lundi 12 octobre 2015

(6) LE RÉTABLISSEMENT DU TÉMOIGNAGE DU SEIGNEUR DANS SA PLÉNITUDE T. AUSTINS SPARKS

Chapitre 6

L'OUVRAGE ET LES OUVRIERS 
    
                    Quand l'écrivain de la lettre aux Hébreux eût dit un grand nombre de choses, il eût manifestement le sentiment que tout cela avait besoin d'être résumé en une déclaration claire et précise, et ainsi il écrivit : "Le point capital de ce qui vient d’être dit." En marge il est écrit : "Donc pour résumer ce que nous disons" (Hébreux 8:1) Arrivés à ce point, une telle nécessité est actuelle pour nous. Aussi, essayons de rassembler et de faire converger ce que nous avons dit jusqu'à présent.

RÉACTIONS DIVINES 

                    L'histoire de l’œuvre de Dieu est celle des mouvements et des contre mouvements, d'actions et de réactions, de progrès et de déclins, d'avancements et d'arrêts ou de reculs. Dans l'un des tout premiers livres que nous avons publiés, ces mots se trouvaient au commencement : "Il y a deux choses qu'il est important que nous ayons très clairement devant nous. Ces deux choses, tandis que nous les citons, peuvent sembler se contredire ou être paradoxales. L'une est :  tout au long des âges Dieu a constamment fait une chose nouvelle. L'autre est : ce qui a toujours été la chose nouvelle de Dieu d'un point de vue humain, n'a pas été nouvelle de Son point de vue."

                    Et puis nous avons continué à faire remarquer que Dieu a toujours pour point de départ l'état complet. Il possède tout en Lui-même de façon pleine et finale avant qu'Il opère un commencement. Et toutes Ses activités subséquentes sont réellement menées en direction de l'arrière-plan qui est la plénitude, bien qu'elles semblent être pour l'homme les chose nouvelles de Dieu. L'ordre des choses a donc été que Dieu commence par la plénitude. L'homme tombe et perd cette plénitude. Alors Dieu réagit et se met fermement en mouvement pour un recouvrement progressif et graduel de cette plénitude.

                    Et tout mouvement nouveau de Dieu est marqué par deux traits distinctifs. En premier lieu, une plénitude intrinsèque, c'est-à-dire quoiqu'il soit pour le moment une chose partielle seulement, il a en lui des valeurs intrinsèques. C'est quelque chose qui possède toutes les potentialités de l’ensemble, parce que tout ce que Dieu fait si petit soit-il au moment considéré, possède en lui tout l'arrière-plan de Sa pensée. Dieu n'est pas simplement occupé avec des fragments comme s'ils constituaient le tout, mais avec des parties en lesquelles le tout se trouve potentiellement contenu. 

                    Et puis, en second lieu, Ses mouvements représentent toujours un avancement par rapport à ceux qui les ont précédés. C'est-à-dire, chaque mouvement de Dieu est un surplus par rapport à ce qu'Il a accompli auparavant. Bien qu'Il ait fait ces pas de temps en temps dans la voie du établissement, cela a été progressif, et maintenant le prochain pas représentera un ajout, quelque chose de plus, une étape qui va plus loin dans Son œuvre de rétablissement de la plénitude originelle. J'espère que c'est clair. Il est très important d'avoir cet arrière-plan et ce fondement.  

                    Puis nous constatons qu'il y a dans ces mouvements de Dieu quelques facteurs majeurs ou qui englobent tout, ce que nous avons appelé: "Les réactions divines" dans le titre du livre cité juste avant. L'un de ces facteurs majeurs est un instrument suscité par Dieu dans Sa souveraineté, ayant la passion et la vision de Dieu. Un instrument suscité par Dieu dans Sa souveraineté signifie que c'est un acte de Dieu, et étant un acte souverain, il peut n'avoir absolument rien qui l'explique d'un tout autre point de vue. Ce n'est pas que l'instrument en soit un dont tous les observateurs diraient qu'il est l'instrument approprié, non pas que l'homme ou le vase soit tel qu'il gagnerait l'approbation de l'opinion du monde. Dieu agit souverainement, et très souvent dans ces réactions. Il a choisi des instruments qui, selon leur propre jugement et celui des autres à la fois, ne devaient pas être choisis. Ils étaient eux-mêmes très conscients de leur manque de qualification quant à leur appel, et très souvent, d'autres gens avaient le même genre de pensée à leur égard, savoir qu'ils pouvaient faire mieux, qu'ils n’accomplissaient pas ce qu'on attendait d'eux, ni de la façon dont ils auraient du agir. Mais Dieu les a choisis souverainement, dans Sa propre sagesse, Il s'est tenu à côté d'eux, et a prouvé que ceci venait de Lui. 

UN VASE MARQUÉ PAR LA VISION ET LA PASSION

                    Mais un tel vase, qu'il soit individuel ou collectifs'est toujours trouvé en possession de la vision de Dieu. Un tel instrument avait vu la pensée du Seigneur, la pensée de Dieu, le dessein de Dieu. Il était devenu captif et captivé par cette chose que Dieu avait eu comme intention depuis l'éternité. Il l'avait vue dans une dimension de loin bien plus grande que d'autres. Il était non seulement voyant, étant en principe un "voyant" de la pensé de la volonté et de l’intention de Dieu, mais aussi dominé de la passion de Dieu pour cette chose, et introduit dans ce que nous avons appelé auparavant, dans ces méditations, le travail d'enfantement de Dieu pour Son but.  Ces choses sont des facteurs majeurs dans tous les mouvements divins. Tout nouveau pas que Dieu a fait a été marqué par ces deux choses. Puisse ce principe être reconnu, car il est l'explication de tellement de choses.

LE TRAITEMENT PARTICULIER DU VASE

                    Puis ce vase, qui a vu le dessein de Dieu, cette vocation, ce "grand ouvrage" incorporé dans tout mouvement de Dieu que l'on a devant soi a sa propre histoire très particulière sous Sa main divine. Il est une chose dont il faut très soigneusement prendre note, savoir que Dieu traite un tel instrument comme nul autre. Je le répète, Il traite cet instrument (qui peut être individuel ou collectif, une compagnie) appelé pour ce but spécifique qui est le Sien, d'une manière particulière et étrange. Il le traite différemment de toutes Ses façons d'agir à l'égard d'autres personnes et d'autres choses. Pour tous ceux qui sont appelés au plein dessein de Dieu, il n'est jamais sans danger de juger la manière d'agir de Dieu envers eux, en les comparant à celles dont Il agit à l'égard d'autres. Ce sera toujours dangereux. Ses voies avec une telle œuvre ou un te instrument sont Ses propres voies particulières, et donc des vases pour une telle intention, des instruments pour un tel but, ont leurs propres périls particuliers. Ils se trouvent impliqués dans un conflit particulier, soumis à une pression étrange, introduits dans des événements et les voies étranges de Dieu. Il les traite par rapport à des intentions spécifiques.

                    Or, le livre de Néhémie, duquel nous nous sommes occupés, le dernier livre de l'histoire de l'Ancien Testament, est une représentation instructive qui inspire tout ce que nous venons de partager. Nous avons dit que les divisions naturelles de ce livre sont en relation avec, premièrement la muraille, la reconstruction de la muraille de Jérusalem, deuxièmement l'ouvrage et les ouvriers, troisièmement la guerre qui s'y trouve impliquée. Jusqu'à présent, nous avons passé la plupart de notre temps avec la muraille. Permettez-moi de reprendre rapidement cette question, peut-être d'une façon légèrement différente de celle que nous l'avons fait jusqu'ici.

LA MURAILLE DE JÉRUSALEM :
UNE FIGURE DE CHRIST    

                    Que représente la muraille ? La muraille de Jérusalem est une figure de Christ, tout d'abord à la vue du ciel, à la lumière du Ciel, aux yeux du ciel, comment est Christ vu du Ciel. C'est toujours là le point de départ de toute évaluation ou de tout jugement. La muraille est également une figure de Christ tel qu'Il est présenté au monde, et puis au royaume de Satan, aux forces hostiles. C'est Christ dans ces trois aspects extérieurs : à l'égard du ciel, à l'égard du monde, à l'égard des forces du mal. Ils sont tous intéressés par cette muraille. Vous pouvez le constater dans le livre de Néhémie.

                    Le Ciel est très intéressé par cette muraille. C'est là où nous commençons. Dieu agit, et c'est une grande chose quand la muraille est achevée. Et toutes ces forces hostiles étaient tellement furieuses que Néhémie puisse dire que cette œuvre était de Dieu, et elles furent contraintes de l'admettre. Dieu était intéressé, le Ciel était intéressé. C'était une réalisation considérée à la lumière du Ciel. Puis, quant au monde, la muraille avait son témoignage propre, sa propre déclaration. Nous ne nous arrêtons pas sur cela pour l'instant. En ce qui concerne le royaume de Satan, il est clair que celui-ci était intensément intéressé. Nous nous occuperons probablement plus tard de cet aspect, quand nous en viendrons à la guerre. 
         
                     Mais il y a aussi un quatrième aspect, à savoir, ce que signifie la muraille pour le peuple même du Seigneur. En d'autres termes, ce que Christ représente pour le peuple de Dieu comme forteresse, grande, défensive, englobant tout, et ce qu'Il signifie par la communication glorieuse de Ses excellences et de Ses perfections à Son propre peuple. La dernière mention de muraille dans la Bible est celle d'une muraille de magnificence, de pierres précieuses. Il s'agit des perfections, des gloires de Christ et du peuple de Dieu qui, devant Dieu, se trouve au bénéfice de ces choses.

