samedi 7 novembre 2026

(32) LE CHEMIN QUI MÈNE AU SAINT DES SAINTS par F. B. Meyer

Expositions de l'Épître aux Hébreux

Chapitre 32

DIEU, UN FEU DÉVORANT

« Notre Dieu est aussi un feu dévorant. » — Hébreux 12:9

Il s'agit de l'un des textes les plus courts de la Bible. Il se range parmi ces trois autres brèves phrases qui définissent la nature de Dieu : Dieu est Lumière, Dieu est Amour, Dieu est Vie. Mais pour beaucoup, c'est l'une des paroles les plus terrifiantes de toute l'Écriture. Elle reste gravée dans la mémoire ; elle revient sans cesse à l'esprit d'une conscience troublée ; et elle fait retentir son tocsin d'alarme aux oreilles de celui qui cherche avec angoisse. Et pourtant, il existe un aspect sous lequel on peut l'envisager qui en fera l'un des passages les plus réconfortants et les plus précieux de toute l'Écriture.

Le feu est en effet un mot qui évoque l'horreur. Être réveillé de son sommeil par ce seul cri effroyable fait trembler la chair et s'arrêter le cœur. Un berceau de bébé enveloppé de flammes ; une silhouette bien-aimée soudainement engloutie dans une fournaise ardente ; un navire en feu au milieu de l'étendue sauvage de l'océan sans repères, et se consumant lentement jusqu'au niveau des vagues : dans n'importe laquelle de ces images, vous avez une suggestion d'horreur presque sans pareille.

Et pourtant, malgré tout cela, quel réconfort, quelle atmosphère chaleureuse et quelle douce félicité se dégagent de la lueur bienveillante d'un feu de cheminée! Il n'y a pas de signe plus flagrant de misère que l'âtre éteint. Et aussi bien chauffées que soient les pièces en Russie ou en France, le voyageur aspire avidement à la flamme de la cheminée ouverte de son pays natal. D'ailleurs, que ferions-nous sans ce géant puissant et bon enfant, qui travaille pour nous avec tant de vigueur ? Il tire nos voitures le long des rails métalliques. Il actionne les machines de nos usines. Il sépare le minerai précieux de sa matrice rocheuse. Il rend momentanément malléables nos métaux les plus durs, afin que nous puissions les façonner à notre guise. Les arts de la vie civilisée seraient impossibles sans ce titan du travail.

Il est donc évident que, si le feu est synonyme d'horreur et de désarroi, il est également source de bénédictions et de bienveillance. Il n'est le premier que lorsque ses lois nécessaires sont violées. Il est le second lorsque ces lois sont rigoureusement et respectueusement observées. Oui, et la destruction et la ruine ne sont-elles pas l'œuvre étrange et contre nature du feu ? — alors que sa mission choisie est de bénir, d'embellir et d'enrichir ; ne consumant que les scories, les épines et les déchets, afin qu'il y ait une révélation plus claire des réalités durables sur lesquelles il n'a aucun pouvoir.

Lorsque, par conséquent, notre Dieu est comparé au feu, est-ce uniquement en raison des aspects les plus redoutables de sa nature, que les transgresseurs doivent craindre ? N'y a-t-il pas aussi, et peut-être davantage encore, une allusion à ces qualités bienfaisantes qui sont nécessaires à notre pureté et à notre réconfort ? Il y a assurément une forte connotation de ces caractéristiques dans l'assurance que nous donne le prophète Isaïe : « La lumière d'Israël sera un feu, et son Saint une flamme ; elle brûlera et dévorera ses épines et ses ronces en un seul jour » (Ésaïe 10:17).

LE FEU DANS LA PAROLE DE DIEU.

Le feu dans la Parole de Dieu n'est pas toujours redoutable. — Lorsque, dans les temps anciens, Dieu descendit sur le Sinaï, ses sommets étaient voilés de nappes de fumée impénétrables, semblables à la fumée d'une fournaise. Et au cœur de cette fumée, on apercevait un feu dévorant. Il y a là de quoi effrayer ! Des barrières avaient été érigées pour retenir le peuple ; mais un message spécial devait être envoyé pour les mettre en garde contre toute tentative de franchir ces barrières afin de regarder, de peur que le feu ne s'abatte sur eux. Mais il n'y avait aucun danger tant qu'ils restaient en dehors des barrières ; et lorsque Moïse pénétra au cœur même de ce feu, celui-ci ne lui brûla pas un cheveu, et ne lui fit pas plus de mal que lorsqu'il jouait autour du fragile buisson d'acacia, qui brûlait sans être consumé — pas une feuille ne se flétrit, ni une brindille ne fut brûlée. Il est tout à fait vrai que, durant le pèlerinage dans le désert, le feu divin revêtait largement un aspect punitif ; comme lorsque sortit un feu de la part du Seigneur, qui consuma les deux cent cinquante hommes munis d'encensoirs qui s'étaient joints à la rébellion de Koré et avaient parlé avec mépris des serviteurs oints de Dieu : mais, d'un autre côté, il ne fit de mal à aucune autre âme ; et ceux-ci furent détruits, certes de manière terrible, mais presque trop soudainement pour ressentir la vive douleur. Et assurément, ce feu accomplit une œuvre bienfaisante en empêchant la progression du mal, qui aurait rongé toute la nation et conduit à sa destruction en tant que peuple.

À l'époque d'Élie, le feu de Dieu consuma deux chefs de compagnie et leurs cinquante hommes ; mais ces chefs et leurs troupes étaient animés d'une insolence débridée. Aucun mal ne fut fait à celui qui s'agenouilla au pied de la montagne, implorant l'homme de Dieu avec respect et humilité. Et lorsque, peu après, le grand prophète dut rentrer chez lui, c'est dans un char de feu qu'il prit place, comme dans un élément qui lui était familier et bienveillant, pour être transporté jusqu'à sa demeure.

Et le jour de la Pentecôte, alors que chacun baissait la tête sous le bruit semblable à celui d'un vent impétueux, un instant plus tard, chacun fut enveloppé de feu. Apôtres, disciples et femmes connurent tous cette investiture sacrée ; mais cela ne leur fit aucun mal. Ils étaient loin d'être des personnages parfaits ; et pourtant, il n'y avait manifestement rien à craindre dans la descente de ce baptême de feu. Ils furent baptisés du Saint-Esprit, mais ils ne furent pas consumés. Ces exemples n'éclairent-ils pas notre texte ?

Notre Dieu est un feu dévorant ; et ce symbole inspire la terreur. — Mais cette terreur est réservée à ceux qui enfreignent sans cesse et avec obstination Ses lois et méprisent Son amour. Pour ceux qui suivent volontairement la voie du péché, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il y a sans aucun doute une attente effrayante du jugement et d'une indignation ardente. Sur ceux qui n'obéiront pas à l'Évangile du Seigneur Jésus, qui leur a été clairement présenté, la vengeance s'exercera par un feu flamboyant. Aucun mot ne saurait exagérer la terreur, l'angoisse, l'horreur de leur sort. Le péché n'est pas une affaire à prendre à la légère. Dans ce monde même, il est puni de manière redoutable. Parcourez certains services de nos hôpitaux, et dites-moi si quoi que ce soit pourrait dépasser l'horreur, l'agonie, de la punition qui est infligée à ceux qui ont violé les lois de la nature de façon flagrante. Et, pour autant que nous puissions le voir, les punitions physiques qui découlent des mauvaises actions ne mènent pas à la vie et à la guérison, mais à la mort et à la destruction. Il est nécessaire que ces souffrances soient voilées aux yeux de l'homme ; mais elles doivent assurément être prises en compte lorsque nous évaluons la manière dont Dieu traite le péché. Et si une telle douleur, aussi vive que le feu, consume ceux qui enfreignent les lois physiques, nous devons assurément admettre qu'il existe un sort encore plus terrible pour ceux qui enfreignent les lois de l'amour, de la grâce et de la miséricorde implorée de Dieu.

CONFORT ET BÉNÉDICTION.

Dieu nous en préserve de prononcer un seul mot qui puisse atténuer la crainte des hommes face aux conséquences punitives du péché. Il existe un grand danger que, au milieu de nos conceptions grandissantes de l'amour de Dieu, nous en venions à penser qu'il est tout à fait semblable à ce que nous sommes enclins à être dans nos relations avec nos enfants : doux, indulgent et complaisant. Dieu est amour ; et pourtant, Il permet qu'un petit enfant se brûle s'il joue imprudemment avec le feu. Dieu est amour ; mais Il permet que des corps pourrissent dans une maladie répugnante, sans espoir de guérison, si les hommes persistent à mépriser Sa loi. Dieu est amour ; mais Il permet que le cours entier d'une vie soit anéanti par celui qui cède à la transgression et au péché. Et ainsi, bien que Dieu soit amour, Il est possible que les péchés soient punis par des souffrances, amères comme le ver qui ronge, vives comme le feu qui ne s'éteint pas.

Si nous prenions conscience de ces choses (et nous devrions en prendre conscience si nous considérions sereinement les déclarations claires de la Parole de Dieu sur ces sujets), nous en viendrions à comprendre bien mieux la nature désespérée du péché ; et nous éprouverions une compassion plus profonde pour ceux qui résistent obstinément à la grâce de Dieu, soit en suivant les mauvaises voies suggérées par leur propre cœur, soit en se laissant captiver par le diable à sa guise.

