vendredi 30 septembre 2011

LES PIONNIERS DE LA VOIE CELESTE de T.A. Sparks (première partie)

CHAPITRE 1


LA RÉALITÉ ET LA NATURE DE LA VOIE CÉLESTE


C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre.  Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie.  S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c'est–à–dire une céleste. C'est pourquoi Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité.
(Hébreux 11.13-16  Segond nouvelle édition de Genève)

    Un peu de temps avant que ces messages ne soient donnés, désirant être tranquille et loin d’un certain nombres de choses, je suis allé me retirer à la campagne, le cœur tourné vers le Seigneur et vers Sa Parole. Et un jour, pendant les premières heures de la matinée, c’était comme si le ciel s’ouvrait et que tout devenait vivant, tout s’éclairait merveilleusement et pouvait se traduire par cette expression : ‘’Pionniers de la voie céleste.’’ Cela résume réellement ces versets que nous avons lu un peu plus haut. Nous allons donc considérer ce domaine de la voie céleste et l’aspect de l’initiation de cette voie. Je crois que c’est le principal soucis du Seigneur, et aussi le nôtre de nos jours.

 LA TERRE LIÉE AU CIEL

     La Bible commence avec le ciel : ‘’Au commencement Dieu créa les cieux et la terre’’ et non pas la terre et les cieux. Les cieux viennent en premier. La Bible termine avec la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, venant de Dieu et issue du ciel (Apocalypse 21.2) et, de même que le ciel est au commencement et à la fin, ainsi toute la Parole de Dieu, du début jusqu’à la fin, est du ciel et pour le ciel. Il en est ainsi dans le domaine naturel comme dans le domaine du spirituel. Les cieux gouvernent la terre et le terrestre, et le terrestre doit répondre au céleste. Ce sont les cieux, c’est le ciel qui est la finalité. Tout doit être à la lumière du ciel, doit répondre au ciel et venir du ciel. C’est la somme des paroles divines, le contenu tout entier des Écritures.
    Ce monde, cette terre, sont liés à quelque chose de très grand. Quelle que soit l’importance de la création par rapport au plan divin, cette terre est l’objet d’un grand souci divin, car les plus grandes choses de tout l’univers ont eu lieu sur cette terre. Dieu est venu ici-bas en chair, Il a vécu ici-bas, Il s’est donné Lui-même pour ce monde. Le grand dénouement des conseils éternels devra avoir lieu sur cette terre. Ce n’est donc pas un domaine à part, isolé, mais relié au ciel, et toute sa destinée est en raison de cette relation. Son importance réside dans son rapport avec quelque chose de plus grand que ce qu’elle est en elle-même, avec le ciel.
    La Bible enseigne que Dieu est situé au ciel, ‘’Dieu est au ciel’’. (Ecclésiaste 5.1) C’est une déclaration. Elle enseigne qu’il y a un système, un ordre, dans le ciel, qui est le véritable ‘’un’’, qui est l’ultime ‘’un’’. A la fin, sur cette terre aura lieu l’établissement de l’ordre céleste comme étant la consommation de tout le conseil de Dieu. Christ vint, du ciel, ici-bas, et retourna au ciel. Le chrétien, en qualité d’enfant de Dieu, est né du ciel es sa vie est centrée sur le ciel, et la vie des enfants de Dieu sera consommée dans le ciel. L’ Église, ce chef-d’œuvre de Dieu, est d’origine céleste, a reçu un appel céleste et sa destinée est céleste. Dans toutes ces choses, et bien d’autres encore, ‘’les cieux gouvernent’’ (Daniel 4.26) Le grand facteur du céleste gouverne tout.

 LES ENFANTS DE DIEU LIES AU CIEL

     De même, si nous sommes des enfants de Dieu, toute notre histoire et notre éducation sont en rapport avec le ciel. C’est une des choses que nous allons voir en détail. Mais permettez-moi de dire, et que cela soit tout de suite reconnu, que notre instruction et toute notre histoire d’enfant de Dieu, est en rapport avec le ciel et ne signifie pas simplement qu’un jour, nous devrons aller au ciel. Nous sommes en rapport avec le royaume des cieux, par la naissance, par les ressources et par la vocation céleste. Toute notre instruction, j’ai donc dit, est en rapport avec le ciel. Tout ce que vous et moi devons apprendre doit être en relation avec ce qui est accompli dans ciel. C’est ce que le Seigneur voulait dire quand Il déclarait ‘’Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.’’ (Mathieu 6.10, NEG) Il y a un grand passage, concernant l’instruction des enfants de Dieu, pour la prière, qui commence par ‘’Notre Père qui êtes aux cieux.’’ Car, comme les choses sont dans le ciel, elles doivent l’être ici-bas sur la terre. Toute une vie d’instruction, de formation drastique et profonde, est liée avec cette conformité avec le céleste.
    La Bible des chrétiens, à l’époque du Nouveau Testament, était l’Ancien Testament. Quand nous lisons dans le Nouveau Testament : ‘’les Écritures’’, ‘’afin que les Écritures soient accomplies’’, ‘’comme c’est écrit dans les Écritures’’, et ainsi de suite, c’est l’Ancien Testament qui est la référence. L’Ancien Testament était la seule Écriture, la seule Bible, des premiers chrétiens, des chrétiens des premières décennies de notre ère. Ils n’avaient pas encore notre Nouveau Testament. Pour eux, l’Ancien Testament était leur Bible, et il était continuellement cité, on s’y référait et il était employé pour corroborer l’expérience spirituelle des premiers chrétiens. Cette lettre aux Hébreux, que nous citons au début, en est justement l’exemple. Du début à la fin, elle est imprégnée de l’Ancien Testament. Il est sans cesse employé pour illustrer, établir, souligner, et donner du sens à la vie spirituelle des chrétiens du Nouveau Testament.

 UN PÈLERINAGE LIE AU CIEL

     Et ce que nous trouvons tout au long de l’Ancien Testament, c’est un pèlerinage. Un pèlerinage en relation avec le ciel. Revenons au commencement. Nous voyons que l’intention divine, dans la création, était qu’une harmonie existe entre le ciel et la terre, afin que Dieu puisse être ici-bas, dans ce monde, avec plaisir, bonheur et dans le repos, tout comme Il pouvait l’être dans Son ciel. Il le faisait pour Son plaisir, Il le faisait pour Lui-même, Il pourrait aller et venir dans le repos, avec une pleine satisfaction et une joie parfaite. Le premier aspect, est que Dieu ait du plaisir à venir dans ce monde qu’Il a créé. Il l’a fait, c’est Son œuvre, et Il nous est dit qu’après l’avoir créé, Il est entré dans Son repos. Son repos se trouvait assuré, ici-bas, dans Sa création.
      Cependant, depuis la tragédie de la chute, cette harmonie entre le ciel et la terre a été rompue. Ils sont désormais, opposés. Ce monde est en conflit avec le ciel. Tout ici, sur la terre a été changé. Dieu ne trouve aucun plaisir dans ce qui vient de ce monde. Désormais, Sa présence ici-bas est en forme de témoignage et non pas en  plénitude. En témoignage, car Il est dans Son droit, en témoignage au fait que ‘’A l’ Éternel la terre et ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent !’’ (Psaumes 24.1  NEG ) en témoignage qu’Il l’a faite pour Son propre plaisir. Mais Dieu est ici seulement en témoignage, de manière représentative, symbolique. Il doit avoir ce témoignage, mais Il n’est pas maintenant, ici-bas, en plénitude. Dans une certaine mesure et parfois même réellement, Dieu est hors de ce monde, car il y a ce conflit entre le ciel et le monde, et même s’il y a ce témoignage ici-bas, Il est ici sans être d’ici. Il est en dehors. Le vase même du témoignage de la présence de Dieu est quelque chose qui n’appartient pas à ce qui est d’ici. Ici, Il n’a aucune habitation. Ici, Il n’a aucune cité. C’est ‘’en’’ mais non pas ‘’de’’. C’est étranger à ce monde. Il en a été ainsi depuis la chute.
    Désormais, toute l’histoire des instruments divinement saisis pour ce témoignage, qu’ils soient individuels ou qu’ils soient corporatifs, c’est l’histoire des pionniers frayant une voie, traçant une voie, faisant quelque chose de nouveau, concernant ce monde, foulant un nouveau territoire, découvrant des choses nouvelles en relation avec le ciel, des pionniers d’une contrée céleste. Quelle somme d’expériences se trouve résumée dans une déclaration comme celle-là !

 POUR CES PÈLERINS LE CENTRE DE GRAVITE C’EST LE CIEL

     Considérons une ou deux caractéristiques de la vocation de ces pionniers. Tout d’abord, ceux qui sont appelés sont du ciel, saisis par le ciel, pour servir le dessein céleste, constatent que leur centre de gravité a été intérieurement et spirituellement changé et transféré de ce monde au ciel. Intérieurement il y a ce sens profond établi que nous n’appartenons pas à ce qui est ici-bas, que ce monde n’est pas notre lieu de repos, que ce n’est pas notre demeure, que ce n’est pas notre centre de gravité. Nous ne sommes pas attirés par lui intérieurement. Dans l’esprit des pionniers il y a cette conscience du conflit avec ce qui est d’ici-bas, d’un différent avec lui et ne pouvant pas s’en accommoder. Je le répète, intérieurement et spirituellement, le centre de gravité a été transféré de ce monde au ciel. C’est une conscience infuse, innée, et c’est la première caractéristique de cet appel céleste, le premier effet, la première conséquence de cet appel d’en haut. Nous allons revenir à cela encore tout à l’heure.
    Et nous pouvons tester cela. Bien sûr, c’est vrai pour le plus simple des enfants de Dieu. La première prise de conscience de celui qui est réellement né de nouveau, d’en haut, c’est que le centre de gravité a changé. D’une manière ou d’une autre, intérieurement, nous sommes passé d’un monde à un autre. Ce qui, jusqu’ici, nous liait par nature au monde, ne nous retient plus, ce n’est plus notre monde. Certes, nous pouvons le dire autrement, mais c’est quelque chose de conscient, et à moins qu’il n’en soit ainsi il y aura quelque chose de douteux dans toute profession de foi à l’égard du Seigneur Jésus. Et ce sens inné d’un nouveau centre de gravité doit s’étendre et croître de plus en plus, rendant impossible pour nous d’accepter ce monde  sous une forme quelle qu’elle soit. De nouveau, je dis que c’est le test de notre progression spirituelle, de notre pèlerinage et de notre marche. Mais après tout, c’est bien élémentaire.

 LE DOMAINE CÉLESTE NOUS EST INCONNU PAR NATURE

     Encore une fois, cet autre domaine, cette conscience qui est entrée dans nos cœur, la gravitation vers laquelle tend notre esprit, par sa nature, est un monde entièrement inconnu pour nous. C’est un autre domaine, différent, non familier, inexploré. Fondamentalement cela ne nous apporte rien si d’autres y sont passé avant nous, ou de savoir que cette voie a été longue pour un tel. Pour chaque individu c’est un nouveau monde et il peut seulement être connu par l’expérience. Nous pouvons décliner des valeurs à partir de l’expérience des autres, et remercions Dieu pour toutes ces valeurs, mais malgré toute leurs expériences ils ne peuvent pas nous faire marcher davantage sur cette voie. Pour nous, c’est nouveau, absolument nouveau, et étrange. Nous devons tout apprendre à ce sujet, du début à la fin.
    Le chemin de ces pionniers, et il en est toujours ainsi, est un chemin solitaire. Personne, ici-bas, ne peut nous donner cet héritage. Nous devons obtenir le nôtre dans ce domaine si étrange et inconnu. Cela exige fondamentalement une nouvelle constitution selon ce nouveau domaine, avec des capacités que nous ne possédons pas naturellement. Aucun homme, par la recherche, ne peut découvrir Dieu (Job 11.7) Nous n’avons pas cette capacité. Cela doit naître en nous du ciel. Nous devons nous-mêmes tout découvrir. Nous devons nous-mêmes découvrir Dieu, dans chaque détail de Sa relation volontaire, avec le cœur de l’homme. 
    La lumière peut venir par un témoignage, la lumière peut venir par les Écritures, l’aide peut venir par le conseil, l’inspiration peut venir à nous par ceux qui ont labouré ce domaine et montré le chemin, mais, en dernière analyse, nous possédons notre propre domaine spirituel dans les lieux célestes, alors, cultivons-le et exploitons-le. Vous savez que cela est vrai et que vous suivez cette route-là dans la vie spirituelle. Vous devez le découvrir pour vous-même. Oh ! Combien nous aspirons à ce que quelqu’un nous relève et nous introduise dans l’expérience ! Le Seigneur ne le permettra jamais. Si réellement et véritablement nous sommes sur la route céleste, si nous n’avons pas juste commencé et nous sommes assis et avons renoncé, si nous progressons sur la route céleste, alors nous sommes tous des pionniers. Il y aura des valeurs dans lesquelles d’autres sont entrés et qu’ils auront initiées, mais il y aura ce sentiment que nous avons nous-mêmes fait ces découvertes, et c’est bien mieux ainsi car finalement il n’y a rien qui puisse être de seconde-main dans le domaine de la vie spirituelle.

