mercredi 24 mai 2017

(4) L’Ecole de Christ Théodore AUSTIN-SPARKS (1964)


L’Ecole de Christ Théodore AUSTIN-SPARKS (1964) Traduit et adapté de l’anglais par Jean-Marc TOURN (2007) Edition originale : Emmanuel Church 12000 East 14th Street TULSA OK 74128 - 5016 USA - -
Table des matières

I. Le fondement de l’éducation spirituelle page 5
II. Apprendre la Vérité page 13
III. Apprendre par Révélation page 20
IV. La Maison de Dieu page 25
V. La lumière de la Vie page 33
VI. Un ciel ouvert page 43
VII. Apprendre sous l’onction page 53
VIII. La souveraineté de l’Amour divin. Page 62

« Ceci est un livre que vous voudrez certainement lire plusieurs fois. C’est à ma troisième lecture que la Vérité m’a vraiment impacté. Ce livre a influencé ma prédication, ma conception de la vie et a intensifié ma faim de connaître la glorieuse liberté de la Croix. Je crois que ce livre est destiné par Dieu à bénir et édifier de nombreux serviteurs et servantes de Dieu, de nombreux chrétiens qui ont une faim et une soif spirituelles ». (David WILKERSON – 2000)


IV - LA MAISON DE DIEU

                    C’est dans un contexte particulier que Dieu suscita son serviteur Ézéchiel en le transportant en vision dans le pays où il l’éleva sur une haute montagne et lui montra la Cité céleste. C’est durant cette période où tout ce que Dieu avait voulu établir conformément à Ses Plans était détruit qu’Il lui montra cette grande cité céleste.

                      Cette vision était clairement détaillée, ainsi que la révélation qui en fut donnée. Le prophète fut conduit vers chaque lieu, chaque angle, chaque pièce de ce temple spirituel, dedans et dehors, dessus et dessous, tout autour, accompagné de l’ange qui lui donnait les mesures et une définition concise et claire de la maison spirituelle de Dieu. Puis, il reçu ensuite les règles et les ordonnances ainsi que des directives concernant le sacerdoce et les sacrifices. La mission de l’ange fut de montrer toute la demeure à la maison d’Israël et de lui en donner tous les détails.

                     Nous avons vu précédemment que chaque fois que l’on s’éloigne des pensées de Dieu, chaque fois que l’on perd de vue la révélation originelle, chaque fois que la spiritualité d’En Haut et la puissance divine cessent d’opérer et d’agir au milieu de Son peuple et que la gloire de Dieu a disparu, Dieu donne une nouvelle vision de Son Fils.

                     Nous avons aussi observé qu’au début de l’histoire de l’Église, quand le déclin s’est amorcé, Jean fut utilisé par le Saint-Esprit, au travers de Son Évangile, de ses épîtres et de l’Apocalypse, pour révéler Jésus dans une dimension plus large et plus spirituelle. C’est de cette manière que Jean nous rappelle que son Évangile fut le dernier du Nouveau Testament, ce qui lui donne sa valeur et sa signification spirituelles dans lesquelles Dieu se manifeste d’une nouvelle manière en des termes plus proches du Ciel, à une époque caractérisée par un certain formalisme.

                     Dans Jean 1, Dieu exprime le fond de sa pensée à l’égard de Son peuple : Christ est la plénitude du Plan divin pour nous, et le Saint-Esprit (représenté par l’ange dans Ézéchiel) est venu dans le but précis et expresse de nous conduire dans le détail de la Personne de Christ, afin d’avoir une expression claire et détaillée de la pensée de Dieu en Christ, et nous la communiquer :

« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu ».

                     Ceci constitue l’arrière-plan éternel de la Pensée de Dieu. « Et la Parole est devenue chair, et a demeuré parmi nous » ; c’est la pensée de Dieu issue de toute éternité qui doit être ancrée au milieu de nous de manière claire et totale ; ce sont toutes les pensées de Dieu résumées en Son Fils, la Pensée suprême et éternelle, concentrée au milieu des hommes dans la personne de Jésus-Christ.

                     En continuant vers la fin du chapitre premier, nous allons découvrir quelque chose d’extra dans la parole adressée à Nathanaël. C’est d’ailleurs intéressant de constater que cette parole s’adresse à Nathanaël, et non pas à Pierre, Jacques ou Jean, car nous en aurions conclu que cela ne concernait qu’un cercle fermé. Mais c’était Nathanaël, qui faisait partie d’un cercle beaucoup plus large autour de Jésus, comme si cela pouvait s’adresser à chacun de nous : « Tu verras le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’Homme ».

A – Béthel – la Maison de Dieu

                     Le nom de Béthel nous ramène instinctivement à l’Ancien Testament, au livre de la Genèse et à Jacob. On se souvient de lui sur son chemin entre ciel et terre, situé en position intermédiaire entre les deux. Cette nuit-là, il s’étendit et dormit. Et voici qu’une échelle, allant de la terre jusqu’aux cieux, apparut avec des anges qui montaient et descendaient dessus, et c’est au sommet de cette échelle que Dieu parla à Jacob. Ce dernier se réveilla de son sommeil et dit : «Oui, c’est sûr, le Seigneur est dans ce lieu et je ne le savais pas ». Il ne s’agit rien d’autre que de la maison de Dieu, qu’il appela du nom de Béthel. En prononçant cette parole à Nathanaël, Jésus s’appropria cet événement en disant : Je suis Béthel, la Maison de Dieu. Je suis celui qui n’appartient pas vraiment à la terre (bien qu’il y demeurait), qui n’appartient pas vraiment au Ciel (dans sa forme actuelle) bien qu’en relation constante avec lui. Je suis entre Ciel et Terre, le lieu de rencontre entre Dieu et l’homme, la Maison de Dieu où Dieu parle et se révèle. Il parle dans Sa Demeure. Je suis la Maison de Dieu et les relations de Dieu avec ce monde sont en MOI, et en MOI seul : « Personne ne vient au Père que par Moi ».

                     Nous savons que chaque demeure ou lieu d’habitation dans la Bible symbolise Jésus, la Maison de Dieu : le Tabernacle dans le désert, l’Arche de l’alliance, le Temple de Salomon, ou tout autre temple remplissant les mêmes fonctions, ou encore tout ce qui dans le Nouveau Testament est appelé l’Église, tout ceci ne parle rien d’autre que Christ. Dans la pensée de Dieu, l’Église (ou Maison de Dieu), c’est Christ, rien d’autre que Christ, rien de mieux que Christ.

