vendredi 31 août 2018

(11) LA PUISSANCE D'EN HAUT (Charles G. FINNEY)

Nouvelle édition numérique Yves PETRAKIAN 2011 – France
Copie autorisée pour diffusion gratuite uniquement
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Ce livre est aussi disponible gratuitement au format Bible Online sur: http://123-bible.c
 
 Chapitre 11: LA DÉGRADATION DE LA CONSCIENCE.

                    Dans presque tous les domaines de la vie, les hommes et les femmes font preuve d’un niveau de conscience bien moins élevé qu’il y a quarante ans. Je crois que presque tous le reconnaissent. C’est à raison que l’on se plaint beaucoup de cette déchéance morale. Il n’y a pas beaucoup d’espoir d’amélioration. A tous les niveaux de la société, les hommes se livrent aux exactions, aux fraudes et aux infamies. Cela devient très inquiétant. On est presque obligé de se demander s’il est encore possible de faire confiance à quelqu’un.
      
                    Quelle est la cause de cette dégénérescence? Il y a sans doute plusieurs causes permettant d’expliquer cette situation. Mais je suis persuadé que la responsabilité principale incombe aux ministères chrétiens et à la presse. Il est de bon ton depuis des années de ridiculiser et de décrier le puritanisme. Dans une large mesure, les ministères ont cessé de sonder la conscience des hommes en faisant appel à la loi spirituelle de Dieu. On néglige et on ignore les exigences de la loi de Dieu, telles que Sa Parole nous les révèle.
        
                     La loi de Dieu est l’unique critère de la vraie morale. C’est par la loi que vient la connaissance du péché. La loi réveille la conscience humaine. La dégradation de la conscience est directement proportionnelle à l’abandon de la loi de Dieu. C’est certainement l’inévitable conséquence. Si les ministères ridiculisent le puritanisme, s’ils essayent de prêcher l’Évangile sans profondément sonder les consciences par la loi divine, cela entraînera nécessairement, pour le moins, une paralysie partielle du sens moral. Si le niveau de la conscience individuelle et publique baisse dangereusement, c’est parce que ceux qui prêchent l’Évangile se trompent. Ce sont eux qui devraient être les gardiens de la conscience publique. Mais ils ont, je le crains, énormément négligé d’insister sur l’obéissance à la loi morale.
      
                      Il est bien connu que certains de nos prédicateurs les plus renommés sont des spécialistes de l’étude des rapports entre l’intelligence et certaines caractéristiques physiques. Cette science néglige complètement la volonté libre de l’homme. Elle ne s’intéresse donc absolument pas à la morale, ni à la loi morale. Elle n’admet pas que l’homme soit soumis à une obligation morale. Il ne peut donc être question de culpabilité, de condamnation, ou de rétribution. Il y a quelques années, le frère de l’un de nos prédicateurs les plus célèbres m’avait entendu prêcher sur le verset: "Soyez réconciliés avec Dieu." Je démontrais, entre autres choses, qu’être réconcilié avec Dieu signifiait être réconcilié avec l’obéissance à Sa loi. Il m’appela le lendemain et me dit que ni lui, ni deux de ses frères, tous prédicateurs, n’avaient par nature aucune notion de ce qu’était la conscience. Il me dit: "Nous ne connaissons aucunement ces notions de péché, de culpabilité, de justice et de rétribution, que vous et notre Père céleste connaissez! Nous ne pouvons pas prêcher sur ces sujets comme vous le faites!" Il ajouta: "Je m’efforce de cultiver ma conscience, et je crois que je commence à comprendre ce que c’est. Mais, par nature, ni moi ni mes deux frères n’avons aucune notion de ce qu’est la conscience."
        
                     Je dois dire que ces prédicateurs se sont souvent exprimés par écrit à l’intention du grand public. J’avais lu beaucoup de leurs articles, ainsi que certaines prédications de l’un d’entre eux. J’avais été frappé par l’absence manifeste de conscience dans les écrits et les sermons de ce dernier. C’est un adepte de la science que je viens de mentionner. Sa théologie ne tient aucun compte du libre arbitre de l’homme ni de la morale. Il ne connaît donc aucune des conséquences entraînées par le fait d’avoir une volonté libre et une capacité de jugement moral. Il peut ridiculiser le puritanisme et les grandes doctrines de la vraie foi chrétienne. Tout son enseignement, du moins celui que je connais, démontre qu’il manque lamentablement de jugement moral. Il n’a aucune idée de ce que peuvent signifier la dépravation morale, la culpabilité, ou le châtiment justement mérité, dans la juste acceptation de ces termes. Puisqu’il raisonne en scientifique, ces concepts n’ont aucune place dans son esprit. Sa philosophie les exclut nécessairement.
        
                     Je ne sais pas jusqu’à quel point la science et la psychologie ont empoisonné l’esprit des ministères dans les diverses dénominations, mais j’ai observé avec douleur que beaucoup de prédicateurs, qui écrivent dans la presse, négligent de s’adresser à la conscience des hommes. Ils ne vont pas jusqu’au fond du problème. Ils n’insistent pas sur la nécessité d’obéir à la loi morale, pour que nous soyons entièrement agréables à Dieu. Ils me semblent "anéantir la loi par la foi", {Romains 3:31} alors que la loi est confirmée par la foi. Ils semblent défendre des principes différents de ceux qui sont enseignés par Christ dans le Sermon sur la Montagne, sermon qui expose la loi morale de Christ. Le Seigneur enseigne clairement dans ce sermon qu’il n’y a aucun salut possible sans obéissance à la règle de vie qu’Il expose dans ce sermon. Une foi véritable en Christ produira toujours et inévitablement une vie sainte. Mais je crains qu’il soit devenu à la mode de prêcher un Évangile dont la grâce a été frelatée. La règle de vie exposée dans l’Évangile est précisément celle de la loi morale. Les quatre éléments suivants caractérisent la foi véritable, celle de l’Évangile: 

1. Elle confirme la loi.
  2. Elle est agissante par l’amour.
  3. Elle purifie le cœur.
  4. Elle triomphe du monde.
      
                    Ce ne sont que des manières différentes d’affirmer que la foi véritable produit en réalité une vie sainte. Sinon, elle "anéantirait la loi." On ne prêche pas le véritable Évangile quand on n’insiste pas sur la nécessité d’obéir à la loi morale de Dieu, comme seule règle de vie acceptable. Quand un prédicateur néglige de donner ces instructions à ceux qui l’écoutent, on s’apercevra inévitablement que ces derniers feront preuve d’une conscience particulièrement endormie. Nous avons besoin de plus de Boanergès ou de "fils du tonnerre" parmi les prédicateurs. Nous avons besoin d’hommes qui fassent retentir la loi de Dieu comme un tonnerre, pour réveiller les consciences. Nous avons besoin de plus de puritanisme sur les estrades! Il est vrai que certain Puritains étaient des extrémistes. Malgré tout, leur enseignement avait développé une conscience individuelle et une conscience publique bien plus réveillées qu’aujourd’hui. Ces sévères et magnifiques vieux guerriers de Dieu auraient tonné et lancé la foudre divine, jusqu’à presque démolir leurs pupitres, s’ils avaient vu dans leurs assemblées toute l’immoralité que l’on peut observer aujourd’hui!
      
                    Ce sont les prédicateurs qui donnent, dans une grande mesure, le ton de la presse chrétienne. Toute la littérature produite dans le monde actuellement démontre que la conscience morale générale a besoin d’être sérieusement relevée. Certains de nos prédicateurs les plus en vue sont devenus les favoris des infidèles, des sceptiques de toutes sortes, des universalistes, et des hommes les plus abjects. Le scandale de la Croix aurait-il disparu, ou est-ce la Croix que l’on cherche à dissimuler? La sainte loi de Dieu, avec ses préceptes rigoureux et ses terribles jugements, serait-elle devenue populaire chez les inconvertis? Ou est-ce la faute des prédicateurs, qui l’ignorent dans leurs messages? Est-ce pour cela qu’ils sont appréciés, parce qu’ils négligent un devoir qui devrait leur attirer le mépris? Je crois qu’il n’y a qu’un seul moyen d’arrêter cette chute de la morale publique et de la morale individuelle. Il faudrait que les prédicateurs de ce pays annoncent tout l’Evangile de Dieu avec une fidélité inlassable, en affirmant que la sainte et parfaite loi de Dieu doit être notre seule règle de vie.
     
