jeudi 27 août 2026

(3) LA PRIÈRE DU ROYAUME par Jean-Christophe Blumhardt

Veuillez partager ce livre numérique avec vos amis. N’hésitez pas à poster un lien sur votre site web ou à envoyer un lien par courriel. Vous êtes également autorisé à imprimer le livre en partie ou dans son ensemble. Toutefois, vous êtes prié de ne pas le modifier de quelque façon que ce soit, ni de poster le fichier pour téléchargement d’un site web ou tel autre service de téléchargement numérique. Si vous désirez distribuer des copies multiples imprimés, ou si vous voulez réimprimer des extraits dans un bulletin ou une revue, veuillez observer les limitations suivantes : 1. Vous êtes formellement interdit de le reproduire à but lucratif ; et 2. Vous êtes exigé d’ajouter la mention de source suivante 

Copyright © 2011 by The Plough Publishing House. Utilisation autorisée. Ce livre numérique est une publication de The Plough Publishing House Rifton, NY 12471 USA (www.plough.com) et Robertsbridge, E. Sussex, TN32 5DR Royaume-Uni

(www.ploughbooks.co.uk). Copyright © 2011 par The Plough Publishing House Rifton, NY 12471 Etats-Unis Tous droits réservés.

  Que ton règne vienne

                La deuxième demande — « Que ton règne vienne » —est la suite de la première. Le règne de Dieu est aussi nommé le Royaume des cieux. Il ne comprend donc pas seulement la terre, mais les cieux. Saint Paul parle du « mystère de la volonté de Dieu » qui est (Ephésiens 1.10) : « de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. » Le règne de Dieu sera complètement établi quand « Dieu sera tout en tous » et que toute la création sanctifiera son nom. Tant qu’il y aura des créatures qui méprisent le nom de Dieu et ne lui sont pas soumises, il ne régnera pas sans conteste, il est pour ainsi dire en guerre avec des puissances qui voudraient empêcher l’avènement de son règne. Il est tout-puissant et pourrait abattre tous ses ennemis, les livrer à la damnation. S’il ne le fait pas, c’est parce qu’il ne veut pas user de violence envers des êtres libres. Il veut que toutes les créatures reviennent à lui librement, comme le fils prodigue revient à son père, et il patiente.

               Et comme la créature, même si elle est disposée à ce retour, en est incapable sans aide, Dieu lui-même est venu à son secours en incarnant son Verbe dans la personne du Fils de l’homme. Celui-ci s’appelle « le premier-né de toute la création » c’est-à-dire le premier qui, par une soumission absolue, a inauguré le règne de Dieu. C’est ce qui fait écrire à saint Paul (Colossiens 1.19-20) : « Dieu s’est plu à faire habiter en lui toute la perfection et à réconcilier avec soi, par lui, toutes choses, soit celles qui sont sur la terre, soit celles qui sont dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix. »

             Celui qui croit en Jésus se laisse librement ramener par lui à Dieu, ainsi que l’exigent la sainteté et la justice divines. Jésus-Christ Fils de l’homme, Verbe divin et représentant de toute la création, rassemble tous ceux qui se sont détachés de Dieu. Le règne dont nous demandons la venue est donc son règne, en même temps que celui du Père. « Lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera aussi soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. » (1 Corinthiens 15.28). 

              Par son apparition sur la terre, Jésus a inauguré le règne de Dieu ; par son obéissance jusqu’à la mort, il a vaincu les ténèbres, et en le ressuscitant, Dieu lui a donné le pouvoir d’attirer à lui ceux qu’il avait rachetés. Il a donc frayé la voie au règne de Dieu, annoncé par la bonne nouvelle : « Le Royaume des cieux est proche. » Mais ce Royaume a eu d’abord un très petit nombre d’adhérents, il a fallu et il faudra, encore beaucoup de temps pour que toutes les puissances ennemies soient brisées, que toutes les âmes soient arrachées aux ténèbres et s’unissent dans la communion de Jésus et de son Père, en un seul peuple. De là la prière : « Que ton règne vienne ! »

               Pour que le libre retour à Dieu devienne possible à toute l’humanité, il faut qu’il y ait des hommes qui le de- mandent ardemment dans leurs prières. Les disciples de Jésus doivent se rendre compte des maux qui résultent de ce que Dieu ne règne pas encore uniquement, surtout pour ceux qui vivent dans l’insouciance et l’aveuglement et deviennent ainsi la proie des puissances menteuses dont ils ne peuvent se délivrer eux-mêmes, car ils ne sentent pas les liens qui les enchaînent et ne cherchent pas à les briser. La victoire toujours plus rapide sur tous les pouvoirs opposés à Dieu, jusqu’à ce qu’il règne seul sur toute la création, doit être pour nous tous un constant sujet de prière. Mais il y en a peu qui prient comme ils le devraient. Pour la plupart, l’avancement du règne de Dieu va de soi et ne dépend pas de leur foi ni de leurs prières, et ils vivent à cet égard dans une, tranquille insouciance. Mais nous devons, pour ainsi dire, ressentir la douleur du Père céleste qui voit une foule de ses enfants vivre loin de lui, sans que ses mains puissent les atteindre pour les rassembler dans son Royaume. Pour que ce Royaume croisse, il faut que beaucoup d’âmes croient en Jésus et naissent par la foi à la lumière.

                 Nous pouvons y contribuer, et nous le devons, en joignant l’action à la prière. Ce n’est pas à des anges, c’est à des hommes que l’ordre a été donné de prêcher l’Evangile à toute créature. Il est donc de notre devoir de travailler à répandre toujours plus loin la connaissance de l’Evangile. Le Sauveur a dit : « Quand je serai élevé au-dessus de la terre, je les attirerai tous à moi », mais il faut que par nos prières et notre foi active, nous concourions à la réalisation de sa parole. L’avènement complet du règne de Dieu aura lieu finalement par le retour du Christ et la révélation de la gloire des enfants de Dieu, objet de l’attente de toute la création (Romains 8.19).

              Puissions-nous nous écrier de tout notre cœur, avec un zèle et une ferveur plus qu’habituels : « Que ton règne vienne ! » La prière des élus qui crient jour et nuit sera exaucée à la fin et l’œuvre du Sauveur trouvera son achèvement. Quelle joie sera la nôtre, d’avoir contribué pour notre part, de toute notre âme, par notre zèle et notre abnégation, à la venue du règne de Dieu qui apaisera l’attente de toutes les 

mercredi 26 août 2026

(2) LA PRIÈRE DU ROYAUME par Jean-Christophe Blumhardt

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Que ton nom soit sanctifié

              Nous posons d’abord la question : « Où le nom de Dieu doit-il être sanctifié ? » Et nous répondons : « Dans le monde entier, par toutes les créatures qui sont au ciel, sur la terre et sous la terre. » Si celui qui prie sanctifie le nom de Dieu, il souffre de ce qu’il y a encore tant de créatures qui ne le sanctifient pas. En disant : « Notre Père », il se sent en communion avec beaucoup d’autres, mais il sait aussi que la grandeur du nom de Dieu est loin d’être reconnue par toute la création et que pourtant la création ne peut trouver la paix tant que le nom de Dieu n’est pas sanctifié partout. En outre, celui qui prie a conscience de jouir d’un grand privilège et il souhaite à toutes les créatures, et aussi—j’ose le dire—au Père qui les aime, que ce nom qui devrait être vénéré au-dessus de tous les autres, ne soit pas plus longtemps négligé et insulté. On sanctifie ce qu’on met à part, au-dessus de toutes les choses vulgaires. C’est ainsi que le nom de Dieu doit être mis à part et placé si haut par toutes les créatures, que tout le reste n’ait plus de valeur à leurs yeux. Ce nom, avec tout ce qu’il affirme, doit leur signifier tout.

                A la question suivante : « Quel est le nom de Dieu qui doit être sanctifié ? » Nous répondons simplement : «  Son nom de Père ! » En commençant par l’invocation : « Notre Père qui es aux cieux ! » nous soupirons intérieurement : « Puissent tous les hommes t’appeler Père ! » Et nous ajoutons immédiatement : «  Que ton nom soit sanctifié ! » Cela signifie que toutes les créatures devraient retrouver en Dieu leur Père, c’est-à-dire d’une part prendre conscience de son amour paternel envers les hommes, et d’autre part l’aimer finalement, se soumettre à lui comme à un Père à qui on obéit volontiers, en qui on a toute confiance et met tout son espoir.

