samedi 18 août 2018

(6) LA PUISSANCE D'EN HAUT (Charles G. FINNEY)

Nouvelle édition numérique Yves PETRAKIAN 2011 – France

Copie autorisée pour diffusion gratuite uniquement

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  Chapitre 6: LA PRIÈRE VICTORIEUSE.

                    La prière victorieuse est celle qui est exaucée. Le simple fait de prononcer une prière ne signifie pas que nous faisons une prière victorieuse. L’exaucement d’une prière ne dépend pas tellement de sa longueur, mais de sa qualité. Le meilleur moyen, pour moi, d’aborder ce sujet est de raconter une expérience que j’ai vécue avant ma conversion. Si je la raconte, c’est parce que je crains que de telles expériences soient malheureusement trop courantes chez ceux qui ne sont pas convertis.
     
                     Je ne me rappelle pas avoir assisté à une réunion de prière avant d’avoir commencé à étudier le droit. A ce moment-là, certains voisins organisaient une réunion de prière hebdomadaire. Jusque là, je n’avais pratiquement rien connu, rien vu ni entendu en matière de religion. Je n’avais donc aucune opinion préconçue à ce sujet. Je commençai à participer à cette réunion de prière, en partie par curiosité, mais en partie aussi parce que je n’avais pas l’esprit tranquille, sans pouvoir bien en définir la raison. A peu près à la même époque, j’achetai ma première Bible et je commençai à la lire. J’écoutais les prières qui étaient faites dans cette réunion de prière, avec toute l’attention que je pouvais accorder à des prières aussi froides et formelles. Dans presque toutes leurs prières, ils réclamaient le don et l’effusion du Saint-Esprit. Mais, que ce soit dans leurs prières ou dans les remarques qu’ils faisaient de temps en temps, ils reconnaissaient qu’ils n’arrivaient pas à être exaucés par Dieu. C’était d’ailleurs tout-à-fait évident, et cela fit presque de moi un incrédule complet.
      
                     Me voyant venir si fréquemment à leur réunion de prière, le responsable me demanda un jour si je ne voulais pas qu’ils prient pour moi. Je répondis: ‘Non!’ J’ajoutai: ‘Je suppose que j’ai besoin que l’on prie pour moi, mais vos prières ne sont pas exaucées. Vous le confessez vous-mêmes!’ Puis je leur exprimai mon étonnement à ce sujet, devant tout ce que le Bible disait sur l’exaucement de la prière. En réalité, j’étais très perplexe depuis quelque temps. Je doutais, comparant les enseignements de Christ sur la prière à la réalité évidente que je pouvais observer dans ces réunions de prière, semaine après semaine. Christ était-Il réellement un Docteur venu de Dieu? Avait-Il réellement enseigné ce que les Évangiles Lui attribuaient? Était-ce réellement ce qu’Il avait voulu dire? Fallait-il réellement prier pour obtenir des bénédictions de Dieu? Dans l’affirmative, que devais-je penser de ce que j’observais depuis des semaines et des mois dans cette réunion de prière? Étaient-ils réellement chrétiens? Les prières que j’entendais étaient-elles de vraies prières, dans le sens où la Bible l’entendait? Christ avait-Il promis d’exaucer de telles prières? Je finis par trouver la solution.
     
                     Je fus convaincu qu’ils se trompaient eux-mêmes. Ils n’étaient pas exaucés parce qu’ils n’avaient pas le droit d’être exaucés. Ils ne remplissaient pas les conditions définies par Dieu pour qu’Il puisse entendre la prière. Leurs prières étaient précisément celles que Dieu avait promis de ne pas exaucer! Il était évident qu’ils ne se rendaient pas compte que leurs prières leur faisaient courir le danger de s’enfoncer dans l’incrédulité, et de douter de l’efficacité de la prière.

                    En lisant ma Bible, je relevai les conditions révélées pour être exaucé:

1. Il faut avoir foi en Dieu, et croire qu’Il est celui qui exauce la prière. Il faut donc s’attendre à recevoir ce que l’on demande.

2. Il faut prier en accord avec la volonté révélée de Dieu. Cela implique clairement qu’il faut non seulement prier pour quelque chose que Dieu désire nous accorder, mais aussi prier avec une motivation que Dieu juge acceptable. Je crains que beaucoup de chrétiens négligent de considérer qu’une bonne motivation soit l’une des conditions exigées par Dieu pour exaucer leurs prières.
     
                   Par exemple, il est dit, dans le Notre Père: "Que Ton règne vienne." Il est clair que cette demande doit être faite avec sincérité pour être exaucée par Dieu. Une telle sincérité implique que celui qui prie doit avoir offert tout son cœur et toute sa vie pour travailler à la construction de ce règne. Cela implique une consécration sincère et totale de tout ce que nous avons et de tout ce que nous sommes, pour atteindre cet objectif. Si nous faisons cette prière avec une autre motivation, ce n’est que de l’hypocrisie. C’est même une abomination.
     
                       Il en est de même lorsqu’on prie: "Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel." Dieu n’a pas promis d’entendre cette prière si elle n’est pas faite sincèrement. Mais la sincérité implique un cœur qui accepte toute la vérité révélée de Dieu, dans toute la mesure où nous la comprenons, de la même manière qu’elle est acceptée dans le ciel. Cela implique une obéissance totale, confiante et pleine d’amour, à toute la volonté connue de Dieu, que cette volonté nous soit révélée dans Sa Parole, par Son Esprit, ou par Sa providence. Cela implique que nous nous tenions entièrement à la disposition de Dieu, de tout notre cœur, avec tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes, comme le font les habitants du ciel. Si nous ne le faisons pas, ou si nous retenons pour nous-mêmes quoi que ce soit, nous "concevons l’iniquité dans notre cœur," et Dieu ne nous exaucera pas.
      
                    Si nous faisons une telle prière avec sincérité, cela signifie que notre consécration à Dieu est totale et parfaite. Sinon, cela revient à garder pour nous ce qui revient à Dieu. Cela revient à "détourner l’oreille pour ne pas écouter la loi." Que disent les Écritures? "Si quelqu’un détourne l’oreille pour ne pas écouter la loi, Sa prière même est une abomination". {Proverbes 28:9} Est-ce que les chrétiens comprennent cela?
      
                    Ce qui est vrai à propos de ces deux prières est vrai pour toutes les prières. Les chrétiens prennent-ils cela à cœur? Considèrent-ils que toute prière prononcée est une abomination si elle n’est pas présentée dans une consécration totale à Dieu? Nous devons nous offrir nous-mêmes, avec et dans nos prières, avec tout ce que nous avons. Nous devons être d’accord de tout notre cœur avec ce que nous demandons en priant. Nous devons obéir parfaitement, autant que nous la connaissons, à toute la volonté de Dieu. Sinon, notre prière est une abomination. Quel usage terriblement profane fait-on du Notre Père, dans les prières publiques ou personnelles! On entend des hommes et des femmes dire négligemment le Notre Père, "Que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel," alors que leur vie n’est absolument pas en accord avec la volonté révélée de Dieu! C’est choquant et révoltant! On entend des hommes dire: "Que Ton règne vienne," alors qu’il est évident qu’ils ne consentent presque aucun sacrifice pour étendre ce royaume! Ce n’est qu’une impudente démonstration d’hypocrisie! Ces prières ne sont pas des prières victorieuses!

3. Une autre condition de la prière victorieuse est l’absence d’égoïsme. "Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions". {Jacques 4:3}

4. Il faut aussi avoir une conscience pure de toute offense envers Dieu et les hommes. "Car si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses. Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu. Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable". {1Jean 3:20-22} Ce passage nous montre clairement deux choses. Pour être exaucés par Dieu, nous devons tout d’abord avoir une conscience pure de toute offense. Ensuite, nous devons garder Ses commandements et faire ce qui Lui est agréable.

