samedi 29 août 2026

(5) LA PRIÈRE DU ROYAUME par Jean-Christophe Blumhardt

 Veuillez partager ce livre numérique avec vos amis. N’hésitez pas à poster un lien sur votre site web ou à envoyer un lien par courriel. Vous êtes également autorisé à imprimer le livre en partie ou dans son ensemble. Toutefois, vous êtes prié de ne pas le modifier de quelque façon que ce soit, ni de poster le fichier pour téléchargement d’un site web ou tel autre service de téléchargement numérique. Si vous désirez distribuer des copies multiples imprimés, ou si vous voulez réimprimer des extraits dans un bulletin ou une revue, veuillez observer les limitations suivantes : 1. Vous êtes formellement interdit de le reproduire à but lucratif ; et 2. Vous êtes exigé d’ajouter la mention de source suivante 

Copyright © 2011 by The Plough Publishing House. Utilisation autorisée. Ce livre numérique est une publication de The Plough Publishing House Rifton, NY 12471 USA (www.plough.com) et Robertsbridge, E. Sussex, TN32 5DR Royaume-Uni

(www.ploughbooks.co.uk). Copyright © 2011 par The Plough Publishing House Rifton, NY 12471 Etats-Unis Tous droits réservés.

Donne-nous notre pain quotidien

         Après les demandes pour le Royaume, voici celles qui concernent plus personnellement celui qui prie. N’oublions pas cependant qu’elles expriment les besoins de tous, et n’oublions pas non plus que c’est au sein du Royaume que les enfants du Royaume recevront toutes choses. La quatrième demande dit : « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ». Le Sauveur pense à ceux qui n’ont pas le nécessaire, même pour la journée d’aujourd’hui. Ceux qui ne sont pas dans cet extrême besoin ont le devoir de se souvenir des autres moins bien partagés, qui ont peut-être des enfants qu’ils ne savent comment nourrir. Il importe beaucoup que celui qui ne manque de rien pense à tous ceux qui, à leur réveil, se demandent d’où leur viendra la nourriture de la journée. Cette pensée l’amènera à songer à bien des choses dont il pourra s’occuper au cours de cette journée. Quand la demande que Jésus met sur nos lèvres éveille dans nos cœurs la compassion pour les autres et le désir de leur venir en aide, nous la disons dans son esprit. Elle doit de plus, chez ceux qui sont bien situés, faire naître la reconnaissance ainsi que la pensée que, pour eux aussi, le jour pourrait venir où ils ne seront plus assurés du pain quotidien.

                Il faut d’ailleurs remarquer que Jésus a enseigné la quatrième demande d’abord à ses disciples immédiats qui voulaient apprendre à prier. Lorsqu’il les envoyait en mission, leur pain quotidien n’était pas assuré d’avance. Ils ne devaient rien emporter ni se mettre en souci de rien, mais tout attendre chaque jour de la bonté de Dieu. Sans inquiétude, ils devaient prier simplement : « Père bien-aimé qui es au ciel, donne-nous aujourd’hui aussi notre pain quotidien. » Ils priaient avec confiance et ils ne manquaient de rien. Il en était ainsi déjà du vivant de Jésus. Il leur disait (Luc 10.7-8) : « Demeurez dans cette maison (où vous êtes entrés), mangez et buvez ce qu’on vous donnera, car l’ouvrier mérite son salaire. » Et plus tard il leur demanda (Luc 22.35) : « Lorsque je vous ai envoyés, sans bourse, sans sac, ni sandales, avez- vous manqué de quelque chose ? » —« Non, de rien, répondirent-ils. » Donc ce sont surtout les ouvriers du Seigneur qui n’ont pas à s’inquiéter, même lorsqu’il semble que le pain quotidien va leur manquer. C’est pour eux tout spécialement qu’est faite la quatrième demande. Il faut qu’ils aient foi dans la parole (Matthieu 6.34) : « Cherchez premièrement le Royaume et sa justice, et toutes ces choses (la nourriture et le vêtement) vous seront don- nées par-dessus. »

                Cependant, à un point de vue plus général, le Notre Père appartient à tous et dans la pensée du Sauveur, la quatrième demande est la prière de tous ceux qui se trouvent dans le besoin. Il les encourage à lever vers le Père céleste un regard confiant, sachant qu’il ne les laissera pas manquer du nécessaire aujourd’hui, et de même demain, puisqu’ils peuvent prier de même demain. Celui qui dit cette demande avec une filiale confiance ne prie jamais en vain.

                 Mais il arrive souvent qu’on s’imagine être dans le besoin et que, même quand on est assuré du nécessaire pour le lendemain, on se ronge de soucis pour l’avenir plus lointain. Le Sauveur nous défend cela, déjà parce qu’aucun de nous ne sait combien de temps il vivra et que chacun ne peut compter avec quelque certitude que sur la journée commencée. Puisque tu vis et que tu dois vivre aujourd’hui, tu auras ce qu’il te faut ; sur demain ferme les yeux.

                Chez la plupart des hommes le souci du pain va trop loin. Ils veulent pour le moins assurer leur nourriture. Ce n’est pas un mal en soi et le Sauveur ne les condamne pas. Il veut au contraire que l’homme soit fidèle en ceci comme en toutes choses, qu’il ne laisse pas perdre par légèreté, négligence ou paresse, ce que Dieu met dans sa main. Il peut bien se servir de son intelligence pour chercher, en demandant à Dieu de bénir son travail, à bien organiser l’avenir. Mais s’il se tourmente outre mesure et se surmène pour être sûr de réussir, s’il s’absorbe dans ses calculs anxieux et ne sacrifie rien pour aider ceux qui sont dans le dénuement, il agit directement contre l’esprit de la quatrième demande.

                 Même quand les ressources semblent devenir insuffisantes, il faut savoir se tranquilliser en se disant : « J’ai ce qu’il faut pour aujourd’hui. » Le Sauveur veut, par la prière pour le pain quotidien, réconforter ceux qui n’ont point de ressources assurées en leur montrant les choses sous leur vrai jour. Il ne faut pas qu’ils craignent de mourir de faim parce qu’ils ne voient pas au-delà d’aujourd’hui. 

              Les plus pauvres sont souvent les moins inquiets, parce qu’ils sont habitués à vivre au jour le jour. Ce sont les gens de moyenne condition qui ont le plus de peine à éviter le souci, surtout ceux qui ont vu des jours meilleurs et qui, dans le besoin, sont plus timides que les pauvres de naissance. Qu’ils se laissent enseigner par le Sauveur la quatrième demande, et que les mieux situés pensent, quand ils prient, à ceux qui sont tombés dans la pauvreté. Car ceux-ci méritent tout particulièrement qu’on se souvienne d’eux, et la prière compatissante ne sera pas dite en vain.

             Les pécheurs aussi peuvent-ils être exaucés en demandant le pain quotidien ? Certainement, car il faut remarquer que la demande pour le pardon des péchés ne précède pas, mais suit la quatrième. Donc il est permis à celui qui n’a pas encore obtenu le pardon, de demander le pain quotidien. Comme nous sommes tous pécheurs et pourrions par suite craindre qu’à cause de nos péchés le pain nous soit refusé, le rang qu’occupe la quatrième demande peut nous faire souvenir de la parole de Jésus (Matthieu 5.45) : « Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il répand sa pluie sur les justes et sur les injustes. » Et de cette autre (Luc 6.35) : « Il est bon envers les ingrats et les méchants. »

               Tout homme, quel qu’il soit, peut demander le pain quotidien, et la prière confiante ne fait pas appel en vain à la bienveillance du Père. Son regard paternel s’arrête sur celui qui le supplie, comme sur Agar à qui il montra le puits où elle puisa pour désaltérer Ismaël (Genèse 21.19). Dieu ne manque jamais de moyens pour venir en aide à ceux qui l’implorent. Il a fait nourrir par les corbeaux le prophète Elie (1 Rois 17.4) ; il a fait dire à la veuve : « La farine qui est dans le pot ne manquera point et l’huile qui est dans la cruche ne diminuera point. » (1 Rois 17.14). Avec quelques pains il a nourri des milliers, pour qu’ils ne meurent pas de faim dans le désert. Il a fait tomber du ciel la manne pour donner le pain quotidien aux bons et aux méchants. Il sait faire des miracles quand il le juge nécessaire, il sait en tous cas tout conduire de manière à ce que sa main paternelle soit bien reconnaissable. Qui n’en a vu des exemples ?