                    Ainsi donc, la muraille est une figure de Christ sous ce quadruple aspect

                   Rétrospectivement, vous vous souvenez qu'Abraham ou Abram, comme il se nommait alors, se sépara de Babylone, de la Chaldée et de tout ce que cela signifiait, et il nous est dit "qu'il attendait la cité qui a de soldes fondements" (Hébreux 11:10), le type de cette cité céleste, cette nouvelle Jérusalem, qui finalement, dans son parachèvement, descendra "du ciel d'auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu." (Apocalypse 21:10) La vision d'Abraham d'une cité était le type de cette Jérusalem céleste. Ces deux cités, Babylone et Jérusalem, ont toujours été en conflit. Quand le peuple du Seigneur a décliné de Ses conceptions et intentions glorieuses concernant Jérusalem, la seule alternative pour eux fut Babylone. La ville fausse de laquelle Dieu les avait appelés à sortir dans la personne de leur père Abraham. Comme nous l'avons fait remarquer, le Seigneur leur permit de goûter cela, et pour beaucoup parmi eux, le goût fut amer. Ils furent heureux de retourner à Jérusalem à n'importe quel prix, quoi qu'ait pu être Jérusalem à l'époque.

                    Or, quand le Seigneur Jésus vint, il fit deux choses. Il répudia le monde comme étant représenté par Babylone, le faux royaume, et Il répudia la Jérusalem terrestre, parce qu'elle n'exprimait plus la pensée divine. Et Il rassembla en Lui-même toutes ces pensées divines quant à ce que la cité était destinée à représenter. Personnellement, Il ne prit pas seulement la place du temple, mais aussi celle de Jérusalem, de façon spirituelle. Il était l'incarnation de toutes les pensées de Dieu à l'égard de cette cité, entourée et déclinée par la muraille. De sorte que si nous faisons des recherches sur ce que signifie cette muraille, et cette cité, nous n'étudierons pas simplement un thème, ou quelque objet, nous serons appelés à contempler le Seigneur Jésus Lui-même.

                   Il est très important que nous oubliions parfois nos illustrations, que nous allions derrière nos types et nos figures et regardions directement ce qu'ils représentent, que dis-je, Celui qu'ils représentent. Un critique de Francis Thompson, le poète qui écrivit "The Hound of Heaven", disait que vous ne pourriez pas voir son paysage à cause de sa mer écumante de métaphores. Parfois notre symbolisme voile, cache, obscurcit ce qui est typifié. J'espère que tandis que nous parlons de la muraille et de Néhémie nous ne tomberons pas dans ce piège, mais que nos yeux verrons constamment à travers Néhémie et la muraille, Celui qui est réellement le Seul en vue. 

LA CORRESPONDANCE ENTRE
NÉHÉMIE ET LE LIVRE DES ACTES 

                    Eh bien, nous devons avancer encore plus, parce que Dieu a vraiment rétabli Son témoignage en plénitude le jour de la Pentecôte. Il est utile de voir la concordance qui existe entre le livre de Néhémie et celui des Actes des apôtres. Le témoignage du Seigneur, "le témoignage de Jésus" est parvenu à un état complet et de plénitude au jour de la Pentecôte, et tous les traits distinctifs du livre de Néhémie se trouvent dans le livre des Actes, spécialement dans les premiers chapitres. Nous verrons cela de plus près dans un moment. Je les mentionne car cela peut être utile : en lisant le livre de Néhémie, non pas simplement comme un livre d'histoire de l'Ancien Testament, ni même comme le dernier livre historique de l'Ancien Testament, mais avec le livre des Actes constamment devant nous, observez simplement comment ces deux livres se correspondent tout du long.

                     Mais ce je que désire dire ici, avant d'aller plus loin dans ce sujet, c'est ceci : bien que le Seigneur ait rétabli, le jour de la Pentecôte, Son témoignage dans une plénitude plus grande que jamais auparavant (hormis Son intention originelle, qui était dans Son dessein, avant toutes ces choses), il ne s'écoula pas un long temps avant que l'action contraire ne s'introduise à nouveau : le déclin. Avant d’avoir terminé notre Nouveau Testament nous commençons à constater des brèches dans la muraille, des faiblesses dans le témoignage. Nous pouvons nous avancer beaucoup plus loin encore, car quand nous lisons la première lettre aux Corinthiens, et voyions là tous les décombres, nous dirions que le témoignage semble avoir été presque complètement détruit. Quel délabrement est révélé dans cette première lettre aux Corinthiens ! Quel état de décombres et de ruines ! Et quand nous parvenons aux lettres de la fin du Nouveau Testament et lisons le livre de l’Apocalypse, avec ses messages aux sept Églises en Asie, nous avons assurément une image d'un état encore plus avancé d'une muraille en ruines : le témoignage est à nouveau interrompu, il n'y a plus rien d'intact : "Je n'ai pas trouvé tes œuvres parfaites" (Apocalypse 3:2). Le témoignage est ruiné, de grandes brèches y sont présentes, et c'est là l'état du témoignage tandis que le Nouveau Testament se termine.

                    Depuis lors, non pas une fois ou deux fois, mais à maintes reprises, Dieu a réagi pour ramener à la fois Son dessein et Son témoignage originels. Je ne vais pas examiner d'un bout à l'autre l'histoire de ces siècles passés. Vous trouverez le témoignage sous des formes variées, mais vous savez que Dieu ne l'a pas abandonné. Il ne l'a pas délaissé, Il est revenu et encore revenu, cherchant à rétablir maintenant ceci, maintenant cela, ou quelque chose d'autre. Il se met toujours en mouvement dans la direction de la plénitude originelle, en vue de l'avoir en perfection. Grâces soient rendues à Dieu qu'il y ait aujourd'hui une mesure beaucoup plus grande de Son témoignage qu'il y avait durant le haut Moyen-Âge. Aujourd'hui, beaucoup de choses importantes du Nouveau Testament sont établies dans l’Église. Ce sont de grands facteurs. Il n'est pas nécessaire que je les mentionne, mais Dieu a progressé fermement avec Ses "restes", en ramenant toujours quelque chose.

                    La question qui nous concerne est celle-ci : aujourd'hui, n'y a-t-il pas besoin de ce grand rétablissement et de s'y livrer ? Et puisse-t-il être, que dans Sa souveraineté et dans Sa grâce, nous soyons rattachés au présent mouvement de Dieu, en vue du rétablissement de la muraille en plénitude et en perfection ? Il se peut que ce ne soit pas à nous de l'édifier, qu'il ne soit accordé de l'amener dans sa plénitude. Mais c'est peut-être notre vocation de pouvoir ajouter quelque chose, de réaliser quelque chose en vue du parachèvement du témoignage de Jésus. Et si ce temps correspond au livre et à l'ouvrage de Néhémie, c'est-à-dire, à la fin de la dispensation, nous pouvons ressentir que nous nous  trouvons dans les dernières étapes et les dernières phases du témoignage de Jésus. Nous ne sommes pas, en vérité, sans aucune raison de penser qu'il en est ainsi.


                    Maintenant revenons en arrière et regardons de plus près cette question de concordance entre le livre de Néhémie et le livre des Actes, car présentement, nous ne serons pas autant occupés de la muraille que de l'ouvrage et des ouvriers.


UN MOUVEMENT DANS LE CIEL

                    En premier lieu, tandis que vous prenez ces deux livres, (Néhémie et Actes), vous devenez conscient du fait qu'il y a un mouvement des cieux, que l'Esprit qui plane et se répand partout, est en marche. Dans le livre de Néhémie cela a commencé la-bas à Babylone. L'Esprit de Dieu a agi. Tout d'abord, Il réveille l'esprit de Cyrus, roi de Perse, et l'incite à promulguer ce décret et à prendre cette mesure avantageuse qui facilite la situation. Il y a un mouvement du Ciel. Ensuite il y a eu un mouvement dans le cœur de cet homme, Néhémie qui a créé un profond souci et cette absence de repos, ce grand mécontentement à l'égard de la situation telle qu'elle est. L'Esprit de Dieu est en marche. Et puis grâce à des facilités, Néhémie parvient à Jérusalem. L'esprit qui est en lui, cette impulsion qui se trouve en lui, se propage, premièrement dans quelques frères, puis, à très peu d'exceptions, dans tout le peuple. Il est écrit de quelques-uns qu'ils "ne se soumirent pas au service" (Néhémie 3:5), mais ce sont des exceptions. L'Esprit est en marche, créant tout d'abord cette insatisfaction à l'égard des choses telles qu'elles sont, cette absence de repos concernant la situation, ce sentiment que les choses devraient différentes. Comme je l'ai dit auparavant, ce n'est pas purement et simplement un esprit de mécontentement et de critique. C'est l’œuvre du Saint Esprit. C'est positif, non pas négatif. C'est constructif dans son but et non pas destructif. L'Esprit de Dieu est de nouveau en marche, comme Il l'était lors de la première création terrestre, planant et se mouvant pour amener l'ordre au sein du chaos. Il en est de même ici, au début du livre de Néhémie.
                    Vous passez au livre des Actes, et vous savez parfaitement bien que le Ciel est en marche. Une action est en cours, la nuit semble se terminer, des traits de lumière parcourent l'horizon, il y a une impression de réveil et de mouvement, et un grand jour ça éclate. Le Ciel se fend, l'Esprit descend, et le mouvement de l'Esprit commence. Il débute par un noyau, mais ensuite par l'intermédiaire de ce noyau, l'Esprit se déplace, met la main sur d'autres et les introduit dans l'unique vision et l’unique passion du cœur de Dieu. Dans Néhémie c'est dit ainsi : "et le peuple avait le cœur au travail" (Néhémie 4:6 version Darby). A présent, regardez le livre des Actes et voyez ces gens même ! C'est là l'unique façon dont vous pouvez décrire ces premiers chapitres : "le peuple avait le cœur au travail".

LE MOBILE DOMINANT
DU PLEIN TÉMOIGNAGE DU SEIGNEUR  

                    Le dessein, à savoir, le témoignage plein et complet du Seigneur, est commun à Néhémie et au livre des Actes. Nous pourrions même nous attarder sur cela, mais je pense qu'il n'est que trop manifeste que, dès les premiers chapitres, ces proclamations du début, cette première prédication de l'Esprit, des apôtres et des évangélistes, représentaient un témoignage à l'absolue suprématie, à la plénitude, à la perfection, à la suffisance et à la finalité de Christ. C'était à cela en figure et en type, que Néhémie et le peuple s'étaient consacrés en leur temps. 