                     Le point important sur lequel il nous faut insister, c’est comment, en fin de compte et de manière exclusive, Il a tout lié avec Son Fils. Et sur le fait que l’on ne peut rien recevoir de Dieu, excepté par Christ et en Christ, qui soit révélé dans nos cœurs par le Saint-Esprit. Ainsi le Seigneur Jésus, Habitation de Dieu, remplit chacune des fonctions qui apparaissent au sein, de toutes les autres maisons de Dieu sur la terre.

                     Commençons par le Lieu très Saint. En Jésus-Christ habite le Lieu Très Saint, où Dieu demeure réellement, clairement et personnellement. Dieu est en Christ et nulle part ailleurs. Et Il ne réside dans aucune autre réalité ou profondeur. Il n’est nulle part ailleurs de la même manière ; bien sur le Père veut faire et va faire Sa demeure en nous. Mais la différence par rapport à Jésus est grande, et nous ne devenons pas d’autres Christ, sous prétexte que Dieu vient établir Sa Demeure en nous. Nous ne sommes pas habités par Dieu dans le même sens que l’était le Fils. La demeure de Dieu en Christ est unique, et le Lieu Très Saint ne réside qu’en Lui seul. En Lui est l’Oracle, c’est-à-dire, la voix qui parle avec une pleine et entière autorité.

                       Sur la montagne de la Transfiguration, les trois disciples étaient en état d’exaltation, à la fois dans leurs âmes et dans leurs corps. Ce fut une expérience absolument merveilleuse, un événement spirituel extraordinaire. Mais, même quand on se trouve dans un état d’exaltation spirituelle élevée, plein d’inspiration et d’expression spirituelle, on peut commettre les plus graves erreurs.

                     Ainsi, Pierre, avec les meilleures intentions du monde et les motifs les plus purs dit : «Seigneur, il est bon que nous restions sur cette montagne : si Tu le veux, je dresserais trois tentes ; une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie ». Alors qu’il parlait encore (comme si Dieu intervenait sans lui laisser la possibilité de finir, mais disait : ça suffit !), le nuage assombrit l’atmosphère et une voix se fit entendre du ciel disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai placé mon plaisir et mon affection ; écoutez-Le ». La parole finale d’autorité est en Lui. Nos expériences spirituelles ne tiennent plus devant Lui. Nos sentiments d’exaltation spirituelle les plus forts ne peuvent plus nous influencer. La voix d’autorité de Dieu en Christ est la parole finale d’autorité car Il est l’Oracle qui est en Lui, comme dans le sanctuaire des anciens temps.

                     Alors seulement, nous pouvons traverser tout ce tabernacle ou ce temple, et avancer pas à pas, point par point, et le voir Lui, comme l’accomplissement de toutes choses, comme la Maison de Dieu où Dieu réside et entre en communication avec nous.

B – La Maison commune de Dieu

                       Quelle est à présent la Maison de Dieu dans toute sa dimension collective ? Pour cela, il nous faut reprendre cette merveilleuse expression qui revient plus de 200 fois dans le Nouveau Testament, tout ce qui est souligné par « En Christ ».

                     Si nous sommes dans la Maison de Dieu, nous n’y sommes que parce que nous sommes en Christ. Être en Christ, c’est être à l’intérieur de la Maison de Dieu et non pas à l’extérieur. Il est la Maison de Dieu et nous sommes conduits vers Lui.

                     Mais être en Christ veut dire également une exclusion totale de tout ce qui n’est pas Christ. Dans un chapitre précédent, nous avons vu clairement qu’il existait une différence radicale et absolue entre Christ et nous (et même le meilleur de nous). Et nous avons vu aussi à quel point Christ était d’une autre nature que l’homme, même le plus pieux, de par la différence de cœur, de pensée et de volonté, et du fait d’une constitution radicalement autre. C’est pourquoi il nous faudra toute une vie, sous l’inspiration du Saint-Esprit, pour découvrir combien nous sommes différents de Lui, et Lui de nous.

                     Dieu avait prévu cette différence dès le commencement et il ne lui a pas fallu longtemps pour la déterminer dès la création de toutes choses. La différence entre nous et Christ est si évidente et si radicale qu’elle représente en fait la largeur et la profondeur d’un tombeau  Ce n’est rien de moins que la mort dans sa plénitude où il n’y a aucune issue possible ! La fin, c’est la mort et le tombeau.

                     C’est la fin de ce qu’on est, et s’il y a quelque chose après, la mort doit être l’intermédiaire entre les deux, et tout ce qui suit ne peut exister que par la résurrection, c’est-à-dire par un passage de nous vers Lui comme une mort et une résurrection. Par cette mort à nous-même, nous sortons de la sphère de ce que nous sommes (même le meilleur de nous-même) pour entrer dans la sphère de qui Il est. Il n’y a pas d’autre issue entre nous et Lui, que la largeur et la profondeur d’un tombeau. C’est çà entrer et pénétrer à l’intérieur de la Maison de Dieu.

C – L’autel

                    Cette vérité fondamentale est remarquablement illustrée dans Jean 1: « Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ». Elle le sera encore mieux dans le Nouveau Testament, quand le Saint-Esprit descendra pour reprendre ce que Christ a dit et lui donner sa pleine mesure.

                       Avant de pénétrer dans la Maison de Dieu, il nous faut toujours passer par l’Autel, qui se situe dans le tabernacle ou le temple. L’Agneau de Dieu et l’Autel barrent le chemin vers le sanctuaire; cet Agneau nous parle de cette mort de substitution (à notre place). Pour cela nous nous identifions d’abord à Jésus dans sa mort, sa mort comme notre mort. Puis son sang précieux est répandu tout au long du chemin allant de l’Autel jusqu’au Lieu Très Saint, qui est un chemin de vie. Il s’agit de Son Sang, pas du nôtre. Il ne s’agit ni de notre vie rachetée, ni de notre vie éprouvée, ni de notre vie du tout, mais de la sienne.

                      Seul Christ, par Sa vie, nous permet de venir dans la présence divine. Aucun Souverain Sacrificateur n’ose entrer dans la présence de Dieu, excepté par le sang de l’agneau, le sang de l’autel. Voici l’Agneau de Dieu qui se tient sur le chemin conduisant à la Maison.