                     C’est cette loi, hardiment annoncée, qui révélera la dépravation morale des cœurs humains. C’est ensuite par l’annonce de la puissance purificatrice du sang de Jésus que ces cœurs pourront être lavés. Frères bien-aimés qui êtes dans le ministère, n’a-t-on pas un grand besoin de prêcher ces choses aujourd’hui? Nous avons été établis pour la défense de l’Évangile béni et de la sainte loi de Dieu. Je vous supplie de sonder la conscience de vos auditeurs, et de faire retentir avec puissance la loi et l’Évangile de Dieu, jusqu’à ce que vos voix atteignent la capitale de notre nation, par nos représentants qui siègent au Congrès. Il arrive très fréquemment que les journaux du monde publient des extraits de prédications. Donnons du travail aux journalistes de la presse, au point de faire tinter leurs oreilles et celles de leurs lecteurs! Que les milieux économiques et boursiers, que les fonctionnaires et les politiciens, puissent tous entendre de bonnes prédications puritaines, capables de leur donner de meilleures pensées et une meilleure vie! Assez de cette prédication à l’eau de rose d’un amour de Christ sans aucune sainteté, sans aucun discernement moral! Assez de cette prédication de l’amour d’un Dieu qui ne ferait pas demeurer chaque jour Sa colère sur les pécheurs! Assez de cette prédication d’un Christ qui n’aurait pas été crucifié à cause du péché!
      
                     Le monde a besoin d’un Christ crucifié pour les péchés. Nous avons besoin d’être lavés de la honte d’avoir négligé de prêcher la loi de Dieu, à tel point que la conscience des hommes est maintenant endormie. Une telle dégradation de la conscience dans notre pays n’aurait jamais pu se produire si notre prédication avait conservé son caractère puritain!
       
                    Il y a quelques années, je prêchais dans une assemblée dont le pasteur était mort quelques mois plus tôt. Presque tout le monde semblait l’aimer dans son église et dans sa ville. Dans son assemblée, on en faisait presque une idole. Tout le monde disait du bien de lui et le considérait comme un exemple. Pourtant, cette église démontrait clairement que son pasteur n’avait pas été fidèle. C’était un homme qui aimait se faire applaudir et qui recherchait l’approbation. J’ai tellement entendu parler de ses enseignements, dont j’ai abondamment constaté les fruits, que je n’ai pas pu m’empêcher de dire publiquement à cette assemblée que son ancien pasteur n’avait pas été un homme fidèle. J’affirmai que les fruits qui se manifestaient de tous côtés, à la fois dans l’église et hors de l’église, n’auraient jamais pu être produits si l’Évangile avait été fidèlement présenté. Si ces paroles avaient été prononcées à une autre occasion, elles auraient sans doute profondément choqué les membres de cette église. Mais en raison de la façon dont je les avais préparés, ils n’ont pas semblé vouloir me contredire.
      
                    Frères, notre prédication portera ses fruits légitimes. Si l’immoralité règne dans ce pays, la responsabilité nous en revient pour une grande part. S’il y a une dégradation de la conscience, ce sont les prédicateurs qui en sont responsables. Si la presse manque de discernement moral, c’est à cause des ministères! Si l’Église dégénère et devient mondaine, c’est à cause des ministères! Si le monde ne s’intéresse plus à l’Evangile, c’est à cause des ministères! Si Satan contrôle nos législateurs, c’est à cause des ministères! Si la politique devient tellement corrompue que les fondations mêmes de notre gouvernement sont près de s’écrouler, c’est à cause des ministères! N’oublions jamais cette vérité, mes chers frères. Mais prenons-la à cœur, et soyons pleinement conscients de nos responsabilités vis-à-vis de l’état moral de notre pays.

à suivre....

mercredi 29 août 2018

(10) LA PUISSANCE D'EN HAUT (Charles G. FINNEY)

Nouvelle édition numérique Yves PETRAKIAN 2011 – France
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Chapitre 10: COMMENT VAINCRE LE PÉCHÉ.

                     Constamment, au cours de mon ministère, j’ai rencontré beaucoup de chrétiens dans un état misérable. Ils étaient esclaves du monde, de la chair ou du diable. Ce n’est certainement pas un état qui convient à un chrétien, car l’apôtre Paul a clairement dit: "Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce."
      
                   J’ai été attristé, tout au long de ma vie chrétienne, de voir tant de chrétiens vivre dans cet esclavage décrit dans le chapitre sept de l’Épitre aux Romains. Ils pèchent, prennent la résolution de changer, et chutent à nouveau. Il est particulièrement triste, et même angoissant, de voir beaucoup de pasteurs et de conducteurs chrétiens donner des instructions complètement fausses sur la manière de vaincre le péché. Je regrette d’avoir à le dire, mais la plupart des conseils qui sont donnés sur ce sujet se résument à ceux-ci: "Examinez vos péchés en détail, prenez la résolution de ne plus pécher, et luttez contre vos péchés, dans la prière et le jeûne s’il le faut, jusqu’à ce que vous obteniez la victoire. Soyez fermement décidé à ne pas retomber dans le péché. Persistez dans cette attitude jusqu’à ce que vous ayez pris l’habitude d’obéir, et que vous ayez définitivement rompu avec vos anciennes habitudes pécheresses." Bien entendu, on ajoute généralement: "Dans ce combat, vous ne devez pas dépendre de vos propres forces, mais de l’aide de Dieu."
      
                     Bref, l’enseignement qui est donné revient en général à dire ceci: la sanctification s’obtient par les œuvres, et non par la foi. J’ai remarqué que le Dr Chalmers, dans ses conférences sur l’Épitre aux Romains, affirme clairement que l’on obtient la justification par la foi, mais la sanctification par les œuvres. Il y a environ vingt-cinq ans, je crois, un éminent professeur de théologie de la Nouvelle Angleterre défendait la même doctrine.
      
                      Au début de ma vie chrétienne, j’ai presque été induit en erreur par l’une des résolutions du Président Edwards, qui soutenait que lorsqu’il était tombé dans quelque péché, il revenait à sa source, puis combattait et priait de toutes ses forces jusqu’à ce qu’il ait obtenu la victoire sur ce péché. Une telle attitude dirige notre attention sur notre péché et sur sa source. Quand nous prenons des résolutions et que nous luttons de cette manière, nous gardons les yeux fixés sur le péché et nous les détournons complètement de Christ.
      
                     Il est important de dire ici que de tels efforts sont pires qu’inutiles. Ils aboutissent souvent à une séduction. Nous perdons de vue tout d’abord ce qui constitue réellement le péché, ensuite le seul moyen possible de l’éviter. On peut certes ainsi réprimer l’acte extérieur, mais nous ne touchons pas du tout à ce qui constitue réellement le péché. Le péché n’est pas un acte visible, mais quelque chose d’intérieur. Ce n’est pas un acte mettant en jeu nos muscles. Ce n’est pas une décision de notre volonté, qui fait agir nos muscles. Ce n’est pas un sentiment ou un désir involontaire. Le péché n’est rien d’autre qu’une préférence librement choisie, une décision volontaire de satisfaire un désir personnel. C’est cela qui est à l’origine de toutes les actions, intentions, et décisions qui en découlent, et que l’on appelle communément "péché."
      
                    Quelle résolution prendre contre cette religion de résolutions et d’efforts pour supprimer le péché et se sanctifier? "L’amour est l’accomplissement  de la loi." Mais pouvons-nous produire de l’amour par une résolution? Pouvons-nous éliminer l’égoïsme par une résolution? Certainement pas! Nous pouvons certes supprimer telle ou telle manifestation d’égoïsme, en prenant la résolution de ne plus faire ceci ou cela, ou en priant et en luttant. Nous pouvons adopter une forme extérieure d’obéissance, et nous forcer à obéir à la lettre des commandements de Dieu. Mais il est absurde de vouloir éliminer l’égoïsme de notre nature par une résolution! De même, il est absurde de se forcer à obéir en esprit aux commandements de Dieu. On ne peut se forcer à aimer, comme la loi de Dieu l’exige. Beaucoup prétendent que le péché commence dans nos désirs. Soit. Mais pouvons-nous contrôler nos désirs par la force de nos résolutions? Nous pouvons nous abstenir de satisfaire un désir particulier par la force d’une résolution. Nous pouvons faire mieux encore, et nous abstenir de satisfaire nos désirs dans notre vie extérieure. Mais cela ne nous remplit pas d’amour pour Dieu, car c’est cela la véritable obéissance. Nous pouvons devenir des ermites, nous emmurer dans une cellule, et crucifier tous nos désirs et nos appétits. Nous n’aurons réussi qu’à éviter certaines formes de péché, que nous serons parvenus à contrôler. Mais nous n’aurons pas touché à la racine même du péché. Nos résolutions n’ont pas créé l’amour en nous. Aimer Dieu, c’est Lui obéir véritablement. Tous nos combats contre le péché dans notre vie extérieure, par la force de nos résolutions, n’aboutissent qu’à faire de nous des sépulcres blanchis. Tous nos combats contre nos désirs par la force de nos résolutions ne mènent à rien. Même si nous parvenons à supprimer le péché, dans sa manifestation extérieure ou dans nos désirs intérieurs, cela n’aboutira qu’à la séduction. Nous ne pouvons pas aimer par la force de nos résolutions.
      