            Malheureusement l’humanité est loin de reconnaître en Dieu son Père, malgré les bienfaits paternels qu’il lui dispense chaque jour. Elle reçoit tout de sa main, comme les enfants ingrats qui acceptent tout de leurs parents, sans les remercier ni s’inquiéter d’eux. De même les hommes abusent de la bonté de Dieu et leur cœur est loin de lui, quand ils ne vont pas jusqu’à s’opposer à lui. Le disciple qui prie en est douloureusement ému et il songe nuit et jour à toutes les créatures qui devraient revenir au Père et sanctifier son nom. Le sentiment filial de l’homme fut troublé dès l’origine par la question du serpent : « Dieu a-t-il dit réellement : “Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?” » C’est-à-dire : « Peut-il vraiment vous avoir défendu de toucher au meilleur des fruits, qui rend semblable à lui ? Est-ce ainsi qu’il vous témoigne ses sentiments paternels ? »

             Les hommes se laissèrent séduire et depuis lors ils sont soumis au pouvoir étranger, opposé à Dieu. Ils ont cru devenir des dieux : c’est Satan qui est devenu leur dieu et s’est arrogé sur eux les droits qui ne revenaient qu’au Père. Ils se sont, eux aussi, opposés à Dieu, en lui déclarant : « Nous sommes tes égaux. » Plus les ténèbres ont d’empire sur les hommes, plus ils méprisent le nom de Dieu. Pour que ce nom soit de nouveau sanctifié par eux. il faut qu’ils sortent du domaine des ténèbres et reviennent à Dieu. Il faut prier pour que Dieu leur en donne la volonté et la force et que l’humanité cesse d’être partagée entre Dieu et les ténèbres. Christ est venu écraser le serpent et réconcilier les hommes avec Dieu ; il leur donne son esprit qui leur apprend à dire : « Abba, Père ! » Quand toutes les créatures répéteront cette prière, la demande : « Que ton nom soit sanctifié ! » sera complètement exaucée.

              Nous devons encore sanctifier le nom de Dieu en reconnaissant et en vénérant ses attributs sublimes. Mais que font les hommes ? Ne parlons même pas des païens qui « ont changé la gloire du Dieu immortel en une image semblable à celle de l’homme mortel, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles. » (Romains 1. 20-23). Mais jusqu’à aujourd’hui, une multitude d’hommes agissent comme si Dieu ne possédait pas toute puissance et toute science, comme s’il n’était pas partout présent, ni saint, ni juste. Ils ne croient, pas qu’il entende aucune prière, ni qu’il s’occupe en rien des hommes, parce qu’il est trop loin au-dessus d’eux. Ils nient qu’il se manifeste par des grâces particulières et des châtiments exceptionnels, ils attribuent tout au hasard et éliminent Dieu de l’histoire de l’humanité ; beaucoup de ses œuvres et de ses miracles leur sont un scandale. Ils ne s’attachent au monde invisible que par la superstition et souvent ils abusent du nom de Dieu d’une manière abominable.

          Tout cela devrait changer et les enfants du Royaume devraient en faire leur pensée constante et demander à Dieu l’achèvement de l’œuvre du salut commencée par Christ. Mais tout ne changera que lorsque toute l’humanité vénérera Dieu en tous ses attributs et que son nom sera sanctifié par toutes les créatures. Certains chrétiens très croyants sont spécialement exposés à ne pas sanctifier le nom de Dieu comme il doit l’être.

           Dieu lui-même s’est défini et a dit à Moïse comment il veut être nommé (Exode 34.6) : « L’Eternel, l’Eternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité. » On sanctifie le nom de Dieu en donnant à ces paroles le sens le plus large, mais si on en diminue la portée, on ne le sanctifie pas. 

                Or il arrive que dans le monde des croyants on ait une tendance à vouloir le sanctifier en opposant la sainteté et la justice de Dieu à sa miséricorde incarnée en Jésus-Christ. On pense que la sainteté exige qu’il se montre dur et sévère envers ceux qui lui désobéissent et se détournent de lui, même si cette sévérité risque de peupler l’enfer plus que le ciel. On ne croit pas que Dieu puisse conserver son amour à des chrétiens dégénérés et les ramener à lui en leur renouvelant ses grâces. Puisqu’ils ont dédaigné les dons du Saint-Esprit, il faut qu’ils deviennent ce qu’ils doivent être, sans le secours de ces dons qui ne peuvent leur être dispensés à nouveau, ou qu’ils sombrent dans l’abîme. Quant aux générations disparues dont la foi n’a pas été entière, une certaine théologie leur dénie tout droit à la miséricorde ; pour elles, il n’y aura au Jugement dernier que la damnation.

                 Ce n’est pas ainsi que le nom de Dieu est sanctifié. On en fait, et aussi du nom de Jésus, un épouvantail pour les pécheurs, en dépit des consolantes assurances données par Dieu et par Jésus, et quoique celui-ci ait incarné dans sa personne la grâce et la bonté du Père, les attestant dans l’amertume de la souffrance et de la mort. Nous ne sanctifions le nom de Dieu et nous n’encourageons la créature malheureuse à recourir à lui que si nous croyons fermement à son extrême miséricorde. Puissent les disciples du Sauveur, en répétant la prière du Royaume, ne pas être de ceux qui, au fond, tiennent fort peu à voir le nom de Dieu sanctifié ; ils veulent bien jouir eux-mêmes de l’amour paternel de Dieu en Christ, mais sont disposés à en exclure d’autres, précisément ceux qui en ont le plus impérieux besoin. Ils oublient qu’ainsi le Sauveur serait mort sur la croix presque en vain. O notre Père qui es aux cieux, puissent ton nom et celui de ton Fils, pleins de grâce et de miséricorde, être sanctifiés en tout lieu ! Puissent-ils l’être bientôt, car la détresse est grande.

(à suivre)



mardi 25 août 2026

(1) LA PRIÈRE DU ROYAUME par Jean-Christophe Blumhardt

(1) LA PRIÈRE DU ROYAUME par Jean-Christophe Blumhardt

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Table des matières

Introduction

Jésus dans le Notre-Père

Le Père lui-même

Que ton nom soit sanctifié

Que ton règne vienne

Que ta volonté soit faite

Donne-nous notre pain quotidien

Pardonne-nous nos péchés

Ne nous induis pas en tentation

Délivre-nous du malin .

Le règne, la puissance et la gloire

Introduction

         Après avoir recommandé à ses disciples de se garder, en priant, de toute hypocrisie, mais de prier en secret et de ne pas faire beaucoup de paroles, le Seigneur leur donne une prière modèle : Nous l’appelons le Notre- Père, mais d’après son contenu nous devrions l’appeler la prière du Royaume. Un jour, après que Jésus eut prié dans un lieu, ses disciples lui demandèrent de leur enseigner à prier, comme Jean-Baptiste l’avait fait pour les siens. Il semble que l’homme, dans sa faiblesse, ait besoin d’une formule définie pour que sa prière ne se perde pas en paroles vagues et vides, et puisque le Seigneur a bien voulu enseigner une prière modèle, bien des chrétiens devraient s’en souvenir et dire simplement, avec recueillement, un Notre Père, la prière du Royaume, soit qu’ils prient seuls, soit que plusieurs se trouvent réunis. Elle est si sublime, si divine, qu’elle ne vieillit jamais et ne peut devenir banale. 

          En disant : « Vous donc priez ainsi », Jésus recommande aux disciples de se servir de la prière qu’il leur enseigne, il lui confère une importance et une bénédiction particulières ; et cela doit nous engager à y recourir, surtout dans les moments où nous ne savons comment dire à Dieu ce qui nous agite, parce que souvent nous ne le comprenons pas. En nous présentant devant Dieu avec la prière que Jésus nous a donnée, nous pouvons être certains de la bienveillance du Père et de l’exaucement, même de ce que nous ne savons pas exprimer. 

         Aux heures de graves tentations, lorsqu’on se sent comme harcelé par l’ennemi, faible de corps et d’esprit, en proie au souci, au découragement, à l’irritation, surtout aussi lorsqu’on se trouve avec des malades ou qu’on est troublé par quelque inquiétude mystérieuse, rien ne saurait faire plus de bien qu’un Notre-Père dit simplement et lentement, en méditant surtout les grandes demandes qui concernent le Royaume. 