                    Mais que cette chose s'empare de nous. Ne pensons pas à des siècles en arrière, mais introduisons ceci en plein dans notre propre temps présent. Sommes-nous de ceux ayant à cœur qu'il y ait un témoignage plein, sans limite et ininterrompu du Seigneur par des gens dominés par le dessein de Dieu et aussi mus par la passion de Dieu ? En sommes -nous là ? 

                    A présent, considérons quelques-uns des facteurs impliqués. Premièrement, c'est un constat impressionnant de voir comment chacun se soumettait à Néhémie. Cela en dit plus que vous ne le réalisez à moins que vous n'ayez lu méticuleusement les livres d'Esdras et de Néhémie. Si vous lisez le livre d'Esdras, vous découvrirez qu'il y avait un très grand nombre de personnes, des chefs et des sacrificateurs récalcitrants ayant leur propre pensée au sujet des choses ainsi que leur propre volonté et leur propre voie. Simplement, ils ne voulaient ni d'Esdras, ni de ses idées. Il y a beaucoup de choses personnelles et égoïstes qui se révèlent et qui s'imposent. Mais quand vous arrivez à Néhémie, tout cela s'en est allé. Quand cet homme fait son entrée chacun semble lui accorder sa place, reconnaît qu'il est l'homme : ils agissent tous selon ce qu'il leur est dit, ils s'alignent, il peut faire avec eux ce qu'il veut. Voyez-vous, quelques-uns de ces chefs ont acheté les biens et les terres du peuple : ils se sont enrichis au dépens du peuple, et à cause d'eux, les pauvres sont dans un malheureux état. Et Néhémie dit : Maintenant donc, rendez tout cela, jusqu'au moindre bout, remboursez tout centime ! Faites cette proposition à un homme quelconque du monde et voyez ce que vous obtiendrez ! Mais ceux-ci obéissent : il semble que peu importe ce que Néhémie réclame, ils le font.

                    Passez au livre des Actes. Ici tous reconnaissent que Jésus est Seigneur et se soumettent à Lui. Il n'y a purement et simplement que l'unique élément rebelle en Ananias et Saphira. Mais il ne fut pas avantageux pour eux de briser le régime de la Seigneurie de Christ, Il les brisa. Mais quant aux autres, ils cédaient tout : biens, argent, terres, eux- mêmes, tout. Tous, ils s'engageaient dans une merveilleuse soumission au Seigneur Jésus. Et vous n'aboutirez nulle à l'égard de Son plein témoignage jusqu'à ce qu'Il ait la prééminence, et la prééminence sur toute vie et sur tout ce qu'elle contient.

                    Il y a un facteur correspondant qui est parfaitement clair. Le peuple, les sacrificateurs, les chefs, tous accordèrent à Néhémie la place de direction. Dans cet autre mouvement de Dieu, tous accordèrent à Jésus-Christ Sa place comme Tête. En vérité, il fut non seulement prêché comme Seigneur, mais tout lui fut accordé en tant que Seigneur.

UNE GRANDE PASSION EN FAVEUR DU TÉMOIGNAGE

                    Et puis une autre chose commune à ces deux livres est la façon dont tout et tous ont été régis par le témoignage. Ce n'était pas seulement Néhémie, mais la chose que Néhémie soutenait. Ceci se voit sous deux rapports.

                     Premièrement la muraille : comment la muraille devint l'objet et l'intérêt dominant de tous. Si la muraille est un type ou une figure du témoignage du Seigneur Jésus, cela signifie simplement que le témoignage du Seigneur Jésus en plénitude devint pour tous le souci principal. Ils n'avaient rien d'autre, pour le temps présent, que Son témoignage comme objectif en vue duquel ils vivaient. La muraille éclipsait tout et tous. Et il en fut ainsi durant les premiers jour de cette dispensation. Le témoignage de Jésus éclipsait aussi tout autre chose en sorte qu'ils vivaient pour son progrès. Ils vivaient juste pour l'avancement de ce témoignage et c'est simplement à cela qu'ils pensaient et songeaient et c'est ce qu'ils projetaient. 

LA VOIX DE L'ESPRIT

                    Remarquez qu'il y avait un autre acteur en Néhémie. C'était la trompette. L'homme qui avait la trompette était posté près de Néhémie, et souvenez-vous des mots : "Au son de la trompette, rassemblez-vous après de nous, vers le lieu d'où vous l'entendrez sonner." (Néhémie 4:20) La trompette était en fonction. Que représente-t-elle ? Je pense que les trompettes de l'Ancien Testament sont toujours des types de la voix du Saint-Esprit. En d'autres termes : "ce que l'Esprit dit aux Églises." C'était au son de la trompette qu'Israël se déplaçait dans le désert. Toutes les fois où il devait se déplacer, la trompette retentissait. En figure, ils se déplaçaient par l'Esprit et dans l'Esprit, sous le gouvernement de l' Esprit.

                    Cela est, bien entendu, plus qu'évident dans les Actes : le gouvernement de la voix de l'Esprit. Nous ne pouvons pas trop fortement insister sur cela. Peut-être suis-je en danger d'essayer de trop condenser sans accorder à chaque point la considération requise. Mais faites bien attention à ceci. J'énonce à présent, une chose très terrible, mais je suis parfaitement conscient de ce que je dis. Je l'ai éprouvée sur une vaste partie de ce monde. En vérité, il y a bien peu de chrétiens qui connaissent la signification de la vie dans l'Esprit. Des multitudes savent ce qu'est la vie dans l'âme du chrétien avec toutes ses émotions, ses impressions, ses impulsions. Savoir "ce que dit l'Esprit" , connaître la vie de l'Esprit, être assuré par l'Esprit, l'Esprit disant au-dedans d'eux "Non" ou "Oui". Ils ne savent à ce sujet que très peu de choses. Très peu connaissent quelque chose à cet égard. Ils sont, soit guidés par la tradition et cherchent à savoir de quelle façon telle ou telle chose a toujours été réalisée. Ou alors, ils sont guidés par quelque système de vérité ou de doctrine fixé et établi, par ce qui est la chose établie. Ou encore, ils sont guidés par la présente forme du christianisme cristallisée et organisée, qui est tellement rigide et établi que rien d'autre ne peut être autorisé à avoir une place : s'ils devaient dévier de l'épaisseur d'un cheveu de la tradition dont on agit dans ce "christianisme", ils seraient dans l'erreur, des hérétiques. Ils sont gouvernés et guidés ainsi. Ils ne connaissent pas la vie dans l'Esprit.

                    Je ne dis pas que la vie dans l'Esprit soit un démenti de la vérité, ou de la Parole de Dieu, ou de tout ce qui est vital pour Dieu, mais je dis qu'il y a quelque chose de plus que simplement un système traditionnel établi. Être conduit par l'Esprit de Dieu, et le livre des Actes en est une démonstration, signifie que vous n'êtes pas autorisés à vous installer dans une position immuable, irrévocable qui est fixée et définitive.

                    C'est là un des grands mouvements du livre des Actes. Les apôtres étaient tout disposés à faire de Jérusalem le "quartier général" du Christianisme. Jérusalem, pour le monde allait être le centre de tout, et ainsi la chose s'édifierait et se consoliderait à Jérusalem. Mais, le Saint-Esprit s'est interposé et a dit "Non, le Q.G. se trouve dans le Ciel et non pas sur la terre, sûrement non!" Il les a simplement déracinés, et chassés de Jérusalem. Ils furent dispersés en touts lieux. Les apôtres restèrent là pour demeurer fidèles à quelque chose pour  le Seigneur, mais ce ne fut pas le quartier général, bien qu'ils aient lutté en ce sens. Pendant tout un temps ils ont essayé de tout régir à partir de Jérusalem, mais le Saint-Esprit était contre eux. Ce grand travail mondial ne fut jamais, par la suite, centré à Jérusalem.

                    Non, le Saint-Esprit est un grand facteur "décentralisateur" quand les hommes essaient d'établir quelque chose sur cette terre. Entrez dans la vie de l'Esprit et vous ne saurez pas ce qui surviendra après ni où vous serez par la suite. Vous ne pourrez pas dire : je serai ici ou là. Le Saint-Esprit a Sa propre voie :"Il souffle où il veut" (Jean 3:8). C'est la grande vérité ici. La vie dans l'Esprit est ainsi. Vous ne pouvez jamais dire : "Eh bien, je serai en tel et tel lieu pendant tant d'années et puis j'irai ailleurs." Il se peut que vous soyez tout surpris de ce que le Seigneur fera. Même aux hommes les plus spirituels du Nouveau Testament, leur programme ne leur été pas dévoilé par avance. Il leur été seulement de suivre la même direction jusqu'à un certain point, et puis ils étaient arrêtés par la Saint-Esprit. Quand ils tentaient de poursuivre, le Saint-Esprit ne le leur permettait pas. Ces hommes étaient sous l'autorité du Saint-Esprit. Il avait les choses en main. Le Q.G. se trouve au Ciel. Il en était ainsi. Ainsi toutes choses se trouvaient sous le gouvernement de la trompette, la voix du Saint-Esprit.

LA RELATION CORPORATIVE
DE TOUS DANS LE TÉMOIGNAGE

                         Puis plus loin, toutes les autres choses furent amenées en ligne avec cette unique chose et furent soumises à elle seule, savoir le témoignage. Je suis impressionné tandis que j'y réfléchis -et si vous relisez avec soin le livre de Néhémie, vous le serez aussi- par ce merveilleux mouvement. Il y avait tous les métiers, toute les vocations, les professions et les positions. Il y avait des sacrificateurs, des orfèvres, des parfumeurs et des chefs. Et il est question d'un homme et de ses filles, qui, tous devinrent maçons ! Le sacrificateur n'a pas dit : "Oh ! C'est au dessous de ma dignité de prendre une truelle et du mortier." L'orfèvre n'a pas dit : "J'abimerais mes mains qui servent à mon ouvrage raffiné en or si je vais soulever des pierres." Les chefs ne disaient pas : "Eh bien, vous devriez m'accorder une place de contremaître, je peux me tenir là et veiller à ce que tout, soit exécuté  convenablement plutôt que de m'abaisser à le faire moi-même !" Non aucun d'entre eux n'a eu cette attitude. Tous les sacrificateurs, (et j'ai été impressionné par le fait qu'un dignitaire a bâti la porte du fumier !) les orfèvres, les parfumeurs, les chefs, des hommes et leurs filles, tous participèrent à l'ouvrage. Tout, position, vocation, qualification, était soumis à ce seul intérêt, le témoignage.