5. Nous devons avoir un cœur pur pour être exaucés. "Si j’avais conçu l’iniquité dans mon cœur, Le Seigneur ne m’aurait pas exaucé". {Psaume 66:18}

6. Nous devons confesser nos offenses à Dieu et aux hommes, et restituer ce que nous leur avons pris. "Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde". {Proverbe 28:13}

7. Nous devons avoir des mains pures. "Je lave mes mains dans l’innocence, et je vais autour de ton autel, ô Éternel!". {Psaume 26:6} Et encore: "Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, en élevant des mains pures, sans colère ni mauvaises pensées". {1Timothée 2:8}

8. Nous ne devons avoir aucune dispute avec nos frères, ni animosité contre eux. "Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande".  {Matthieu 5:23-24}

9. L’humilité est encore une condition de la prière victorieuse: "Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles". {Jacques 4:6}

10. Nous devons nous débarrasser de tout ce qui peut nous faire tomber dans l’iniquité. "Fils de l’homme, ces gens-là portent leurs idoles dans leur cœur, et ils attachent les regards sur ce qui les a fait tomber dans l’iniquité. Me laisserai-je consulter par eux?". {Ézéchiel 14:3}

11. Nous devons avoir un esprit toujours prêt à pardonner. "Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses". {Matthieu 6:12,15}

12. La vérité doit être au fond de notre cœur. "Mais tu veux que la vérité soit au fond du cœur: Fais donc pénétrer la sagesse au dedans de moi!".  {Psaume 51:8} Si la vérité n’est pas au fond de notre cœur, nous ne sommes pas complètement sincères et désintéressés, l’iniquité se trouve au fond de notre cœur, et le Seigneur ne nous écoutera pas.

13. Nous devons prier au Nom de Jésus-Christ pour être exaucés.

14. Notre prière doit être inspirée par le Saint-Esprit. "De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables; et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints". {Romains 8:26-27} C’est là le véritable esprit de prière. C’est être conduit par le Saint-Esprit dans la prière. C’est la seule prière vraiment victorieuse. Les chrétiens comprennent-t-ils réellement cela? Croient-ils vraiment qu’ils ne peuvent pas être exaucés par Dieu, s’ils ne vivent pas et ne marchent pas par l’Esprit, et s’ils n’apprennent pas à prier en étant guidés par l’intercession de l’Esprit qui est en eux?

15. Une autre condition est la ferveur. Pour être victorieuse, une prière doit être fervente. "Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La prière fervente du juste a une grande efficace". {Jacques 5:16}

16. La persévérance, ou la persistance dans la prière, est souvent une condition de la prière victorieuse. Voyez les exemples de Jacob, de Daniel, d’Élie, de la femme syro-phénicienne, du juge inique, et l’enseignement général de la Bible à ce sujet.

17. Une prière victorieuse est souvent celle qui implique un travail d’enfantement de la part de notre âme. "A peine en travail, Sion a enfanté ses fils!". {Ésaïe 66:8} Paul a dit: "Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous". {Galates 4:19} Ceci implique qu’il a dû éprouver pour eux les douleurs de l’enfantement, avant leur conversion. En vérité, un travail d’enfantement accompli par notre âme dans la prière est la seule prière de réveil qui soit efficace. Si quelqu’un ne connaît pas une telle prière, il ne sait pas ce qu’est l’esprit de prière. Il n’est même pas réveillé. Il ne comprend pas le passage que nous avons déjà cité dans Romains 8:26-27. Si nous ne connaissons pas la prière qui s’exprime dans l’agonie, nous ne connaissons pas le secret véritable de la puissance pour le réveil.

18. Une autre condition de la prière victorieuse est le recours à tous les moyens disponibles pour obtenir ce que nous demandons, si nous savons que l’emploi de ces moyens est nécessaire pour obtenir un exaucement. Par exemple, si nous prions pour un réveil, mais que nous n’utilisons aucun autre moyen que la prière, nous tentons Dieu. C’était le cas de ceux qui priaient dans les réunions de prières dont j’ai parlé au début de ce chapitre. Ils priaient sans cesse pour un réveil. Mais dès que la réunion était finie, ils étaient d’un silence de mort sur ce sujet. Ils n’en parlaient à personne autour d’eux.
      
                    Ils persévérèrent dans leur inconséquence, jusqu’à ce qu’un homme influent de leur cité leur fit un terrible reproche en ma présence. Il exprima exactement ce que je ressentais moi-même. Il se leva et leur dit, avec la plus extrême solennité et dans les larmes: "Chrétiens, que voulez-vous réellement? Vous n’arrêtez pas de prier pour un réveil dans vos réunions. Quand vous êtes ici, vous vous exhortez souvent à vous réveiller et à employer les moyens nécessaires pour avoir un réveil. Vous vous dites, et vous nous dites aussi, à nous qui sommes des pécheurs impénitents, que nous allons tout droit en enfer. Je le crois sans peine! Vous répétez que si vous vous réveillez, et si vous faites ce qu’il faut faire, il y aura un réveil, et nous pourrons nous convertir. Vous nous parlez d’un grand danger. Vous dites que notre âme a plus de valeur que toutes les richesses du monde. Mais vous continuez à vous occuper de vos petites affaires et vous ne faites rien pour le réveil! Le réveil ne vient pas, et nos âmes ne sont pas sauvées!"
      
                    En disant cela, il retomba sur son siège en éclatant en sanglots. Ces reproches tombèrent lourdement sur tous ceux qui assistaient à cette réunion de prière. Je m’en souviendrai toujours. Cela leur fit du bien. Il ne fallut pas longtemps pour que les membres de ce groupe de prière soient brisés, et nous eûmes un réveil.
     
                     J’étais présent lorsque l’esprit de réveil se manifesta pour la première fois. Oh! Quel changement dans le ton de leurs prières, de leurs confessions et de leurs supplications! En rentrant chez moi, je fis remarquer à un ami: "Quel changement s’est opéré chez ces chrétiens! Cela doit être le début d’un réveil!"
     
                      Oui! Un merveilleux changement se produit dans les réunions, quand les chrétiens sont réveillés. Leurs confessions signifient alors quelque chose! Ils veulent vraiment un changement! Ils restituent ce qu’ils ont pris! Ils deviennent sérieux! Ils veulent utiliser tous les moyens qui sont à leur disposition! Ils veulent ouvrir leur portefeuille, leur cœur et leurs mains! Ils veulent faire réellement tout ce qui est en leur pouvoir pour faire avancer l’œuvre de Dieu!

19. Une prière victorieuse est une prière précise. Elle est présentée dans un but bien spécifique. Nous ne pouvons pas être exaucés tout de suite pour tout. Dans tous les cas où la Bible nous présente une prière exaucée, il s’agit d’une prière faite pour un objet bien précis.

20. Une autre condition de la prière victorieuse est de vouloir réellement obtenir ce que nous demandons. Nous ne devons pas faire semblant. Bref, nous devons avoir un cœur d’enfant, tout-à-fait sincère. Notre prière doit venir de notre cœur, et elle doit exactement exprimer ce que nous voulons, sentons ou croyons.

21. Nous devons croire à la bonne foi de Dieu, dans toutes les promesses qu’Il a faites.

22. Enfin, nous devons "veiller" lorsque nous prions, et prier dans le Saint-Esprit. Je veux dire par là que nous devons veiller à ne rien avoir dans notre cœur qui puisse éteindre ou attrister l’Esprit de Dieu. Nous devons aussi veiller pour attendre la réponse de Dieu. Nous devons être prêts à employer tous les moyens nécessaires, à payer tout le prix exigé, et à persévérer jusqu’au bout dans nos supplications.

                     Quand les chrétiens auront accepté de briser entièrement leur cœur, quand ils auront confessé leurs péchés et restitué ce qu’ils devaient restituer, alors ils ne manqueront pas de remplir les conditions exigées par Dieu, et ils verront leurs prières exaucées. Mais nous devons bien comprendre qu’aucune autre prière ne sera exaucée. Les prières que nous entendons en général dans les réunions de prière ou dans les conventions ne sont pas des prières victorieuses. Il est souvent étonnant et lamentable de voir à quel point les chrétiens sont séduits dans ce domaine. Ceux qui ont été témoins de véritables réveils n’ont pas manqué d’être frappés par les changements intervenus dans la manière de prier et les prières des chrétiens réellement réveillés. Je crois que je n’aurais jamais pu être converti si je n’avais pas découvert la réponse à cette question: "Pourquoi tant de prières ne sont-elles pas exaucées?"

à suivre....


mardi 14 août 2018

(5) LA PUISSANCE D'EN HAUT (Charles G. FINNEY)

Nouvelle édition numérique Yves PETRAKIAN 2011 – France

Copie autorisée pour diffusion gratuite uniquement

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  Chapitre 5: EST-CE UNE PAROLE DURE?