Ô âme désobéissante, qui avez lu ces mots jusqu'ici, arrêtez-vous et réfléchissez au danger qui vous menace ! Prenez garde de ne pas finir comme la balle ou les épines, qui sont consumées par un feu inextinguible, par la main du Seigneur lui-même. Hâtez-vous de vous tourner vers lui et vous vivrez. Mais si vous subissez une ruine irrémédiable, souvenez-vous que vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous-même ; car vous avez enfreint les lois élémentaires de votre nature et vous vous êtes opposé au Dieu qui vous aime et qui voudrait vous racheter, mais que vous avez refusé et défié. Si seulement vous vouliez plier votre cou obstiné et vous soumettre pour vous mettre à l'abri en la personne et l'œuvre de Jésus, la sainteté parfaite de Dieu vous apporterait, non pas du mal, mais la bénédiction et l'aide.

Notre Dieu est un feu dévorant ; et il y a du réconfort et de la bénédiction dans cette pensée. — Lorsque nous nous soumettons à l'amour de Dieu et que nous Lui ouvrons notre cœur, Il entre en nous et devient en nous un feu dévorant ; non pas pour nous-mêmes, mais pour le mal qui est en nous. Ainsi, dans un sens très profond et béni, on peut dire que nous demeurons avec le feu dévorant et que nous marchons au milieu des flammes éternelles.

Le feu, c'est la chaleur. — Nous parlons de désir ardent, d'émotion chaleureuse, de la lueur et du feu de l'enthousiasme ; et lorsque nous disons que Dieu est en nous comme le feu, nous voulons dire qu'Il suscitera en nous une affection forte et constante à Son égard. Aspirez-vous à davantage d'amour ? Vous avez en réalité besoin de plus de Dieu : car Dieu est amour ; et lorsqu'Il habite dans le cœur, l'amour y réside avec puissance. Et il n'y a aucune difficulté à L'aimer ou à aimer les hommes de cet amour qui est entré en procession majestueuse à l'entrée de Dieu. Vivez en Dieu, faites de la place pour que Dieu vive en vous ; et l'amour ne manquera pas, amour qui illustrera dans l'action quotidienne chaque précepte du saint psaume de l'amour (1 Corinthiens 13).

Le feu est lumière. — Nous sommes assez sombres dans notre état naturel ; mais lorsque Dieu entre dans le tabernacle de notre être, la Shekinah commence à rayonner dans le lieu très saint, et déverse ses vagues de gloire à travers tout l'être : de sorte que le visage est baigné d'une lueur sacrée, et qu'il y a une élasticité et une gaieté manifestes de l'esprit qu'aucune joie du monde ne peut produire ni même imiter. La lumière qui resplendissait sur le visage de Moïse était différente de celle qui resplendissait sur le visage de Jésus. Celle-ci lui était projetée de l'extérieur ; celle-là jaillissait de l'intérieur. Mais c'est cette dernière, plutôt que la première, qui est le véritable type de l'effet béni produit sur cette nature qui devient le temple du Dieu qui y habite.

LE FEU, C'EST LA PURETÉ.

Le feu, c'est la pureté. — « Combien de temps, selon vous, faudrait-il à un ouvrier muni d'un marteau et d'un ciseau pour extraire le minerai des roches dans lesquelles il est si étroitement enfoncé ? Mais si on les jette dans le grand cylindre, si l'on attise les feux jusqu'à une chaleur torride et si le courant d'air rugit à travers la masse en fusion, à la tombée de la nuit, le flot incandescent de métal pur et fluide, débarrassé de tous ses scories et de tous ses déchets, se déverse dans le moule qui l'attend. » C'est là une parabole de ce que Dieu fera pour nous. Non, plus encore : il brûlera le bois, le foin et la paille, le sable et les scories, l'égoïsme et le mal de notre nature ; de sorte qu'à la fin, seuls l'or, l'argent et les pierres précieuses subsisteront. Les liens qui nous entravent seront consumés ; mais pas un cheveu de notre tête ne tombera à terre.

« Le Seigneur siégera comme celui qui affine l'argent. » Lui, l'affineur, et lui, le feu. Le contact avec Dieu, le fait d'être baigné dans son Saint-Esprit, la soumission perpétuelle de notre nature à lui, opéreront en nous un changement merveilleux. Au début, la surface du métal en fusion peut être sombre et sinistre — d'un rouge orangé profond — sur laquelle passera une flamme vacillante ; mais, à mesure que le processus se poursuit, la couleur s'éclaircira, les fumées sombres se dissiperont, et le métal prendra l'aspect d'un miroir hautement poli, reflétant le visage de celui qui le contemple. Le processus peut être long ; mais le résultat est certain.

Le feu n'est-il pas douloureux et terrible, même s'il est appliqué par un amour infini ? Il se peut que ce soit le cas ; mais il ne nous imposera pas plus que ce que nous pouvons supporter, et il nous donnera la force d'endurer. Et ce sera plus qu'une compensation, car nous verrons les anciens maux perdre leur emprise les uns après les autres. Nous ne serons jamais, en cette vie, libérés d'une tendance au péché qui semble faire partie de notre nature humaine. Nous ne serons jamais non plus, de ce côté-ci du ciel, parfaits ; mais nous pouvons espérer être progressivement transformés à l'image du Fils de Dieu.

Ô Dieu, qui es comme le feu, sois un feu dévorant pour nos péchés innés ; brûle profondément au plus profond de nos cœurs, jusqu'à ce que tout ce qui t'attriste soit contraint de céder à la sainte intensité de ta grâce, et que tout notre être, libéré du péché, commence à te servir dans la sainteté et la justice, par Jésus-Christ, qui est venu allumer ton Feu sacré sur la terre !

(à suivre)

Version originale anglaise disponible dans le domaine public

source : https://connaitrechrist.net/

vendredi 6 novembre 2026

(31) LE CHEMIN QUI MÈNE AU SAINT DES SAINTS par F. B. Meyer

Expositions de l'Épître aux Hébreux

Chapitre 31

« LES CHOSES QUI NE PEUVENT ÊTRE ÉBRANLÉES »

« Ces mots: Une fois encore, indiquent le changement des choses ébranlées, comme étant faites pour un temps, afin que les choses inébranlables subsistent. » — Hébreux 12:27

Quelle majesté se dégage de ces paroles ! Elles portent la marque distinctive de la divinité. Aucun homme n'oserait les prononcer ; mais elles conviennent parfaitement à celui qui les a prononcées. Leur contexte d'origine est encore plus grandiose, tel qu'on le trouve dans le Livre d'Aggée : « Ainsi parle le Seigneur des armées : Encore un peu de temps, et je secouerai les cieux, la terre, la mer et la terre ferme ; je secouerai toutes les nations, et le Désir de toutes les nations viendra. »

Ces paroles furent prononcées pour la première fois afin d'encourager les exilés juifs lors de leur retour de Babylone vers leur Temple et leur ville en ruines. Les anciens pleuraient en pensant aux gloires passées d'autrefois, et Dieu les réconforta, car il se réjouit de réconforter ceux qui sont abattus. « Réconfortés », dit-il en substance, « une crise s'annonce, qui mettra à l'épreuve et renversera toutes les structures matérielles ; et dans cette convulsion, la forme extérieure disparaîtra, aussi belle et coûteuse soit-elle, tandis que la gloire intérieure cachée deviendra plus apparente que jamais ; non, au milieu de tous les bruits de ruine et de changement, viendra le Désir de toutes les nations, dont ces objets matériels ne sont que l'anticipation éphémère et incomplète. »

Ces chrétiens d'origine hébraïque vivaient au cœur d'un grand bouleversement. C'était une époque d'épreuves quasi universelles. Dieu ne secouait pas seulement la terre, mais aussi le ciel. La domination juive sur la Palestine était ébranlée par les Romains, qui la revendiquaient comme leur conquête. L'interprétation donnée à la Parole de Dieu par les rabbins était ébranlée par la lumière nouvelle apportée par les paroles, la vie et la mort de Jésus. La suprématie du Temple et de ses rituels était ébranlée par ceux qui enseignaient que le véritable Temple était l'Église chrétienne, et que tous les sacrifices lévitiques avaient trouvé leur accomplissement en Christ. L'observance du sabbat était ébranlée par ceux qui souhaitaient le remplacer par le premier jour de la semaine.

Les premiers symptômes de ce bouleversement apparurent lorsque Jésus commença à enseigner et à prêcher dans les villes surpeuplées de Palestine, et que tous les peuples affluaient vers lui. Les soubresauts successifs devinrent plus évidents lorsque les chefs juifs cherchèrent à réduire les apôtres au silence et à freiner la progression de l'Église. Le livre des Actes des Apôtres et les Épîtres regorgent de témoignages de l'intensité de cette révolution qui dut faire trembler de nombreux pieux pour l'Arche de Dieu. Et le point culminant de tout cela survint lors du terrible siège de Jérusalem, lorsque, une fois pour toutes, le système juif fut anéanti, le Temple incendié, les vases restants coulés dans le Tibre, et les Juifs chassés de la ville qui était absolument indispensable à l'accomplissement de leurs rites religieux. Tout le Nouveau Testament témoigne des soubresauts de l'une des plus puissantes révolutions spirituelles qui aient jamais eu lieu ; aussi grande dans la sphère spirituelle que l'a été la Révolution française dans la sphère temporelle.

SYSTÈMES THÉOLOGIQUES.

C'est au milieu de ces épreuves que cette Épître a été écrite. « Prenez courage », dit l'auteur inspiré ; « ces secousses viennent de la main de Dieu ». Écoutez ses propres paroles : « Je secoue. Et elles ne dureront pas éternellement — pas cette fois-ci ; elles ne porteront pas non plus atteinte à quoi que ce soit qui ait une valeur et une vérité éternelles. Il secoue toutes choses, afin que le matériel, le sensible et le temporel disparaissent ; laissant l'essentiel et l'éternel se détacher avec une beauté plus grande qu'auparavant. Mais pas un grain de métal pur ne sera perdu dans les feux ; pas un fragment de la maçonnerie céleste ne s'effondrera sous le choc.

