mercredi 21 octobre 2026

(15) LE CHEMIN QUI MÈNE AU SAINT DES SAINTS par F. B. Meyer

Expositions de l'Épître aux Hébreux

Chapitre 15

L'ANCRE DE L'ÂME

« En sorte que vous ne vous relâchiez point, et que voue imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses. » — Hébreux 6:12

Les promesses de Dieu ! C'est un mot clé ici. Hériter des promesses (verset 6:12) ; Dieu a fait une promesse (verset 6:13) ; il a obtenu la promesse (verset 6:15) ; les héritiers de la promesse (verset 6:17). Cependant, la répétition de ce mot ne suscite peut-être pas l'intérêt ni n'émeut le cœur de ceux qui le lisent. Nous y sommes tellement habitués et, surtout, nous ne sommes pas dans des circonstances qui rendent les promesses divines particulièrement précieuses. La nuit de la tristesse doit obscurcir notre ciel, sinon nous ne pouvons jamais discerner ni apprécier les étoiles de la promesse qui scintillent comme des joyaux dans le firmament des Écritures. Ceux qui sont riches, qui possèdent de nombreux biens et qui ne manquent de rien ne peuvent pas comprendre ce que signifient réellement les promesses de Dieu.

Possédant un revenu confortable, garantissant la satisfaction de tous les besoins, il importe peu que Dieu se soit engagé à pourvoir à tous les besoins de ceux qui recherchent d'abord son royaume. Entouré d'une multitude d'amis fidèles, tels autant de lignes de défense successives retranchées dans la forteresse solide de la position et du rang, on s'intéresse moins à l'assurance que Dieu sera le bouclier et le rempart, la munition des rochers, le refuge contre la tempête pour ses saints. Mais lorsque les richesses diminuent, que les amis manquent, que la santé décline et que les difficultés, les persécutions et les épreuves menacent, alors l'âme se tourne vers les promesses de Dieu, les médite et les étudie pendant des heures, jusqu'à ce qu'elle se réveille et découvre des mines de trésors sous des pages qui étaient vierges comme les landes sous lesquelles se trouvent les gisements de charbon. Il serait bon pour certains d'entre nous que Dieu nous dépouille de toutes ces choses dans lesquelles nous plaçons tant de confiance, afin que nous soyons contraints, peut-être pour la première fois de notre vie, de chercher en lui tout ce que nous avons l'habitude de chercher dans ses dons. Oh, bénie soit cette perte qui devrait nous enseigner notre véritable richesse ! Oh, heureuse privation qui devrait nous révéler nos ressources inépuisables ! Ô discipline aimante, qui devrait briser les citernes qui retiennent l'eau de pluie saumâtre et nous contraindre à nous tourner vers le fleuve de Dieu, qui jaillit du trône de Dieu et de l'Agneau !

La manière laxiste et superficielle dont nous lisons les pages ornées de promesses divines est en grande partie due au fait que nous n'avons jamais été confrontés à des épreuves de chagrin et de privation telles qu'elles nous permettraient d'apprécier leur valeur. Une épreuve écrasante ouvrirait tout un champ de promesses, qui sont aujourd'hui comme les portes closes d'un couloir dans un palais royal. C'est l'une des raisons pour lesquelles un homme tel que le héros chrétien Gordon passait des heures à méditer la Parole de Dieu, à compter les promesses de son Père, à les brandir comme des joyaux au soleil et à s'en réjouir comme d'un grand butin ; les hommes comme lui n'avaient guère d'autre chose ; ils n'avaient pas d'autres ressources sur lesquelles se rabattre ; ils étaient contraints de s'y accrocher pour leur propre survie. Et c'est ainsi qu'ils ont accompli l'énigme de l'apôtre : « N'ayant rien, mais possédant tout ». Ceux qui sont conscients de leur pauvreté sont ceux qui deviennent riches en foi et héritiers du Royaume.

LES PROMESSES DE DIEU SONT FIABLES.

C'est précisément dans cette situation que se trouvaient les Hébreux auxquels s'adresse ce passage. Leurs biens avaient été détruits ; ils avaient enduré de grandes souffrances ; ils avaient été exposés au ridicule par les reproches et les afflictions : tout ce sur quoi les hommes ont l'habitude de compter leur avait été enlevé ; c'est pourquoi, dans ces pages, le Saint-Esprit dirige leur esprit vers les promesses extrêmement grandes et précieuses, dans lesquelles Dieu s'engage à pourvoir à tous leurs besoins et à leur fournir, à partir de ses propres trésors, tout ce qu'ils avaient perdu, et même plus, non pas en leur donnant ces choses en possession visible, mais en leur pourvoyant selon leurs besoins et proportionnellement à leur foi. C'était certainement un bon échange que de tout perdre et de tout retrouver en Dieu !

Les promesses de Dieu sont fiables. — La parole d'un homme de bien est sacrée. Et lorsqu'un tel homme fait une promesse, notre inquiétude s'apaise, nos craintes se calment, nous trouvons un grand réconfort. Mais si, en plus de la promesse, notre ami s'est solennellement engagé par un serment, appelant le ciel et la terre à témoin, et Dieu à ratifier, l'assermentation est si importante, l'appel si impressionnant, l'impression laissée dans l'esprit si profonde, que, quoi qu'il arrive, l'âme se réfugie dans l'immuabilité de sa décision. Il lui est doublement impossible de changer ou de tromper. Et c'est là le lien par lequel Dieu s'est engagé.

Dans Ses relations avec Abraham, Dieu lui a fait des promesses répétées — d'abord la terre, puis la descendance, ainsi que la bénédiction qui devait revenir à toutes les générations d'hommes à travers lui. À une occasion, il a suivi la forme de l'alliance en vigueur parmi les peuples environnants (Genèse 15:17). Mais, sur le mont Morija, lorsque le patriarche fidèle eut donné la preuve extraordinaire de sa foi et de son obéissance, jusqu'à la mort, Dieu jura, et « comme il ne pouvait jurer par un plus grand que lui, il jura par lui-même ». « Je l'ai juré par moi-même, dit le Seigneur » (Genèse 22:16).

Il en va de même pour nous. Nous qui, par la foi, sommes la descendance spirituelle d'Abraham, nous sommes bénis avec lui. « La promesse est certaine pour toute la descendance, non seulement pour celle qui est de la loi, mais aussi pour celle qui est de la foi d'Abraham, qui est le père de nous tous » (Romains 4:16). Toutes les promesses de Dieu sont « oui » et « amen ». Il n'est pas un homme pour mentir, ni un fils d'homme pour se repentir. Il a bien calculé ses ressources avant de s'engager, et une fois qu'il l'a fait, il est impossible qu'il échoue. Faites confiance aux promesses divines ; accrochez-vous à elles comme un naufragé s'accroche à une planche flottante ; misez tout sur elles ; leur accomplissement est garanti par une alliance et un serment ; par le sang, l'agonie et la mort ; par la lumière du matin de la résurrection et la gloire du mont de l'ascension ; par l'expérience de myriades de personnes qui ne les ont jamais vues échouer. Si un homme vivant a trouvé une promesse indigne de confiance, qu'il le fasse savoir au monde entier ; et les cieux se revêtiront de sac, et le soleil, la lune et les étoiles vacilleront sur leurs sièges, l'univers sera ébranlé, et un vent creux gémira à travers la création, apportant la nouvelle que Dieu est changeant, que Dieu peut mentir. Et cette voix sera le héraut de la dissolution universelle. Cela ne peut jamais, jamais arriver. Héritiers de la promesse ! La puissance de Dieu est éternelle, son conseil est immuable. Le ciel et la terre peuvent disparaître, mais sa parole ne disparaîtra jamais. Vous pouvez donc avoir une forte consolation ; même si vous perdez tout le reste, votre héritage dans la parole et le serment de Dieu restera intact, pour l'éternité.

« JE SAIS EN QUI J'AI CRU. »

Les promesses de Dieu, ainsi assurées, constituent un ancrage pour l'âme. — Peu de choses sont plus importantes pour le marin que de trouver un bon mouillage, où le sol ne cédera pas sous le poids du navire et la force de la tempête. Et avec toutes ces tendances à la dérive que nous avons déjà examinées, nous avons un besoin urgent de découvrir quelque chose de permanent, d'immuable et de satisfaisant, auquel nous pouvons nous accrocher comme à l'ancre de notre espérance. La faculté d'espérer chez un chrétien n'est pas différente de celle d'un homme mondain. C'est la même faculté ou qualité chez chacun. Mais il y a une grande différence dans le sol où l'ancre est fixée. Dans le cas de l'homme mondain, c'est le sol meuble, léger et peu fiable des hasards et des spéculations. Dans le cas du chrétien, c'est la promesse et le serment inébranlables et immuables du Dieu éternel. C'est pourquoi le premier est souvent assombri par le doute et la crainte, tandis que le second s'exclame, sans l'ombre d'un doute : « Je sais en qui j'ai cru, et j'en suis persuadé. »

L'espoir est plus que la foi. — La foi accepte et croit au témoignage ; l'espérance anticipe. La foi dit que le fruit est bon ; l'espérance le cueille et le mange. La foi est un bourgeon ; l'espérance est une fleur. La foi présente le chèque ; l'espoir dispose de la somme reçue. Et cet espoir est l'ancre de l'âme. La comparaison entre l'espérance et une ancre est familière même aux écrivains païens, et il est facile de voir à quel point elle est appropriée. Elle stabilise l'âme. Prenons un exemple tiré de la vie quotidienne. Un jeune homme promet fidélité à une jeune fille pauvre mais noble. Il est appelé sous les drapeaux pour servir à l'étranger et lui fait ses adieux pour de longues années. Pendant ce temps, elle doit faire de son mieux pour subvenir à ses besoins. Le travail est rare, les salaires bas, elle est parfois soumise à de sévères tentations et épreuves. Mais, malgré tout, elle reste fidèle à son amant absent et à sa noble personnalité, grâce au petit filet d'espoir qui la relie à un avenir heureux et uni. Ainsi, lorsque nous souffrons, sommes tentés ou découragés, notre espoir se tourne vers un avenir béni, décrit en couleurs vives dans les pages de l'Écriture et promis par la parole de celui qui ne peut mentir ; et cette anticipation remplit l'âme de courage et de patience, afin de supporter les épreuves du temps, dans la perspective de la béatitude certaine de l'éternité.