              Nous avons déjà dit que le Sauveur nous enseigne à ne demander notre pain que pour aujourd’hui, parce que nous ne savons pas si nous vivrons demain ni plus tard. Sa pensée est plus profonde que la nôtre. Nous avons l’air de croire que nous vivrons ici-bas une éternité, et ce sont souvent les vieillards qui craignent le plus de manquer du nécessaire avant de mourir. Pauvres insensés que nous sommes, de nous mettre en souci du pain de demain, alors que notre vie est si précaire. Pense chaque jour, en demandant ton pain, à ta mort, et n’envisage pas le lendemain ni l’avenir plus lointain avec inquiétude. Aujourd’hui  tu peux encore compter vivre et tu peux dire au Père céleste . « Puisque je vis, donne-moi ce dont j’ai besoin pour vivre. » Il y a des gens qui se désespèrent parce qu’ils ont peur de n’avoir plus de quoi vivre demain ou après-demain, ou dans quelques semaines. Plus d’un qui tient à la main le pain d’aujourd’hui, se laisse entraîner à s’ôter la vie, de peur de ne plus vivre demain. La veuve de Sarepta, païenne pourtant, n’a pas agi ainsi. Elle a voulu préparer et manger ce qui lui restait, et ensuite seulement attendre la mort par la faim.

               Il est arrivé qu’on a trouvé de fortes sommes d’argent chez les désespérés qui s’étaient tués par excès de souci. Ils ne connaissaient pas sans doute la quatrième demande, ou ils n’ont jamais su prier. A la considérer de près, cette demande renferme une prière pour la vie. De même que nous devons persévérer dans la confiance d’obtenir notre pain quotidien, nous devons prier pour que la vie nous soit conservée. Si nous venons à manquer de pain, c’est-à-dire en général de nourriture, notre vie est en danger, et il nous faut tous les jours, en demandant le pain, la demander aussi, même si elle est pénible. Elle doit nous être précieuse.

                Le malade qui ne peut pas manger, peut cependant demander son pain, c’est-à-dire des remèdes qui raniment sa vie. Nous ne devons pas souhaiter de mourir vite pour échapper à toutes les tribulations. Il est vrai que plus d’un peut être las de la vie, en se voyant exposé à manquer de pain, mais il ne doit pas l’être, puisque c’est Dieu qui la lui donne chaque jour. Dieu d’ailleurs ne laisse pas dans l’extrême besoin ceux qui ont confiance en lui. « J’ai été jeune et j’ai vieilli, dit David (Psaume 37.25), et je n’ai point vu le juste abandonné ni sa postérité mendiant son pain. » Il peut arriver que le Seigneur nous tienne court, pour mettre notre foi à l’épreuve, mais l’épreuve ne dure pas toujours. Avec Dieu, il est bien facile de conserver sa vie, sans aucun souci. Car finalement, quand nous ne pouvons plus avoir soin de nous-mêmes, le Seigneur a d’autant plus soin de nous, pourvu que nous sachions le prier.

           Il a, si j’ose dire ainsi, l’ouïe très fine pour tous les affamés, les altérés, les misérables quels qu’ils soient, surtout quand leur détresse est à son comble. Que ne sommes-nous à tous égards les véritables enfants du Père qui est dans les cieux !

(à suivre)

vendredi 28 août 2026

(4) LA PRIÈRE DU ROYAUME par Jean-Christophe Blumhardt

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Que ta volonté soit faite

               En nous apprenant à dire : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », le Sauveur nous indique qu’au ciel la volonté de Dieu se fait, et il faut entendre par le ciel le monde bienheureux où Dieu règne uniquement, où toutes les volontés sont en harmonie avec la sienne. De même, sur la terre, aucune volonté contraire à celle de Dieu ne devrait se manifester, et l’harmonie de la volonté divine et de la volonté humaine doit être désirée tout spécialement par les disciples du Sauveur et faire le sujet de leurs prières.

         Il faut remarquer cependant que le mot ciel désigne aussi toute l’étendue de la création au-dessus de la terre, comme le disent déjà ces paroles : « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. » D’après certains passages de l’Ecriture, la volonté divine ne règne pas d’une façon absolue dans l’immense univers. Saint-Paul dit (Colossiens 1.20) que toutes choses, celles qui sont sur la terre et celles qui sont dans le ciel, doivent être réconciliées par le sang de Christ. Et aussi qu’au nom de Jésus tout genou doit fléchir au ciel, sur la terre et sous la terre (Philippiens 2.10). Parmi les milliers de mondes que renferme l’univers, il doit en exister où la volonté de Dieu ne règne pas encore sans partage, il est donc nécessaire que partout, aussi bien au ciel que sur la terre et sous la terre, le Rédempteur ramène à l’obéissance ceux qui sont entrés en conflit avec Dieu. Le Seigneur ne nous recommande pas expressément de prier dans ce but, il ne s’explique pas à ce sujet, il se borne à ce qui nous regarde plus directement.

               Mais nous pouvons bien élargir la troisième demande ainsi : « Que ta volonté soit faite par toute la création, au ciel et sur la terre. » D’après cette demande, une autre volonté que celle de Dieu, étrangère à lui, est donc puissante dans la création, mais nous ne pouvons guère le constater que sur la terre. Cette volonté étrangère se manifeste dans l’homme, parce qu’il est libre, sous la forme de sa volonté propre qui se révolte contre celle de Dieu, veut régner elle-même et subsister sans Dieu. Comme Dieu ne veut pas contraindre ses enfants à l’obéissance par la force, ni les livrer sans appel à la damnation, il les laisse agir librement, mais ceux qui s’opposent à lui se jettent dans des maux sans nombre. Pour que la volonté étrangère et mauvaise soit combattue et que les maux qu’elle engendre soient diminués, il faut que du sein de l’humanité encore assujettie aux puissances des ténèbres d’instantes prières montent vers Dieu. Jésus a donné l’exemple à ses disciples, leur vocation est d’invoquer le Père céleste, afin que par l’amour de Jésus et de ceux qui le suivent, la volonté mauvaise perde de son pouvoir. Il nous faut donc prier « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

            La volonté de Dieu est « que tous les hommes soient sauvés et que tous parviennent à la connaissance de la vérité. » Il veut que ses intentions miséricordieuses se réalisent, ce qui amènerait la soumission à sa volonté. C’est ainsi que Jésus a dit : « C’est ici la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle » (Jean 6.40). Et saint Paul parle (Éphésiens 1.9) du mystère de la volonté : de Dieu qui doit être annoncé. C’est à cette volonté divine que Jésus fait spécialement allusion dans la troisième demande. Il nous met sur le cœur le souci perpétuel du salut de toutes les créatures qui doivent être amenées à lui, selon la volonté miséricordieuse du Père. Nous avons le devoir non seulement de demander par nos prières que cette volonté soit reconnue par tous, mais aussi d’aider à répandre cette connaissance pour autant que cela est en notre pouvoir. C’est une erreur de penser que tout se fait de soi-même, sans que nous nous en occupions ; et c’est une erreur plus grande encore de ne pas croire que Dieu veut sauver tous les hommes, qu’il est plutôt prêt à user de sévérité que de miséricorde envers les pécheurs, dussent un grand nombre d’entre eux courir à leur perte. Ceux qui admettent cela supposent que Dieu leur ressemble, que la perdition de ses créatures le laisse indifférent. Pour eux, la troisième demande est un appel adressé à Dieu pour qu’il se serve de sa toute-puissance pour châtier ses ennemis, plutôt qu’une supplication en faveur des rebelles, afin qu’ils soient amenés par l’amour de Jésus à la vie bienheureuse.