                       Ce qui est très important ici, c’est Être en Christ et dans la Maison de Dieu. La Maison de Dieu est Christ. Si nous parlons de la Maison de Dieu comme étant commune et collective, c’est seulement parce que nous sommes en Christ, en union avec Lui. Nous sommes rassemblés dans un lieu où Dieu habite et parle, où Dieu se fait connaître et où Son autorité absolue est en Christ, conformément à la parole de Paul : « Il est la Tête de l’Eglise ». Nous sommes Son corps, Il est la Tête, c’est-à-dire l’autorité de Dieu investie en Lui pour gouverner.

D – Le baptême

                       La première étape vers la Maison est la mort sur l’autel qui est la raison même de l’institution du baptême durant lequel nous prenons notre position en Jésus-Christ. C’est Lui qui nous représente et c’est la fin de tout ce que nous sommes. Ce ne sont pas seulement nos péchés qui sont effacés, mais c’est notre moi, si totalement différent de Christ, qui disparaît.

                       Du point de vue de Dieu, c’est la fin pour notre moi car dans la mort de Christ, Dieu a mis un point final à notre vie naturelle. Par la résurrection de Christ et notre union fusionnelle avec Lui, nous n’existons plus (dans la perspective de Dieu), mais seul Christ existe. L’œuvre du Saint-Esprit dans l’enfant de Dieu, est de rétablir pour lui Son plan éternel. Nous n’avons pas besoin de mourir, nous sommes morts, et la seule chose que nous ayons à faire, c’est d’accepter notre mort car si nous passons à coté de cela, nous serons toujours en train de lutter pour mourir.

                      En ce qui me concerne, c’est une position fixe et définitive que je dois m’approprier : me reconnaître et me considérer comme mort. C’est reprendre la place que Dieu a prévue pour moi et dire que j’accepte la position fixée par Dieu pour moi. Le Saint-Esprit est chargé de s’occuper de tout le reste, mais j’en accepte la finalité.

                     Si nous en arrivons à rejeter ce que le Saint-Esprit désire faire en nous, nous faisons bien plus que refuser d’avancer, nous refusons notre position d’origine et plus grave encore, nous prenons une position inverse à celle qu’un jour nous avons prise avec Lui. En fait, le baptême est cet autel sur lequel Dieu nous considère comme mort et où l’on entre simplement en disant : « Cette position que Dieu a fixée pour moi, je l’accepte maintenant et je témoigne à la Croix, que je suis au bout de moi-même ». Le Seigneur Jésus a suivi ce chemin du baptême dès le début de sa vie publique, et, sous l’onction de l’Esprit, à partir de cet instant, Il a définitivement refusé d’écouter Sa propre pensée, pour n’écouter que celle de Dieu. Il a refusé d’être influencé par ce que son humanité pouvait lui dicter (alors qu’Il était pourtant sans péché) pour ne suivre que ce qui venait de Son Père.

                       Tout au long de sa route, Il était dirigé par l’Onction dans ce qu’Il disait, dans ce qu’Il accomplissait et dans ce qu’Il refusait. C’est pourquoi partout où Il allait, Il mettait de côté toute autre influence que celle de Son Père, qu’elle vint des disciples, du diable ou autres. Son attitude était : « Père, qu’en penses-tu ? Que veux-tu ? Est-ce le temps ? Non pas ma volonté, mais la Tienne ; non pas mes opinions, mais les tiennes, non pas mes sentiments, mais ce que Tu ressens ! ». En fait, Il était mort à Lui-même et, en effet, Il allait être enterré. Son baptême signifiait cela pour Lui, et c’est là qu’est notre position.


E – L’imposition des mains

                    Ensuite lorsque cette position a été acceptée dans la mort, vient le relèvement de la résurrection, une résurrection en Christ, mais aussi, une résurrection aux yeux de Dieu, sous la Tête de Christ ; en d’autres termes, sous l’autorité pleine et entière de Dieu investie en Christ, notre pensée, notre gouvernement, notre chef, Sa Tête !

                     Lorsque les croyants du Nouveau Testament faisaient leurs premiers pas par le baptême, en déclarant leur mort avec Christ, et sortaient de l’eau comme des membres représentatifs du Corps, non seulement les apôtres priaient et imposaient les mains sur leurs têtes, mais le Saint-Esprit leur signifiait qu’ils étaient dans la Maison. L’Onction qui était sur leur Tête, Christ, reposait sur eux en Christ : non pas une onction séparée, mais oints en Christ (2 Corinthiens 1:21 et 2 Corinthiens 12:13).

                       Mais, qu’est-ce que l’Onction ? Et l’Onction dans le cas de Christ, lorsqu’Il accepta une vie où Il devait se dépouiller de Sa divinité, pour accomplir le salut de l’homme ? Que signifie l’Onction? Pour Jésus, c’était clair, Il était sous le gouvernement direct de Dieu en toutes choses et devait refuser de se référer à ses propres jugements et ses propres sentiments. Le Père, par le moyen de l’Onction, le dirigeait en tout, et Lui était mis à part.

                       Quand Il disait, « Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive » (Luc 9:23), et plus loin, « celui qui ne porte pas sa croix et ne me suit pas, il ne peut être mon disciple » (Luc 14:23), Il disait en d’autres termes, « Tu ne peux rien apprendre de Moi tant que la Croix n’agit pas continuellement pour te mettre de côté et tracer un chemin pour Moi, pour que tu puisses accepter Ma pensée, et la Croix est là pour te crucifier dans ta pensée ; ta pensée doit venir au pied de la Croix, tes sentiments et tes attitudes, ta mentalité même doivent se soumettre à la Croix chaque jour ». Voilà comment tu prépares le chemin pour M’apprendre, Ma pensée, Mon autorité, Mon jugement, Mon tout. Voilà ce qu’est l’École de Disciple, l’École de Christ.

                      L’Autorité de Christ, notre Tête, accompagnée de l’Onction devient ou devrait devenir le facteur dominant d’une vie de croyant ; et l’imposition des mains est simplement une attestation que ce dernier se trouve sous la Tête de Christ et que sa tête se met sous l’autorité d’une autre Tête, soumise à une Tête plus grande. En conséquence, sa tête a dirigé sa vie, mais elle ne la dirigera plus car elle est soumise à une autre Tête et est amenée à l’autorité de Christ, Tête dans l’Onction. L’Esprit l’a confirmé dès les premiers temps, en se répandant sur les croyants et en déclarant que chacun d’entre eux était dans la Maison où se trouve l’Onction, placé sous le gouvernement de la Tête, le Chef de la Maison.