                    Tous ces efforts pour vaincre le péché sont parfaitement futiles. Ils sont aussi contraires à l’enseignement de la Bible qu’ils sont futiles. La Bible nous enseigne clairement que le péché ne peut être vaincu que par la foi en Christ. "Il a été fait pour nous sagesse, justice, sanctification, et rédemption." "Il est le chemin, la vérité, et la vie." Dieu nous demande de "purifier nos cœurs par la foi". {Actes 15:9} Dans Actes 26:18, il est affirmé que les saints sont sanctifiés par la foi en Christ. Dans Romains 9:31-32, il est affirmé que les Juifs ne sont pas parvenus à la justice, parce qu’ils l’ont "cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres." La doctrine de la Bible établit que Christ sauve Son peuple du péché par la foi. C’est par la foi que nous pouvons recevoir l’Esprit de Christ, pour qu’Il demeure dans notre cœur. La foi est agissante par l’amour. L’amour est produit et maintenu par la foi. C’est par la foi que les chrétiens peuvent "vaincre le monde, la chair et le diable." C’est par la foi qu’ils peuvent "éteindre les traits enflammés du malin." C’est par la foi qu’ils peuvent se revêtir du Seigneur Jésus-Christ, et se dépouiller du vieil homme et de ses œuvres. C’est par la foi que nous combattons le "bon combat." Ce n’est pas par nos résolutions. Par la foi, nous tenons ferme. Par nos résolutions, nous chutons. La foi est la victoire qui triomphe du monde. C’est par la foi que la chair peut être dominée et les désirs charnels maîtrisés. En vérité, c’est simplement par la foi que nous recevons l’Esprit de Christ, qui produit en nous le vouloir et le faire, selon Son bon plaisir. Il répand Son amour dans nos cœurs, en enflammant le nôtre. Chaque victoire sur le péché est remportée par la foi en Christ. Si nos pensées s’écartent de Christ, si nous prenons des résolutions, si nous luttons contre le péché, consciemment ou non, nous agissons par nos propres forces. Nous rejetons l’aide de Christ, et nous sommes profondément séduits. Seules la vie et l’énergie de l’Esprit de Christ en nous peuvent nous sauver du péché. Cette énergie salvatrice en nous ne peut agir que par la foi.
      
                    Combien de temps ceux qui enseignent l’Évangile négligeront-ils cette réalité, tout au moins de manière pratique? Jusqu’où s’enfoncent donc dans le cœur de l’homme les racines de la propre justice et de la confiance en soi? Elles sont si profondes que l’une des leçons les plus difficiles pour un être humain est d’apprendre à renoncer à la confiance en soi pour s’en remettre entièrement à Christ. Quand nous Lui faisons pleinement confiance et que nous Lui ouvrons la porte, Il entre et fait en nous Sa demeure. Il répand en nous Son amour et vivifie toute notre âme, qui vibre à l’unisson avec Lui. Il purifie notre cœur par la foi, comme Il l’entend, et seulement comme Il l’entend. Il maintient notre volonté dans une attitude d’adoration. Il vivifie et contrôle nos affections, nos désirs, nos appétits et nos passions. Il devient notre sanctification.
       
                    La plupart des enseignements que nous entendons dans les réunions de prière, dans les conventions ou dans les églises, ou que nous lisons dans la presse, sont complètement erronés. Le seul fait de les entendre ou de les lire est presque trop pénible pour pouvoir être supporté! De tels enseignements ne sont conçus que pour semer la séduction et le découragement. Ils aboutissent en pratique à rejeter le Christ que l’Évangile nous présente.
      
                    Hélas! A cause de son aveuglement qui la déroute complètement, l’âme languit après sa délivrance de la puissance du péché. J’ai souvent entendu des enseignements légalistes sur ce sujet, jusqu’au point où j’avais envie de hurler! Je suis parfois stupéfait d’entendre des chrétiens critiquer l’enseignement que j’expose dans cet article, sous prétexte qu’il nous conduit dans un état de passivité, où nous recevons le salut sans exercer aucune initiative. Quelles ténèbres dans une telle objection! La Bible enseigne que nous recevons, par la foi en Christ, une influence intérieure qui stimule et dirige toute notre activité.
       
                    C’est par la foi que nous recevons Son influence purificatrice, jusqu’au cœur de notre être. La vérité qu’Il révèle directement à notre âme donne la vie à tout notre être intérieur, et nous place dans une attitude d’obéissance de cœur. C’est la seule manière de vaincre le péché! Il n’y en a pas d’autre!
      
                     Quelqu’un pourra dire: "Mais l’apôtre Paul ne nous exhorte-t-il pas à travailler à notre salut avec crainte et tremblement? N’est-ce pas une exhortation à faire ce que vous condamnez dans votre article?" Nullement! Dans Philippiens 2:12-13, Paul dit aussi: "Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent; car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir."
     
                     Il s’agit là d’une exhortation non pas à travailler par la force de nos résolutions, mais par une opération intérieure de Dieu dans nos cœurs. C’est précisément la doctrine que je développe dans cet article. Paul a constamment enseigné à l’Église que Christ dans notre cœur est notre sanctification, et que nous devons recevoir Son influence par la foi. On ne peut l’accuser d’enseigner dans ce passage que nous devons travailler à notre sanctification par nos résolutions, en nous efforçant de supprimer nos mauvaises habitudes pour les remplacer par des bonnes! Ce passage des Écritures souligne parfaitement la coopération de Dieu et de l’homme dans l’œuvre de sanctification. C’est Dieu qui produit en nous le vouloir et le faire. Mais c’est à nous d’accepter par la foi Son œuvre intérieure. C’est à nous de vouloir et de faire, selon Son bon plaisir.
       
                     La foi est un état actif et non passif. Une sainteté passive est impossible et absurde. Que personne ne dise, lorsque nous exhortons les chrétiens à faire entièrement confiance à Christ, que nous leur demandons d’être passifs vis-à-vis de l’influence divine qui agit en nous. Cette influence est morale et non physique. Elle agit par la persuasion et non par la force. Elle influence notre libre volonté. Elle agit donc par la vérité et non par la contrainte.
       
                    Oh! Si tous pouvaient bien comprendre que toute vie spirituelle en nous est directement reçue de l’Esprit de Christ par la foi, comme le sarment reçoit sa vie du cep! Rejetons cette religion de résolutions! C’est un piège mortel! Cessons tout effort de vouloir mener une vie sainte, si notre cœur n’est pas rempli d’amour pour Dieu! Oh! Puissent les hommes apprendre à regarder directement à Christ par l’Évangile! Qu’ils puissent demeurer tellement proches de Lui, par un acte de foi et d’amour, qu’ils seront toujours en harmonie avec Sa pensée! C’est cela, et seulement cela, la sanctification!

à suivre...

lundi 27 août 2018

(9) LA PUISSANCE D'EN HAUT (Charles G. FINNEY)

Nouvelle édition numérique Yves PETRAKIAN 2011 – France
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 Chapitre 9: LES DIVERTISSEMENTS INNOCENTS.

                   On entend beaucoup dire aujourd’hui qu’il faut montrer de l’indulgence pour les divertissements innocents. Il y a quelque temps, j’ai entendu un pasteur dire à un grand rassemblement de jeunes gens qu’il avait passé beaucoup de temps à organiser des divertissements innocents à l’intention des jeunes. En l’espace de quelques années, j’ai lu plusieurs sermons et de nombreux articles plaidant pour que les chrétiens aient plus de divertissements que ce à quoi nous étions habitués jusqu’ici. Si vous le voulez bien, je souhaiterais faire quelques suggestions à ce sujet. J’aimerais tout d’abord expliquer quels sont les divertissements qui ne sont pas innocents, et quels sont ceux qui le sont.
  
   1. C’est en premier lieu une question morale.

2. Tout acte intelligent accompli par un être moralement libre doit forcément être bon ou mauvais. Il n’y a rien d’innocent dans les actes d’un être moralement libre qui ne vit pas en accord avec la loi et l’Évangile de Dieu.

3. Le caractère moral de tous les actes accomplis par un être moralement libre réside dans les motivations profondes de ces actes. Je considère cette remarque comme évidente et universellement admise.

4. Quel est donc le critère de jugement dans ce cas? Comment décider qu’un certain divertissement sera bon ou mauvais, innocent ou coupable?

Voici ma réponse:

1. Par la loi morale suivante: "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée; et ton prochain comme toi-même."