                   Dans un article précédent j’ai dit qu’un revêtement de la puissance d’en haut devrait être exigé pour qualifier à une tâche de pasteur, de diacre, d’ancien, de directeur d’école du dimanche, de professeur d’école chrétienne, et tout particulièrement de professeur dans un séminaire de théologie. Est-ce une parole dure? Est-ce une parole qui manque d’amour? Est-ce injuste? Est-ce déraisonnable? Est-ce contraire aux Écritures? Supposez que l’un des apôtres, ou l’un de ceux qui étaient présents le jour de la Pentecôte, ne soit pas parvenu à recevoir ce revêtement de puissance, à cause de son apathie, de son égoïsme, de son incrédulité, de son ignorance ou de son indolence. Aurait-il été peu charitable, injuste, déraisonnable, ou contraire aux Écritures, de le considérer comme disqualifié pour la mission que Christ leur avait confiée?
      
                    Christ leur avait expressément annoncé qu’ils ne pourraient rien faire sans être revêtus de cette puissance. Il leur avait expressément enjoint de ne rien tenter de leurs propres forces, mais de rester à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils reçoivent d’en haut la puissance dont ils avaient besoin. Il leur avait aussi expressément promis que s’ils attendaient la promesse, au sens où Il l’entendait, ils la recevraient ‘dans peu de jours.’ Il est évident qu’ils avaient compris de quelle manière Il leur avait demandé d’attendre. Ils devaient constamment s’attendre à Lui, dans la prière et les supplications, jusqu’à ce qu’ils reçoivent cette bénédiction. Supposez à présent que l’un d’eux se soit tenu à l’écart ou soit retourné à ses affaires, en attendant que Dieu, dans Sa souveraineté, lui envoie cette puissance. Il est évident qu’il aurait été disqualifié pour cette œuvre. Et si ses frères chrétiens qui, eux, avaient obtenu cette puissance, lui avaient dit qu’il était nécessaire de l’obtenir, cela aurait-il été peu charitable, déraisonnable et contraire aux Écritures?
      
                    N’est-il pas vrai que tous ceux qui ont reçu l’ordre de faire du monde entier des disciples, et ceux qui ont reçu la promesse de cette puissance, sont en fait disqualifiés pour cette tâche, en particulier pour toute position officielle, s’ils ne parviennent pas à obtenir ce don, à cause de quelque manquement ou de quelque défaut? Ne sont-ils pas en réalité disqualifiés pour toute fonction de direction du troupeau? Sont-ils qualifiés pour enseigner ceux qui doivent accomplir la mission? S’il est vrai qu’ils n’ont pas cette puissance, quelle que soit la raison de cette déficience, il est également vrai qu’ils ne sont pas qualifiés pour enseigner le peuple de Dieu. Et s’ils sont considérés comme disqualifiés parce qu’ils n’ont pas cette puissance, il doit être raisonnable, juste et conforme aux Écritures de les traiter et de les juger de cette manière, et de les exhorter à obtenir cette puissance. Qui aurait le droit de s’en plaindre? Sûrement pas eux! L’Église de Dieu doit-elle s’encombrer d’enseignants et de conducteurs qui ne possèdent pas cette qualification fondamentale, et ceci par leur propre faute? Il est stupéfiant de voir avec quelle apathie, quelle indolence, quelle ignorance et quelle incrédulité on considère ce problème. Ces hommes sont inexcusables. Ce sont des criminels, sans aucun doute. Alors que l’ordre du Seigneur Jésus de convertir le monde résonne à nos oreilles! Alors qu’Il nous a enjoints d’attendre que nous recevions cette puissance, dans une prière constante et ardente! Ayant une telle promesse, faite à chacun de nous par un tel Sauveur, de recevoir de Christ Lui-même toute l’aide dont nous aurons besoin, quelle excuse pouvons-nous donner pour notre impuissance à accomplir cette grande tâche? Quelle terrible responsabilité repose sur nous, sur toute l’Église, et sur chaque chrétien!
      
                    On pourrait demander comment, dans de telles circonstances, l’apathie, l’indolence et la négligence fatale et généralisée, sont-elles encore possibles? Si l’un des chrétiens de l’Église primitive n’était pas parvenu à recevoir cette puissance, ne penserions-nous pas qu’il aurait été hautement condamnable? Si une telle déficience aurait pu leur être comptée comme un péché, à combien plus forte raison peut-elle l’être pour nous, qui bénéficions de toute la lumière de l’histoire et des faits accomplis, lumière que les premiers chrétiens n’avaient pas? Certains ministères et beaucoup de chrétiens traitent cette question comme si elle devait être laissée à la souveraineté de Dieu, sans qu’ils se mettent en peine de persévérer dans la prière pour obtenir ce revêtement. Les premiers chrétiens l’ont-ils compris ainsi? Se sont-ils comportés de cette manière? Certainement pas! Ils ne se sont donnés aucun repos, tant qu’ils n’eurent pas reçu ce baptême de puissance.
    
                     J’ai un jour entendu un pasteur prêcher sur le thème du baptême du Saint-Esprit. Il le considérait comme une réalité. Lorsqu’il en vint à parler de la manière dont il devait être obtenu, il dit qu’il fallait réellement l’obtenir comme les apôtre l’avaient obtenu le jour de la Pentecôte. Ce fut pour moi une grande bénédiction d’entendre cela, et je m’attendis à ce qu’il exhorte fortement ses auditeurs à ne se donner aucun repos avant de l’avoir reçu. Mais mon attente fut déçue dans ce domaine. Car, avant même d’achever son discours, il sembla soulager l’auditoire de tout sentiment d’urgence à obtenir ce baptême. Il lui donna l’impression que ce problème devait être laissé à la discrétion de Dieu. Ce qu’il dit parut même impliquer une critique à l’encontre de ceux qui continuaient à demander à Dieu, avec persévérance et véhémence, d’accomplir Sa promesse. Il ne démontra pas non plus à ses auditeurs qu’ils pouvaient avoir la certitude de recevoir cette bénédiction s’ils remplissaient les conditions. Ce fut, dans beaucoup de ses aspects, une bonne prédication. Mais je pense que l’assemblée n’en reçut aucun encouragement, ni sentiment d’obligation, pour rechercher sérieusement le baptême du Saint-Esprit. C’est un défaut commun aux sermons que je peux entendre. Ils comportent beaucoup de choses instructives. Mais ils ne parviennent pas à communiquer à l’auditoire le moindre sentiment d’obligation ni d’encouragement à se mettre pratiquement à l’œuvre. Ils sont très inefficaces pour motiver les gens. Ils ne font pas pression sur leur conscience et ne les stimulent pas à espérer. La doctrine est souvent bonne, mais elle ne débouche pas souvent sur une action concrète.
       
                    Beaucoup de ministères et de chrétiens engagés semblent se cantonner dans la théorie et dans la critique, tout en essayant de justifier leur manque de puissance. Les premiers apôtres ne l’ont pas fait, et tous les chrétiens ne le font pas. Ils n’ont pas essayé de résoudre ce problème dans leur intelligence avant de l’avoir résolu dans leur cœur. Pour eux, ce n’était qu’une question de foi en une promesse, et il doit en être de même pour nous. Je me rends compte que beaucoup de gens essayent d’intellectualiser et d’interpréter de manière théorique des choses qui devraient tout simplement être expérimentées. Ils se troublent eux-mêmes en essayant d’appréhender avec leur intelligence ce qui doit être reçu par la foi comme une expérience consciente.
       
                    L’Église a grand besoin de se réformer sur ce point. Les Églises devraient s’éveiller à la réalité en ce qui concerne le baptême du Saint-Esprit et prendre une position nouvelle. Elles devraient prendre une ferme position concernant les qualifications des ministères et des conducteurs de l’Église. Elles devraient refuser d’établir comme pasteur quelqu’un dont les qualifications pour ce poste ne sont pas bien satisfaites. Même s’il possède beaucoup d’autres qualités susceptibles de le recommander, les Églises ne devraient pas le nommer à ce poste s’il n’a pas prouvé qu’il possédait ce revêtement de puissance pour gagner des âmes à Christ. C’était autrefois la coutume dans les Églises, et je crois que cela se pratique encore dans certains endroits, de faire un appel de candidature au poste de pasteur. Il fallait alors contrôler les fruits spirituels du candidat pressenti, pour juger de sa qualification, et constater qu’il était bien appelé par Dieu pour exercer ce ministère. Beaucoup d’Églises devraient être très satisfaites d’avoir pu faire appel à un ministère fructueux et non à un sarment desséché, c’est-à-dire à quelqu’un qui n’est qu’un intellectuel, avec une tête bien pleine mais peu de cœur, un auteur élégant, mais sans onction, un grand logicien, mais avec peu de foi, un homme à l’imagination fertile, peut-être, mais sans la puissance du Saint-Esprit.
     
