samedi 30 décembre 2017

(4) LA VIE INTÉRIEURE DANS LE SECRET DE LA CHAMBRE Andrew Murray

Nouvelle traduction française sur l’original. Copyright Aout 2011, Yves PETRAKIAN – France Diffusion gratuite uniquement en indiquant la source : http://456-bible.123-bible.com/


Titre original: THE INNER CHAMBER AND THE INNER LIFE BY THE REV. ANDREW MURRAY, D.D. 1828-1917  Fleming H. Revell Company Copyright, 1905, by FLEMING H. REVELL COMPANY



4 - MOÏSE ET LA PAROLE DE DIEU

                    En ce qui concerne le rapport entre la prière et la Parole dans notre culte privé, l'exemple d'un païen converti a souvent été cité: «Je prie, je parle à Dieu; je lis dans la Bible, Dieu me parle.»

                    Il y a un verset dans l'histoire de Moïse, dans lequel cette pensée est merveilleusement mise en évidence. Nous lisons :

« LORSQUE MOÏSE ENTRAIT DANS LA TENTE D'ASSIGNATION POUR PARLER AVEC L'ÉTERNEL, IL ENTENDAIT LA VOIX QUI LUI PARLAIT DU HAUT DU PROPITIATOIRE. ET IL PARLAIT AVEC L'ÉTERNEL » (Nombres 7:89)

                    Lorsqu’il entrait pour prier pour lui ou pour son peuple, et qu’il attendait des instructions, il trouvait Celui qui l’attendait.

Quelle leçon pour notre moment du matin.

                    Un esprit de prière est l'esprit par lequel Dieu parle. Un esprit de prière sera un esprit d'écoute s'attendant à entendre ce que Dieu dit. Dans notre communion avec Dieu, Sa présence et le rôle qu'il y prend doivent être aussi réels que les nôtres.

                    Nous voulons demander ce qui est nécessaire pour que notre lecture de l'Écriture et la prière soient une vraie communion avec Dieu.
Tout d'abord, ALLEZ AU BON ENDROIT.

                    Moïse est allé dans le tabernacle pour parler avec Dieu. Il se séparait lui-même du peuple, et allait là où il pouvait être seul avec Dieu. Il allait là où Dieu se trouvait.

                    Jésus nous a dit où est ce lieu. Il nous appelle à entrer dans notre chambre, fermer la porte, et prier notre Père qui voit dans le secret. N’importe quel endroit où nous sommes vraiment SEULS AVEC DIEU peut être pour nous le secret de Sa présence. Pour parler avec Dieu on a besoin de séparation d’avec tout le reste.

                    Il est nécessaire d’avoir un cœur attentif et résolu à rencontrer Dieu personnellement, en ayant des contacts directs avec lui. Ceux qui vont à cet endroit particulier pour parler à Dieu, entendront la Voix de Celui qui leur parle.

METTEZ-VOUS DANS LA BONNE POSITION.

                   Moïse a entendu la voix de celui qui parlait du haut du propitiatoire. Prosternez-vous devant le propitiatoire. La conscience de votre indignité ne vous gênera pas, mais ce sera une véritable aide pour faire confiance à Dieu.Vous pouvez avoir l'assurance que votre regard confiant vers Lui sera croisé par le sien, que votre prière sera entendue, et que sa réponse aimante sera accordée. Prosternez-vous devant le propitiatoire, et soyez sûrs que le Dieu de miséricorde vous verra et vous bénira.

                    Et puis, METTEZ-VOUS DANS LA BONNE DISPOSITION, dans une attitude d'écoute.

                    Beaucoup sont tellement occupés par l'abondance ou le peu qu'ils ont à dire dans leurs prières, qu’ils n’ont jamais entendu la Voix de Celui qui parle du haut du propitiatoire, car ils ne l’attendent pas ni ne s’y attendent.

                    « Ainsi parle l'Éternel : Le ciel est mon trône, et la terre mon marchepied. Voici sur qui je porterai mes regards : SUR CELUI QUI SOUFFRE ET QUI A L'ESPRIT ABATTU, SUR CELUI QUI CRAINT MA PAROLE » (Esaïe 66:1-2).

                    Entrez dans votre chambre et mettez-vous à prier, avec un cœur qui attend humblement que Dieu lui parle. Dans la Parole, nous lisons que nous pouvons entendre la voix de Celui qui nous parle.

                    La plus grande bénédiction dans la prière sera quand nous cesserons de prier et que nous laisserons Dieu parler. La prière et la Parole sont indissociablement liés l’une à l’autre: la puissance dans l'utilisation de l'une dépend de la présence de l'autre.

                    La Parole me donne matière à prier, me disant ce que Dieu fera pour moi. Il me montre le chemin de la prière, me disant comment aller à Dieu. Il me donne le pouvoir de prier, le courage et l'assurance que je vais être entendu. Et cela me donne la réponse à la prière, car elle m’enseigne ce que Dieu fera pour moi.

                     Et ainsi, la prière prépare le cœur à recevoir la Parole de Dieu Lui-même, l'enseignement de l'Esprit donne la compréhension spirituelle et la foi participe à son œuvre puissante. Il est clair qu’il en est ainsi.

                    La prière et la Parole ont un centre commun : Dieu. La prière cherche Dieu ; la Parole Le révèle. Dans la prière l'homme demande à Dieu ; dans la Parole Dieu répond à l’homme. Dans la prière l'homme s'élève vers le ciel pour habiter avec Dieu: dans la Parole, Dieu vient habiter avec l'homme. Dans la prière l'homme se donne à Dieu: dans la Parole, Dieu Lui-même se donne à l'homme. La prière et la Parole, doivent être un tout : Dieu.

                     Faites de Dieu, le tout de votre cœur, qu’il soit le seul objet de votre désir. La prière et la Parole vous procureront une communion bénie avec Dieu, un échange de la pensée, d'amour et de vie ; votre demeure en Dieu et Dieu en vous.

Cherchez Dieu et vivez !

à suivre.....


jeudi 28 décembre 2017

(3) LA VIE INTÉRIEURE DANS LE SECRET DE LA CHAMBRE Andrew Murray

Nouvelle traduction française sur l’original. Copyright Aout 2011, Yves PETRAKIAN – France Diffusion gratuite uniquement en indiquant la source : http://456-bible.123-bible.com/

Titre original: THE INNER CHAMBER AND THE INNER LIFE BY THE REV. ANDREW MURRAY, D.D. 1828-1917  Fleming H. Revell Company Copyright, 1905, by FLEMING H. REVELL COMPAN.


3 - LA RÉCOMPENSE PUBLIQUE



« Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Matthieu 6:17, 18)

« Lorsqu'ils virent l'assurance de Pierre et de Jean ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus » (Actes 4:13)

« Moïse descendit de la montagne de Sinaï il ne savait pas que la peau de son visage rayonnait, parce qu'il avait parlé avec l'Éternel. Aaron et tous les enfants d'Israël regardèrent Moïse, et voici la peau de son visage rayonnait ; et ils craignaient de s'approcher de lui. Moïse les appela et il leur parla. Lorsque Moïse eut achevé de leur parler, il mit un voile sur son visage. » (Exode 34:29-31,33)

                    Le passage de la communion avec Dieu dans l'heure matinale aux rapports avec nos semblables est souvent difficile.

                    Si nous avons rencontré Dieu, nous aspirons à maintenir le sentiment de sa présence, et notre abandon à Lui.