 ÊTRE PIONNIER IMPLIQUE UN COUT ET LE CONFLIT
 
     Maintenant, nous en venons à la troisième caractéristique. Toute découverte a un coût et implique la souffrance, et comme cette voie est spirituelle, ce coût est essentiellement intérieur.
    La perplexité ; oui, il s’agit de la perplexité. J’ai lu la traduction d’un message de notre frère Watchman Nee. Dans ce message, il dit en effet : ‘’A une certaine époque, j’avais une opinion tellement haute de la vie chrétienne que je pensais qu’un chrétien ne pouvait pas être perplexe, que c’était faux. Qu’un chrétien soit abattu ou désespère, cela aussi c’était impossible. Car quelle sorte de chrétien cela pouvait donc être ? Cependant, quand j’ai lu que Paul disait qu’il était perplexe, dans la détresse, dans le désespoir, cela a représenté un réel problème pour moi, à la lumière de ce que j’avais enseigné moi-même et qu’un chrétien devait être. Mais j’ai saisi qu’il y avait, après tout, rien de faux dans cela.’’ Oui, un chrétien et même un chrétien comme l’apôtre Paul pouvait être perplexe et abattu et dans le désespoir. C’est cela le chemin des pionniers.
    Qu’implique la perplexité ? Cela implique le besoin d’une capacité, ou la compréhension d’un domaine qui n’est pas encore présent. Il y a un domaine qui est au-delà de vous. Cela ne signifie pas que vous serez perplexes à l’égard de la même chose. Vous croîtrez à cause de votre perplexité concernant cette affaire, et vous comprendrez. Mais il y aura jusqu’au bout cette perplexité, dans une certaine mesure, simplement parce que le ciel est plus grand que ce monde, plus vaste que cette vie naturelle. Nous devons croître et croître encore. La perplexité est le lot des pionniers.
    La faiblesse. Le frère Nee disait aussi : ‘’Un chrétien dans la faiblesse et confessant qu’il est faible, quelle sorte de chrétien est-ce donc ?’’ Paul parle beaucoup de la faiblesse, et de sa propre faiblesse, signifiant aussi, bien sûr, qu’il y a une autre sorte de force qui n’est pas la notre en propre et qui doit être découverte. C’est quelque chose que nous ne connaissons pas naturellement. C’est la voie des pionniers : parvenir à une sagesse qui est au-delà de nous et qui présentement signifie perplexité. Une force qui va au-delà de nous et qui actuellement signifie faiblesse en nous-mêmes. Nous apprenons, c’est tout. C’est la voie des pionniers, mais c’est coûteux. Le coût est intérieur et se concrétise de bien des manières.
    C’est intérieur, mais c’est aussi extérieur. Cette lettre aux Hébreux est pleine de ces deux aspects du pèlerinage. ‘’Ceux-ci confessaient qu’ils étaient étrangers et pèlerins sur la terre.’’ (Hébreux 11.13) C’était d’un voyage spirituel, d’une transition du terrestre au céleste, dont l’apôtre parlait. Il y avait l’aspect intérieur, mais il y avait aussi l’aspect extérieur à eux-mêmes et c’est la même chose pour nous. La tendance naturelle c’est de se tourner vers soi-même, mais c’est une marche descendante. Laissez faire les choses par elles-mêmes et elles iront vers le bas, de manière toute naturelle. Est-ce que cela n’est pas vrai ? Un beau jardin deviendra une sauvage désolation, un chaos en peu de temps, si vous ne prenez pas l’ascendant sur lui. Cela est vrai de nous d’une manière spirituelle, la gravitation tend vers la terre, voulant toujours revenir vers le bas, voulant toujours en terminer avec le conflit et le combat, voulant toujours sortir de cette atmosphère de tension dans la vie spirituelle. Toute l’histoire de l’ Église est la longue histoire de cette tendance à retourner vers le bas, vers cette terre et à devenir conforme à ce monde, à être acceptée, populaire ici-bas et à éliminer l’élément de conflit et de pèlerinage. C’est la tendance et le cours naturel des choses. Que se soit intérieurement ou extérieurement, être pionnier est une chose coûteuse.
     Vous allez à l’encontre de la tendance religieuse, et pour illustrer cela, considérons encore cette lettre aux Hébreux. La tendance était de rabaisser les premiers croyants au niveau terrestre, de faire du christianisme un système religieux terrestre, avec tout son caractère extérieur, ses formes, son rituel, ses vêtements, une chose pouvant être vue et répondant aux sens. Cela influençait beaucoup ces chrétiens, faisant appel à leur âme à leur nature et la lettre écrite pour leur dire : ‘’laissons ces choses et allons de l’avant’’. Nous sommes pèlerins, nous sommes étrangers, c’est ce qui est céleste qui compte (vous vous souvenez du passage concernant la Jérusalem céleste –Hébreux 12.18-24.)
    Mais aller à contre-courant du système religieux qui a ‘’pignon sur rue’’ ici-bas, est une chose coûteuse et impliquant la souffrance. C’est, je le ressens parfois, beaucoup plus coûteux que d’aller à l’encontre du monde lui-même. Le système religieux peut être plus impitoyable, amer et cruel, et il peut utiliser toutes ces choses méchantes, ces suspicions méprisables, ces choses qui causent des dommages et que vous ne trouverez même pas chez les gens décents de ce monde. C’est coûteux d’aller vers ce qui est céleste, c’est douloureux, mais c’est la voie des pionniers, et il doit être clair que cela doit être ainsi. Il y a cette expression dans cette lettre : ‘’Sortons donc pour aller à Lui hors du camp, en portant son opprobre’’ (Hébreux 13.13 NEG) cet ‘’hors du camp’’ implique l’ostracisme, la suspicion.
    ‘’C’est dans la foi qu’ils sont tous morts sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et salué de loin’’. N’est-ce pas cela la vision des pionniers, toujours voyant et saluant ce qui est plus loin ? Saluant le jour, quoiqu’il puisse être au-delà de cette vie, souhaitant la bienvenue au jour de la réalisation : ‘’reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu’’. Dieu n’est pas honteux de ceux qui sont en pèlerinage avec Lui jusqu’à la fin, Il les appelle Sa propriété et Il est ‘’appelé leur Dieu’’ et ‘’il a préparé pour eux une cité.’’ (Hébreux 11.13-16)
    Il y a dans ces ‘’tous’’, un merveilleux résumé quand vous le méditez. Il dit d’eux, qu’ils avaient vu quelque chose et que l’ayant vue, ils ne pourraient jamais se reposer sur cette terre, cela jusqu’à leur dernier jour et jusqu’à leur dernier souffle. Ils étaient encore pèlerins, l’appel de l’invisible était en eux. C’est quelque chose qui doit venir en nous du ciel afin de nous introduire dans le ciel. Est-ce que vous l’avez reçu ?
    Comme nous le verrons, c’est la clé de tout et cela explique tout. C’est la garantie (Oh ! Béni soit Dieu pour cela, et que bien plus d’enfants de Dieu connaissent cela avec une grande puissance !) que tout cela est en nous sous forme de désir, de grand besoin et de quête, ce que naissant de l’Esprit de Dieu, peut se réaliser.
    Êtes-vous affamés ? Est-ce que vous désirez ? Est-ce que vous êtes insatisfaits ? C’est une prophétie de ce qui doit venir. Est-ce que vous êtes installés ici-bas ? Votre vision est-elle courte et rétrécie ? Est-ce que vous pouvez accepter les choses telles qu’elles sont ? Très bien, alors vous n’irez pas très loin. Dieu s’appelle Lui-même le Dieu de ceux qui sont pèlerins. Il est le Dieu des pionniers et nous dépouillant nous-mêmes de toute conception d’un pèlerinage littéral, et d’un ciel littéral (pour ma part, je ne sais pas où est le ciel, mais je sais qu’il y a un ordre divin des choses et que je suis formé en relation avec cela chaque jour de ma vie) mettons de côté cet aspect littéral, et voyons le spirituel, qui est tellement réel. Demandons au Seigneur de mettre puissamment en nous cet esprit de pèlerinage.
    Vous découvrirez en progressant, et cela même si votre spirituelle est merveilleuse (comme si vous aviez atteint un certain sommet) que viendra un temps où vous la considèrerez comme rien, vous regarderez cela comme un simple babillage. Même concernant les choses élevées que vous étiez alors capables de lire, qui vous nourrissaient, vous direz alors : ‘’Comment est-ce que j’ai pu trouver quoique ce soit dans cela ?’’ Ne vous méprenez pas de ce que je dis, il n’y a pas de mal à cela, mais vous, vous êtes allés plus loin et vous devez avoir quelque chose de plus. Nous devons croître et sans cesse aller au-delà des choses. Nous devons être des gens de l’au-delà. C’est probablement la signification du mot ‘’Hébreu’’. Cette lettre est appelée la lettre aux Hébreux, et elle parle des pèlerins et des étrangers, et si le mot ‘’Hébreu’’ signifie une personne au-delà, bien alors nous sommes des gens de l’au-delà, notre demeure et notre centre sont au-delà. Nous sommes pèlerins ici-bas, pèlerins de l’au-delà.
    Puisse le Seigneur nous faire la grâce de nous préserver de toute léthargie, de la fausse satisfaction, ou de l’impatience à vouloir parvenir à une fin ici-bas. Gardons nos yeux et nos cœurs sur ceux qui ont initié la voie avant nous, la voyant, la saluant et mourant dans la foi !



CHAPITRE 2


LA CRISE ENTRE CE QUI EST TERRESTRE ET CE QUI EST CÉLESTE

Lecture : Nombres 13.1-3 , 17.23 , 27.33 ; 14.1-3

    Nous avons considéré la réalité et la nature de la voie céleste. La Bible commence avec la création du ciel. Elle termine avec l’émergence du ciel, de ce qui a été formé dans le ciel, selon des principes divins : la ville sainte, la nouvelle Jérusalem issue de Dieu et venant du ciel, accomplissant cette parole que nous avons lue dans Hébreux 11 ‘’car Dieu leur a préparé une cité.’’