L'ancrage dans les promesses a une triple valeur. — Il est certain qu'il n'y a aucune crainte qu'elle échoue ; aussi certain que la miséricorde de David ; aussi certain que « l'alliance éternelle, ordonnée en toutes choses et certaine » ; aussi certain que Dieu peut le faire. Elle est inébranlable : son influence sur l'âme est de la maintenir stable : « Inébranlables, immuables, toujours abondants dans l'œuvre du Seigneur ». Elle pénètre dans ce qui se trouve derrière le voile. Dans l'Antiquité, lorsqu'il n'y avait pas assez d'eau pour faire flotter un navire dans le port, un homme transportait l'ancre au-delà des hauts-fonds et la fixait dans les eaux calmes du bassin intérieur. D'une manière similaire, notre Seigneur Jésus, lorsqu'il a traversé, comme le grand prêtre dans le tabernacle juif, le voile bleu qui cache le monde céleste au nôtre, a emporté notre espérance avec lui et la garde ici. Le Seigneur Jésus est notre espérance (1 Timothée 1:1 ; 1 Jean 2:3). Il est notre précurseur. Il nous a précédés dans la présence de son Père, comme les prémices de ceux qui se sont endormis. Il s'y est rendu en tant que notre représentant et notre prêtre. Lorsqu'Il a majestueusement disparu de la vue de Ses disciples et s'est caché des yeux qui le suivaient avec nostalgie, Il est entré derrière le voile. Il y vit éternellement ; et c'est pour cela que nos espoirs le suivent, se concentrent en Lui et nous relient déjà à cette demeure lumineuse dont Il est le centre rayonnant.

« SOYEZ PATIENTS ! »

Il existe certaines qualités que nous devons apprendre à exercer. — Seules la foi et la patience peuvent hériter des promesses (verset 6:12). Abraham a dû faire preuve de patience avant de recevoir la promesse (verset 6:15). Il n'est pas facile d'attendre ou de laisser la patience accomplir son œuvre parfaite ; cela n'est possible qu'à la foi. Il n'y a pas d'exemple plus sublime de longue attente que l'histoire d'Abraham, pour lequel sa foi l'a soutenu et à qui la promesse s'est littéralement accomplie. Et il en sera de même à nouveau. Patience ! Cœurs impatients et las. Le temps viendra où vous mettrez la main sur votre capital, mais contentez-vous en attendant de profiter des intérêts. Le moment propice approche où vous connaîtrez et goûterez toute la bénédiction du paradis retrouvé ; mais en attendant, régalez-vous des raisins d'Eschcol, des grenades et des autres produits de la terre. Revendiquez la patience du Christ, dont le dernier des apôtres, qui en avait besoin pour le soutenir dans la longue attente, parle si gentiment (Apocalypse 1:9). « Soyez patients, affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur approche. » « Courons avec patience la course qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus. » C'est ainsi que nous manifesterons « la patience des saints » et que, comme ceux qui nous ont précédés, nous hériterons enfin des promesses.

(à suivre)

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mardi 20 octobre 2026

(14) LE CHEMIN QUI MÈNE AU SAINT DES SAINTS par F. B. Meyer

 Expositions de l'Épître aux Hébreux

Chapitre 14

IMPOSSIBLE D'ÊTRE RENOUVELÉS ET AMENÉS À LA REPENTANCE

« Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la repentance, puisqu'ils crucifient pour leur part le Fils de Dieu et l'exposent à l'ignominie. » — Hébreux 6:4-6

L'écrivain sacré énumère quatre principes fondamentaux : la repentance des œuvres mortes, qui dans l'ancienne dispensation était symbolisée par divers baptêmes ou ablutions ; la foi en Dieu, représentée par l'imposition des mains sur la tête des victimes sacrificielles ; la résurrection des morts ; et le jugement éternel. Il propose ensuite de ne pas les imposer à nouveau, mais de les laisser de côté. Il n'est toutefois pas question de les abandonner. Les grands principes sur lesquels Dieu sauve l'âme sont identiques à toutes les époques et indispensables.

Nous ne pouvons les abandonner que lorsque l'enfant quitte la table de multiplication, lorsqu'il l'a bien apprise, mais qui est à la base de toutes les études ultérieures ; comme la plante quitte la racine, lorsqu'elle s'élève en un arbuste majestueux, qui tire toute sa vie de cette origine modeste ; et comme le constructeur quitte les fondations, afin de pouvoir empiler pierre après pierre, et s'appuie le plus lourdement sur les fondations, lorsqu'il les a laissées à la plus grande distance sous lui. Et on nous enseigne la raison pour laquelle ces principes ne sont pas ré-exposés. Il serait inutile de le faire ; cela ne servirait à rien ; cela laisserait dans le même état ceux qui ont renoncé à la foi. Et ainsi, nous sommes conduits à l'un de ces passages que les esprits sensibles ont transformés en tourment et en angoisse, tout comme les hommes distillent le poison le plus puissant à partir de certaines des fleurs les plus douces.

Jusqu'où pouvons-nous aller, et pourtant tomber ? — Ces disciples apostats avaient été éclairés (verset 6:4). Ils avaient été amenés à voir leur péché et le danger, la nature temporaire du judaïsme, la dignité et la gloire du Sauveur. D'autres Hébreux pouvaient être ignorants, les plis du voile pesant lourdement sur leur vue ; mais cela ne pouvait pas être le cas pour eux, puisqu'ils s'étaient tenus au milieu de la lumière méridienne de l'Évangile et avaient été éclairés.

Il peut en être de même pour nous. Nous ne sommes pas comme les païens, accroupis devant leur fétiche ou errant dans la nature sauvage ; nous ne sommes pas comme les disciples de Confucius, de Bouddha ou de Mahomet, tâtonnant dans la pénombre de la nature ou des conjectures religieuses ; nous ne sommes pas comme les myriades de personnes dans notre propre pays, dont le cœur est aussi sombre que le chaos dans lequel Dieu a ordonné au rayon primitif de briller : nous avons été éclairés. Nous savons peut-être que nous sommes des pécheurs ; nous avons peut-être appris dès l'enfance le plan du salut ; nous connaissons peut-être les mystères du royaume des cieux, que les anges désirent contempler ; et pourtant, nous pouvons nous égarer.

LA BONNE PAROLE DE DIEU

Ces Hébreux, dont il est question ici, avaient également goûté au don céleste. Quel est ce don ? J'entends une voix, que nous connaissons bien, parler depuis le puits de Sychar et dire : « L'eau que je donnerai sera en toi, jaillissant en vie éternelle. » C'est la vie de Dieu dans l'âme ; c'est le Christ Lui-même ; et il est disposé à être en nous, comme une source pérenne, inépuisable en période de sécheresse, insensible au gel, jaillissant dans une beauté fraîche et vivante, comme une source chaude qui crée un paradis dans le cercle arctique.

Cependant, certains se contentent de ne pas Le recevoir, mais seulement d'y goûter. C'est ce qu'ont fait ces personnes. Elles ont savouré la douceur du Christ. Elles ont eu un aperçu superficiel et passager de Son cœur. À l'instar des soldats de Gédéon, elles ont recueilli quelques gouttes dans leurs mains à partir du fleuve de Dieu, puis ont poursuivi leur chemin. Nous pouvons donc éprouver un certain plaisir à penser au Christ. Ses souffrances nous touchent, Sa beauté nous attire, Son histoire nous émeut et nous inspire. Mais ce n'est qu'un avant-goût, et pourtant nous pouvons nous détourner. Ils avaient également reçu le Saint-Esprit. Il n'est pas dit qu'ils avaient été convertis, régénérés ou remplis du Saint-Esprit. L'expression est très particulière, et elle est utilisée parce que l'écrivain sacré ne pouvait affirmer aucune de ces choses à leur sujet, mais tenait néanmoins à montrer qu'ils avaient été soumis à Son influence bienveillante. Par exemple, Il les avait convaincus de péché, avait lutté avec eux, les avait bombardés d'avertissements et de supplications, de crainte et d'espoir. Et ils s'étaient pliés à Lui au point de renoncer à certains de leurs péchés et d'adopter l'apparence extérieure du christianisme.