             Mais les vrais disciples de Jésus prient comme lui, d’un cœur sacerdotal, et demandent en son nom, chaque jour avec plus d’insistance, que la volonté de Dieu s’accomplisse sur la terre et que le plus grand nombre possible de pécheurs soient sauvés par la foi en Jésus-Christ. Puissent ceux qui prient ainsi devenir de plus en plus nombreux ! Il importe de ne pas oublier que les croyants eux-mêmes, les disciples du Sauveur, doivent veiller à ce qu’en toutes choses la volonté de Dieu s’accomplisse en eux. Ils sont exposés à bien des tentations et bien des paroles de l’Ecriture nous avertissent de la nécessité de prier le Père de nous aider à accomplir sa volonté. Il est dit (1 Thessaloniciens 4.3) : « Ce que Dieu veut, c’est que vous vous conserviez purs. » Et ailleurs (Romains 12.2) : « Ne vous modelez pas sur le siècle présent, mais qu’il se fasse en vous une métamorphose par le renouvellement de l’esprit, en sorte que vous appréciiez ce qu’est la volonté de Dieu, combien elle est bonne, agréable et parfaite. » Ailleurs encore (Hébreux 10.38) : « Vous avez besoin de persévérance, afin qu’après avoir fait la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis. » Et enfin la grave parole du Sauveur : « Ceux qui me disent : Seigneur ! Seigneur ! n’entreront pas tous au Royaume des cieux, mais ceux-là seulement qui font la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » Pour toutes les choses dont ils savent qu’elles sont conformes à la volonté du Père, les disciples de Jésus devraient être obéissants comme les anges, afin que la terre ressemble de plus en plus au ciel où habite le Seigneur. Pensons à cela aussi quand nous disons « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

(à suivre)

jeudi 27 août 2026

(3) LA PRIÈRE DU ROYAUME par Jean-Christophe Blumhardt

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  Que ton règne vienne

                La deuxième demande — « Que ton règne vienne » —est la suite de la première. Le règne de Dieu est aussi nommé le Royaume des cieux. Il ne comprend donc pas seulement la terre, mais les cieux. Saint Paul parle du « mystère de la volonté de Dieu » qui est (Ephésiens 1.10) : « de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. » Le règne de Dieu sera complètement établi quand « Dieu sera tout en tous » et que toute la création sanctifiera son nom. Tant qu’il y aura des créatures qui méprisent le nom de Dieu et ne lui sont pas soumises, il ne régnera pas sans conteste, il est pour ainsi dire en guerre avec des puissances qui voudraient empêcher l’avènement de son règne. Il est tout-puissant et pourrait abattre tous ses ennemis, les livrer à la damnation. S’il ne le fait pas, c’est parce qu’il ne veut pas user de violence envers des êtres libres. Il veut que toutes les créatures reviennent à lui librement, comme le fils prodigue revient à son père, et il patiente.

               Et comme la créature, même si elle est disposée à ce retour, en est incapable sans aide, Dieu lui-même est venu à son secours en incarnant son Verbe dans la personne du Fils de l’homme. Celui-ci s’appelle « le premier-né de toute la création » c’est-à-dire le premier qui, par une soumission absolue, a inauguré le règne de Dieu. C’est ce qui fait écrire à saint Paul (Colossiens 1.19-20) : « Dieu s’est plu à faire habiter en lui toute la perfection et à réconcilier avec soi, par lui, toutes choses, soit celles qui sont sur la terre, soit celles qui sont dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix. »

             Celui qui croit en Jésus se laisse librement ramener par lui à Dieu, ainsi que l’exigent la sainteté et la justice divines. Jésus-Christ Fils de l’homme, Verbe divin et représentant de toute la création, rassemble tous ceux qui se sont détachés de Dieu. Le règne dont nous demandons la venue est donc son règne, en même temps que celui du Père. « Lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera aussi soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. » (1 Corinthiens 15.28). 

              Par son apparition sur la terre, Jésus a inauguré le règne de Dieu ; par son obéissance jusqu’à la mort, il a vaincu les ténèbres, et en le ressuscitant, Dieu lui a donné le pouvoir d’attirer à lui ceux qu’il avait rachetés. Il a donc frayé la voie au règne de Dieu, annoncé par la bonne nouvelle : « Le Royaume des cieux est proche. » Mais ce Royaume a eu d’abord un très petit nombre d’adhérents, il a fallu et il faudra, encore beaucoup de temps pour que toutes les puissances ennemies soient brisées, que toutes les âmes soient arrachées aux ténèbres et s’unissent dans la communion de Jésus et de son Père, en un seul peuple. De là la prière : « Que ton règne vienne ! »

               Pour que le libre retour à Dieu devienne possible à toute l’humanité, il faut qu’il y ait des hommes qui le de- mandent ardemment dans leurs prières. Les disciples de Jésus doivent se rendre compte des maux qui résultent de ce que Dieu ne règne pas encore uniquement, surtout pour ceux qui vivent dans l’insouciance et l’aveuglement et deviennent ainsi la proie des puissances menteuses dont ils ne peuvent se délivrer eux-mêmes, car ils ne sentent pas les liens qui les enchaînent et ne cherchent pas à les briser. La victoire toujours plus rapide sur tous les pouvoirs opposés à Dieu, jusqu’à ce qu’il règne seul sur toute la création, doit être pour nous tous un constant sujet de prière. Mais il y en a peu qui prient comme ils le devraient. Pour la plupart, l’avancement du règne de Dieu va de soi et ne dépend pas de leur foi ni de leurs prières, et ils vivent à cet égard dans une, tranquille insouciance. Mais nous devons, pour ainsi dire, ressentir la douleur du Père céleste qui voit une foule de ses enfants vivre loin de lui, sans que ses mains puissent les atteindre pour les rassembler dans son Royaume. Pour que ce Royaume croisse, il faut que beaucoup d’âmes croient en Jésus et naissent par la foi à la lumière.

                 Nous pouvons y contribuer, et nous le devons, en joignant l’action à la prière. Ce n’est pas à des anges, c’est à des hommes que l’ordre a été donné de prêcher l’Evangile à toute créature. Il est donc de notre devoir de travailler à répandre toujours plus loin la connaissance de l’Evangile. Le Sauveur a dit : « Quand je serai élevé au-dessus de la terre, je les attirerai tous à moi », mais il faut que par nos prières et notre foi active, nous concourions à la réalisation de sa parole. L’avènement complet du règne de Dieu aura lieu finalement par le retour du Christ et la révélation de la gloire des enfants de Dieu, objet de l’attente de toute la création (Romains 8.19).

              Puissions-nous nous écrier de tout notre cœur, avec un zèle et une ferveur plus qu’habituels : « Que ton règne vienne ! » La prière des élus qui crient jour et nuit sera exaucée à la fin et l’œuvre du Sauveur trouvera son achèvement. Quelle joie sera la nôtre, d’avoir contribué pour notre part, de toute notre âme, par notre zèle et notre abnégation, à la venue du règne de Dieu qui apaisera l’attente de toutes les 

mercredi 26 août 2026

(2) LA PRIÈRE DU ROYAUME par Jean-Christophe Blumhardt

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Que ton nom soit sanctifié

              Nous posons d’abord la question : « Où le nom de Dieu doit-il être sanctifié ? » Et nous répondons : « Dans le monde entier, par toutes les créatures qui sont au ciel, sur la terre et sous la terre. » Si celui qui prie sanctifie le nom de Dieu, il souffre de ce qu’il y a encore tant de créatures qui ne le sanctifient pas. En disant : « Notre Père », il se sent en communion avec beaucoup d’autres, mais il sait aussi que la grandeur du nom de Dieu est loin d’être reconnue par toute la création et que pourtant la création ne peut trouver la paix tant que le nom de Dieu n’est pas sanctifié partout. En outre, celui qui prie a conscience de jouir d’un grand privilège et il souhaite à toutes les créatures, et aussi—j’ose le dire—au Père qui les aime, que ce nom qui devrait être vénéré au-dessus de tous les autres, ne soit pas plus longtemps négligé et insulté. On sanctifie ce qu’on met à part, au-dessus de toutes les choses vulgaires. C’est ainsi que le nom de Dieu doit être mis à part et placé si haut par toutes les créatures, que tout le reste n’ait plus de valeur à leurs yeux. Ce nom, avec tout ce qu’il affirme, doit leur signifier tout.

                A la question suivante : « Quel est le nom de Dieu qui doit être sanctifié ? » Nous répondons simplement : «  Son nom de Père ! » En commençant par l’invocation : « Notre Père qui es aux cieux ! » nous soupirons intérieurement : « Puissent tous les hommes t’appeler Père ! » Et nous ajoutons immédiatement : «  Que ton nom soit sanctifié ! » Cela signifie que toutes les créatures devraient retrouver en Dieu leur Père, c’est-à-dire d’une part prendre conscience de son amour paternel envers les hommes, et d’autre part l’aimer finalement, se soumettre à lui comme à un Père à qui on obéit volontiers, en qui on a toute confiance et met tout son espoir.