                     Les Églises devraient obliger les séminaires de théologie à leur rendre des comptes très stricts dans ce domaine. Sinon, je crains que les séminaires de théologie ne s’éveillent jamais à leurs responsabilités. Il y a quelques années, une branche de l’Église d’Écosse fut tellement excédée par le manque d’onction et de puissance des pasteurs formés par son séminaire de théologie qu’elle décida de ne plus employer de pasteurs issus de ce séminaire, tant que ce dernier n’aurait pas réglé ce problème. Cette réprimande fut nécessaire, juste, et opportune. Elle eut, je le crois, un effet très salutaire. Il est absolument nécessaire qu’un séminaire de théologie ne soit pas qu’un endroit où l’on enseigne la doctrine. Mais il doit aussi, et tout particulièrement, permettre de développer l’expérience chrétienne. Il est certain que l’intelligence doit être cultivée dans ces établissements de formation. Mais il est infiniment plus important que leurs étudiants soient conduits à une connaissance personnelle profonde de Christ, de la puissance de Sa résurrection, et de la communion de Ses souffrances, afin d’être rendu conforme à Lui dans Sa mort.
      
                    Un séminaire de théologie qui ne vise qu’à la culture de l’intelligence et qui se contente de former des hommes instruits, mais totalement dépourvus de ce revêtement de puissance d’en haut, est un piège et une pierre d’achoppement pour l’Église. Quelles que soient les qualifications intellectuelles de leurs diplômés, les séminaires ne devraient en recommander aucun à l’Église, s’ils sont dépourvus de la plus grande de toutes les qualifications, c’est-à-dire le revêtement de la puissance d’en haut. Les séminaires devraient être reconnus comme incapables de former des candidats au ministère, s’ils ne produisent que des hommes dépourvus de cette qualification essentielle. Les Églises devraient s’informer, et rechercher les séminaires formant des ministères qui non seulement soient les mieux instruits, mais qui possèdent aussi l’onction spirituelle la plus puissante.
      
                     Certes, on admet bien en général que le revêtement de la puissance d’en haut soit une réalité, et qu’il soit essentiel à la réussite d’un ministère. Mais, dans la pratique, les Églises et les écoles de théologie considèrent ce problème comme étant relativement peu important. En théorie on reconnaît que cette puissance est tout, mais en pratique on la considère comme si elle n’était rien. Depuis le temps des apôtres jusqu’à nos jours, on a constaté que des hommes très peu cultivés, mais revêtus de cette puissance, ont réussi à gagner beaucoup d’âmes à Christ. Alors que d’autres, pourtant très cultivés et dotés des meilleures connaissances, ont fait preuve d’une totale impuissance dans l’œuvre du ministère proprement dite. Pourtant, nous continuons à accorder dix fois plus d’importance à la culture humaine qu’au baptême du Saint-Esprit! Dans la pratique, la culture humaine est jugés infiniment plus importante que le revêtement de la puissance d’en haut. Les séminaires sont remplis d’hommes instruits, mais pas souvent d’hommes remplis de puissance spirituelle. C’est donc qu’ils n’insistent pas sur la nécessité de posséder ce revêtement de puissance pour exercer le ministère. Les étudiants sont, presque au-delà du supportable, écrasés de programmes visant à développer leur intellect, alors qu’ils ont à peine une heure par jour consacrée à la formation de l’expérience chrétienne. Je ne pense même pas qu’une heure par jour soit consacrée à la formation de l’expérience chrétienne dans les séminaires de théologie. Mais la véritable religion est une affaire d’expérience et de prise de conscience. Tout le secret de la puissance est dans une relation personnelle avec Dieu. Les séminaires de théologie négligent presque complètement ce vaste domaine d’apprentissage, pourtant si essentiel. Ils considèrent comme vitales la doctrine, la philosophie, la théologie, l’histoire de l’Église, la rhétorique, mais négligent complètement l’étude d’une véritable union de cœur avec Dieu. Ils ne laissent que très peu de place, dans leurs enseignements, à la recherche d’une puissance spirituelle permettant de toucher le cœur de Dieu et celui des hommes.
     
                     J’ai souvent été surpris de voir comment les hommes considèrent l’utilité future des jeunes candidats au ministère. Je constate que même des chrétiens engagés sont souvent très séduits dans ce domaine. Si un jeune homme possède de bons diplômes, s’il a une bonne plume, s’il est compétent en exégèse, s’il fait preuve d’une grande culture intellectuelle, on place en lui beaucoup d’espoirs, même s’il est impossible d’ignorer qu’il ne sait pas prier, qu’il n’a aucune onction, aucune puissance dans la prière, aucun esprit d’intercession, aucune hardiesse dans son approche de Dieu. On attend pourtant que ce jeune homme, en raison de sa culture, accomplisse un ministère remarquable et soit exceptionnellement utile. Pour ma part, je n’attends rien de tel d’un homme semblable. J’attends infiniment plus d’un homme qui veut conserver à tout prix une communion quotidienne avec Dieu, qui cherche ardemment à atteindre l’objectif spirituel le plus élevé possible, et qui ne peut pas se passer de mener chaque jour une vie de prière victorieuse et d’être revêtu de la puissance d’en haut.
      
                    Les Églises, les conseils presbytéraux, les associations, et tous ceux qui forment des jeunes gens au ministère, portent souvent une lourde responsabilité dans ce domaine. Ils passent des heures à se renseigner sur la culture intellectuelle des candidats, mais à peine quelques minutes à vérifier la culture de leur cœur, à contrôler ce qu’ils savent de la puissance de Christ pour sauver les âmes et de la puissance de la prière. Ils ne cherchent pas à savoir s’ils sont revêtus de la puissance d’en haut pour gagner des âmes à Christ. Tout ce qui est fait dans de telles occasions ne peut que laisser l’impression que l’on préfère la culture humaine à l’onction spirituelle. Oh, si cela pouvait changer, et si nous pouvions tous nous mettre d’accord, maintenant et pour toujours, pour nous attacher à la promesse de Christ de manière pratique, et ne pas nous considérer comme capables d’accomplir la grande tâche de l’Église sans avoir été richement revêtus de la puissance d’en haut! Je supplie mes frères, en particulier mes jeunes frères, de ne pas croire que j’écris ces articles dans un esprit de reproche. Je supplie les Églises, je supplie les séminaires, de recevoir cette parole d’exhortation venant d’un vieil homme, qui possède quelque expérience en la matière, et dont le cœur s’afflige et s’attriste devant les manquements de l’Église, des ministères et des séminaires dans ce domaine. Frères, je vous exhorte vivement à considérer ce problème d’une manière plus sérieuse. Réveillez-vous, prenez ce sujet à cœur! Ne prenez aucun repos tant que vous n’aurez pas remis à sa vraie place cette question de la puissance d’en haut. Qu’elle soit remise à la place essentielle et pratique qu’elle doit occuper aux yeux de toute l’Église, selon la volonté de Christ.

à suivre....


dimanche 12 août 2018

(4) LA PUISSANCE D'EN HAUT (Charles G. FINNEY)

Nouvelle édition numérique Yves PETRAKIAN 2011 – France

Copie autorisée pour diffusion gratuite uniquement

Obligation d'indiquer la source http://456-bible.123-bible.com

Ce livre est aussi disponible gratuitement au format Bible Online sur: http://123-bible.com


Chapitre 4: REVÊTU DE LA PUISSANCE D’EN-HAUT.

                    Je me propose dans cet article d’étudier les conditions par lesquelles nous pouvons obtenir ce revêtement de puissance. Permettez-moi de recourir à la lumière des Écritures. Je ne veux pas encombrer vos notes de citations bibliques, mais je souhaite simplement énumérer quelques faits que tous les lecteurs de la Bible reconnaîtront facilement. Si les lecteurs de cet article veulent bien se reporter aux derniers chapitres des Évangiles de Matthieu et de Luc, ils pourront y voir la mission donné par Jésus-Christ à Ses disciples. Lisez également les premier et deuxième chapitres des Actes des Apôtres, en rapport avec cette mission, et vous serez ainsi prêts à apprécier ce que je veux vous dire dans cet article.