                      Un acte intelligent accompli par un être moralement libre ne peut être innocent ou juste que s’il procède d’un amour suprême pour Dieu et pour le prochain. Cet acte doit donc être un acte d’amour.

2. Par l’Évangile, qui dit: "Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu." "Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus."

3. Par une raison saine. Celle-ci affirme les mêmes choses. A la lumière de ces critères, il est clair qu’il n’est pas innocent de s’engager dans des divertissements pour le seul désir de s’amuser. En voulant satisfaire notre besoin de manger ou de boire, nous n’agissons pas innocemment. Si nous étions des animaux, nous agirions innocemment en voulant satisfaire notre appétit pour la nourriture ou la boisson. Mais ceci est un péché, pour un être moralement libre.
     
                     Un être moralement libre devrait avoir une motivation plus élevée. Il ne devrait manger et boire que pour être plein de force et de santé pour le service de Dieu. Dieu a fait en sorte que le fait de manger et de boire puisse être un plaisir pour nous. Mais ce plaisir de doit pas devenir notre raison essentielle de manger et de boire.
    
                    Les divertissements sont certes agréables. Mais cela ne justifie pas que nous recherchions des divertissements simplement pour satisfaire nos désirs. De simples animaux peuvent le faire en toute innocence, parce qu’ils sont incapables d’avoir des motivations plus élevées. Mais des êtres moralement libres doivent obéir à une loi plus haute que celle de vouloir simplement satisfaire leur désir de s’amuser. Par conséquent, un divertissement recherché pour le seul plaisir de s’amuser n’est pas un divertissement innocent. De même, il ne serait pas innocent de manger ou de boire pour la seule recherche de notre plaisir. Ainsi, un divertissement n’est pas innocent s’il n’est recherché que parce que nous avons besoin de nous amuser. Nous avons besoin de manger et de boire. Mais cela ne justifie pas que nous acceptions de manger et de boire simplement parce que nous en éprouvons le besoin. La loi de Dieu ne dit pas: "Faites tout parce que vous en avez besoin," mais: "Faites tout par amour pour Dieu et pour les hommes." Un pécheur peut manger et boire par égoïsme, c’est-à-dire qu’il peut rendre son corps fort pour accomplir ses projets égoïstes. Mais cela serait tout de même un péché, malgré son besoin de manger et de boire.
     
                      Rien n’est innocent si cela n’est pas motivé par un amour suprême pour Dieu et pour le prochain, et si la motivation suprême n’est pas de plaire à Dieu et de L’honorer. En d’autres termes, un divertissement, pour être innocent, doit plaire à Dieu au moment où nous nous y engageons. Il doit avoir pour but de Lui rendre un service. Il doit L’honorer plus que tout autre chose que nous aurions pu faire à ce moment-là. Je considère cela comme une évidence. Qu’en résulte-t-il?

4. Seuls sont innocents les divertissements motivés par l’amour. La chasse ou la pêche ne sont pas des divertissements innocents, si elles sont pratiquées pour le seul plaisir. Nous sommes autorisés à chasser et à pêcher, mais pour les mêmes raisons que le manger et le boire, pour fournir des aliments à notre corps, afin d’être forts pour le service de Dieu. Nous pouvons chasser pour détruire des animaux nuisibles, pour la gloire de Dieu et les intérêts de Son Royaume. Mais chasser et pêcher pour satisfaire une passion, cela n’est pas innocent. De même, si nous nous amusons en gaspillant un temps précieux, qui pourrait être mieux employé pour la gloire de Dieu et le bien des hommes, cela n’est pas innocent. La vie est courte. Notre temps est précieux. Nous n’avons qu’une seule vie à vivre. Nous avons beaucoup à faire. Le monde est dans les ténèbres. Un monde de pécheurs doit être éclairé et, si possible, sauvé. Dieu nous demande de travailler tant qu’il fait encore jour. Notre mission et notre travail exigent de la diligence. Nous ne devons perdre aucune minute. Si nos cœurs sont droits, nous prenons plaisir à notre travail. Si nous le faisons avec une juste motivation, il nous procurera la plus grande joie et constituera en soi un divertissement suprême.
     
                      Si nous allons nous amuser en perdant inutilement notre temps, cela ne peut pas être une activité innocente. Si nous comprenons la grandeur de la tâche à accomplir, et si nous aimons cette tâche, nous n’accepterons jamais d’aller nous amuser si nous savons que nous allons perdre notre temps. De même, si un divertissement implique une dépense inutile de l’argent du Seigneur, cela n’est pas innocent. Tout notre temps et tout notre argent appartiennent au Seigneur. Nous appartenons nous-mêmes au Seigneur. Nous pouvons en toute innocence utiliser notre temps et notre argent pour servir les intérêts du Seigneur et les intérêts suprêmes des hommes, qui sont aussi les intérêts de Dieu. Mais si nous le faisons pour notre propre plaisir et notre satisfaction, cela n’est plus innocent. Si nous dépensons beaucoup d’argent à voyager pour notre plaisir, sans nous préoccuper le moins du monde de la gloire de Dieu, nous n’aurons pas le droit de dire que nous nous engageons dans des divertissements innocents. Nous péchons.
      
                     A la lumière des critères que nous avons définis, nous voyons donc qu’aucun divertissement n’est innocent, pour un pécheur inconverti. Rien n’est innocent pour lui. Tant qu’il ne se repent pas, tant qu’il reste incrédule, tant qu’il n’aime ni Dieu ni son prochain comme le Seigneur le demande, il ne peut rien faire d’innocent, ni dans son travail ni dans ses loisirs. Tout est péché.
       
                     Sur ce point précis, je crains fort que beaucoup n’agissent dans une grande séduction. Je suis surpris et alarmé de voir avec quelle légèreté les chrétiens et même les pasteurs considèrent ce sujet. Il y a quelque temps, dans l’un de mes sermons, j’ai dit qu’il n’y avait rien d’innocent ni de juste dans tout ce que pouvaient faire des pécheurs. Un pasteur âgé me dit, après la réunion, qu’il était ridicule de soutenir qu’un pécheur impénitent ne pouvait rien faire de juste ou d’innocent. Je lui répondis: "Je croyais que vous connaissiez la saine doctrine. Ne croyez-vous donc pas que tous les hommes ont besoin d’être régénérés par le Saint-Esprit?" Il répondit: "Si!" J’ajoutai: "Croyez-vous qu’une âme non régénérée puisse faire quoi que ce soit d’agréable à Dieu? Avant d’avoir son cœur changé, un pécheur peut-il agir avec une motivation que Dieu juge acceptable, dans n’importe quel domaine? N’est-il pas totalement dépravé? Puisque son cœur est mauvais, ses actions ne sont-elles donc pas toutes mauvaises?" Il parut embarrassé, comprit l’argument, et s’esquiva.
      
                      Si un être moralement libre s’engage dans ce qui est permis par Dieu ou conforme à la loi de Dieu, il fait bien. Si donc nous nous engageons dans une activité ou un divertissement que Dieu permet, nous devons le faire par amour suprême pour Dieu et pour le prochain. Nous ne sommes pas des pécheurs impénitents, mais des chrétiens. Il est absurde de dire qu’un pécheur impénitent puisse faire, dire, ou omettre quoi que ce soit, avec un coeur droit. C’est une contradiction. S’il est impénitent, toutes ses motivations sont nécessairement mauvaises. Par conséquent, il n’y a rien d’innocent en lui. Tout est nécessairement souillé par le péché.
     
                      Qu’est-ce donc qu’un divertissement innocent? Cela ne peut être qu’une activité entièrement faite pour la gloire de Dieu et pour les intérêts de Son Royaume. Si tel n’est pas son unique et suprême objectif, il ne s’agit pas d’un divertissement innocent, mais d’un péché. C’est là que beaucoup sont séduits. Quand ils parlent des divertissements, ils disent: "Quel mal y a-t-il à faire cela?" En répondant à cette question, ils ne vont pas jusqu’au fond des choses. Parce qu’ils ne voient en apparence rien de mal à ce divertissement, ils en concluent qu’il est innocent. Ils ne cherchent pas à connaître quelle est la motivation profonde et unique qui est à la source de cette activité, et qui seule permet de juger si elle est innocente ou coupable. Si l’on ne considère pas la nature de cette motivation, on ne peut juger du caractère bon ou mauvais d’un divertissement, pas plus qu’on ne pourrait dire que l’activité d’une machine ou d’un animal soit bonne ou mauvaise en soi. Il faut donc absolument connaître la motivation de la personne qui agit.
     