            Malheureusement l’humanité est loin de reconnaître en Dieu son Père, malgré les bienfaits paternels qu’il lui dispense chaque jour. Elle reçoit tout de sa main, comme les enfants ingrats qui acceptent tout de leurs parents, sans les remercier ni s’inquiéter d’eux. De même les hommes abusent de la bonté de Dieu et leur cœur est loin de lui, quand ils ne vont pas jusqu’à s’opposer à lui. Le disciple qui prie en est douloureusement ému et il songe nuit et jour à toutes les créatures qui devraient revenir au Père et sanctifier son nom. Le sentiment filial de l’homme fut troublé dès l’origine par la question du serpent : « Dieu a-t-il dit réellement : “Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?” » C’est-à-dire : « Peut-il vraiment vous avoir défendu de toucher au meilleur des fruits, qui rend semblable à lui ? Est-ce ainsi qu’il vous témoigne ses sentiments paternels ? »

             Les hommes se laissèrent séduire et depuis lors ils sont soumis au pouvoir étranger, opposé à Dieu. Ils ont cru devenir des dieux : c’est Satan qui est devenu leur dieu et s’est arrogé sur eux les droits qui ne revenaient qu’au Père. Ils se sont, eux aussi, opposés à Dieu, en lui déclarant : « Nous sommes tes égaux. » Plus les ténèbres ont d’empire sur les hommes, plus ils méprisent le nom de Dieu. Pour que ce nom soit de nouveau sanctifié par eux. il faut qu’ils sortent du domaine des ténèbres et reviennent à Dieu. Il faut prier pour que Dieu leur en donne la volonté et la force et que l’humanité cesse d’être partagée entre Dieu et les ténèbres. Christ est venu écraser le serpent et réconcilier les hommes avec Dieu ; il leur donne son esprit qui leur apprend à dire : « Abba, Père ! » Quand toutes les créatures répéteront cette prière, la demande : « Que ton nom soit sanctifié ! » sera complètement exaucée.

              Nous devons encore sanctifier le nom de Dieu en reconnaissant et en vénérant ses attributs sublimes. Mais que font les hommes ? Ne parlons même pas des païens qui « ont changé la gloire du Dieu immortel en une image semblable à celle de l’homme mortel, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles. » (Romains 1. 20-23). Mais jusqu’à aujourd’hui, une multitude d’hommes agissent comme si Dieu ne possédait pas toute puissance et toute science, comme s’il n’était pas partout présent, ni saint, ni juste. Ils ne croient, pas qu’il entende aucune prière, ni qu’il s’occupe en rien des hommes, parce qu’il est trop loin au-dessus d’eux. Ils nient qu’il se manifeste par des grâces particulières et des châtiments exceptionnels, ils attribuent tout au hasard et éliminent Dieu de l’histoire de l’humanité ; beaucoup de ses œuvres et de ses miracles leur sont un scandale. Ils ne s’attachent au monde invisible que par la superstition et souvent ils abusent du nom de Dieu d’une manière abominable.

          Tout cela devrait changer et les enfants du Royaume devraient en faire leur pensée constante et demander à Dieu l’achèvement de l’œuvre du salut commencée par Christ. Mais tout ne changera que lorsque toute l’humanité vénérera Dieu en tous ses attributs et que son nom sera sanctifié par toutes les créatures. Certains chrétiens très croyants sont spécialement exposés à ne pas sanctifier le nom de Dieu comme il doit l’être.

           Dieu lui-même s’est défini et a dit à Moïse comment il veut être nommé (Exode 34.6) : « L’Eternel, l’Eternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité. » On sanctifie le nom de Dieu en donnant à ces paroles le sens le plus large, mais si on en diminue la portée, on ne le sanctifie pas. 

                Or il arrive que dans le monde des croyants on ait une tendance à vouloir le sanctifier en opposant la sainteté et la justice de Dieu à sa miséricorde incarnée en Jésus-Christ. On pense que la sainteté exige qu’il se montre dur et sévère envers ceux qui lui désobéissent et se détournent de lui, même si cette sévérité risque de peupler l’enfer plus que le ciel. On ne croit pas que Dieu puisse conserver son amour à des chrétiens dégénérés et les ramener à lui en leur renouvelant ses grâces. Puisqu’ils ont dédaigné les dons du Saint-Esprit, il faut qu’ils deviennent ce qu’ils doivent être, sans le secours de ces dons qui ne peuvent leur être dispensés à nouveau, ou qu’ils sombrent dans l’abîme. Quant aux générations disparues dont la foi n’a pas été entière, une certaine théologie leur dénie tout droit à la miséricorde ; pour elles, il n’y aura au Jugement dernier que la damnation.

                 Ce n’est pas ainsi que le nom de Dieu est sanctifié. On en fait, et aussi du nom de Jésus, un épouvantail pour les pécheurs, en dépit des consolantes assurances données par Dieu et par Jésus, et quoique celui-ci ait incarné dans sa personne la grâce et la bonté du Père, les attestant dans l’amertume de la souffrance et de la mort. Nous ne sanctifions le nom de Dieu et nous n’encourageons la créature malheureuse à recourir à lui que si nous croyons fermement à son extrême miséricorde. Puissent les disciples du Sauveur, en répétant la prière du Royaume, ne pas être de ceux qui, au fond, tiennent fort peu à voir le nom de Dieu sanctifié ; ils veulent bien jouir eux-mêmes de l’amour paternel de Dieu en Christ, mais sont disposés à en exclure d’autres, précisément ceux qui en ont le plus impérieux besoin. Ils oublient qu’ainsi le Sauveur serait mort sur la croix presque en vain. O notre Père qui es aux cieux, puissent ton nom et celui de ton Fils, pleins de grâce et de miséricorde, être sanctifiés en tout lieu ! Puissent-ils l’être bientôt, car la détresse est grande.

(à suivre)



mardi 25 août 2026

(1) LA PRIÈRE DU ROYAUME par Jean-Christophe Blumhardt

(1) LA PRIÈRE DU ROYAUME par Jean-Christophe Blumhardt

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Table des matières

Introduction

Jésus dans le Notre-Père

Le Père lui-même

Que ton nom soit sanctifié

Que ton règne vienne

Que ta volonté soit faite

Donne-nous notre pain quotidien

Pardonne-nous nos péchés

Ne nous induis pas en tentation

Délivre-nous du malin .

Le règne, la puissance et la gloire

Introduction

         Après avoir recommandé à ses disciples de se garder, en priant, de toute hypocrisie, mais de prier en secret et de ne pas faire beaucoup de paroles, le Seigneur leur donne une prière modèle : Nous l’appelons le Notre- Père, mais d’après son contenu nous devrions l’appeler la prière du Royaume. Un jour, après que Jésus eut prié dans un lieu, ses disciples lui demandèrent de leur enseigner à prier, comme Jean-Baptiste l’avait fait pour les siens. Il semble que l’homme, dans sa faiblesse, ait besoin d’une formule définie pour que sa prière ne se perde pas en paroles vagues et vides, et puisque le Seigneur a bien voulu enseigner une prière modèle, bien des chrétiens devraient s’en souvenir et dire simplement, avec recueillement, un Notre Père, la prière du Royaume, soit qu’ils prient seuls, soit que plusieurs se trouvent réunis. Elle est si sublime, si divine, qu’elle ne vieillit jamais et ne peut devenir banale. 

          En disant : « Vous donc priez ainsi », Jésus recommande aux disciples de se servir de la prière qu’il leur enseigne, il lui confère une importance et une bénédiction particulières ; et cela doit nous engager à y recourir, surtout dans les moments où nous ne savons comment dire à Dieu ce qui nous agite, parce que souvent nous ne le comprenons pas. En nous présentant devant Dieu avec la prière que Jésus nous a donnée, nous pouvons être certains de la bienveillance du Père et de l’exaucement, même de ce que nous ne savons pas exprimer. 

         Aux heures de graves tentations, lorsqu’on se sent comme harcelé par l’ennemi, faible de corps et d’esprit, en proie au souci, au découragement, à l’irritation, surtout aussi lorsqu’on se trouve avec des malades ou qu’on est troublé par quelque inquiétude mystérieuse, rien ne saurait faire plus de bien qu’un Notre-Père dit simplement et lentement, en méditant surtout les grandes demandes qui concernent le Royaume. 