1. Les disciples étaient déjà convertis à Christ, et leur foi avait été confirmée par Sa résurrection. Mais permettez-moi de dire qu’il ne faut pas confondre la conversion à Christ avec la consécration à la grande œuvre de la conversion du monde. Lorsqu’une âme se convertit, elle a directement et personnellement affaire à Christ. Elle abandonne ses préjugés, ses oppositions, sa propre justice, son incrédulité, et son égoïsme. Elle accepte le Seigneur, Lui fait confiance, et L’aime d’une manière suprême. Cela, les disciples l’avaient tous fait, plus ou moins. Mais ils n’avaient encore reçu aucune mission précise, ni de revêtement particulier de puissance pour accomplir cette mission.

2. Lorsque Christ eut fait disparaître le grand trouble qui les avait saisis à la suite de Sa crucifixion, et qu’Il eut confirmé leur foi par les entretiens répétés qu’Il eut avec eux, Il leur confia la grande mission de convertir toutes les nations et de les gagner à Lui. Mais Il leur demanda expressément de rester à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils soient revêtus de la puissance d’en haut, puissance qu’ils devaient recevoir quelques jours plus tard, selon Sa promesse.
    
                    Observez bien ce que firent les disciples. Ils s’assemblèrent pour prier, hommes et femmes. Ils avaient accepté cette mission. Sans aucun doute, ils avaient compris quelle était la nature de cette mission, et la nécessité d’être revêtus de la puissance spirituelle que Christ leur avait promise. En persévérant jour après jour à se réunir pour prier, il est certain qu’ils en vinrent à apprécier de plus en plus les difficultés qu’ils allaient rencontrer, et à ressentir de plus en plus leur incapacité à accomplir cette tâche. Si nous considérons les circonstances et les résultats obtenus, nous parvenons à la conclusion qu’ils s’étaient tous sans exception consacrés, avec tout ce qu’ils possédaient, à la conversion du monde, et qu’ils en avaient fait le but suprême de leur vie. Ils avaient certainement renoncé à l’idée de vivre pour eux-mêmes, en quelque domaine que ce soit, et s’étaient consacrés de toutes leurs forces à la tâche qui les attendait. Cette consécration à l’œuvre, ce renoncement à soi-même, cette mort à tout ce que le monde pouvait leur offrir a dû, selon le cours normal des choses, précéder leur recherche intelligence de la puissance d’en haut. Puis ils persévérèrent, d’un commun accord, à prier pour le baptême du Saint-Esprit qui leur avait été promis, baptême qui comportait tout ce qui était essentiel à leur réussite. Remarquez qu’ils avaient une mission à accomplir. Ils avaient reçu la promesse d’une puissance pour l’accomplir. Ils avaient reçu l’ordre d’attendre que la promesse s’accomplisse. Comment ont-ils attendu? Ils ne sont pas restés passifs et inactifs. Ils n’ont fait aucune préparation consistant à se plonger dans l’étude ou à faire tout autre chose en se passant de cette puissance. Ils ne sont pas non plus retournés à leurs affaires, en priant de temps en temps pour que la promesse s’accomplisse. Mais ils ont persévéré dans la prière, et sont demeurés dans cette attitude jusqu’à ce que la réponse vienne. Ils avaient compris qu’il s’agissait du baptême du Saint-Esprit. Ils avaient compris qu’ils devaient le recevoir de Jésus-Christ. Ils ont prié avec foi. Ils ont tenu bon, dans une parfaite assurance, jusqu’à ce que vienne ce revêtement de puissance. Que ces réalités nous instruisent donc sur les conditions à remplir pour recevoir ce même revêtement de puissance!
      
                    En tant que chrétiens, nous avons la même mission à remplir. Tout autant que les premiers chrétiens, nous avons besoin du revêtement de la puissance d’en haut. Bien entendu, nous devons nous soumettre à la même injonction d’attendre que Dieu nous accorde ce revêtement, en persévérant jusqu’à ce que nous le recevions.
      
                     Nous avons reçu la même promesse que les disciples. A présent, nous devons, concrètement et en esprit, effectuer la même démarche qu’eux. Ils étaient chrétiens, et avaient une mesure de l’Esprit, pour les conduire dans la prière et dans la consécration. Il en est de même pour nous. Tout chrétien possède une mesure de l’Esprit de Christ. Cela suffit pour que le Saint-Esprit nous conduise dans une véritable consécration et nous inspire la foi qui nous est essentielle pour prévaloir dans la prière. N’attristons donc pas le Saint-Esprit et ne Lui résistons pas. Mais acceptons notre mission, consacrons-nous entièrement, avec tout ce que nous possédons, au salut des âmes. Que ce soit la grande et unique tâche de notre vie. Offrons-nous sur l’autel avec tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes. Restons-y et persévérons dans la prière jusqu’à ce que nous recevions ce revêtement.
      
                   Veuillez noter que la conversion à Christ ne doit pas être confondue avec l’acceptation de la mission de convertir le monde. La conversion est une transaction personnelle entre une âme et Christ, transaction qui concerne son propre salut. Accepter la mission revient à accepter le service dans lequel Christ nous propose d’entrer. Christ n’exige pas que nous fassions des briques sans nous fournir la paille. En nous donnant la mission, Il nous donne aussi un ordre et une promesse. Si nous acceptons la mission de tout notre cœur, si nous croyons à la promesse, si nous obéissons à l’ordre de nous attendre au Seigneur jusqu’à ce qu’il renouvelle notre force, nous recevrons le revêtement de puissance.
     
                   Il est de la plus haute importance que tous les chrétiens comprennent que cette mission de convertir le monde leur est donnée à chacun d’eux individuellement par Jésus-Christ.
      
                    Sur chaque chrétien repose la grande responsabilité de gagner à Christ le plus grand nombre d’âmes possible. C’est le grand privilège et le grand devoir de tous les disciples de Christ. C’est une tâche qui comporte un grand nombre de responsabilités différentes. Mais pour chacune de ces responsabilités, nous pouvons et devons posséder cette puissance. Que nous soyons appelés à prêcher, à prier, à écrire, à imprimer, à faire des affaires, à voyager, à prendre soin d’enfants, à gouverner un État, ou à tout autre tâche, toute notre vie et toute l’influence que nous exerçons doivent être saturées de cette puissance. Christ a dit: ‘Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein’. {Jean 7:38} Cela signifie que celui qui croit exercera une influence chrétienne, c’est-à-dire une influence procédant de Christ et possédant un élément de puissance capable d’imprimer la vérité de Christ dans le cœur des hommes.
      
                    Le grand besoin de l’Église actuellement est, en tout premier lieu, de comprendre clairement que cette mission de convertir le monde a été donnée à chacun des disciples de Christ. Ce disciple doit en faire la tâche de sa vie. Je crains de devoir dire que la grande masse de ceux qui font profession de foi chrétienne semblent n’avoir jamais été touchés par cette vérité. Ils laissent aux ministères la tâche de sauver les âmes.
      
                   L’Église a également grand besoin d’être convaincue de la nécessité, pour chaque chrétien, d’être revêtu de ce revêtement de puissance. De nombreux chrétiens supposent que cette puissance est réservée spécialement et uniquement à ceux qui sont appelés à consacrer leur vie à prêcher l’Évangile. Ils ne comprennent pas que tous les chrétiens sont appelés à prêcher l’Évangile, et que la vie tout entière de chaque chrétien doit être une proclamation de la bonne nouvelle.
      
                    L’Église a aussi besoin d’une foi sincère dans la promesse de ce revêtement de puissance. Un grand nombre de chrétiens, et même de ministères, semblent douter que cette promesse soit pour toute l’Église et pour chaque chrétien. Par conséquent, ils n’ont aucune foi pour se saisir de cette promesse. Si elle n’est pas pour tous, ils ne savent pas pour qui elle peut être. Bien entendu, ils ne peuvent donc pas s’en saisir par la foi.
       
                    L’Église a enfin besoin de persévérance pour attendre de Dieu ce que les Écritures nous demandent de recevoir. Les chrétiens se lassent avant d’avoir reçu la promesse. Le revêtement de puissance n’est donc pas reçu. Des multitudes semblent se satisfaire de l’espérance personnelle en la vie éternelle. Ils ne sont jamais prêts à régler une fois pour toutes la question de leur propre salut, en se confiant entièrement en Christ. Ils ne sont pas prêts à accepter la grande mission de travailler pour le salut des autres. Leur foi est si faible qu’ils ne règlent pas définitivement la question de leur propre salut en s’en remettant à Jésus-Christ. Je me suis rendu compte que même certains ministres de Christ se trouvent dans la même condition. Leur démarche est hésitante, ils sont incapables de se consacrer pleinement au salut des autres, parce qu’ils ne sont pas pleinement assurés de leur propre salut. Il est étonnant de voir à quel point l’Église a pratiquement perdu de vue la nécessité d’être revêtue de la puissance de Dieu. Presque tout le monde parle en abondance de notre dépendance du Saint-Esprit. Mais combien cette dépendance est peu réalisée en pratique! Chrétiens et même ministères se mettent à l’œuvre tout de même. Je suis désolé d’être obligé de dire que les rangs des serviteurs de Dieu semblent se remplir de ceux qui ne possèdent pas cette puissance. Que le Seigneur puisse nous faire miséricorde! Me dira-t-on que je manque d’amour en faisant cette remarque? Si c’est le cas, que l’on se procure le rapport officiel de la Société Missionnaire pour l’Amérique. Il y a certainement quelque chose qui ne va pas.