          Au milieu de toutes nos peines et de notre pauvreté, soyons reconnaissants au Sauveur de ce don inestimable et divin qu’il nous a légué, et en toutes circonstances, tenons-nous au Notre-Père, à la forte prière du Royaume. Quand nous la disons, celui qui nous l’a donnée est présent : fais-en l’expérience ! Jean-Christophe Blumhardt

Jésus dans le Notre-Père

           Notre Père qui est aux cieux » ! Ton esprit doit s’élever jusqu’au ciel où habite le Père, où le Royaume trouve son achèvement. Souvent tes pensées s’arrêtent trop sur la terre et alors il t’est difficile de prier. Pourtant le Père céleste n’est pas loin de toi. Il descend vers toi quand tu pries : c’est comme si tu parlais à un ami à tes côtés. Puisses-tu toujours en être convaincu ! Tu penses peut-être qu’il est plus facile de se représenter le bon Sauveur si proche et qu’en le priant tu es plus à ton aise. Tu es libre de le prier, mais pourquoi ne serais-tu pas tout autant à ton aise en t’adressant au Père, puisqu’il est ton Père ? Il est vrai que nous devons prier au nom de Jésus, mais d’où vient que tu appelles Dieu ton Père ? Si tu as vis-à-vis de lui les droits d’un enfant, n’est-ce pas à Jésus que tu le dois ? Peux-tu prier le Père sans te rappeler qu’il est le Père de Jésus-Christ ? La prière adressée au Père est toujours une prière au nom de Jésus. Comment ton esprit pourrait-il s’élever au ciel sans y trouver le Sauveur, assis à la droite de Dieu ? Réfléchis au Notre-Père tout entier. Tu sanctifies le nom de Dieu quand tu crois en Jésus. C’est Jésus qui fonde le règne qui doit venir. “

              C’est par lui que s’accomplit la volonté de Dieu sur la terre, car c’est lui qui mettra tous les ennemis sous ses pieds, pour que seule subsiste la volonté du Dieu vivant. Tu demandes du pain pour soutenir ta vie, à qui dois-tu la vie, si ce n’est au Sauveur qui en mourant s’est chargé pour toi de la malédiction de la mort ? Qui pardonne les péchés, ou par qui as-tu la possibilité du pardon ? Qui nous secourt dans la tentation, qui nous délivre enfin de tout mal et nous arrache aux griffes du malin ? Tu vois que tu trouves Jésus dans toute la prière du Royaume. Chaque fois que tu en prononces les demandes, tu es en sa présence aussi bien qu’en celle du Père, et c’est Jésus qui a dit : « Quand je serai élevé au-dessus de la terre, je les attirerai tous à moi. » Le Sauveur t’apprend à dire : « Notre Père » cela, signifie que tu ne dois jamais te présenter seul devant le Père, mais toujours en communion avec tous ceux qui, comme toi, ont besoin du secours de Dieu. En priant tu dois être la voix et le représentant de toute la création qui souffre et gémit : c’est ainsi que tu pries en enfant du Royaume. Mais que de fois, quand nous prions, nous ne songeons qu’à nous-mêmes et aux nôtres, et pourtant notre cœur devrait être large comme celui du Sauveur qui a donné sa vie pour tous, afin de nous unir tous en lui. Nous répétons bien quelques formules qui semblent venir d’un cœur plus confiant, mais elles ne font qu’accompagner la prière en boitant, pour ainsi dire : le cœur n’y est pas. Que le Notre-Père nous enseigne à mieux prier ! Si nous savions bien le dire, en y mettant tout notre cœur, combien ne ferions-nous pas progresser la cause du Royaume.

            Le Père lui-même Les trois premières demandes de la prière du Royaume (Matthieu 6.9-10) ont pour objet le Père lui-même, son nom, son règne, sa volonté. Ce qui, en effet, importe le plus pour nous aussi, c’est que tout ce qui est de Dieu acquière chez nous toute sa valeur. En adressant ces demandes au Père, nous prions donc au fond pour nous, puisque c’est nous qui bénéficierons de leur exaucement. Si le nom de Dieu n’est pas reconnu saint, si son règne ne s’édifie pas, si sa volonté est méprisée, nous restons dans une triste situation. C’est d’abord par nous et parmi nous que son nom doit être sanctifié ; c’est chez nous que son règne doit venir, que sa volonté doit s’accomplir. Il serait étrange que nous dussions adresser des demandes à Dieu pour lui-même, comme s’il avait besoin de notre faible prière pour réaliser ce qui est sa chose, ce que lui seul peut faire. 

          Voyons de plus près pourquoi nous devons tant prendre à cœur ces demandes : précisément parce que tout ce qui en fait l’objet est pour notre bien, si nous jugeons inutile de nous en occuper, si nous trouvons qu’il importe peu que son nom soit tenu en honneur dans le monde, que son règne s’établisse sur toutes les créatures, que toutes les volontés qui ne viennent pas de Dieu, si puissantes sur la terre, disparaissent, Dieu n’intervient pas, et laisse les choses suivre leur cours. Ils sont innombrables, ceux qui ne s’inquiètent pas de son nom ni de rien de ce qui a rapport à lui ; d’autres désirent tout autre chose que de vivre sous son règne, et combien ne connaissent que leur propre volonté ou se laissent mener par les ténèbres ! Dieu n’use pas de contrainte pour les sauver, ils sont libres de se précipiter dans l’immense misère qui est leur partage, loin de lui. Il attend que les hommes désirent au moins ce qu’il veut leur donner, et Jésus nous a mis sur les lèvres la prière du Royaume, afin que nous nous y associions intérieurement et que Dieu agisse, pour que tous les êtres créés reconnaissent en lui le Dieu qui seul peut faire leur bonheur. 

             Avant la venue du Christ, presque personne ne priait plus dans l’esprit de ces trois demandes. Pourtant cet esprit n’était pas inconnu en Israël, les psaumes et les prophètes en témoignent, et si on ne l’avait pas oublié de plus en plus, bien des choses eussent été différentes. La voix de l’Eternel, qui autrefois avait parlé par la bouche des prophètes, n’aurait pas cessé de se faire entendre. Au temps de Jésus, quelques rares fidèles qui attendaient le Royaume de Dieu, étaient seuls à représenter les grandes demandes qui devraient sans cesse monter du cœur de l’homme vers Dieu. Ils furent exaucés quand Dieu envoya son Fils par qui seules elles peuvent être réalisées, puisque c’est lui qui est l’annonciateur de l’avènement du Royaume. 

         Le premier de tous les hommes, Jésus a dit parfaitement les trois premières demandes de la prière du Royaume. Toutes ses prières ont certainement eu pour fonds le contenu de ces demandes. Il était la voix et le représentant de toute l’humanité, et si le Fils de l’homme n’avait pas prié au nom de tous, le monde n’aurait pas vu les grandes choses accomplies depuis son apparition pour la sanctification du nom de Dieu, la venue de son règne et la réalisation de sa volonté. Les disciples doivent apprendre à prier comme lui ; c’est en pensant aux trois grandes demandes pour le Royaume qu’il leur dit (Luc 18.1) de prier sans cesse et de ne se lasser jamais. Ils se tiennent ainsi à ses côtés, appuyant pour ainsi dire sa prière, croyant en lui, en son intercession et en son pouvoir. 

            Jésus a révélé et transfiguré le nom de Dieu sur la terre, il a travaillé à l’avancement de son règne, il a fait la volonté du Père en lui obéissant jusqu’à la mort sur la croix ; et quand nous adressons au Père la prière du Royaume, nous devons prier de même le Fils de continuer l’œuvre qu’il a, lui aussi, la puissance d’accomplir au ciel et sur la terre. Par son exemple, Jésus nous enseigne deux choses. 

           Premièrement nous voyons combien lui, qui était seul, a obtenu par ses prières. C’est une consolation et un encouragement dans les temps où ceux qui prient véritablement sont rares. Même s’ils ne sont que deux ou trois, Jésus selon sa promesse, est au milieu d’eux et ils peuvent obtenir beaucoup, aussi pour l’ensemble, pour le commencement d’un renouveau qui gagnera de proche en proche. Ne nous laissons donc pas décourager par le petit nombre de ceux qui veulent faire leur devoir, que chacun fasse le sien pour le bien de tous, comme s’il était le seul fidèle. Tous ceux qui ne disent pas de tout leur cœur les demandes pour le Royaume, sont infidèles. Il faut que les saints combattent pour la cause du Royaume, ainsi qu’il est dit dans Daniel 7.22 : « jusqu’à ce que l’Ancien des jours vint, et que le Jugement fût donné aux saints du Souverain et que le temps vint que les saints entrassent en possession du Royaume, » car Dieu veut rattacher son œuvre sur terre à celles des hommes, pour que le salut de la créature s’accomplisse. Combien peu on songe à cela ! 

           En second lieu, les disciples du Sauveur doivent l’imiter non seulement dans la prière, mais dans le don de toute sa personne à la cause pour laquelle il priait. De même nous devons témoigner par toute notre vie que nous nous considérons comme des instruments de la volonté divine, pour la réaliser, avec l’aide de Jésus, par la patience et la foi. Puissent les disciples qui prient, croient et agissent comme Dieu le commande, devenir plus nombreux en ce temps si grave, dont les besoins sont si grands !

(à suivre)


lundi 24 août 2026

La joie issue du travail par T. Austin-Sparks

Transcription d'un message donné en 1958. Source : Joy Out of Travail. (Traduit par Paul Armand Menye).