          Au milieu de toutes nos peines et de notre pauvreté, soyons reconnaissants au Sauveur de ce don inestimable et divin qu’il nous a légué, et en toutes circonstances, tenons-nous au Notre-Père, à la forte prière du Royaume. Quand nous la disons, celui qui nous l’a donnée est présent : fais-en l’expérience ! Jean-Christophe Blumhardt

Jésus dans le Notre-Père

           Notre Père qui est aux cieux » ! Ton esprit doit s’élever jusqu’au ciel où habite le Père, où le Royaume trouve son achèvement. Souvent tes pensées s’arrêtent trop sur la terre et alors il t’est difficile de prier. Pourtant le Père céleste n’est pas loin de toi. Il descend vers toi quand tu pries : c’est comme si tu parlais à un ami à tes côtés. Puisses-tu toujours en être convaincu ! Tu penses peut-être qu’il est plus facile de se représenter le bon Sauveur si proche et qu’en le priant tu es plus à ton aise. Tu es libre de le prier, mais pourquoi ne serais-tu pas tout autant à ton aise en t’adressant au Père, puisqu’il est ton Père ? Il est vrai que nous devons prier au nom de Jésus, mais d’où vient que tu appelles Dieu ton Père ? Si tu as vis-à-vis de lui les droits d’un enfant, n’est-ce pas à Jésus que tu le dois ? Peux-tu prier le Père sans te rappeler qu’il est le Père de Jésus-Christ ? La prière adressée au Père est toujours une prière au nom de Jésus. Comment ton esprit pourrait-il s’élever au ciel sans y trouver le Sauveur, assis à la droite de Dieu ? Réfléchis au Notre-Père tout entier. Tu sanctifies le nom de Dieu quand tu crois en Jésus. C’est Jésus qui fonde le règne qui doit venir. “

              C’est par lui que s’accomplit la volonté de Dieu sur la terre, car c’est lui qui mettra tous les ennemis sous ses pieds, pour que seule subsiste la volonté du Dieu vivant. Tu demandes du pain pour soutenir ta vie, à qui dois-tu la vie, si ce n’est au Sauveur qui en mourant s’est chargé pour toi de la malédiction de la mort ? Qui pardonne les péchés, ou par qui as-tu la possibilité du pardon ? Qui nous secourt dans la tentation, qui nous délivre enfin de tout mal et nous arrache aux griffes du malin ? Tu vois que tu trouves Jésus dans toute la prière du Royaume. Chaque fois que tu en prononces les demandes, tu es en sa présence aussi bien qu’en celle du Père, et c’est Jésus qui a dit : « Quand je serai élevé au-dessus de la terre, je les attirerai tous à moi. » Le Sauveur t’apprend à dire : « Notre Père » cela, signifie que tu ne dois jamais te présenter seul devant le Père, mais toujours en communion avec tous ceux qui, comme toi, ont besoin du secours de Dieu. En priant tu dois être la voix et le représentant de toute la création qui souffre et gémit : c’est ainsi que tu pries en enfant du Royaume. Mais que de fois, quand nous prions, nous ne songeons qu’à nous-mêmes et aux nôtres, et pourtant notre cœur devrait être large comme celui du Sauveur qui a donné sa vie pour tous, afin de nous unir tous en lui. Nous répétons bien quelques formules qui semblent venir d’un cœur plus confiant, mais elles ne font qu’accompagner la prière en boitant, pour ainsi dire : le cœur n’y est pas. Que le Notre-Père nous enseigne à mieux prier ! Si nous savions bien le dire, en y mettant tout notre cœur, combien ne ferions-nous pas progresser la cause du Royaume.

            Le Père lui-même Les trois premières demandes de la prière du Royaume (Matthieu 6.9-10) ont pour objet le Père lui-même, son nom, son règne, sa volonté. Ce qui, en effet, importe le plus pour nous aussi, c’est que tout ce qui est de Dieu acquière chez nous toute sa valeur. En adressant ces demandes au Père, nous prions donc au fond pour nous, puisque c’est nous qui bénéficierons de leur exaucement. Si le nom de Dieu n’est pas reconnu saint, si son règne ne s’édifie pas, si sa volonté est méprisée, nous restons dans une triste situation. C’est d’abord par nous et parmi nous que son nom doit être sanctifié ; c’est chez nous que son règne doit venir, que sa volonté doit s’accomplir. Il serait étrange que nous dussions adresser des demandes à Dieu pour lui-même, comme s’il avait besoin de notre faible prière pour réaliser ce qui est sa chose, ce que lui seul peut faire. 

          Voyons de plus près pourquoi nous devons tant prendre à cœur ces demandes : précisément parce que tout ce qui en fait l’objet est pour notre bien, si nous jugeons inutile de nous en occuper, si nous trouvons qu’il importe peu que son nom soit tenu en honneur dans le monde, que son règne s’établisse sur toutes les créatures, que toutes les volontés qui ne viennent pas de Dieu, si puissantes sur la terre, disparaissent, Dieu n’intervient pas, et laisse les choses suivre leur cours. Ils sont innombrables, ceux qui ne s’inquiètent pas de son nom ni de rien de ce qui a rapport à lui ; d’autres désirent tout autre chose que de vivre sous son règne, et combien ne connaissent que leur propre volonté ou se laissent mener par les ténèbres ! Dieu n’use pas de contrainte pour les sauver, ils sont libres de se précipiter dans l’immense misère qui est leur partage, loin de lui. Il attend que les hommes désirent au moins ce qu’il veut leur donner, et Jésus nous a mis sur les lèvres la prière du Royaume, afin que nous nous y associions intérieurement et que Dieu agisse, pour que tous les êtres créés reconnaissent en lui le Dieu qui seul peut faire leur bonheur. 

             Avant la venue du Christ, presque personne ne priait plus dans l’esprit de ces trois demandes. Pourtant cet esprit n’était pas inconnu en Israël, les psaumes et les prophètes en témoignent, et si on ne l’avait pas oublié de plus en plus, bien des choses eussent été différentes. La voix de l’Eternel, qui autrefois avait parlé par la bouche des prophètes, n’aurait pas cessé de se faire entendre. Au temps de Jésus, quelques rares fidèles qui attendaient le Royaume de Dieu, étaient seuls à représenter les grandes demandes qui devraient sans cesse monter du cœur de l’homme vers Dieu. Ils furent exaucés quand Dieu envoya son Fils par qui seules elles peuvent être réalisées, puisque c’est lui qui est l’annonciateur de l’avènement du Royaume. 

         Le premier de tous les hommes, Jésus a dit parfaitement les trois premières demandes de la prière du Royaume. Toutes ses prières ont certainement eu pour fonds le contenu de ces demandes. Il était la voix et le représentant de toute l’humanité, et si le Fils de l’homme n’avait pas prié au nom de tous, le monde n’aurait pas vu les grandes choses accomplies depuis son apparition pour la sanctification du nom de Dieu, la venue de son règne et la réalisation de sa volonté. Les disciples doivent apprendre à prier comme lui ; c’est en pensant aux trois grandes demandes pour le Royaume qu’il leur dit (Luc 18.1) de prier sans cesse et de ne se lasser jamais. Ils se tiennent ainsi à ses côtés, appuyant pour ainsi dire sa prière, croyant en lui, en son intercession et en son pouvoir. 

            Jésus a révélé et transfiguré le nom de Dieu sur la terre, il a travaillé à l’avancement de son règne, il a fait la volonté du Père en lui obéissant jusqu’à la mort sur la croix ; et quand nous adressons au Père la prière du Royaume, nous devons prier de même le Fils de continuer l’œuvre qu’il a, lui aussi, la puissance d’accomplir au ciel et sur la terre. Par son exemple, Jésus nous enseigne deux choses. 