                    Nous sortons de la table du petit déjeuner, où, peut-être au sein de notre propre famille, l'atmosphère est à la fois changée, puis la présence d'hommes et de la réalité de la vie s'affirme, nous commençons à perdre ce que nous avions trouvé.

                   Plus d'un jeune chrétien a été perplexe sur la question de savoir comment garder son cœur rempli, il ne se sent pas la liberté, ou la possibilité d’en parler.

                   Même dans les milieux religieux, il n'est pas toujours facile de partager librement cela, par manque de ferveur ou d'audace, ce qui procurerait un plaisir et le plus grand profit.

                  Efforçons-nous de savoir comment nos relations avec les hommes, peuvent aider au maintien d'une vie de communion continuelle avec Dieu, au lieu d’être un obstacle.

                    Les leçons de l'histoire de Moïse qui se voilait le visage sont très suggestives. La communion continuelle et étroite que nous pouvons avoir avec Dieu laissera sa marque et se manifestera devant les hommes. Moïse ne savait pas que son visage rayonnait. La lumière de Dieu émanant de nous sera inconsciente, elle approfondira la sensation que nous donnons en tant qu'un vase de terre (1 Corinthiens 2:3-4; 2 Corinthiens 4).

                    La sensation de la présence de Dieu dans un homme peut susciter de la crainte chez les autres, ou du moins ils se sentent mal à l'aise en sa compagnie.

                    Lorsque les autres observeront ce qui doit être vu en lui, le vrai croyant saura ce que c'est que de se voiler son visage, et par son humilité et son amour il prouvera qu'il est bien un homme sujet aux mêmes passions que les autres. Et pourtant, malgré tout, il prouvera aussi, qu'il est un homme de Dieu, vivant et ayant des relations avec un monde invisible.

                    Les mêmes leçons sont enseignées par ce que notre Seigneur dit sur le jeûne. Il ne faut pas montrer que vous jeûnez afin que votre jeûne ne paraisse pas aux hommes; apportez leur la joie et la bonté de la douceur de Dieu, comme bien-aimés du Père et enfants chéris.

                    COMPTEZ SUR DIEU QUI VOUS A VU DANS LE SECRET, POUR VOUS RÉCOMPENSER PUBLIQUEMENT, POUR VOUS DONNER SA GRÂCE DANS LA COMMUNION AVEC LUI, ET POUR RÉVÉLER AUX AUTRES QUE SA GRÂCE ET SA LUMIÈRE SONT SUR VOUS.

                    L'histoire de Pierre et Jean confirme la même vérité: ils avaient été avec Jésus, non seulement pendant qu’Il était sur la terre, mais aussi quand Il fût monté au ciel, et qu’ils eurent reçu Son esprit. Ils firent tout simplement ce que l'Esprit du Christ leur avait enseigné; même leurs ennemis purent voir par leur hardiesse qu'ils avaient été avec Jésus.

                   La bénédiction de notre communion avec Dieu peut facilement être perdue en ayant de trop profondes relations avec les hommes.

                   L'esprit du secret de la chambre doit être préservé par une sainte vigilance tout au long de la journée. Nous ne savons pas à quelle heure l'ennemi peut venir.

                  Cette continuité du culte matinal peut être maintenue par le calme, la maîtrise de soi, en ne donnant pas les rênes à la nature. Il y a, dans certains foyers chrétiens, une aide qui consiste, lors du petit déjeuner, à citer chacun son tour, un texte donnant l'occasion d’une conversation spirituelle.

                  Une fois que l’objectif de notre heure matinale sera d’« être toujours dans la crainte respectueuse de la présence de Dieu », ayant humilité et amour envers ceux qui nous entourent, nous trouverons cette grâce d’accomplir nos tâches quotidiennes dans la continuité d’une communion intacte.
C’est une grande chose d’entrer dans sa chambre, de fermer la porte, et de rencontrer le Père dans le secret.

                 C’est une plus grande chose encore d’ouvrir la porte de nouveau, et de sortir dans la jouissance de cette Présence que rien ne peut perturber.

                   Pour certains, une telle vie ne semble pas nécessaire; la contrainte est trop grande; on peut être un bon chrétien sans elle. Pour ceux qui cherchent à être des hommes consacrés, qui estiment que pour être vrais et puissants pour influer l’église et le monde autour d'eux, ils doivent être pleins de Dieu et Sa Présence, tout sera subordonné à cette question:

                    Comment ferons-nous pour garder dans ce vase de terre, le trésor céleste, la puissance de Christ qui repose sur nous toute la journée ?

à suivre...........



lundi 25 décembre 2017

(2) LA VIE INTERIEURE DANS LE SECRET DE LA CHAMBRE Andrew Murray

Nouvelle traduction française sur l’original. Copyright Aout 2011, Yves PETRAKIAN – France Diffusion gratuite uniquement en indiquant la source : http://456-bible.123-bible.com/


Titre original: THE INNER CHAMBER AND THE INNER LIFE BY THE REV. ANDREW MURRAY, D.D. 1828-1917  Fleming H. Revell Company Copyright, 1905, by FLEMING H. REVELL COMPANY

2 - LA PORTE FERMÉE – SEUL AVEC DIEU

« Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui voit dans le secret. » (Matthieu 6:6)

--L'homme a été créé pour qu’il soit en communion avec Dieu.

                    Dieu le fit à son image et à sa ressemblance, pour qu’il soit capable de Le comprendre, de se réjouir en sa présence, faire sa volonté et se réjouir dans Sa gloire. Puisque Dieu est omniprésent et omniscient, l’homme aurait pu jouir d’une communion continuelle quel que soit le travail qu'il avait à faire.

--Mais le péché nous a privés de cette communion

                 Rien sinon cette communion ne peut satisfaire le cœur de l'homme et de Dieu. C'est Christ qui est venu restaurer sa créature perdue, la ramener à Dieu, et la ramener à tout ce pourquoi elle a été créée. 

                   La communion avec Dieu c’est la consommation de toutes les bénédictions sur la terre comme au ciel. Cela arrive lorsque la promesse, si souvent donnée, devient une pleine expérience: 

                  « Je serai avec toi, je ne te quitterai jamais, je ne t'abandonnerai jamais », et quand nous pouvons dire: « Le Père est toujours avec moi. »

                    Cette communion avec Dieu est censée être la nôtre tous les jours, quel que soit notre condition ou les circonstances qui nous entourent.

                    Mais cette jouissance dépend de la réalité de la communion dans le secret de la chambre.

                    Le pouvoir de maintenir une étroite et heureuse communion avec Dieu toute la journée, dépendra entièrement de l'intensité avec laquelle nous chercherons à le rencontrer à l'heure de la prière secrète. La chose essentielle dans cette heure du matin ou ce moment tranquille c’est la COMMUNION AVEC DIEU.

                    C'est le Seigneur, qui nous enseigne le secret de la prière secrète: « ferme ta porte, et prie ton Père qui voit dans le secret. »

                    La première chose essentielle est de comprendre que c’est dans le secret que vous avez la Présence et l’Attention du Père.

--Sachez qu’Il vous voit et vous entend.

                    Plus important que toutes vos demandes, même urgentes, et plus important que tous vos efforts à bien prier, c’est comme un enfant, avoir l'assurance que VOTRE PÈRE vous voit, vous a rencontré, et que ses yeux sur sont sur vous et les vôtres sur Lui, vous êtes maintenant en véritable communion avec Lui.