C'est en une telle époque que nous vivons actuellement. — Tout est secoué et mis à l'épreuve. Mais il y a un dessein divin dans tout cela, afin que sa vérité éternelle puisse se révéler plus clairement et sans équivoque, lorsque toutes les traditions et les accumulations humaines se seront effondrées, incapables de résister à la force du choc. Et qui en pleurera trop amèrement ? Qui pleurera parce que les vents dépouillent les arbres de leurs vieilles feuilles mortes, si ce n'est pour que la nouvelle verdure printanière puisse se révéler ? Qui se lamentera que le coup violent brise le moule, si ce n'est pour que l'image parfaite se détache dans une symétrie parfaite ? Qui pleurera la disparition du ciel et de la terre, si, en se désagrégeant, ils révèlent sous eux la beauté impérissable des nouveaux cieux et de la nouvelle terre où réside la Justice ?

Les systèmes théologiques sont ébranlés. — Il fut un temps où les hommes recevaient leurs croyances théologiques de leurs maîtres, de leurs parents ou de leur Église sans poser la moindre question ni susciter la moindre controverse. Nul ne remuait l'aile, n'ouvrait la bouche ni ne gazouillait. Il n'en va plus ainsi aujourd'hui ; l'air est rempli de questionnements. Les hommes soumettent à l'épreuve toutes les doctrines auxquelles nos ancêtres tenaient tant. On ne manifeste aucune vénération pour les credo séculaires, les distinctions théologiques ou les formules doctrinales. Les thèmes les plus élevés, tels que la nature de l'expiation, la nécessité de la régénération, la durée du châtiment futur, sont critiqués dans la presse publique.

De nombreux enfants de Dieu en sont profondément affligés et craignent pour la vérité de l'Évangile. Ils parlent comme s'il n'y avait d'autres acteurs dans ce conflit que ceux de naissance mortelle. Ils perdent de vue les enjeux éternels en jeu et les forces invisibles impliquées dans ce conflit. Est-il probable que Dieu permette que Son précieux Évangile soit éclipsé ou dépouillé de tous ses éléments essentiels ? L'a-t-Il maintenu dans son intégrité pendant tous ces siècles, et est-Il soudainement devenu un homme puissant qui ne peut sauver ? Alors qu'il semblait que la doctrine évangélique avait disparu du monde au XVIe siècle, car elle ne subsistait plus que parmi quelques saints obscurs et humbles, il a suscité un homme qui a repoussé les vagues de l'erreur et a de nouveau hissé l'étendard de la vérité de l'Évangile ; et ne peut-il pas le faire à nouveau ?

Au milieu de ces terribles secousses, pas un seul iota de la Parole de Dieu ne périra ; pas un seul grain de vérité ne tombera à terre ; pas une seule pierre de la forteresse ne sera ébranlée. Mais ces secousses sont permises, en partie pour séparer le bon grain de l'ivraie comme le ferait un van, mais surtout pour que tout ce qui est temporel et éphémère disparaisse, tandis que la simple vérité de Dieu devient plus évidente et resplendit, sans être masquée par les échafaudages et les décombres avec lesquels les bâtisseurs ont obscurci sa symétrie et sa beauté. « Ce qui ne peut être ébranlé demeurera. »

Les systèmes ecclésiastiques sont ébranlés. — Il ne suffit pas qu'un système religieux existe ; on lui demande, de manière quelque peu brutale, de justifier pourquoi il devrait continuer d'exister. L'esprit de l'époque est utilitaire et se montre réticent à considérer tout appel à la clémence qui ne repose pas sur une preuve claire du service rendu à ses besoins pressants.

SYSTÈMES ECCLÉSIASTIQUES.

Les signes en sont on ne peut plus évidents. C'est désormais la séparation de l'Église de l'État qui est proposée ; une proposition qui remplit d'horreur ceux qui la considèrent comme nécessaire au maintien du christianisme parmi nous. Les enseignants de religion sont mis au défi de justifier l'exercice de leur fonction ou de revendiquer des prérogatives particulières. Les méthodes de travail sont passées au crible ; les projets missionnaires sont vivement critiqués ; les services religieux se métamorphosent. Le changement menace les coutumes les plus anciennes ; et tout cela est très pénible pour ceux qui ont confondu l'essence avec la forme, le joyau avec son écrin, l'esprit avec le temple qui l'abrite. Mais ne craignons rien. Tout cela est permis dans un but des plus sages. Il y a beaucoup de bois, de foin et de paille dans toutes nos structures qui doivent être brûlés ; mais pas un gramme d'or ou d'argent ne sera jamais détruit. Les vagues peuvent emporter les algues qui se sont accrochées au mur du port ; mais elles ne parviendront pas à ébranler une seule pierre de fondation. La simplicité de la vie de l'Église primitive a sans aucun doute été recouverte de nombreuses accumulations qui entravent le progrès de l'Église et gênent son œuvre ; et nous pouvons saluer toute intervention, aussi radicale soit-elle, qui la libérera. Mais l'Église elle-même est fondée sur le roc, et les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle.

Quelle chance pour l'Église du Christ lorsque les jours de persécution pesaient lourdement sur elle ! Jamais elle n'a été aussi pure, aussi puissante spirituellement qu'à cette époque. Et si de tels jours devaient jamais revenir, et si Dieu venait à ébranler ses fondements par les violents tourbillons du martyre, il n'y aurait pas lieu de s'inquiéter. Les opportunistes, les simples professeurs de foi, les créatures de la mode seraient démasqués ; mais ceux qui avaient fait l'expérience de l'œuvre de Dieu dans leur âme persévéreraient jusqu'à la fin, et leur véritable caractère serait manifesté. « Ce qui ne peut être ébranlé demeurera. «

Nos caractères et nos vies sont constamment ébranlés. — Quel ébranlement nous a causé ce sermon qui nous a montré que toutes nos justices, sur lesquelles nous comptions tant, n'étaient que des feuilles flétries ! Quel ébranlement fut ce désastre commercial qui balaya d'un seul coup les économies et le crédit de plusieurs années, qui accaparaient notre cœur, et ne nous laissa que ce que nous possédions de valeur spirituelle ! Quelle secousse fut cette tentation qui nous a montré que notre prétendue absence de péché n'était qu'un rêve vain, et que nous étions aussi sensibles à la tentation que ceux sur lesquels nous nous vantions !

Quel a été le résultat net de toutes ces secousses ? Un seul cheveu de notre tête a-t-il péri ? Le vieil homme a péri ; mais l'homme intérieur s'est renouvelé chaque jour. Plus le marbre s'est effrité, plus la statue s'est érigée. À mesure que les armatures de bois ont été démolies, la maçonnerie solide s'est imposée avec une perfection croissante. «Ce qui ne pouvait être ébranlé est demeuré.»

« Continue, ô grand Esprit de Dieu : secoue encore plus violemment par tes tremblements de terre ces traits de notre caractère, afin que tout ce qui n'est pas de toi, mais de nous, et donc faux et égoïste, puisse être révélé et renversé, afin que nous apprenions à connaître nos véritables possessions. Et en les voyant nous être préservées du naufrage général, nous saurons que, nous ayant été données par toi-même, elles doivent participer de ta propre permanence et de ton éternité. Apprend-nous le pire de nous-mêmes, afin que nous apprenions à chérir le meilleur de toi »

Tout au plus, ces secousses sont-elles temporaires. Une seule fois, « enfant de Dieu ! Puis, jamais plus !

LE ROYAUME ÉTERNEL DE DIEU.

Il y a peu de choses qui ne peuvent être ébranlées. La Parole de Dieu. — Le ciel et la terre passeront, mais la Parole de Dieu — jamais ! Toute chair est comme l'herbe, et toute la gloire de l'homme, ses opinions, ses prétentions, sa pompe et son orgueil, sont comme la fleur de l'herbe, belles, mais éphémères ; mais la Parole du Seigneur subsistera pour toujours, et c'est cette Parole qui est prêchée par l'Évangile. Ne craignons pas la critique moderne ; elle ne peut nous priver d'un seul iota de la vérité de Dieu. L'Écriture la repoussera, comme l'apôtre a repoussé la vipère qui s'était accrochée à sa main, sans ressentir aucune blessure.

L'amour de Dieu. — L'amour de nos amis peut être ébranlé par une rumeur, un moment d'indifférence, un changement dans notre situation ; mais l'amour de Dieu est à son image, immuable. Aucune tempête ne peut s'élever assez haut pour atteindre l'empyrée de son amour. Il n'a jamais commencé à nous aimer pour quelque chose en nous-mêmes, et il ne cessera pas de nous aimer à cause de ce qu'il découvre que nous sommes. L'amour de Dieu, qui est en Jésus-Christ notre Seigneur, est inattaquable par le changement ou le choc.

Le Royaume éternel de Dieu. — « Nous recevons un royaume qui ne peut être ébranlé. » Au milieu de toutes nos révolutions et de tous nos changements politiques, ce Royaume vient. Il prend corps, forme et puissance. Il est encore dans le mystère, mais il sera bientôt révélé. Et il ne peut être affecté par aucune attaque soudaine ni par aucune révolte des passions humaines. « Le Dieu du ciel établira un royaume qui ne sera jamais détruit. »

Comptons nos trésors inaliénables et impérissables ; et bien qu'autour de nous règne la terreur des ténèbres ou la peste de midi, nous serons gardés dans une paix parfaite ; comme lorsqu'un souverain insignifiant observe avec sérénité la foule qui se lève pour piller son palais, parce qu'il y a longtemps, il a envoyé tous ses trésors pour qu'ils soient conservés dans les caves fortifiées de la Banque d'Angleterre.