De plus, ils avaient goûté à la bonne Parole de Dieu et aux puissances du monde à venir. — La première de celles-ci est évidemment les Écritures ; et la seconde est l'expression habituelle pour désigner l'époque dans laquelle nous vivons et qui, avec toutes ses forces spirituelles, commençait à émouvoir le cœur des hommes lorsque ces mots ont été écrits. Ils appréciaient un bon sermon ; la Bible était pleine d'intérêt et de charme ; ils avaient entendu les prophètes et vu les apôtres de l'ère pentecôtiste. Tout cela avait été analysé, pesé et évalué ; et pourtant, ils risquaient de revenir en arrière. Soyons donc prudents !

Qu'est-ce que l'apostasie ? — C'est plus que la chute. Le véritable enfant de Dieu peut tomber, comme David ou Pierre l'ont fait ; mais il y a une grande différence entre tomber et s'égarer. Cette dernière expérience ne peut arriver à un véritable croyant, pas plus qu'un second déluge ne peut s'abattre sur la terre ; mais elle permettra certainement de démasquer les faux et les imposteurs.

S'éloigner, c'est renoncer à la profession extérieure du christianisme, non pas temporairement, mais définitivement ; non pas à la suite d'un péché soudain, mais parce que le premier élan extérieur s'est épuisé et qu'il n'y a pas de vie véritable qui palpite dans le cœur pour réparer ou revigorer la dévotion déclinante de la vie. C'est ressembler à ces planètes errantes qui n'ont jamais brillé de leur propre lumière, mais seulement de la lumière réfléchie d'un soleil central ; mais qui, s'étant affranchies de leur laisse directrice, s'enfoncent de plus en plus dans la noirceur des ténèbres, sans aucune étincelle de vie, de chaleur ou de lumière. C'est revenir comme un chien à son vomi, et comme une truie à sa souillure ; car la réforme n'était qu'extérieure et temporaire, et la nature du chien ou de la truie n'a jamais été changée par l'œuvre gracieuse du Saint-Esprit. C'est être un autre Judas ; c'est commettre le péché contre le Saint-Esprit ; c'est perdre toute sincérité de sentiment, tout désir de meilleures choses, tout pouvoir d'émotion tendre ; et devenir complètement insensible et mort, comme le pavé sur lequel nous marchons, ou l'armure rouillée accrochée aux murs du vieux château.

PRENEZ COURAGE !

Pourquoi il est impossible de les ramener à la repentance. — Remarquez qu'il n'est pas question ici de ce que Dieu peut faire. La seule question qui se pose concerne les limites du pouvoir humain et les méthodes ordinaires permettant d'influencer la volonté humaine. Notez également qu'il n'est pas dit que Dieu ne pourrait pas sauver ceux qui se sont détournés, mais qu'il est impossible d'espérer qu'un homme qui a vécu les expériences décrites ci-dessus et qui a néanmoins apostasié puisse être touché ou influencé par les arguments ou les motivations qui constituent les armes habituelles de l'arsenal évangélique. Si les arguments les plus puissants ont été invoqués en vain sur la conscience ; si, après une légère réaction qui donnait l'espoir d'une amélioration, celle-ci est retombée dans la torpeur et l'insensibilité de son état antérieur, il ne reste plus rien à faire. Il n'y a rien de plus puissant que le cri du cœur brisé du Calvaire et le tonnerre du Sinaï ; et si ceux-ci ont été essayés en vain, il ne reste plus aucun argument susceptible de toucher la conscience et d'éveiller le cœur. Si ces personnes n'avaient jamais été exposées à ces appels, il y aurait eu un certain espoir pour elles ; mais quel espoir peut-il y avoir maintenant, puisqu'après les avoir traversés sans effet permanent, elles sont devenues plus endurcies qu'elles ne l'étaient au départ ?

Voici un homme qui a été retiré d'un étang gelé et transporté à l'infirmerie. On lui applique immédiatement des compresses chaudes, on lui frotte les membres, on utilise tous les moyens connus de la science moderne pour le ramener à la vie. Au début, il semble que ces mesures aient un effet, on observe des spasmes et des mouvements convulsifs, mais hélas, ils cessent rapidement et le chirurgien secoue gravement la tête. « N'y a-t-il rien d'autre à faire ? Rien, répond-il, j'ai utilisé toutes les méthodes que je connaissais, et si celles-ci échouent, il est impossible de le ramener à la vie. »

Ce passage n'a rien à voir avec ceux qui craignent qu'il ne les condamne. La présence de cette anxiété, comme le cri qui a trahi la véritable mère à l'époque de Salomon, établit sans aucun doute que vous n'êtes pas quelqu'un qui s'est éloigné au point de ne plus pouvoir se repentir. Si vous êtes toujours touché par les sermons de l'Évangile, si vous êtes impatient de vous repentir et si vous craignez de manière pieuse d'être rejeté, prenez courage ! Ce sont là des signes que ce passage ne vous concerne pas. Pourquoi vous rendre malade avec le remède d'un malade ? Mais si vous devenez insensible et indifférent à la prédication de l'Évangile, examinez ce passage et voyez votre destin, à moins que vous ne vous arrêtiez rapidement dans votre élan.

L'illustration naturelle (verset 6:7). — Observez ce champ, bien situé, préparé par une culture minutieuse et un travail acharné : la bonne graine est semée généreusement ; la pluie tombe souvent dessus ; le soleil l'embrasse ; les saisons, au fil de leur passage, l'encouragent à porter ses fruits. Au début, il semblerait qu'il soit sur le point de répondre aux attentes librement nourries. Mais voyez, la verdure qui recouvre sa surface s'avère être une récolte d'épines et de ronces. Le propriétaire pour qui il a été préparé vient le visiter. « Quoi, s'écrie-t-il, avez-vous fait tout ce que vous pouviez, ceci, cela et autre chose ? » « Tout », répond-on. Puis la décision revient, sévère et triste : « Il est inutile de consacrer plus de temps ou d'attention à ce champ. Laissez-le à son sort. Qu'il ne porte plus jamais de fruits. »

Nous pouvons ressembler à ce champ ; et pourtant, tant qu'il y a une étincelle de dévotion, un frisson de désir sacré, un soupir pour une vie meilleure, un désir ardent d'être repentant et saint, il y a encore de l'espoir. Le grand Laboureur ne nous rejettera pas tant qu'il y aura un seul élément rédempteur dans notre condition. Il ne brisera pas le roseau froissé, ni n'éteindra la mèche qui fume encore. Il ne faillira pas, ni ne se découragera, tant qu'il n'aura pas transformé le désert en jardin, et le désert en paradis de Dieu.

(à suivre)

Version originale anglaise disponible dans le domaine public

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lundi 19 octobre 2026

(13) LE CHEMIN QUI MÈNE AU SAINT DES SAINTS par F. B. Meyer

 Expositions de l'Épître aux Hébreux

Chapitre 13

« GETHSÉMANÉ »

« C'est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu'il fût Fils, l'obéissance par les choses qu'il a souffertes,» — Hébreux 5:7-8

Huit oliviers anciens marquent encore aujourd'hui l'emplacement du jardin de Gethsémané ; il n'est pas improbable qu'ils aient été témoins de cette scène mémorable et mystérieuse évoquée ici. Et quelle scène ce fut ! Elle serait restée unique et inaccessible dans son émerveillement si elle n'avait pas été suivie de quinze heures d'un mystère encore plus grand.

Les mots les plus forts de la langue grecque sont utilisés pour décrire l'angoisse intense que le Sauveur a traversée entre les murs de ce jardin. « Il commença à être triste », comme si, dans toutes ses expériences passées, Il n'avait jamais connu la tristesse ! « Il était profondément troublé », comme si son esprit était presque étourdi et submergé. « Il était très accablé », Son esprit s'est courbé sous le poids de Ses chagrins, comme plus tard Son corps s'est courbé sous le poids de Sa croix ; ou bien ce mot peut signifier qu'Il était tellement distrait par le chagrin qu'Il était presque hors de Lui-même. Et le Seigneur Lui-même n'aurait pas pu trouver de mots plus forts que ceux qu'Il a utilisés lorsqu'Il a dit : « Mon âme est profondément attristée, jusqu'à la mort.»

Cependant, l'évangéliste Luc nous fournit la preuve la plus convaincante de Son angoisse lorsqu'Il nous dit que Sa sueur, telle de grosses gouttes de sang, tombait sur le sol, touchée par le léger givre et l'air froid de la nuit. La touche finale est apportée par ces mots, qui évoquent Ses cris et Ses larmes.

Les choses qu'Il a subies. — Quelles étaient-elles ? Elles n'étaient pas celles du Substitut. Le sens général des Écritures montre que l'œuvre de substitution s'est réellement accomplie sur la croix. C'est là que le vêtement de notre justice accomplie a été tissé de haut en bas. C'est sur l'arbre qu'Il a porté nos péchés dans son propre corps. C'est par Son sang qu'Il nous a rapprochés de Dieu. C'est par la mort du Fils de Dieu que nous avons été réconciliés avec Dieu ; et les références répétées de l'Écriture, et en particulier de cette épître, au sacrifice, indiquent que dans l'acte de mourir, ce qui a été accompli magnifie la loi, la rend honorable et élimine tous les obstacles qui auraient autrement empêché l'amour de Dieu de réaliser ses desseins de miséricorde.

LES SOUFFRANCES DU JARDIN.