L’ANTAGONISME DU TERRESTRE ET DU DIVIN

     Nous nous rappelons qu’une des caractéristiques de l’Ancien Testament, à chaque stade de son développement, c’est l’affrontement et le contraste entre deux mondes, deux ordres, le divin et le terrestre. Tout au long de l’Ancien Testament nous avons cet élément du ciel défiant ce monde et saisissant dans ce monde, ce qu’il pourra prendre et constituer selon son propre ordre et sa nature céleste. Cela ne demande pas une connaissance très profonde de l’Ancien Testament pour pouvoir le confirmer. En parcourant rapidement toute son histoire, vous reconnaissez que vous êtes en présence d’un conflit incessant. C’est ce conflit entre le ciel et la terre. Le ciel n’est pas satisfait par ce monde, bien au contraire. Le ciel est contre ce qui est dans ce monde. Le ciel cherche à saisir hors de ce monde ce qu’il peut reconstituer selon ses propres normes. Ainsi, tandis que vous trouvez l’opposition du ciel, le défi du ciel, vous trouvez en même temps que le ciel, depuis le commencement, constitue une lignée d’individus et une nation, afin de les détacher du monde, par un profond processus, faisant d’eux des gens différents de tous les autres dans ce monde et les saisissant pour un dessein céleste.
    Les hommes de l’Ancien Testament étaient des pionniers de la voie céleste. Nous avons déjà vu un peu ce que cela implique, mais c’est sur ce point particulier que nous voulons centrer toute notre attention maintenant. Il y a non seulement une voie céleste, qui est différente (nous le savons dans notre cœur si nous sommes nés d’en haut, nous l’apprenons quand nous progressons, car la voie céleste est différente de l’autre voie), mais le point le plus important dans notre temps, c’est qu’il y a quelque chose qui initie cette voie céleste. C’est en relation avec le ciel, afin de frayer une voie, prenant possession et rendant possible pour Dieu qu’il y est une pleine signification, qu’elle soit comprise, interprétée, un ministère que les autres pourront suivre. Nous disions auparavant qu’il y avait, dans celui qui est né d’en haut, le sens qu’il était un pionnier, parce que pour lui, cette voie est une voie nouvelle, qu’il est le seul à pouvoir suivre car personne ne peut le faire pour lui. C’est une voie nouvelle. Notre préoccupation actuelle c’est l’aspect de la vocation dans tout cela.
    La majorité des enfants de Dieu ne connaissent que bien peu ce qu’est la voie céleste. Il n’y a aucun doute à ce sujet, la chrétienté organisée est très largement devenue une chose terrestre, avec des conceptions, des normes et des ressources terrestres. C’est donc spirituellement devenu très limité. En comparaison avec le ciel, ce monde est une très petite chose. Cela est vrai spirituellement aussi bien que de manière visible. Mais le royaume des cieux est une vaste chose, bien plus grande que toute conception de l’homme. Les pensées de Dieu sont aussi élevées que les cieux le sont au-dessus de la terre, dépassant toutes les conceptions terrestres. Ce n’est que quand nous parvenons loin de cette terre que nous réalisons, d’une part, combien misérablement petits nous sommes, et d’autre part, qu’il est possible de marcher dans un beaucoup plus grand domaine, spirituellement parlant. Le grand besoin de ce temps, c’est que le peuple de Dieu parvienne dans sa véritable position céleste, selon sa vocation et la vision célestes.
    Il y a un grand défi dans cette déclaration, cela veut dire que quelqu’un ou que certains doivent initier la voie pour que l’ Église revienne encore dans le domaine qui était le sien au commencement, le domaine qu ‘elle a perdu en succombant à la tendance de retourner à ce qui est terrestre. Je dis qu’il y a un grand besoin pour un instrument pionnier, et que la voie est une voie coûteuse.
    Maintenant, permettez-moi de répéter que les hommes de l’Ancien Testament étaient des pionniers de la voie céleste. C’est ce qui est explicitement déclaré par l’auteur de cette lettre aux Hébreux, et particulièrement dans le passage que nous avons lu. Le ciel a ses propres normes et la terre ne peut pas les établir. Un des grands mots clés de l’Ancien Testament c’est ‘’sanctifier’’. Sanctifier signifie séparer, rendre sacré, consacrer, établir à part. C’est principalement une chose intérieure et spirituelle, séparant le ciel de la terre. Dieu a séparé ces deux choses, les a mises à part, et il doit y avoir aussi cette mise à part spirituelle. Ainsi, vous trouvez que ces hommes de l’Ancien Testament étaient des hommes qui étaient mis à part dans ce sens. Quelque chose était accompli au centre même de leur être qui les séparait de ce monde et les introduisait dans ce qui est différent, contraire au cours de ce monde. Si, sous la pression, sous la tension, consciemment ou inconsciemment, ils touchaient cette terre, ils étaient tout de suite dans la confusion. Ils savaient tout de suite dans leur être intérieur qu’ils étaient hors de la voie et que la seule chose à faire c’était d’y revenir. Vous voyez encore et toujours que le ciel témoignait contre leur position, qu’ils étaient dans le trouble. Ce n’est que quand ils revenaient qu’ils pouvaient aller de l’avant. Ils étaient gouvernés par une autre norme, mais oh ! Combien différente était cette norme et combien elle était difficile à comprendre !
    Considérons Caïn et Abel. D’un point de vue terrestre Caïn a eu une démarche très digne. Du point de vue des hommes religieux de ce monde il est difficile de voir ce qui était mauvais dans l’attitude de Caïn, ou ce qui était bon dans celle d’Abel. C’est seulement à la fin que l’on voit ce qui était bon dans la manière d’agir d’Abel. Celui-ci l’avait reçu du ciel. C’est un fait. Il l’avait reçu de Dieu et du ciel, l’autre était rejeté de Dieu et le ciel était fermé.
      Vous pouvez dire : quelle est la norme ? C’est la différence entre le ciel et la terre, c’est tout ! La base céleste et norme d’accès sont différentes de celle de la terre même et de ce qui est religieux selon la terre. L’homme religieux peut avoir le même Dieu, adorer le même Dieu, amener son offrande au même Dieu, et cependant n’avoir aucun accès au ciel, aucun accès sur la route céleste. Le ciel a ses normes, sa propre base, ses ressources et la terre ne peut pas les trouver, ni les fournir. Elles sont différentes. C’est un fait que nous sommes naturellement contre ce qui est céleste. Je ne parle pas de la localisation géographique, mais de parvenir à Dieu, de trouver une voie ouverte avec le ciel. Vous pouvez seulement y parvenir sur la propre base du céleste, c’est ce qui bouleversera entièrement et absolument vos propres calculs naturels. Vous devez trouver quelque chose que cette nature ne peut pas vous fournir. Si, comme Caïn, vous raisonnez sur cette chose selon la raison religieuse, et venez sur ce terrain, vous n’aboutirez nulle part. ‘’C’est par la foi qu’Abel offrit un sacrifice plus excellent que celui de Caïn ; C’est par elle qu’il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses offrandes ; c’est par elle qu’il parle encore, quoique mort.’’ (Hébreux 11.4 NEG) Le ciel l’attestait.
    Je ne traite pas en détail la nature des choses. J’indique un fait, c’est que les normes du ciel et ses critères sont différents et que nous serons complètement dans la confusion si nous faisons des efforts pour parvenir, même d’une manière religieuse, à ce qui est céleste. Nicodème est, peut-être, la plus parfaite illustration du système religieux, mais il ne pouvait parvenir nulle part concernant le céleste. Le ciel accorde ses propres ressources pour y accéder, et vous devez avoir ses provisions célestes. Vous pouvez demander pourquoi cela à un millier de personnes, mais c’est un fait.

 LES PIONNIERS SONT DES LEADERS

     Permettez maintenant que nous retournions à notre lecture du livre des Nombres. Nous parvenons à l’épisode de l’envoi des espions et au cours de cet incident nous avons deux hommes : Josué et Caleb. Maintenant vous remarquerez que ces douze chefs des maisons paternelles ‘’princes en Israël’’ (c’est terme significatif), sont des hommes typiquement représentatifs appelés à être pionniers de la voie céleste. Le principe de leur ‘’position de leader et de rang’’ était qu’ils devaient être des pionniers. C’est le principe des pionniers. Si vous êtes un vrai pionnier, vous êtes un prince dans le caractère. Mais seulement deux d’entre eux ont justifié leur appel. Seulement deux sont devenus ce que tout le reste était supposé être : des pionniers. Très souvent cela se vérifie comme étant ainsi. C’est la minorité, l’infime minorité qui fait le travail. Les autres ont le nom mais ils ne le font pas. Ils ont la position officielle mais ils ne font rien. Ce qui est important est de savoir ce qui est fait. Ici, c’était fait uniquement par Josué et Caleb.

 UN LIEN AVEC LE PASSE

     Maintenant nous considérions ce que représentent ces deux hommes, Josué et Caleb. Pour commencer, nous les regardons comme étant un lien avec la passé. L’intention de Dieu, et ils ont pris parti pour cela, concernait Son alliance avec Abraham, et Josué et Caleb mettent Abraham en évidence. Vous êtes obligés de suite de regarder en arrière pour saisir la fraîcheur de la signification d’Abraham mise en relief par ces deux hommes. Car, voyez-vous, le point que Josué et Caleb ont mis en évidence était capital. C’était une heure de très grande crise. La question était donc la suivante : Est-ce que le dessein de Dieu va être réalisé par ce peuple ou ne le sera-t-il pas ? Ce n’est pas une mince affaire ; une réelle crise est survenue. Ils étaient ce facteur décisif.

    Il y a trois aspects qui sont des caractéristiques d’Abraham dans cet épisode :

 1- UNE GRAINE CÉLESTE ET SPIRITUELLE

     Tout d’abord, il y a cette caractéristique d’une graine céleste et spirituelle. Soyons cela : une graine spirituelle et céleste. Nous sommes aujourd’hui dans une position très avantageuse ; Nous avons maintenant, par le saint-Esprit, la pleine signification d’Abraham. Nous avons notre Nouveau Testament et tout ce qui y est dit d’Abraham. Nous en avons la pleine révélation par l’apôtre Paul, et nous sommes maintenant capables de le voir par notre Nouveau Testament. Nous ne devons pas remonter à l’Ancien Testament pour toute notre connaissance, car nous pouvons voir avec notre Nouveau Testament en main, la pleine signification d’Abraham. Sur ce point nous avons beaucoup de lumière supplémentaire.
    Une graine céleste spirituelle. Vous voyez, cela concerne Josué et Caleb et comment ils ont relevé le défi. Mais cette caractéristique d’Abraham n’est pas que spirituelle et que céleste. Elle s’est concrétisée ici-bas sur la terre. Dans le treizième et quatorzième livre des Nombres, que nous avons lus, combien les réactions de ces gens sont grossières, elles sont terrestres, manquant de vie, de vision spirituelle et d’aspirations ! Ils sont tournés entièrement vers le terrestre, vers ce qui se voit, les choses d’ici-bas : les difficultés, les gens, les montagnes. Pour eux, il n’y a aucune voie. Pour Josué et Caleb, les montagnes n’étaient pas du tout un empêchement. Il y avait une voie céleste. Mais les autres n’ont rien vu de tout cela, ils étaient terrestres.
    Une graine spirituelle et céleste, c’est la pensée de Dieu en Abraham, qui nous est clairement montrée dans le Nouveau Testament.

 2- UNE GRAINE EXCLUSIVE

     Quelle lumière avons-nous obtenue sur le fait que c’était quelque chose d’exclusif. Paul parle de cela dans sa lettre aux Galates. ‘’Or le promesses ont été faites à Abraham et à sa descendance. Il n’est pas dit : et aux descendances comme s’il s’agissait de plusieurs, mais en tant qu’il s’agit d’une seule : et à ta descendance, c’est-à-dire à Christ’’ (Galates 3.16 NEG) C’était exclusif. Nous verrons un peu plus loin où cela conduisait ; mais notons que concernant Abraham, c’était inséparable et exclusivement lié à Sara. Il était tolérable en ce temps pour un homme d’avoir plus d’une femme, mais Dieu mettait un terme à cette pratique avec Sara. Abraham, influencé par des pressions, essaya d’une autre manière et par d’autres moyens, avec Agar. Mais ici, nous avons ce dont je parlais auparavant : un échec, un dérapage, une erreur, une bévue, sous l’épreuve, sous l’oppression, sous la contrainte ; s’écartant de la ligne céleste et le regrettant amèrement, et l’histoire est là pour le prouver jusqu’à ce jour. Mais il a du revenir vers Sara. Dieu a mis un terme à tout cela, car c’est une affaire exclusive. Pas par Agar, ou par d’autres encore, mais seulement par Sara.

 3- SURNATUREL PAR LA NAISSANCE ET PAR LE SOUTIEN

     Cette graine porte toutes les traces du céleste. C’est surnaturel par la naissance et impossible de manière naturelle. C’est ce que typifie Isaac, et Abraham était fermé à cela, jusqu’à une intervention du ciel. Cela ne peut pas avoir d’existence, ni seulement une histoire, à moins que le ciel ne se reflète dans tout cela. Parfois Dieu montre combien Il agit de manière particulière, car pour nous aider à saisir l’aspect positif d’une chose, Il permet que nous voyions un autre aspect négatif. Dieu ne permet pas sans raison qu’une chose fausse se perpétue, de même qu’une erreur et un faux pas. Nous sommes tourmentés parfois bien longtemps dans nos vies par un faux pas. Dieu gardera cela pour que nous puissions voir. La voie droite est une voie importante, ce n’est pas juste une option. La voie est céleste et toute autre possibilité n’est même pas permise, comme si cela n’avait aucune importance. Nous découvrons que cela est important, et il en était ainsi ici. Le ciel doit agir ainsi parce que c’est dans la voie céleste. Combien nous devons apprendre et apprendrons encore, concernant ce principe ! Il explique une grande partie de ce qui arrive dans nos vies. Dieu nous a pris en main !