Ce monde de changements et de bouleversements n'est ni notre repos ni notre demeure. Ceux-ci nous attendent là où Dieu réside, dans la cité aux fondations inébranlables, et dans le pays où la tempête ne fait pas rage, mais où la mer de verre repose paisiblement au pied du trône de Dieu. Nous pouvons bien nous armer de force d'âme et de patience, de révérence et de crainte de Dieu ; car nous avons en nous-mêmes et là-bas ce qui participe de la nature de Dieu, et ni le temps qui passe ne peut le voler, ni la teigne le corrompre, ni le changement l'affecter.

C'est grâce à un tel esprit que nous sommes capables d'offrir un service qui plaît à Dieu. Trop souvent, il y a une présomption, une vanité, une énergie de la chair, qui doivent être au plus haut point répréhensibles aux yeux de sa sainte et aimante miséricorde. Cela participe tellement de l'agitation et de l'irritation du monde qui nous entoure. Mais dès lors que nous respirons l'Esprit de l'Éternel et de l'Infini, notre main devient plus sûre, notre cœur plus calme, et nous apprenons à recevoir Sa grâce. Nous ne nous tourmentons pas pour l'obtenir ; nous la revendiquons et l'utilisons, et nous servons Dieu avec assurance, par les mérites de Jésus-Christ notre Seigneur.

(à suivre)

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jeudi 5 novembre 2026

(30) LE CHEMIN QUI MÈNE AU SAINT DES SAINTS par F. B. Meyer

Expositions de l'Épître aux Hébreux

Chapitre 30

SINAÏ ET SION

« Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades qui forment le chœur des anges, de l'assemblé des premiers-nés inscrits dans les cieux, du juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection, de Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l'aspersion qui parle mieux que celui d'Abel. » — Hébreux 12:22-24

À quelle splendeur ces chrétiens d'origine hébraïque avaient-ils été habitués — des cours en marbre, des foules de Lévites vêtus de blanc, de somptueux vêtements liturgiques, le faste et la pompe des symboles, des cérémonies et des psaumes chantés en chœur ! Et à quel contraste étaient-ils désormais réduits — une réunion dans une salle ou une école, avec les membres pauvres, affligés et persécutés d'une secte méprisée et haïe ! C'était en effet un changement, et l'auteur inspiré le savait bien ; et dans ces mots magnifiques, aboutissement sublime et couronnement de tout son argumentaire, il s'attache à montrer que, pour chaque élément auquel ils avaient renoncé, ils avaient acquis une contrepartie spirituelle, une réalité, une substance éternelle, qui constituait une compensation mille fois supérieure.

« Vous êtes venus. » — Il refuse d'admettre l'idée qu'il s'agisse d'une expérience future, réservée à un jour solennel, où les cours célestes seront envahies par les foules d'esprits rachetés et glorifiés. Que cet état béni connaisse des jours solennels de fête sacrée ressort clairement de l'Apocalypse de l'apôtre bien-aimé. Mais ce n'est à aucun d'entre eux que ces mots font allusion. Remarquez ce temps présent : « Vous êtes venus. » Persécutés, épuisés, humiliés, ces chrétiens d'origine hébraïque étaient déjà venus au mont Sion, à la cité du Dieu vivant, et parmi les foules festives des rachetés. Le fait qu'ils ne les voyaient pas de leurs yeux et ne pouvaient les toucher de leurs mains n'était pas une raison pour douter qu'ils soient parvenus à ces glorieuses réalités. Et ce qui était vrai pour eux l'est également pour chaque lecteur de ces lignes qui est uni au Seigneur Jésus par une foi vivante.

Nous appartenons au mont Sion. — « Vous n'êtes pas venus vers une montagne que l'on pouvait toucher et qui brûlait de feu, mais vous êtes venus vers le mont Sion. À l'évocation de ces deux mots, deux montagnes se dressent devant nous. D'abord, le Sinaï, austère et dénudé, déchiré par la tempête, fendu par le tremblement de terre, centre et point de convergence des vastes passages de grès qui conduisaient la foule des pèlerins, étage après étage, jusqu'à ce qu'elle s'arrête à son pied.

Mais, aussi grandiose que fût le Sinaï par nature, il devait l'être bien davantage en ce jour mémorable où tous les éléments de la terreur semblaient converger. Il y avait l'éclat de l'éclair fourchu jaillissant de la noirceur des nuages menaçants. Il y avait l'obscurité de minuit ; le grondement du tonnerre, dont les réverbérations se propageaient en vagues sonores le long de ces couloirs résonnants ; le tourbillon de la tempête, et la voix des paroles qu'ils suppliaient de ne plus entendre. Et tout cela avait pour but d'enseigner au peuple la majesté, la spiritualité et la sainteté de Dieu. Il en résulta une terreur qui s'empara du cœur des pécheurs, tremblant devant le contraste entre la grandeur et la sainteté de Dieu et leurs propres murmures et manquements dont ils se souvenaient. Moïse lui-même s'écria : « Je suis saisi d'une grande crainte et je tremble. »

LA CITE DE DIEU.

À l'opposé se dresse le mont Sion, ce vieux rocher gris sur lequel se dressaient le palais de David et le Temple de Dieu — des lieux sacrés pour la pensée juive, chargés de souvenirs sacrés et d'associations divines. « Le Seigneur a choisi Sion, il l'a désirée pour sa demeure. C'est là mon repos pour toujours ; c'est là que j'habiterai, car je l'ai désiré. » Pour le Juif pieux, le mont Sion était la joie de toute la terre, la montagne de la sainteté, la cité du Grand Roi. Ses palais, grisonnants de vieillesse, étaient connus pour être la demeure et le lieu de résidence de Dieu. L'aspect même de ces collines vénérables devait semer la panique dans le cœur de ses ennemis. Et ses fils marchaient fièrement autour de ses remparts, comptant ses tours, marquant ses bastions, contemplant ses palais, tandis que les pères racontaient à leurs enfants les récits de sa gloire qu'eux-mêmes avaient reçus dans leur enfance (Psaume 48).

Le pendant de cette cité est encore le nôtre, il sera nôtre pour toujours. L'auréole de gloire s'est effacée de ces pierres anciennes et s'est posée sur la véritable cité de Dieu, dont les fondations sont la Justice, les murs la Paix et les portes la Louange ; qui s'élève au-delà des brumes et des nuages du temps, dans la lumière qui ne brille ni du soleil ni de la lune, mais du visage de Dieu. En d'autres termes, quelque part dans cet univers, il existe une sainte communauté d'âmes, pures et charmantes, l'élite de la famille humaine, rassemblée dans une demeure que la main de l'homme n'a jamais bâtie et que le péché de l'homme n'a jamais souillée. Ses murs sont de jaspe, ses portes de perle. Rien ne peut y entrer qui souille ou commette l'abomination, et qui se livre au mensonge.

Les patriarches ont aperçu cette ville au cours de leur pèlerinage ; elle resplendissait devant leurs yeux, les invitant sans cesse à aller de l'avant et leur interdisant de retourner dans le pays d'où ils étaient sortis. Et le voyant de Patmos l'a vue descendre du ciel, venant de Dieu, baignée de la gloire divine.

C'est vers cette ville que nous sommes venus. Elle est descendue dans nos cœurs ; jour après jour, nous parcourons ses rues ; nous vivons dans sa lumière, nous respirons son atmosphère, nous jouissons de ses droits. Nous n'avons pas d'équivalent dans notre expérience du mont Sinaï, avec son tonnerre et sa terreur ; mais, grâce à Dieu, nous avons la réalité du mont Sion, avec ses privilèges bénis et saints. Le Sinaï est la loi, temporaire et intermédiaire ; Sion, l'Évangile, éternel et immuable. Le Sinaï est plein de résolutions et de vœux humains, faits pour être rompus ; Sion est l'élection de la grâce. Le Sinaï est terrible avec le tonnerre de la loi ; Sion est tendre avec les appels de l'amour du cœur de Dieu.

LE LIVRE DE LA VIE.

Il y a aussi l'assemblée générale et l'Église des premiers-nés. — Nous rencontrons l'Église des rachetés chaque fois que nous adorons Dieu sincèrement. Nous pouvons appartenir à une petite partie de l'Église visible, méconnue et ignorée de la grande majorité de nos frères et sœurs dans la foi. Nous pouvons être isolés de toute communion extérieure avec les saints, emprisonnés dans une chambre d'hôpital, ou nous être exilés volontairement dans un lieu solitaire pour l'amour de l'Évangile ; mais rien ne peut nous exclure de la communion vivante avec les âmes saintes de toutes les confessions, sectes, dénominations et noms.

Votre nom n'est peut-être inscrit sur aucun registre des communiants ni sur aucun registre paroissial. Mais est-il inscrit dans le Livre de Vie de l'Agneau au ciel ? Si tel est le cas, réjouissez-vous ! Cela est plus important que si les esprits vous étaient soumis. Et souvenez-vous : chaque fois que vous adorez Dieu, vous gravissez les marches du véritable temple, en compagnie d'une immense multitude d'âmes, qu'elles se trouvent de ce côté-ci ou de l'autre du voile des sens. Ni la vie, ni la mort, ni les rites, ni l'ordre ecclésiastique ne peuvent séparer ceux qui, parce qu'ils ne font qu'un avec le Christ, ne font pour toujours qu'un les uns avec les autres.

Il y a aussi les esprits des justes parvenus à la perfection. — Si la première expression désigne plutôt les croyants du Nouveau Testament, celle-ci peut être considérée comme décrivant les saints de l'Ancien Testament. Ou bien, si l'une désigne ceux qui servent encore Dieu sur terre, l'autre fait probablement référence à ceux qui sont entrés en présence de Dieu et ont atteint leur plénitude et leur félicité.