                      Enseigner, directement ou implicitement, que les divertissements d’un pécheur impénitent ou d’un chrétien rétrograde sont des divertissements innocents, revient à enseigner une grossière et mortelle hérésie. Les parents ne devraient jamais l’oublier quand ils observent les divertissements de leurs enfants inconvertis. Il y a des moniteurs d’école du dimanche qui organisent des activités amusantes pour leurs groupes, des pasteurs qui passent leur temps à programmer des divertissements pour leurs jeunes, qui conduisent leurs assemblées à des pique-niques, des excursions agréables, et qui justifient la pratique de toutes sortes de jeux. Ils devraient se rappeler que ces activités doivent être faites avec un cœur pur, par amour pour Dieu, et pour Sa plus grande gloire. Si cela n’est pas le cas, non seulement ces passe-temps ne sont pas innocents, mais ils représentent des activités parfaitement criminelles. Ceux qui entraînent les autres dans ces activités les conduisent dans des chemins qui encourageront tous leurs mauvais penchants à se manifester. N’oublions jamais, il faut le répéter, que toutes ces choses, pour être considérées comme innocentes, doivent être motivées par un amour pur pour Dieu, et faites uniquement pour Sa seule gloire. Il ne suffit pas que ces activités soient celles qui plaisent le plus à Dieu, au moment où on les pratique. Il faut surtout que notre motivation fondamentale soit un amour suprême pour Dieu, et le désir de Le glorifier.
      
                     Si telle est la véritable définition d’un divertissement innocent, il est donc impossible à un pécheur impénitent ou à un chrétien rétrograde de supposer qu’il puisse s’engager dans un quelconque divertissement innocent. S’ils pouvaient le faire, comme le croyait le pasteur âgé dont j’ai parlé, cela signifierait que l’inconverti aurait eu d’abord son cœur changé, et que le chrétien rétrograde serait retourné à Dieu. Un divertissement innocent est un service d’amour rendu à Dieu, le meilleur service que l’on puisse Lui rendre à ce moment précis.
     
                       Il faut bien se rappeler tout cela quand on se propose de s’engager dans un divertissement quelconque. Il ne faut pas se demander: "Quel mal y a-t-il à cela?" Mais: "Quel bien cela peut-il faire?" "Est-ce la meilleure façon pour moi de passer mon temps?" "Est-ce la meilleure activité que je puisse faire en ce moment pour glorifier Dieu et étendre Son Royaume?" Sinon, il ne s’agit pas d’un divertissement innocent, mais d’un péché. Si l’on pose la question: "Ne devons-nous donc jamais chercher à nous amuser?" je répondrais: "C’est notre privilège et notre devoir de nous élever au-dessus du désir de nous amuser. Tous nos désirs doivent être soumis à notre soif de vivre dans la lumière de Dieu, et d’être dans une communion si profonde avec Lui que nous n’aurons plus aucun intérêt pour toute forme divertissement." C’est certainement notre privilège d’enfant de Dieu, de marcher si près de Lui, et de rester en communion si étroite avec Lui, que nous n’aurons plus besoin de nous engager dans tout ce qui fait la joie et l’excitation du monde: sports, passe-temps et loisirs de toutes sortes. Nous n’aurons pas besoin de cela pour être comblés et joyeux. Quand un chrétien apprécie vraiment son privilège de pouvoir être en communion avec Dieu, il repoussera instinctivement toute sollicitation de s’engager dans des divertissements mondains. De tels passe-temps lui apparaîtront bien ternes, bien peu satisfaisants, et même répugnants. S’il est attiré par les choses d’en haut, comme il devrait l’être, il lui semblera qu’il ne peut pas se permettre de descendre au niveau du monde pour en rechercher les plaisirs.
       
                     Un chrétien qui met sa joie à pratiquer les sports et les passe-temps de ce monde, ou qui a besoin de les pratiquer, a certainement abandonné son premier amour pour retourner dans le monde. Un homme spirituel ne peut trouver aucune joie dans la compagnie du monde. Une telle compagnie ne provoque en lui que de la répulsion. La compagnie du monde est pleine d’hypocrisie, elle est superficielle, elle est souvent même une honte. Quel plaisir un homme spirituel peut-il retirer des bavardages insipides d’une réunion mondaine? Certainement aucun. Pour un homme qui est en communion avec Dieu, l’esprit, les pratiques, les conversations et la folie du monde sont une cause de répulsion et de douleur. Cela ne fait que lui rappeler la tendance des pécheurs à s’enfoncer toujours plus bas, et le sort affreux qui les attend.
      
                     J’ai pleinement vécu des deux côtés de la barrière, et je suis certain de ne pas me tromper à ce sujet. Peu de gens ont plus que moi profité des plaisirs du monde avant leur conversion. Mais ma conversion, ainsi que le baptême du Saint-Esprit qui l’a immédiatement suivi, ont complètement éteint en moi tout désir de m’engager dans les divertissements et les sports de ce monde. J’ai été instantanément transporté sur un autre plan, où j’ai connu une tout autre joie. Auparavant, je recherchais avec délice la pratique des divertissements, des sports et des passe-temps du monde. Après ma conversion, ces choses ne m’ont plus intéressé. Bien plus, je les avais à présent complètement en aversion. Je ne les ai jamais considérées comme nécessaires à une joie véritablement rationnelle, ni même comme compatibles avec une telle joie.
     
                     Je ne dis pas cela pour me vanter. Je peux dire, pour l’honneur de Christ et de la foi chrétienne, que j’ai eu une vie chrétienne heureuse. J’ai éprouvé autant de joie qu’il est sans doute possible à un homme d’en éprouver sur cette terre. Pas un instant je n’ai eu le désir de retourner en arrière, pour mettre mon plaisir dans tout ce que le monde peut offrir.
    
                     Quelqu’un pourrait demander: "Supposez que nous ne puissions pas trouver assez de joie dans notre foi, et que nous ayons réellement le désir de nous amuser comme le fait le monde. Si nous avons les dispositions nécessaires, n’est-il pas bon de le faire? Si l’on cherche seulement à s’amuser, sans entretenir un désir ardent de le faire, est-ce un péché?" Je répondrais que nous ne devons jamais entretenir le désir ardent de nous amuser. C’est le privilège et le devoir de tous les chrétiens de s’élever, par la grâce de Dieu, au-dessus du désir de consommer les viandes de l’Égypte, et de ne pas perdre leur temps dans les divertissements et les passe-temps du monde. Se laisser aller à pratiquer ces choses n’est pas innocent. Ce qu’il faut faire, c’est se demander non pas comment satisfaire ce besoin, mais comment le remplacer par le besoin de glorifier Dieu et de chercher Son Royaume!
     
                      Les chrétiens doivent vivre une vie qui soit compatible avec leur engagement. Pour l’honneur de leur foi, ils doivent renoncer aux convoitises mondaines. Ils ne doivent pas donner à ceux du monde l’occasion de se moquer des chrétiens, ni de dire que les chrétiens aiment le monde tout autant qu’eux. Si des chrétiens sont rétrogrades dans leur cœur, et s’ils désirent se lancer dans les divertissements et les sports de ce monde, ils devraient absolument, par décence et par devoir, s’abstenir de manifester leurs convoitises cachées.
      
                    Certains prétendent que nous devrions nous conformer à certaines pratiques du monde, du moins dans une certaine mesure, pour prouver aux pécheurs que nous sommes capables d’être spirituels tout en profitant des plaisirs du monde. Ils disent que nous ne devrions pas dégoûter les inconvertis de se convertir, en arrêtant complètement de pratiquer ce qu’ils appellent leurs divertissements innocents. Je dis que nous devons plutôt représenter la foi chrétienne telle qu’elle est en réalité: une vie au-dessus du monde, une attirance pour les choses célestes. Nous devons prouver que cette vie nous procure une joie tellement spirituelle et céleste, que nous aurons du dégoût et de la répulsion pour les plaisirs que recherche ce monde. Il est triste de constater que beaucoup de chrétiens sont des pierres d’achoppement pour les inconvertis, quand ceux-ci les voient chercher leur plaisir et leur bonheur dans ce monde. Cela donne une très mauvaise image de la foi en Jésus. Cela trompe, confond et stupéfie les observateurs extérieurs. S’ils lisent une Bible, ils ne peuvent que s’étonner de voir des âmes, nées de Dieu et en communion avec Lui, avoir encore le besoin de rechercher les plaisirs du monde.
      
                    En réalité, les inconvertis qui savent réfléchir n’ont aucune confiance en ces chrétiens qui mettent leur plaisir dans ce monde. Ils peuvent faire semblant d’avoir confiance en eux. Ils peuvent à la rigueur penser que ce sont des chrétiens larges d’esprit ou de bons chrétiens. Ils peuvent même les flatter, et leur dire que leur religion est à l’opposé de la bigoterie et du fanatisme. En réalité, c’est une religion qui leur convient très bien. Mais ils n’y a aucune sincérité dans de telles déclarations faites par des pécheurs.