                      L’expression de cela se trouve dans l’épître aux Hébreux : « Christ a été fidèle comme Fils sur la Maison de Dieu ; et sa Maison, c’est nous » (Hébreux 3:6). Nous sommes en train d’emprunter la voie de la révélation céleste de Christ et par le baptême, nous acceptons la position de Dieu nous concernant, à savoir la fin de nous-même ! Si dans l’avenir, ce que nous sommes nous-même revient à la surface, nous devrons réagir et déclarer : « Je le dis une fois pour toutes – c’est la fin de moi-même ! » Conservons cette attitude pour garder la position de Dieu pour nous.

                     Le rassemblement et l’imposition des mains des membres représentatifs du Corps, n’est donc qu’un simple témoignage au fait qu’en Christ, nous sommes dans la Maison de Dieu, sous le gouvernement de Christ par l’Onction, et que Sa Tête nous fait un en Lui.

                     Que le Seigneur en fasse une réalité vivante pour chacun de nous afin que nous puissions tous venir à Béthel dans une position spirituelle où nous pourrons dire dans la joie de Christ : «Oui, vraiment, le Seigneur est présent dans ce lieu. Je suis là où est le Seigneur : c’est la Maison de Dieu ! » Nous saurons alors ce que signifie : être en Christ, sous son Autorité et son Onction.

à suivre...

lundi 22 mai 2017

(3) L’Ecole de Christ Théodore AUSTIN-SPARKS (1964)


L’Ecole de Christ Théodore AUSTIN-SPARKS (1964) Traduit et adapté de l’anglais par Jean-Marc TOURN (2007) Edition originale : Emmanuel Church 12000 East 14th Street TULSA OK 74128 - 5016 USA - -
Table des matières

I. Le fondement de l’éducation spirituelle page 5
II. Apprendre la Vérité page 13
III. Apprendre par Révélation page 20
IV. La Maison de Dieu page 25
V. La lumière de la Vie page 33
VI. Un ciel ouvert page 43
VII. Apprendre sous l’onction page 53
VIII. La souveraineté de l’Amour divin. Page 62

« Ceci est un livre que vous voudrez certainement lire plusieurs fois. C’est à ma troisième lecture que la Vérité m’a vraiment impacté. Ce livre a influencé ma prédication, ma conception de la vie et a intensifié ma faim de connaître la glorieuse liberté de la Croix. Je crois que ce livre est destiné par Dieu à bénir et
édifier de nombreux serviteurs et servantes de Dieu, de nombreux chrétiens qui ont une faim et une soif spirituelles ». (David WILKERSON – 2000)


III - APPRENDRE PAR RÉVÉLATION


L’Eternel Dieu me transporta, dans des visions, dans le pays d’Israël et me déposa sur une montagne très élevée où se trouvait vers le sud comme une ville construite. Il me conduisit là et voici, il y avait un homme dont l’aspect étai t celui de l’airain ; il avait dans la main un cordeau de lin et une canne pour mesurer, et il se tenait à la porte. Cet homme me dit : fils de l’homme, regarde de tes yeux et écoute bien de tes oreilles ! Fais bien attention à ce que je te montrerai, car tu as été amené ici pour que je te les montre. Déclare et fais connaître à la maison d’Israël tout ce que tu verras » (Ézéchiel 40:2-4)

« Toi, fils de l’homme, montre ce temple à la maison d’Israël et qu’ils aient honte de leurs iniquités et qu’ils en mesurent le modèle. S’ils rougissent de toute leur conduite, fais-leur connaître la forme de cette maison, sa disposition, ses issues et ses entrées, tous ses dessins et toutes ses instructions ; mets-en la description sous leurs yeux, afin qu’ils gardent tous ses plans et toutes ses ordonnances, et qu’ils s’y conforment dans l’exécution » (Ézéchiel 43:10-11).


« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1:1-4).


« La Parole a été faite chair, et elle a habité au milieu de nous, pleine de grâce et de vérité » (Jean 1:14).

« En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme » (Jean 1:51).

A – La réponse de Dieu à une situation de déclin

                    Nous pouvons observer que, lorsque la Pensée de Dieu représentée dans Ézéchiel par le temple et par Jérusalem, fut abandonnée et même perdue, et que la gloire disparut, Ézéchiel fut conduit à écrire la vision d’une nouvelle demeure céleste, une habitation d’En Haut, avec toutes ses dimensions et ses détails. De la même manière, lorsque l’Eglise du Nouveau Testament a perdu sa pureté, son authenticité, sa puissance, son caractère, son bon ordre et que la gloire disparut, l’apôtre Jean, poussé par l’Esprit, mit en lumière le nouvel aspect merveilleux, spirituel et céleste de la personne du Seigneur Jésus. C’est cette nouvelle présentation de Christ révélée dans l’Évangile de Jean, dans ses épîtres et dans l’Apocalypse.

                  Nous devons avoir bien à l’esprit que l’Évangile écrit par Jean, fut chronologiquement le dernier livre du Nouveau Testament. Peut-être n’avons-nous pas vraiment réalisé la puissance et l’impact de cet état de fait. Car souvent nous considérons les Évangiles dans l’ordre où ils apparaissent dans le Nouveau Testament, en pensant qu’ils nous projettent directement aux jours de la vie de Jésus sur terre et qu’ils ne sont qu’une préparation pour les épîtres et l’Apocalypse, mais nous devons sortir de ce schéma préétabli.

                 Pourquoi l’Évangile de Jean a-t-il été écrit ? A-t-il été écrit seulement comme un rapport sur la vie de Jésus sur terre, au même niveau que trois autres rapports afin de constituer une histoire de la vie de Jésus ici-bas ? C’est sans doute l’illustration de la pensée de beaucoup. En fait, ce n’était pas la première intention du Saint-Esprit en inspirant la rédaction des Évangiles. L'Évangile de Jean a été écrit bien après tous les autres, et la dernière partie a été rédigée lorsque les autres apôtres étaient déjà dans la gloire.

                 L'Évangile de Jean a été écrit au moment où l’Eglise primitive avait perdu sa forme d’origine, sa puissance et sa vie spirituelle ; au milieu d’une situation de déclin, comme le soulignent les messages aux églises d’Asie Mineure, au début de l’Apocalypse, ainsi que ses épîtres.