           Premièrement nous voyons combien lui, qui était seul, a obtenu par ses prières. C’est une consolation et un encouragement dans les temps où ceux qui prient véritablement sont rares. Même s’ils ne sont que deux ou trois, Jésus selon sa promesse, est au milieu d’eux et ils peuvent obtenir beaucoup, aussi pour l’ensemble, pour le commencement d’un renouveau qui gagnera de proche en proche. Ne nous laissons donc pas décourager par le petit nombre de ceux qui veulent faire leur devoir, que chacun fasse le sien pour le bien de tous, comme s’il était le seul fidèle. Tous ceux qui ne disent pas de tout leur cœur les demandes pour le Royaume, sont infidèles. Il faut que les saints combattent pour la cause du Royaume, ainsi qu’il est dit dans Daniel 7.22 : « jusqu’à ce que l’Ancien des jours vint, et que le Jugement fût donné aux saints du Souverain et que le temps vint que les saints entrassent en possession du Royaume, » car Dieu veut rattacher son œuvre sur terre à celles des hommes, pour que le salut de la créature s’accomplisse. Combien peu on songe à cela ! 

           En second lieu, les disciples du Sauveur doivent l’imiter non seulement dans la prière, mais dans le don de toute sa personne à la cause pour laquelle il priait. De même nous devons témoigner par toute notre vie que nous nous considérons comme des instruments de la volonté divine, pour la réaliser, avec l’aide de Jésus, par la patience et la foi. Puissent les disciples qui prient, croient et agissent comme Dieu le commande, devenir plus nombreux en ce temps si grave, dont les besoins sont si grands !

(à suivre)


lundi 24 août 2026

La joie issue du travail par T. Austin-Sparks

Transcription d'un message donné en 1958. Source : Joy Out of Travail. (Traduit par Paul Armand Menye).

Un ou deux fragments de la Parole, d'abord dans le livre de la Genèse, chapitre 3, versets 16 et 17 : « Il dit à la femme : Je multiplierai ta peine et ta conception ; dans la peine tu enfanteras des fils ; ton désir sera pour ton mari, et il dominera sur toi. Il dit à Adam : Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais donné l'ordre, en disant : Tu n'en mangeras pas, le sol est maudit à cause de toi ; tu en mangeras à force de labeur tous les jours de ta vie ».

Lettre aux Romains, chapitre 8, verset 22 : « Nous savons que la création tout entière gémit et souffre jusqu'à présent. Et non seulement cela, mais encore nous-mêmes… »

L'évangile de Jean, chapitre 16 au verset 21 : « La femme en travail éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue ; mais lorsqu'elle a mis au monde l'enfant, elle ne se souvient plus de l'angoisse, à cause de la joie qu'elle éprouve de ce qu'un homme est né dans le monde. »

La lettre aux Galates, chapitre 4, verset 19 : « Mes petits enfants, pour lesquels je suis encore en travail, jusqu'à ce que le Christ soit pleinement formé en vous… »

Ce n'est pas la première fois que nous parlons de ce sujet ici, mais j'ai la certitude dans mon cœur que c'est la parole du Seigneur pour ce temps. Cette loi du travail est inscrite au plus profond de la création et peut-être surtout dans l'histoire de l'humanité. C'est un fait que personne ne peut nier. Elle est là. Nous ne pouvons nous y soustraire. Elle s'impose à notre conscience et à notre reconnaissance tout au long de notre vie.

La Bible, comme nous l'avons vu, commence par l'établissement de cette loi, à la fois dans la vie humaine et dans l'ordre naturel. Elle se termine par l'abolition de cette loi, son retrait complet de tous les domaines de la création. On peut suivre la trace de cette loi dans toute la Bible. Dans presque tous les livres de la Bible, on trouve cette loi du travail. Et dans le dernier livre, l'Apocalypse, qui est le point culminant de tout ce qui se trouve dans le reste de la Bible, nous constatons que la caractéristique principale de ce livre est cette loi du travail. À tous égards et dans toutes les directions, c'est un livre de labeur. L'Église est en souffrance. Les vainqueurs sont en souffrance. Les nations sont en travail. Tous les corps célestes sont en souffrance. C'est l'aboutissement de cette loi qui a fonctionné tout au long de l'histoire. Elle a commencé avec la naissance du premier enfant ; elle se termine avec la naissance d'un nouveau ciel et d'une nouvelle terre.

Il est donc très important que nous comprenions la signification de cette loi - pourquoi Dieu l'a introduite et établie et ne l'a jamais levée et ne la lèvera jamais ; mais il tient toute l'histoire des individus, des familles, de la société, des nations et, en particulier, de l'Église, à cette loi. Je pense qu'il est très important que nous comprenions la signification divine du travail. Qu'est-ce que Dieu voulait que l'homme apprenne par ce moyen ?

Bien sûr, ce matin, nous ne nous intéressons pas à l'homme en général, ni même au monde, même s'il serait instructif de voir ce que Dieu fait dans les nations, dans la société, dans l'industrie, dans la science et dans tous les autres domaines par le biais de cette loi, car elle existe ; mais ce n'est pas notre objectif actuel. Si l’Église est ce qu'il nous est donné de comprendre qu'elle est, l'objet central de la préoccupation de Dieu, de l'intérêt de Dieu, le centre de ses activités concentrées, alors l’Église a quelque chose à apprendre de cette loi, car il ne fait aucun doute que, quelle que soit la vérité dans tous les autres domaines, l’Église a au centre même de son histoire l'application de cette loi du travail. Il y a une concentration, semble-t-il, de cette loi dans l'Église.

Chaque fois que Dieu a fait quelque chose qui avait l'Église en vue - c'est-à-dire un élu, un peuple pour son nom - chaque fois qu'il a fait de nouveaux mouvements dans cette direction, cela s'est fait par l'intermédiaire du travail. Je n'ai qu'à faire allusion à certaines des expériences des hommes de Dieu dans les premières phases de l'histoire. Par quel travail ils sont passés en relation avec le dessein de Dieu, individuellement je veux dire : Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, David, Moïse et tous les autres. Quant au peuple d'Israël, le Seigneur dit : « J’ai vu la détresse de mon peuple, j'ai entendu ses cris à cause de ses bourreaux, je suis descendu… »

C'est du travail qu'est née la nation d'Israël ; une angoisse profonde, terrible. Il en va de même pour le rétablissement du reste de la captivité. Vous savez que c'est le mot que les prophètes ont utilisé à propos d'Israël dans ce contexte, ils parlaient toujours du travail d'Israël, du travail de Sion. La naissance du reste de l'exil s'est faite à travers le terrible travail des soixante-dix ans.

Dans une certaine mesure, je pense que c'était vrai lorsque le Seigneur Jésus est né. Siméon, Anne et d'autres attendaient la consolation d'Israël. Tout porte à croire qu'ils se trouvaient dans cet état d'attente de la naissance d'un nouvel âge, et ce n'est pas sans rapport avec leurs prières, leur fidélité et leurs souffrances que le Christ est né dans ce monde. Nous savons ce qui s'est passé à sa naissance, la prophétie s'est accomplie : la voix des pleurs... Rachel pleurant ses enfants qui n'étaient pas nés. C'est par un état de travail qu'il est venu au monde.

Mais de tous ces exemples, le plus grand est peut-être le travail de la Croix. Quelle angoisse fut la Croix pour les disciples, pour ces croyants ! Ils n'étaient pas si nombreux que cela. La Croix a été une terrible expérience de douleur, d'angoisse, de souffrance. C'est de là qu'est née l'Église. L'Église est née de cette souffrance. Et ainsi nous continuons jusqu'à la fin et nous trouvons que la même chose se produit dans l'émergence finale de la création, de l'Église et des nations par la venue du Seigneur.

Qu'est-ce que le Seigneur veut nous apprendre ? Pourquoi a-t-il introduit cette loi au début ? Eh bien, brièvement et simplement, et pourtant, chers amis, avec une telle profondeur de signification pour nous ici, ainsi que pour tout le peuple du Seigneur, la leçon principale, telle que je la vois, est la suivante : Le Seigneur a introduit et établi cette loi du travail afin de susciter une appréciation profonde et adéquate des valeurs divines.