Un ou deux fragments de la Parole, d'abord dans le livre de la Genèse, chapitre 3, versets 16 et 17 : « Il dit à la femme : Je multiplierai ta peine et ta conception ; dans la peine tu enfanteras des fils ; ton désir sera pour ton mari, et il dominera sur toi. Il dit à Adam : Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais donné l'ordre, en disant : Tu n'en mangeras pas, le sol est maudit à cause de toi ; tu en mangeras à force de labeur tous les jours de ta vie ».

Lettre aux Romains, chapitre 8, verset 22 : « Nous savons que la création tout entière gémit et souffre jusqu'à présent. Et non seulement cela, mais encore nous-mêmes… »

L'évangile de Jean, chapitre 16 au verset 21 : « La femme en travail éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue ; mais lorsqu'elle a mis au monde l'enfant, elle ne se souvient plus de l'angoisse, à cause de la joie qu'elle éprouve de ce qu'un homme est né dans le monde. »

La lettre aux Galates, chapitre 4, verset 19 : « Mes petits enfants, pour lesquels je suis encore en travail, jusqu'à ce que le Christ soit pleinement formé en vous… »

Ce n'est pas la première fois que nous parlons de ce sujet ici, mais j'ai la certitude dans mon cœur que c'est la parole du Seigneur pour ce temps. Cette loi du travail est inscrite au plus profond de la création et peut-être surtout dans l'histoire de l'humanité. C'est un fait que personne ne peut nier. Elle est là. Nous ne pouvons nous y soustraire. Elle s'impose à notre conscience et à notre reconnaissance tout au long de notre vie.

La Bible, comme nous l'avons vu, commence par l'établissement de cette loi, à la fois dans la vie humaine et dans l'ordre naturel. Elle se termine par l'abolition de cette loi, son retrait complet de tous les domaines de la création. On peut suivre la trace de cette loi dans toute la Bible. Dans presque tous les livres de la Bible, on trouve cette loi du travail. Et dans le dernier livre, l'Apocalypse, qui est le point culminant de tout ce qui se trouve dans le reste de la Bible, nous constatons que la caractéristique principale de ce livre est cette loi du travail. À tous égards et dans toutes les directions, c'est un livre de labeur. L'Église est en souffrance. Les vainqueurs sont en souffrance. Les nations sont en travail. Tous les corps célestes sont en souffrance. C'est l'aboutissement de cette loi qui a fonctionné tout au long de l'histoire. Elle a commencé avec la naissance du premier enfant ; elle se termine avec la naissance d'un nouveau ciel et d'une nouvelle terre.

Il est donc très important que nous comprenions la signification de cette loi - pourquoi Dieu l'a introduite et établie et ne l'a jamais levée et ne la lèvera jamais ; mais il tient toute l'histoire des individus, des familles, de la société, des nations et, en particulier, de l'Église, à cette loi. Je pense qu'il est très important que nous comprenions la signification divine du travail. Qu'est-ce que Dieu voulait que l'homme apprenne par ce moyen ?

Bien sûr, ce matin, nous ne nous intéressons pas à l'homme en général, ni même au monde, même s'il serait instructif de voir ce que Dieu fait dans les nations, dans la société, dans l'industrie, dans la science et dans tous les autres domaines par le biais de cette loi, car elle existe ; mais ce n'est pas notre objectif actuel. Si l’Église est ce qu'il nous est donné de comprendre qu'elle est, l'objet central de la préoccupation de Dieu, de l'intérêt de Dieu, le centre de ses activités concentrées, alors l’Église a quelque chose à apprendre de cette loi, car il ne fait aucun doute que, quelle que soit la vérité dans tous les autres domaines, l’Église a au centre même de son histoire l'application de cette loi du travail. Il y a une concentration, semble-t-il, de cette loi dans l'Église.

Chaque fois que Dieu a fait quelque chose qui avait l'Église en vue - c'est-à-dire un élu, un peuple pour son nom - chaque fois qu'il a fait de nouveaux mouvements dans cette direction, cela s'est fait par l'intermédiaire du travail. Je n'ai qu'à faire allusion à certaines des expériences des hommes de Dieu dans les premières phases de l'histoire. Par quel travail ils sont passés en relation avec le dessein de Dieu, individuellement je veux dire : Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, David, Moïse et tous les autres. Quant au peuple d'Israël, le Seigneur dit : « J’ai vu la détresse de mon peuple, j'ai entendu ses cris à cause de ses bourreaux, je suis descendu… »

C'est du travail qu'est née la nation d'Israël ; une angoisse profonde, terrible. Il en va de même pour le rétablissement du reste de la captivité. Vous savez que c'est le mot que les prophètes ont utilisé à propos d'Israël dans ce contexte, ils parlaient toujours du travail d'Israël, du travail de Sion. La naissance du reste de l'exil s'est faite à travers le terrible travail des soixante-dix ans.

Dans une certaine mesure, je pense que c'était vrai lorsque le Seigneur Jésus est né. Siméon, Anne et d'autres attendaient la consolation d'Israël. Tout porte à croire qu'ils se trouvaient dans cet état d'attente de la naissance d'un nouvel âge, et ce n'est pas sans rapport avec leurs prières, leur fidélité et leurs souffrances que le Christ est né dans ce monde. Nous savons ce qui s'est passé à sa naissance, la prophétie s'est accomplie : la voix des pleurs... Rachel pleurant ses enfants qui n'étaient pas nés. C'est par un état de travail qu'il est venu au monde.

Mais de tous ces exemples, le plus grand est peut-être le travail de la Croix. Quelle angoisse fut la Croix pour les disciples, pour ces croyants ! Ils n'étaient pas si nombreux que cela. La Croix a été une terrible expérience de douleur, d'angoisse, de souffrance. C'est de là qu'est née l'Église. L'Église est née de cette souffrance. Et ainsi nous continuons jusqu'à la fin et nous trouvons que la même chose se produit dans l'émergence finale de la création, de l'Église et des nations par la venue du Seigneur.

Qu'est-ce que le Seigneur veut nous apprendre ? Pourquoi a-t-il introduit cette loi au début ? Eh bien, brièvement et simplement, et pourtant, chers amis, avec une telle profondeur de signification pour nous ici, ainsi que pour tout le peuple du Seigneur, la leçon principale, telle que je la vois, est la suivante : Le Seigneur a introduit et établi cette loi du travail afin de susciter une appréciation profonde et adéquate des valeurs divines.

Au début, l'homme a reçu tout ce que son cœur pouvait désirer. Il a été comblé de toutes les bénédictions ! Il était entouré de tout ce qu'il pouvait désirer et il semblait considérer tout cela comme une évidence, comme allant de soi. Et il le tenait à si bon marché, si légèrement, si superficiellement qu'il en oubliait la grandeur de l'amour de Dieu dans le don et dans sa création ; il oubliait à quel point il était merveilleux que Dieu ait fait cela et ce que Dieu avait fait. Et d'être prêt, à la moindre offre de quelque chose pour sa propre satisfaction, à tout laisser tomber... Vous pouvez voir très clairement que c'était là le problème : aucune appréciation réelle de Dieu, de l'amour de Dieu, de la grandeur de Dieu et de tout ce que Dieu avait donné... il l'a pris si facilement. Il s'est laissé aller à la facilité. Je pense que le cœur de ce péché, de ce mal et de cette tragédie, c'est cette facilité avec laquelle l'homme peut se détourner de Dieu, de ce que Dieu a dit. « Dieu a dit ceci... qu'est-ce que ça peut faire ? » C'est Dieu qui l'a dit ! La facilité avec laquelle il peut s'en détourner et le laisser aller à un pot-de-vin, à une manière qui lui plairait. Et le Seigneur a introduit cette loi du travail pour retrouver le sens des valeurs et vous pouvez voir exactement comment cela fonctionne.

Vous savez, si vous ne souffrez pas pour une chose, vous ne lui accordez pas de valeur. Si elle ne vous coûte rien, elle ne signifie pas grand-chose pour vous. Si vous avez vraiment souffert d'agonies et d'angoisse pour quelque chose, pour quelqu'un, pour n'importe quel sujet, cette chose est d'une valeur infinie pour vous. Vous allez vous battre pour cela, vous allez y veiller avec une grande jalousie. C'est quelque chose de très précieux. N'est-ce pas ainsi que fonctionne la loi du travail ? Oui ! C'est ainsi. Si cela vient sans travail, sans coût, c'est pris trop à la légère, n'est-ce pas ? Beaucoup trop à la légère. Cela ne veut pas dire tout ce que cela signifie et qui vous a coûté presque la vie.