                    Je pense que lorsque la muraille fut achevée, ils retournèrent à leurs occupations. J'espère qu'il le firent. Si le Seigneur ne remplit vos mains de ce plein ministère dans Son témoignage qui réclame votre séparation pour le temps présent, ne pensez pas que vous commettez une erreur en retournant à votre occupation. Vous demeurez toujours un parfumeur ou un orfèvre, ou tout ce que vous pouvez être. Paul resta jusqu'à la fin un homme qui fabriquait des tentes. Dans le compte-rendu de sa vie, on ne trouve aucun moment précis à partir duquel il aurait renoncé à fabriquer des tentes. Apparemment, il en fabriquait toujours, à côté du témoignage et en faveur d celui-ci. Soyez au clair à ce propos. N'ayez pas cet fausse idée à propos du "ministère à plein temps". Soyez ce que vous êtes. Tirez-en partie pour le Seigneur, en soumettant cela à l'intérêt dominant de Son témoignage. C'est ce qui est arrivé ici.

                    Dans les Actes, il semble qu'il en a été ainsi. Bien que tous leurs métiers et toutes leurs positions ne soient détaillées, vous trouvez une mention tout à fait considérable dans les lettres de Paul, à savoir ce qu'ils étaient et ainsi de suite. Mais tous ces gens étaient rassemblés, pourrait-on dire, à l'intérieur de la "muraille" : ils étaient tous gouvernés par le témoignage et tout était fait pour le servir. Personne ne dit : "Non je suis supérieur, ce n'est pas digne de moi", ou "Ce n'est pas ma vocation, je suis appelé à autre chose". Chacun considère que, peu importe ce qu'ils sont ou quelles sont leurs qualifications dans ce monde, la chose qui primait plus que tout était ce témoignage. Dans Néhémie 3, vous voyez ressortir ce beau trait distinctif, la relation corporative de tous dans le témoignage. Remarquez la petite expression, constamment répétée dans ce chapitre : "à côté de lui", "à côté de lui", "à côté de lui". Or c'est là simplement la déclaration répétée d'un fait, mais il vous est permis d'user de votre imagination lorsque vous lisez la Bible, et ce sera toujours une bonne chose si vous le faites. Nous avons le fait établi, pur et simple, mais j'ose suggérer qu'il y a eu probablement une part importante d'histoires spirituelles derrière ces faits, l'histoire de plus d'une victoire personnelle. "Je n'aime pas travailler à côté de lui, mettez-moi à côté de quelqu'un de plus plaisant, avec qui je puisse mieux m'entendre!" Le fait est simplement spécifié : "à côté de lui", "à côté de lui". Car nous le savons tous, de façon naturelle ils peuvent avoir été des gens qui, au grand jamais, ne puissent s'entendre ni travailler ensemble. Mais ils ont continué de travailler dans cette relation corporative. Ceci parle sûrement d'une grande victoire pour eux, victoire que la muraille devait représenter à son achèvement.

                    Car ce fut une grande victoire à l’achèvement de sa construction, grande victoire sur tous les intérêts personnels, sur toutes les dispositions naturelles, préférences et antipathies. Quelle victoire ce fut dans tous les domaines ! Cette victoire devint le témoignage des victoires dans la vie personnelle, dans les questions de relations :  "à côté de lui", "à côté de lui" et à côté de lui." Et il se peut, si vous permettez à votre imagination quelque liberté, que vous trouviez de réelles contradictions dans les positions, les qualifications et les vocations de ces gens qui étaient l'un à côté de l'autre. On pourrait dire bien des choses concernant les personnes qui étaient côte à côte, considéré du point de vue du monde, c'était un superbe méli-mélo. Il n'y avait rien qui concordait : sacrificateurs, orfèvres, parfumeurs, etc, nobles et roturiers, tous travaillant ensemble l'un à côté de l'autre. Mais ce n'était pas du tout un méli-mélo, mais une glorieuse harmonie, due à la victoire sur leurs propres cœurs. Quel grand témoignage !

                    Passez au Nouveau Testament. Combien cela fut vrai en ces premiers jours relatés au début du livre des Actes ! Les intérêts personnels mis de côté, des gens de différentes positions, qualifications, perspectives de vie, constitutions, et de différents tempéraments étaient tous rassemblés. Cette bande de douze hommes, le noyau, n'est-elle pas une preuve merveilleuse et glorieuse d'une puissante victoire au-dedans d’eux ? Quand vous réfléchissez à ce qu'ils étaient naturellement et comment ils avaient été auparavant ! (comme ils s'étaient plaints l'un l'autre, avaient discuté et s'étaient disputés pour savoir qui serait le premier et ainsi de suite) A présent, ils se tiennent ensemble, ils sont comme un seul homme.Quelque chose s'est passé, il y a eu une victoire au-dedans, pour rendre cette vraie relation du type "à côté de lui". Quand l'apôtre Paul place devant nous la plénitude de la pensée de Dieu quant à Son Église, il présente si admirablement cette relation par son image du Corps de Christ, avec la dépendance et l'interdépendance de ses membres. Toute partie se trouve à la place désignée par le Seigneur, fonctionnant en relation avec toute autre partie. Cela à cause de cette victoire dans le peuple du Seigneur ! Ce sera un témoignage, plus de jalousies, de rivalités, de critiques, de méchancetés, de considérations ou d'impressions personnelles, plus rien de tout cela. Les intérêts du Seigneur viennent en tête. Le témoignage du Seigneur Jésus élimine toutes ces choses. Demandons au Seigneur de nous accorder une mentalité comme celle-ci, de venir sous l'influence pénétrante du Saint-Esprit, cette passion de Dieu pour un tel témoignage. Et prenons sérieusement à cœur ces aspects pratiques. C'est la conclusion de tout ce que nous avons dit. De nouveau, je fais appel à vous pour que vous vous éloigniez des types, des figures, des illustrations et en veniez aux réalités spirituelles et pratiques. Par la grâce de Dieu, nous sommes appelés à ajouter au moins quelque chose à ce qui a été le souci du Seigneur durant les siècles : amener le témoignage plus près de l'état complet. Mais en chaque siècle les mêmes principes sont introduits, les mêmes traits distinctifs doivent être la caractéristique. Toutes ces choses doivent être vraies.

dimanche 11 octobre 2015

Hébreux 12 :15 T. Austin Sparks

Veillez à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu, à ce qu’aucune racine d’amertume, produisant des rejetons, ne cause du trouble et que beaucoup n’en soient infectés. (Hébreux 12:15 )

Si nous considérons quelques-uns des facteurs pratiques qui ont entraîné  la crucifixion de Christ, nous réalisons que Ses souffrances ont été causées par l'inconstance, la bigoterie, la peur, la jalousie et la trahison des hommes. Dans l’amour, Il s’est chargé de ces choses pour nous. Et ces choses peuvent bien être les facteurs qui éprouvent la réalité de notre amour pour Dieu.

Les foules volages ont oublié si vite la gentillesse et la bonté du Seigneur Jésus, se laissant emporter par des accusations basses et fausses, de sorte qu’elles se sont mises à crier contre Celui qu'elles avaient auparavant exalté et loué. Les pharisiens étaient si dominés par un fanatisme religieux qui était cruel dans son intolérance et sévère dans ses dénonciations légalistes qu'ils ont été la cause première de Ses souffrances. Les disciples, ainsi que Pilate, avaient peur; Judas était traître; et Satan était jaloux lui-même et inspirait la jalousie dans les Sadducéens et les autres.

Mais toute cette concentration d’ attaques sur l'amour n'a pas empêché le Seigneur de rester fidèle à la volonté du Père dans les moindres détails. L'amour de Dieu signifiait plus pour Lui que l'amertume des ennemis, l'échec des amis, la force de l'opinion populaire ou la question de Ses propres droits. Quand Il est entré dans le repos, dans la gloire de la présence de Son  Père, l’Amour avait vaincu toutes les tentations ....

Nous aussi, nous sommes confrontés à certains des ennemis qu'Il a eus à rencontrer, car nous avons été appelés à Le suivre en portant la Croix. L'inconstance des amis et des collègues de travail, la critique sectaire de ceux qui prétendent être les serviteurs de Dieu, la pression de la peur qu’inspire  l'opinion populaire, l'incompréhension et la jalousie que Satan lui-même inspire -  voila quelques-unes des épreuves qui viennent tester notre amour. Nous ne pouvons jamais espérer  les surmonter si nous oublions qu'il y a  pour nous, dans la présence de Dieu, un Sauveur qui a subi la pleine agonie de ces choses, mais  qui les a acceptées dans le cadre de la coupe que le Père lui avait donnée à boire.

C’était Son amour pour Son Père qui lui a permis de toujours choisir la volonté du Père, et le résultat de Son triomphe est que «nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui dans l’amour." Dans un sens, Dieu cherche à annuler en nous toute la défaite de l'amour que  nous avons hérité d'Adam. Il nous expose à la pénibilité de la Croix, pas d'une certaine façon arbitraire ou antipathique, mais parce qu'Il vise à reproduire en nous cet amour dans l'accomplissement de Sa volonté que Christ  présente déjà au Ciel à Son Père en notre faveur.