                       Au début de ma vie chrétienne, j’ai entendu un évêque Méthodiste, originaire du Sud, raconter une histoire qui m’a profondément impressionné. C’était l’histoire d’un homme de distinction, fortuné, propriétaire d’esclaves, homme gai et agréable, très adonné à la pratique de divers sports et divertissements. Il fréquentait beaucoup son pasteur, et l’invitait souvent à dîner ou à l’accompagner dans ses pratiques sportives ou ses diverses excursions. Le pasteur se pliait de très bonne grâce à ces demandes. Une amitié se développa entre le pasteur et son paroissien, jusqu’au moment où cet homme jovial et riche contracta une maladie incurable.
      
                    Quand l’épouse de cet homme mondain apprit qu’il n’avait que peu de temps à vivre, elle s’inquiéta beaucoup de l’état de son âme, et lui demanda tendrement s’il ne voulait pas appeler son pasteur pour avoir un entretien et prier avec lui. Il lui répondit avec émotion: "Non, ma chérie. Ce n’est pas l’homme dont j’ai besoin en ce moment. Il a été mon compagnon, tu le sais, pour la pratique du sport et la recherche des plaisirs. Il aimait la bonne chère et la vie facile. J’ai apprécié sa compagnie. Il a été pour moi un compagnon agréable. Mais je vois à présent que je n’ai jamais eu vraiment confiance en sa piété. Et je n’ai maintenant aucune confiance en l’efficacité de ses prières. Je vais bientôt mourir. J’ai besoin des instructions et des prières de quelqu’un qui a vraiment foi en Dieu. J’ai été souvent avec lui, mais notre pasteur n’a jamais pris au sérieux le salut de mon âme. Ce n’est pas lui qui pourra m’aider en ce moment."
     
                     Son épouse fut très affectée, et lui dit: "Que dois-je donc faire?" Il répondit: "Tom, mon cocher, est un homme pieux. J’ai confiance en ses prières. Je l’ai souvent entendu prier dans la grange ou dans les écuries. J’ai été toujours frappé par le sérieux et la sincérité de ses prières. Je ne l’ai jamais entendu dire quelque chose d’insensé. Il a toujours été un chrétien honnête et sérieux. Appelle-le."
      
                    Tom fut appelé, et se présenta à la porte. Il ôta son chapeau et regarda avec tendresse et compassion son maître mourant. Le mourant étendit la main, et dit: "Approche-toi, Tom. Prends ma main. Tom, peux-tu prier pour ton maître qui est en train de mourir?" Tom mit toute son âme dans une prière sincère.
     
                      Je ne me rappelle plus le nom de cet évêque, cela fait si longtemps. Mais je me rappelle très bien cette histoire. Elle illustre l’erreur dans laquelle tombent tant de chrétiens et de pasteurs, qui croient pouvoir amener des inconvertis à la foi en partageant leurs plaisirs et en se précipitant avec eux dans leurs divertissements. J’ai souvent été le témoin de telles erreurs. Les chrétiens doivent vivre bien au-dessus de ce monde. Ils ne doivent pas avoir besoin des plaisirs qu’il offre, ni les rechercher. Ils doivent démontrer au monde que leur foi est la source du bonheur le plus grand et le plus pur. Un inconverti doit être attiré à la foi par l’apparence paisible, l’aspect joyeux, la sérénité spirituelle et la bonne humeur d’un chrétien plein de vie! Quand les païens voient un chrétien heureux en Dieu, rempli d’une sainte joie, vivant au-dessus du monde et fuyant ses divertissements, il ne peut manquer d’être impressionné. Il ressent la nécessité et l’attrait de la vie chrétienne. Mais que personne se pense influencer les inconvertis en manifestant de la sympathie pour leurs aspirations mondaines!
      
                      Peut-on dire qu’une telle règle soit un joug et un esclavage? Cela ne m’étonne pas qu’elle ait profondément troublé certains esprits! Les chrétiens qui aiment et recherchent le plaisir considèrent cette règle comme impraticable. Pour eux, elle est un corset ou une chaîne. Mais qui sont donc ces chrétiens? Sûrement pas ceux qui aiment Dieu de tout leur coeur et leur prochain comme eux-mêmes! Les vrais chrétiens ne trouvent pas cette règle impraticable, car les vrais chrétiens aiment Dieu par-dessus tout. Leurs intérêts et leur plaisir ne sont rien comparés aux intérêts et au bon plaisir de Dieu. Ils ne recherchent donc pour eux-mêmes aucun divertissement, à moins que Dieu ne le leur demande. Il est naturel pour nous de chercher à plaire à ceux que nous aimons par-dessus tout. Nous trouvons notre plus grand bonheur à leur faire plaisir. Et nous éprouvons un plaisir suprême à rechercher non pas notre propre plaisir, mais le plaisir de ceux qui sont l’objet de toute notre affection. Les chrétiens éprouvent donc leur plus grande joie et leur plus grand plaisir quand ils peuvent plaire à Dieu, et quand ils peuvent faire du bien à leurs semblables. Leur joie est d’autant plus grande qu’ils ne le font pas pour être joyeux, mais parce qu’ils obéissent à la loi de leur nouvelle nature.
       
                    Ceci est une réalité de la conscience chrétienne. Le meilleur et le plus pur divertissement d’un chrétien est de faire la volonté de Dieu. Les divertissements du monde sont insipides et sans valeur aucune, comparés à la joie que nous éprouvons à faire la volonté de Dieu. Celui qui aime Dieu plus que tout trouvera naturel de ne rechercher que la gloire de Dieu dans ses divertissements, comme dans tout ce qu’il fait. Pourquoi donc considérer cette règle comme trop stricte, comme un carcan et un esclavage? Comment comprendre ceux qui plaident pour plus de divertissements mondains?
    
                     D’après tout ce qu’ont dit et écrit ces dernières années ceux qui veulent plus de divertissements, j’ai constaté qu’ils prétendent trouver plus de plaisir dans ces divertissements que dans le service de Dieu. Cela me rappelle le texte d’une rédaction qui m’a été donnée quand j’étais écolier: "A toujours travailler les enfants s’abrutissent." Ils semblent croire que le service de Dieu est un travail pénible et imposé. Comme si prier, prêcher, gagner des âmes à Christ, communier avec Dieu et accomplir nos devoirs spirituels était tellement ennuyeux, voire ingrat, qu’il nous fallait beaucoup de bonnes journées de détente pour récupérer! Comme si notre amour pour Christ ne nous apportait aucune satisfaction! Comme si nous devions avoir fréquemment recours aux divertissements mondains pour rendre notre vie tolérable!
    
                    Un jour, Christ a dit à Ses disciples: "Venez à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu." N’est-il pas merveilleux de voir qu’ils étaient si souvent pressés de toute part qu’ils n’avaient même pas le temps de prendre leurs repas habituels! Mais ce n’étaient pas les divertissements qu’ils recherchaient. Ils devaient simplement se reposer des fatigues qu’ils avaient acceptées avec amour. C’est dans leur labeur qu’ils trouvaient leur plus grande joie.
     
                     Je me demande souvent: "Pourquoi donc tant de nos prédicateurs les plus populaires et les plus repus réclament-ils plus de divertissements?" Ils semblent conduire l’Église dans une direction où elle court les plus grands dangers. Ils n’est pas étonnant que tant de chrétiens soient si facilement entraînés dans cette direction. Car ces enseignements vont parfaitement dans le sens des tentations innombrables qui assaillent l’Église, et qui cherchent à l’entraîner dans le monde. Sur ce sujet, la Bible est pleine d’enseignements qui sont en contradiction directe avec ces appels à s’engager dans des divertissements mondains. Ces docteurs chrétiens appellent à faire la fête, à rire, à gesticuler, à jouer, et à rechercher tout ce que monde aime. Mais la Bible nous exhorte à rechercher la sobriété, à penser aux choses d’en haut, à prier sans cesse, et à marcher constamment tout près de Dieu. La Bible affirme partout que nous pouvons trouver une joie véritable dans cette vie, mais que toute véritable paix de l’esprit réside dans notre communion avec Dieu et dans notre consécration à rechercher Sa gloire. Cela doit être le seul et unique but de notre vie. La Bible nous exhorte à veiller, et nous affirme que nous devrons rendre compte de toute parole vaine, au Jour du Jugement. Elle ne nous dit nulle part que la fête et l’hilarité sont la source de notre joie. Elle ne nous promet nulle part de pouvoir rester tout près de Dieu et de garder la paix de l’esprit et la joie dans le Saint-Esprit, si nous courons partout à la recherche de divertissements.
      