Nous ne comprendrons jamais pleinement ici comment le Seigneur Jésus a accompli la réconciliation pour les péchés du monde, ni comment ce qu'il a porté pouvait être équivalent à la punition due par une race pécheresse. Nous n'avons aucun critère de comparaison ; nous n'avons aucune ligne assez longue pour nous permettre de descendre dans les profondeurs de ce mystère inexploré ; mais nous pouvons l'accepter avec gratitude comme un fait énoncé de manière perpétuelle dans les pages de l'Écriture, à savoir qu'Il a accompli ce qui a ôté la malédiction, expié la culpabilité humaine et a été plus qu'équivalent à toutes les souffrances qu'une race d'hommes pécheurs aurait autrement dû supporter. Le mystère défie notre langage, mais il est appréhendé par la foi ; et, du haut de ses plus hauts sommets, l'amour discerne la signification de la mort du Christ par un instinct spirituel, même s'il n'a pas encore parfaitement appris le langage dans lequel exprimer ses conceptions des mystères qui entourent la croix. Il se peut que, à travers des milliers d'actions désintéressées, il acquière les termes qui Lui permettront un jour de tout comprendre et d'expliquer.

Mais tout ce sur quoi nous devons insister ici et maintenant, c'est que les souffrances du Jardin ne doivent pas être incluses dans l'acte de substitution, bien que, comme nous le verrons, elles y soient étroitement associées. Gethsémané n'était pas l'autel, mais le chemin qui y menait.

Les souffrances de notre Seigneur à Gethsémané ne pouvaient guère provenir de la crainte des souffrances physiques qui l'attendaient. Une telle hypothèse semble tout à fait incompatible avec la force d'âme héroïque, le silence majestueux, le calme et la maîtrise de la souffrance dont il fit preuve jusqu'à son dernier souffle, et qui suscitèrent le respect même chez les Romains endurcis et matérialistes.

De plus, si la simple perspective du fouet et de la crucifixion avait provoqué chez notre Seigneur ces cris, ces larmes et cette sueur sanglante, il se serait certainement placé à un niveau inférieur à celui atteint par la multitude de ses disciples grâce à leur foi en lui. Des vieillards comme Polycarpe, des jeunes filles tendres comme Blandine, des garçons timides comme Attale ont contemplé à l'avance avec un calme imperturbable et ont enduré avec une force inébranlable des morts bien plus terribles, plus longues, plus agonisantes. Des criminels dégradés ont gravi l'échafaud sans trembler ni sangloter ; et il est certain que la foi la plus exaltée doit se montrer aussi courageuse que l'indifférence la plus brutale face à la solennité de la mort et de l'éternité. Il a été dit à juste titre qu'il n'existe aucune passion dans l'esprit humain, aussi faible soit-elle, qui ne puisse maîtriser la peur de la mort ; il est donc impossible de supposer que la crainte de la souffrance physique et du déshonneur ait pu ébranler à ce point l'esprit de notre Sauveur.

Cependant, Il anticipait les souffrances qu'Il allait endurer en tant qu'expiation pour le péché. — Il savait qu'Il allait être associé de très près au péché qui détruisait le bonheur humain et attristait la nature divine. Il savait, puisqu'Il s'était identifié à notre race déchue, qu'Il allait, d'une manière très profonde et merveilleuse, être fait péché et porter notre malédiction et notre honte, rejeté par les hommes et apparemment abandonné par Dieu. Il savait, comme nous ne le saurons jamais, l'extrême gravité et l'horreur du péché ; et ce que c'était que d'être le lieu de rencontre où convergeraient les iniquités de notre race, de devenir le bouc émissaire chargé d'une culpabilité qui n'était pas la sienne, de porter les péchés du monde. Tout cela était infiniment terrible pour quelqu'un d'aussi saint et sensible que Lui.

Il l'avait prévu depuis longtemps. Il était l'Agneau immolé avant la fondation du monde. Chaque fois qu'un agneau était immolé par un pécheur rongé par la conscience, ou qu'un bouc émissaire était relâché dans le désert, ou qu'un pigeon était plongé dans l'eau rouge de sang de son compagnon, Il se rappelait ce qui allait arriver. Avant Son incarnation, Il savait où, dans la forêt, le jeune arbre dont le bois servirait à fabriquer Sa croix était en train de pousser. Il le nourrissait même de sa pluie et de son soleil. Souvent, pendant Son ministère public, Il regardait manifestement au-delà des événements qui se déroulaient autour de Lui, vers cet événement suprême qu'Il appelait son « heure ». Et à mesure qu'elle approchait, son âme humaine était submergée par la perspective de devoir supporter le poids du péché du monde. Sa nature humaine ne reculait pas devant la mort en tant que telle, mais devant la mort qu'Il devait subir en propitiation pour nos péchés, et pas seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier.

CRIS ET LARMES INTENSES.

Six mois avant Sa mort, Il avait décidé de se rendre à Jérusalem, avec un regard si angoissé qu'Il remplissait le cœur de Ses disciples de consternation. Lorsque les questions des Grecs Lui rappelèrent qu'Il devait bientôt tomber en terre et mourir, Son âme fut si troublée qu'Il s'écria : « Père, délivre-moi de cette heure? » Et alors, avec de grands cris et des larmes, iI supplia son Père, en tant que roi, de Lui épargner cette épreuve, si cela était possible. C'était Son âme humaine qui parlait. Quant à Son dessein divin de rédemption, Il n'y avait ni vacillation ni hésitation. Mais, en tant qu'homme, Il demandait s'il n'y avait pas un autre moyen d'accomplir la rédemption à laquelle Il avait consacré Son cœur.

Mais il n'y avait pas d'autre moyen. La volonté du Père, qu'Il était venu accomplir du ciel, Lui indiquait le chemin escarpé et caillouteux qui montait au Calvaire, le traversait et descendait jusqu'à la tombe. Et aussitôt, Il accepta son destin, et avec les mots « Si cette coupe ne peut s'éloigner de moi sans que je la boive, que ta volonté soit faite », Il marcha sur les cailloux qui allaient couper ses pieds bénis, faisant couler des ruisseaux de sang.

Ses cris et ses larmes. — Notre Seigneur a eu recours à ce moyen accessible à tous et particulièrement précieux pour ceux qui souffrent et sont tentés : il a prié. Son cœur était bouleversé, et Il a déversé toute Son angoisse aux oreilles de son Père, avec des cris et des larmes. Notons les caractéristiques de cette prière, afin que nous puissions nous aussi traverser nos heures sombres, lorsqu'elles surviendront.

Il s'agissait d'une prière secrète. Laissant la majorité de Ses disciples à la porte du jardin, Il emmena avec Lui les trois qui s'étaient tenus aux côtés de l'enfant mort de Jaïrus et avaient contemplé la lumière qui l'avait enveloppé lors de sa transfiguration. Eux seuls pouvaient Le voir fouler le pressoir, mais même eux furent laissés à quelques pas, tandis qu'Il s'avançait seul dans l'ombre plus profonde. On nous dit qu'ils furent submergés par le sommeil, de sorte qu'aucune oreille mortelle n'entendit l'intégralité de cette merveilleuse prière, dont quelques bribes sont conservées dans les Évangiles.

C'était une prière humble. L'évangéliste Luc dit qu'Il s'est agenouillé. Un autre dit qu'Il est tombé face contre terre. Formé à la manière d'un homme, Il s'est humilié et s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort sur la croix. Et Il se peut que même alors, Il ait commencé à réciter ce merveilleux psaume, qui était si présent sur Ses lèvres pendant ces dernières heures, en disant : « Je suis un ver, et non un homme ; un opprobre des hommes et méprisé du peuple. »

C'était une prière filiale. Matthieu décrit notre Seigneur disant : « Ô mon Père » ; et Marc nous dit qu'Il utilisait le terme affectueux souvent prononcé par les lèvres bavardes des petits enfants juifs, Abba. La plupart du temps, Il parlait probablement grec, mais l'araméen était la langue de son enfance, la langue de sa chère maison à Nazareth. À l'heure de l'agonie mortelle, l'esprit revient toujours aux associations de son premier éveil. Le Sauveur, sentant sans doute que le grec, plus solennel, n'exprimait pas suffisamment les aspirations profondes de son cœur, le remplaça par la langue plus tendre de ses premières années. Non seulement « Père », mais « Abba, Père ! ».

« QUE TA VOLONTÉ SOIT FAITE. »

C'était une prière sincère. « Il pria avec plus de ferveur », et la répétition des mêmes mots en est la preuve. C'était comme si sa nature était trop opprimée pour pouvoir s'exprimer par des phrases variées, qui auraient pu indiquer une certaine liberté de pensée. Un fort courant d'angoisse à son paroxysme ne pouvait produire qu'une seule note monotone de chagrin, comme le bruit de la tempête ou du déluge. Les mots revenaient sans cesse : coupe… passer… volonté… Père. Et la sueur de sang qui perlait sur son front, comme le jus rouge du raisin sous le pied lourd du paysan, témoignait de l'intensité de son âme.