Par T. Austin-Sparks à partir de: La loi accomplie


(5) LE RÉTABLISSEMENT DU TÉMOIGNAGE DU SEIGNEUR DANS SA PLÉNITUDE T. AUSTINS SPARKS

Chapitre 5

CE QUE REPRÉSENTE LA MURAILLE

2   Les uns disaient: Nous, nos fils et nos filles, nous sommes nombreux; qu’on nous donne du blé, afin que nous mangions et que nous vivions.
3  D’autres disaient: Nous engageons nos champs, nos vignes, et nos maisons, pour avoir du blé pendant la famine.
4  D’autres disaient: Nous avons emprunté de l’argent sur nos champs et nos vignes pour le tribut du roi.
5  Et pourtant notre chair est comme la chair de nos frères, nos enfants sont comme leurs enfants; et voici, nous soumettons à la servitude nos fils et nos filles, et plusieurs de nos filles y sont déjà réduites; nous sommes sans force, et nos champs et nos vignes sont à d’autres.
6 Je fus très irrité lorsque j’entendis leurs plaintes et ces paroles-là. (Néhémie 5)

14 Jésus, revêtu de la puissance de l’Esprit, retourna en Galilée, et sa renommée se répandit dans tout le pays d’alentour.
15  Il enseignait dans les synagogues, et il était glorifié par tous.
16  Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture,
17  et on lui remit le livre du prophète Esaïe. L’ayant déroulé, il trouva l’endroit où il était écrit:
18  L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, 4-19 Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés,
19  Pour publier une année de grâce du Seigneur.
20  Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s’assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui.
21  Alors il commença à leur dire: Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. (Luc 4)

1 Une femme d’entre les femmes des fils des prophètes cria à Élisée, en disant: Ton serviteur mon mari est mort, et tu sais que ton serviteur craignait l’Éternel; or le créancier est venu pour prendre mes deux enfants et en faire ses esclaves.
2  Élisée lui dit: Que puis-je faire pour toi? Dis-moi, qu’as-tu à la maison? Elle répondit: Ta servante n’a rien du tout à la maison qu’un vase d’huile.
3  Et il dit: Va demander au dehors des vases chez tous tes voisins, des vases vides, et n’en demande pas un petit nombre.
4  Quand tu seras rentrée, tu fermeras la porte sur toi et sur tes enfants; tu verseras dans tous ces vases, et tu mettras de côté ceux qui seront pleins. (2 Rois 4)

                    
Dans ces messages, nous permettons à Néhémie, ce grand serviteur du Seigneur de l'ancienne dispensation, d'illustrer pour nous le rétablissement du témoignage du Seigneur en plénitude, et de nous conduire en ce qui concerne ce rétablissement. Néhémie déclarait qu'il avait "un grand ouvrage à exécuter" et que Dieu avait mis ce fardeau dans son cœur. Notre souci concerne le grand ouvrage que Dieu voudrait faire en notre temps et qui est la contrepartie spirituelle de celui que Néhémie accomplit de façon historique par le rétablissement de la muraille de Jérusalem. Nous allons à présent considérer quelques-unes de ces choses qui se trouvent à l'arrière-plan de l'état de ruine de la muraille de Jérusalem. Nous avons observé que la condition de la muraille était une illustration ou une représentation de la condition spirituelle du peuple du Seigneur à cette époque. Les causes de la condition de la muraille devaient être trouvées dans la vie même du peuple. Nous perçons du regard ma muraille pour découvrir la raison pour laquelle il en était ainsi. Ainsi, nous pouvons sans difficulté établir la transition entre ce temps-là avec le nôtre, dans le but de voir quelle est la situation et ce qui a besoin d'être fait.

UN ÉTAT DE FAILLITE, D'ESCLAVAGE ET DE MORT

            
        Le cinquième chapitre de Néhémie nous apporte la première des conditions particulières qui caractérisait cette muraille en ruines, mais aussi du peuple de Dieu, étant donné qu'en ce temps-là, la muraille reflétait son état. Ils se trouvaient dans l'esclavage et la faillite. Si vous avez pu regarder cette muraille, vous aurez sûrement dit  : "C'est là une bien triste image de l'état de faillite du peuple du Seigneur !" Et cet état était en pleine contradiction avec la pensée et la volonté du Seigneur. C'était une contradiction à la liberté et à l'abondance du peuple du Seigneur, tels qu'Il les voulait pour eux : "Nous soumettons à la servitude nos fils et nos filles" (Néhémie 5:5) Or le Seigneur Jésus vint et proclama en termes prophétiques : L'Esprit du Seigneur l’Éternel est sur moi...pour proclamer aux captifs la liberté et aux prisonniers, la délivrance." (Esaïe 61:1 - Luc 4:18) C'est là, réellement la pensée du Seigneur pour Son peuple. L'esclavage parle toujours de loi et de tyrannie et donc de crainte. Ces choses vont toujours ensemble : esclavage, loi, tyrannie et la peur qui en résulte, une vie de crainte.


LA MURAILLE REBÂTIE :
UN REMPART CONTRE LA CRAINTE

                    Vous vous souviendrez d'un autre incident parmi ceux qui ont eu lieu pendant la vie du prophète Élisée, consigné dans le second livre des Rois, au chapitre 4. Vous connaissez l'histoire. La voici résumée en quelques phrases. La mort a fait son entrée. Le créancier est venu réclamer de ce qui est impossible à pourvoir. La loi se trouve à la porte menaçant de réduire à l'esclavage, et la peur a pris place. Face à cette situation se trouve Élisée, l'homme que nous savons représenter et incarner la loi de l'Esprit de vie, qui a toujours affaire à des situations de mort et à leurs conséquences. Et ainsi Élisée entre en scène, procure la vie, en employant "la loi de l'Esprit de vie". Il rend possible de faire honneur à toutes les obligations, satisfait le créancier, détruit la crainte et libère les fils !
                    C'est là une belle illustration d'une grande partie de la vérité néotestamentaire. En effet, la lettre aux Galates est l'interprétation de de ce petit incident. Cette lettre, comme vous le savez, traite de l'état des fils réduits à l'esclavage et montre que la loi de la libération s'opère par l'Esprit de vie, la liberté par l'Esprit.

                    Eh bien, cela établit la base en vue de cette explication-ci du message. Le Seigneur Jésus dit : L'Esprit du Seigneur l’Éternel est sur moi...pour proclamer.... aux prisonniers, la délivrance." C'est l'Esprit en face de la loi du péché et de la mort. L'apôtre dit "Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! (Romains 8:15) L’apôtre dit en outre aux mêmes gens : Nous étions sous l'esclavage de la loi, mais Christ est venu faire face à notre état d'esclavage de la loi (4:3-5). Il y a ces paroles si familières qui se trouvent dans la lettre Hébreux : "Ainsi il délivre tous ceux, qui par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude." (Hébreux 2:15)

                     Que signifie "par crainte de la mort" ? Si vous considérez le contexte de cette lettre, il est parfaitement clair qu'il s'agit de la crainte de la conséquence qui résulte de la violation de la loi. Cette lettre fait entièrement face à la loi, et ces Juifs savaient très bien ce qu'était la sanction pour avoir violé la loi. Par la lecture d'incidents consignés dans l'Ancien Testament, nous savons ce que cela signifiait pour ceux qui violaient la loi. Dans certains cas, ils étaient pris et lapidés, c'était la mort. Ainsi, la loi était comme une épée suspendue au-dessus d'eux. Ils vivaient dans cette crainte et dans cette terreur de violer la loi et ainsi, d'encourir la peine de mort. A cause de cette loi "ils étaient toute leur vie retenue dans la servitude" "par crainte de la mort". Mais écoutez les paroles de cet autre passage : "La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte." (1 Jean 4:18) Combien c'est vrai !

                    Qu'est-ce donc cette muraille ? Eh bien, dans sa condition de ruines, elle signifie que quelque chose s'est produit pour causer la mort. Ce quelque chose est un règne de loi qui ne pouvait pas être satisfait. Le créancier ne pouvait pas être apaisé, ni satisfait. Le créancier, c'est la loi. Enfreignez la loi et vous entrer en esclavage, dans la servitude. Se trouver sous ce terrible fardeau de la loi : c'est la mort, la mort à l'égard de tout, la mort tout en vivant. Donc, rebâtir la muraille signifie simplement que, d'une certaine manière, un témoignage se rétablit. Le témoignage que le peuple du Seigneur est un peuple libre, que le créancier est complètement remboursé et renvoyé à ses affaires, qu'il est satisfait. Cela signifie que la mort a été détruite, l'esclavage brisé. Ils ne sont pas seulement tirés d'affaire. Ils ne sont pas simplement libres, et laissés pauvres. Ils sont dans l'opulence avec des richesses célestes, en tant que peuple riche et libre du Seigneur.


                    Ne convenez-vous pas qu'il y a aujourd'hui, parmi le peuple de Dieu, la nécessité de recouvrer quelque chose de semblable ? Que se soit la loi de l'Ancien Testament ou celle du nouveau, un très grand nombre de gens ne jouissent pas de la liberté de la vie dans l'Esprit. Même le Nouveau Testament, malgré ses grandes doctrines, s'est cristallisé en un système de loi et les gens sont traités avec rudesse pour cela. Ainsi le fondamentalisme, en tant que tel, peut devenir simplement une forme de loi sans vie !  Ses vérités sont exactes, mais en lui-même, il tombe dans la catégorie de ce dont parlait l'apôtre quand il faisait la distinction entre la lettre et l'esprit (Romains 7:6)


                    En effet, il disait : Vous pouvez avoir la lettre qui est parfaitement juste et exacte, parfaitement vraie, car même la vérité dans son exactitude peut devenir quelque chose qui vous introduit dans l'esclavage et vous dérobe votre liberté, votre joie, votre bien- être. En d'autres termes, le fait de votre parfaite orthodoxie, de votre doctrine correcte, n'est pas une preuve que vous êtes une personne faisant partie du peuple libre du Seigneur, jouissant de ce bien-être et de cette abondance du Seigneur. Vous pouvez aller ça et là avec ce lourd carcan de l'orthodoxie autour du cou et ne pas être du tout heureux dans votre christianisme, craignant de violer quelque principe ou quelque vérité. Vous pouvez être une personne très misérable tout en étant dans une absolue orthodoxie et exactitude d'enseignement et de doctrine. Non, malgré le fait de l'exactitude de la doctrine, et de celui de se trouver dans ce qui est vrai, il y a ce facteur supplémentaire qui signifie que vos et moi, nous sommes le peuple libéré de Dieu. Nous jouissons de le liberté de l'Esprit et de la vie de l'Esprit.