Qui peut se sentir seul et désolé, qui peut se lamenter sur le passé, qui peut dénigrer le présent, dès lors que l'esprit est capable de percevoir cette joyeuse assemblée, sur terre et au ciel, tournant autour du Sauveur comme des planètes autour du soleil central, et envoyant des flots et des torrents d'amour et d'adoration ? Oui, qui peut s'empêcher de chanter, lorsque l'oreille perçoit les puissantes harmonies de toute créature qui est dans les cieux, sur la terre et sous la terre, disant : « Bénédiction, honneur, gloire et puissance soient à celui qui est assis sur le trône, et à l'Agneau, pour toujours. »

Nous sommes venus vers le sang de Jésus. — Nous n'oserions pas nous approcher de l'auguste Juge de tous s'il n'y avait pas le Médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ le Juste. Et il ne serait pas en mesure d'accomplir l'œuvre qu'il s'est choisie, s'il n'avait pas versé son sang très précieux, qui a ratifié la nouvelle alliance, a purifié nos péchés, et qui, aujourd'hui encore, nous asperge pour nous libérer d'une mauvaise conscience, effaçant chaque tache de culpabilité dès que l'âme se confesse et cherche le pardon, avec des larmes de repentance et des paroles de foi.

Il parle mieux que celui d'Abel. — Celui-là était le sang du martyre ; celui-ci, celui du sacrifice. Celui-là était maudit, car il criait depuis la terre ; celui-ci ne fait qu'implorer la miséricorde. Celui-là dénonçait la colère ; celui-ci proclame l'amour réconciliateur. Celui-là conduisait au châtiment qui marquait le meurtrier ; celui-ci aboutit au salut. Celui-là était pour la mort ; celui-ci est pour la vie.

Tout sang a un cri. Écoutez le cri du sang de Jésus. — Il parle à l'homme au nom de Dieu. Il parle à Dieu au nom de l'homme. Il nous dit qu'il n'y a ni condamnation, ni colère, ni jugement ; car l'orage a éclaté et s'est épuisé sur le Calvaire. Et lorsque nous allons vers notre Père, il intercède pour nous depuis les blessures de l'Agneau comme s'il avait été immolé.

Ô sang précieux ! Si vous êtes meilleur que celui d'Abel, combien plus êtes-vous meilleur que tout le sang de toutes les bêtes jamais immolées ; que tous les sacrifices jamais offerts ; que toutes les larmes ou prières jamais présentées par la force de la vertu humaine : nous ne pouvons pas, nous ne voulons pas vous refuser, ni nous détourner de votre cri suppliant, ni rejeter celui qui parlait autrefois depuis la croix, et qui parle maintenant depuis le ciel !

(à suivre)

Version originale anglaise disponible dans le domaine public

source : https://connaitrechrist.net/


mercredi 4 novembre 2026

(29) LE CHEMIN QUI MÈNE AU SAINT DES SAINTS par F. B. Meyer

Expositions de l'Épître aux Hébreux

Chapitre 29

LA VIE IDÉALE

« Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu; à ce qu'aucune racine d'amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n'en soient infectés. » — Hébreux 12:14-1

Comme ces paroles sont belles et solennelles, telles les notes grandissantes de la musique céleste elle-même. De toute évidence, elles ne proviennent pas de ce monde affligé et en proie à la guerre ; elles font partie des lois du royaume des cieux, destinées à façonner et à modeler notre vie sur terre. Il est fort probable que ceux qui choisissent de leur obéir n'atteindront pas la renommée et la gloire parmi les hommes ; mais ils gagneront quelque chose d'infiniment meilleur : la béatitude, le sourire du Sauveur et la vision de Dieu.

Il y a parmi nous des âmes dont le monde n'est pas digne ; et pourtant, dès qu'il les aperçoit, le monde leur réserve son venin le plus amer ; des âmes qui se sont détournées des ambitions et des intrigues, des agitations et des passions de leurs semblables, et qui mènent une vie retirée, cachées avec le Christ en Dieu, se contentant d'être ignorantes et inconnues ; désireuses uniquement de plaire à Dieu, de Le connaître, ou plutôt d'être connues de Lui, et de préserver l'équilibre parfait de leur nature avec Lui, en tant que centre, pivot et cause finale. De telles âmes, peut-être, comprendront le mieux la signification et la beauté infinies de ces paroles profondes et bénies.

« RECHERCHEZ LA SAINTETÉ. »

Telle est notre attitude envers Dieu. — « Recherchez la sainteté. » Dans la Version révisée, cela est rendu par « sanctification ». Or, ce terme n'est qu'un équivalent latin de « mettre à part » — comme le Sinaï parmi les montagnes ; le sabbat parmi les jours de la semaine ; les Lévites parmi les Juifs ; et les Juifs parmi les nations de la terre.

Mais il y a après tout une réflexion plus profonde. Pourquoi les personnes, les lieux et les choses ont-ils été mis à part ? N'était-ce pas parce que Dieu était là ? Il est descendu dans sa puissance et sa gloire sur le Sinaï ; c'est pourquoi il fallait établir des limites autour de ses pentes inférieures. Il a choisi de se reposer le septième jour de toute son œuvre ; c'est pourquoi ce jour a été consacré et sanctifié. Il a choisi les Juifs pour être son peuple particulier, et les Lévites pour être ses prêtres ; c'est pourquoi ils ont été isolés de tout le reste. Il est apparu à Moïse dans le buisson, rayonnant de la lumière de la Shekhinah ; c'est pourquoi cet endroit était une terre sainte, et le berger a dû se déchausser. En d'autres termes, c'est la présence de Dieu qui rend saint. Il n'y a qu'un seul Être dans tout l'univers qui soit véritablement saint. La sainteté est l'attribut de sa nature, et de sa nature seule. Nous ne pouvons jamais être saints en dehors de Dieu ; mais lorsque Dieu entre dans l'esprit de l'homme, il apporte la sainteté avec lui. Non, la présence de Dieu en l'homme, c'est la sainteté.

Une pièce ou un bâtiment public peut être baigné d'une délicieuse lumière solaire. Mais cette lumière n'est pas la propriété de la pièce. Elle ne lui appartient pas. On ne peut pas la féliciter pour cette possession. Car lorsque les ombres du soir s'étendent et masquent le visage du soleil, la pièce est plongée dans l'obscurité la plus totale. Elle n'est éclairée que tant que le soleil y réside. De même, l'esprit humain n'a aucune sainteté en dehors de Dieu. La sainteté n'est ni un privilège, ni une propriété, ni un attribut auquel aucun de nous ne peut prétendre. C'est la présence de la lumière et de la gloire de Dieu en nous. C'est l'homme saint en qui Dieu demeure. C'est le plus saint en qui Dieu demeure plus pleinement. C'est le plus saint qui, aussi pauvre que soit son intelligence et aussi modeste que soit son sort terrestre, est le plus possédé et le plus rempli par la présence de Dieu par le Saint-Esprit. Il ne faut pas s'étonner que l'Apôtre s'adresse aux croyants en les appelant « saints », alors qu'il pouvait dire d'eux : « Votre corps est le temple du Saint-Esprit, qui est en vous » (1 Corinthiens 3:16 ; 4:19).

Pourquoi, alors, l'écrivain sacré nous invite-t-il à « rechercher la sainteté », comme s'il s'agissait d'une acquisition ? — Parce que, bien que la sainteté soit le remplissage de l'esprit de l'homme par l'Esprit de Dieu, il existe néanmoins certaines conditions très importantes que nous devons respecter si nous voulons obtenir et jouir de ce don béni.

Ne faites aucun quartier à votre ego. Il s'impose sans cesse sous l'une ou l'autre de ses formes protéiformes. Ne comptez pas vous en débarrasser. Même si vous affirmez l'avoir vaincu, il se cache sous le sourire de votre autosatisfaction. Il peut se manifester dans l'orgueil religieux, dans le désir d'exceller en vertu, dans la satisfaction que nous éprouvons lorsque l'on nous félicite pour notre humilité. Il faudra une vigilance incessante, car là où réside l'ego, Dieu ne peut venir. Il ne partagera pas sa gloire avec un autre. Lorsque nous nous apprêtons à nous endormir, nous pouvons nous attendre à entendre le cri : « Ton ennemi est sur toi » ; car il envahira nos chambres et nos lieux de retraite les plus intimes.

Il est impossible de lire les Épîtres de l'apôtre Pierre sans être frappé par le caractère solennel et redoutable de la vie chrétienne, par le besoin constant de vigilance, par l'urgence de la diligence, de la maîtrise de soi et du renoncement à soi-même. Oh, pour cette sainte sensibilité ! — exerçant toujours la vigilance sur soi-même ; ne nous épargnant jamais ; miséricordieux envers les autres parce que si impitoyables envers nous-mêmes ; nous exerçant continuellement à préserver une conscience exempte de toute offense envers Dieu et les hommes.

SOUMETTEZ-VOUS À DIEU.

Soumettez-vous à Dieu. — Il cherche sans cesse le point de moindre résistance dans notre nature. Aidez-le à Le trouver ; et une fois trouvé, veillez à Lui laisser libre cours à Son action bénie. « Tout ce qu'il vous dira, faites-le. » Mettez en pratique ce que Dieu accomplit en vous. Traduisez les pensées de Dieu dans le langage de l'obéissance quotidienne. Soyez aussi malléable à son toucher que l'argile entre les mains du potier, afin de pouvoir réaliser chaque idéal qui est dans Son cœur. Ne soyez pas comme le cheval et le mulet, mais que votre bouche soit sensible à chaque mouvement du dessein divin qui vous concerne. Et si vous trouvez difficile de maintenir cette attitude, veillez à confier votre difficulté au Saint-Esprit, et faites-lui confiance pour garder votre cœur inébranlable et immuable, ferme et obéissant.