Au début, l'homme a reçu tout ce que son cœur pouvait désirer. Il a été comblé de toutes les bénédictions ! Il était entouré de tout ce qu'il pouvait désirer et il semblait considérer tout cela comme une évidence, comme allant de soi. Et il le tenait à si bon marché, si légèrement, si superficiellement qu'il en oubliait la grandeur de l'amour de Dieu dans le don et dans sa création ; il oubliait à quel point il était merveilleux que Dieu ait fait cela et ce que Dieu avait fait. Et d'être prêt, à la moindre offre de quelque chose pour sa propre satisfaction, à tout laisser tomber... Vous pouvez voir très clairement que c'était là le problème : aucune appréciation réelle de Dieu, de l'amour de Dieu, de la grandeur de Dieu et de tout ce que Dieu avait donné... il l'a pris si facilement. Il s'est laissé aller à la facilité. Je pense que le cœur de ce péché, de ce mal et de cette tragédie, c'est cette facilité avec laquelle l'homme peut se détourner de Dieu, de ce que Dieu a dit. « Dieu a dit ceci... qu'est-ce que ça peut faire ? » C'est Dieu qui l'a dit ! La facilité avec laquelle il peut s'en détourner et le laisser aller à un pot-de-vin, à une manière qui lui plairait. Et le Seigneur a introduit cette loi du travail pour retrouver le sens des valeurs et vous pouvez voir exactement comment cela fonctionne.

Vous savez, si vous ne souffrez pas pour une chose, vous ne lui accordez pas de valeur. Si elle ne vous coûte rien, elle ne signifie pas grand-chose pour vous. Si vous avez vraiment souffert d'agonies et d'angoisse pour quelque chose, pour quelqu'un, pour n'importe quel sujet, cette chose est d'une valeur infinie pour vous. Vous allez vous battre pour cela, vous allez y veiller avec une grande jalousie. C'est quelque chose de très précieux. N'est-ce pas ainsi que fonctionne la loi du travail ? Oui ! C'est ainsi. Si cela vient sans travail, sans coût, c'est pris trop à la légère, n'est-ce pas ? Beaucoup trop à la légère. Cela ne veut pas dire tout ce que cela signifie et qui vous a coûté presque la vie.

Le Seigneur a introduit ce facteur que dans chaque naissance, c'est une question de vie ou de mort. La vie et la mort sont toujours en jeu. La question qui se pose est la suivante : comment cela se passe-t-il ? Vous êtes sous tension... et quand tout va bien, le cœur s'échappe : Dieu soit loué ! Remercier Dieu... L'adoration. Dieu prend Sa place. Dieu vient à Sa place, très souvent avec ceux qui ne lui ont jamais donné de place auparavant, en tout cas il y a un spontané : « Merci Dieu ! » Vous voyez le principe, vous voyez comme c'est vrai. Et donc Dieu a établi cette voie, ah oui, cette voie douloureuse, cette voie souffrante, comme le seul moyen de retrouver et d'établir la loi des valeurs, de la préciosité, et de sauver l'homme de sa superficialité à l'égard des choses les plus coûteuses.

Il l'a fait pour assurer une relation de cœur avec Lui-même et avec tout ce qui vient de Lui. Une relation de cœur, c'est l'amour ! L'amour ! Un amour qui est loin de mépriser le Seigneur ou quoi que ce soit du Seigneur. Un amour qui implique la vie elle-même ; si son objet est perdu, la vie elle-même est perdue. Vous voyez ? C'est comme ça.

Chaque dépôt divin, chaque dépôt divin est fondé sur cette base, chers amis. Tôt ou tard, chaque dépôt divin prendra cette valeur. Tout ce qui vient de Dieu passera tôt ou tard dans le domaine de la souffrance, dans le domaine du travail, pour découvrir la valeur que nous lui accordons, ce qu'il représente vraiment pour nous, ce que nous avons vu de Dieu en lui. C'est une question de vie ou de mort. Sous cette loi, toutes les choses divines ont été placées sur cette base.

Prenons la question de la communion avec Dieu, notre union même avec le Seigneur, cette relation qu'il a créée entre nous. J'ose dire, chers amis, qu'il n'y a rien, rien dans toute la gamme de nos vies en tant que peuple de Dieu qui nous cause autant d'exercice et parfois autant de travail, que cette question de notre communion et de notre fraternité avec Dieu. Perdre la conscience de la proximité du Seigneur, la conscience de la communion avec le Seigneur, ne serait-ce qu'un instant, ne serait-ce qu'un jour, et quelle angoisse cela apporte, cette conscience perdue du Seigneur. Le Seigneur ne s'éloigne pas et n'abandonne pas, il a promis de ne jamais le faire, mais cela ne signifie pas que le Seigneur ne nous permet pas de traverser des périodes où nous n'avons pas conscience de sa présence, où les nuages s'amoncellent autour de nous et où il semble être parti, s'être éloigné et nous avoir laissés seuls. Que se passe-t-il alors ? Est-ce que cela a de l'importance ? Est-ce que cela a de l'importance ? Pouvons-nous continuer à vivre comme avant ? Oh non, tous ceux qui sont vraiment en union avec le Seigneur entrent en lutte pour cela et ne peuvent jamais, jamais se reposer tant que cela n'a pas été récupéré et que le Seigneur n'a pas dit : « Cette chose doit être gardée » : « Cette chose doit être conservée sur la base de sa valeur ». Et c'est la seule façon de le faire, par la souffrance, n'est-ce pas ? Notre communion avec Dieu doit parfois devenir une question de vie ou de mort.

Si seulement nous pouvions prendre le temps d'illustrer... Vous connaissez Moïse et le Seigneur, en pleine controverse avec le Seigneur au sujet d'Israël. Il me semble qu'à certains moments, le Seigneur joue un rôle. Le Seigneur dit à Moïse : « Écarte-toi ! Laisse-moi détruire ce peuple, laisse-moi l'anéantir et faire un autre peuple. » Que fait Moïse ? Non, il ne veut pas. Il raisonne et argumente avec le Seigneur : « Efface-moi de ton livre si tu ne leur pardonnes pas. » Que faisait le Seigneur ? Je crois que le Seigneur ne faisait cela qu'à l'endroit où il avait mis cet homme, Moïse, en union avec Son propre cœur et je pense que dans Son propre cœur, le Seigneur a dit, lorsque Moïse a prononcé ces mots : « C’est là que je voulais t'avoir ! C'est ce que je cherchais, pour découvrir à quel point Mon peuple est précieux pour toi, à quel point Mes intérêts sont précieux pour toi, à quel point Mon investissement dans ce peuple est précieux pour toi. Je dois avoir quelqu'un avec Moi dans Mon travail qui donne une juste valeur et qui ne laissera pas, ne lâchera pas facilement. Avec qui c'est une question de vie ou de mort ». Effacez-moi - la vie ou la mort. Vous voyez ? C'est le cœur de Dieu, le cœur de la relation.

C'est une question de valeurs de la Croix du Seigneur Jésus. Oh, êtes-vous fatigués de la Croix et d'entendre parler de la Croix ? Peu avant son départ pour l'Amérique, le frère Harrison m'a raconté le temps qu'il avait passé avec un groupe d'étudiants lors d'une retraite. Il avait parlé de la Croix et ils avaient dit : « Oh, nous sommes tellement fatigués d'entendre parler de la Croix, n'avez-vous pas quelque chose d'autre à dire ? Parlez d'autre chose, pas de la Croix ». Ces valeurs de la Croix sont-elles pour nous une question de vie ou de mort ? Les prenons-nous à la légère ? S'agit-il d'un simple enseignement, d'une vérité ? Ou d'une valeur et d'une préciosité infinies ?

Qu'en est-il de la Vie divine ? La Vie Divine ! Le Seigneur ne cherche-t-il pas sans cesse à nous amener à reconnaître la valeur infinie de la Vie divine ? Physiquement ? Oui ! Il se peut que derrière une grande partie de nos souffrances physiques se cache ce secret : le Seigneur cherche à nous amener au point où la Vie divine est tout pour nous et où nous nous y accrochons. Nous apprécions énormément la Vie divine pour l'esprit, pour l'âme, pour le corps. C'est pourquoi le Seigneur nous place dans des situations où, si ce n'est pas Sa Vie, il n'y a pas de survie. Si nous ne prouvons pas maintenant l'immense valeur de la Vie divine, nous sommes finis ! Nous sommes finis, c'est la fin si nous ne Le connaissons pas à nouveau dans la puissance de Sa résurrection.