                    Chaque missionnaire de cette Société gagne à Christ une moyenne de cinq âmes par an. Ce résultat indique certainement une faiblesse extrêmement alarmante dans l’exercice du ministère. Est-ce que tous ces serviteurs de Dieu, ou même la majorité d’entre eux, ont été revêtus de la puissance promise par Jésus-Christ? Si ce n’est pas le cas, quelle en est la raison? Mais s’ils en ont été revêtus, est-ce là tout ce que Christ avait l’intention d’accomplir en nous donnant cette promesse? J’ai dit dans un précédent article que la réception de ce revêtement de puissance était instantanée. Je ne veux pas affirmer par là que nous devons nécessairement être tous conscients du moment précis où cette puissance a commencé à se manifester en nous. Elle a pu commencer comme une rosée et grandir au point de devenir une averse! J’ai fait allusion au rapport de la Société Missionnaire pour l’Amérique. Je n’insinue pas que les frères employés par cette Société soient tous exceptionnellement faibles dans leur foi et leur puissance, dans les œuvres qu’ils accomplissent pour Dieu. Au contraire, pour connaître certains d’entre eux, je les considère comme des ouvriers pour la cause de Dieu, parmi les plus consacrés et les plus désintéressés. Ce fait illustre bien la faiblesse inquiétante qui se manifeste dans tous les domaines de l’Église, chez les ministères comme chez les laïcs. Ne sommes-nous pas faibles? Ne sommes-nous pas criminellement faibles? On a dit de moi qu’en écrivant de la sorte j’offensais les ministères et l’Église. Je ne peux croire que la simple affirmation d’un fait aussi évident puisse être  regardé  comme une offense. En réalité, il y a quelque chose de fondamentalement défectueux dans la formation spirituelle des ministères et de l’Église. Les ministères sont faibles parce que l’Église est faible. A son tour, l’Église est maintenue dans la faiblesse par la faiblesse des ministères. Oh! Puissions-nous être réellement convaincus de la nécessité de recevoir ce revêtement de puissance, et de la nécessité d’avoir foi en la promesse de Christ!

à suivre..... 


vendredi 10 août 2018

(3) LA PUISSNCE D'EN HAUT (Charles G. FINNEY)

Nouvelle édition numérique Yves PETRAKIAN 2011 – France Copie autorisée pour diffusion gratuite uniquement. Obligation d'indiquer la source http://456-bible.123-bible.com
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Chapitre 3: ÊTRE REVÊTU DE L’ESPRIT.

                   Depuis la publication dans "L’Indépendant" de mon article sur "La puissance d’en haut," j’ai dû rester alité une longue période pour cause de maladie. Entre-temps, j’ai reçu de nombreuses lettres me demandant des explications sur ce sujet. Elles concernent essentiellement les demandes suivantes:

1.
Pouvons-nous avoir d’autres exemples de la manifestation de cette puissance?
2.  Qui a le droit de recevoir ce revêtement de puissance?
3.  Comment peut-il être obtenu, et à quelles conditions?

                     Il m’est impossible de répondre par une lettre individuelle à toutes les demandes qui m’ont été faites. Avec votre permission, je vous propose, si ma santé continue à s’améliorer, de répondre sous la forme de plusieurs articles courts, que vous ferez paraître dans vos colonnes. Pour le moment, je relaterai un autre exemple de la manifestation de cette puissance, dont j’ai été personnellement témoin. Peu après avoir été ordonné prédicateur, je me rendis dans une région du pays où je n’étais absolument pas connu. Je m’y rendis à l’invitation d’une Société Missionnaire Féminine, située dans le Comté d’Oneida, dans l’État de New-York. Au début du mois de mai, si ma mémoire est bonne, je me rendis dans la ville d’Antwerp, au nord du Comté de Jefferson. Je descendis à l’hôtel du village, et j’y appris qu’il n’y avait aucune réunion chrétienne dans ce village à cette époque.
    
                     Ils avaient une salle de réunions en brique, mais elle était fermée. Je réussis à rassembler quelques personnes dans le salon d’une chrétienne de l’endroit, et je leur apportai une prédication le lendemain soir de mon arrivée. En passant dans le village, j’avais été choqué d’entendre les horribles blasphèmes et jurons proférés par tous les hommes que je croisais. J’obtins la permission de prêcher dans l’école le dimanche suivant. Mais j’étais déjà très découragé, presque terrifié, de constater l’état spirituel de la société qui m’entourait. Le dimanche, le Seigneur imprima puissamment dans mon cœur les paroles que le Seigneur Jésus a adressées à Paul, dans Actes 18:9-10: "Ne crains point; mais parle, et ne te tais point, car je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour te faire du mal: parle, car j’ai un peuple nombreux dans cette ville." Ces paroles m’enlevèrent toute crainte, mais mon cœur était dans l’agonie pour ce peuple.
     
                      Le dimanche suivant, je me levai de bon matin, et m’isolai dans un bosquet, non loin du village, pour répandre mon cœur devant Dieu et Lui demander Sa bénédiction sur ce qui allait être accompli pendant cette journée. Il m’est impossible d’exprimer en paroles l’agonie de mon âme. Je combattis pendant une ou deux heures avec beaucoup de gémissements et, je le crois, beaucoup de larmes, mais sans obtenir aucun soulagement. Je revins dans ma chambre d’hôtel, mais retournai presque aussitôt dans le bosquet. Je le fis par trois fois. La troisième fois, je fus entièrement soulagé de mon fardeau, juste avant de partir pour la réunion. Je me rendis à l’école, et vis qu’elle était remplie au maximum de sa capacité. Je pris ma petite Bible de poche, et choisis comme sujet de ma prédication: "Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle". {Jean 3:16}
       
                    J’exposai l’amour de Dieu, et le mis en contraste avec la manière dont Il était traité par ceux pour lesquels Il avait donné Son Fils. Je leur dis la vérité concernant leurs blasphèmes. Je reconnus parmi mes auditeurs plusieurs d’entre eux dont j’avais tout particulièrement remarqué les blasphèmes. Le cœur lourd et les yeux remplis de larmes, je les désignai du doigt et dis: "J’ai entendu ces hommes demander à Dieu d’envoyer leurs camarades en enfer!" La Parole produisit un effet puissant. Personne ne sembla offensé, mais presque tous furent profondément émus. A la fin de la réunion, l’aimable propriétaire, M. Copeland, se leva et dit qu’il tiendrait la salle de réunion ouverte pendant l’après-midi. C’est ce qu’il fit. La salle fut remplie de monde. Comme le matin, la Parole eut un puissant effet. C’est ainsi qu’un puissant réveil éclata dans ce village. Il se répandit peu après dans toutes les directions. Ce fut le second dimanche après ces évènements, me semble-t-il, qu’un homme âgé s’approcha de moi et me dit: "Pouvez-vous venir prêcher chez nous? Nous n’avons jamais eu de réunions religieuses!" Je lui demandai où et à quelle distance il habitait, et me mis d’accord avec lui pour venir prêcher le lendemain après-midi, un lundi, à cinq heures, dans leur salle de classe. Je venais de prêcher trois fois dans ce village, et j’avais participé à deux réunions de prière le dimanche. Le lendemain, je me rendis à pied au lieu de rendez-vous convenu. Il faisait très chaud ce jour-là. Avant même d’arriver à destination, je me sentis presque trop faible pour marcher, et très découragé. Je m’assis à l’ombre sur le bord du chemin, mais j’étais si faible qu’il me semblait que je ne pourrais jamais atteindre ma destination. Et même si j’y parvenais, je me sentais trop découragé pour parler aux gens qui m’attendaient.
     