                    Chrétiens ! Il y a un danger terrible auquel vous êtes exposés dans le secret de votre chambre. Vous êtes en danger de remplacer la communion avec Dieu par la Prière et l’Étude de la Bible. Vous pouvez passer à côté de cet échange vivant, qui est de lui donner votre amour, votre cœur, votre vie, et de recevoir de Lui Son amour, Sa vie et Son esprit.

                    L’expression de vos besoins, votre désir de prier humblement avec ferveur et foi, peuvent vous occuper au point que la lumière de son visage et la joie de son amour ne peuvent vous pénétrer.

                    Votre étude de la Bible peut ainsi vous intéresser, réveiller en vous d’agréables sentiments religieux, au point que oui, la Parole même de Dieu peut se substituer à Dieu lui-même. C’EST UNE GRANDE ENTRAVE À LA COMMUNION, CAR ELLE MAINTIENT L'ÂME OCCUPÉE AU LIEU DE LA CONDUIRE À DIEU LUI-MÊME. Et nous commençons la journée de travail, sans la puissance d'une communion respectueuse parce que dans nos dévotions du matin la bénédiction n'était pas assurée.
                   Quelle différence cela ferait dans la vie de nombreuses personnes, si tout dans la chambre était subordonné à cette seule chose: je veux dans la journée marcher avec Dieu, mon heure du matin est le moment où mon Père conclut un engagement avec moi, et moi avec lui, comme cela doit être.

                    Quelle force serait assurée par la conscience de cette réalité: Dieu m’a pris en charge, il sera lui-même avec moi; je vais faire Sa volonté toute la journée avec Sa force; je suis prêt pour tout ce qui peut arriver.

                   Oui, quelle noblesse viendrait dans la vie, si la prière secrète n’était pas seulement une demande pour une certaine sensation de confort, de lumière ou de force, mais L’OBTENTION DE LA VIE, JUSTE POUR LA JOURNÉE DANS LA SÉCURITÉ D'UN DIEU PUISSANT ET FIDÈLE.

                    «Prie ton Père qui voit dans le secret, et ton Père qui voit dans le secret te récompensera ouvertement. » Lorsque la communion secrète avec le Père en esprit et en vérité est réelle, la vie publique devant les hommes en portera la récompense. Le Père qui voit dans le secret accorde des récompenses ouvertement.

                   La mise à part, dans la solitude, avec Dieu, c'est assurément, la seule façon de vivre en relation avec les hommes dans la force de la bénédiction de Dieu.

à suivre.....


jeudi 21 décembre 2017

(1) LA VIE INTÉRIEURE DANS LE SECRET DE LA CHAMBRE Andrew Murray

Nouvelle traduction française sur l’original. Copyright Aout 2011, Yves PETRAKIAN – France Diffusion gratuite uniquement en indiquant la source :  http://456-bible.123-bible.com/

Titre original: THE INNER CHAMBER AND THE INNER LIFE BY THE REV. ANDREW MURRAY, D.D. 1828-1917  Fleming H. Revell Company Copyright, 1905, by FLEMING H. REVELL COMPANY
Note du traducteur.

                   L’expression ‘The Morning Hour’ est rendue par : L’heure du matin. Le Culte personnel. Le moment passé avec Dieu. Un moment quotidien, calme et tranquille. Un temps à part de culte personnel avec Dieu. Que ce soit une heure, une demi-heure ou un quart d’heure, ils rejoignent le Psalmiste lorsqu’il dit : « Éternel ! le matin tu entends ma voix. » L’expression ‘The inner chamber and the inner life’ est rendue par: Prière dans le Secret de la chambre. La relation secrète avec Dieu. N’importe quel endroit où nous sommes vraiment SEULS AVEC DIEU peut être pour nous le secret de Sa présence

PRÉFACE

                    L’expression Vie intérieure suggère des réflexions de la plus haute importance. Le besoin quotidien d’un temps à part et tranquille, le véritable esprit de prière, la lecture pieuse de la Parole de Dieu, établissant la communion avec Dieu à laquelle ils sont destinés, ces trois éléments apportent ainsi une bénédiction. Ils fortifient notre vie spirituelle et nous rendent capables d’accomplir notre devoir quotidien dans les relations avec le monde; le Service pour le Royaume de Dieu, dans le salut des âmes et l’intercession - toutes ces vérités contribuent à rendre ces moments de dévotions, une source de joie et de force.
   
                   Dans ce petit livre, je n'ai pas essayé de les aborder de manière systématique, mais j'espère que les éléments que j'ai donnés pourront apporter à certains une aide dans le développement de la vie intérieure et de ses relations avec Dieu.
   
                    En Afrique du Sud, il existe diverses maladies qui affectent les orangers. L'une d'elle est communément connue sous le nom de maladie de la racine. Un arbre peut-être encore vivace, produire du fruit, et un observateur ordinaire peut ne pas remarquer quelque chose de mal, alors qu'un expert perçoit le début d'une mort lente.
   
                    Le phylloxéra dans les vignobles est une maladie qui attaque les racines, et il a été constaté qu'il n'existe pas de traitement radical sinon d’enlever les racines anciennes et d’en greffer de nouvelles. On greffe le cépage affecté sur des racines de cépage d'Amérique, et au cours du temps on obtient la même tige, les branches et les fruits comme avant; Mais LES RACINES SONT NOUVELLES et capables de résister à la maladie.
   
                    C'est dans la partie de la plante QUI EST CACHÉE A LA VUE, que la maladie vient, et là donc où la guérison doit être recherchée.
   
                    Combien l'Église de Christ, et la vie spirituelle de milliers de ses membres, souffrent de la maladie de la racine ! Cette maladie de la racine, c’est la négligence de la relation secrète avec Dieu.
   
                    Le manque de prière secrète, la négligence du maintien de cette vie cachée ENRACINÉE en Christ, ENRACINÉE et fondée dans l'amour, explique la faiblesse de la vie chrétienne à résister dans le monde, et son incapacité à produire du fruit en abondance.
   
                    Rien ne peut changer cela, sinon la restauration, dans la vie du croyant, de la relation secrète comme le Christ l’avait.
   
                    Que les chrétiens apprennent, au lieu de faire confiance à leurs propres efforts, que c'est tous les jours qu’il faut veiller à ce que leurs racines soient plus profondes dans le Christ ; il faut que leur principal souci soit d’avoir en secret leur communion personnelle avec Dieu, alors leur piété va s'épanouir. « Si la racine est sainte, les branches le sont aussi ». « Si l'heure matinale est sainte dans le Seigneur, la journée et ses obligations le seront aussi. Si la racine est en bonne santé, les branches le seront aussi.
   
                    La plupart de ces chapitres ont déjà paru dans « Le Pionnier en Afrique du Sud », c’est à la demande de plusieurs qui les ont lues que j'ai consenti à les republier. Je prie que Dieu les bénisse pour ceux de ses enfants qui cherchent à avoir une vie plus profonde et plus fructueuse, la vie cachée avec Christ, en Dieu.
Andrew Murray.

1. L’HEURE DU MATIN

« Éternel ! le matin, tu entends ma voix; le matin, je disposerai [ma prière] devant toi, et j’attendrai. » (Psaume 5:4)

« Il (Le Seigneur) éveille, chaque matin, il éveille mon oreille, pour que j'écoute comme écoutent des disciples. » (Esaïe 50:4)

                    Depuis les temps les plus reculés, les serviteurs de Dieu ont considéré les premières heures de la matinée comme favorables pour avoir un temps à part de culte personnel avec Dieu. Il est encore considéré par tous les Chrétiens à la fois comme un devoir et un privilège de consacrer une partie du début de la journée à la recherche de cette communion avec Dieu. Beaucoup de Chrétiens, parlent de ce temps comme un moment à part, un culte personnel, un temps de calme, l’heure tranquille, comme disaient les étudiants de la société YPCE.
   