                   D’ailleurs, cet enseignement de la Bible n’est-il pas en accord complet avec l’expérience humaine? Avons-nous besoin que ceux qui nous enseignent nous poussent à rechercher les divertissements mondains? La dépravation de la nature humaine ne suffit-elle pas à nous entraîner dans cette direction, sans avoir besoin d’y être stimulée par la voix d’un prédicateur? Si l’Église a besoin que ses conducteurs la poussent à se divertir et à s’amuser un peu, est-ce parce qu’elle a trop travaillé pour Dieu et pour le salut des âmes? Est-ce parce que les chrétiens sont trop surmenés par les efforts qu’ils font pour arracher les pécheurs aux flammes de l’enfer? Est-ce parce que leur ferveur spirituelle risque de les rendre fous?
     
                       Qu’est-ce que cela peut signifier? N’est-il pas vrai qu’une telle attitude ouvre la porte à presque tous les dangers que nous courons? La nature humaine n’a que trop tendance à aller dans cette direction. Ne devons-nous donc pas être sur nos gardes, et constamment exhorter l’Église à ne pas chercher à faire la fête et à se divertir, au péril de son âme? Est-ce donc un esclavage que de rechercher uniquement le bon plaisir et la gloire de Dieu dans tout ce que nous faisons? Qui donc trouve cela difficile? Christ a dit que Son joug était doux, et Son fardeau léger. Devoir tout faire pour la gloire de Dieu, voilà certainement le joug de Christ! C’est Sa volonté clairement exprimée. Qui dira que c’est un joug dur et un fardeau pesant? Cela n’est ni dur ni pesant pour celui qui aime Dieu et qui veut faire Sa volonté.
       
                   Ce qui est demandé ici est naturel à tous ceux qui aiment véritablement Dieu et qui sont consacrés à leur Sauveur. Aimer Jésus, n’est-ce pas avoir un cœur décidé à Lui obéir en toutes choses? La liberté chrétienne n’est-elle pas le privilège de faire ce que les chrétiens aiment le plus, c’est-à-dire plaire en toutes choses à leur Seigneur?
      
                     Oser se détourner du salut des âmes pour chercher à se divertir! Comme s’il existait un plus grand plaisir que celui de travailler au salut des âmes! Cela n’est pas possible! Notre plus grande joie, dans ce monde, est d’arracher des âmes aux flammes et de les amener à Christ! Je suis stupéfait d’entendre ces appels adressés à l’Église pour qu’elle se tourne encore plus vers les divertissements du monde. Avons-nous besoin d’autre chose que de marcher tout près de Dieu, dans l’amour et la sincérité, en coopérant avec Lui pour attirer des âmes au ciel?
       
                      Ceux qui encouragent le peuple de Dieu à se divertir me semblent animés de l’esprit du monde. Ils ne sont pas spirituels. Quand on est rempli de compassion pour des hommes qui vont à la mort, quand on lutte et qu’on agonise chaque jour dans la prière pour qu’ils soient sauvés, peut-on encore chercher à s’amuser? Est-il possible qu’un pasteur, dont l’assemblée comprend beaucoup d’inconvertis et de chrétiens charnels, cherche à entraîner son Église en arrière, pour rechercher les plaisirs du monde? Il y a déjà bien assez de gens, dans toutes les églises, qui ont naturellement tendance à aller dans cette direction! Qui sont ceux qui tombent le plus facilement dans ce piège? Qui sont les premiers à proposer un pique-nique, une excursion agréable, une fête comme celles du monde, ou toute autre activité plaisante? Est-ce que ce sont ceux qui fréquent le plus les réunions de prière et qui sont toujours réveillés? Est-ce que ce sont les chrétiens spirituels, ceux qui parlent des choses célestes et qui ne pensent pas aux choses de la terre? Qui donc ignore que ce sont les chrétiens mondains qui sont les premiers à se joindre aux activités mondaines et à se divertir? Les chrétiens vraiment spirituels, les chrétiens qui prient, qui sont attachés aux choses d’en haut, n’aiment pas ces activités. Il faut les forcer à s’y engager. Ils pleurent en secret en voyant leur pasteur encourager ce qui est sans doute une si grande pierre d’achoppement pour l’Église et pour le monde.
      
                     Charles Finney, en remettant à l’impression les épreuves de cet article, après les avoir revues, écrivit une courte note à l’intention du Dr Cullis, en ces termes:
      
                     Ces pages sont un résumé de trois courts articles que j’ai écrits pour le journal Indépendant. L’éditeur du journal Advance, et l’un des éditeurs de l’indépendant, qui avaient publié des articles que je considère comme mauvais, parce qu’ils approuvaient les divertissements du monde et les recommandaient aux chrétiens, avaient critiqué mes articles avec une aigreur qui me semblait indiquer que j’avais touché juste. Ils en ont tellement tordu le sens qu’ils ont fait croire que j’enseignais l’ascétisme, et que je voulais interdire tout repos, toute détente, et toute forme de divertissement.
      
                     Je considère mon article comme strictement conforme à la Bible, et comme étant la vérité. Mais, pour éviter toute interprétation injuste et toute chicane, veuillez ajouter le texte suivant:
     
                    Que personne ne dise que cet article cherche à interdire tout repos, toute détente, et toute forme de divertissement. Ce serait faux. Je considère toutes ces choses comme parfaitement licites, pourvu que ceux qui les pratiquent les envisagent comme des moyens de s’assurer la vigueur et la santé de leur corps et de leur esprit, pour mieux servir Dieu. Cet article insiste seulement, comme le fait la Bible, sur le fait que l’on doit tout faire comme un service rendu à Dieu, que ce soit manger, boire, se reposer ou s’amuser. Nous ne devons jamais perdre Dieu de vue. Notre but est de Lui plaire en toutes choses, sinon nous péchons.

à suivre....

samedi 25 août 2018

(8) LA PUISSANCE D'EN HAUT (Charles G. FINNEY)

Nouvelle édition numérique Yves PETRAKIAN 2011 – France
Copie autorisée pour diffusion gratuite uniquement
Obligation d'indiquer la source http://456-bible.123-bible.com
Ce livre est aussi disponible gratuitement au format Bible Online sur: http://123-bible.c
  

Chapitre 8: PRÉDICATEUR, SAUVE-TOI TOI-MÊME!

"Veille sur toi-même et sur ton enseignement; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t’écoutent".  {1Timothée 4:16}
     
                    Je ne vais pas prêcher à des prédicateurs. Je veux m’adresser personnellement à tout prédicateur, pour lui présenter certaines conditions par lesquelles il pourra assurer son salut.

1. Soyez certain que c’est l’amour qui vous pousse à prêcher l’Évangile, car c’est par amour que Christ a donné l’Évangile.

2. Assurez-vous d’avoir reçu le revêtement spécial de puissance d’en haut, par le baptême du Saint-Esprit.

3. Assurez-vous que l’appel à prêcher l’Évangile a été reçu dans votre cœur, et non seulement dans votre tête. Je veux dire par là que vous devez avoir intensément à cœur de rechercher le salut des âmes. Cela doit être la grande tâche de votre vie. Ne faites rien sans une conviction de votre cœur.

4. Maintenez constamment une marche en communion étroite avec le Seigneur.

5. Que la Bible soit votre Livre parmi les livres. Étudiez-la beaucoup, à genoux, en vous attendant à recevoir la lumière divine.

6. Soyez prudent quand vous utilisez des commentaires. Consultez-les quand ils sont utiles. Mais il vaut mieux avoir votre propre opinion, à la lumière du Saint-Esprit.

7. Gardez-vous pur, dans votre volonté, dans vos pensées, dans vos sentiments dans vos paroles et dans vos actions.

8. Méditez profondément sur la culpabilité des pécheurs et le danger qu’ils courent, pour intensifier votre zèle à rechercher leur salut.

9. Méditez aussi profondément et en permanence sur l’amour infini et la compassion de Christ pour les pécheurs.

10. Aimez-les au point d’être prêt à accepter de mourir pour eux.

11. Consacrez-vous le plus possible à l’étude des moyens que vous pouvez employer pour les sauver. Que cette étude soit la tâche principale de votre vie.

12. Veillez à ce que rien ne vienne vous distraire de cette tâche. Tenez-vous en garde contre toute tentation qui voudrait diminuer votre intérêt pour cette tâche.

13. Croyez à l’affirmation de Christ qu’Il est toujours et partout avec vous dans cette tâche, toujours prêt à vous donner l’aide dont vous aurez besoin.

14. "Le sage s’empare des âmes". {Proverbes 11:30} "Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée". {Jaques 1:5} "Mais qu’il la demande avec foi, sans douter". {Jacques 1:6} Rappelez-vous donc que vous êtes obligé de posséder la sagesse qui vous permettra de gagner des âmes à Christ.

15. Puisque vous êtes appelé par Dieu à cette œuvre, invoquez constamment votre appel devant Dieu comme argument pour obtenir tout ce dont vous avez besoin pour accomplir votre tâche.