                    Ainsi, cette muraille représente ou parle d'un rempart contre la crainte. Toute muraille de ville signifie cela. C'est la raison de son existence, si elle mérite ce nom. Et remarquez qu'en ces temps-là, ils avaient l'habitude de bâtir très correctement et très méticuleusement des murailles. Elles n'étaient pas construites avec des matériaux de mauvaise qualité, qui basculeraient quoiqu'en dise Tobija : "Si un renard s’élance, il renversera leur muraille de pierres !" (Néhémie 4:3) Que tous les renards de la création s'élancent contre cette muraille, elle tiendra bon ! Les murailles sont destinées à être des remparts contre la crainte.Vous vous trouvez à l'intérieur de cette muraille, et vous êtes en sécurité, affranchi de la crainte, débarrassé de la sensation d'être emmené en captivité. C'est là, la signification de la muraille.  


                    Or le témoignage que le Seigneur désire avoir doit être ce ce genre-là, c'est-à-dire que le peuple du Seigneur sache qu'il se trouve dans un lieu absolument sûr. Il a besoin de ne ressentir absolument aucune crainte : toute crainte étant anéantie, il ne se trouve plus sous cet esclavage. Il a été glorieusement délivré. Pour encore employer les termes de la lettre aux Galates, ce sont des fils. Ce ne sont plus des esclaves car ils se sont à présent approchés d'un Père. Ils ne sont pas simplement des élèves, car l'apôtre, comme vos le savez, dit que la loi était notre précepteur (Galates 3:24). Maintenant, nous ne sommes plus sous tutelle du précepteur. Nous sommes des fils, non pas des élèves. Nous sommes des fils, non pas des prisonniers. En tant que fils, nous sommes libres. La muraille, donc parle de sûreté, de sécurité, de délivrance de l'esclavage de la crainte. Oh ! Puisse le Seigneur avoir un peuple comme cela !


                     Or, quel est votre témoignage ? Le témoignage du Seigneur est véritablement ainsi. Quel est le vôtre ? Vivez-vous dans la servitude, celle du Nouveau Testament, l'esclavage e la crainte ? Vivez-vous chaque jour dans la crainte de commettre une erreur, sous la menace du "gros bâton", même celui de votre propre conscience ? Êtes-vous dans la crainte, avec un visage misérable, à cause de cette terrible tyrannie ? Ce n'est pas la volonté du Seigneur à notre égard. Le Seigneur désire que Son peuple soit entièrement délivré de la crainte car : " Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père!" (Romains 8:15)


TOUTES LES DETTES SONT RÉGLÉES

                    Cette muraille, donc, parle aussi des dettes toutes payées et des riches émoluments de la grâce. Cela est simple, c'est l’Évangile de basemais c'est oh ! combien glorieux. Toutes les dettes payées, le créancier est satisfait. Le Seigneur Jésus fit cela pour nous à la croix. Il paya toute la dette à l'égard de la loi. Il a satisfait la loi et a renvoyé le créancier à ses affaires. Nous sommes affranchis de lui, c'est-à-dire de la loi. Il nous a affranchis de toutes nos dettes. C'est une merveilleuse chose que de savoir que toutes vos dettes spirituelles sont réglées, mais une chose terrible de savoir que vous devez affronter la loi de Dieu, rendre des comptes, si ces dettes ne sont pas payées, car vous devez d'une façon ou d'un autre les acquitter, dans le temps ou l’éternité. Mais le véritable enfant de Dieu, qui sait ce que Christ a accompli pour lui ou pour elle, est toujours prêt à chanter :

De la loi, libéré,ô heureuse condition !
Son Sang, Jésus a versé, là est rémission.

LE DROIT DE CITÉ DE LA JÉRUSALEM CÉLESTE

                    Puis cette muraille, étant celle de Jérusalem, indiquant une autre Jérusalem céleste et spirituelle parle de citoyenneté céleste, du droit de la Jérusalem céleste, des hommes libres du ciel.

                    Vous vous souvenez qu'en une occasion, lorsque l'apôtre Paul fut emprisonné, il fut amené devant le centenier romain et on allait lui donner la question par le fouet. On allait appliquer la méthode forte pour obtenir de lui tout renseignement qui le concernant. Notre traduction ne permet pas de saisir la pleine signification de ce qui allait se passer. Elle nous dit simplement qu'il fut lié. Réellement et littéralement il faut comprendre : "ils l'avaient allongé et étiré"Cette méthode appliquée par les Romains était en vérité un véritable supplice. Flageller ainsi était terriblement dur, car l'homme, auparavant ayant été étiré, les mains et les pieds fermement liés, trouvait souvent la mort ou était estropié pour la vie. Quand Paul fut placé dans cette position-là, il demanda : " Vous est-il permis de battre de verges un citoyen romain, qui n’est pas même condamné?" (Actes 22:25) Le tribun, pensant qu'il avait une bonne situation, répondit : "C'est avec beaucoup d'argent que j'ai acquis ce droit de citoyen." J'ai acheté le droit d'agir comme il me plaît, je suis simplement en train d'exercer mon droit, pour lequel j'ai payé un grand prix. Paul répondit : "Mais moi, je suis né libre." (version anglaise)

                    Or, quand le tribun apprit ce que Paul avait déclaré, une grande crainte s'empara de lui, celle d'avoir dû prendre un homme libre, un citoyen de l'Empire romain né libre, et de l'avoir, non seulement mis dans les chaînes et les liens, mais d'avoir été à deux doigts de le battre. Un homme libre ne devait pas être traité ainsi. Il avait à faire valoir en sa faveur le droit de citoyen de l'Empire. Être né libre était même un avantage supérieur à celui d'acheter sa liberté. Être né libre signifiait que vous ne pouviez pas être réduit à l'esclavage, ni battu, ni traité d'une façon analogue, et malheur à l'homme qui enfreignait cette règle ! Il devait en rendre copte à l'Empereur. Toute la puissance de l'Empire romain était derrière l'homme qui était né libre, et Paul le savait bien. Aussi, le tribun fut rempli d'effroi lorsqu'il réalisa qu'il était en train de traiter un homme libre de cette façon.


                    Voyez-vous l'illustration ? Oui, nous sommes des fils premiers-nés, affirme la Parole. Nous sommes inscrits dans le ciel, nous avons la citoyenneté du Royaume de Dieu. Nous ne pouvons pas être réduits à esclavage, ni frappés par la loi, ni traités de cette façon, avec tant de dureté, par ce tyran. Peu importe ce que ses revendications peuvent avoir de juste pour agir ainsi, il y a un droit au-dessus. C'est celui de l'état de fils. Vous ne pouvez pas traiter les fils de Dieu comme les autres gens. C'est une merveilleuse illustration de cette grande vérité .


                     La muraille de Jérusalem signifie qu'il y a quelque chose qui est l'enceinte d'un peuple céleste délivré de l'esclavage, affranchi de toute dette, et qui marche en étant au bénéfice de l'état de fils, c'est le peuple libre et riche de Dieu. C'est là, la vérité de la Parole de Dieu. L'état de fils est une position dont on doit jouir, mais cette muraille-là n'était pas une illustration de la joie ni de l'état de ces gens-là non plus. C'était une contradiction à l'égard de ce que le Seigneur voulait avoir. C'est ce que nous venons de voir qu'Il désirait.


UN SABBAT RESTAURÉ

                    Maintenant la chose suivante : le sabbat. Il y a quatorze références au jour du sabbat, dans le livre de Néhémie. Il y est question de l'annulation du sabbat. Si vous désirez une preuve de cela, allez vers Malachie, le contemporain de Néhémie. Vous verrez ce qu'il a dire à ce sujet. Mais ici, dans ce livre, le sabbat est mentionné quatorze fois, aussi il a une très large place. Vous savez que ces gens représentaient l'annulation du sabbat. Or je ne vais pas me mettre à argumenter pour l'Adventisme du septième jour ou pour l'observation du dimanche. Le motif est bien plus élevé et glorieux que cela. Mais souvenez-vous que le sabbat était l'alliance la plus ancienne en existence. Dieu se reposa de Ses œuvres le septième jour. Dieu sanctifia le septième jour. Il demanda qu'il soit perpétuellement sanctifié. Si vous voulez examiner la question, vous constaterez combien de choses dans la vie du peuple de Dieu, pour son bien ou son malheur, étaient liées à l'observation du sabbat, à l'alliance du sabbat, comme l'alliance de base, l'alliance de toutes les alliances.

                    Mais que signifie-t-elle ? Bien entendu, c'est une préfiguration de Christ. Dieu se reposa de Son travail, de toutes Ses œuvres, le septième jour : "Dieu bénit le septième jour et il le sanctifia." (Genèse 2:3) Israël alla en captivité à Babylone parce qu'ils n'avaient pas observé les sabbats de l’Éternel, le septième jour, le septième mois, la septième année et les septièmes années jusqu'à la quarante-neuvième. Ils avaient failli dans l'observation du sabbat et dans tout ce qu'il impliquait, aussi les envoya-t-Il à Babylone pendant soixante- dix à cause de Ses sabbats. "Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi." (Galates 6:7) C'est toujours le "ce". Et maintenant cette muraille en ruines parle du sabbat violé, du sabbat annulé. Or on trouve Néhémie restaurant le sabbat et vous savez qu'il le fit d'une façon très vigoureuse. Quand les marchands vinrent aux portes le jour du sabbat, il les chassa. Il les traita très rudement et restaura le sabbat.