                    Que ce soit une heure, une demi-heure ou un quart d’heure, ils rejoignent le Psalmiste lorsqu’il dit : « Éternel ! le matin tu entends ma voix. » En parlant de l'importance extrême de ce moment quotidien de temps de silence, pour la prière et la méditation de La Parole de Dieu, M. Mott dit: « Après avoir reçu Christ comme Sauveur, et demandé le baptême de l'Esprit Saint, nous savons que rien de ce que l’on peut faire ne peut apporter autant de bien, pour nous et pour les autres, que la ferme résolution de conserver ce temps matinal, de passer la première demi-heure de la journée seul avec Dieu. »
   
                    A première vue, cette déclaration semble trop forte. En effet, le fait de recevoir Christ comme Sauveur a des conséquences infinies pour l'éternité, le fait de demander l'Esprit Saint opère une telle révolution dans la vie chrétienne ; alors une chose aussi simple que de tenir fermement au culte personnel, ne semble pas assez importante pour être placée à leur suite.
   
                   Si, toutefois, nous pensons qu'il est impossible de vivre quotidiennement en Christ le sauveur de nos péchés, ou de maintenir une marche dans la direction et la puissance du Saint-Esprit, sans avoir une communion étroite avec Dieu, nous constaterons bien vite l’exactitude de ce sentiment.

                   Il atteste simplement la ferme détermination de soumettre toute notre vie à Christ, et d’obéir en toutes choses au Saint-Esprit. L'heure du matin est la clé par laquelle la soumission à Christ et à l'Esprit Saint peut être sans cesse et intégralement maintenue.
   
                    Pour réaliser cela, regardons d'abord ce qui devrait faire l'OBJET du culte personnel. L'heure du matin ne doit pas être considérée comme une fin en elle-même. Il ne suffit pas que cela nous donne un temps béni dans la prière et dans l'étude biblique, et ainsi nous apporte une certaine mesure de rafraîchissement et d’aide.
   
                     Elle doit servir comme un moyen conduisant vers un but. Et ce but est de s’assurer la présence du Christ pour toute la journée. Quand on se consacre à un ami ou à une tâche, cet ami ou cette tâche tiennent toujours leur place dans notre cœur, même lorsqu’on notre attention est occupée par d’autres activités.
    Notre consécration à Jésus signifie que nous ne laissons rien nous séparer de Lui, même   pour un moment.
   
                    Demeurer en Lui et en son amour, être gardé par lui et par sa grâce, faire sa volonté et Lui plaire, cela ne peut pas être une position intermittente si nous Lui sommes vraiment consacrés.

« Chaque jour à chaque heure, j'ai besoin de toi »,
« Chaque instant je suis gardé dans son amour. »
Ces paroles de cantiques reflètent le langage de la vie et de la vérité.
« En ton nom, ils se réjouissent tous les jours »
« Moi, le Seigneur, je le garde, je l'arrose à chaque instant »

                   Ces sont des paroles de la puissance divine. Le croyant ne peut vivre un seul moment sans le Christ.
   
                     Si nous Lui sommes consacrés, rien ne peut nous contenter sinon que de demeurer toujours dans son amour et dans sa volonté.
   
                    La vie chrétienne n’est rien de moins selon les Écritures. On ne peut imaginer l'importance et la bénédiction qui découlent de ce culte personnel quand il est notre premier objectif.
   
                    Plus l'objet de notre recherche est clair, mieux nous serons en mesure d'adapter les moyens à sa réalisation.
   
                    Considérons maintenant l’heure du matin comme LE MOYEN de parvenir à cette fin: Je tiens à m’assurer absolument la présence du Christ tous les jours et ne rien faire qui puisse interférer avec elle. Je sens à la fois que mon succès pour la journée dépendra de la clarté et de la force de la foi qui Le cherche, Le trouve et s’attache à LUI dans le lieu secret.
   
                    La méditation et la prière et la Parole seront tous utilisés comme subalternes et auxiliaires à ceci: le lien pour la journée entre le Christ et moi doit être renouvelé et solidement scellé à l'heure du matin.
   
                    Au début, il peut apparaître que la seule pensée de toute la journée, avec tous ses soucis éventuels, ses plaisirs, ses tentations, pourra troubler le repos dont j’ai joui dans mon recueillement.
   
                    C’est possible, mais rien n’est perdu. La vraie religion vise à avoir le caractère du Christ ainsi formé en nous, pour que dans la plupart des actes de la vie courante Son caractère et Ses sentiments puissent se manifester.
   
                    L'esprit et la volonté du Christ sont ainsi destinés à nous conduire dans nos rapports avec les hommes, dans nos loisirs, dans notre travail ; c’est pour nous une seconde nature d'agir conformément à sa volonté et à son esprit.
   
                    Tout cela est possible, parce que le Christ Lui-même, comme le Vivant, vit en nous. Ne soyez pas troublés si au début le but semble trop élevé ou difficile, et s’il occupe trop de votre temps à l'heure de la prière privée. Le temps que vous donnez sera richement récompensé. Vous reviendrez à la prière et à l’Ecriture avec un nouveau but et une foi nouvelle.
   
                   Comme l’heure du matin commence à avoir son effet sur la journée, celle-ci réagira à son tour sur cette première demi-heure, et la communion avec Christ, aura un sens nouveau et une nouvelle puissance. Cela aura spécialement son influence sur l’ESPRIT dans lequel vous observerez cette heure du matin.
   
                    Comme la grandeur de cet objectif (une communion ininterrompue avec Dieu dans le Christ toute la journée) et que le vrai moyen de l'assurer (une certaine rencontre consciente avec le Christ et l’assurance de Sa présence pour la journée) nous pénètre, nous verrons que la seule chose essentielle est notre ferme détermination dans notre cœur, quel que soit l'effort ou l'abnégation qu’il peut en coûter, pour gagner le prix.
   
                    Dans ses études ou sur le terrain de sport chaque étudiant sait qu’il a besoin d’une volonté forte et déterminée s’il veut réussir. La religion a besoin, et, en effet le mérite, non une consécration moindre mais plus intense encore. Plus que tout, l'amour du Christ a besoin de tout notre cœur.
   
                    C'est cette détermination ferme avant toute chose d’être assuré de la présence du Christ, qui permettra de surmonter toute tentation d'être infidèle ou superficiel dans la tenue de nos engagements.
   
                    Cette détermination fera de cette heure du matin, un puissant moyen de grâce qui renforcera notre volonté de dire non à tous les appels à l'auto indulgence. Cette volonté nous permettra, lorsque nous entrerons dans la chambre secrète et fermerons la porte, d’être avec tout notre cœur, prêt pour notre communion avec le Christ. Et c'est cette détermination qui, dès l’heure du matin, deviendra le signe de notre vie quotidienne.
   
                    Dans le monde il est souvent dit: les grandes choses sont possibles à tout homme qui sait ce qu'il veut, et le veut de tout son cœur. Le chrétien qui a fait de la communion personnelle avec Christ son mot d'ordre, trouvera à l'heure du matin, le lieu où de jour en jour l'idée de sa sainte vocation est renouvelée, où sa volonté est fortifiée, et sa foi récompensée par la présence du Christ attendant de le rencontrer, et de le prendre en charge pour la journée.
   
                    Nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous aime. Le Christ vivant attend de nous rencontrer.