 LE PRINCIPE DE LA MORT ET DE LA RÉSURRECTION

     Isaac n’était pas seulement le produit du céleste, par l’entremise du ciel, issu d’un miracle, mais vous voyez que Dieu va faire pression en exigeant l’offrande d’Isaac comme un sacrifice. Isaac était né par un miracle, par l’entremise du ciel, mais quelque chose de plus devait être fait encore : il devait mourir et être relevé des morts. Cette chose puissante de Dieu doit se manifester et ratifier ce que dit Paul dans Romains 1.4 : ‘’déclaré Fils de Dieu par Sa résurrection d’entre les morts.’’ C’est ce que signifie Isaac : déclaré fils.  ( D'après l'original grec qui veut aussi dire : déterminé, arrêté, établi, désigné)
    Il y a beaucoup de notre histoire spirituelle dans tout cela. Nous ne sommes pas seulement né de nouveau par un miracle et par une intervention céleste : mais cela doit être confirmé tout au long de notre vie existence. Dieu exige que cela soit entretenu par la vie de résurrection, et la vie de résurrection n’a aucune signification à moins que nous ne connaissions quelque chose de la mort. Dieu nous garde sur le terrain céleste. C’est la signification d’Isaac nous mettant non seulement sur le terrain céleste, mais nous gardant sur le terrain céleste par l’expression constante de la résurrection et quand seulement la résurrection peut maintenir la position.
    Après tout, peu importe ce qu’il en était, au début de notre vie chrétienne, que nous ayons une merveilleuse expérience de la conversion, et pouvoir noter sur un cahier quand cela est arrivé, tout cela peut être bon. Mais cela doit être confirmé continuellement par l’expression de la résurrection, que nous avons été gardés sur ce terrain. C’est cela, la voie du pionnier. La voie céleste c’est connaître encore et encore la signification de la mort et de sa dure nécessité, afin de connaître la signification de la résurrection et de sa grandeur. C’est la voie du pionnier. L’Église a suivi cette route-là ; beaucoup de révélations de Dieu ont suivi cette route-là. Beaucoup d’enfants de Dieu ont suivi cette route-là, afin de maintenir la voie céleste vivante et retranchant les rejetons terrestres qui cherchent toujours à saper la vie chrétienne. Nous savons combien cela est vrai.
    Abraham est parvenu à connaître que son réel héritage était céleste. Je pense toujours que c’est une chose merveilleuse, cet aspect de la vie d’Abraham et cette expérience, sous la main de Dieu. Sans aucun doute, quand il obéissait à l’ordre de Dieu, il interprétait ses promesses d’une manière très terrestre et limitée. Sans nul doute, son attente était qu’elles s’accomplissent et se réalisent de cette manière et seulement ainsi. Mais plus il vieillissait et plus il était conscient que ce n’était pas de cette manière. Il y avait quelque chose de plus que ce qu’il avait pensé au commencement, quelque chose de différent. Il est allé de l’avant et s’est inclus ici dans ces paroles : ‘’C’est dans la foi qu’ils sont tous morts sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin… Mais maintenant, ils en désirent une meilleure, c'est-à-dire une céleste.’’  Quand Dieu dit : ‘’je vous amènerai dans un pays’’ (Genèse 12.1) Abraham pensait, en premier lieu que ce pays était terrestre, à la fin, il a vu que ce n’était pas ainsi. Il parvint à une réelle perception car le Seigneur Jésus a dit : ‘’Abraham, votre père a tressailli de joie de ce qu’il verrai mon jour. Il l’a vu et il s’est réjoui.’’ (Jean 8.56 NEG) ‘’l’ayant vu de loin et salué’’. C’est ainsi que Paul nous le dit dans sa lettre aux Galates : ‘’car cette postérité, c’était Christ. Il n’est pas dit et aux descendances, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais en tant qu’il s’agit d’une seule : et à ta descendance, c’est-à-dire à Christ.’’ (Galates 3.16 NEG) Pour Abraham, Christ était la réponse concernant tout cet héritage.
    Christ, le Christ céleste, est l’incarnation même de tout ce qui est céleste. Nous ne connaissons pas Christ selon la chair. Christ est essentiellement céleste. Vous voyez la nature céleste de cette semence. Vous pouvez transposer tout cela en Josué et Caleb. Qui seront ceux qui hériteront, qui entreront et qui possèderont ? Pas ceux qui se bornent au terrestre ! Ils périront sur cette terre, leur terre sera leur prison et leur tombeau. Ils seront remplacés par une autre génération avec une constitution différente, représentée par Josué et par Caleb, les prémisses d’une nouvelle génération qui possèdera. Ils sont les pionniers de la voie céleste, et de la divine plénitude. Mais combien profondément ils devaient souffrir pour cela. ‘’Toute l’assemblée parlait de les lapider…’’ (Nombres 4.10 NEG) Frayer une voie est toujours une chose qui a du prix et qui impliquera une souffrance causée par ceux qui portent le nom d’enfants de Dieu, et pas seulement par les incroyants.
    Le pionnier de la voie céleste sera toujours comme cela : comme une graine céleste, constamment confirmé comme céleste par la nécessité d’interventions célestes répétées, pour le délivrer et le garder dans sa progression. C’est vrai pour la vie spirituelle. Nous serions allés sur une petite voie, nous aurions arrêté, cela aurait été notre fin, si le céleste n’était pas intervenu, si Dieu n’avait pas attesté le fait que nous appartenions au ciel. Et Il le fait.
    Tout cela est clairement vu comme accompli en Christ, cette Graine Divine. Sa naissance était une intervention céleste, un miracle. A Son baptême, le ciel s’est encore ouvert et a déclaré : ‘’c’est mon bien-aimé Fils.’’ Sa croix ne fait pas beaucoup penser à une intervention du ciel. Mais considérons bien cela : n’oublions pas que le Nouveau Testament ne parle jamais de la Croix de Christ sur le seul aspect de la mort. Dans le Nouveau Testament, la Croix a deux côtés : la mort et la résurrection. ‘’Vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies. Dieu l’a ressuscité en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’Il soit retenu par elle.’’ (Actes 2.23-24 NEG) Le monde a fat tout ce qu’il a pu, il s’est épuisé contre lui-même Lui. Les puissances du mal se sont épuisées elles-mêmes. Que pouvaient-elles faire de plus ? Ah ! Maintenant, ciel vient et prend-les tous en otage, et ressuscite-Le, confirme qu’Il appartient au ciel et non pas à ce monde. Il n’est pas la propriété, le jouet, de l’un ou de l’autre de ces pouvoirs néfastes qui gouvernent ce monde. Il appartient au ciel et le ciel, non seulement intervient, mais il l’élève, il l’emmène en haut, hors et au-dessus de tout cela.
    Son histoire spirituelle est l’histoire spirituelle des pionniers de la voie céleste. Il est le Pionnier : ‘’au-delà du voile, là où Jésus est entré pour nous’’ (Hébreux 6.19-20 NEG) nous dit cette lettre aux Hébreux.

 UN MAILLON ENTRE L’ÉCHEC ET LA RÉALISATION

     En considérant Abraham, nous terminerons par un autre aspect, en relation avec Josué et Caleb. Ceux-ci, comme Abraham et tous les pionniers, étaient un maillon entre l’échec et la réalisation.. Considérons le monde quand ‘’le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham’’(Actes 7.2 NEG) en Ur, en Chaldée. Regardez le monde et recherchez ce qui est du ciel, où le trouvez-vous ? Où est l’expression de la pensée céleste de Dieu ? Il semble qu’une fois de plus, elle ait disparu. Il ne semble plus y avoir le témoignage de cette pensée céleste de Dieu, d’un témoignage céleste, de quelque chose qui représente et exprime la pensée du ciel. Où est-elle ? Alors, ‘’le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham’’ et il est devenu le maillon entre l’échec et la réalisation.
    Josué et Caleb ont aussi représenté cela. Ici, nous voyons l’histoire d’un échec dans le désert. Pour ce peuple où est la pensée céleste ? Pour eux, où est la pensée de Dieu ? Cependant, Dieu n’a pas renoncé. Cela peut sembler avoir disparu, il en a été ainsi encore et encore, mais le ciel intervient et établit un maillon entre l’échec et le triomphe du ciel. Ce maillon c’est le pionnier. Le Seigneur doit avoir un instrument comme cela, établi contre l’échec et ouvrant la voie divine pur la réalisation.
    Vous pouvez demander : ‘’Qu’est-ce que cela peut avoir à faire avec moi ?’’ Vous pouvez dire : ‘’Oui, ce sont des pensées merveilleuses : c’est assez vrai, c’est vrai dans la Bible, mais en quoi cela nous concerne ?’’ Oui, c’est un fait, on n’aime pas demeurer dans une situation critique, mais tout ce qui va dans cette direction est quelque chose de très précieux pour le Seigneur. C’est assez largement déclaré, mais redisons-le encore, le grand besoin parmi les chrétiens aujourd’hui est de pleinement rétablir la pensée céleste de Dieu. C’est de demeurer fermes pour quelque chose de semblable à cela. Il en a toujours été ainsi. Le Nouveau Testament a été écrit presque entièrement à cause de cela. Le peuple du Seigneur  est toujours en danger car il gravite spirituellement autour de ce monde et perd son témoignage céleste d’une manière ou d’une autre. La pression est toujours la même pour ramener vers le bas, et le Seigneur a besoin de croyants qui ont vu. De ceux qui sont devenus semblables à ceux que nous avons vus dans notre dernière méditation, pour lesquels le centre de gravité de leur vie a été transféré de ce monde au ciel et dans lesquels, il y a ce sens inné du céleste. Qu’ils puissent l’interpréter ou non, qu’ils puissent l’exposer en termes de vérité, de doctrine, d’enseignement biblique ou pas. Il y a ce sens qu’ils sont dans la lignée d’une certaine destinée, qui va au-delà de ce que ce monde peut fournir. Ils ont été saisis par quelque chose qu’ils puissent seulement décrire comme l’appel céleste. Je vais en dire un peu plus tout à l’heure, mais le Seigneur veut des gens qui ne peuvent pas être satisfaits avec les choses comme elles le sont : ce n’est pas juste une affaire liée à la raison, c’est intérieur, c’est en eux, ils savent que Dieu a fait quelque chose. Et parce que Dieu a fait quelque chose, ils sont voués à ce quelque chose de plus grand que les pauvres limites de cette vie et de ce monde. Ils ont été reliés intérieurement avec quelque chose d’immense. Je le redis encore, ils peuvent ne pas être capables de le prêcher, mais ils le connaissent. Nous ne serons jamais utiles à Dieu au-delà de notre vision céleste intérieure, au-delà de la profondeur de notre cœur. La mesure de notre vision déterminera la mesure de notre utilité. Oh La mesure incommensurable du ciel dans le cœur du peuple ! C’est cela, le besoin aujourd’hui.
    Permettez-moi de conclure en redisant que les apôtres parlaient de l’appel céleste. C’est la voie la plus difficile, elle est bordée de toutes sortes de difficultés. Mais c’est la véritable et ultime voie, car le ciel, en réalité, est une puissance, une vie, un ordre, qui est destiné à remplir ce monde et cet univers.