Ce n'est pas une théorie, un enseignement, c'est quelque chose qui est entré de plain-pied dans notre histoire, qui fait partie de notre être : la Vie divine ! Oui, sans elle, nous ne survivrons pas. C'est cela ou c'est la mort. Mais vous voyez, le Seigneur travaille en relation avec cela pour le rendre réel. Oh, si vous réalisiez cela, chers amis, et si vous vous éleviez sur ce sujet et voyiez la valeur infinie de la Vie qu'Il a donnée, parce que tant, tant de chrétiens disent simplement : « Oui, j'ai reçu la Vie éternelle en Jésus-Christ. » Mais qu'est-ce que cela signifie dans la réalité pratique et quotidienne pour l'homme tout entier : l'esprit, l'âme et le corps ? La Vie Divine ! Dieu a voulu qu'il en soit ainsi pour nous tous.

La Parole de Dieu. J'ai beaucoup parlé de la valeur de la Parole de Dieu, mais n'avons-nous pas un exercice extraordinaire à faire à ce sujet ? N'avez-vous jamais lutté pour obtenir une parole de Dieu ? N'avez-vous jamais été à genoux et sur votre visage... oh, que le Seigneur parle de sa Parole pour moi dans cette situation ? Et le fait qu'il vous parle de sa Parole n'a-t-il pas été le fruit d'un travail ? Ne t'a-t-il pas amené dans une situation où tu ne peux t'en sortir que s'Il parle ? Ce n'est que lorsqu'Il vous donne une parole que vous pouvez continuer ! Cela ne vient pas facilement. Tu sais très bien qu'il ne suffit pas d'ouvrir le livre et de lire. Non, tu dois travailler pour obtenir quelque chose de la Parole, elle doit devenir si précieuse qu'elle a la valeur de la Vie sans laquelle tu mourras. « L’homme ne vivra pas seulement de pain, mais il vivra de la Parole de Dieu. » Vivez ! Vivez ! Quelle est l'alternative ? Mourir, mais pour la Parole de Dieu. Notre vie dépend de la Parole de Dieu ! C'est ce qu'elle doit être pour nous.

Et qu'en est-il de l'Église ? Oh, chers amis, nous touchons ici à un point sur lequel nous devons tous être très, très clairs et très forts : la question de l'Église. Oh, nous avons tellement d'enseignements dans l'Église, nous avons toute la vérité et la doctrine de l'Église. Peut-être êtes-vous fatigués d'entendre parler de l'Église, du corps du Christ et de la parenté. Vous savez, chers amis, il y a des croyants, des enfants de Dieu qui donneraient tout ce qu'ils peuvent, tout ce qu'ils possèdent, et tout ce que ce monde pourrait leur donner s'ils l'avaient, pour connaître quelque chose de la communion qui est si bon marché avec nous. « Oh, pour une heure avec le peuple du Seigneur ! Oh, pour un jour dans la communion des saints ! Oh, pour pouvoir être là parmi eux ! » Oui, ils connaissent par le travail quelque chose de la valeur de l'Église. Et dans notre expérience, et nous parlons par expérience, nous avons appris, nous avons appris la vérité de l'Église non seulement à partir de la Bible, mais de cette manière : la nécessité absolue pour notre vie même du peuple de Dieu. Sans le peuple de Dieu, nous ne serions pas passés. Vous savez, c'est comme ça, et le Seigneur nous emmène dans des expériences où seule l'Église peut nous sauver (si je peux m'exprimer ainsi), seule l'Église peut être notre salut, seule la parenté peut être notre vie. Ne prenez pas cela à la légère. Ne vous en débarrassez pas facilement.

Croyez-moi, chers amis, je ne suis pas prophète, mais croyez-moi que si vous avez été mis en relation de manière vitale avec la vérité de l'Église, tôt ou tard dans votre vie, ce sera une question de vie ou de mort pour vous. Dieu veuille qu'il ne soit jamais trop tard pour arriver à la fin et dire : « Oh ! Si seulement... si seulement j'avais davantage apprécié et chéri le grand don de l'Église et toutes les valeurs qui y sont liées en matière de protection et d'aide, je n'en serais pas là aujourd'hui ! J'en suis là parce que j'ai tenu trop à la légère les choses précieuses que Dieu m'a données ». Je le répète, tôt ou tard (Dieu veuille que ce ne soit ni tard ni trop tard), vous vous heurterez de manière très concrète aux vérités que Dieu vous a données et ce sera alors votre vie ou votre mort.

Dieu vous a beaucoup donné. Oh, ne soyez pas comme Adam et ne rendez pas nécessaire que le Seigneur vous emmène dans une angoisse et une souffrance profondes afin de vous enseigner la valeur de ce qu'il vous a donné. Souffrez de ce mot, il Lui a tout coûté pour nous amener là où nous sommes. Ne lui accordons pas trop peu de valeur.

Je ne m'arrêterai pas là, j'ai parlé de Jean 16:21 et des deux côtés, une femme en travail et ainsi de suite. L'autre côté : mais ! Le problème ! Quand tout est fini, que l'enfant est né, elle oublie le travail dans sa joie qu'un homme soit né dans le monde. Le Seigneur n'a jamais voulu que la souffrance s'arrête d'elle-même. Il n'a jamais voulu que le travail soit le dernier mot. Il n'a jamais voulu que la fin soit la mort, bien que la mort soit toujours dans l'équilibre de cette chose, Il n'a jamais voulu qu'il en soit ainsi. Il a plongé la petite famille de Béthanie dans l'angoisse, dans une angoisse profonde, mais Il a dit : « Pas jusqu'à la mort, mais pour la gloire de Dieu ».

Dans la loi même du travail, il y a la loi de l'espérance, la loi d'une nouvelle perspective. Et tout ce que je vais rester à dire à ce sujet ce matin, c'est ceci : nous, individuellement ou en tant que peuple, pouvons traverser des périodes de profonde souffrance, d'épreuve, et tout semble être dans la balance. Comment ça va, comment ça va... est-ce que c'est la vie ou la mort ? Nous sommes en proie à cette crise. Oh, croyons de tout notre cœur que, bien que nous soyons passés par là encore et encore au cours de notre histoire, sous la main de Dieu, c'est vers quelque chose de nouveau ! C'est vers quelque chose de meilleur ! C'est vers une nouvelle espérance avec une nouvelle attente ! Ne croyez pas que la fin soit la honte, le remords, la déception. Dieu n'a jamais établi la loi du travail pour que ce soit la fin, mais pour qu'il y ait une naissance de quelque chose d'infiniment précieux. Et cela se produit encore et encore, n'est-ce pas ?

Chaque nouvelle émergence de quelque chose du Seigneur est plus précieuse que ce qui existait auparavant, mais c'est coûteux. C'est coûteux. Si je peux me permettre, chers amis, il se peut que nous ayons traversé le travail, que nous soyons dans le temps de la souffrance et que nous soyons enclins à penser que c'est la fin, qu'il va y avoir une perte. Non ! Ce n'est pas la voie du Seigneur. Le Seigneur a fait en sorte que, n'est-ce pas étrange, nous vivons des expériences dans la vie où c'est l'expérience la plus terrible que vous ayez jamais eue et maintenant, et maintenant bien sûr, c'est la fin. C'est la fin de tout. Et c'est la plus terrible des souffrances ! Et lorsqu'elle est passée, ce qui est étrange dans la nature humaine à propos de certaines choses, c'est que nous oublions ; nous oublions l'angoisse, c'est-à-dire qu'elle passe. Mais ce qu'elle a apporté est ce qui gouverne et domine tout, n'est-ce pas ? Les valeurs qui sont apparues. Supposons que nous vivions toujours dans toutes les angoisses que nous avons eues, la vie serait insupportable. Mais cela passe, mais nous vivons dans les valeurs.

Je pense que c'est tout ce que j'ai à dire, mais n'oubliez pas que la radinerie par rapport aux choses de Dieu n'aboutira qu'à un désastre. L'incrédulité aboutit au désespoir. La foi en Dieu, dans un jour sombre et difficile, produira quelque chose de nouveau et de meilleur. Si nous sommes trop complaisants à l'égard de nos valeurs spirituelles, rien de substantiel ne se produira.

Que le Seigneur nous donne un juste sens de la valeur de tout ce qu'Il nous a donné et dans lequel Il nous a fait entrer, afin que nous ne soyons pas capables de le rejeter et de le jeter comme s'Il n'avait pas d'importance. Puissions-nous être sauvés de cela et avoir cette loi d'amour, l'amour infini pour Lui et tout ce qui est en Lui, inscrite au plus profond de nos cœurs.

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