à suivre...


mardi 19 décembre 2017

(8) LA MAISON SPIRITUELLE DE DIEU Chapitre huitième par T. Austin-Sparks

Chapitre huitième

Par dessus tout - la foi - et une dernière considération

1   Il me conduisit à la porte, à la porte qui était du côté de l’orient.
2  Et voici, la gloire du Dieu d’Israël s’avançait de l’orient. Sa voix était pareille au bruit des grandes eaux, et la terre resplendissait de sa gloire....


4  La gloire de l’Eternel entra dans la maison par la porte qui était du côté de l’orient.
5  Alors, l’esprit m’enleva et me transporta dans le parvis intérieur. Et voici, la
gloire de l’Eternel remplissait la maison.......

7  Il me dit: Fils de l’homme, c’est ici le lieu de mon trône, le lieu où je poserai la plante de mes pieds; j’y habiterai éternellement au milieu des enfants d’Israël. La maison d’Israël et ses rois ne souilleront plus mon saint nom par leurs prostitutions et par les cadavres de leurs rois sur leurs hauts lieux. 
(Ezéchiel 43:1-2, 4-5, 7)

12  afin que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui d’avance avons espéré en Christ......

21 .......à lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles! Amen!

25  Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle,
26  afin de la sanctifier par la parole, après l’avoir purifiée par le baptême d’eau,
27  afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible.


(Éphésiens 1:12, 3:21, 5:25-27)

27  à qui Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir: Christ en vous, l’espérance de la gloire.
(Colossiens 1:27)
14  Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous.
(1Pierre 4:14)

37  Encore un peu, un peu de temps: celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas.
38  Et mon juste vivra par la foi; mais, s’il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui.
39  Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme........

1 Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas.
(Hébreux 10:37-39, 11:1)

                    Nous avons, dans ces méditations, considéré quelques-uns des traits essentiels de la Maison spirituelle de Dieu, dans laquelle, nous qui sommes au Seigneur, nous sommes des pierres vivantes. Nous avons cherché  à voir ce qui signifiait le fait, que nous sommes des parties vivantes d'une maison spirituelle. Et il reste deux choses, nous le croyons, que le Seigneur nous permettra de dire maintenant. L'une est celle qui gouverne toutes ces questions. Et l'autre est le dernier trait de cette maison spirituelle. Je m'exprime ainsi car je pense qu'il sera plus utile de toucher à ces deux choses dans cet ordre, car l'une nous conduira naturellement à l'autre, comme nous le verrons.

                    La chose qui gouverne tous les traits spirituels, de cette maison spirituelle de Dieu, c'est la foi. 

La foi en relation avec

a) L'exaltation du Seigneur Jésus

                    Le premier trait que nous ayons à considérer, c'est que cette maison spirituelle, dont nous sommes partie vivante si nous sommes en Christ, existe pour manifester de manière vivante l'exaltation du Seigneur Jésus. Nous avons vu que ce fut la première grande note, qui fut frappée dans l'histoire de l'Église au jour de la Pentecôte.

Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié (Actes 2:36)

Élevé à la droite de Dieu... le Saint-Esprit qui avait été promis, il l'a répandu, comme vous le voyez e l'entendez. (Actes 2:33)

                     C'est une expression glorieuse de l'exaltation du Seigneur Jésus, et un témoignage rendu à son exaltation. Et c'est pour ce but qu'est constituée l'Église, pour proclamer ce témoignage, non pas avant tout comme une part de sa doctrine, mais en étant elle-même la manifestation vivante, dans toute cette dispensation, et pour maintenir de manière vivante ce témoignage jusqu'à la fin.

                    Mais nous verrons dans ce domaine, comme dans tous les autres, que tout devient bientôt une question de foi vivante. Ce n'était pas tellement une question de foi vivante au jour de la Pentecôte. Le Saint-Esprit était venu. Il avait rempli tous ceux qui croyaient et les avait baptisés, intérieurement et extérieurement. Et dans cette puissante marée montante de l'Esprit, il ne leur était pas été difficile de proclamer l'exaltation du Seigneur Jésus et de lui donner expression. Or, cela reste vrai en principe, bien que peut-être de manière différente extérieurement, pour tout enfant de Dieu qui entre pour la première fois en union vivante avec le Seigneur Jésus. Il ne nous est pas difficile alors de proclamer et d'annoncer par le rayonnement même de nos visages, que Jésus est exalté, que Jésus est Seigneur, que Jésus vit. C'est la première note de notre témoignage, lorsque nous recevons l'Esprit. C'est la première chose qui soit exprimée dans un croyant. Mais tous, nous avons expérimenté que ce n'est pas toujours aussi facile. Le témoignage ne vient pas toujours aussi spontanément. Nous arrivons à un moment où, tandis que le fait demeure, nous avons à nous saisir du fait, dans une foi nette et énergique. Il nous faut répondre aux contradictions apparentes du fait, par une attestation de foi, car des oppositions s'élèvent, nous rencontrons une réaction puissante de l'ennemi contre notre témoignage et notre position. Et nous avons à garder notre position dans une foi aveugle, non pas avec une foi de sentiment, ni avec une foi qui voit, mais avec un foi délibérée et aveugle. Nous avons à maintenir notre position dans le fait que Jésus est Seigneur, que Jésus est exalté et qu'Il est sur le trône. Et ce n'est que par une foi basée sur le fait que nous triomphons, et que notre témoignage devient un facteur puissant dans notre délivrance, dans notre vie même.

                    Ainsi, c'est la foi qui gouverne cette question. Et nous verrons, à mesure que nous approchons de la fin, que le défi jeté à la Seigneurie, à l'exaltation, à la Royauté du Seigneur Jésus, deviendra plus âpre et plus intense. Ce sera une provocation amère. La situation deviendra telle que seule la foi, une foi toute nue chez les élus de Dieu, les gardera fermes dans la valeur de cette vérité que Jésus-Christ, malgré tout, tient les rênes du gouvernement entre Ses mains. Si une chose est vraie au sujet des vainqueurs qui remportent la victoire, c'est qu'ils triomphent en raison de la foi. Et la foi, c'est la foi ! Ne nous attendons donc pas, après tout ce que nous avons entendu et tout ce dont nous nous sommes glorifiés, à ce que notre témoignage ne soit pas autre chose  qu'un témoignage de la foi. Notre vie ne sera pas une vie où nous saurons de toute évidence, avec les preuves et tous les signes, par tous les sentiments, que Jésus règne, qu'Il règne sans aucune question. Il n'en sera pas ainsi. La Parole de Dieu nous dit très clairement qu'il en est tout autrement. Notons, par exemple, le contexte des versets que nous avons lus au dixième chapitre de l'épître aux  Hébreux.