 CHAPITRE 3

 ABRAHAM : UN GRAND PIONNIER

 Lecture : Hébreux 11.13-16

    Considérons maintenant Abraham, car il est une des grandes figures représentatives des pionniers de la voie céleste. Nous commencerons en disant une chose qui est tellement vraie d’Abraham, mais qui doit être vraie, et qui est toujours vraie de chaque pionnier spirituel, de tous ceux qui vont de l’avant et qui explorent le royaume céleste : c’est ce sens,, cette profondeur, ce sens inné, d’une destinée. Étienne nous a dit concernant Abraham : ‘’Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham’’ (Actes 7.2 NEG) quand il était à Ur de Chaldée. Nous ne savons pas comment le Dieu de gloire lui apparaissait. Peut-être par des théophanies propres à l’Ancien Testament et que nous voyons ultérieurement dans la vie d’Abraham, lorsque Dieu s’est présenté à lui sous forme d’homme. Nous ne le savons pas, mais nous savons que sa vie entière en fut affectée, introduisant en lui ce sens immense d’une destinée. Un sens de la destinée qui éradiquait sa vie passée, et qui créait en lui une profonde insatisfaction, mais d’une insatisfaction positive, à savoir un profond et  saint mécontentement.
    Généralement, le mécontentement peut être perçu comme négatif, mais il y a une sorte de mécontentement qui est bon. Veuille Dieu que beaucoup de chrétiens soient ainsi ! Il y avait eu en Abraham l’amorce d’un désir qui croissait et se précisait au cours des années et rendait impossible, pour lui, d’accepter autre chose que la pleine pensée de Dieu. Il ne pouvait pas accepter une relation de seconde main avec Dieu. Bien sûr, la conscience de tout cela devait croître. Il devait encore réaliser progressivement ce que cela signifiait. Il avançait sur cette voie : il arrivait à un certain endroit , et pensait que, peut-être, il était parvenu au but. Il constatait qu’il n’en était rien et qu’il devait aller plus loin. Il pensait peut-être : Maintenant, ça y est ! Mais pas du tout ! Il y a encore autre chose, je ne sais pas ce que c’est, je ne peux pas le définir, l’expliquer, mais je sais en moi que Dieu veut quelque chose de plus : ‘’Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix ou que j’aie atteint la perfection ; mais je cours pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi, j’ai été saisi par Jésus-Christ.’’ (Philippiens 3.12 NEG) Il y avait ce même désir, qui par delà les âges, était tellement réel dans cet homme dont j’ai juste cité quelques mots. Il ne pouvait jamais accepter que Dieu soit le deuxième, Dieu comme secondaire. Au cours de l’histoire, Dieu n’a pas toujours trouvé de réaliser Son ‘’premier’’, Son ‘’meilleur’’. Les gens n’allaient pas dans ce sens-là. Alors Il a dit : ‘’Très bien vous serez Mes deuxièmes’’, et ils l’étaient. Les pionniers ne font jamais ainsi. Abraham n’avait pas pu le faire.
    Ne nous méprenons pas et n’interprétons cela mal. Ce n’était pas de l’instabilité capricieuse ou naturelle. Ne pensez pas que si vous êtes une personne qui n’est jamais contente, c’est un mécontentement divin. Il peut être du à un tempérament capricieux. Vous pouvez être une de ces personnes qui ne peuvent jamais adhérer très longtemps à une même chose, qui sautent toujours d’une chose à une autre. Dans ce cas, vous serez inadapté, à la fois dans ce monde et dans le royaume de Dieu. Il n’en était pas de même avec Abraham. Il y avait quelque chose de céleste qui travaillait en lui. La preuve de cela, c’est qu’il était toujours dans le domaine ascendant. Il n’était pas sur un plan horizontal, il était sur le chemin ascendant. Il faisait sans cesse des progrès, non seulement sur le plan terrestre, mais spirituellement.
    Maintenant, à côté d’Abraham il y avait Lot et Lot était un homme qui cherchait toujours la sécurité ici-bas. Il cherchait la ville, il cherchait une maison. Il détestait cette vie de la tente. Il voulait se fixer dans ce monde et il cherchait à se faire accepter. Mais Lot était un homme faible avec tout cela. Abraham, lui qui se déplaçait toujours avec sa tente, était un homme fort. Ce n’était pas du tout naturel, c’était spirituel. Ce désir du ciel, cette puissante force spirituelle qui travaillait en Abraham l’avait amené à la très dure école divine. Pour ce qui est naturel et terrestre, pour la chair, l’école divine est très dure. Abraham y avait été introduit par ce désir céleste qui était en lui.

 LE CONFLIT ENTRE LE SPIRITUEL ET LE TEMPOREL

     En premier lieu, il y a ce conflit entre le spirituel et le temporel, le conflit entre le visible et l’invisible, et c’est un conflit très féroce. Dans la vie d’Abraham, c’était parfois un problème très ténu. Vous voyez, d’une part, qu’Abraham était béni du Seigneur, il était prospère, il y avait les signes que le Seigneur était avec lui. Il y avait l’accroissement, l’élévation, une grande élévation, oui, une stupéfiante prospérité. Ses troupeaux et son bétail se multipliaient. Il était considéré comme un prince dans le pays. Cependant cette abondance de bénédiction était parfois parvenue à un tel point, qu’en un instant tout pouvait être compromis, que ce soit par la disette ou par une famine dévastatrice. Pourquoi Dieu avait-Il béni, accru et fait prospérer, et permettait-Il alors, qu’en un instant, quelque chose puisse tout remettre en cause ? Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu qu’il soit moins prospère, plutôt que d’être ainsi menacé ? Abraham trouvait ce problème très aigu. C’était ce qui avait causé un de ses échecs. Il allait devoir descendre en Égypte. C’était une dure école.
    Qu’est-ce que cela eut dire ? Il semble parfois, que Dieu donne d’une main et reprenne de l’autre la prospérité et la bénédiction, en permettant alors que quelque chose menace et détruise la bénédiction. Y aurait-il en Dieu une contradiction ? Est-ce qu’Il se dénie Lui-même ? Vous savez ce que toutes les tentations, parfois, essayent d’insinuer. Est-ce que nous sommes, après tout, que les pions d’un jeu ? Est-ce, après tout, que nous sommes que des êtres chanceux ou malchanceux, fortunés ou infortunés, sans plus ? Après tout, est-ce que le Seigneur agit dans tout cela ? Est-ce que cela peut signifier que le Seigneur est réellement un Dieu cohérent ?
    C’est une dure école. Mais, c’est intégralement en accord avec ce que Dieu fait. Et qu’est-ce qu’Il fait ? S’Il bénit, il y a deux choses qui sont liées à cela
    En premier lieu, la bénédiction d’Abraham, la prospérité et l’accroissement, devaient trouver leur soutien dans le ciel et non pas sur la terre. Dieu introduisait un grand principe céleste. Oh ! Le Seigneur peut bénir et accroître, mais Dieu interdit toujours que nous puissions supposer que désormais nous allons nous suffire à nous-mêmes, que nous pouvons compter sur quelque chose. Ainsi, ayant obtenu telle ou telle autre chose, nous pouvons maintenir une certaine progression par notre élan. Il nous fera voir que, même s’Il peut bénir, même si une chose procède réellement de Lui-même, elle pourra dépérir à tout moment si le ciel n’en prend pas soin lui-même. C’est une leçon. Ne présumons de rien, ne pensons pas que tout soit définitivement accordé. Vivons chaque moment comme procédant du ciel. Que ce jour soit un jour de bénédiction comme un jour d’adversité, attachons-nous au ciel.
    Ensuite il y a cet autre facteur. Dieu formait tellement Abraham, qu’il pouvait être exempt des bénédictions, et c’est quelque chose que d’être privé de bénédictions ! Quelle discipline, quelle épreuve de foi, quel test ! Pour Abraham peu importait la mesure de bénédiction dont Dieu le bénissait, il ne permettait pas que ses bénédictions obscurcissent la vision céleste et l’arrêtent sur la route. C’est un immense triomphe. Oh ! Les périls dévastateurs des bénédictions ! Peut-être pouvez-vous dire que vous ne connaissez pas encore beaucoup ces dangers. Mais Dieu veut que nous soyons forts pour Son céleste royaume, forts pour l’élargissement spirituel, forts pour pouvoir être employés puissamment. Nous ne serons jamais forts si les choses nous soutiennent et prennent le dessus sur Dieu, jamais forts si les biens sont ennemis du meilleur. Avec Abraham, c’est parfaitement clair, qu’il soit dans la prospérité ou dans l’adversité, ce n’était jamais prétexte à l’arrêter ou à laisser croire qu’il était parvenu. Si à aucun moment il avait pu se croire arrivé, tout était très rapidement remis en question. ’’Tous ceux-là sont morts dans la foi sans avoir reçu… mais ayant vu… et salué…de loin’’.  
    Une autre chose, à l’égard d’Abraham, c’est qu’il ne permettait jamais aux difficultés apparentes, quelles que grandes soit-elles, d’amoindrir sa progression spirituelle, sa marche ascendante. Nous allons y revenir dans un moment. Comment tout cela a-t-il était perçu par Josué et Caleb ? Considérons-le encore, ils étaient très certainement des hommes qui avaient été à cette école. S’ils n’y avaient pas été, ils n’auraient jamais introduit la génération suivante dans le pays de la promesse. Dieu seul connaît ce que ces hommes ont du traverser. Leur histoire est relatée en bien peu de versets : les espions qui partent, le rapport d’une minorité, la réaction des autres et des pierres pour lapider ces deux hommes. Mais vous devez ajouter à cela, les longues années, les très longues années, alors que cette génération toute entière mourait dans le désert, avec seulement ces deux hommes se maintenant sur le terrain de la vision céleste. C’est une dure école. Ils auraient aisément pu se décourager et renoncer en disant : ‘’allons, c’est une vision utopique’’. Ils ne l’ont pas fait car le céleste les avait saisis dans la profondeur de leur être, et les soutenait, même dans la plus grande adversité. Ils étaient passé au travers de tout cela. Ils avaient ‘’vaincu le monde.’’

 LE CONFLIT ENTRE LE SPIRITUEL ET LE CHARNEL

     Une fois encore, il y avait eu avec Abraham ce conflit entre le spirituel et le charnel : non seulement entre le spirituel et le temporel, mais entre spirituel et le charnel. Ce conflit vint de l’intérieur, dans ce que nous pouvons appeler le cercle domestique. Il était dans la famille, dans le sang. Il était dans Lot. Je parle spirituellement. J’interprète Lot comme représentant quelque chose qui n’appartient pas seulement objectivement à la famille chrétienne (ce qui bien sûr est vrai) mais ce Lot est dans nos propres natures, subjectivement, ce conflit charnel qui se manifeste contre le spirituel, entre le terrestre et le céleste.
    Ici, vous voyez, il y a Lot, et il est du même sang que Abraham, mais dans le sang, dans la famille, (si vous aimez mieux, considérez-le par rapport à la famille chrétienne) il y a cette marque charnelle. C’est Lot avec sa mondanité, sa pensée mondaine, sa vision mondaine, son ambition mondaine, son impatience mondaine. Il n’y a aucune vision céleste dans Lot, pourtant il est si proche si étroitement près d’Abraham. Abraham côtoie la menace d’une opposition à sa marche spirituelle dans son sang même. C’est là, c’est en nous et c’est dans la famille chrétienne. C’est si proche, sans cesse très près, cette tendance à s’installer, à posséder des choses ici-bas, et rechercher des choses que l’on voit, la satisfaction de l’âme, ce repos qui n’est pas le vrai, mais que nous pensons être le repos.
    Beaucoup parmi vous savent de quoi je veux parler. Vous savez combien de fois, naturellement, nous désirons le repos et nous essayons de l’obtenir (et nous essayons souvent de l’obtenir) mais nous ne l’obtenons que dans le Seigneur. Nous trouvons notre réel repos dans les choses célestes et pas en ayant des vacances. Mais voilà, c’est là, essayant toujours de nous attirer au loin, pour nous faire courir encore plus loin. ‘’Oh ! sortir de tout cela ! Si seulement nous pouvions vivre seul sur une certaine île, combien se serait paisible ! Partir loin de toutes ces choses !’’ Mais il n’en est jamais ainsi ! Notre repos est dans les choses célestes. Nous trouvons seulement notre satisfaction que dans les choses du Seigneur. ‘’Vous chrétiens, allez et soyez satisfaits des choses de ce monde !’’ Mais vous savez que vous reviendrez et que vous direz : ‘’Plus jamais cela !’’  Vous savez même ne pas pouvoir le faire, mais ce désir est en nous tout le temps. L’influence charnelle est dans notre sang. C’est aussi vrai dans toute la famille chrétienne, le côté de Lot qui veut avoir un christianisme selon ce monde, déclinant toujours en s’éloignant du céleste. Abraham connaissait tout de cette influence.
     Cela constitue le terrain même du travail du pionnier, pour initier les choses de l’Esprit. C’est cette guérilla contre les choses de la chair, comme si nous portions toujours un cadavre, quelque chose sans vie, traînée chaque jour. Nous devons nous dire à nous-mêmes : ‘’En avant, rien de tout cela !’’ C’est la voie des pionniers. Vous pouvez vous établir ici-bas, mais vous perdrez votre héritage céleste. Le charnel a de très subtils procédés, de très ‘’spirituelles’’ manières.
    Est-ce une contradiction ? Il y a une fausse spiritualité interprétée comme la spiritualité. Je pense au combat que Paul, l’homme céleste, avait eu avec les Corinthiens, l’ Église terrestre. Et cependant les Corinthiens prétendaient être spirituels. Ils avaient les dons spirituels, , les miracles, les guérisons, les langues. Mais Paul dit : Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels.’’ (1Corinthiens 3.1 NEG) Ce qui est charnel peut avoir des manières apparemment ‘’spirituelles.’’ Le fait est que leur côté charnel prenait le dessus sur leur spiritualité. Leur spiritualité était au service du charnel, manifestant la satisfaction de l’âme, l’étalant en spectacle par des démonstrations et rabaissant le céleste au niveau de la terre. Ne nous permettons pas de blâmer les Corinthiens. Combien nous aspirons à voir, combien nous recherchons des évidences et des preuves ! Pourquoi ces choses rassemblent-elles une telle multitude ?  Parce qu’il y a dans la nature humaine qui s’y trouve satisfait. Il est infiniment plus difficile de marcher dans la voie céleste, que vous ne connaissez pas et que vous ne voyez pas. Mais c’est ainsi que le pionnier héritera pour les autres.