                    Quel en était l’objectif ? Au moment où Jean écrit, les choses ne sont plus comme elles étaient, comme Dieu voulait qu’elles soient. La pensée de Dieu n’était plus représentée par et pour Son peuple. Le modèle divin s’était brisé. La nature divine avait été corrompue et quelque chose de terrestre prenait forme dans le Christianisme. La vraie vie était perdue et la gloire était partie. Face à une telle situation, Dieu a réagi en donnant une nouvelle présentation céleste et spirituelle de Son Fils. Et ce sont ces caractéristiques célestes et spirituelles que Jean a décrites afin de nous donner une nouvelle perspective de Jésus-Christ, Fils de Dieu…. et quelle perspective !… non seulement Jésus de Nazareth, mais le Fils de l’Homme, le Fils de Dieu.

                     Dieu se révèle et se manifeste à l’homme, dans toute la plénitude de l’essence divine, afin que Son peuple puisse voir. Le moyen de restauration et de guérison, qu’Il a choisi, est donc d’apporter une vision nouvelle de Son Fils. Non pas une technique de l’Eglise ou de l’Evangile ou une nouvelle doctrine, mais la vision de Son Fils. Apporter Christ dans une extraordinaire signification céleste et spirituelle devant les yeux du cœur de Son peuple. 

                     Rappelons-nous que la réponse de Dieu, en période de déclin de l’Eglise, est toujours de nous focaliser sur Son Fils, au sein de chaque mouvement. Que ce mouvement soit dans le monde pour conduire à l’Antichrist, (La réponse de Dieu à l’Antichrist sera Christ dans la plénitude de Sa Gloire divine), ou que ce soit dans l’Eglise déclinante et apostate, la réponse de Dieu sera Son Fils. Ainsi sont les paroles qui ouvrent le livre de l’Apocalypse : « Moi, le Vivant ; j’étais mort, et voici, Je suis vivant aux siècles des siècles et J’ai les clés de la mort et de l’Enfer ».

                     Christ nous est présenté, et tout s’évalue et se juge à la lumière de cet Homme d’En Haut qui tient un instrument de mesure à la main. A partir du moment où on le voit et on le saisit, c’est suffisant, car tout est lié à une révélation du Seigneur Jésus dans notre cœur.

                     Mais ce n’est pas en tentant d’acquérir une méthode ou une technique du Nouveau Testament, un type d’organisation calqué sur l’église primitive, voire même une re-découverte de la vérité doctrinale du Nouveau Testament. Ce sont des choses qu’on pourrait éventuellement utiliser comme une trame, mais qui ne peuvent garantir ni la vie, ni la puissance, ni la gloire. Bien des chrétiens aujourd’hui suivent la doctrine, la technique ou la méthode du Nouveau Testament, mais c’est froid et mort !

                     Non, le chemin de Dieu vers la gloire, la vie, la puissance et la nature d’En-Haut, est en Son Fils. Tout est dans le Fils, et une seule chose est nécessaire : Voir le Fils. Et parce que Dieu ouvre nos yeux et que nous voyons le Fils, alors le reste suivra.

                     Mais comment Dieu ouvre-t-il nos yeux ? « Ce que je sais, c’est que j’étais aveugle et maintenant je vois ». C’est la lumière par la vie : « en lui était la vie, et la vie était la lumière… ». C’est donc la vie qui réside dans la révélation du Fils qui produit la lumière.

                     Dieu s’est concentré sur la personne de Son Fils et il n’est donc pas possible de connaître ou obtenir quoique ce soit de Dieu en dehors du Seigneur Jésus, Son Fils. Dieu l’a établi définitivement.

B – Christ connu uniquement par révélation

                     Deuxièmement, il est impossible de connaître toute la plénitude que Dieu a placée en Son Fils, sans la révélation intérieure du Saint-Esprit. Un miracle doit être suscité par le Saint-Esprit en chaque homme et en chaque femme, s’ils veulent connaître ce que Dieu a concentré en Son Fils. Jean le résume très bien avec l’histoire de l’aveugle-né qui n’avait jamais vu de sa vie. Il ne s’agit donc pas d’un cas de recouvrement de la vue, mais d’un don de la vision, le don d’un monde absolument nouveau pour cet homme ! Quoiqu’il ait pu deviner, imaginer ou rêver, quoiqu’on ait pu lui décrire, sa vision actuelle est un nouveau départ, une nouvelle création, le miracle d’un nouveau monde, qui ne correspond absolument pas à ce qu’il croyait et à la description qu’on lui en avait fait.

Nous ne verrons rien si ce n’est par le miracle intérieur :

1. Dieu a enfermé toute Sa nature et Son caractère en Son Fils,

2. personne ne peut Le connaître sans en avoir eu la révélation.

« Toutes choses m’ont été données par mon Père et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler » (Matthieu 11:27).

C – La révélation dans les situations pratique.

                     Troisièmement, Dieu maintient toujours la révélation de Lui-même en Christ, reliée à des situations pratiques. En d’autres termes, nous ne pouvons jamais recevoir la révélation autrement qu’en relation avec une nécessité. Nous ne pouvons donc pas la recevoir simplement comme une information car ce ne serait pas de la révélation.

                       Quand le Seigneur a donné la manne dans le désert (symbole de Christ, pain descendu du Ciel), Il ordonna très clairement qu’aucun fragment de manne ne devait être ramassé sauf la manne du jour, et que ceux qui tenteraient d’en prendre au delà de leur besoin immédiat, la maladie et la mort pourraient survenir et les emporter.

                    Le principe de la manne est que Dieu garde la révélation de Lui-même, placée en Son Fils, liée à des situations pratiques de nécessité ; nous recevrons donc la révélation dans celles-ci, et non dans un enseignement, une doctrine, une interprétation, une théorie, ou quoi que ce soit d’autre. Ce qui veut dire que Dieu va nous placer dans des situations où seule la révélation de Christ pourra nous aider et nous sauver.

                     C’est ainsi que les Apôtres ont eu leur révélation pour l’Eglise dans des situations très pratiques. Il n’ont jamais eu de conférence ou de tour de table, pour dresser un schéma doctrinal et de mise en pratique pour les églises. Ils sont  sortis pour  vaquer à  leurs affaires et se sont  confrontés à une  situation
désespérée, à des pressions fréquentes où ils devaient se placer devant Dieu pour recevoir la révélation. Le Nouveau Testament est le livre le plus pratique et le plus concret qui soit, parce qu’il est né dans des circonstances difficiles et même dramatiques. Le Seigneur a éclairé la situation. La révélation de Christ en situation d’urgence est le moyen de garder Christ vivant, et le seul moyen où Christ seul se glorifie !