                     A mon arrivée, je vis que la salle était pleine. Je commençai aussitôt la réunion en proposant un cantique. Ils s’efforcèrent de chanter, mais une horrible cacophonie me fit atrocement souffrir. Je me penchai en avant, posai mes coudes sur mes genoux et me bouchai les oreilles avec les mains. Je secouai fortement ma tête pour faire taire ce bruit discordant que je pouvais à peine supporter. Dès qu’ils se turent, je me jetai à genoux, dans un état proche du désespoir. Le Seigneur m’ouvrit alors les écluses des cieux, et m’accorda une grande liberté et une grande puissance dans la prière.
      
                    Jusqu’à ce moment-là, je ne savais pas sur quel texte je ferais ma prédication. Quand je me relevai, le Seigneur me donna ce passage: "Levez-vous, sortez de ce lieu; car l’Éternel va détruire la ville". {Genèse 19:14}  J’indiquai à l’assemblée où se trouvait ce passage, autant que je pouvais m’en souvenir, et je leur parlai de la destruction de Sodome. Je leur retraçai les grandes lignes de l’histoire d’Abraham et de Lot et de leurs relations. Je parlai de la prière d’Abraham en faveur de Sodome, et de Lot, le seul juste qui fut trouvé dans cette ville.
      
                    Pendant que je parlais, je fus frappé par le fait que tout le monde me regardait d’un air extrêmement irrité. Beaucoup avaient un air très menaçant. Certains de ces hommes me regardaient comme s’ils étaient prêts à me frapper. Je ne pouvais pas comprendre cela, car je ne faisais que leur donner certains aperçus de l’histoire biblique, avec une grande liberté d’esprit.

                  Dès que j’eus terminé mon récit historique, je leur dis que j’avais compris qu’ils n’avaient jamais eu de réunion religieuse dans ce lieu. M’appuyant sur ce fait, je saisis l’épée de l’Esprit et me jetai sur eux de toutes mes forces. A partir de ce moment, l’atmosphère devint rapidement de plus en plus solennelle. Peu de temps après, toute la congrégation sembla recevoir un choc brutal. Je ne puis décrire ce que je ressentis, ni ce que j’observai dans l’assemblée. Mais la parole semblait littéralement trancher comme une épée.
     
                     La puissance d’en haut descendit sur eux comme un torrent, avec une telle force qu’ils tombèrent à terre partout dans la salle. En moins d’une minute, presque toute l’assistance se trouvait soit à genoux, soit prosternée face contre terre, ou prostrée devant le Seigneur d’une manière ou d’une autre. Tous criaient ou gémissaient en demandant à Dieu miséricorde pour leur âme. Ils ne faisaient plus attention ni à moi ni à ma prédication. J’essayai d’attirer leur attention, mais en vain. J’observai l’homme âgé qui m’avait invité ici, et qui était toujours assis sur son siège, à peu près au centre de la pièce. Il regardait autour de lui avec une expression d’étonnement indicible. Je le désignai du doigt, et lui criai de toutes mes forces: "Ne pouvez-vous pas prier?" Il se mit à genoux et prononça en rugissant une courte prière, aussi fort qu’il le pouvait. Mais personne  ne fit attention à lui.
     
                 Je parcourus la salle des yeux pendant un moment, puis je m’agenouillai et posai ma main sur la tête d’un jeune homme qui était à genoux à mes pieds, et qui priait Dieu de faire grâce à son âme. Je réussis à attirer son attention, et lui annonçai Jésus à l’oreille. En très peu de temps il se saisit de Jésus par la foi, puis se mit à prier pour ceux qui l’entouraient. Je me tournai alors vers un autre, et fis de même. J’obtins le même résultat. J’allai ensuite de l’un à l’autre, jusqu’à ce qu’un grand nombre se soient saisis de Christ et se répandent en prière pour les autres. Après avoir continué ainsi presque jusqu’au coucher du soleil, je fus obligé de remettre la réunion au monsieur âgé qui m’avait invité, car je devais me rendre à un autre endroit pour la soirée.
      
                     Le lendemain après-midi, on vint me chercher pour que je revienne à cet endroit, car ils n’avaient pas encore pu finir la réunion. Ils avaient été obligés de quitter l’école pour laisser la place aux écoliers. Mais ils avaient continué à se réunir dans une maison particulière proche. J’y trouvai un certain nombre de personnes encore trop anxieuses et trop accablées d’une conviction de péché pour avoir pu rentrer chez elles. Elles aussi furent vaincues par la parole de Dieu. Je crois que toutes reçurent une espérance avant de rentrer chez elles. Remarquez que j’étais complètement étranger à cet endroit, que je n’avais jamais vu et dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à ce moment-là. Mais, lors de ma seconde visite, j’appris que l’on avait appelé cet endroit Sodome, en raison de son impiété, et que l’on avait nommé le vieil homme qui m’avait invité Lot, parce qu’il était le seul chrétien de l’endroit. Après cela, un réveil éclata dans les environs.
     
                    Je ne retournai plus dans cet endroit pendant longtemps. Mais en 1856, je crois, alors que j’exerçais mon ministère à Syracuse, dans l’État de New-York, on me présenta un ministre de Christ qui venait du Comté de Saint-Lawrence et qui s’appelait Cross. Il me dit: "M. Finney, vous ne me connaissez pas. Mais vous souvenez-vous avoir prêché dans un endroit nommé Sodome?" Je lui dis: "Je ne l’oublierai jamais!" Il répliqua: "J’étais alors un jeune homme, et je me suis converti au cours de cette réunion." Il vit encore. Il est pasteur de l’une des églises de notre pays, et le père du principal de notre section préparatoire. Ceux qui ont vécu dans cette région peuvent témoigner des résultats permanent de ce réveil béni. Je ne peux donner, par les mots que j’emploie, qu’une très faible description de la merveilleuse manifestation de puissance accompagnant la prédication de la Parole.

à suivre.....

mercredi 8 août 2018

(2) LA PUISSNCE D'EN HAUT (Charles G. FINNEY)

Nouvelle édition numérique Yves PETRAKIAN 2011 – France Copie autorisée pour diffusion gratuite uniquement. Obligation d'indiquer la source http://456-bible.123-bible.com
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 Chapitre 2: DE QUOI S’AGIT-IL?

                      Qu’est-ce que les apôtres et tous les disciples présents ont reçu le jour de la Pentecôte? Quelle puissance ont-ils manifestée immédiatement après?

                 Ils ont reçu un puissant baptême du Saint-Esprit, un immense accroissement d’illumination divine. Ce baptême leur a conféré une grande diversité de dons, qui furent employés pour l’accomplissement de leur tâche. Il incluait manifestement les choses suivantes:

-la puissance d’une vie sainte,
-la puissance d’une vie de renoncement à soi-même (la manifestation de ces deux qualités doit avoir eu une grande influence sur ceux à qui ils annonçaient l’Évangile),
-la puissance d’une vie crucifiée, -la puissance d’une grande douceur, que ce baptême leur permettait de démontrer partout,
-la puissance d’un vivant enthousiasme à proclamer l’Evangile,
-la puissance de l’enseignement,
-la puissance d’une foi vivante et agissante par l’amour,
-le don des langues,
-une augmentation de la puissance d’opérer des miracles,
-le don d’inspiration, ou de la révélation de nombreuses vérités jusque là cachées à leur yeux,
-la puissance du courage moral de proclamer l’Évangile et d’obéir à Christ, quel que soit le prix à payer.

               Les circonstances de leur vie rendaient nécessaires tous ces revêtements de puissance, pour qu’ils réussissent leur mission. Mais, qu’ils soient considérés séparément ou ensemble, ces revêtements ne constituaient pas la puissance d’en haut dont Christ avait parlé, et qu’ils avaient manifestement reçue.
     
                     Ce qui constituait la puissance qu’ils avaient reçue, la clef suprême et absolument indispensable de leur succès, fut la puissance de faire fléchir à la fois le cœur de Dieu et celui des hommes, la puissance d’implanter des convictions de salut dans les pensées des hommes. Ce fut là, sans aucun doute, ce qu’ils avaient compris que Christ leur donnerait. Il avait donné à l’Église la mission de convertir le monde entier. Tous les revêtements de puissance que j’ai mentionnés plus haut n’étaient que des moyens, qui ne pouvaient leur permettre d’atteindre leur objectif que s’ils étaient animés et rendus efficaces par la puissance de Dieu. Il ne fait pas de doute que les apôtres l’avaient compris. Ils ont offert leur vie toute entière sur l’autel, et ont fait le siège du Trône de la Grâce, dans un esprit d’entière consécration à leur œuvre.
    