Le Seigneur a introduit ce facteur que dans chaque naissance, c'est une question de vie ou de mort. La vie et la mort sont toujours en jeu. La question qui se pose est la suivante : comment cela se passe-t-il ? Vous êtes sous tension... et quand tout va bien, le cœur s'échappe : Dieu soit loué ! Remercier Dieu... L'adoration. Dieu prend Sa place. Dieu vient à Sa place, très souvent avec ceux qui ne lui ont jamais donné de place auparavant, en tout cas il y a un spontané : « Merci Dieu ! » Vous voyez le principe, vous voyez comme c'est vrai. Et donc Dieu a établi cette voie, ah oui, cette voie douloureuse, cette voie souffrante, comme le seul moyen de retrouver et d'établir la loi des valeurs, de la préciosité, et de sauver l'homme de sa superficialité à l'égard des choses les plus coûteuses.

Il l'a fait pour assurer une relation de cœur avec Lui-même et avec tout ce qui vient de Lui. Une relation de cœur, c'est l'amour ! L'amour ! Un amour qui est loin de mépriser le Seigneur ou quoi que ce soit du Seigneur. Un amour qui implique la vie elle-même ; si son objet est perdu, la vie elle-même est perdue. Vous voyez ? C'est comme ça.

Chaque dépôt divin, chaque dépôt divin est fondé sur cette base, chers amis. Tôt ou tard, chaque dépôt divin prendra cette valeur. Tout ce qui vient de Dieu passera tôt ou tard dans le domaine de la souffrance, dans le domaine du travail, pour découvrir la valeur que nous lui accordons, ce qu'il représente vraiment pour nous, ce que nous avons vu de Dieu en lui. C'est une question de vie ou de mort. Sous cette loi, toutes les choses divines ont été placées sur cette base.

Prenons la question de la communion avec Dieu, notre union même avec le Seigneur, cette relation qu'il a créée entre nous. J'ose dire, chers amis, qu'il n'y a rien, rien dans toute la gamme de nos vies en tant que peuple de Dieu qui nous cause autant d'exercice et parfois autant de travail, que cette question de notre communion et de notre fraternité avec Dieu. Perdre la conscience de la proximité du Seigneur, la conscience de la communion avec le Seigneur, ne serait-ce qu'un instant, ne serait-ce qu'un jour, et quelle angoisse cela apporte, cette conscience perdue du Seigneur. Le Seigneur ne s'éloigne pas et n'abandonne pas, il a promis de ne jamais le faire, mais cela ne signifie pas que le Seigneur ne nous permet pas de traverser des périodes où nous n'avons pas conscience de sa présence, où les nuages s'amoncellent autour de nous et où il semble être parti, s'être éloigné et nous avoir laissés seuls. Que se passe-t-il alors ? Est-ce que cela a de l'importance ? Est-ce que cela a de l'importance ? Pouvons-nous continuer à vivre comme avant ? Oh non, tous ceux qui sont vraiment en union avec le Seigneur entrent en lutte pour cela et ne peuvent jamais, jamais se reposer tant que cela n'a pas été récupéré et que le Seigneur n'a pas dit : « Cette chose doit être gardée » : « Cette chose doit être conservée sur la base de sa valeur ». Et c'est la seule façon de le faire, par la souffrance, n'est-ce pas ? Notre communion avec Dieu doit parfois devenir une question de vie ou de mort.

Si seulement nous pouvions prendre le temps d'illustrer... Vous connaissez Moïse et le Seigneur, en pleine controverse avec le Seigneur au sujet d'Israël. Il me semble qu'à certains moments, le Seigneur joue un rôle. Le Seigneur dit à Moïse : « Écarte-toi ! Laisse-moi détruire ce peuple, laisse-moi l'anéantir et faire un autre peuple. » Que fait Moïse ? Non, il ne veut pas. Il raisonne et argumente avec le Seigneur : « Efface-moi de ton livre si tu ne leur pardonnes pas. » Que faisait le Seigneur ? Je crois que le Seigneur ne faisait cela qu'à l'endroit où il avait mis cet homme, Moïse, en union avec Son propre cœur et je pense que dans Son propre cœur, le Seigneur a dit, lorsque Moïse a prononcé ces mots : « C’est là que je voulais t'avoir ! C'est ce que je cherchais, pour découvrir à quel point Mon peuple est précieux pour toi, à quel point Mes intérêts sont précieux pour toi, à quel point Mon investissement dans ce peuple est précieux pour toi. Je dois avoir quelqu'un avec Moi dans Mon travail qui donne une juste valeur et qui ne laissera pas, ne lâchera pas facilement. Avec qui c'est une question de vie ou de mort ». Effacez-moi - la vie ou la mort. Vous voyez ? C'est le cœur de Dieu, le cœur de la relation.

C'est une question de valeurs de la Croix du Seigneur Jésus. Oh, êtes-vous fatigués de la Croix et d'entendre parler de la Croix ? Peu avant son départ pour l'Amérique, le frère Harrison m'a raconté le temps qu'il avait passé avec un groupe d'étudiants lors d'une retraite. Il avait parlé de la Croix et ils avaient dit : « Oh, nous sommes tellement fatigués d'entendre parler de la Croix, n'avez-vous pas quelque chose d'autre à dire ? Parlez d'autre chose, pas de la Croix ». Ces valeurs de la Croix sont-elles pour nous une question de vie ou de mort ? Les prenons-nous à la légère ? S'agit-il d'un simple enseignement, d'une vérité ? Ou d'une valeur et d'une préciosité infinies ?

Qu'en est-il de la Vie divine ? La Vie Divine ! Le Seigneur ne cherche-t-il pas sans cesse à nous amener à reconnaître la valeur infinie de la Vie divine ? Physiquement ? Oui ! Il se peut que derrière une grande partie de nos souffrances physiques se cache ce secret : le Seigneur cherche à nous amener au point où la Vie divine est tout pour nous et où nous nous y accrochons. Nous apprécions énormément la Vie divine pour l'esprit, pour l'âme, pour le corps. C'est pourquoi le Seigneur nous place dans des situations où, si ce n'est pas Sa Vie, il n'y a pas de survie. Si nous ne prouvons pas maintenant l'immense valeur de la Vie divine, nous sommes finis ! Nous sommes finis, c'est la fin si nous ne Le connaissons pas à nouveau dans la puissance de Sa résurrection.

Ce n'est pas une théorie, un enseignement, c'est quelque chose qui est entré de plain-pied dans notre histoire, qui fait partie de notre être : la Vie divine ! Oui, sans elle, nous ne survivrons pas. C'est cela ou c'est la mort. Mais vous voyez, le Seigneur travaille en relation avec cela pour le rendre réel. Oh, si vous réalisiez cela, chers amis, et si vous vous éleviez sur ce sujet et voyiez la valeur infinie de la Vie qu'Il a donnée, parce que tant, tant de chrétiens disent simplement : « Oui, j'ai reçu la Vie éternelle en Jésus-Christ. » Mais qu'est-ce que cela signifie dans la réalité pratique et quotidienne pour l'homme tout entier : l'esprit, l'âme et le corps ? La Vie Divine ! Dieu a voulu qu'il en soit ainsi pour nous tous.

La Parole de Dieu. J'ai beaucoup parlé de la valeur de la Parole de Dieu, mais n'avons-nous pas un exercice extraordinaire à faire à ce sujet ? N'avez-vous jamais lutté pour obtenir une parole de Dieu ? N'avez-vous jamais été à genoux et sur votre visage... oh, que le Seigneur parle de sa Parole pour moi dans cette situation ? Et le fait qu'il vous parle de sa Parole n'a-t-il pas été le fruit d'un travail ? Ne t'a-t-il pas amené dans une situation où tu ne peux t'en sortir que s'Il parle ? Ce n'est que lorsqu'Il vous donne une parole que vous pouvez continuer ! Cela ne vient pas facilement. Tu sais très bien qu'il ne suffit pas d'ouvrir le livre et de lire. Non, tu dois travailler pour obtenir quelque chose de la Parole, elle doit devenir si précieuse qu'elle a la valeur de la Vie sans laquelle tu mourras. « L’homme ne vivra pas seulement de pain, mais il vivra de la Parole de Dieu. » Vivez ! Vivez ! Quelle est l'alternative ? Mourir, mais pour la Parole de Dieu. Notre vie dépend de la Parole de Dieu ! C'est ce qu'elle doit être pour nous.