                    C’est la raison pour laquelle le Seigneur nous maintient dans des circonstances qui sont intenses et authentiques. Le Seigneur ne veut pas nous faire connaître la vérité théoriquement mais très pratiquement. Nous avons à entrer dans les situations du Nouveau Testament, pour recevoir une révélation de Christ répondant à notre besoin.

                     C’est pourquoi la façon de faire du Saint-Esprit avec nous est de nous conduire vers des conditions et des situations vivantes, actuelles, et vers des besoins, où seule une fraîche découverte du Seigneur Jésus pourra être notre délivrance, notre salut, notre vie. Cela nous donnera ainsi, non pas une révélation de vérité, mais une révélation et une nouvelle connaissance de la Personne, afin que nous en arrivions à voir Christ qui répond en plein à notre besoin.

                     Nous n’érigerons plus un quelque chose, mais un Lui. Il est la Parole. « Au commencement était la Parole », ce qui signifie que Dieu s’est rendu Lui-même compréhensible à nous comme une Personne et non plus comme un Livre. Dieu n’a pas d’abord écrit un livre, bien que nous ayons la Bible, mais Dieu a écrit une Personne.

                     Demandons une connaissance plus complète de Jésus car c’est le seul chemin pour le connaître, et ce à travers des situations pratiques et concrètes. Alors si nous nous trouvons dans une situation très dure et très difficile actuellement, c’est que nous sommes précisément en bonne position pour demander une révélation du Seigneur. 

à suivre...



samedi 20 mai 2017

(2) L’Ecole de Christ Théodore AUSTIN-SPARKS (1964)

L’Ecole de Christ Théodore AUSTIN-SPARKS (1964) Traduit et adapté de l’anglais par Jean-Marc TOURN (2007) Edition originale : Emmanuel Church 12000 East 14th Street TULSA OK 74128 - 5016 USA - -
Table des matières

I. Le fondement de l’éducation spirituelle page 5
II. Apprendre la Vérité page 13
III. Apprendre par Révélation page 20
IV. La Maison de Dieu page 25
V. La lumière de la Vie page 33
VI. Un ciel ouvert page 43
VII. Apprendre sous l’onction page 53
VIII. La souveraineté de l’Amour divin. Page 62

« Ceci est un livre que vous voudrez certainement lire plusieurs fois. C’est à ma troisième lecture que la Vérité m’a vraiment impacté. Ce livre a influencé ma prédication, ma conception de la vie et a intensifié ma faim de connaître la glorieuse liberté de la Croix. Je crois que ce livre est destiné par Dieu à bénir et édifier de nombreux serviteurs et servantes de Dieu, de nombreux chrétiens qui ont une faim et une soif spirituelles ». (David WILKERSON – 2000)

II - APPRENDRE LA VÉRITÉ

« Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres… Celui qui se livre au péché est esclave du péché. Or, l’esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils y demeure toujours. Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres… Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il était un meurtrier dès le commencement et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il prononce le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et père du mensonge » (Jean 8:31-36, 44, 55).

« Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14:6).« L’Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point, vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous et il sera en vous »  (Jean 14:17).

« Quand le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, sera venu, l’Esprit de vérité rendra témoignage de moi » (Jean 15:26).
  
                    Dans le chapitre précédent, nous avons parlé de l’Ecole de Christ en expliquant que chaque véritable enfant de Dieu est attiré dans cette école, guidé par le Saint-Esprit. La première grande action de l’Esprit est de présenter Christ à nos cœurs, comme « objet de toute l’affection et la joie de Dieu ». Puis, en relation directe avec cette révélation intérieure du Seigneur Jésus, le Saint-Esprit nous fait connaître le plan de Dieu pour nous : Être conforme à l’image du Fils de Dieu. Ensuite, nous avons parlé des deux fils conducteurs de notre éducation :
    
1. le Saint-Esprit nous conduit dans des douleurs, afin d’amener les disciples à connaître par expérience, au plus profond de leurs cœurs, qu’il y a une nette différence de nature entre Lui et nous.
   
2. le Saint-Esprit nous conduit jusqu’au point où nous réalisons que notre situation est impossible sans un miracle de Dieu. Nous réalisons donc que nous ne pourrons jamais de nous-même, par nos efforts, être semblables à Christ, sinon par la main de Dieu. Rien que cette première étape prendra une part importante de notre vie chrétienne et demeurera toute la vie. Nous atteindrons ainsi un point crucial, une crise dans notre foi, à partir de laquelle une solide et inébranlable fondation sera posée. Mais sans cette fondation, nous ne pourrons aller plus loin, car c’est un chemin étroit ! Celui qui acceptera de prendre ce chemin, en viendra vite à désespérer totalement de lui-même et il verra très clairement par l'illumination de l'Esprit que «ce n’est plus moi qui vit, c’est Christ ». Non pas ce que je suis, Seigneur, mais ce que Tu es, et cela seul peut être un repos pour mon âme : Ton amour, pas le mien ; Ta paix, pas la mienne ; Ton repos, pas le mien ; Tout de Toi, rien de Moi. Toi Seigneur ! Le fondement essentiel de ma croissance, de ma connaissance et de mon éducation spirituelles.

A – « Je SUIS la Vérité »
  
                    Ces passages de l’Evangile de Jean ont sûrement dû jouer une part importante dans l’éducation des disciples. Tout d’abord, il y avait cette déclaration faite aux Juifs, dont on peut douter qu’ils croyaient en Lui, à propos de la vérité qui rend libre et la question sur leur descendance : « Si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres ».
   
                    Connaître la vérité = Connaître le Fils. La liberté par la vérité, c’est la liberté par le fait de Le connaître Lui. Dans Jean 8:44, il emploie un langage très fort sur la question de la vérité, étroitement liée à Lui-même. Dans Jean 14, alors que Philippe lui demande de leur montrer le Père, Il répond : « Celui qui m’a vu a vu le Père ». Un peu avant, Thomas lui demande : « nous ne savons où tu vas ; comment connaîtrions-nous le chemin ? », il répond : « Je suis le chemin, la vérité… » ». La vérité n’est pas quelque chose, c’est Quelqu’un, une Personne.
   
                    Nous pensons avoir bien saisi l’importance de la vérité comme fondation, mais avons-nous vraiment réalisé ce que cela nous incombe d’être sûr de là où nous en sommes dans notre position ? Les conséquences sont si grandes que nous ne pouvons pas nous offrir le luxe d’avoir un doute quelconque sur notre position.
   