C'était une prière soumise. Matthieu et Marc citent cette phrase : « Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » Luc cite ceci : « Père, si tu veux, éloigne cette coupe de moi ; toutefois, que ta volonté soit faite, et non la mienne. »

Jésus était l'égal du Père dans Sa nature divine ; mais, dans le but de la rédemption, il était nécessaire qu'Il se dépouille temporairement de l'usage des attributs de Sa divinité et qu'Il mène une vie véritablement humaine. En tant qu'homme, Il a soigneusement observé chaque signe de la volonté de Son Père, depuis le jour où celle-ci L'a poussé à rester derrière Ses parents dans le temple ; et Il a toujours immédiatement accompli Ses ordres. « Je suis descendu du ciel, a-t-il dit, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » Tel était le joug qu'Il portait, et en le prenant, Il a trouvé le repos pour Son âme. Quels que fussent les dangers ou les difficultés auxquels une telle obéissance pouvait le conduire, Il suivait toujours le nuage phare de la volonté divine, certain que la manne de la force quotidienne tomberait et que les eaux profondes et douces de la paix suivraient là où elle le conduisait. Ce chemin semblait maintenant mener au cœur d'une fournaise ardente. Il n'y avait pas d'autre choix que de le suivre ; et il choisit de le faire, mieux encore, Il s'en réjouit, même alors, d'une joie que les eaux froides de la mort ne pouvaient éteindre. En même temps, Il apprit ce que signifiait l'obéissance et en donna un exemple qui resplendissait d'une majesté, d'une pureté et d'une beauté inégalées, sans pareil dans les annales de l'univers. En tant qu'homme, notre Seigneur apprit alors toute la signification de ce mot « obéissance ». Il apprit l'obéissance. « Et maintenant, Il nous demande de lui obéir comme Il a obéi à Dieu. À ceux qui Lui obéissent. »

Parfois, le chemin de l'obéissance chrétienne devient très difficile. Il monte vers le haut ; la pente est de plus en plus raide ; les prises sont de plus en plus difficiles ; et, à mesure que le soir approche, l'alpiniste agile du matin avance lentement à quatre pattes. La journée n'est jamais plus grande que la force ; mais à mesure que la force augmente avec l'usage, les exigences sont plus grandes et les heures plus longues. Enfin, un moment peut venir où nous sommes appelés, pour l'amour de Dieu, à quitter un cercle qui nous est cher, à risquer la perte de notre réputation et de notre renommée, à renoncer à l'ambition chérie d'une vie, à encourir l'opprobre, la souffrance et la mort, à boire la coupe amère, à entrer dans le nuage sombre, à gravir la montagne fumante. Alors, nous aussi, nous apprenons ce que signifie l'obéissance, et nous n'avons d'autre recours que des cris et des larmes.

Dans ces moments-là, épanchez votre cœur dans des cris audibles. Mêlez abondamment le nom « Père » à vos supplications. N'ayez pas peur de répéter les mêmes mots. Ne vous tournez pas vers les hommes, ils ne peuvent vous comprendre, mais vers Celui qui est plus proche de vous que vos êtres les plus chers. Ainsi, vous deviendrez plus calme et plus serein, jusqu'à ce que vous vous reposiez dans Sa volonté, comme un enfant, épuisé par une tempête de passions, qui s'endort en sanglotant sur la poitrine de sa mère.

« VENEZ ET VEILLEZ AVEC MOI. »

La réponse. — « Il fut entendu pour sa crainte de Dieu. » Sa sainte révérence et Sa dévotion à la volonté de Son Père rendaient impossible que Ses prières restent sans réponse ; bien que, comme cela arrive souvent, la réponse vint d'une autre manière que celle que Ses craintes avaient suggérée. La coupe ne fut pas retirée, mais la réponse vint. Elle est venue dans la mission de l'ange qui se tenait à ses côtés. Elle est venue dans le calme et la sérénité avec lesquels Il a affronté la foule brutale qui a rapidement envahi ce jardin tranquille de ses voix grossières et de ses pas lourds. Elle est venue dans Son triomphe sur la mort et la tombe. Elle est venue dans Son perfectionnement en tant que médiateur, pour devenir pour tous ceux qui Lui obéissent l'auteur du salut éternel et le grand prêtre pour toujours selon l'ordre de Melchisédek.

Les prières motivées par l'amour et en harmonie avec la crainte de Dieu ne sont jamais vaines. Nous pouvons demander des choses qu'il serait imprudent et cruel de la part de Dieu d'accorder ; mais dans ce cas, Sa bonté se manifeste davantage dans le refus que dans l'assentiment. Et pourtant, la prière est entendue et exaucée. La force est insufflée au cœur défaillant. Le Grand Prêtre fidèle et miséricordieux fait pour nous ce que l'ange a tenté de faire pour Lui ; mais combien mieux, puisqu'Il a tant appris de l'art du réconfort à l'école de la souffrance ! Et de là, le chemin émerge finalement dans la vie, même si nous avons laissé notre main droite et notre pied droit dans la tombe derrière nous. Nous découvrons également que nous avons appris l'art de devenir des canaux de salut éternel pour ceux qui nous entourent. Depuis que Jésus y a souffert, Gethsémané est traversé par la grande route royale qui mène à la Nouvelle Jérusalem. Et dans Son enceinte, Dieu a gardé beaucoup de Ses enfants, afin qu'ils apprennent l'obéissance par les souffrances qu'ils endurent, et qu'ils apprennent l'art divin de réconforter les autres comme ils ont eux-mêmes été réconfortés par Dieu.

Il y en a relativement peu à qui Jésus ne dit pas, à un moment donné de leur vie : « Venez et veillez avec moi. » Il nous emmène avec Lui dans les ombres obscures du pressoir, bien qu'il y ait des recoins ombragés, à un jet de pierre, où Il doit aller seul. Ne gaspillons pas ces heures précieuses dans un profond sommeil d'insensibilité. Il y a là des leçons à apprendre qui ne peuvent être acquises nulle part ailleurs ; mais si nous ne répondons pas à Son appel à veiller avec Lui, il se peut qu'il mette fin à cette précieuse occasion en nous invitant à dormir et à nous reposer, car le délai imparti est écoulé et l'heure d'une nouvelle époque a sonné. Si nous ne profitons pas de cette heure sacrée, qui nous offre tant d'occasions de prier et de nous préparer, si nous dormons au lieu de veiller avec notre Seigneur, quel espoir avons-nous de pouvoir jouer un rôle noble lorsque les lumières aveuglantes et le piétinement des pieds annonceront l'arrivée du traître ? Gaspillez les moments de préparation, et vous risquez de regretter leur perte pendant toutes les années à venir !

(à suivre)

Version originale anglaise disponible dans le domaine public

source : https://connaitrechrist.net/


dimanche 18 octobre 2026

(12) LE CHEMIN QUI MÈNE AU SAINT DES SAINTS par F. B. Meyer

 Expositions de l'Épître aux Hébreux

Chapitre 12

UNE AIDE OPPORTUNE ET NÉCESSAIRE

« Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. » — Hébreux 4:16

«Besoin ! Moment de besoin ! De besoin ; et nous ressentons nos besoins avec la plus grande acuité. Et même si vous possédez une abondance de biens et n'avez besoin de rien, vous êtes dans la plus grande misère ; mais lorsque vous vous reconnaissez comme malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, alors le marchand ambulant se tient déjà à votre porte et frappe (Apocalypse 3:17-20). C'est lorsque les réserves s'épuisent que le roi de Cana remplit les vases de vin.

Êtes-vous convaincu de votre besoin ? Si ce n'est pas le cas, il est fort probable que vous vivrez et mourrez sans avoir entrevu la riche provision que Dieu a préparée pour y répondre. À quoi bon parler de riches provisions et de mets somptueux à ceux qui sont déjà rassasiés ? Mais lorsque l'âme, poussée par la nécessité, est au bord du désespoir — lorsque nous crions avec les lépreux d'autrefois : « Si nous entrons dans la ville, il y a la famine, et nous y mourrons ; si nous restons ici, nous mourrons aussi » — alors nous sommes sur le point de découvrir la riche provision qui nous attend (2 Rois 7:8) : toutes les bénédictions spirituelles dans les lieux célestes (Éphésiens 1:3) ; et toutes les choses qui concernent la vie et la piété (2 Pierre 1:3). Il y a donc deux raisons pour lesquelles de nombreux chrétiens mènent une vie si pauvre : ils n'ont jamais pris conscience de leur besoin infini et ils n'ont jamais profité des ressources infinies qui sont à leur portée, comme les fruits des branches basses d'un verger en automne.

Nos besoins sont doubles. Nous avons besoin de miséricorde. — C'est notre besoin fondamental. La miséricorde lorsque nous sommes au plus mal, oui, et lorsque nous sommes au mieux ; la miséricorde lorsque le couteau d'élagage coupe profondément — oui, et lorsque nous sommes couverts de feuillage, de fleurs ou de fruits ; la miséricorde lorsque nous sommes brisés et profondément affligés — oui, et lorsque nous nous tenons sur le saphir pavé au sommet de la montagne pour converser avec Dieu. Le plus grand saint parmi nous ne peut exister sans la miséricorde de Dieu, tout comme les insectes éphémères d'un midi d'été ne peuvent vivre sans le soleil.

Nous avons besoin de la grâce pour nous aider. — Aide pour traverser les vallées et pour marcher sur les hauteurs, où les chamois peuvent à peine se tenir debout. Aide pour souffrir, pour rester immobile, pour attendre, pour vaincre, pour verdir un petit coin de jardin dans le grand labour de Dieu. Aide pour vivre et pour mourir.

LES PRÊTRES D'ISRAËL.