16. Soyez diligent. Travaillez dur, insistez "en toute occasion, favorable ou non". {2Timothée 4:2}

17. Discutez beaucoup avec les hommes de toutes conditions, sur la question de leur salut. Vous pourrez ainsi comprendre leurs opinions, leurs erreurs, et leurs désirs. Informez-vous de leurs idées préconçues, de leur degré d’ignorance, de leur caractère, de leurs habitudes, et de tout ce que vous aurez besoin de savoir pour adapter votre message à leurs contraintes.

18. Veillez à ce que vos propres habitudes soient parfaitement correctes. Soyez maître de vous-mêmes en toutes choses. Abstenez-vous totalement du tabac, de l’alcool, des drogues, ou de tout ce dont vous pourriez avoir honte, et qui pourrait faire chuter les autres.

19. Ne soyez pas inconsidéré, mais que le Seigneur soit toujours présent à votre esprit.

20. Maîtrisez votre langue, et ne vous laissez pas aller à des conversations futiles et inutiles.

21. Que ceux que vous instruisez puissent constater que vous êtes toujours sérieux et digne avec eux, pendant les réunions ou en dehors des réunions. Que vos contacts quotidiens avec eux ne soient pas en contradiction avec le sérieux de vos enseignements.

22. Assurez-vous de ne pas avoir la pensée de savoir parmi eux "autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié." Faites-leur comprendre, puisque vous êtes un ambassadeur de Christ, que dans vos relations avec eux, vous ne vous intéressez qu’au salut des âmes.

23. Assurez-vous de les enseigner autant par votre exemple que par vos discours. Pratiquez vous-même ce que vous prêchez.

24. Soyez particulièrement prudent dans vos relations avec les femmes, afin que vous ne fassiez pas l’objet du moindre soupçon d’impureté, et que vous n’ayez pas la moindre pensée impure à leur égard.

25. Surveillez particulièrement vos points faibles. Si vous avez naturellement tendance à plaisanter et à avoir l’humeur légère, faites attention à ne pas chuter dans ce domaine.

26. Si vous êtes naturellement d’humeur sombre et peu sociable, gardez-vous de la morosité et de l’insociabilité.

27. Évitez toute attitude feinte et affectée. Soyez tel que vous prétendez être, et vous ne serez pas tenté de passer pour ce que vous n’êtes pas.

28. Que la simplicité, la sincérité et la marque de Christ caractérisent toute votre vie.

29. Passez beaucoup de temps chaque jour et chaque nuit à prier et à être en communication directe avec Dieu. Ceci vous donnera la puissance pour le salut des âmes. Ce n’est pas le volume de vos recherches intellectuelles et de vos études qui pourra compenser votre manque de communion avec Dieu. Si vous ne parvenez pas à maintenir cette communion avec Dieu, votre force ne sera que faiblesse.

30. Rejetez l’erreur selon laquelle il n’existe pas de moyens de régénération. Cela vous empêcherait de mettre en place les moyens nécessaires pour amener des âmes à la régénération.

31. Comprenez bien que la régénération est un changement moral, donc volontaire.

32. Comprenez que l’Évangile est parfaitement adapté pour changer le cœur de l’homme. Si vous présentez l’Évangile avec sagesse, vous pouvez compter sur une coopération efficace du Saint-Esprit.

33. Quand vous sélectionnez et utilisez des textes des Écritures, suivez toujours l’enseignement direct du Saint-Esprit.

34. Que vos prédications ne viennent pas seulement de votre tête, mais aussi de votre cœur.

35. Que votre prédication découle de votre expérience, et non pas de ce que vous avez entendu dire, ni de ce que vous avez lu et étudié.

36. Exposez toujours le sujet que le Saint-Esprit place sur votre coeur pour l’occasion. Saisissez-vous des arguments que vous présente le Saint-Esprit, et exposez-les à votre auditoire de la manière la plus directe possible.

37. Priez abondamment lorsque vous vous préparez à prêcher. Sortez de votre cabinet de prière pour aller donner votre prédication, en ayant votre coeur rempli des soupirs de l’Esprit, et en sachant qu’Il est prêt à inspirer tout ce que vous allez exprimer de vos lèvres.

38. Que votre esprit soit plein à déborder de votre sujet. Puis ouvrez la bouche et laissez les paroles jaillir comme un torrent.

39. Sachez bien que "la crainte de l’homme tend un piège." Soyez-en complètement libéré. Que vos auditeurs comprennent que vous craignez trop Dieu pour avoir peur d’eux.

40. Que le désir d’être populaire ne vienne jamais influencer votre prédication.

41. Qu’aucun problème de rémunération ou d’argent ne vous empêche de déclarer "tout le conseil de Dieu," que les hommes vous écoutent ou qu’ils ne vous écoutent pas.

42. Ne faites pas traîner les choses, de peur que ceux que vous dirigez ne perdent leur confiance en vous, et que vous ne parveniez donc pas à les conduire au salut. Ils ne peuvent pas véritablement vous respecter, en tant qu’ambassadeur de Christ, s’ils voient que vous n’osez pas accomplir votre devoir.
43. Assurez-vous de vous recommander "à toute conscience d’homme devant Dieu."

44. N’aimez pas les gains impurs.
  
  45. Évitez toute apparence de vanité.

46. Obligez ceux que vous dirigez à respecter votre sincérité et votre sagesse spirituelle.

47. Ne leur laissez à aucun moment supposer que votre prédication puisse être en quoi que ce soit influencée par des considérations de salaire.

48. Ne donnez pas l’impression que vous êtes amateur de bons repas, et que vous aimez être invité à manger. Ce serait un piège pour vous, et une pierre d’achoppement pour eux.

49. Tenez votre corps en bride, de peur qu’après avoir prêché aux autres, vous ne soyez vous-mêmes rejeté.

50. Veillez sur les âmes qui vous sont confiées, comme devant en rendre compte à Dieu.

51. Soyez diligent dans l’étude de la Parole de Dieu, et instruisez à fond ceux que vous dirigez, dans tout ce qui est essentiel pour leur salut.

52. Ne flattez jamais les riches.

53. Mettez un soin particulier à instruire les pauvres et à être attentif à leurs besoins.

54. Ne vous permettez jamais d’accepter des compromis en vous laissant acheter, au cours de réunions spécialement consacrées à collecter de l’argent.

55. Ne faites jamais rien qui puisse vous faire publiquement traiter de mendiant. Sinon vous finirez par être méprisé par un grand nombre de vos auditeurs.

56. N’essayez jamais de fermer votre bouche pour condamner tout ce qui est extravagant, erroné ou scandaleux dans votre assemblée.

57. Maintenez votre intégrité et votre indépendance pastorales. Sinon vous endurcirez votre conscience, vous éteindrez le Saint-Esprit, et vous perdrez la faveur de Dieu.

58. Soyez un exemple pour le troupeau. Que votre vie illustre votre enseignement. Rappelez-vous que vos actions et l’esprit dont vous êtes animé parleront mieux que tous vos sermons.

59. Si vous prêchez que les hommes doivent servir Dieu et leur prochain dans l’amour, veillez à le faire vous-même. Evitez tout ce qui tendrait à faire croire que vous travaillez pour un salaire.

60. Servez vos frères dans l’amour. Encouragez-les à vous donner, comme rémunération de votre travail, non pas de l’argent, mais de l’amour. Cela sera un rafraîchissement pour vous comme pour eux.

61. Refusez toute offre d’argent, pour vous ou votre Eglise, qui pourrait provoquer le dégoût ou le mépris de ceux qui appartiennent au monde, et qui sont capables de réfléchir.

62. Refusez l’organisation de goûters, de conférences amusantes ou autres réunions amicales qui ne font que dissiper les âmes; surtout à des moments où l’on ferait mieux d’unir tous les efforts pour convertir des âmes à Christ. Soyez certain que le diable essayera de vous entraîner dans cette direction. Parfois, à des moments où vous êtes occupé à prier et à programmer un réveil de l’oeuvre de Dieu, certains membres charnels de votre église tenteront de vous inviter à une rencontre mondaine. N’y allez pas, car vous feriez alors partie de leur groupe, et vos prières ne seraient plus exaucées.

63. Ne soyez pas séduit. Votre puissance spirituelle devant votre assemblée ne sortira jamais grandie si vous acceptez de telles invitations à de tels moments. Si le moment est favorable aux réunions mondaines, parce que les gens ont des loisirs, il est tout aussi favorable aux réunions spirituelles. Vous devez employer votre influence pour attirer les gens dans la maison de Dieu.

64. Veillez à connaître personnellement Christ, et à vivre chaque jour de Lui.

à suivre.....