                    De quoi s'agit-il dans tout cela ? J'ai dit que cela attirait l'attention sur Christ, Celui qui, dans la nouvelle création, a achevé toutes les œuvres de Dieu, les œuvres de cette nouvelle création, qui a de nouveau procuré à Dieu de la satisfaction en L’introduisant dans Son repos, le repos de Sa satisfaction. Ainsi, Christ et Son œuvre accomplie est à présent le sabbat. Le sabbat n'est pas un jour, c'est une Personne. Il n'est plus du tout une question de temps. C'est une œuvre accomplie et ainsi, toute violation à son égard est sévèrement punie par le Seigneur. Cela signifie ceci : enlevez un petit fragment à l’œuvre pleinement accomplie de Christ et à la satisfaction absolue de Dieu à Son égard et vous violez le principe du sabbat, vous bradez l'alliance. Si seulement on réalisait cette vérité, cela détruirait l'Adventisme du septième jour en cinq minutes. Eh bien, dites-vous, ne devons-nous pas observer le jour du Seigneur ? Oh ! Oui, mais comme un témoignage, pas comme une question de loi. Nous nous rassemblons maintenant un certain jour, le premier jour de la semaine, pour célébrer la vérité glorieuse que Dieu est satisfait dans Son Fils. Ainsi, nous nous réunissons autour de Sa Table, et nous adorons sur la base des valeurs de Jésus-Christ, le fondement de la satisfaction de Dieu. Ôtez quoi que ce soit à cela et vous violez le sabbat.

                    Or le témoignage qui doit être rétabli signifie simplement qu'il doit y avoir un peuple qui jouit de cela et se réjouit en la grande réalité que l’œuvre de la rédemption est glorieusement accomplie. "Dieu se trouve en repos, entièrement satisfait et Son peuple est entré dans Son repos. Présenté ainsi, cela peut paraître très simple , mais ne sommes-nous pas mis à l'épreuve quant à son effet pratique ? Presque chaque jour de notre vie, nous sommes mis à l'épreuve à l'égard du sabbat, non pas simplement en tant que jour, mais quant à notre repos dans la satisfaction de Dieu, notre comportement quant à la satisfaction de Dieu. En d'autres termes, quant à notre compréhension du fait que Christ a entièrement  achevé la nouvelle création en Lui-même. Il a apporté à Dieu la réponse à Sa demande et à Son besoin ultimes. Dieu désire un peuple qui se réjouisse de cela. Il désire un témoignage de cette nature. Le Seigneur a fait de nous un peuple de ce type-là ! La muraille proclame cette vérité, c'est pourquoi, comme vous le remarquez, aussitôt que la muraille fut achevée, Néhémie, qui entre-temps avait fait une visite à Babylone et en était revenu, s'empressa de rétablir le sabbat et tout mettre en ordre par rapport  à ce sabbat.

LA PURETÉ DU SANG RESTAURÉ

                    Soulignons encore une chose pour le moment: C'est l’état de mélange qui existait. Il nous est précisé que les enfants du peuple ne savait pas parler l’hébreuIls parlaient à moitié dans une langue et à moitié dans une autre. Ensuite nous trouvons la mention de mariages mixtes avec les peuples des nations étrangères. Voici les éléments, des traits distinctifs de mélange dans le peuple du Seigneur, et Néhémie œuvra pour régler cette question. Il agit très méticuleusement, et grâces soient rendues à Dieu, le peuple coopéra avec lui. Il était nécessaire en tant que principe spirituel que ceci soit fait.  Mais ici encore, le mélange étant, l'une des condition représentées par la muraille (la muraille étant en ruines et détruite par manque de pureté en Israël) dans sa reconstruction, c'était une protection contre le mélange du sang. 

                    Cela énonce quelque chose de très fort et de très précis, la nécessité pour ceux qui déclarent avoir une place dans la cité de Dieu, dans l’Église de Dieu, dans le Royaume de Dieu, de pouvoir prouver que leur sang est pur, qu'ils sont réellement nés d'en-haut, qu'ils ont en eux la vie pure du Seigneur, qu'ils ne sont un peuple mélangé dans leur constitution : ils sont un peuple ayant une seule langue, un seul langage, un seul sang, une seule vie. La muraille étant réédifiée devait être un témoignage à "une mise en ordre" dans le domaine du mélange au sein du peuple du Seigneur : une pureté de sang, une pureté de langage, une pureté d'adoration.

                    Vous savez combien il est facile de rendre ces choses confuses. Très souvent, vous trouvez des gens qui emploient le langage et la phraséologie, mais vous reconnaissez à peine ce qu'ils expriment dans le langage de l'Esprit Oh ! ils possèdent toute la phraséologie chrétienne, mais il y a beaucoup de mélange et de contradictions dans leur vie. Il doit y avoir un peuple au langage pur, qui parle vraiment le langage de l'Esprit. N'est-il pas vrai qu'il y a beaucoup de chrétiens "professants" qui ne parlent pas le langage de l'Esprit ? Beaucoup parmi vous savent cela. Oui, il nous manque quelque chose. Il y a cette façon de parler du "christianisme" et de la "religion" qui montre qu'ils ne sont pas réellement né d'en-haut.

LA DÎME RESTAURÉE

                    Et je termine avec cette autre chose : défaillants dans la dîme. Malachie, qui dépeint les conditions qui prévalaient en ce temps-là, tient le peuple responsable des défaillances dans le domaine de la dîme du Seigneur. Il dit, en parlant de la part de Dieu : "Vous me trompez, la nation toute entière, et vous dites : En quoi t'avons-nous trompé ? Dans les dîmes et les offrandes." (Malachie 3:8) Il y avait des défaillances au sujet de la dîme. Mais de quoi est-il question ? Oh ! Ne pensez pas que nous pouvons nous en tirer en prenant simplement la dixième partie de nos revenus et en la donnant au Seigneur. Vous pouvez agir ainsi et ne pas donner du tout la dîme. Que signifie-elle, cette dîme ? Elle se pratiquait comme ceci : les dîmes étaient tirées de tout, de leurs salaires, leurs champs, leurs vigne, leurs troupeaux.  Voici comment on procédait : le fermier, le vigneron ou le berger veillait soigneusement sur les premiers fruits mûrs, les premiers produits arrivant à maturité, le premier animal qui venait de naître. En supposant qu'il s'agissait d'un champ, alors que le blé poussait, il observait et tandis que le moment s'approchait, il sortait pour voir l'état du blé et veillait sur les premiers épis mûrs. Aussitôt qu'il en apercevait, il n'attendait pas que toute la moisson soit prête, il les amenait à la maison de Dieu, et il disait en réalité : "Ceci représente le fait que tout t'appartient Seigneur. Ceci représente les arrhes, les prémices de ce qui est à venir. Tout est à Toi et je donne ce ceci comme un gage que tout est à Toi. Tu as la première place, toute la place." Le vigneron agissait de même avec ses premiers fruits. Le berger prenait les premiers-nés du troupeau et agissait de même : "Tout est à Toi Seigneur, en voici le gage."

                    C'est cela la dîme. La dîme n'est pas quelque chose de détaché et donné à Dieu, tandis que nous avons le reste. C'est le témoignage que le Seigneur a la place du commencement à la fin. Or, voyez-vous, c'était là le trouble en ce qui concerne Israël défaillant dans la question de la dîme, et c'était la raison pour laquelle, le témoignage était ruiné. Le Seigneur n'avait ni la première, ni toute la place dans tous leurs intérêts, dans toutes leurs affaires, dans toutes leurs possessions. Le Seigneur désire un peuple de ce genre, qui rend réellement ce témoignage. Il voudrait relever la muraille du témoignage dans un peuple qui ne Lui accorde pas simplement une place à part, mais qui Lui donne toute la place et qui soit toujours en éveil pour savoir comment il peut Lui procurer ce qui représente Son droit, un peuple de cette nature-là.

                    Permettez la simplicité de ces mots, mais ils vont plus profondément que peut-être vous le reconnaissez. Ils touchent à des questions très vitales. Tout ceci est très pratique. Quand Néhémie redressait ce choses, il n'édifiait pas simplement une muraille. Il redressait les choses que la muraille représentait. Le témoignage était soutenu par une réalité spirituelle se trouvant à l’arrière-plan. C'est là ce que le Seigneur désire. 

samedi 10 octobre 2015

(4) LE RÉTABLISSEMENT DU TÉMOIGNAGE DU SEIGNEUR DANS SA PLÉNITUDE T. AUSTINS SPARKS

Chapitre 4

LE PRINCIPE DE LA RÉSURRECTION 


 ".....et du sel à discrétion" (Esdras  7:22)

Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. (Matthieu 5:13)

Le sel est une bonne chose; mais si le sel devient sans saveur, avec quoi l’assaisonnerez-vous? 9-51 Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns  avec les autres. (Marc 9:50)

                    
Nous revenons au livre de Néhémie et nous désirons considérer avec la reconstruction de la muraille de Jérusalem sous la conduite inspirée de Néhémie, un élément de plus, qui englobe tout, un facteur que cette œuvre représente. Nous parlons du rétablissement du témoignage du Seigneur, ce que Néhémie appelait "le grand ouvrage" que Dieu avait mis dans son cœur de faire. Lorsque nous en venons à considérer ce rétablissement du côté positif, nous trouvons un grand principe de rétablissement qui renferme toute l’œuvre. Il n'y a pas de nécessité d'une réflexion très profonde pour reconnaître que la reconstruction de la muraille détruite de Jérusalem entre en ligne avec un témoignage de résurrection, et pour constater combien ceci est "tout d'une pièce" avec l'histoire d’Israël, parce que nous nous rendons compte que cette muraille est un emblème de l'histoire spirituelle du peuple. (Je crois que nous pouvons affirmer cela.) Ce qui est vrai de la muraille dans cette période est vrai du peuple. La muraille manifeste seulement la condition du peuple : spirituellement ruiné avec beaucoup de brèches, rien qui soit complet ou parfait, rien qui contribue à une pleine satisfaction, et donc rien qui soit à la gloire de Dieu. 