 LA PREUVE DE LA RÉALITÉ DE LA VISION CÉLESTE

    Finalement, quelle était la preuve de la vision d’Abraham ? La preuve que ce sens de sa destinée était réel, vrai, authentique, étant véritablement de Dieu, et non pas juste issu de son imagination ? Comment cela a-t-il été prouvé dans son cas ?

1 – LA FOI DANS LE DIEU DE L’IMPOSSIBLE

    Premièrement, il y avait l’attitude d’Abraham à l’égard de l’impossible. Comme nous disions dans le dernier chapitre, le Nouveau Testament nous en donne la pleine signification. Dans l’Ancien Testament, c’est comme si nous étions devant quelque chose d’impossible. Nous reviendrons à cela dans une minute. Le Nouveau Testament nous dit qu’Abraham regardait franchement l’impossible, face à face, et croyait que cela était possible. Son attitude face à l’impossibilité que représentait Isaac, prouvait qu’il y avait quelque chose de plus que juste de l’imagination. Il y avait quelque chose de puissant, le sentiment très conscient de sa destinée. Ne renonçons pas quand une situation commence à paraître impossible, car c’est un test pour savoir, si nous avons en nous, inscrit réellement ce sens de la vocation céleste. Le fait est que, même si vous ressentez que vous voulez tout laisser tomber, vous ne vous autorisez pas à le faire. Quelque chose en vous ne vous autorise pas à vous résigner. Vous avez été sur le point d’écrire votre lettre de démission une centaine de fois ! Encore et encore vous avez dit : ‘’Je vais arrêter cela, je ne peux plus continuer d’avantage, je suis au bout du rouleau.’’ Mais vous avez poursuivi et vous poursuivez encore. Vous savez très bien qu’il y a quelque chose en vous, plus fort que votre résolution de vouloir démissionner. Combien ce sens en nous est nécessaire ! La preuve est alors faite que quelque chose ne vient pas de nous-mêmes, mais de Dieu : ‘’par la puissance qui agit en nous.’’ (Ephésiens 3.20 NEG) C’est cela qui l’atteste.

 2- LA CAPACITÉ DE S’AJUSTER QUAND DES ERREURS SONT FAITES

     Abraham avait une grande capacité d’ajustement quand il faisait des erreurs, car cet homme ce pionnier a fait des erreurs. Quelle est la tentation d’un serviteur de Dieu ou de quelqu’un qui a une responsabilité et qui fait une terrible erreur ? La réaction immédiate est souvent celle-ci : ‘’Oh ! je ne suis évidemment pas fait pour cela, je ne suis pas appelé pour cela. Dieu s’est trompé de personne, je n’étais pas destiné pour cela, j’aurai mieux fait de trouver une autre activité.’’ Mais bien qu’Abraham ait fait des erreurs, et elles étaient très graves (il y a des échecs et des défaillances douloureuses, non excusées dans la Bible, montrées telles qu’elles étaient, jamais gommées par Dieu. Elles sont bien là dans les récits bibliques, et non pas seulement dans le récit de la Parole écrite, mais dans les annales de l’histoire, comme Ismaël aujourd’hui !) tout lui été clairement montré et c’est ce qui permettait à Abraham de réagir et de s’ajuster. ‘’J’ai fait une erreur en descendant en Égypte, mais je ne veux pas m’apitoyer sur moi-même et refuse de tomber encore plus bas, je retournerai. J’ai fait cette erreur concernant Ismaël, mais je dois revenir et récupérer le terrain perdu.’’ C’était un grand homme dans le domaine du redressement et de l’ajustement et cela malgré ce qu’il était en lui-même.

 3- L’ŒUVRE INTÉRIEURE DE LA PUISSANCE CÉLESTE

     Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Il y avait le travail d’une force céleste dans cet homme. Ce n’est pas naturel, ce n’est la manière de faire naturelle. Si seulement nous connaissions la tension et la discipline de cette école dans laquelle était entré Abraham ! Je ne cesse jamais de m’émerveiller quand je lis Paul relatant Abraham : ‘’Et sans faiblir dans la foi, il ne considéra point que son corps était déjà usé, puisqu’il avait près de cent ans, et que Sara n’était plus en état d’avoir des enfants. Il ne douta point par incrédulité, au sujet de la promesse de Dieu ; mais il fut fortifié dans la foi donnant gloire à Dieu, et ayant la pleine conviction que ce que Dieu promet il peut aussi l’accomplir.’’ (Romains 4.19-21 NEG) …  Il est notre père devant celui auquel il a cru, Dieu, qui donne la vie aux morts, et qui appellent les choses qui ne sont pas comme si elles étaient.’ (Romains 4.17 NEG) Il prouvait sa foi en liant son seul fils et en prenant le couteau pour le tuer. Un instant de plus et le fils, dans lequel étaient concentrées les promesses, aurait été mis à mort. Je dis que je suis stupéfait. C’est certes déjà très pénible pour Dieu de devoir offrir quelqu’un, et c’est d’autant plus difficile pour nous de devoir aussi donner une vie pour Dieu, mais Abraham l’a fait. Il n’y a rien de naturel ici. Ce n’est pas la manière d’agir du monde, de la terre. C’est la manière divine. Abraham défriche, initie la voie céleste. C’est pourquoi il occupe cette immense place, non seulement dans l’ancienne dispensation mais aussi dans celle-ci, et cela pour toujours. Un grand pionnier des choses célestes, c’est ce qu’il représente.
     Cela peut expliquer la manière dont nous sommes traités par rapport à notre propre expérience. Dieu a besoin de telles personnes en ces temps de terrible baisse du niveau spirituel, et cette tendance spirituelle de l’Église à se conformer au standard du monde. Avec de bonnes intentions, peut-être même de motifs purs, mais adoptant néanmoins le cadre et la manière d’agir de ce monde pour réaliser un travail céleste. Il doit y avoir une réaction à cela, il doit y avoir des vases qui puissent prouver que ce n’est pas nécessaire d’aller vers ce monde. Le ciel est suffisant pour toutes choses.


CHAPITRE 4

MOÏSE

 Lecture Hébreux 11.24-27, 13.16

    Dieu a un grand désir, c’est d’avoir ce qui pourrait être désigné comme un peuple qui soit Son ‘’meilleur’’. Et jusqu’à ce qu’Il ait un tel peuple, Il ne sera jamais intégralement satisfait. Il se peut que certains acceptent d’être moins que ce qu’Il désirait pour eux. Il permet, en effet, qu’il y ait des ‘’second-meilleurs’’, mais c’est seulement un peuple selon Sa parfaite volonté qui pourra véritablement satisfaire Son cœur. La réalisation de Sa pleine pensée est une chose qui implique le conflit, un coût et la discipline, et tout cela est absolument contraire au cours des choses. Ce n’est pas tout le monde, certes, qui ira de l’avant avec Lui pour la réalisation de Son ‘’meilleur’’, mais comparativement peu de personnes parmi Son peuple. C’est ce que nous pouvons voir dans l’Écriture, car nous y trouvons dans chaque dispensation, quelques exemples qui illustrent tout cela. Par exemple, nous ne pouvons pas dire que la génération qui avait péri dans le désert, qui avait été amenée hors d’ Égypte, en vertu da sang précieux et par la foi, car ‘’C’est par la foi qu’ils traversèrent la mer rouge’’ (Hébreux 11.29 NEG) représente la perte définitive du salut. Mais c’est quand même très clair, qu’ils perdaient la pleine pensée de Dieu pour eux. C’était une grande et douloureuse perte, toujours citée dans l’ Écriture comme l’exemple d’une tragédie, d’un échec, d’une déception. Nous ne pouvons pas dire que le grand nombre de ceux qui sont allés en exil à Babylone en Chaldée, et qui ne sont jamais revenus, soient perdus éternellement pour le salut de Dieu. Pour les autres, dans le désert et à Babylone, nous pouvons penser, d’une certaine manière, que Dieu a eu honte d’eux, mais il n’en a pas été de même pour tous. Il en est ainsi dans chaque dispensation. L’appel retentit encore, et il est entendu par ceux qui ne peuvent pas être satisfaits que Dieu ait seulement Ses ‘’second-meilleurs’’
    Mais comme nous avons dit, l’appel n’est pas une finalité que nous devons atteindre. C’est un appel à initier cette voie pour d’autres, car beaucoup parmi le peuple du Seigneur ne connaissent pas cette voie céleste. C’est assez étrange mais, quoique  nés d’en haut, ils ne connaissent pas la voie céleste. Nous n’aborderons pas tout ce qui peut attester cela, mais c’est vrai, et peut-être que beaucoup parmi nous ont été comme cela au cours d’une période de leur vie chrétienne. C’est très largement quelque chose de terrestre. Nos activités étaient très terre à terre, quoique réalisées d’une manière chrétienne. Alors est venu un temps de crise, et nous sommes rentrés dans la signification du ciel ouvert, élevés à un nouveau stade de vie spirituelle. Nous avons commencé à apprendre les choses célestes d’une manière nouvelle. C’est un fait que tous ceux qui sont appelés par Dieu dans cette voie céleste, ne progressent pas seulement dans cette voie pour élever leur propre mesure spirituelle. Ils sont appelés à initier la voie pour ceux qui ne la connaissent pas, même s’ils sont parmi le peuple du Seigneur. Cela ne veut pas dire que nous devons leur prêcher la voie céleste, avoir une interprétation particulière des Écritures, une certaine doctrine ou une phraséologie. Cela signifie que nous sommes appelés à être utiles pour le bien de cette voie, et, parce que l’ayant connue et expérimentée, nous serons capables d’en aider d’autres pour les élever à des niveaux plus haut de la vie spirituelle.
   Considérons maintenant cette question des pionniers de la voie céleste, en centrant nos pensées sur un autre grand pionnier : Moïse. Il y a, bien sûr beaucoup d’aspects qui caractérisent sa vie, mais je pense que ce qui est saillant dans la vie de Moïse c’est le fait qu’il était un pionnier de la voie céleste.
    Si nous regardons Moïse, d’un point de vue terrestre, nous voyons très bien que cela parle de déceptions, d’échecs  et de tragédies. Bien que pendant quatre-vingt longues années d’épreuves, des années de discipline et de souffrance, au cours desquelles, il a appris et marché dans la voie céleste, ni lui, ni les gens qu’il avait conduits hors d’ Égypte, n’entrèrent dans le pays promis. Cela s’interprète comme une déception et comme une tragédie. Je ne peux lire ce passage où Moïse plaide avec Dieu pour qu’Il permette d’entrer, avec ce refus catégorique, définitif et sans appel de Dieu, sans être profondément remué. C’est une chose qui nous interpelle.
    Voyez ces gens qui ont été constitués en nation par la main de Moïse, qui lui devaient leur existence en tant que peuple, non seulement cette première génération n’est pas entré dans le pays pour en hériter, mais leur histoire tout entière depuis lors a toujours été une tragédie. Il y a eu des périodes et des moments lumineux dans cette histoire, des temps de gloire, mais souvenons-nous combien ils discutaient avec Moïse, tout ce qu’ils attribuaient à Moïse, comment ils contestaient avec lui. Tout cela a été une histoire décevante. Je le répète, d’un certain point de vue, la vie de Moïse comporte beaucoup d’aspects qui parlent d’échecs, de déceptions et de tragédies. Mais le fait même de sa vie et la manière dont il a terminé sa course, le fait même que cette génération mourait dans le désert, le fait même que des nations de tout âge échouent, sont des arguments puissants qui soulignent un autre aspect. Ils affirment d’une manière énergique que, si c’est tout ce qu’il y a ici-bas, alors c’est une chose bien pauvre et qu’il doit y avoir une autre voie que celle-là, il doit y avoir une autre réalité que celle-là. Oui, il y a un autre point de vue, il y a le point de vue céleste, là où le ciel interprète et gouverne tout.
    A présent, considérons premièrement Moïse et sa formation, deuxièmement Israël sous sa direction.