                    Nous allons être face à face avec Dieu dans l’éternité, et la question va surgir : Dieu ne m’a-t-il pas fait défaut quelque part ? N’a-t-Il pas manqué à Sa Parole ? Une telle position est impensable, qu’un être humain fasse des reproches à Dieu à la porte du Ciel, en mettant en doute Sa Vérité, Sa Réalité et Sa Fidélité !
   
                    Le Saint-Esprit a été envoyé pour nous guider dans toute la vérité, de telle sorte qu’il n’y ait plus aucune ombre entre Dieu et nous ; c’est la mission du Saint-Esprit. Si cela est vrai, alors le Saint-Esprit va oeuvrer avec ses disciples dans l’Ecole de Christ pour casser tout ce qui n’est pas vrai et pas authentique, pour faire en sorte qu’un tel disciple puisse se tenir sur une solide fondation qui puisse demeurer devant Dieu au jour de Sa Justice.

B – La nécessité d’une vraie et authentique fondation
   
                    Pour reposer sur une vraie et solide fondation, nous devrons rester très fidèles à l’enseignement de l’Esprit et arriver au point où il nous faudra être parfaitement ajustables et malléables devant Dieu, et très sensibles et dociles au Saint-Esprit ; à un point où plus rien en nous ne résistera ou refusera le Saint-Esprit, mais où nous serons parfaitement ouverts et prêts à tout lorsque l’Esprit mettra le doigt sur ce qui, dans notre vie, aura besoin d’être rectifié et ajusté. Le Saint-Esprit est là pour ça !
   
                    L’alternative à une telle oeuvre du Saint-Esprit en nous est que nous nous trouverons en mauvaise position. Et ça coûte beaucoup trop cher de se retrouver dans une position fausse, même si ce ne sont que sur certains points. Nous vivons dans un monde faux, un monde porteur et générateur de mensonges.
   
                    Toute la constitution de ce monde est un mensonge, et c’est dans la nature même de l’homme de penser qu’il est dans le vrai. Il tente en permanence de construire le monde sur une fausse fondation. Le Royaume de Dieu, lui, est totalement différent. Il est autre car il est construit sur Jésus-Christ, La Vérité.
   
                    Pour les hommes et les femmes en qui la vérité de Christ a été façonnée et qui marchent avec Dieu, quelqu’en soit le prix, cette position vraie et authentique est déterminante. « Qui montera sur la montagne de l’Eternel ? Celui qui parle avec vérité dans son cœur… celui qui ne s’arrête pas à sa propre douleur », c’est-à-dire, celui qui prend une position de vérité, même si ça lui coûte beaucoup.
   
                    Nous sommes influencés par toutes sortes de fausses considérations, par ce que les autres vont penser et dire, particulièrement ceux qui se trouvent dans notre cercle religieux ou dans notre entourage. Mais ce sont de fausses considérations et de mauvaises influences qui lient beaucoup d’hommes et de femmes, et les empêchent de marcher droit avec Dieu sur le chemin de lumière.
   
                    Le problème est en fin de compte une fausse position. L’acceptez-vous quand je vous dis qu’il n’y a aucune espèce de vérité en nous ? Car l’une des choses dont nous allons nous rendre compte, sous l’influence du Saint-Esprit en nous, c’est qu’il n’y a pas de vérité dans nos pensées naturelles.
   
                     Nous pouvons être convaincus, prêts à donner notre vie pour nos convictions et mettre à l’épreuve tout ce que nous croyons juste et vrai, et précisément avoir complètement tort. Tel était le cas de Saul de Tarse : « Je pensais vraiment devoir agir vigoureusement contre le nom de Jésus de Nazareth » (Actes 26:9). « Et même l’heure vient où celui qui vous fera mourir croira le faire au service de Dieu » (Jean 16:2).
   
                    Si zélés pour leur conviction et convaincus qu’ils font la volonté de Dieu, certains sont prêts à prendre leur vie ou la vie des autres au nom de leur conviction. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller par la force d’une conviction et nous tromper, avoir complètement tort, en étant à côté le plus sérieusement du monde ? Il n’existe aucun être humain sur terre capable d’éviter cet état de fait. Les origines de cela sont dans la nature humaine, en chacun de nous, dans la pensée comme une conviction, dans le cœur comme un désir. Il se peut que nous pensions que notre désir est parfaitement pur et juste, alors qu’il est complètement faux. Il en est de même pour notre volonté. En nous, par nature, il n’y a aucune vérité.

C – Vivre dans la Vérité
   
                    Nous arrivons au cœur du sujet. Qu’est-ce qu’un chrétien ? La réponse est qu’un chrétien, c’est quelqu’un qui n’avait pas bon caractère, mais qui a bon caractère à présent ; un type pas très génial, devenu beaucoup plus génial ; une personne pas sérieuse ni zélée, devenue très zélée ; une personne dont les dispositions d’esprit et de cœur se sont sensiblement améliorées. Est-ce la vraie définition du chrétien ?
   
                    Prenons l’exemple d’un cabinet médical. Amenons une personne irritable et colérique, et donnons-lui un médicament adapté, qui lui permettra en deux ou trois heures, d’avoir bon caractère. Est-il un chrétien pour autant ? Ou donnons- lui des médicaments qui peuvent changer le tempérament humain en quelques heures, et qui permettent à une personne léthargique, nonchalante et amorphe de devenir vive, énergique et active. D’un état misérable, insatisfait, morose, mélancolique, désagréable et irritable, cette personne deviendra aimable, plaisante, libérée de toute tension nerveuse. Un peu plus, et vous avez fabriqué un chrétien avec des médicaments !
   
                    Où est la vérité ? Si la réalité de notre salut se trouve dans le domaine de nos sentiments, de notre système digestif, de notre système nerveux, nous allons devenir un pauvre chrétien, parce que nous changerons tous les jours en fonction du temps et de bien d’autres choses. Mais où est la vérité ? « Non ce que je suis, mais ce que Tu es ». C’est là où est la vérité : « Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libre ».
   
                     Libre de quoi ? De l’esclavage ! Quel esclavage ? Satan secouant ses chaînes de condamnation sur nous parce que, aujourd’hui nous ne nous sentons pas à la hauteur. Nous ne nous sentons pas bien, nous sommes déprimés, nous sentons la mort rôder autour de nous, nous sommes contrariés, et Satan revient en disant : « Tu es un drôle de chrétien et tu glisses de plus en plus bas ! ». Est-ce la vérité ?
   