Et qu'en est-il de l'Église ? Oh, chers amis, nous touchons ici à un point sur lequel nous devons tous être très, très clairs et très forts : la question de l'Église. Oh, nous avons tellement d'enseignements dans l'Église, nous avons toute la vérité et la doctrine de l'Église. Peut-être êtes-vous fatigués d'entendre parler de l'Église, du corps du Christ et de la parenté. Vous savez, chers amis, il y a des croyants, des enfants de Dieu qui donneraient tout ce qu'ils peuvent, tout ce qu'ils possèdent, et tout ce que ce monde pourrait leur donner s'ils l'avaient, pour connaître quelque chose de la communion qui est si bon marché avec nous. « Oh, pour une heure avec le peuple du Seigneur ! Oh, pour un jour dans la communion des saints ! Oh, pour pouvoir être là parmi eux ! » Oui, ils connaissent par le travail quelque chose de la valeur de l'Église. Et dans notre expérience, et nous parlons par expérience, nous avons appris, nous avons appris la vérité de l'Église non seulement à partir de la Bible, mais de cette manière : la nécessité absolue pour notre vie même du peuple de Dieu. Sans le peuple de Dieu, nous ne serions pas passés. Vous savez, c'est comme ça, et le Seigneur nous emmène dans des expériences où seule l'Église peut nous sauver (si je peux m'exprimer ainsi), seule l'Église peut être notre salut, seule la parenté peut être notre vie. Ne prenez pas cela à la légère. Ne vous en débarrassez pas facilement.

Croyez-moi, chers amis, je ne suis pas prophète, mais croyez-moi que si vous avez été mis en relation de manière vitale avec la vérité de l'Église, tôt ou tard dans votre vie, ce sera une question de vie ou de mort pour vous. Dieu veuille qu'il ne soit jamais trop tard pour arriver à la fin et dire : « Oh ! Si seulement... si seulement j'avais davantage apprécié et chéri le grand don de l'Église et toutes les valeurs qui y sont liées en matière de protection et d'aide, je n'en serais pas là aujourd'hui ! J'en suis là parce que j'ai tenu trop à la légère les choses précieuses que Dieu m'a données ». Je le répète, tôt ou tard (Dieu veuille que ce ne soit ni tard ni trop tard), vous vous heurterez de manière très concrète aux vérités que Dieu vous a données et ce sera alors votre vie ou votre mort.

Dieu vous a beaucoup donné. Oh, ne soyez pas comme Adam et ne rendez pas nécessaire que le Seigneur vous emmène dans une angoisse et une souffrance profondes afin de vous enseigner la valeur de ce qu'il vous a donné. Souffrez de ce mot, il Lui a tout coûté pour nous amener là où nous sommes. Ne lui accordons pas trop peu de valeur.

Je ne m'arrêterai pas là, j'ai parlé de Jean 16:21 et des deux côtés, une femme en travail et ainsi de suite. L'autre côté : mais ! Le problème ! Quand tout est fini, que l'enfant est né, elle oublie le travail dans sa joie qu'un homme soit né dans le monde. Le Seigneur n'a jamais voulu que la souffrance s'arrête d'elle-même. Il n'a jamais voulu que le travail soit le dernier mot. Il n'a jamais voulu que la fin soit la mort, bien que la mort soit toujours dans l'équilibre de cette chose, Il n'a jamais voulu qu'il en soit ainsi. Il a plongé la petite famille de Béthanie dans l'angoisse, dans une angoisse profonde, mais Il a dit : « Pas jusqu'à la mort, mais pour la gloire de Dieu ».

Dans la loi même du travail, il y a la loi de l'espérance, la loi d'une nouvelle perspective. Et tout ce que je vais rester à dire à ce sujet ce matin, c'est ceci : nous, individuellement ou en tant que peuple, pouvons traverser des périodes de profonde souffrance, d'épreuve, et tout semble être dans la balance. Comment ça va, comment ça va... est-ce que c'est la vie ou la mort ? Nous sommes en proie à cette crise. Oh, croyons de tout notre cœur que, bien que nous soyons passés par là encore et encore au cours de notre histoire, sous la main de Dieu, c'est vers quelque chose de nouveau ! C'est vers quelque chose de meilleur ! C'est vers une nouvelle espérance avec une nouvelle attente ! Ne croyez pas que la fin soit la honte, le remords, la déception. Dieu n'a jamais établi la loi du travail pour que ce soit la fin, mais pour qu'il y ait une naissance de quelque chose d'infiniment précieux. Et cela se produit encore et encore, n'est-ce pas ?

Chaque nouvelle émergence de quelque chose du Seigneur est plus précieuse que ce qui existait auparavant, mais c'est coûteux. C'est coûteux. Si je peux me permettre, chers amis, il se peut que nous ayons traversé le travail, que nous soyons dans le temps de la souffrance et que nous soyons enclins à penser que c'est la fin, qu'il va y avoir une perte. Non ! Ce n'est pas la voie du Seigneur. Le Seigneur a fait en sorte que, n'est-ce pas étrange, nous vivons des expériences dans la vie où c'est l'expérience la plus terrible que vous ayez jamais eue et maintenant, et maintenant bien sûr, c'est la fin. C'est la fin de tout. Et c'est la plus terrible des souffrances ! Et lorsqu'elle est passée, ce qui est étrange dans la nature humaine à propos de certaines choses, c'est que nous oublions ; nous oublions l'angoisse, c'est-à-dire qu'elle passe. Mais ce qu'elle a apporté est ce qui gouverne et domine tout, n'est-ce pas ? Les valeurs qui sont apparues. Supposons que nous vivions toujours dans toutes les angoisses que nous avons eues, la vie serait insupportable. Mais cela passe, mais nous vivons dans les valeurs.

Je pense que c'est tout ce que j'ai à dire, mais n'oubliez pas que la radinerie par rapport aux choses de Dieu n'aboutira qu'à un désastre. L'incrédulité aboutit au désespoir. La foi en Dieu, dans un jour sombre et difficile, produira quelque chose de nouveau et de meilleur. Si nous sommes trop complaisants à l'égard de nos valeurs spirituelles, rien de substantiel ne se produira.

Que le Seigneur nous donne un juste sens de la valeur de tout ce qu'Il nous a donné et dans lequel Il nous a fait entrer, afin que nous ne soyons pas capables de le rejeter et de le jeter comme s'Il n'avait pas d'importance. Puissions-nous être sauvés de cela et avoir cette loi d'amour, l'amour infini pour Lui et tout ce qui est en Lui, inscrite au plus profond de nos cœurs.

Afin de respecter la volonté de T. Austin-Sparks que ce qui a été gratuitement reçu devrait être gratuitement donné, ses écrits ne sont pas soumis aux droits d’auteurs. Aussi, vous êtes libres d’utiliser ces écrits comme vous vous sentez conduits, néanmoins nous vous demandons, au cas ou vous décideriez de partager des messages de ce site avec d’autres, de les partager librement – libre de tout changement, libre de tous droits et gratuitement.


La loi du travail et La Loi de la Maison par T. Austin-Sparks

Publié pour la première fois dans le magazine « A Witness and A Testimony », juillet-août 1961, Vol 39-4. Source : The Law of Travail. (Traduit par Paul Armand Menye).

« Il [Dieu] dit à la femme : Je multiplierai ta peine et ta conception ; dans la peine, tu enfanteras des fils... Il dit à Adam : "Le sol est maudit à cause de toi ; c'est dans le travail (la peine) que tu le mangeras tous les jours de ta vie ; c'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain » (Genèse 3:16,17,19).

« La création a été soumise à la vanité... Car nous savons que la création tout entière gémit et souffre... » (Romains 8:20,22).

La présence de la loi du travail dans l'ensemble de la création est incontestable. Le fait qu'elle ait été imposée par le Créateur à cause du péché est une vérité fondamentale de la Bible. Le fait qu'il s'agisse d'une chose qui n'est pas dans les premières pensées de Dieu, mais qui va à l'encontre de la nature de l'homme, est une expérience commune. Mais il nous reste à tirer de l'acte de Dieu et de l'enseignement de la Bible la signification et la nécessité du travail. Cette signification est au cœur de la présente méditation.

On peut l'exprimer très précisément de la manière suivante : Ce qui coûte peu a peu de valeur. Ce qui vient facilement est facilement abandonné. Ce pour quoi nous souffrons devient précieux. Ce pour quoi nous travaillons n'est pas méprisé, mais jalousement gardé. Et ainsi de suite.

Cela nous amène à une supposition et à une déduction quant à l'introduction de cette loi. Mais attention, la loi n'a pas été établie avec partialité. Non seulement la femme devait y être soumise, mais l'homme aussi. Ensuite, il nous est dit que « toute la création... souffre ».