Encore un peu, bien peu de temps, et celui qui doit venir, viendra. Il ne tardera point. Et mon juste vivra par  la foi.

b) Le ministère envers le Seigneur

                    Nous avons ensuite parlé d'un autre trait de cette maison spirituelle. Et nous avons vu qu'elle existe pour servir à la satisfaction et au plaisir de Dieu. C'est une très belle pensée ! C'est un sentiment très doux, une chose magnifique, de penser que nous vivons pour servir au plaisir de Dieu, à la satisfaction de Dieu, à la gloire de Dieu. Et peut-être que nous ne réalisons pas, que ce soit, dès l'abord, une proposition aussi grande. Lorsque nous vivons ces premiers jours de l'éclosion de notre expérience spirituelle, nous pensons que le Seigneur est très content, satisfait de nous. Nous sommes très heureux dans le Seigneur, tout va très bien et le Seigneur reçoit quelque chose. Il n'est pas si difficile, alors, de penser à cette question de servir à la satisfaction du Seigneur. Mais bientôt nous découvrons que, étant au Seigneur, nous sommes conduit dans le désert. Il y a un côté de notre être qui doit être abattu, ce côté qui avait l'habitude de dominer, d'avoir la première place, de dicter et de gouverner. Tout cela doit être abaissé, et de l'autre côté, ce qui est du Seigneur, doit être élevé. C'est ainsi que nous rentrons dans le domaine dont parle l'apôtre : "La chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à ceux de la chair : il y a entre eux ... opposition" (Galates 5:17). Il se passe quelque chose en nous. Et lorsque que nous rentrons là, dans ce désert, plongé dans les réalités profondes de l'épreuve, l'appel à la foi n'est pas chose facile.

                     Je pense aux quarante années des enfants d'Israël au désert, alors que le Seigneur les éprouvait dans cette ligne de la discipline, pour les amener à cet aspect de la Croix que représente le Jourdain, et qui n'est plus simplement une question de justification par la foi, mais de mort à soi-même par la foi : cela demandait un puissant exercice de foi, lorsque le Jourdain débordait de ses rives. Mais c'était le désert. Oui, c'est dans le désert que, sous la main du Seigneur, nous sommes amenés à comprendre qu'aucune chair ne peut se glorifier en Sa présence, -  qu'en nous, c'est-à-dire dans notre chair, ne réside rien de bon. Et nous avons à l'accepter, pas simplement comme une théorie, mais comme une réalité désespérée et terrible. Nous pouvons crier : "Misérable que je suis !"

                     En de pareils moments, nous avons lieu de mettre en doute notre ministère, quant à savoir s'il est à la gloire et plaisir de Dieu. Il nous semble être tout le contraire ! Et cependant, bien-aimés, lorsque nous traversons tout cela sous la main de Dieu, là, dans le désert,  le fait même que notre foi repose sur le Seigneur , qui doit rendre parfait ce qui nous concerne, qui accomplira en nous ce qu'Il a commencé pour le jour de Jésus-Christ, - il y a là quelque chose qui sert grandement au plaisir et à la satisfaction de Dieu.

                    La situation d'Israël dans le désert est une figure qui illustre bien ce fait. Il y avait le Tabernacle au milieu du camp. Dieu était dans ce Tabernacle, dans le Lieu Très Saint, dans l'éclat de Sa gloire. Il était toujours présent. Mais à l'extérieur, eh bien ! c'était un désert littéral. Il y avait ces horribles peaux qui couvraient le Tabernacle et qui cachait la gloire. Toute la beauté était dissimulée. Les couvertures extérieures étaient tout autre chose que belles et glorieuses. Et le peuple de Dieu traversait un temps de grande épreuve. Mais à chaque instant, au jour le plus sombre, à l'heure la plus difficile, alors que les circonstances semblaient être les plus désespérées, à quel moment qu'ils aient à regarder à l'intérieur, la gloire de l'Éternel s'y trouvait. C'était pour eux, uns simple question de foi. S'ils se basaient sur les apparences extérieures pour juger, ils pouvaient dire : - Oh ! Nous ne pouvons pas voir le Seigneur. Tout semble être si peu intéressant et tout autre que glorieux, la situation est déplorable, et tout ce que nous traversons, - et nous ne voyons rien de la présence du Seigneur, - non ! il n'y a rien en cela ! Nous abandonnons tout ! Et dans le Nouveau Testament, le Seigneur revient sans cesse sur cette situation, pour mettre en garde l'Église contre une telle attitude. "Ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité" (Hébreux 3:19). Or, leur incrédulité s'exprimait ainsi : - "l'Éternel est-il au milieu de nous, ou non ?" Cette attitude irrita à tel point l'Éternel qu'Il ne permit pas à cette génération d'entrer dans le pays. Ils posaient cette question extrême : - l'Éternel est-il au milieu de nous, ou non ?

                    Pourquoi demandaient-ils cela ? A cause des apparences et des difficultés. La gloire de l'Éternel était voilée et elle ne se manifestait qu'à de rares intervalles. La plupart du temps la gloire restait invisible. Ah ! Qu'en est-il de cette parole ? - "Christ en vous, l'espérance de la gloire !" C'est la parole que l'apôtre adresse maintenant par l'Esprit à l'Église, dans les temps de difficultés, d'adversités, de discipline, d'épreuves qu'elle traverse. On peut affirmer : - "Oui, il en est ainsi à l'extérieur, il en est ainsi en ce qui concerne les circonstances, mais Christ en nous est l'espérance de la gloire." Or, l'espérance que l'on voit, ce n'est pas de l'espérance. Cela même est une question de foi. Nous ne sentons pas toujours que Christ soit en nous. Nous ne vivons pas à chaque instant dans la conscience que le Seigneur est en nous. Mais Il est là tout aussi sûrement que la gloire de l'Éternel était à l'intérieur du Lieu Très-Saint, alors que rien ne le prouvait à l'extérieur. Mais on en aurait eu la preuve à chaque instant, si l'on avait eu le droit de regarder à l'intérieur. Il en est ainsi de la maison spirituelle du Seigneur, et nous sommes cette maison. Il est là, et nous avons à prendre une attitude à l'égard de cette situation extérieure, par laquelle le Seigneur nous fait entrer dans un nouveau royaume, dans une nouvelle position, et qui, après tout, n'est pas la chose prééminente car le Seigneur Lui-même a dit : "Je ne te délaisserai point". La foi se saisit de cette promesse, alors qu'il ne semble y avoir rien qui puisse contribuer à la gloire et à la satisfaction du Seigneur. La foi qui se saisit de la fidélité de Dieu, et qui se confie en Lui pour qu'Il accomplisse en nous Son œuvre, jusqu'à ce qu'elle soit parfaite, est en elle même, un service pour le plaisir de Dieu.

                    Nous voyons cela par l'opposé. Combien de fois Dieu fut mécontent de ceux de cette génération. Il leur a dit : "Ils n'entreront pas dans mon repos !" Pourquoi était-Il mécontent ? Parce qu'ils ne s'étaient pas confiés à Lui, pour qu'Il les amène au but. Ils s'étaient laissés surmonter par l'apparence des choses dans leurs propres vies.

c) Le ministère de vie envers les autres

                   La troisième chose dont nous avons parlée, c'est que l'Église est ici comme une maison spirituelle, dont le but est d'apporter la vie aux autres, au peuple du Seigneur ; et ce même principe reste vrai ici. C'est un si belle pensée. C'est un sentiment si noble : servir à la vie des autres, c'est splendide ! Si cela pouvait toujours se faire ! Oui, c'est une grande chose que d'apporter la vie aux autres. Cette idée seule nous élève e tend à nous rendre meilleur. Mais, nous nous rappelons la parole de l'apôtre : "La mort agit en nous et la vie en vous" (2 Corinthiens 4:12). Vous voyez, c'est encore la toison de Gédéon, qui reste raide, sèche, tandis que tout est humide autour d'elle. Il en est très souvent ainsi quant à notre ministère, qui doit apporter la vie aux autres. Nous nous sentons aussi secs que des os secs, desséchés. Nous n'avons pas conscience d'être pleins de vie et de vivifier les autres. Et cependant c'est dans cet état dans lequel nous sommes que les autres reçoivent quelque chose. Et c'est à la gloire de Dieu. Oh ! nous avons pensé que nous étions stériles et qu'aucune bénédiction ne pouvait venir de nous. C'est que le Seigneur ne permet pas à notre chair de se glorifier, quand nous apportons la vie aux autres. Mais eux la reçoivent.