Chacun d'entre eux est accueilli devant le trône. — Venez, nous y allons. Ce n'est pas le grand trône blanc du jugement, mais le trône de la grâce entouré d'un arc-en-ciel. « Non, vous vous exclamerez, jamais ! Je suis un homme aux lèvres et au cœur impurs ; je n'ose pas me présenter devant Celui devant qui les anges se voilent le visage ; le feu de Sa pureté redoutable jaillira sur moi, me consumant et me réduisant en cendres. Je suis extrêmement effrayé et tremblant ; ou, si je trouve le courage d'y aller une fois, je ne pourrai jamais y aller aussi souvent que j'en ai besoin, ni demander les dons communs et insignifiants nécessaires à la vie quotidienne. « Silence, âme ! Tu peux t'approcher aussi souvent et aussi hardiment que tu le souhaites, car nous avons un grand Souverain Sacrificateur qui a traversé les cieux, et qui n'est pas incapable de compatir à nos faiblesses.

Un prêtre. — Au plus profond du cœur des hommes existe un besoin instinctif et profond d'un prêtre, qui soit à la fois arbitre et médiateur, qui pose une main sur l'homme et l'autre sur Dieu, et qui fasse le lien entre les deux. L'esprit et le sarcasme peuvent bien lancer leurs épithètes sur ce désir primordial, mais ils pourraient tout aussi bien essayer d'éteindre par les mêmes méthodes le désir du corps pour la nourriture, de l'esprit pour la vérité, du cœur pour l'amour. Et aucune religion n'est destinée à satisfaire les aspirations les plus profondes de l'humanité si elle n'a pas au cœur la présence d'un prêtre devant le trône de la grâce, comme autrefois le prêtre se tenait devant le propitiatoire, qui en était la préfiguration littérale sous la dispensation de la loi lévitique.

Une preuve intéressante de ce besoin humain d'un prêtre est donnée dans le Livre des Juges. — Sur la crête des collines d'Éphraïm se trouvait la maison ancestrale d'une famille aisée, qui abritait dans son enceinte un sanctuaire privé où, bien qu'il y eût des théraphim, un éphod et des vêtements sacrés, il n'y avait pas de prêtre. Cependant, rien ne pouvait compenser cette lacune fatale. Et Mica dit à un Lévite qui passait par là : « Reste avec moi et sois pour moi un père et un prêtre. Et lorsque celui-ci, sans hésiter, accepta, Mica se réconforta en disant : « Maintenant, je sais que le Seigneur me fera du bien, puisque j'ai un Lévite pour prêtre. » Mais les mêmes sentiments qui l'animaient étaient partagés par une partie de la tribu de Dan, en route pour coloniser une région éloignée du pays. Eux aussi devaient avoir un prêtre ; ainsi, tandis que six cents guerriers armés se tenaient autour de la porte, cinq hommes se faufilèrent dans la cour, s'introduisirent dans la petite chapelle, emportèrent ses images et autres objets de culte, soudoyèrent le prêtre en lui offrant un salaire plus élevé pour les accompagner ; et, bien avant que le vol ne soit découvert, tout le groupe avait repris son voyage et était déjà loin.

Toutes les familles humaines ont suivi le même programme général. — Partout où elles ont construit des maisons pour elles-mêmes, elles ont érigé le wigwam, la pagode, le Parthénon, le temple gardé par un obélisque, la cathédrale gothique inspirée du modèle de la clairière, un oracle feuillu pétrifié en pierre ; et elles ont choisi l'un des leurs, mis à part du travail ordinaire et sanctifié par des rites spéciaux pour officier, fouler son sol et plaider à ses autels, intercédant pour elles en temps de famine, de pestilence et de peste ; bénissant leurs armes lorsqu'elles partaient au combat et recevant le butin de la victoire ; faisant expiation pour les péchés et assurant le pardon.

Ce désir était satisfait avec le plus grand soin dans cette religion vénérable dans laquelle ces chrétiens hébreux avaient été élevés. — Les fils d'Aaron étaient les prêtres d'Israël. Ils portaient une tenue spéciale, mangeaient une nourriture spéciale et vivaient dans des villes spéciales ; tout était fait pour accentuer leur séparation afin de s'occuper des affaires spirituelles de la nation. Pendant seize siècles, ce système avait prévalu, ralliant autour de lui les émotions les plus profondes et les plus sacrées, et s'entrelacant comme du lierre autour du chêne de la vie nationale. Et, comme nous l'avons vu, ce n'était pas une petite privation pour ces nouveaux convertis de se détacher d'un tel système et d'accepter une religion dans laquelle il n'y avait ni temple visible, ni cérémonie, ni prêtre.

LE SACERDOCE DE CHRIST.

Cependant, nous apprenons ici que Jésus-Christ est la réponse parfaite à ces aspirations instinctives qui, à travers les âges de l'histoire humaine et hébraïque, ont aveuglément conduit vers lui. Tel est l'objectif des premiers chapitres, et deux séries de preuves nous ont conduits à la même conclusion. Deux colonnes imposantes se dressent devant nous : l'une se trouve dans les chapitres I et II de cette épître, l'autre dans les chapitres III et IV. Elles ont une base commune d'où elles tirent leur origine : la filiation de Christ. La première colonne s'intitule « Le Christ supérieur aux anges » ; et le rouleau qui entoure son chapiteau indique que Jésus, en tant que représentant de l'humanité, est entré dans la gloire promise dans le huitième psaume. La deuxième colonne s'intitule « Le Christ supérieur à Moïse » ; et le rouleau qui entoure son chapiteau indique que Jésus, en tant que notre représentant, est entré dans le repos de Dieu. Chacune d'elles contribue à soutenir un chapiteau commun, le sacerdoce de Christ. Les deux premiers chapitres se terminent par une description du Grand Prêtre miséricordieux et fidèle, qui accomplit la réconciliation pour les péchés du peuple (2:17-18). Les deux chapitres suivants se terminent par les mots sur lesquels nous nous attardons actuellement, concernant le Grand Prêtre (4:14). Toute parole est confirmée par la bouche de deux témoins. Nous n'avons pas besoin de prêtres humains. Leur travail est terminé, leur fonction est remplacée, leurs tâches sont achevées. S'arroger des fonctions sacerdotales telles que le sacrifice, l'absolution ou l'administration de la grâce sacramentelle, c'est empiéter de manière sacrilège sur un domaine qui est sacré pour le Fils de Dieu ; et, aussi royaux soient-ils dans leur apparence ou leur intelligence, il faut leur résister comme Azaria a résisté à Ozias en disant : « Il ne t'appartient pas d'offrir de l'encens au Seigneur, mais à Jésus, notre Grand Prêtre ; quitte ta fonction, car tu as transgressé ; et cela ne sera pas pour ton honneur auprès du Seigneur Dieu. »

Un Grand-Prêtre. — Un prêtre parmi les prêtres, capable d'offrir des sacrifices, non seulement pour le peuple, mais aussi pour tous les prêtres de sa maison ; et seul responsable des rites du grand jour des Expiations, lorsque tous les autres prêtres étaient bannis de l'enceinte du Temple, tandis que le grand prêtre, vêtu de blanc, offrait une expiation pour ses propres péchés, ceux de sa famille et ceux de son peuple.

Nous avons été faits prêtres pour Dieu ; mais notre travail sacerdotal consiste à offrir l'encens de la prière et de la louange, et les dons de nos vies consacrées. Nous n'avons rien à voir avec l'expiation des péchés, qui nous est pourtant nécessaire, non seulement pour nos péchés en tant que membres ordinaires de la congrégation, mais aussi pour ceux que nous commettons, consciemment ou inconsciemment, dans l'exercice de notre fonction sacerdotale. Nos larmes de pénitence doivent être aspergées du sang de Jésus ; nos heures les plus saintes doivent être acceptées grâce à ses mérites ; notre service le plus noble nous condamnerait, sans son sacrifice expiatoire.

Un Grand Grand-Prêtre. — Tous les autres grands souverains Lui étaient inférieurs. Il est autant supérieur aux grands souverains que n'importe lequel d'entre eux l'était aux souverains de son époque. Mais cela n'épuise pas Sa grandeur. Il n'appartient pas à leur lignée, mais à une lignée plus ancienne, plus vénérable et plus grandiose, dont le fondateur était ce personnage mystérieux à qui Abraham, le père d'Israël, donnait la dîme et rendait hommage. Proclamé par Dieu grand prêtre selon l'ordre de Melchisédek. « Non, sa grandeur est celle du Fils de Dieu, le compagnon et l'égal de la Divinité. Il est aussi grand que sa nature infinie, sa mission divine et son idéal de ministère peuvent le rendre.

« IL EST TOUCHÉ. »

Passé à travers les cieux. — Entre le lieu saint où le prêtre accomplissait quotidiennement le service du sanctuaire et le sanctuaire intérieur interdit à tous sauf au grand prêtre une fois par an, était suspendu un voile bleu. Et que symbolisait ce voile bleu, sinon ces rideaux célestes, œuvre des doigts de Dieu, qui séparent notre vision mortelle des merveilles de sa chambre de présence ? Une fois par an, le grand prêtre portait le sang de l'expiation à travers le voile bleu de séparation et le répandait sur le propitiatoire ; et par cet acte significatif et solennel, il symbolisait l'entrée de notre Seigneur béni dans la présence immédiate de Dieu, portant les marques et les symboles de sa mort expiatoire, et prenant sa place là-bas en tant que notre Médiateur et Intercesseur, en qui nous sommes représentés, et pour qui nous sommes acceptés et aimés.