1-      MOÏSE EN FORMATION

a)  UNE SOUVERAINE PERCEPTION

   Nous commencerons par l’homme et sa formation. Nous ne considèrerons pas sa naissance. Nous lisons ce qui est dit de lui dans la lettre aux Hébreux : Moïse en Egypte. Ici, nous sommes une fois de plus confrontés à quelque chose que nous avons souvent répété dans ces méditations, ce sens inné d’une destinée. Vous ne pouvez pas mettre de côté cet aspect. Quand vous êtes confrontés avec le plein dessein de Dieu, quand vous parlez d’œuvre, de service, de ministère, et le lien de tout cela avec le pionnier, c’est toujours le point par lequel vous devez commencer, car il est toujours là ce profond sentiment intérieur d’une divine et souveraine perception de quelque chose d’inné.
    Nous voyons cet homme en Égypte. Il est entouré par tout ce que l’ Égypte possède, et les étudiants savent que la fascination et la gloire de l’ Égypte n’étaient pas une petite chose à l’époque de Moïse. Il était entouré de tout cela. L’écrivain parle ici ‘’des plaisirs de l’ Égypte’’. Ses plaisirs, ses richesses, son instruction : tous ces privilèges, le droit d’accéder à la maison même du roi, tout était aux ordres et à la disposition de Moïse. Il était ‘’instruit dans toute la sagesse des Égyptiens’’ (Actes 7.22) Il avait tous les plaisirs de l ‘Égypte à sa portée. Ce qui n’était pas une petite chose. Est-ce que vous pouvez dire que ces choses pouvaient être repoussées aisément ? C’était un puissant ‘’tout’’ de ce monde, mais ce sens de la destinée lui faisait considérer tout cela comme rien. Bien que jouissant de tout et aussi loin qu’il pouvait le désirer, il y avait sans cesse une ombre à son plaisir, il y avait quelque chose d’intérieur qui l’empêchait de se contenter de tout cela. Il y avait en lui un sens de mécontentement et d’insatisfaction, qui était en réalité produit par le travail de Dieu en lui, afin qu’il ne soit pas satisfait en quoi que se soit en dessous de Son plein dessein. Moïse était peut-être incapable de définir ce désir étrange, mais cela lui permettait de percevoir que le ‘’tout’’ de l'Égypte n’était d’aucune manière le ‘’tout’’ de Dieu. L'Égypte ne pourrait jamais répondre à cet appel et à cette force procédant d’au-dessus et d’au-delà de lui-même.
    Maintenant, ce n’est pas une exagération et ce ne sont pas que des mots, c’est scripturaire et c’est ce qui nous éprouve. Pour ceux qui sont appelés dans la pleine pensée de la voie de Dieu, ‘’Son plus haut’’ et ‘’Son meilleur’’, cela sera ainsi. Peu importera la popularité, la position dans le monde, la réussite, les moyens, les ressources, tout ce qui peut être à portée de main. Si nous sommes véritablement appelés selon Son dessein, nous n’aurons pas de repos dans tout cela et nous serons insatisfaits et vides en disant : ‘’tout cela n’a aucune valeur. Il y a plus que tout cela.’’ Éprouvons nos cœurs avec cela. Ce n’est pas de la fiction, c’est un fait.
    Il se peut que par ces paroles, aujourd’hui, cela vous parle de façon particulière. Vous pourriez avoir beaucoup en ce monde si vous en aviez le désir. Vous pourriez vous frayer un chemin dans ce monde et jouir de ses plaisirs, et de bien d’autres choses, si vous l’aviez réellement décidé. Oui, et peut-être auriez-vous été estimé et même avoir eu une situation dans ce monde religieux, mais pour vous, c’est devenu médiocre. Il y a quelque chose en vous, que vous ne pouvez peut-être pas définir et  peut-être même vous ne pourriez rien écrire à son sujet. Vous savez qu’il y a quelque chose et à moins que vous ne découvriez ce quelque chose et arriviez à ce quelque chose, la vie sera décevante et tout le reste ne sera pour vous que simulacre. Si c’est vraiment votre cas, c’est une situation pleine d’espoir et c’es merveilleux car le ciel s’est abaissé et a déposé quelque chose en vous en relation avec tout ce que cela signifie. Bien sûr, si vous n’avez pas perçu cela, vous serez satisfait par toutes sortes de choses moindres que celle-là. Mais prenez garde, car si vous pouvez demeurer ainsi, les conséquences seront terribles, car cela voudrait dire que tout ce qu’implique cette puissante et divine signification céleste aurait échoué dans vos vies.

 (b UNE CRISE

     Ainsi, cette œuvre commençait intérieurement dans Moïse, le conduisant vers une crise bien définie, la crise du terrestre et du céleste. Le Seigneur a des moyens merveilleux de produire cette crise. Vous savez, ce n’est pas toujours produit et introduit en nous lors d’une extase, si c’est que vous cherchez, ni par la gloire d’une grande et lumineuse vision, l’enchantement de votre âme, une certaine expérience divine, formidable, merveilleuse. Cela n’arrive pas toujours ainsi. Il n’en a pas été ainsi pour Moïse ni pour bien d’autres. Comment cela est-il arrivé ?
    Moïse est sorti un jour et a vu un Égyptien persécutant un Hébreu, et ce sens de sa destiné a pris possession de lui et l’a subjugué. Étant fort physiquement, il s’est jeté sur l’Égyptien et l’a tué. Ce fut la crise qui a tout précipité. Parfois, nous nous éveillons seulement au céleste ou nous y sommes confrontés, que par quelque affreuse incartade ou triste échec. Aussitôt après cela, la situation de Moïse en Égypte est devenue intenable. Ila du quitter ce pays.
    Mais qu’y avait-il dans la crise, quelle en était la signification et pourquoi Dieu le permettait ? Moïse aurait pu dire : ‘’Pourquoi le Seigneur a permis que je fasse cela ? pourquoi est-ce que le Seigneur, qui m’a pré-connu, et qui, dans Sa prescience m’a appelé à Son grand service, m’a permis de faire une chose semblable à celle-là ? Pourquoi est-ce qu’Il a permis que je sois entraîné à commettre un tel acte, un meurtre par mes mains ? Moi, qui suis appelé à être le libérateur du peuple de Dieu ! Pourquoi est-ce que le Seigneur l’a permis ?’’ La réponse aurait été : ‘’ce n’est pas la manière dont le ciel fait les choses, Moïse. Cela, c’est la manière dont le monde fait les choses ; c’est la façon dont la chair fait les choses. Ce n’est pas la manière céleste d’agir. Toi, Moïse, tu ne pourras jamais faire sortir un peuple céleste, pour le conduire dans un domaine céleste, par des moyens et des méthodes terrestres. Apprends cela une fois pour toutes. Cela peut sembler une manière terrible de régler la situation, mais la voilà, claire et sans détours. Ce peuple, choisi par Ma prescience et par un acte souverain, c’est avec le sens de cette destinée en toi-même qu’il sera libéré. Ce peuple choisi pour être un peuple céleste, comment est-ce que tu pourras le conduire sur le niveau de la vie céleste, si ce n’est pas là ton propre niveau de vie ?’’ Nous reviendrons à cela encore un peu plus loin. Le Ciel fait irruption et dit avec emphase : ‘’Non, Moïse, des armes charnelles pour des fins charnelles, mais pas des armes charnelles pour des fins spirituelles !  Des manières terrestres pour des fins terrestres, mais pas des manières terrestres pour des fins célestes ! Le ciel gouverne ici et doit le traduire lui-même de cette manière.’’ Quelle leçon pour une vie !
    Maintenant, nul besoin d’avoir été meurtrier, mais sans doute que certains parmi ceux qui lisent ces lignes ont appris des leçons très profondes à ce sujet. Vous ne pouvez pas marcher avec Dieu sur le plan céleste avec la force de la chair. Vous ne pouvez progresser avec Dieu le long de cette ligne, vous ne pouvez pas servir Dieu dans Son dessein céleste de cette manière. C’est tellement vrai en tant que principe ! Le ciel n’aura besoin de rien de tout cela, il réclame sa propre vie, sa propre nature. Ce fut la crise du céleste et du terrestre dans la formation de Moïse.
   
 c) QUARANTE ANNÉES DANS LE DÉSERT

     Maintenant voyons Moïse au désert, ‘’derrière le désert’’, pendant ces quarante années. Oh ! nous pensons certainement que cela n’avait aucune raison d’être dans l’économie de Dieu ! Cependant, les déserts signifient toujours quelque chose que vous devez découvrir. Ils signifient être vidé de nous-mêmes. Réfléchissons à cela. Vous ne pouvez pas être une personne qui a de l’importance dans le désert. Vous ne pouvez pas être une personne auto suffisante dans le désert. Vous ne pouvez pas être une personne sûre de vous dans le désert. Le désert vide et tarit tout cela. Vous n’êtes pas seulement dans le désert, le désert est en vous, stérile, désolé, sans ressources et inutile. Et ne pensez-vous pas que c’est ce qui a dû se passer en Moïse durant ces quarante années ?
    C’est le côté négatif de la formation. C’est l’annulation de l’ Égypte et du monde. L'Égypte c’était l’autosuffisance, l’Égypte est toujours synonyme d’indépendance, l'Égypte devait être tarie en Moïse. Il devait être vidé de l’esprit et du principe de ce monde. Il avait tout cela intérieurement, et à présent tout cela devait être mis dehors, et c’est tout le contraire de l’Égypte qui était entré en lui. Ce côté négatif, comme nous l’avons nommé, fait partie intégrante de l’école de la voie céleste. Cela nous amène intérieurement et spirituellement à percevoir clairement qu’il n’y a aucune ressource en nous, que de nous-mêmes, nous ne pouvons produire et accomplir aucune bonne chose. C’est cela le désert. Ne refusons pas de connaître cela. C’est vrai dans la vie, vrai dans l’expérience et vrai en tant que principe divin. La place doit être faite en nous pour le céleste, car en nous, il n’y a aucune prédisposition naturelle pour le céleste.
   
 d) L’ ÉPREUVE DE L'ÉMANCIPATION

   La suite de tout cela c’est que Moïse a du revenir en Égypte pour l’épreuve de l’émancipation. Maintenant, c’est le Seigneur qui le décide, ce n’est plus lui. A présent, tout doit procéder du Seigneur ou rien du tout. ‘’L’ Éternel dit à Moïse : Tu verras maintenant ce que je ferai’’ (Exode 6.1 NEG) Moïse avait dit un jour : ‘’Maintenant, vous verrez ce que je ferai’’, et nous connaissons la suite et le poids de ces paroles à l’égard de cet Égyptien et des Hébreux. Mais tout cela était bien révolu, le Seigneur disait : ‘’Maintenant tu verras ce que Je ferai. ‘’Je ferai car maintenant tu as cessé de faire.’’ La position est modifiée, maintenant tout devient possible. Il y a eu une transition du négatif au positif. La grande émancipation de ce peuple peut commencer.
     La première scène concerne la verge et la main, selon Exode 4 : ‘’Qu’est-ce que tu as dans ta main ?’’ : Une verge.’’ ‘’Très bien, par cette verge, des choses vont être faites.’’ ‘’Mets maintenant ta main dans ton sein et retire-la, maintenant que vois-tu ?: Elle est blanche de lèpre. Mets encore ta main dans ton sein et sors-la. Comment elle est désormais ? Elle est propre et saine.’’