Prenez-y du temps. — « Suivez-le ». Cette habitude ne s'acquiert pas d'un seul bond ou d'un seul saut. Elle ne peut être formée à la perfection qu'après des années d'autodiscipline et de culture de soi attentive. Demeurer toujours en Christ, se soumettre à Dieu, garder toutes les fenêtres de la nature ouvertes à son remplissage miséricordieux, se tourner naturellement vers lui, et d'abord, au milieu du péril et des tentations, en tous temps de chagrin et d'épreuve — cela n'est pas naturel, mais cela peut devenir une seconde nature par une diligence habituelle.

Mais il faut nécessairement que le temps fasse son œuvre avant que le sentiment d'effort ne s'estompe et que l'âme ne se tourne naturellement et spontanément vers Dieu « à chaque instant de la vie éveillée ». « Et si nous voulons acquérir cette attitude bénie et perpétuelle de l'âme, nous devons prendre le temps de l'acquérir, comme pour acquérir toute autre chose qui soit vraiment précieuse. Cela ne doit être ni un jeu, ni une occupation des heures de repos ou de loisirs, ni un passe-temps : mais l'objet sérieux de la vie, le but qui enfilera toutes les perles variées de la chaîne de la vie, et donnera une belle unité à l'ensemble.

À un tel caractère sera réservée la vision de Dieu. — « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu. » Si vous aviez été aux côtés de Moïse pendant ses quarante jours au cœur de la nuée, lorsqu'il a vu Dieu face à face, vous ne l'auriez pas vu si vous n'aviez pas été saint. Si vous aviez été aux côtés du martyr Étienne lorsqu'il a contemplé la gloire de Dieu et le Fils de l'homme debout à ses côtés, vos yeux n'auraient rien discerné si vous n'aviez pas été saint. Oui, s'il vous était possible, sans la sainteté, de franchir la porte de nacre, vous ne verriez pas l'éclat, pour ainsi dire, du saphir ; vous emporteriez avec vous votre propre cercle de ténèbres, et la vision rayonnante s'évanouirait à votre approche. « Sans la sainteté, nul ne verra le Seigneur. »

Le cœur a des yeux tout comme la tête ; et faute de sainteté, ceux-ci s'affaiblissent gravement, de sorte que les sages, dans leur propre orgueil, ne voient rien, tandis que ceux qui sont simples, humbles et purs de cœur contemplent les choses cachées et préparées par Dieu. La seule condition pour voir Dieu dans sa Parole, dans la nature, dans la vie quotidienne et dans la communion intime, c'est la sainteté du cœur, opérée là par sa propre présence en nous. Recherchez la sainteté comme les hommes recherchent le plaisir ; comme l'athlète court pour le prix ; comme l'adepte de la mode suit le sillage de la foule.

« RECHERCHEZ LA PAIX. »

Voici notre attitude envers les hommes. — « Recherchez la paix. » Le fruit de la justice est toujours la paix. Si vous êtes saints, vous serez en paix. La paix est brisée par le péché ; mais l'âme sainte porte aussitôt son péché au Sang. La paix est brisée par la tentation ; mais l'âme sainte a appris à placer le Christ entre elle-même et le premier souffle du tentateur. La paix est rompue par l'inquiétude, l'insatisfaction et l'agitation ; mais le Seigneur entoure l'âme sainte, tout comme les montagnes entourent Jérusalem, qui protègent des vents cruels et recueillent la pluie qui ruisselle sur leurs larges flancs pour faire réjouir et chanter les habitants des vallées. D'autres peuvent être irritables et fébriles, en proie à des alarmes sauvages ; mais il y a une paix parfaite pour l'âme qui a Dieu et qui est satisfaite.

Lorsqu'un homme est rempli de la paix de Dieu, il devient naturellement un fils de la paix. Il recherchera la paix avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur (2 Timothée 2:22). Il s'efforcera de préserver l'unité de l'Esprit par le lien de la paix (Éphésiens 4:3). Il sèmera des récoltes de paix en faisant régner la paix (Jacques 3:18). Toutes ses épîtres, à l'instar de celles du grand Apôtre, respireront des bénédictions de paix ; et son entrée dans une maison ressemblera à l'incarnation vivante de l'ancienne formule de bénédiction : « Que la paix soit sur cette maison. » Il aura un merveilleux pouvoir d'éveiller des réponses chez les hommes partageant les mêmes idées ; mais là où ce n'est pas le cas, sa paix, vêtue de blanc et ailée comme une colombe, lui reviendra.

Mais il faut une recherche résolue de la paix. Le tempérament de certains est si éprouvant. Ils ont tellement tendance à voir les choses sous un mauvais jour, à interpréter de travers des actions inoffensives et à s'élever contre des futilités. D'où la nécessité de l'effort, de la patience et de la vigilance, afin que nous puissions exercer une influence salutaire en tant qu'artisans de paix.

Évitez de prendre parti dans une querelle. — Il faut être deux pour se quereller ; ne soyez jamais l'un des deux. Une réponse douce détourne souvent la colère, et lorsque ce n'est pas le cas, cédez devant celui qui a tort, laissez place à la colère, laissez-la s'épuiser sans que votre résistance ne l'entrave ; elle se sera bientôt épuisée, pour laisser place à la honte, au repentir et au regret.

Si vous êtes confrontés à la malveillance des hommes, ne vous vengez pas vous-mêmes. — Notre cause appartient davantage à Dieu qu'à nous-mêmes. C'est à Lui de nous défendre ; et Il le fera. Il peut permettre qu'un nuage passager s'abatte sur nous dans un but sage ; mais en fin de compte, il fera resplendir notre justice comme la lumière, et notre jugement comme le midi. La non-résistance au mal est l'enseignement clair du Christ (Matthieu 5:39 ; Romains 12:19 ; 1 Pierre 2, 21). Défendez la vérité, la sainteté et le bien à tout prix ; mais ne vous souciez guère de défendre vos propres droits. Que sont vos droits ? Êtes-vous autre chose qu'un pauvre pécheur qui a tout perdu ? Vous méritez d'être traité bien plus durement que vous ne l'avez jamais été, même dans les pires moments. Laissez à Dieu le soin de vous justifier.

Ne donnez pas matière à offense. — Si vous connaissez certaines susceptibilités chez les autres, là où ils peuvent être facilement blessés et irrités, évitez de les toucher, si vous pouvez le faire sans trahir la sainte vérité de Dieu. Et si votre frère a un motif valable de se plaindre contre vous, ne vous reposez ni jour ni nuit, ne vous attardez pas même au pied du trône de la miséricorde divine ; mais allez-le voir sans tarder, demandez-lui pardon et rendez-lui largement ce que vous lui devez, afin qu'il n'ait aucun motif de reproche contre vos professions de foi, ou contre votre Seigneur (Matthieu 5:23).

Oh, pour davantage de sa paix ! — dans ce visage que l'impatience ne traverse jamais ; dans cette voix qui ne s'élève jamais au-delà de tons doux ; dans cette attitude qui n'est jamais agitée ni maussade ; dans ce geste calme et serein, qui agit comme de l'huile versée sur les vagues déchaînées de la mer lorsqu'elles moussent autour des bastingages du navire et sont soudainement apaisées.

Si vous êtes confrontés à la malveillance des hommes, ne vous vengez pas vous-mêmes. — Notre cause appartient davantage à Dieu qu'à nous-mêmes. C'est à Lui de nous défendre ; et Il le fera. Il peut permettre qu'un nuage passager s'abatte sur nous dans un but sage ; mais en fin de compte, il fera resplendir notre justice comme la lumière, et notre jugement comme le midi. La non résistance au mal est l'enseignement clair du Christ (Matthieu 5:39 ; Romains 12:19 ; 1 Pierre 2:21). Défendez la vérité, la sainteté et le bien à tout prix ; mais ne vous souciez guère de défendre vos propres droits. Que sont vos droits ? Êtes-vous autre chose qu'un pauvre pécheur qui a tout perdu ? Vous méritez d'être traité bien plus durement que vous ne l'avez jamais été, même dans les pires moments. Laissez à Dieu le soin de vous justifier.

Ne donnez pas matière à offense. — Si vous connaissez certaines susceptibilités chez les autres, là où ils peuvent être facilement blessés et irrités, évitez de les toucher, si vous pouvez le faire sans trahir la sainte vérité de Dieu. Et si votre frère a un motif valable de se plaindre contre vous, ne vous reposez ni jour ni nuit, ne vous attardez pas même au pied du trône de la miséricorde divine ; mais allez-lui voir sans tarder, demandez-lui pardon et rendez-lui largement ce que vous lui devez, afin qu'il n'ait aucun motif de reproche contre vos professions de foi, ou contre votre Seigneur (Matthieu 5:23).

Oh, pour davantage de sa paix ! — dans ce visage que l'impatience ne traverse jamais ; dans cette voix qui ne s'élève jamais au-delà de tons doux ; dans cette attitude qui n'est jamais agitée ni maussade ; dans ce geste calme et serein, qui agit comme de l'huile versée sur les vagues déchaînées de la mer lorsqu'elles moussent autour des bastingages du navire et sont soudainement apaisées.

Voici notre attitude envers nos frères et sœurs chrétiens. — « Veillant avec soin à ce que personne ne soit privé de la grâce de Dieu. C'est une merveilleuse disposition que l'amour pour un Seigneur commun nous attire dans la communion de ses disciples ; et tout comme aucune vie individuelle ne s'épanouit véritablement dans la solitude, aucun chrétien n'est droit ni sain s'il s'isole de la communion des saints. Mais nous n'y allons pas uniquement pour notre satisfaction égoïste, mais pour veiller les uns sur les autres, sans laisser cette tâche aux responsables de la communauté, mais en accomplissant chacun notre part.

TROIS DANGERS.