                    Ils reçurent effectivement les dons que j’ai déjà mentionnés. Mais, par dessus tout, ils reçurent la puissance de convaincre les hommes de la nécessité de leur salut. Cette puissance se manifesta immédiatement. Ils commencèrent à s’adresser à la multitude. Il est merveilleux de voir que trois mille se convertirent sur le champ. Mais observez qu’ils ne manifestèrent aucune puissance nouvelle à cette occasion, à part celle de parler en langues. Ils n’accomplirent aucun miracle, et n’employèrent le don des langues que pour se faire comprendre. Qu’il soit bien compris qu’ils n’avaient pas eu le temps de manifester un seul des dons de l’Esprit que je viens de mentionner. Ils n’avaient pas eu non plus le temps de manifester la sainteté dans leur vie, ni aucun des puissants dons et grâces de l’Esprit.
      
                    Ce qu’ils dirent à cette occasion, tel que nous le relate l’Évangile, n’aurait pas pu produire l’impression constatée, si cela n’avait pas été dit par des hommes possédant une nouvelle puissance, celle de convaincre les auditeurs de la nécessité de leur salut. Cette puissance n’était pas celle de l’inspiration, car ils n’ont fait que proclamer un certain nombre de faits qu’ils connaissaient. Ce n’était pas la puissance de l’éducation et de la culture humaines, car ils n’en avaient pas beaucoup non plus. Ce n’était pas la puissance de l’éloquence humaine, car il semble qu’ils n’en aient pas eu beaucoup. C’était Dieu qui parlait en eux et par eux.
     
                C’était la puissance d’en haut, Dieu en eux qui était en train de convaincre ceux qui les écoutaient de la nécessité de leur salut. Cette puissance de conviction demeura en eux et sur eux.
      
                    C’était, sans aucun doute, la chose principale et suprême que Christ leur avait promise, et que reçurent les apôtres et les premiers chrétiens. Cette puissance a continué à se manifester dans l’Église depuis cette époque, avec une intensité plus ou moins grande. C’est une réalité mystérieuse, qui se manifeste souvent de la manière la plus surprenante. Il suffit parfois d’une seule phrase, d’un seul mot, d’un geste, ou même d’un regard, pour manifester cette puissance d’une manière irrésistible.
     
                    Pour la seule gloire de Dieu, je parlerai un peu de ma propre expérience dans ce domaine. Je fus puissamment converti un 10 octobre au matin. Le soir du même jour, et le lendemain matin, je reçus d’extraordinaires baptêmes dans le Saint-Esprit, qui me semblèrent traverser mon corps et mon âme. Je me vis aussitôt revêtu d’une telle puissance d’en haut que quelques paroles adressées ici et là à quelques personnes furent le moyen de leur conversion immédiate. Mes paroles semblaient transpercer l’âme des hommes comme des flèches barbelées. Elles tranchaient comme des épées. Elles brisaient le cœur comme un marteau. Des multitudes peuvent l’attester. Souvent, un simple mot, sans que je m’en souvienne, donnait une conviction de péché, et entraînait souvent une conversion presque immédiate. Souvent j’ai senti que cette puissance, dans une grande mesure, m’avait quitté. J’allais faire une visite, et je voyais que je n’avais donné aucune conviction de salut. J’exhortais et je priais, mais sans plus de résultats. Je devais alors mettre à part un jour pour jeûner et prier en privé, craignant que cette puissance ne m’ait quitté, et cherchant avec angoisse quelle était la raison de cette apparente stérilité. Après m’être humilié, et avoir crié à Dieu pour qu’Il m’accorde Son aide, cette puissance m’était rendue dans toute sa fraîcheur. Telle a été mon expérience personnelle.
      
                    Je pourrais écrire un livre entier sur mes expériences et observations personnelles en ce qui concerne cette puissance d’en haut. Elle est une réalité de la conscience et de l’observation, mais aussi un grand mystère. J’ai déjà dit que parfois un seul regard transmet la puissance de Dieu. J’en ai souvent été témoin. Je vais l’illustrer par le fait suivant. Un jour, j’ai prêché pour la première fois dans un village où se trouvaient des manufactures. Le lendemain, je me rendis dans l’une des manufactures, pour voir son fonctionnement. En traversant un atelier de tissage, je vis un grand nombre de jeunes femmes. Je vis que certaines me regardèrent, puis se regardèrent les unes les autres d’une manière qui montrait qu’elles me connaissaient, et qui exprimait la frivolité. Pourtant, je ne connaissais aucune d’entre elles.
     
                     Leur légèreté d’esprit me fit une impression particulière. Je la ressentis au plus profond de mon cœur. Je m’arrêtai et les regardai, je ne sais plus comment, mais tout entier absorbé par la pensée de leur culpabilité et du danger spirituel qu’elles couraient. Tout en conservant cette expression devant elles, je vis que l’une d’entre elles devint très agitée. Un fil se brisa sur son métier à tisser. Elle tenta de le réparer, mais ses mains tremblaient tellement qu’elle ne put y parvenir. Je me rendis compte que cette sensation se répandait rapidement, jusqu’à gagner toutes celles qui faisaient preuve de cette complicité. Je continuai à les fixer du regard jusqu’à ce que l’une après l’autre abandonne complètement son travail. Elles tombèrent à genoux, et cet esprit se répandit dans tout l’atelier. Je n’avais pas prononcé une seule parole. Si je l’avais fait, le bruit des métiers à tisser m’aurait empêché d’être entendu. En quelques minutes, toutes arrêtèrent de travailler, et les pleurs et les lamentations se généralisèrent. A ce moment précis entra le propriétaire de la manufacture, qui lui-même n’était pas converti, accompagné de son directeur, un chrétien engagé. Lorsque le propriétaire vit ce qui se passait, il dit à son directeur: "Arrêtez l’usine!" Ce qu’il voyait semblait lui transpercer le cœur.
      
                    Il fit hâtivement remarquer: "Il est bien plus important que ces âmes soient sauvées, plutôt que cette usine tourne!" Dès que le bruit des machines eut cessé, le propriétaire demanda: "Qu’allons-nous faire? Il nous faut un endroit pour nous réunir, pour que nous soyons instruits!" Le directeur répondit: "L’écurie des mules conviendra!" Les mules furent sorties, et tout le personnel fut informé et rassemblé dans l’écurie. Nous eûmes une merveilleuse réunion. Je priai avec eux, et leur donnai toutes les instructions qu’il leur était possible de recevoir à leur niveau. La parole fut apportée avec puissance. Beaucoup mirent leur espérance en Dieu ce jour-là. En l’espace de quelque jours, comme j’en fus informé par la suite, presque tous les membres du personnel de ce grand établissement, y compris le propriétaire, s’étaient convertis.
      
                    Cette puissance est vraiment merveilleuse! J’ai souvent vu des gens incapables de supporter une parole. La phrase la plus simple et la plus ordinaire les transperçait comme une épée et les jetait au sol de leur siège, leur enlevait toute force physique, et les rendait aussi impuissants que des hommes morts. Plusieurs fois, j’ai pu vérifier dans ma propre expérience qu’il me suffisait d’élever la voix, ou de faire une brève prière ou exhortation, de la manière la plus douce, pour que les auditeurs soient complètement terrassés. Ce n’est pas parce que je leur prêchais la terreur. Mais les plus douces paroles de l’Évangile exerçaient sur eux une influence puissante. Cette puissance semble parfois remplir l’atmosphère qui entoure celui qui en est abondamment chargé. Souvent, une assemblée composée d’un grand nombre de personnes est enveloppée de cette puissance, au point que l’atmosphère tout entière semble chargée de la vie de Dieu. Des inconnus qui entrent dans ce lieu, ou qui traversent cet endroit, seront instantanément convaincus de péché, et bien souvent convertis à Christ.
      
                    Quand les chrétiens s’humilient, se re-consacrent tout à nouveau à Christ, et Lui demandent Sa puissance, ils recevront souvent un tel baptême de l’Esprit qu’ils seront utilisés pour convertir plus d’âmes en un seul jour que dans toute leur existence passée. Quand les chrétiens restent assez humbles pour conserver cette puissance, les conversions continueront à se produire, jusqu’à ce que des communautés et des régions entières se convertissent à Christ. Il en est de même pour les serviteurs de Dieu. Mais cet article est déjà assez long. Si vous le permettez, je reparlerai plus tard de ce sujet.

à suivre......