Touché par le sentiment de nos infirmités. — Il déteste le péché, mais aime le pécheur. Sa haine pour l'un est mesurée par Sa croix ; son amour pour l'autre est infini comme Sa nature. Et Son amour n'est pas une extase rêveuse, mais pratique, car tout le mécanisme de la tentation a été mis en œuvre contre Lui. Il serait trop long d'énumérer les points sur lesquels le grand adversaire des âmes nous assaille, mais il n'y a pas un sens, une faculté, un pouvoir qui ne puisse être la voie de son attaque. Par la porte des yeux, la porte des oreilles et la porte des pensées, ses escadrons cherchent à s'engouffrer. Et, aussi merveilleux que cela puisse paraître, notre Grand Prêtre a été tenté sur tous ces points, dans Son corps, Son âme et Son esprit ; mais il n'y a eu aucune hésitation dans Sa sainte résolution, aucune vacillation ni ombre de renoncement, aucun désir de céder. « Le prince de ce monde vient, et il n'a rien en moi. »

Toutes ses expériences sont encore vivantes dans Son esprit ; et chaque fois que nous allons vers Lui pour implorer Sa miséricorde ou Son aide, Il sait instantanément ce dont nous avons besoin et où nous en avons besoin, et immédiatement Ses intercessions nous obtiennent, et Ses mains nous accordent, exactement ce dont nous avons besoin. « Il est touché. » Ce cœur compatissant est la métropole vers laquelle chaque nerf afférent transporte immédiatement les sensations provenant des membres les plus humbles et les plus éloignés de Son corps, apportant en retour l'aide et la grâce nécessaires. Oh, vivre en contact avec le Christ ! Toujours le toucher, comme autrefois les femmes touchaient le bord de son vêtement, et recevoir des réponses, rapides comme l'éclair, et pleines de la vertu guérissante et salvatrice de Dieu (Marc 5:28).

(à suivre)

Version originale anglaise disponible dans le domaine public

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samedi 17 octobre 2026

(11) LE CHEMIN QUI MÈNE AU SAINT DES SAINTS par F. B. Meyer

 Expositions de l'Épître aux Hébreux

Chapitre 11

LA PAROLE DE DIEU ET SON TRANCHANT

« Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. » — Hébreux 4:12

Nous avons tous affaire à Dieu. « Celui avec qui nous avons affaire ». Vous ne pouvez pas rompre ce lien. Vous devez avoir affaire à Lui en tant que rebelle, si ce n'est en tant qu'ami ; sur la base des œuvres, si ce n'est sur la base de la grâce ; devant le grand trône blanc, si ce n'est dans les jours éphémères du temps. Vous ne pouvez pas vous passer de Dieu. Vous ne pouvez pas agir comme vous le feriez s'il n'y avait pas de Dieu. Vous ne pouvez pas éviter d'avoir affaire à lui ; car même si vous deviez dire qu'il n'y a pas de Dieu, en violant les instincts les plus évidents de votre être, vous respireriez quand même son air, mangeriez sa nourriture, occuperiez son monde et vous tiendriez finalement devant son tribunal.

Et, si vous me pardonnez le matérialisme de la référence, je suivrai la suggestion de mon texte et dirai que le Dieu avec lequel nous avons affaire a des yeux. « Les yeux de celui avec qui nous avons affaire. » « Tu es un Dieu qui voit » s'écria, stupéfaite, une esclave égyptienne qui avait passé son enfance parmi les vastes statues de dieux aux yeux de pierre qui regardaient au loin, mais ne voyaient pas. Et elle avait raison. « Le Seigneur regarde du haut des cieux ; ses yeux voient, ses paupières examinent les enfants des hommes. »

Ces yeux ne ratent personne. — « Il n'y a aucune créature qui ne soit manifeste à ses yeux. » La bonté la plus authentique est la moins ostentatoire. Elle se faufile discrètement à travers le monde, remplissant ses journées d'actes et de paroles d'une douce gentillesse, que seul le ciel connaît ; et c'est là qu'elle trouve sa récompense suffisante. Elle prie derrière des portes closes ; elle pratique un renoncement vigoureux en secret ; elle accomplit son œuvre de miséricorde en toute discrétion. Ainsi, le monde bruyant des hommes, avec ses trompettes, ses hérauts et ses annonces dans les journaux, en sait peu à son sujet et ne peut trouver les recoins où les fleurs sauvages de Dieu fleurissent dans des hauteurs inaccessibles, à la vue de son œil seul. Mais le Père voit en secret. Les yeux du Seigneur sont sur les justes. Ses yeux parcourent toute la terre, pour se montrer fort au nom de ceux dont le cœur est parfait envers lui. Souhaitez-vous être guidé ? — Levez les yeux ! Ces yeux attendent de vous guider d'un regard. Êtes-vous dans la douleur ? — Ils se voileront de larmes. Vous écartez-vous du droit chemin ? — Ils vous ramèneront et briseront votre cœur, comme celui de Pierre. Vous trouverez votre paradis dans la lumière rayonnante du regard de Dieu, une fois que vous aurez appris à Le rencontrer, revêtu de la justice de Jésus.

L'ŒIL DE DIEU QUI TOUT VOIT.

Cher lecteur non converti, souvenez-vous qu'il n'existe aucun écran qui puisse cacher quoi que ce soit aux yeux de Dieu. Ses yeux sont comme une flamme de feu, et nos écrans les plus solides se fissurent comme de la gaze devant le contact de cette flamme sacrée. Même les rochers et les collines sont insuffisants pour se cacher du visage de celui qui siège sur le trône. « Où irais-je loin de ta présence ? » Cette question reste sans réponse, et il est impossible d'y répondre. Elle figure dans les Écritures depuis trois mille ans, et personne parmi les myriades de personnes qui les ont lues n'a encore été capable d'y répondre. Le ciel dit : « Pas ici. L'enfer dit : « Pas ici. » Ce n'est pas parmi les anges, ni parmi les perdus, ni dans les vastes espaces silencieux de l'éternité. Il n'y a aucune créature qui ne soit visible à ses yeux. Celui qui a créé les vautours, capables de discerner depuis les hauteurs les plus élevées le moindre morceau de nourriture dans le désert, a des yeux aussi perçants que les leurs. Et pensez à la puissance des yeux de Dieu ! Lorsque les cavaliers égyptiens poursuivirent Israël dans les profondeurs de la mer, ils firent soudain demi-tour pour s'enfuir. Pourquoi ? Non pas à cause du tonnerre, de la foudre ou d'une voix, mais à cause d'un regard. « Le Seigneur regarda hors de la nuée et troubla les Égyptiens. » Ah, pécheur, combien il sera terrible pour vous de rester sous le regard sévère de Dieu ! « Il se montrera sévère envers les rebelles. »

Ces yeux ne manquent rien. — « Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. » Il est dit du Seigneur Jésus qu'à une occasion, il entra dans Jérusalem et dans le Temple ; et après avoir regardé tout autour de lui, il sortit. C'était son dernier regard d'adieu. Mais remarquez son exhaustivité. Rien ne lui échappa. Nous ne voyons que des parties des choses, et souvent nous regardons sans voir. Mais le Seigneur ne voit pas comme l'homme voit ; car l'homme regarde à l'apparence extérieure, mais le Seigneur regarde au cœur. « Mis à nu et dévoilé ». C'est une expression sacrificielle, qui désigne l'acte sacerdotal consistant à jeter la victime sur le dos devant Lui, afin qu'elle reste exposée à son regard, incapable de se relever, prête à être égorgée. Ah, avec quelle ardeur nous essayons de cacher et de dissimuler notre péché ! Nous n'osons pas écrire un journal intime véridique ; nous redoutons la maladie qui délirait notre langue en bavardages incessants ; nous reculons devant le regard aimant de nos êtres chers. Nous trompons les hommes, et parfois nous-mêmes, mais pas notre grand Prêtre. Il voit tout — ces péchés secrets, cette inimitié cachée, cette chambre fermée, ce cambrioleur caché, cet assassin masqué, ce passager clandestin, cette déclinaison du cœur, cette petite fissure dans la lyre, cette tache de pourriture dans le fruit succulent. Et c'est ainsi que les hommes sont tenus à l'écart du Canaan du repos de Dieu, car il voit le cœur mauvais de l'incrédulité qui s'éloigne de lui ; et à cause de cela, il jure aujourd'hui, comme autrefois : « Ils n'entreront pas dans mon repos. »

N'est-il pas remarquable que Celui qui nous connaît si bien continue de nous aimer ? — Ce serait en effet un mystère inexplicable, si ce n'était la vérité des mots qui suivent si doucement : « Puisque nous avons un grand souverain sacrificateur… ». Il a un cœur de prêtre. Son regard scrutateur n'est pas celui d'une curiosité morbide ou oisive, mais celui d'un chirurgien qui examine attentivement la source de la maladie avec compassion et tendresse, et qui décide de l'extirper aussi rapidement et aussi doucement que possible. N'est-il pas fréquent qu'une connaissance plus approfondie engendre un amour qui semblait autrefois impossible ? Certaines personnes ont un visage si dur et un regard si froid que nous sommes immédiatement rebutés ; mais si nous savions tout ce qu'elles ont enduré, leurs blessures et leurs déceptions, nous commencerions à avoir pitié d'elles, et la pitié est proche de l'amour. Le Sauveur nous connaît depuis toute éternité — nos chutes et nos ascensions, nos possibilités secrètes de mal, nos profondeurs insondables d'égarement et de dépravation ; et pourtant, il nous aime et continuera de nous aimer.

