime expiatoire afin que le coupable soit justifié et reconnu innocent. Dieu montre sa justice (la victime expiatoire) en étant juste toute justifiant celui qui a la foi en la victime expiatoire. Ce n'est que l'ombre des choses à venir dont la réalité est le sacrifice de Christ. "Il a voulu montre sa justice dans le temps présent, de manière à être reconnu juste, tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus." (Romains 3.26)
    Par ce Psaume nous ne sommes que dans l'ombre de cette merveilleuse réalité. Les chantres louaient et adoraient librement Dieu dans Son sanctuaire et dans Sa présence, dans la tente sur la colline de Sion en étant sous le sang du sacrifice perpétuel de Gabaon. Les cieux publient la justice de Dieu, car c'est Dieu qui est juge ! Sa justice c'est le sacrifice perpétuel pour celui qui croit en ce jugement de substitution et qui donc est justifié tout en reconnaissant la justice de ce "Dieu qui ne tient pas le coupable pour innocent." Dans le contexte du Psaume c'est celui de Gabaon et pour nous celui de notre adorable Seigneur. Dieu est justifié tout en justifiant le pécheur qui a accepté sa condamnation à mort subie sur l'Agneau de Dieu.

7  Écoute, mon peuple ! et je parlerai ; Israël ! et je t’avertirai. Je suis Dieu, ton Dieu.
8  Ce n’est pas pour tes sacrifices que je te fais des reproches ; Tes holocaustes sont constamment devant moi.
9  Je ne prendrai pas de taureau dans ta maison, Ni de bouc dans tes bergeries.
10  Car tous les animaux des forêts sont à moi, Toutes les bêtes des montagnes par milliers ;
11  Je connais tous les oiseaux des montagnes, Et tout ce qui se meut dans les champs m’appartient.
12  Si j’avais faim, je ne te le dirais pas, Car le monde est à moi et tout ce qu’il renferme.
13  Est–ce que je mange la chair des taureaux ? Est–ce que je bois le sang des boucs ?
14  Offre pour sacrifice à Dieu des actions de grâces, Et accomplis tes vœux envers le Très–Haut.
15  Et invoque–moi au jour de la détresse ; Je te délivrerai, et tu me glorifieras.
 

   
    Le Seigneur parle à Son peuple. Il ne le condamne pas comme dans d'autres passages de la Parole dans lesquels Il déclare avoir en abomination les sacrifices qui Lui sont offerts. (par exemple : Jérémie 6.20 ; Amos 5.22) D'autres passages de l’Écriture vont dans le même sens. L’Éternel ne prends pas plaisir à ces sacrifices. Nous retrouvons ces reproches du Seigneur dans Malachie 1.6-8 où Il indique pourquoi ces sacrifices ne peuvent Lui être agréables.
    Dans ces versets du Psaume, c'est différent. Le Seigneur demande à Son peuple qui sacrifie de ne pas rester devant le sacrifice, mais d'avancer vers Lui, car ce sacrifice est la porte d'entrée pour la communion avec l’Éternel. Le Seigneur demande de continuer sur la base du sacrifice agréé pour entrer en communion avec Lui par "le sacrifice d'actions de grâces." Comme nous sommes à Sion, il s'agit de la louange d'un cœur reconnaissant qui se sait agréé étant fondé sur l'expiation du sacrifice de substitution de Gabaon.
    Le Seigneur dit bien que les holocaustes du peuple sont constamment devant Lui. Ils sont donc agréés. Il sont monté en parfum de bonne odeur et la porte des cieux est ouverte pour ceux qui ont sacrifié. La bonne odeur (l'encens) du sacrifice est parvenu jusqu'à Dieu.
    Puisque la porte est ouverte, Dieu demande simplement la reconnaissance, la louange et l'adoration d'un homme quitte de son péché expié par le sang du sacrifice. Nous avons la réalité dans Hébreux 13.15 comme nous l'avons vu plus haut : "Le fruit des lèvres qui confessent son Nom." Le Seigneur ne veut pas que nous restions à la croix, mais avancer pour contempler Celui qui est assis sur le Trône et qui règne. Nous devons garder la croix pour la destruction des œuvres de la chair mais aller au-delà pour offrir ce merci et cette reconnaissance à notre Dieu.
    La sublime récompense de cette attitude de cœur est cette affirmation : "Invoque-moi au jour de la détresse : Je te délivrerai et tu me glorifieras."  Ce qui implique que les jours de détresse font aussi partie de la vie du peuple de Dieu.

6  Et Dieu dit au méchant : Quoi donc ! tu énumères mes lois, Et tu as mon alliance à la bouche,
17  Toi qui hais les avis, Et qui jettes mes paroles derrière toi !
18  Si tu vois un voleur, tu te plais avec lui, Et ta part est avec les adultères.
19  Tu livres ta bouche au mal, Et ta langue est un tissu de tromperies.
20  Tu t’assieds, et tu parles contre ton frère, Tu diffames le fils de ta mère.
21  Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu. Tu t’es imaginé que je te ressemblais ; Mais je vais te reprendre, et tout mettre sous tes yeux.


    Le Seigneur se tourne vers le méchant pour lui dire qu'Il connaît son comportement. Il se tait, mais aucun des faits et gestes de celui-ci sont oubliés. Le Seigneur énumère les griefs de cet homme. IL s'adresse au méchant de Son peuple. Il ne s'agit pas de l'étranger. Il fait des reproches afin que ces personnes se repentent, changent d’attitude. Il ne tient pas le coupable pour innocent, mais Il ne veut pas détruire. Il reprend afin que ce "méchant" se repente et change de voie. Sinon, le jugement viendra sur lui.
    Le Seigneur décrit les cœurs de ces adorateurs. Nous voyons pourquoi Il réprimande son peuple. Le sacrifice est agréé car il est aux normes fixés par la loi. Le sacrifice est selon Dieu. C'est le cœur de celui qui sacrifie qui est décrit dans ces versets. Nous développerons cela dans notre prochaine méditation.

22 Prenez–y donc garde, vous qui oubliez Dieu, De peur que je ne déchire, sans que personne délivre.
23  Celui qui offre pour sacrifice des actions de grâces me glorifie, Et à celui qui veille sur sa voie Je ferai voir le salut de Dieu.
 


    La fin de ce Psaume est empreinte de grâce. Le méchant est repris afin qu'il se repente. La rébellion est sanctionnée très durement pour celui qui a reçu de la part du Seigneur l'injonction de se repentir et qui refuse. Pour les autres, offrir des actions de grâces glorifie le Seigneur. Ceux qui agissent ainsi et qui veillent sur leur voie peuvent voir le salut de Dieu. Ils ont la ferme assurance que Dieu veille sur eux pour les maintenir dans ce salut qui vient de l’Éternel.
     Voilà juste quelques pensées sur ce Psaume de ce chantre qui ne connaissait que la grâce d'une vie de louanges et d'adoration.
    Que chacun puisse aller plus loin dans la richesse de ce Psaume !

jcb