La supposition et la déduction auxquelles nous sommes amenés est que le comportement d'Adam et d'Eve dans le jardin impliquait ou indiquait un sérieux manque de respect et d'estime. Tout avait été fait pour eux et leur avait été donné en tant que confiance et responsabilité. Ils étaient les gardiens des intérêts divins. Rien n'était une fin en soi ; tout était plein de potentialités glorieuses, qu'il fallait protéger de manière sacrée et laisser s'épanouir pleinement. Il semblerait que tout ait été considéré comme allant de soi et comme une évidence. Il n'y avait pas de sens des valeurs adéquat et directeur, et ils considéraient tout à la lumière de la façon dont cela servait leur plaisir. Cette faiblesse et ce manque ont été pleinement exploités par le tentateur perspicace, qui en a fait son terrain d'attaque. C'est pourquoi la loi du travail a été établie pour contrer cette disposition. Il faut faire comprendre à l'homme que Dieu accorde une valeur à ses dons et que tout ce qui est dans sa pensée est coûteux et précieux. Ce pour quoi nous ne sommes pas prêts à souffrir, nous l'estimons à la légère. La rédemption en est la preuve la plus évidente. Qu'il s'agisse de la rédemption fondamentale dans la Croix du Christ, de la rédemption progressive dans la vie du chrétien, ou de la consommation de la rédemption dans la « libération de la création de l'esclavage de la corruption », et de la « manifestation des fils de Dieu », tout cela se fait à un prix très élevé et au prix d'un travail profond et angoissant. Le Christ voit sa semence à travers le travail de son âme. L'Église et les vrais chrétiens parviennent à la plénitude spirituelle par « la communion de ses souffrances ». La création elle-même parviendra à la gloire à travers de grands bouleversements et de grandes angoisses. La Bible dit et montre tout cela.

Mais revenons au point spécifique et à son application. Si Dieu donne librement et richement, il attendra de ses bénéficiaires qu'ils respectent et évaluent ses dons avec révérence et sérieux, comme s'il s'agissait d'une confiance et d'une responsabilité sacrées. La présentation du salut est souvent trop bon marché, et cette chose indiciblement coûteuse devient une question de plaisir pour celui qui la reçoit. Il en résulte que lorsque la véritable valeur est impliquée dans une épreuve de test et d'adversité, beaucoup sont déçus et s'en vont. Ils n'ont pas vu qu'il s'agissait d'une chose d'une valeur telle qu'elle valait la peine de souffrir.

Si le Seigneur donne à son peuple un ministère riche et coûteux, tôt ou tard il passera par une période qui ne sera rien de moins qu'un travail profond et désespéré, et ce ministère sera mis à l'épreuve quant à sa valeur réelle pour ceux à qui il a été donné. Il en va de même pour ceux qui exercent un ministère. Le véritable serviteur de Dieu est celui en qui, à travers la souffrance et la passion, est né ce qu'il donne. Son ministère doit porter l'empreinte d'une histoire profonde avec Dieu. Un service purement rituel et liturgique, même s'il est accompli avec dévotion, ne produira pas d'hommes et de femmes spirituels. Il peut rendre les gens religieux, mais cela peut être vrai dans d'autres domaines que le christianisme.

Le travail du Christ n'était pas dû à l'absence de religion. Il y en avait en abondance à Jérusalem et ailleurs. Mais il n'y avait que peu ou pas de sens du coût des dons de Dieu. Deux mille ans d'angoisse dans le cas d'Israël sont le moyen pour Dieu de montrer que son plus grand don - Jésus-Christ, son Fils - ne peut être considéré et éliminé avec autant de légèreté qu'Israël le pensait.

Le travail d'une mère a beaucoup à voir avec l'amour qu'elle porte à ses enfants, à moins qu'elle ne soit totalement anormale et subnormale. Lorsque l'agriculteur ou le jardinier a peiné et travaillé, et passé des jours et des nuits d'angoisse pour sa récolte, il n'estime pas à la légère la semence ou le sol, mais il les chérit et en prend soin.

Considérons la souffrance et l'adversité comme la manière dont Dieu cherche à nous amener à son estime de ce qu'il a donné. « Celui qui a le plus souffert a le plus à donner ». 

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La Loi de la Maison par T. Austin-Sparks
 

Publié pour la première fois et édité par Harry Foster dans le magazine « Toward the Mark », mars-avril 1974, Vol. 3-2. Source : The Law of the House. (Traduit par Paul Armand Menye).

Lecture : Ézéchiel 43, 1-12

Alors que le temple de Jérusalem était en ruines, Ezéchiel, le prophète, vit apparaître un temple spirituel dont les dimensions étaient mesurées par un homme muni d'une tige à mesurer en or. Les mesures étaient toutes exactes ; le prophète a été conduit à l'intérieur, à travers, autour, en haut, en bas, de sorte qu'il pouvait voir le temple de tous les côtés. Cette maison spirituelle, qui était l'expression exacte de la pensée de Dieu, lui était montrée sous tous ses angles et sous tous ses aspects. Pour Ézéchiel, c'était un temple spirituel, et il en est toujours ainsi. Il lui a ensuite été ordonné de la montrer à la maison d'Israël, afin qu'elle ait honte - sans doute de ses propres défauts.

Il ne s'agissait pas seulement d'une prophétie, mais aussi d'une figure. Elle parlait du peuple de Dieu qui était destiné à former sa demeure. D'une certaine manière, il renvoyait à Adam, l'homme qui devait à l'origine être habité par Dieu et rempli de sa gloire. Si, en regardant en arrière vers Adam, nous avons des doutes sur cette intention, ces doutes sont dissipés dès que nous regardons en avant vers le Christ, car nous le voyons comme l'homme sur la montagne de la transfiguration, couronné de gloire et d'honneur. Il nous est donné de comprendre qu'il est le premier de la nouvelle humanité et qu'il amène de nombreux fils à la gloire. Nous devons être unis à lui, en tant que membres de son corps, et partager ainsi sa gloire. Le véritable temple de Dieu n'est pas un édifice terrestre, mais un peuple. Le temple d'Israël n'était qu'un type de l'intention pour Adam d'être habité par Dieu et rempli de sa gloire. Le premier homme, Adam, a échoué. Israël, avec son temple typique, a échoué, et la clé de cet échec se trouve dans la question de la communion du cœur avec Dieu par la foi.

C'est vraiment la clé de beaucoup de choses, cette question de la communion de cœur par la foi. Faute de cela, Adam n'est jamais devenu un temple de Dieu, et c'est à cause de cet échec que le temple juif est devenu une ruine. Lorsqu'il fut en ruine, la parole du Seigneur fut prononcée par Aggée : « Qui d'entre vous a vu cette maison dans son ancienne gloire ? ...La dernière gloire de cette maison sera plus grande que la première, dit le Seigneur des armées » (Aggée 2:3 et 9). Le fait est qu'il n'y a jamais eu sur cette terre de temple littéral plus glorieux que celui de Salomon. Qu'il y ait encore un tel temple sur cette terre ne nous préoccupe pas beaucoup, car nous regardons plus haut et nous voyons le voile s'écarter pour qu'un nouveau temple descende des cieux avec la proclamation : « Le tabernacle de Dieu est avec les hommes, et il habitera avec eux ». Seul un temple spirituel peut descendre du ciel, c'est pourquoi les paroles d'Aggée sont prophétiques et pointent vers le Christ. Lui seul peut transcender tout ce qui a précédé, de sorte que le dernier Adam est plus grand que le premier, tout comme le dernier temple est plus grand que le précédent. Le Christ est la réalité éternelle de Dieu, non pas un type ou un modèle, mais l'accomplissement de tous. Adam était un type de Celui qui devait venir, et le temple était un type de Celui qui a dit : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai ». Les types se sont effondrés. Le Christ est la réalité. Il est le temple dans lequel Dieu habite vraiment, l'Amen, la réalisation finale et concluante du désir de Dieu de vivre avec les hommes.

Ezéchiel parle de « la loi de la maison ». Dans sa vie sur terre, le Christ était régi par des lois spirituelles, et nous pouvons découvrir l'une d'entre elles en examinant la cause de l'effondrement des types. Où la ruine a-t-elle commencé ? Elle a commencé avant d'affecter cette création et d'atteindre Adam. Nous comprenons que la cause originelle de la ruine était l'orgueil du cœur : « Car tu as dit en ton cœur : Je monterai au ciel, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu... Je serai comme le Très-Haut ». (Isaïe 14:13-14). Adam est tombé en succombant à cette même tentation, et son orgueil s'est révélé sous trois formes : l'indépendance, la possessivité et l'égocentrisme. On retrouve donc dans l'orgueil du cœur d'Adam les mêmes caractéristiques que celles exprimées par la chute de Satan dans la ruine. La chute d'Adam signifiait qu'à partir de ce moment-là, il devait prendre la responsabilité de se frayer son propre chemin. Il devait gagner son pain à la sueur de son front. Jusque-là, Dieu avait assumé la responsabilité et pourvu à tout ; la vie était très simple, sans qu'il y ait lieu de s'inquiéter de quoi que ce soit. Mais à partir du moment où il a cédé à l'orgueil de son cœur, il a dû assumer la responsabilité de ses propres affaires et maintenir son existence sur terre.