                     C'est encore une question de foi, nous le constatons. Ne pensons pas que ce ministère pour la vie des autres soit toujours quelque chose dont nous sommes conscients, que nous serons tout simplement remplis et débordants de vie, et qu'elle se déversera sur ceux qui nous entourent. Je crois que c'est plus souvent le contraire qui arrive. Il s'agit, pour nous, de nous saisir résolument de Dieu par la foi. Les autres en reçoivent la bénédiction, à notre grand étonnement. Ayons donc la foi accomplissons notre ministère avec foi.             
 Celui qui marche en pleurant, quand il porte la semence, Revient avec allégresse, quand il porte ses gerbes. (Psaume 126:6)

                    En pleurant, mais dans la foi. La récompense de la foi est une grande "certitude", - "mais"....

d) Une représentation corporative locale de Christ.

                     Ensuite, notre quatrième trait de la maisons spirituelle, c'est qu'elle doit être ici une représentation corporative locale du Seigneur Jésus. Nous avons médité Ses propres paroles : "Là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis au milieu d'eux" (Matthieu 18:20). Nous les avons reconnues comme une déclaration faite pour indiquer la grande vérité du Corps de Christ, à savoir, que là où deux ou trois membres de Son Corps sont réunis dans un même lieu, il y a une représentation et une expression de Christ.

                    Mais ici encore nous voyons que très souvent cela ne peut être réalisé que par la foi. "Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux" - mais la foi doit se lever très fermement et très délibérément pour se saisir de cela. Car nous pouvons être réunis quelque part, deux ou trois, sans qu'il y ait aucune expression, aucune manifestation de la présence de Christ. Il faut que nous nous réunissions dans la foi. Il faut que nous fixions fermement nos pieds sur l'assurance de Ses promesses, et que nous affirmons notre position dans cette assurance. C'est à mesure que nous nous saisissons de la vérité que là où est le Corps, là est le Seigneur qu'elle devient une réalité pour nous. Nous n'en faisons pas une réalité par la foi, mais nous nous en approprions la réalité par la foi. Le Seigneur demande une attitude définitive à l'égard de ces vérités, et une affirmation de foi. Nous sommes ici, oui, mais nous ne sommes pas simplement ici comme deux ou trois qui soient réunis au non de Jésus, d'une manière passive. Il n'y aura aucune expression de la présence du Seigneur si nous en sommes là. Nous nous réunissons dans la foi, et nous nous appuyons dans la foi, sur le fait qu'il doit y avoir une expression de Seigneur, parce que nous sommes ensemble. A moins que nous ne nous réunissions sur ce fondement là, notre rassemblement ne sera qu'une congrégation, une entrée et une sortie. Lorsque nous nous réunissons de manière vivante, nous ne venons pas pour écouter une prédication, nous venons certainement pour rencontrer le Seigneur. Le Seigneur nous a promis que lorsque nous nous réunissons en Son Nom, nous Le rencontrons. Si c'est là notre esprit et notre attitude, il y aura au milieu de nous quelque chose d'une expression vivante du Seigneur. La foi est un facteur puissant, en ce qui concerne la vie corporative, pour en rendre les réelles valeurs. Je ne puis en dire davantage.

e) Le témoignage de la défaite de Satan

                    Le cinquième trait que nous ayons relevé, c'est que cette maison spirituelle existe comme un témoignage vivant de la défaite de Satan. Oui, c'est un fait, il a été défait et vaincu par Christ. En ce qui concerne le Seigneur Jésus, la défaite de Satan est un fait accompli et établi. Au jour de la Pentecôte, il n'y avait aucune difficulté à croire à cette victoire et à la proclamer. Mais les croyants vécurent et connurent d'autre jours, où il semblait que Satan était loin d'être vaincu, loin d'être détrôné. Ils le virent faire -apparemment- juste ce qu'il voulait, suivre son propre dessein. Ils le virent mettre à mort leurs frères et sœurs dans la foi, leurs compagnons dans le ministère. Ils virent les ravages causés par le diable, tout autour d'eux. Cela signifiait-il que la vérité, qu'ils avaient proclamée avec tant d'assurance et de conviction n'était plus vraie, qu'ils s'étaient trompés ? Pas du tout ! Cette réalité doit devenir une question de foi pour le peuple du Seigneur. La défaite de Satan en ce qui concerne le monde, est une question de la foi militante de l'Église.

                    Nous tirons simplement cette vérité de l'épître aux Éphésiens. Après avoir décrit toute l'armure dont nous devons être revêtus dans cette guerre spirituelle,  nous préservant des ruses du diable, l'apôtre continue, - et par- dessus  tout, prenez le bouclier de la foi. Notre langue française est pauvre pour exprimer ce que Paul entendait. Paul ne dit pas "par-dessus tout" dans le sens que nous donnons à ce terme. Il dit "Maintenant sur tout cela, pour couvrir tout cela, prenez le grand bouclier de la foi." Comme nous le savons, les soldats des légions romaines avaient plus qu'une espèce de bouclier. Ils avaient le petit bouclier rond qui ne servait qu'à protéger le visage et la tête contre les flèches et les traits. Ils avaient en outre le grand bouclier qui les protégeait complètement. Et très souvent, lorsqu'une armée marchait au combat, chaque soldat portait ce bouclier au-dessus de lui. Les grands boucliers étaient ainsi tenus côte à côte, ils formaient un toit solide de mailles de fer. Les soldats avançaient sous ce toit, le grand bouclier était au-dessus de tout, couvrant tout. Tout le reste ne demandait que cette seule protection. Sans elle, tout le reste pouvait céder, et s'avérer insuffisant. Avec tout le reste, sur tout et par-dessus tout, la foi ! Il faut la foi militante de l'Église, pour que soit accompli, ici-bas, ce que Christ a accompli dans les cieux, à savoir la défaite du Malin. C'est maintenant par la foi que notre ennemi est défait, en ce qui concerne l'Église et les choses d'ici-bas. Mais notre foi, cela va sans dire, repose non pas sur quelque chose qui doit arriver, mais sur ce qui est accompli, à savoir la victoire de Christ.

f) Le témoignage présent au jour de gloire à venir

                    Nous en arrivons à la dernière chose qui n'a pas encore été mentionnée. Le trait final de cette maison spirituelle, l'Église, est ici à la lumière du jour à venir de la plénitude de gloire, pour être dans cette lumière, pour recevoir sur elle la lumière, et pour refléter la lumière de ce jour qui vient.

                    Dans le temple d'Ezéchiel, nous avons remarqué dans les passages cités que après toutes ces allées et venues dans tous les sens, au dedans, au dehors, autour, à travers, en haut, en bas, le prophète est conduit pour finir vers le portique qui regarde vers l'Orient et vers la gloire. L'Orient, c'est le soleil levant, un nouveau jour, et c'est par ce portique que la plénitude de la gloire pénètre à l'intérieur. La maison, nous le voyons, se trouve sur le chemin de la gloire à venir. Elle est là, la face tournée vers le soleil levant, vers la gloire. C'est l'image que nous en avons dans Ezéchiel, mais nous possédons encore beaucoup d'autres passages.

                    "Que nous servions à la louange de Sa gloire." C'est l'Église dans l'épître aux Éphésiens. Mais il y a cet autre passage dans Hébreux : "Encore un peu de temps et celui qui doit venir viendra ; il ne tardera point....Et mon juste vivra par la foi.... Or, la foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas, ."