Il existe trois dangers. Les traînards. — C'est là le sens du mot « faillir ». L'idée est empruntée à un groupe de voyageurs dont certains restent à la traîne — comme lors de la retraite de Moscou, pour devenir la proie des Cosaques, des loups ou d'un sommeil terrible. Nous qui sommes en première ligne, forts et en bonne santé, retournons prendre soin des faibles qui traînent au péril de leur vie.

La racine de l'amertume. — Il se peut qu'une racine maléfique se cache dans un cœur, dissimulée pour l'instant, mais qui produira une terrible moisson de malheur pour beaucoup. Il en fut ainsi autrefois en Israël, lorsque Acan conçut des pensées de convoitise, s'attirant ainsi le malheur et le deuil sur l'armée dont il avait provoqué la défaite. Si nous pouvons découvrir la présence de telles racines d'amertume, arrachons-les, après avoir longuement sondé notre âme, avec humilité et dans la prière, avant qu'elles ne puissent germer et causer des troubles.

Les profanes et ceux qui ont l'esprit tourné vers les choses terrestres. — Ésaü en est le type, « qui, pour un morceau de viande, a vendu son droit d'aînesse ». Hélas ! n'y en a-t-il pas beaucoup de semblables ? Pour une satisfaction momentanée de la chair, ils ne perdent peut-être pas leur salut (on ne nous dit pas même qu'Ésaü l'ait perdu) ; mais ils perdent leur capacité à diriger, à enseigner, à recevoir et à transmettre la bénédiction à l'Église. Y en a-t-il parmi ceux qui lisent ces mots ? Qu'ils prennent garde !

De tels choix sont parfois irrévocables. Il en fut ainsi pour Ésaü. Il pleura et cria comme un animal pris au piège ; mais il ne put changer le destin qu'il s'était lui-même forgé. Les mots « place pour la repentance » ne font pas référence à son salut personnel, mais à la modification de la décision qu'il avait prise dans sa jeunesse et que son père avait ratifiée. Il ne pouvait pas revenir en arrière. Ce qu'il avait écrit, il l'avait écrit. Et ainsi, il se peut qu'un jour vienne où vous donneriez tout ce que vous possédez pour retrouver l'ancien pouvoir de bénir et d'aider vos semblables ; mais vous constaterez que, pour un instant de satisfaction charnelle, cette prérogative bénie vous a glissé des mains — pour ne plus jamais — ne plus jamais revenir. C'est pourquoi, regardons avec empressement et diligence tant à nous-mêmes qu'à nos frères et sœurs dans l'Église de Dieu.

(à suivre)

Version originale anglaise disponible dans le domaine public

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mardi 3 novembre 2026

(28) LE CHEMIN QUI MÈNE AU SAINT DES SAINTS par F. B. Meyer

Expositions de l'Épître aux Hébreux

Chapitre 28

LE CHÂTIMENT

« Car le Seigneur châtie celui qu'il aime, Et il frappe de la verge tous ceux qu'il reconnaît pour ses fils. » — Hébreux 12:6

Il est difficile d'imaginer que quiconque lise ces lignes sans avoir bu à la coupe amère de l'épreuve. Certains ont peut-être même dû mener un rude combat contre les épreuves. Escadron après escadron, elles se sont rangées en formation et ont brisé leurs régiments sur l'âme vouée à cette épreuve. Elle nous est parvenue sous différentes formes, mais d'une manière ou d'une autre, elle nous a tous touchés. Peut-être notre force physique et notre santé ont-elles été affaiblies en chemin ; ou bien nous avons été tourmentés par une angoisse indicible, dans notre esprit ou dans notre corps ; ou encore nous avons été contraints de voir nos êtres chers s'éloigner lentement de notre affection, condamnés à rester paralysés et impuissants face à cette situation. Dans certains cas, l'affliction nous a frappés alors que nous gagnions notre pain quotidien, obtenu avec difficulté et douleur, tandis que l'inquiétude n'a jamais été longtemps absente de nos cœurs, ni le besoin de nos foyers. Dans d'autres, des foyers qui étaient aussi remplis de voix joyeuses que les bois au printemps de choristes à la voix douce sont vides et silencieux. Ah, combien sont infinies les nuances du chagrin ! combien est vaste la gamme de la douleur ! Combien peuvent s'écrier avec le psalmiste : « Toutes tes vagues et tes flots ont déferlé sur moi ! » SUPPORTER L'AFFLICTION.

Nous voyons clairement la raison de toutes ces souffrances. L'ordre naturel est bouleversé. Le péché de l'homme a mis non seulement lui-même, mais tout le cours de la nature en conflit avec la volonté et la loi de Dieu ; de sorte qu'elle gémit et se tord de douleur. L'égoïsme a également éloigné l'homme de ses semblables, l'incitant à amasser tout ce sur quoi il peut mettre la main pour lui-même, indifférent aux souffrances amères de ceux qui l'entourent et insensible à leurs malheurs. Tandis que derrière le cours de la nature se cache l'activité incessante d'esprits malveillants qui, comme dans le cas de Job, complotent peut-être contre nous, se délectant de tout malheur qu'ils sont autorisés, pour de grandes raisons, à causer à notre détriment.

Il existe différentes manières de supporter l'adversité. — Certains la méprisent (verset 12:5). Ils refusent de reconnaître en eux-mêmes la moindre raison qui justifierait qu'elle leur soit infligée. Ils rejettent la leçon qu'elle était censée leur enseigner. Ils s'endurcissent dans une indifférence stoïque, résolus à la supporter avec un courage provocateur et désespéré. D'autres s'effondrent sous son poids (verset 12:5). Ils deviennent découragés et abattus, ou perdent courage et espoir. À l'instar de Pliable, ils se laissent vite intimider et s'échappent du Marais du Découragement en s'épargnant autant que possible ; ou, à l'instar de Timorous et de Mistrust, ils font demi-tour devant le rugissement du lion. Nous devons nous soumettre. Porter la coupe à nos lèvres avec humilité et soumission ; dire « Amen » avec calme et confiance à chaque vague et à chaque remous ; essayer avec amour d'apprendre la leçon écrite sur la page de l'épreuve ; et nous incliner comme les roseaux au bord du fleuve devant l'ouragan dévastateur de l'épreuve. Mais cette voie, bien qu'elle soit la seule véritable et sûre, n'est en aucun cas une voie facile.

La soumission dans l'épreuve n'est possible que lorsque nous y voyons la main du Père des esprits (verset 12:9). — Tant que nous considérerons les causes secondaires, les hommes ou les choses, comme étant l'origine et la source de nos chagrins, nous serons tour à tour envahis par une indignation brûlante et un désespoir accablant. Mais lorsque nous comprenons que rien ne peut nous arriver sans que notre Père ne le permette, et que, bien que nos épreuves puissent trouver leur origine dans une source inférieure, elles deviennent néanmoins la volonté de Dieu pour nous dès qu'elles sont autorisées à nous atteindre à travers la protection de sa présence qui nous entoure, alors nous sourions à travers nos larmes ; nous embrassons la main bien-aimée qui utilise un autre comme son bâton ; nous réalisons que la douleur de chaque instant trouve son origine dans le cœur de notre Père ; et nous sommes en paix. Judas peut sembler mélanger la coupe et la porter à nos lèvres ; mais c'est néanmoins la coupe que notre Père nous donne à boire — et ne la boirons-nous pas ? Une grande partie de l'angoisse disparaît des épreuves de la vie dès que nous discernons la main de notre Père ; alors —

SON OBJECTIF.

L'épreuve devient châtiment. Il existe une grande différence entre ces deux notions. L'épreuve peut provenir d'une source malveillante et hostile ; le châtiment, quant à lui, est l'œuvre du Père, qui veille avec tendresse sur ses petits enfants, désireux d'éliminer de leur caractère tout ce qui est laid et impur, et de leur assurer une conformité totale à son caractère et à sa volonté. Mais, avant que vous ne puissiez vous approprier le réconfort de ces paroles, permettez-moi de vous demander sincèrement, cher lecteur, si vous êtes un enfant ? Nul n'est enfant au sens où nous l'entendons ici, si ce n'est ceux qui sont nés dans la famille divine par la régénération, par la grâce du Saint-Esprit. De cette naissance, la foi est le signe et le gage certain ; car il est écrit : « Ceux qui croient en son nom sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu. » Êtes-vous un enfant ? L'Esprit rend-il témoignage à votre esprit que vous êtes né de Dieu ? Pouvez-vous lever les yeux vers son visage et crier : « Abba, Père » ? Si tel est le cas, vous êtes entouré de la tendre et aimante sollicitude de votre Père. Rien ne peut vous atteindre sans passer à travers le cordon de sa protection. Si, par conséquent, l'affliction pose sa main rude sur votre bras, vous arrêtant dans votre élan, soyez alors certain qu'elle a d'abord dû obtenir la permission de Celui qui vous aime infiniment, et qui est prêt à vous exposer, vous et lui-même, à la douleur en raison du grand bénéfice auquel il a mis son cœur

Toute épreuve a un but. — Il n'y a rien de plus accablant dans la douleur que de se sentir emporté au gré d'une vague aléatoire, poussé vers un rivage inconnu. Mais un grand calme s'installe en nous lorsque nous prenons conscience que la vie est une école, dans laquelle notre Père Lui-même nous enseigne, en nous donnant les leçons dont Il juge que nous avons besoin. Le sergent instructeur a un but dans chaque exercice ; le professeur de musique, un objectif dans chaque gamme ; le fermier, une fin dans chaque méthode d'agriculture. « On ne bat pas le blé avec un instrument tranchant, et on ne fait pas tourner une roue de charrette sur le cumin ; mais le blé est battu avec un bâton, et le cumin avec une verge. » Ainsi, Dieu a un but dans chaque douleur qu'il nous permet de ressentir. Il n'y a rien de fortuit, d'empirique ou de capricieux dans la manière dont Il traite les Siens.