 LA VERGE

   Quelle est la nature de cette verge ? Vous savez que la verge de Moïse est devenue ultérieurement la verge d’Aaron, la verge qui a bourgeonné quand son sacerdoce a été confirmé. (Nombres 17) Douze verges représentant les tribus, ont été placée dans la nuit. Le matin venu, il y avait onze verges mortes et une vivante, en signe d’un sacerdoce vivant. N’oubliez pas que le sacerdoce s’exerce dans ce qui est spirituel. Ce peuple va avoir à faire à tous les dieux des Égyptiens. Ils sont souillés, ils sont corrompus, ils sont néfastes, c’est du domaine du diabolique. Cela implique la puissance d’un saint sacerdoce pour traiter avec cette situation maléfique. C’est la verge de la parole de la Croix. La parole de la Croix est une puissante verge.
    Quel est l’objet de la contestation, ici ? Quel est l’arrière-plan de toute cette épreuve ? C’est celui-ci. Le Seigneur avait dit : ‘’Les Égyptiens connaîtront que je suis l’Éternel’’ (Exode 7.5 NEG) C’est cela, l’enjeu. La parole de la Croix, la parole d’un sacerdoce vivant, a une application pratique.
    Cela concerne premièrement le domaine tout entier de la nature et de la création. ‘’Moi, l’Éternel, j’ai fait toutes ces choses. Seul, j’ai déployé les cieux, seul j’ai étendu la terre. (Esaïe 44.24 NEG) Le Seigneur du Calvaire est le Seigneur de la création, et la première mise en application de la parole de la Croix est dans ce domaine de l’Égypte. Au contact du Seigneur de la création le monde des choses vivantes est soumis au jugement, car la contestation porte sur cette déclaration : ‘’Je suis le Seigneur.’’
    Deuxièmement, cela concerne les cieux, car le Seigneur a fait les cieux ainsi que la terre, et à Sa parole tous les éléments sont concernés. Si vous regardez au calvaire, vous verrez toutes ces caractéristiques. Quand Lui, le grand Pionnier de la voie céleste est allé à la Croix, la création toute entière était concernée. Le ciel et la terre ont été concernés. Il y a eu un grand séisme, et ‘’l’obscurité sur la terre jusqu’à la neuvième heure.’’ La création et les éléments étaient touchés par Celui qui est la Parole de la Croix. En type c’est ce qui était arrivé en Égypte.
    Ensuite, tertio, cela concerne aussi l’enfer. Quelle est la plus grande arme de l’enfer ?  C’est la mort, ‘’le dernier ennemi.’’ (1Corinthiens 15.26) La mort n’est pas amie, la mort est le dernier ennemi, et le dernier jugement contre l’Egypte. La forteresse de l’enfer était brisée. Le pouvoir de la mort était pris en otage pour permettre l’émancipation du peuple. C’est ce que Christ faisait sur la Croix. La parole de la Croix, c’est cela : la puissance de l'enfer a été brisée dans son essence même, la mort a été saisie pour accomplir l’intention de Dieu au lieu de la limiter. En Égypte, la parole, par la verge, touchait le premier-né avec la mort. L’enfer était piqué par sa propre piqûre, au cœur même de sa constitution. Mais ce n’est pas tout, cette même verge faisait aussi sortir le peuple. Elle œuvrait pour le racheter de l’Égypte, lui permettant de traverser la Mer Rouge. ‘’Toi, lève ta verge, étends ta main sur la mer.’’ (Exode 14.16 NEG) La parole de la Croix est la parole de la vie triomphant sur la mort. La mort est vaincue, la vie et l’incorruptibilité ont été mis en évidence. Au moyen de la verge de la parole de la Croix, par cette épreuve merveilleuse d’émancipation, Moïse apprenait que le ciel gouverne dans cette création. Il gouverne dans le ciel, en enfer, et au sein du royaume des hommes, le ciel gouverne pour l’émancipation des élus. Tout cela, c’est  l’histoire de l’intervention du céleste.
   Tout cela n’est pas survenu tout de suite, et vous vous demandez certainement pourquoi cela avait été gradué de cette manière. Ce que représentait cette verge était seulement partiel au commencement. Elle gagnait en force et en puissance au fur et à mesure de sa progression.
    Il y a deux aspects à cela. D’une part, il y a la nature progressive de cette éducation : elle est graduelle. Nous ne parvenons pas tout de suite à voir et à connaître la pleine puissance céleste. Nous l’apprenons peu à peu. C’est graduel. Est-ce que nous n’apprenons pas cela ? Nous apprenons de manière simple combien le ciel est plus grand que la terre, que l’homme, que la nature et que l’ennemi. Nous apprenons pas à pas, et de plus en plus, ce que signifie cet immense et infini ascendant du céleste.
    Mais il  a aussi l’autre aspect. Dieu, par ce moyen, attire graduellement à découvert les forces opposées en les réduisant peu à peu ‘’J’endurcirais le cœur de pharaon.’’ ‘’J’endurcirais le cœur de pharaon.’’ ‘’Pharaon endurcira son cœur.’’ Dieu aurait pu le renverser en une seule fois, mais Il va le maintenir jusqu’à son extrême limite. Le pouvoir de ce monde va être extirpé et mis en évidence jusqu’à ce qu’il atteigne sa pleine expansion et rencontre le pouvoir infini du ciel,. Ainsi, la supériorité du ciel se manifestera après tout, d’une manière simple.
     Nous avons si souvent dit cela et c’est vrai. Quoique nous ne puissions pas le saisir, le voir ou le définir, la vérité, c’est que cela se fait ‘’par la puissance qui agit en nous’’, ‘’l’infinie grandeur de sa puissance.’’ (Ephésiens 3.20 NEG) Nous ne savons pas, nous ne sommes pas capables de mesurer l’immensité des forces qui agissent contre une âme sauvée, l’immensité des forces qui se liguent ensemble contre le plein dessein que Dieu a conçu pour son peuple. Nous le connaissons un peu, mais nous le connaîtrons de plus en plus lorsque nous allons progresser. Quand il dit ‘’l’infini grandeur de sa puissance’’, ce n’est pas seulement une question de langage, c’est une tentative (seulement une tentative) par le moyen du langage, par des superlatifs, par tout ce que le langage humain peut dire, d’exprimer la réalité car : ‘’… l’infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force, Il l’a déployé en Christ en le ressuscitant des morts…’’ Ephésiens 1.19-20 NEG) C’est aussi pour nous une forme d’avertissement.
    Il y a quelque chose d’infiniment grand, ici. C’est la supériorité du ciel afin que dans cette situation tout un peuple soit affranchi et conduit dehors. Nous sommes dans cette école. Moïse était dans cette école. Il a été mis par cette épreuve, d’être en capacité de reconnaître progressivement, mais durablement et définitivement, que tout ce qui était en Egypte, tout ce que Pharaon représentait, perdait jusqu’à la dernière particule de sa vitalité et que tout cela conduisait à la mort en définitive. Moïse était parfois craintif. Parfois, il revenait de ce défi très déçu. Il pouvait penser : ‘’Nous n’avons encore rien obtenu, il faudrait quelque chose de plus.’’ ‘Très bien, disait le Seigneur, nous ferons quelque chose de plus.’’ Le Seigneur le conduisait dans son éducation, il le préparait à voir progressivement et de plus en plus. Ne pensez-vous pas qu’il nous manquerait quelque chose si Dieu faisait tout et tout de suite par un seul acte ? Nous pourrions considérer, alors, que tout nous est acquis. Mais cela ne signifierait, bien vite, plus grand chose pour nous, se serait bien vite devenu seulement un miracle du passé. Cependant, à travers notre vie, Dieu permet que des forces s’élèvent contre nous afin de prouver que Sa force est bien supérieure. C’est une longue instruction, mais c’est la voie du divin et du céleste dessein.

 LA MAIN

    Considérons maintenant cet aspect de la main. ‘’Mets, maintenant ta main dans ton sein.’’ Quelle main ? Cette main qui avait mis à mort l’Égyptien, cette main tachée par le sang, cette main de la force naturelle, cette main de autosuffisance, cette main qui représentait l’ancien Moïse et son échec. L’échec de l’énergie et de la conduite de sa propre volonté. ‘’Mets cette main à l’intérieur de ce qui est en toi-même, Moïse.’’ Vous pensez que c’est ce qui est naturel qui saisir la verge donnée par Dieu ? Pensez-vous que c’est ce qui peut permettre d’introduire l’autorité céleste ? Certainement pas ! Cette main doit être nettoyée avant que vous puissiez prendre cette verge. L’intérieur doit être nettoyé, les taches doivent être enlevées, toute cette propre énergie et cette propre puissance doivent être retranchées. ‘’Moïse, dans ton sein et en toi même, tu ressembles à cette main lépreuse.’’
    Est-ce que nous ne découvrons pas tout cela ? N’est-ce pas semblable à ce qui est dans mon cœur ? Comment sommes-nous ? Exactement comme cela! Plus nous nous connaissons et voyons en nous-mêmes, plus cela ressemble à de la lèpre. Mais béni soit Dieu, il y a une purification. Pour Moïse, il y a eu un acte divin de purification. En cet instant, toute la purification de la Croix, la parole de la Croix, prenait corps dans la vie de Moïse, en type et en symbole, bien sûr ! Désormais, cette main a été nettoyée, ce cœur circoncis, la vie intérieure séparée de la force de la chair et de sa suffisance. Il peut, à présent, saisir la parole de la Croix, la parole d’autorité. Il doit en être ainsi. Nous n’avons aucun pouvoir dans le domaine des dieux des Égyptiens, de ces forces spirituelles qui sont agissantes dans ce monde. Nous n’avons aucune autorité dans ce royaume, aucun espoir d’être tout-puissants contre cette force, à moins que quelque chose vienne nous libérer de nous-mêmes, de notre force, de notre suffisance, de nos propres cœurs.

 2) ISRAËL SOUS LA DIRECTION DE MOÏSE

    Après cela, il y a eu cette période, si importante, que je n’ose la traiter en ce moment ; Israël sous la domination de Moïse. Ce fut un grand et constant antagoniste entre le céleste et le terrestre. Les quarante années d’une nation dans le désert typifient l’antagonisme du céleste et du terrestre ouvertement en conflit. Ils avaient été amenés hors d’Égypte pour être un peuple céleste, pour avoir toutes leurs ressources, tout leur soutien et leur secours du ciel. Pour être dans ce monde, sans être de ce monde. Cette expérience peut être faite dans le désert.
    La pensée divine est de donner une grande place pour le céleste. Il y aurait un lieu pour le céleste dans ce désert. Tout du point de vue divin devait être céleste. Le peuple devait être constitué sur des principes célestes. Moïse, sur la montagne, a reçu ces principes célestes pour constituer cette nation. Tout procède du ciel. Toute leur relation avec Dieu dans le désert, centrée sur le tabernacle, était issue du ciel. C’était le modèle montré sur la montagne. Il était céleste, rien n’était laissé à l’appréciation de l’homme. Leur progression de jour en jour était céleste, au moyen de la colonne de fumée et de feu. Tout était céleste. La guerre avait un arrière-plan céleste. Moïse, sur le sommet de la montagne, levait ses mains vers le ciel pendant que la bataille se déroulait dans la vallée. Le ciel dirigeait cette guerre : c’était une guerre céleste. Tout était un moyen pour apprendre ce que signifiait le céleste.
    Mais ils ont échoué dans l’apprentissage de ces leçons. Ils voulaient revenir en bas sur cette terre, ils rejetaient le céleste. C’était trop dur, c’était trop difficile pour la chair, c’était trop incertain. Il fallait une telle dépendance, il y avait une telle impuissance en ce qui concerne le moi ! Ils ne pouvaient pas apporter leur aide ; et nous voulons tellement nous aider nous-mêmes dans ce domaine ! Tout était tellement céleste. Mais c’était très réel. Ceux qui connaissent quelque chose dans ce domaine savent que les choses célestes sont les plus réelles, que les choses spirituelles sont bien plus réelles que les autres choses. Mais ils n’ont pas voulu la voie céleste, ils voulaient le terrestre. Ils ont tout répudié et ont péri sur la terre et dans ce désert.
    Josué et Caleb ont tous deux tiré pour eux-mêmes les leçons de l’école de Moïse et d’Israël. Ils apprenaient les leçons de la vérité céleste, et ils les appliqueraient à la prochaine génération, à une génération céleste.
    Bien, tout cela peut être considéré comme de l’histoire, comme par ailleurs, tout ce qui est dans la Bible, mais je suis sûr que parmi vous, beaucoup y lisent leur propre histoire. N’est-ce pas vrai en tant que principe, dans ce que nous traversons, dans ce que Dieu fait avec nous,  pour nous faire capituler et nous conduire à une fin, à un vide et à l’impuissance ? Mais par un certain pouvoir, que nous ne ressentons pas, duquel nous ne sommes pas conscients, nous allons de l’avant. Nous sommes attirés ‘’hors de…’’ et ‘’établis sur…’’ C’est l’histoire de beaucoup de ceux qui ont survécu, quand il semblait que tout s’en était allé, que tout était perdu, car nous avions failli, déçu le Seigneur, sans penser qu’il pouvait y avoir encore un espoir.
    Mais il y a un avenir. Nous avons continué. Il y a quelque chose qui est en nous, qui nous fait progresser, et qui fait qu’à ce jours, nos cœurs sont plus établis sur ce qui est de Dieu que jamais auparavant. Pourquoi est-ce ainsi ? Ce n’est pas parce que nous avons eu plus de succès, ni parce que nous avons connu moins d’échecs et de faiblesse. Non, mais plutôt parce que nous avons appris la leçon de notre propre faiblesse. Nous savons aujourd’hui mieux que jamais que : ‘’ce qui est bon n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair’’ (Romains 7.18 NEG) Aujourd’hui, le Seigneur a Son droit de rachat plus établi sur nous qu’autrefois. Qu’est-ce que tout cela ? C’est un mystère ! Oh ! Grâces soient rendues à Dieu, c’est vrai ! Remercions Dieu pour Sa grâce souveraine ! C’est la preuve évidente qu’Il nous a adressé un grand appel et qu’Il ne sera satisfait que quand Il nous aura fait parvenir à la plénitude de son terme. Puissions-nous continuer quel qu’en soit le prix !  

(fin de la première partie)