                    C’est un mensonge. Le seul moyen de nous en sortir est, non pas ce que nous sommes, mais ce qu’Il est ; Christ demeure le même. Il n’est pas comme nous, soumis aux multiples variations de cette vie humaine, jour après jour, heure après heure : Il est autre.
   
                    Ce point est capital, car c’est notre seul moyen de salut. Jésus dit : « Je suis La Vérité ». Qu’est-ce que la vérité ? C’est tout ce qui tient fermement face à tous les arguments de Satan qui est « un menteur et le père du mensonge ». C’est précisément cela qui nous délivre de ce faux Moi que nous sommes. Nous sommes un tissu de contradictions car nous ne sommes jamais sûr que nous allons être d’une même pensée pendant une longue durée, ou si nos convictions ne vont pas négocier un virage à 180° ! Non, rien de nous-même, mais Christ. Imaginons la position fausse dans laquelle nous pouvons nous trouver à ce niveau, et comment le diable peut jouer un drôle de jeu avec nous. Nous ne sommes vrais à aucun niveau de notre nature. Christ seul est vérité, et nous avons à apprendre comment vivre en Christ car tant que nous ne l’aurons pas appris, le Saint-Esprit ne pourra pas faire le reste.
   
                    Bien sûr qu’en tant que chrétien, nous pouvons améliorer notre caractère et faire des progrès, mais tant que nous n’avons pas appris à nous attacher fortement à Christ par la foi, le Saint-Esprit n’aura pas de terrain sur lequel s’appuyer pour nous amener à la ressemblance de Christ. Si nous voulons vivre sur la base faussée de notre Ego, le Saint-Esprit nous laissera seul. Mais quand nous arrivons à vivre par la foi en Christ, alors le Saint-Esprit peut greffer la nature de Christ en nous, nous enseigner la victoire et la voie par excellence, et nous apprendre à ne plus être une proie pour les bons et les mauvais sentiments, mais à vivre à un niveau supérieur ensemble.

                   Prenons par exemple la colère, lorsque nous avons ce problème, que pouvons-nous faire ? Satan est toujours prompt à nous pousser à bout pour nous entraîner dans l’esclavage et littéralement tuer notre vie spirituelle. Mais si nous prenons la position suivante : « Oui, je me sens très irrité et irritable aujourd’hui, c’est mon infirmité, ma faiblesse, mais Seigneur Jésus, Tu es différent de moi, je veux simplement me reposer sur Toi, m’attacher à Toi, faire de Toi, ma vie. » Nous coupons l’herbe sous les pieds de l’Ennemi, et nous découvrons qu’il y a la paix et le repos, et même si nous nous sentons pas bien extérieurement et intérieurement, nous serons en repos. Ainsi l’Ennemi sera exclu de notre être intérieur car il n’aura plus de prise. La paix de Dieu est une sentinelle sur notre cœur et nos pensées, au travers de Christ Jésus qui est une citadelle sûre. Ce que Satan essaiera toujours de faire, c’est d’aller dans l’esprit par le moyen du corps ou de l’âme, et prendre d’assaut la forteresse de l’esprit, afin de la lier. Mais nous pouvons demeurer libre intérieurement et nous sentir très mal extérieurement : c’est la liberté par la vérité. C’est la vérité ! Ni un truc ni une affirmation, mais ce que Christ est, et Il est complètement différent de ce que nous sommes. En fait, le Saint-Esprit nous enseigne en tant qu’Esprit de Vérité, que c’est demeurer en Christ qui compte le plus, qui est tout.
   
                    Demeurons en Christ là où il y a le repos, la paix et la délivrance. Mais n’oublions pas que si nous voulons traiter affaire avec le Saint-Esprit, Il ne nous permettra pas de nous tromper, et Il exposera notre VRAI MOI. Il nous dévoilera et nous montrera parfaitement que rien n’est sain et qu’il n’y a rien de fiable en nous, ce dans le but de rendre très clair le fait que ce n’est qu’en Christ, Fils de Dieu, que réside la sûreté, la sécurité et la vie. Beaucoup de chrétiens pensent que la vie spirituelle est une question de choses à faire, à penser et à vivre. Ils essayent d’atteindre l’inaccessible, mais ils ne s’en sortent jamais car ces choses ne fonctionnent pas !
   
Ce qui fonctionne, c’est une chose appelée :

Message de la Croix,
Sanctification,
Délivrance,
Mort avec Christ.
   
                    Il est question de la Personne du Seigneur Jésus et du Saint-Esprit, qui ne nous sauveront jamais avec des choses. Le Saint-Esprit nous conduira toujours à la Personne, et fera de Christ la base de notre vie, de notre libération, de notre tout, car « Jésus-Christ a été fait pour nous sagesse de par Dieu, à la fois justice, sanctification et rédemption » (1 Corinthiens 1:30).

D – Le besoin permanent de Foi
   
                    L’œuvre du Saint-Esprit est de nous rendre semblables à Christ, de manière à prendre la forme de Christ et à former Christ en nous. Cependant Christ demeurera toujours différent de nous, afin qu’il y ait toujours un appel à notre foi.
   
                    Peut-on penser sérieusement atteindre un but dans ce pèlerinage terrestre et se passer de la foi ? C’est un faux espoir. La foi sera de plus en plus nécessaire au fur et à mesure de notre vie terrestre. La Foi est une chose qui demeure tout au long de notre vie. Et si cela devient une réalité, cela suffira à nous enlever tout espoir d’atteindre ce but par nous-mêmes !
   
                    Le premier péché d’Adam fut le choix délibéré d’obtenir son indépendance et se débarrasser de l’idée de foi. Il a péché par incrédulité, et tout péché qui est apparu depuis est repérable à une chose : l’incrédulité.
   
                     La foi est le grand facteur de rédemption, de salut, de sanctification et de glorification. Tout est au moyen de la foi, par la foi, cette foi qui défait l’œuvre du diable. La foi signifie simplement que nous sommes placés dans une position où nous ne pouvons rien obtenir par nous-même, mais où nous obtenons tout par Un Autre. Nous ne pouvons le savoir et jouir de la plénitude que par la foi en cet Autre. C’est pourquoi Galates 2:20 revient avec toujours plus de force :

« J’ai été crucifié avec Christ, et ce n’est plus moi qui vit, mais c’est Christ qui vit en moi. Et dans le cadre de cette vie que je mène à présent dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est donné Lui-même pour moi ».

à suivre...