Nous voyons le grand contraste dans le cas du dernier Adam. Si l'orgueil du cœur a causé la ruine, l'humilité du cœur était essentielle au rétablissement. Si l'orgueil du cœur s'exprime dans l'indépendance, l'humilité se réjouit de la dépendance. Depuis sa naissance, tout ce qui concerne le Seigneur Jésus parle de modestie et d'humilité. Il n'y a pas de suffisance en Lui ; même en tant que roi, Il est venu : « ... doux et monté sur un âne ». C'est en vertu de Sa vie de dépendance totale qu'Il a fourni une maison dans laquelle le Père pouvait vivre. C'est à cela qu'Étienne voulait en venir lorsqu'il a été brutalement interrompu. Sa citation complète aurait été la suivante « ...quelle maison me bâtirez-vous, et quel sera le lieu de mon repos ? ...mais c'est vers cet homme que je me tournerai, vers celui qui est pauvre, qui a l'esprit contrit et qui tremble à ma parole » (Ésaïe 66:1-2).

Si la ruine est venue de l'orgueil, et que l'orgueil s'est manifesté par la possessivité, alors l'humilité se révélera par le dépouillement. Il est certain que le Christ s'est vidé de Lui-même et qu'il est ainsi devenu une maison convenable pour Dieu. Cette humilité divine a une puissance capable de réduire en poussière l'orgueil de Satan et de détruire toutes ses œuvres. On pourrait penser que lorsque nous parlons d'humilité, nous mettons simplement l'accent sur l'une des vertus communes de la vie chrétienne, mais en fait, nous traitons d'une question beaucoup plus importante, voire du désir de Dieu d'habiter en l'homme. Toute l'intention de l'incarnation est « Dieu avec nous », et à cette fin, le Christ a été Dieu manifesté dans la chair afin qu'Il puisse récupérer une maison pour Dieu dans le cœur des hommes. Il a été « crucifié par la faiblesse », mais quelle transformation complète a été rendue possible dans l'univers entier sur la base de cette crucifixion ! L'orgueil qui a empêché Dieu d'habiter en Adam et qui a rendu nécessaire le retrait de sa présence du temple terrestre a été défié et vaincu par l'humilité de l'Agneau.

L'aboutissement de la croix est l’Église en tant que maison de Dieu, et nous remarquons que cette maison spirituelle doit être gouvernée par les mêmes lois que celles qui ont régi la vie du Seigneur Jésus. L'humilité parfaite qui a fait de lui une demeure convenable pour le Père doit également se retrouver dans les rachetés qui représentent la récupération par le Christ d'une maison pour Dieu. Il est remarquable que Paul, qui a été spécialement appelé à révéler cette maison, soit un homme qui parle beaucoup de lui-même. Aucun apôtre n'a autant utilisé le premier pronom personnel que lui. Nous croyons que c'était l'intention du Saint-Esprit qu'il en soit ainsi, car un homme qui parlait tant de la maison de Dieu avait besoin d'être lui-même un exemple de la véritable nature de cette maison. Paul a été saisi dans le cadre de sa révélation, et il est devenu l'expression de son message tout en étant le messager désigné. Nous sommes donc en droit de rechercher l'application des principes de la maison dans l'homme Paul.

Or, Paul - ou Saul de Tarse - était en lui-même tout le contraire d'un homme humble. Avant de rencontrer le Christ, il avait fait preuve d'assurance et d'agressivité, d'une grande indépendance et d'une grande force de volonté. De temps en temps, même après sa conversion, de petits aperçus de sa force naturelle apparaissent. Mais l'impression qui domine est celle d'un homme dont l'orgueil a été brisé et qui a fait preuve d'une belle humilité. Il a toujours été profondément dépendant de son Seigneur pour les conseils et la force. En outre, il a pris soin d'établir le principe de dépendance - dépendance mutuelle - comme base de la maison de Dieu, insistant sur le fait que le corps est constitué de nombreux membres différents mais interdépendants, qui gâcheront les desseins de Dieu s'ils abandonnent l'humilité de la nécessité de l'un pour l'autre et commencent, par orgueil, à agir en désharmonie avec le reste.

Comme nous l'avons dit, l'orgueil se manifeste par la possessivité, et si souvent la ruine que l'on peut observer dans les églises a été causée par cette tendance de leurs membres. La maison de Dieu se caractérise par le fait qu'elle n'offre aucun droit de possession, aucune place pour le pouvoir personnel ou la maîtrise. Le Seigneur Jésus n'a rien voulu pour lui-même, se contentant de laisser au Père le soin de décider ce qui devait lui revenir. Il a refusé de lutter, de s'efforcer, de manipuler ou d'organiser ses propres intérêts, mais il a tout confié au Père. C'est ainsi que le fondement vivant de l'Église a été posé, et c'est ainsi que toute la structure doit être construite. Nous devons faire très attention à ce que la possessivité naturelle ne se manifeste pas dans les choses de Dieu. Elle peut le faire inconsciemment, même dans notre désir de bénédiction spirituelle. Même un désir de sainteté peut être un piège subtil, s'il signifie que nous voulons être remarqués ou loués pour notre vie sainte.

La première grande loi de la maison de Dieu doit être l'humilité du Christ dans tous ses aspects de dépendance, de vide et de centrage sur Dieu. La victoire de l'humilité du Christ revêt une signification extraordinaire. Satan avait privé Dieu de son désir d'habiter avec Adam, puis avec Israël, en les incitant à adopter une attitude orgueilleuse. Puis le Christ est venu et a défié tout ce principe satanique, le surmontant en étant l'Agneau. Il a répudié l'indépendance, la possessivité et l'égocentrisme et, ce faisant, il a fait entrer Dieu dans sa propre vie. Dans son cas, les hommes pensaient avoir affaire à un pauvre homme faible, mais ils se sont aperçus qu'en fait, ils s'étaient heurtés au Dieu puissant. Cela se répétera dans l'expérience de l'Église. Elle peut ressembler à un pauvre reste d'humanité, faible, persécuté, sans défense, mais lorsque Dieu y fait sa demeure, les forces du mal qui s'y opposent découvrent qu'elles doivent compter avec le Tout-Puissant et qu'elles subissent une défaite totale. L'humilité est l'une des plus grandes forces de l'univers de Dieu. Dans le cas du Seigneur Jésus, l'humilité n'a pas commencé lorsqu'Il a pris la forme d'un homme. C'est de Lui qu'il est question : « ...qui, subsistant sous la forme de Dieu, n'a pas regardé comme une chose à saisir d'être à l'égal de Dieu... » (Philippiens 2:6). Nous pouvons considérer ceci en contraste avec Satan, qui s'est efforcé d'atteindre l'égalité avec Dieu et qui a infecté Adam avec la même ambition orgueilleuse. L'attitude du Fils de Dieu incarné ne comportait aucune gloriole personnelle ; au contraire, Il était prêt à se vider de Lui-même pour devenir un Homme. Cela montre clairement que l'humilité n'est pas seulement une exigence de la race humaine, mais qu'elle est une caractéristique divine, un attribut de la Divinité. L'humiliation et l'humilité sont deux choses différentes. L'humiliation du Seigneur Jésus est une chose, son humilité en est une autre. Cette humilité est éternelle ; elle est l'expression de notre Dieu glorieux, qui n'est pas un être vantard, orgueilleux et qui se glorifie lui-même.

Ainsi, de sa place dans la gloire, Jésus s'est vidé de lui-même et « ayant pris la forme d'un homme, il s'est humilié lui-même... ». En tant que Dieu, il s'est dépouillé et en tant qu'homme, il s'est humilié. Quel merveilleux Seigneur nous avons ! Satan et Adam ont cherché à s'élever pour être égaux à Dieu, mais il y en avait un, éternellement égal au Père, qui ne s'est pas accroché à cette égalité, mais qui était prêt à renoncer à tous ses droits pour s'assurer que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme elle est faite au ciel. Et c'est à Lui que revient toute la gloire. On nous dit que l'élévation du Christ est le résultat direct de Sa parfaite humilité. Dans la Parole de Dieu, diverses raisons sont données pour l'exaltation du Christ. Il a été exalté à cause de Ses souffrances dans la mort. Il a été glorifié parce qu'Il a glorifié le Père ici sur terre. Dans Philippiens 2, il est spécifiquement indiqué que Dieu L'a exalté et Lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom parce qu'Il a mené une vie d'humilité jusqu'à son dépouillement total et final. Son humilité est donc l'explication de Sa puissance. Et l'humilité est la base sur laquelle l'Église peut connaître la présence et la puissance du Dieu tout-puissant. Dans l'humilité engendrée par la croix, nous sommes unis à notre Seigneur exalté et nous jouissons d'une expérience pratique de la réalité spirituelle de la maison de Dieu. Dieu habite et Dieu fait connaître Sa puissance lorsque la loi de la maison est observée et que la véritable humilité du Christ est autorisée à gouverner en toutes choses. 

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