                    Nous avons ici, une position prise par la foi, à la lumière de cette glorieuse espérance, de cette espérance bénie, et dans le cœur, une conviction de l'assurance de cette gloire invisible. Nous sommes, en tant que maison du Seigneur, appelés à être ici un témoignage vivant au jour de gloire à venir. Mais ce n'est pas un témoignage en paroles, ni en doctrine : ce doit être un témoignage en vie, en réalité. Ce ne peut être que d'une manière spirituelle, et par conséquent dans la ligne de la foi. Nous avons à concevoir le jour du Seigneur, le jour de gloire, le retour du Seigneur dans la gloire. Nous avons à concevoir tout cela de manière spirituelle. Il y a beaucoup d'enfants de Dieu qui abordent cette grande vérité de manière prophétique. Mais je ne trouve pas toujours que l'étude des prophéties aboutit à la gloire. Il me semble que, bien souvent, elle résulte beaucoup de mort et de confusion ; et ce ne sont pas tous les étudiants des prophéties qui vivent dans la gloire du jour à venir. Ils vivent dans la créance, dans le raisonnement du jour à venir, mais pas dans sa gloire. Ce n'est pas une simple argumentation doctrinale ou mentale de cette grande vérité, qui en révélera la gloire dans nos vies, mais une conception spirituelle.

                    J'aime beaucoup l'étude des prophéties, et le livre de l'Apocalypse y occupait une place prééminente. Mais plus je l'étudiais, plus aussi j'y trouvais de confusion, plus j'y rencontrais de difficultés. Cela ne me faisait pas arriver plus près de la gloire. Alors le Seigneur me mit sur la voie. Il me montra les principes spirituels sur lesquels s'appuie le livre de l'Apocalypse et je pus ainsi comprendre ce livre d'une manière spirituelle. Je ne veux pas dire que je me mis à tout spiritualiser, mais il me fut possible de le comprendre de manière spirituelle. Le nuage s'était dissipé et la vie était venue.

                    Prenons cette question de l'avènement du Seigneur : il s'agit naturellement de la venue du Seigneur dans la gloire, lorsqu'Il paraîtra sur les nuées de gloire, qu'Il viendra pour être glorifié dans Ses saints - la gloire venait du côté de l'Orient. N'avons-nous pas remarqué, en tout le temps de cette dispensation, lorsque des croyants spirituels se réunissent et que dans leurs réunions, ils parlent et chantent de la venue du Seigneur, combien la gloire de Dieu se lève et paraît spontanément ? N'avons-nous pas remarqué cela ? Maintenant, je ne crois pas que ce soit un fait purement psychologique. Et je ne crois pas non plus, que ce soit parce que nous pensons tous à nous-mêmes et à la grandeur de ce jour où tous, nous serons délivrés de toutes nos chaînes. Je crois plutôt que la gloire se lève, malgré ce que nous sommes en nous mêmes. Nous avons assez vécu, la plupart d'entre nous, pour avoir connu beaucoup de chers enfants de Dieu, qui avaient cru avec ferveur et affirmé avec conviction que le Seigneur reviendrait durant leur vie, et qu'ils seraient enlevés. Et il y a pourtant des années que leurs corps sont couchés dans la tombe. Cela serait suffisant pour vous détourner de tout ce sujet, et vous pousser à dire : "Nous avons déjà entendu cela !" Cela serait suffisant pour prendre part au rang des railleurs dont parle Pierre lorsqu'il écrit : "Où est la promesse de son avènement ? Car depuis que nos pères sont morts, toutes choses demeurent dans le même état que depuis le commencement du monde." (2Pierre 3:4). Vous pouvez prendre cette attitude, si vous voulez, mais c'est en dépit de tout cela que, dès que nous contemplons la venue du Seigneur, quelque chose élève notre mentalité, triomphe de nos arguments et de toute cette triste histoire, et que nous voyons se lever la gloire. Il en est ainsi en dépit de tout. Pourquoi ? Il en était ainsi au commencement de la dispensation de l'Église, et il en a été ainsi au cours de tous les âges. Cependant le Saint-Esprit savait dès le commencement, que le retour du Seigneur n'aurait pas lieu au cours de deux fois mille ans, en tout cas. Et néanmoins, cette expérience de réelle joie et de gloire est toujours renouvelée, chaque fois où le peuple de Dieu s'occupait de l'avènement du Seigneur. Pourquoi ? Parce que le Saint-Esprit ne vit pas dans le temps. Il n'appartient pas au temps. le Saint-Esprit est en dehors du temps, et la fin lui appartient déjà. Il est l'Esprit de la fin, et lorsque nous sommes réellement dans l'Esprit, nous nous trouvons avec Lui dans la fin. Si nous demeurons dans notre propre pensée, - oh cette ligne de la raison ! - en dehors de l'Esprit, nous n'avons aucune joie. Mais lorsque nous nous abandonnons et que nous sommes dans l'Esprit, nous nous retrouvons avec Lui tout à la fin. Nous sommes en dehors du temps, nous sommes déjà dans la gloire, mais la gloire est vue comme dans un miroir.

                    Le Saint-Esprit n'est pas lié au temps. et si nous sortons du temps, nous possédons tout. Nous avons notre finalité, notre plénitude. Ainsi, lorsque Jean fut ravi en Esprit dans l'ile de Patmos, il arriva très rapidement à la fin des choses, au but que nous, qui sommes dans le temps, nous n'avons pas encore atteint. C'est ce que j'entends par concevoir les choses spirituellement. Prenons garde à ne pas nous approcher de la prophétie comme d'une chose mentale. Le Saint-Esprit, qui en nous de manière vivante, nous fera pénétrer dans la valeur des choses. C'est ainsi que par l'Esprit nous devons demeurer aujourd'hui dans la lumière de la plénitude glorieuse du jour du Seigneur. Nous devons être ici comme un témoignage, non pas aux choses prophétiques, ni à un enseignement ou à une doctrine de la Seconde Venue et de tous les problèmes qu'elle entraîne avec elle, mais bien à sa signification spirituelle. Qu'est-ce donc ? Eh bien, c'est le but, en vue duquel Dieu a travaillé au cours de tous les siècles, la seule chose sur laquelle soit fixé Son cœur, et dans laquelle Il ait Sa satisfaction, Sa gloire, Sa louange,  Sa plénitude. Et le Saint-Esprit est toujours là pour nous faire goûter quelque chose de sa valeur, dès que nous le contemplons. Il est là, en nous, comme "le gage de notre héritage", et pour nous faire comprendre que tout est question de foi.

                    Nous ne sentons pas toujours la gloire de l'avènement du Seigneur. Nous ne vivons pas toujours dans la lumière éclatante de ce jour. Mais "la foi est la ferme assurance des choses qu'on espère, la démonstration de celles qu'on ne voit pas"; et lorsque nous abandonnons nos arguments pour entrer dans l'Esprit, c'est-à-dire pour entrer en communion réelle avec le Saint-Esprit, le poids de nos raisonnements disparaît, et toutes les contradictions apparentes que nous trouvions dans l'histoire disparaissent. La gloire de l'Etrnel entre par le portique qui regarde vers l'Orient.

                   "Encore un peu, bien peu de temps, et celui qui doit venir, viendra ; il ne tardera point. Et mon juste vivra par la foi."

                     Que le Seigneur fortifie notre foi, et qu'il garde nos cœurs dans la foi!


FIN

T.A.S.