Les objectifs auxquels sert le châtiment sont très variés. Bien sûr, nous savons que la peine de nos péchés a été infligée à notre grand Substitut ; et que, par conséquent, nous sommes à jamais délivrés de leurs conséquences pénales. Mais bien qu'il en soit ainsi, le châtiment suit souvent nos mauvaises actions ; non pas pour que nous expions ces mauvaises actions par la souffrance, mais pour que nous soyons contraints de les considérer sous leur véritable jour. Au milieu de la douleur que nous endurons, nous sommes contraints de passer notre passé en revue. La négligence, le manque de vigilance, l'absence de prière qui ont agi en nous défilent lentement devant notre esprit. Nous voyons où nous nous sommes égarés pendant de longs mois ou de longues années. Nous découvrons à quel point nous avions profondément et sans cesse attristé le Saint-Esprit de Dieu. Nous constatons qu'une aliénation avait creusé le fossé entre Dieu et nos âmes, ce qui, si cela avait continué, aurait entraîné notre ruine morale. Peut-être ne voyons-nous jamais notre véritable caractère avant que la lumière ne s'éteigne sur le paysage, que les nuages ne recouvrent le ciel et que le vent ne se lève en gémissant autour de la maison de notre vie.

Les périodes d'épreuve nous conduisent à l'introspection, et nous prenons de plus en plus conscience de péchés auxquels nous n'avions pratiquement pas pensé. Et même si l'offense a été confessée et effacée, tant que l'épreuve perdure, le cœur et l'esprit restent dans un état de recueillement, ce qui est des plus propices à la croissance spirituelle. Nous ne pouvons oublier notre péché tant que le coup du Tout-Puissant pèse sur notre âme ; et nous sommes contraints de cultiver une sainte vigilance pour éviter qu'il ne se reproduise.

C'est également dans l'affliction que nous apprenons cette communion avec les souffrances du Christ et cette compassion pour les autres qui sont si belles chez les vrais chrétiens. Ce n'est pas là le type de caractère le plus noble qui, à l'instar des peintures chinoises, n'a pas d'ombre en arrière-plan. Même le Christ n'a pu apprendre l'obéissance que par les souffrances qu'Il a endurées, ni devenir un Grand Prêtre parfait sans passer par l'épreuve de la tentation. Et combien il nous est difficile de pénétrer dans les profondeurs de Son âme, à moins de fouler les sentiers ombragés ou de nous prosterner dans les clairières isolées de Gethsémané ! Nous qui tentons d'apaiser les chagrins de l'humanité devons nous-mêmes connaître le chagrin et devenir des hommes de douleur.

Soyez donc assurés qu'aucune souffrance ne vous est imposée, même pour un instant, qui n'ait pu être évitée. Chacune a fait l'objet d'une considération divine avant d'être autorisée à venir, et chacune sera écartée dès que sa mission nécessaire sera accomplie.

DISCIPLINE PARTICULIÈRE.

Une discipline particulière est la preuve d'un amour particulier (verset 12:6). — Il nous en coûte bien moins de déverser nos excès sur ceux que nous aimons que de leur causer de la peine. C'est là le signe d'un amour fort, mais d'un amour profond. Un véritable amour supportera la douleur de faire souffrir, prendra le risque d'être mal jugé, ne reculera pas devant les calomnies et les reproches ; autant de choses devant lesquelles un amour moins profond se détournerait avec prudence. C'est parce que notre Père nous aime qu'Il nous châtie. Il ne se donnerait pas tant de peine pour nous si nous n'étions pas chers à son cœur. C'est parce que nous sommes ses fils qu'Il se donne la peine de nous flageller. Mais ô combien Il souffre en maniant cette verge de petits cordons ! Pourtant, saluez chaque coup ; car chaque piqûre et chaque douleur vous crient que vous êtes accueillis dans le cercle intime de l'amour. L'indulgence n'est pas un signe de… Le cœur qui, avec sincérité et sagesse

Lorsque des suppliants venaient demander à notre Seigneur de les guérir, Il se hâtait le plus souvent de se rendre à leur chevet. Mais une fois, Il s'attarda encore deux jours à l'endroit où Il se trouvait. Il osa affronter le soupçon de négligence et l'accusation affectueuse d'un amour endeuillé, car Il aimait Marthe, sa sœur et Lazare. Il les aimait trop pour se contenter de faire de petites choses pour eux, ou de ne révéler que des fragments de sa grande gloire. Il aspirait à les enrichir de sa précieuse révélation de la vie de résurrection. Mais son but ne pouvait être atteint qu'au prix d'une douleur indicible, allant jusqu'à la mort. Lazare devait mourir et rester deux jours dans la tombe avant que son plus grand miracle puisse s'accomplir. C'est ainsi qu'il laissa le nuage orageux s'abattre sur la maison qu'il aimait, afin de pouvoir y faire jaillir une lumière qui se décomposa en un arc-en-ciel de gloire prismatique.

Si vous êtes particulièrement frappés par la souffrance, d'une manière que vous ne pouvez attribuer à une négligence ou à une insouciance persistantes, alors considérez-vous comme l'un des favoris du Ciel. Ce n'est pas, comme les hommes le pensent, l'enfant de la fortune et de la grâce terrestre, comblé de dons en abondance prodigieuse, qui est le plus aimé de Dieu ; mais le plus souvent, c'est l'enfant de la pauvreté, de la douleur, du malheur et du chagrin. « Si vous êtes exempts de châtiment, auquel tous ont part, alors vous êtes des bâtards et non des fils. » Ô vous qui échappez au bâton, commencez sérieusement à vous demander si vous êtes véritablement nés de nouveau !

La douleur recèle des fruits précieux (verset 12:10-11). — « Non pas une joie, mais une souffrance ; néanmoins, par la suite. » Que ce « par la suite » est riche de sens ! Qui saura estimer la bénédiction centuple qui découle de chaque instant de douleur ? Les Psaumes sont des larmes cristallisées. Les Épîtres ont souvent été rédigées en prison. Les plus grands maîtres de l'humanité ont tiré leurs leçons les plus précieuses de l'école de la douleur. Les caractères les plus nobles ont été forgés dans une fournaise. Des œuvres qui vivront éternellement, des chefs-d'œuvre de l'art, de la musique et de la littérature, ont vu le jour au cours d'époques de tempêtes, de tourmentes et d'agonies déchirantes. Il en va de même pour notre discipline terrestre. Les résultats les plus mûrs naissent de la douleur.

« Le chemin de la douleur, et ce chemin seul, mène au pays où la douleur est inconnue. »

La sainteté est le fruit de la douleur, lorsqu'elle est sanctifiée par la grâce de Dieu. Non pas que la douleur nous rende nécessairement saints, car c'est là la prérogative de l'Esprit divin ; et, en réalité, de nombreuses personnes qui souffrent sont dures, plaintives et peu aimables. Mais cette douleur nous prédispose à nous détourner des distractions de la terre pour recevoir ces influences de la grâce de Dieu qui sont les plus efficaces là où l'âme est calme et immobile, assise dans une pièce voilée et obscurcie, tandis que la souffrance accable le corps ou l'esprit. Qui d'entre nous ne se sentirait pas disposé à souffrir, si seulement ce précieux résultat pouvait en découler, afin que nous puissions être « participants de sa sainteté » ?

SON FRUIT.

Le fruit est un autre produit (verset 12:11). — Où, selon vous, le Cultivateur des âmes voit-il le plus souvent le fruit qu'il aime tant, et entend-il les accents de la confiance la plus profonde ? Non pas là où ses dons sont les plus abondants, mais là où ils sont les plus maigres. Non pas dans les salles de l'ambition couronnée de succès ou du luxe rassasié, mais dans les chaumières de la pauvreté et les chambres vouées à une douleur incessante. Le sol de la douleur est propice, presque miraculeusement. Le couteau de taille de la douleur est indispensable au-delà de toute mesure.

Comptez, si vous le souhaitez, les précieuses variétés de fruits. Il y a la patience, qui supporte la volonté du Père ; et la confiance, qui voit la main du Père derrière le déguisement rude ; et la paix, qui repose tranquille, satisfaite du plan du Père ; et la justice, qui se conforme aux exigences du Père ; et l'amour, qui s'attache plus étroitement que jamais au cœur du Père ; et la douceur, qui traite les autres avec indulgence, grâce à ce que nous avons appris sur nous-mêmes.

Et cela ne dure pas très longtemps. Jésus, qui a enduré la croix, l'humiliation et les crachats, est désormais assis à la droite du trône de Dieu. Bientôt, nous sortirons nous aussi de la grande tribulation pour nous asseoir à ses côtés. Chaque larme sera essuyée ; chaque élan d'angoisse apaisé ; chaque souvenir de douleur atténué par l'antidote de la félicité divine. Ces résultats seront nôtres pour toujours. Mais la tristesse et les soupirs, qui ont peut-être été nos compagnons quotidiens jusqu'aux portes de la cité céleste, s'enfuiront dès que nous franchirons son seuil, incapables d'exister dans cette gloire rayonnante. « Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux ; et il n'y aura plus ni mort, ni tristesse, ni pleurs ; il n'y aura plus non plus de douleur. » « Car j'estime que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d'être comparées à la gloire qui sera révélée en nous. » « Car notre légère affliction, qui n'est que pour un instant, nous procure un poids de gloire bien plus grand et éternel. » « C'est pourquoi relevez les mains qui s'affaissent, et les genoux qui faiblissent. »

(à suivre)

Version originale anglaise disponible dans le domaine public

source : https://connaitrechrist.net/