« Il sait tout, mais nous aime plus qu'il ne le sait. » 

LA PAROLE VIVANTE.

Et de cet amour, qui jaillit éternellement dans le cœur de Jésus, insensible à l'hiver de notre négligence, inébranlable face aux exigences de notre inconstance, découle la discipline rigoureuse dont parle ce passage. Dans une phrase majestueuse, le voyant apocalyptique raconte comment il a vu la Parole de Dieu chevaucher son cheval blanc comme neige, vêtu d'une robe cramoisie, tandis que les nombreuses couronnes de l'empire brillaient sur son front. Deux traits sont particulièrement remarquables dans son apparence. Ses yeux étaient comme une flamme de feu ; cette caractéristique renvoie aux paroles que nous avons examinées. De Sa bouche sortait une épée aiguë à double tranchant ; cela renvoie aux paroles qui nous invitent maintenant. Nous ne devons jamais séparer ces deux éléments. Les yeux et l'épée. Pas seulement les yeux, car à quoi servirait de voir sans frapper ? Pas seulement l'épée, car frapper sans voir causerait une douleur inutile — ce serait comme une opération chirurgicale les yeux bandés. Mais le regard tendre et pénétrant, suivi du coup rapide et décisif de l'épée de l'amputation et de la délivrance. Oh, qui se soumettra maintenant à ce coup, porté par la main douce qui a souvent apporté guérison et bénédiction, et qui a été clouée sur la croix, guidée par une sagesse infaillible et soutenue par la force toute-puissante ? Ce n'est pas la mort, mais la vie et la fécondité, la liberté et la bénédiction qui attendent ce seul coup d'émancipation. Cette épée est la Parole de Dieu.

La parole de Dieu est vivante. — Les paroles qu'il prononce sont esprit et vie (Jean 6:63). Où qu'elles tombent, même dans un sol aride et sans vie, elles commencent à engendrer la vie et produisent des fruits semblables à elles-mêmes. Elles pénètrent dans le cœur d'une femme désespérée ; aussitôt, elle éprouve du remords pour son passé, fait le vœu de se repentir et se précipite pour devenir évangéliste auprès des autres. Elles pénètrent dans le cœur d'un brigand mourant ; et immédiatement, il s'abstient de blasphémer, réprimande son compagnon et annonce la messianité, l'innocence et la gloire prochaine du Sauveur mourant. Ils pénètrent dans les cœurs épuisés par les excès sauvages des grandes époques païennes et mécontents, bien qu'enrichis par les fruits de l'art, du raffinement et de la philosophie à l'apogée même de leur développement ; et voilà que le désert moral commence à germer avec des récoltes de sainteté et à fleurir avec les roses du ciel. Si seulement ces paroles, prononcées par le Christ, pouvaient agir sur les consciences, il y aurait immédiatement un regain de vie.

La parole de Dieu est active, c'est-à-dire énergique. — Sous son emprise, les aveugles voient, les sourds entendent, les paralysés sont animés d'une nouvelle énergie, les morts s'agitent dans leurs tombes et se lèvent. Peu de choses sont plus énergiques que la vie. Placez une graine dans la fissure d'un rocher, et elle le fendra en deux de haut en bas. Même si les murs, les rochers et les ruines entravent la progression de la jeune pousse, elle se frayera néanmoins un chemin vers la lumière, l'air et la pluie. Et lorsque la Parole de Dieu pénètre dans le cœur, ce n'est pas comme un meuble ou un morceau de bois. Elle s'affirme et lutte pour la maîtrise, et oblige les hommes à renoncer au péché, à régler des querelles de longue date, à restituer les gains mal acquis, à s'efforcer d'entrer par la porte étroite. « Maintenant, vous êtes purifiés », a dit notre Seigneur, « par la parole que je vous ai dite ». Les paroles de Christ sont son van, avec lequel il a coutume de purifier sa farine, que ce soit dans le cœur ou dans le monde. Nous ne sommes donc pas surpris qu'un commerçant important d'un centre commercial florissant ait déclaré que la visite de deux évangélistes, qui n'ont fait que répéter la Parole de Dieu, avait eu autant d'effet qu'un renouveau du commerce, car elle avait incité de nombreuses personnes à rembourser des dettes qui étaient considérées comme perdues.

LE TYPE DE PRÉDICATION NÉCESSAIRE.

La parole de Dieu est tranchante. — Sa tranchant est triple. Elle est tranchante pour transpercer. Le jour de la Pentecôte, lorsque Pierre brandit l'épée de l'Esprit, elle transperça le cœur de trois mille personnes ; et celles-ci tombèrent blessées à mort devant lui, s'écriant : « Que devons-nous faire ? » Depuis lors, souvent des hommes forts ont été terrassés sous l'effet de cette même épée, habilement maniée. Et c'est le genre de prédication dont nous avons besoin. Les hommes sont exhortés à accepter le don de Dieu, et beaucoup semblent accepter l'invitation ; mais avec le temps, ils s'éloignent. La cause n'en est-elle pas qu'ils n'ont jamais été blessés à mort dans leur amour-propre, que leur cœur n'a jamais été transpercé au point de laisser couler le sang de leur propre vie, qu'ils n'ont jamais été réduits à l'état de poussière de mort ? Oh, pour Boanergès ! — capable de percer l'armure des excuses et des vains espoirs derrière lesquels les hommes se protègent, afin que beaucoup puissent crier avec Achab, transpercé entre les articulations de son harnais : « Tourne ta main et emmène-moi hors de la bataille, car je suis blessé ! »

Il est important de bien diviser. — Avec son couteau tranchant, le prêtre avait l'habitude de disséquer les articulations de l'animal et d'ouvrir même la moelle des os. Chaque poil était examiné, chaque membre inspecté ; ainsi, le don sacré était accepté et pouvait être offert en sacrifice. Et l'examen minutieux de Dieu ne se satisfait pas de l'apparence extérieure et de la profession. Il va beaucoup plus loin. Il pénètre dans ces régions mystérieuses de la nature où l'âme et l'esprit, le but, l'intention, le motif et l'impulsion tiennent leur cour secrète et font fonctionner les rouages cachés de la vie humaine. Qui peut fouler les confins mystérieux où l'âme et l'esprit se touchent ? Quelle est la ligne de démarcation ? Où l'un finit-il et où l'autre commence-t-il ? Nous ne pouvons le dire ; mais cette Parole mystique de Dieu pourrait séparer l'un de l'autre aussi facilement que l'on sépare la lisière du tissu. Elle est à l'aise dans des distinctions trop fines et trop minutieuses pour être comprises par l'esprit humain. Elle assume une fonction semblable à celle que Jésus a refusée lorsqu'il a dit : « Qui m'a établi pour être votre juge et votre diviseur ? »

Il est sévère dans ses critiques et ses jugements. — « Prompt à discerner les pensées et les intentions du cœur. » Le Christ est attentif à cela. Car ce qu'un homme pense et envisage dans son cœur, il le deviendra tôt ou tard dans la vie. Nous devons nous attendre à ce que nos pensées, nos relations et nos intentions les plus secrètes soient interrogées, critiquées et évaluées par la Parole de Dieu. Aucun tribunal d'enquête n'a jamais été présidé par un inquisiteur plus rigoureux que celui-ci. Les cadavres du passé sont exhumés ; les vieux greniers avec leurs boîtes cadenassées sont explorés ; les comptes des années passées sont vérifiés et imposés. Dieu est le critique de tous les secrets du cœur. Il examine chaque pensée ou intention qui nous traverse l'esprit. Il pèse constamment dans la balance nos pensées et nos objectifs, même s'ils sont légers comme l'air.

Une fois, lorsque Saül avait épargné le butin d'une ville condamnée, ainsi que son monarque, ce dernier vint voir Samuel, non pas en tant que criminel, mais avec délicatesse, comme un ami choyé. Et Samuel dit : « Comme ton épée a rendu les femmes sans enfants, ta mère sera sans enfant parmi les femmes. Et Samuel fit passer Agag au fil de l'épée devant le Seigneur. » C'est ainsi que nous avons épargné trop de nos péchés, au risque d'être irrémédiablement rejetés du trône de la véritable virilité et de la justice. Combien il vaut mieux laisser le Christ accomplir Son œuvre d'amputation et d'excision ! Si nous ne nous connaissons pas nous-mêmes, demandons-Lui de nous sonder. Si nous ne pouvons pas couper le membre offensant, tournons-nous vers lui pour qu'il nous en débarrasse.

Ne le craignons pas ; après ces paroles terribles, comme le son des cloches après le fracas de la tempête sur l'orgue de Fribourg, on nous dit qu'« Il a été tenté en tout point comme nous » et que « nous n'avons pas un grand prêtre qui ne puisse compatir à nos faiblesses ». « Chante-t-elle bien ? » demanda le professeur d'une nouvelle chanteuse d'opéra. « Magnifiquement », répondit-il, « mais si je devais la faire débuter, je commencerais par lui briser le cœur ». Il voulait dire que celui qui n'avait pas été brisé par le chagrin ne pouvait toucher les cordes les plus profondes de la vie humaine. Ah ! cela n'est pas nécessaire avec notre Seigneur Jésus ; le reproche lui a brisé le cœur. Il comprend les cœurs brisés et est capable d'apaiser et de sauver tous ceux qui viennent à Dieu par lui.

(à suivre)

Version originale anglaise disponible dans le domaine public

source : https://connaitrechrist.net/