                    Nous avons fait remarquer précédemment que Néhémie était contemporain de Malachie. Or les prophéties de Malachie nous donne un compte-rendu très clair, quoique très terrible, de la condition du peuple de Dieu en ce temps-là. Aussi, cette muraille représentant l'état du peuple, révèle très clairement la nécessité d'une résurrection. De façon répétée, l'histoire d'Israël nécessita cela. Mais à propos de cette situation-ci, vous vous souviendrez que les plus grands prophètes, en regardant au-delà de la captivité, avaient parlé de leur retour comme une résurrection. Par exemple, Ézéchiel, à l'égard de la captivité pleinement en vue, avait crié au peuple, comme le Seigneur l'avait commandé : "Voici, j'ouvrirai vos sépulcres, je vous ferai sortir de vos sépulcres." (Ézéchiel 37:12) Or, dans cette grande parabole de la vallée des ossements desséchés, nous trouvons sans aucun doute, la question de la résurrection d'Israël avec la captivité après l'exil. De sorte que leur retour, celui du reste, de Babylone à Jérusalem, et la reconstruction de la muraille correspondent aux prophéties concernant la résurrection, quoique sous l'aspect temporel et terrestre l’accomplissement fut très imparfait. Un accomplissement beaucoup plus grand est encore en vue.

                    Mais voici le point : il s'agit d'une question de résurrection. Le départ en captivité fut en premier lieu un jugement sur le péché. Il est donc représenté comme suivi par la mort : car la mort suit dans le sillage du jugement, et Israël est représenté comme étant entré dans la mort, dans un sépulcre spirituel. Si nous demandons ce qu'est la mort, c'est être éloigné de Dieu, c'est la séparation d'avec Dieu. Et c'était leur état. Le peuple était hors du lieu que Dieu avait désigné pour le recouvrement, ils s'étaient éloignés du Seigneur. Et si, être éloigné du Seigneur, en guise de jugement, représente un état, c'est assurément celui de la mort.

LES RÉSURRECTIONS DE LA JÉRUSALEM TERRESTRE

                    Or toutes les foi où Dieu S'est remis en mouvement pour restaurer Son témoignage, en quelque partie que ce soit ou dans une plénitude plus grande, un tel mouvement a toujours été marqué par ce qui est inhérent à la résurrection, à savoir, la nouveauté de vie, ou pour le dire sous une autre forme, la victoire sur la mort. Il en a toujours été ainsi et il en est toujours ainsi. Un mouvement de Dieu en relation avec Son témoignage dans une plus grande plénitude, a toujours le caractère d'une résurrection, la nature d'une nouvelle vie. 
                    Les récits historiques de Jérusalem montrent que la cité a toujours été à nouveau la scène des sièges, des ravages est des destructions. La survie même de Jérusalem, simplement comme une cité terrestre n'est rien moins qu'un miracle. Il y a d'autres grandes cités qui, en ce qui concerne ce monde, ont été bien plus grandes et plus glorieuses que Jérusalem. Babylone par exemple, Ur en Chaldée, et nous pourrions même citer Rome et bien d'autres. Ce furent des cités grandes et puissantes, plus grandes et plus puissantes du point de vue des hommes que Jérusalem. Mais, en ce qui concerne leur gloire d'autrefois, elles sont tombées une fois pour toutes. Babylone, où est-elle ? Ur où est-elle ? Il y a deux ans, je survolais Ur en Chaldée et que pouvais-je voir ? Rien, si ce n'est des excavations et des fouilles des siècles passés. Et Rome, qu'est-ce que Rome maintenant comparée à la grande et glorieuse cité impériale des siècles passés ? Une ombre remplie de monuments et de ruines, des choses qui parlent de la gloire passée. Ces cités sont tombées pour ne plus se relever comme elles étaient.

                    Mais Jérusalem, elle s'est relevée, toujours et à nouveau après siège et destruction, montrant très clairement que Dieu, le Dieu de la résurrection, trouve de l'intérêt en Jérusalem Il maintient, même dans le monde, dans une Jérusalem temporelle, (une pauvre chose d'un point de vue humain; je ne pense pas que quelqu'un choisirait réellement de vivre à Jérusalem, la sentimentalité mise à part) dans une Jérusalem qui a toujours à nouveau été relevée comme d'entre les morts, Il maintient une parabole  d'une vérité plus grande.



LE PLEIN TRIOMPHE 
DE LA JÉRUSALEM CÉLESTE SUR LA MORT   

                    Et quand nous passons du terrestre au céleste, quand nous passons de l'ancienne dispensation, la dispensation de cette Jérusalem "actuelle" (comme le dit Paul) qui se trouve ici-bas sur terre, à cette autre Jérusalem, dans le ciel, dont l'apôtre parle, la "Jérusalem d'en haut" (Galates 4:25, 26) ou à cette Jérusalem dont nous nous sommes maintenant approchés, selon Hébreux 12:22 ou de la Jérusalem qui apparaît à la fin dans une plénitude de gloire (Apocalypse 21:10) : à quoi parvenons-nous ? Nous parvenons au plein triomphe sur la mort, car c'est dans une Jérusalem céleste finale que l'arbre de vie se trouve, ainsi que le fleuve d'eau de la vie. Tout parle de la mort vaincue de façon pleine et finale. De sorte que la muraille en restauration n'est qu'une parabole et une image de cette grande vérité, prouvée dans l'histoire, mais pleinement réalisée en gloire dans le domaine spirituel. C'est un monument au principe suivant : lorsque Dieu se trouve associé, vraiment associé, avec quelque chose ou quelqu'un, ou lorsqu'on se trouve associé avec Dieu, la marque sera la résurrection, la nouveauté de vie. Ce sera la vie. Un témoignage de vie est celui qui se trouve représenté ici, comme rétabli, projetant sa lumière en plein sur notre temps qui est marqué par tant de traits distinctifs qui caractérisaient spirituellement les jours de Néhémie. Dieu se mettra à nouveau en mouvement (ne devons-nous pas dire que Dieu est de nouveau en mouvement ?) pour mener à bonne fin, d'une novelle façon, dans un peuple, ce grand témoignage à l'indestructibilité de Sa propre vie. Quelque chose qui déclare que Sa vie, quoiqu'elle semble souvent entrer dans la mort, être engloutie, submergée, néanmoins, elle se relève. Cette vie ne peut pas être pleinement  et finalement détruite. Un témoignage de vie ! C'est un témoignage à ce que Dieu fait, voilà le point.


LA RÉSURRECTION :
L'EXCLUSIVE COMPÉTENCE DE DIEU

                    Nous avons si souvent dit que la résurrection est l'exclusive compétence de Dieu. Nous pouvons accomplir beaucoup de réanimations, beaucoup de choses dans le domaine de la respiration artificielle, mais nous ne pouvons rien faire dans les résurrections. Une fois que la mort a pris la place, c'est la fin de tout pouvoir et de tout espoir humain. Alors, c'est à Dieu d'agir, sinon il n'y a plus d'issue. Dieu est le Dieu de la résurrectionc'est là, Sa prérogative exclusive, de sorte que tout ce qui est réellement une œuvre de Dieu porte cette marque, que rien d'autre ne peut expliquer sinon une vie indestructible et impérissable. Il y a là quelque chose qui est plus que de l'homme.

                    Parfois l'homme pénètre dans les choses de Dieu, (nous verrons cela dans ce livre en poursuivant) usurpant la place de Dieu dans Sa Jérusalem par rapport à Son témoignage. Et alors commence la mort. La destruction met fin au développement. Dieu livre l'action à la mort. C'est une chose solennelle de réaliser qu'il arrive un moment où Dieu doit se retirer et livrer à la mort, parce que l'homme a pris de l'emprise et s'est introduit dans Son chemin. Mais quand l'homme agit ainsi, les feux du jugement opèrent. Le résultat d'une telle ingérence à l'égard de Dieu se règlera de lui-même. Et alors, quand cette œuvre de purification par le feu est accomplie, Dieu revient et produit une résurrection. C'est là l'histoire de bien des situations avec lesquelles Dieu a commencé, mais desquelles, dans le cours des évènements, Il a du se tenir à l'écart, et puis, à nouveau, il a fait Son entrée. Il en est ainsi. 


                    Et c'est parfois ainsi dans les vies chrétiennes individuelles. Dieu constate qu'Il ne peut aller plus loin. Il est allé aussi loin qu'Il a pu. Maintenant Il est entravé. Il y a là une volonté qui refuse de se soumettre à Lui. Il y a là un cœur qui ne veut pas céder devant Dieu. Il se tient en retrait, et que ce soit pendant la durée de longues, longues décades, le Seigneur n'abandonne pas la partie. Voyez le témoignage des quarante ans d'Israël dans le désert, et des soixante-dix ans de captivité; de longues années de dénuement, de stérilité et de désolation. Il voulait recouvrer, restaurer, revenir, Il voulait avoir même là un témoignage. Mais oh ! Quel avertissement solennel à ne pas gaspiller la vie pendant des années et la fécondité qui aurait pu avoir lieu, en résistant au Seigneur, et ne connaissant rien d'autre qu'une mort stérile à Son égard. Quelque chose que Dieu a accompli est un témoignage au fait que Dieu ressuscite. Non pas ce que l'homme a accompli pour Dieu, mais ce que Dieu Lui-même a réalisé. Et plus encore : un témoignage de vie, non seulement concernant ce que Dieu a fait, mais ce que Dieu fera par le moyen de ce qu'Il a accompli. Il a levé un instrument, Il l'a ramené à la vie, Il a un vase ressuscité. Voyez à présent ce qu'Il fera par ce moyen !


                    Un témoignage de vie, c'est là assurément le triomphe glorieux de la Jérusalem ultime "descendant du ciel d'auprès de Dieu". Quelle histoire mouvementée a eu ce nom de Jérusalem ! Mais finalement, il y a le triomphe en rapport avec ce nom même-même. Il ne représente plus la défaite, la faillite, la tragédie. Il est maintenant le symbole du triomphe de Dieu. Ici enfin, la mort est engloutie dans la victoire. Et que se passe-t-il ? De cette Jérusalem-là coule un fleuve d'eau de la vie. Les nations en retirent le bénéfice. L'arbre est arrosé par ce fleuve, porte son fruit, et les feuilles de l'arbre servent à la guérison des nations. C'est un témoignage de vie.



TOUTES CHOSES IMPRÉGNÉES DE VIE

                    Or, il y a beaucoup de différence entre ce qui est communément appelé la vie et ce que Dieu entend par la vie. C'est la raison pour laquelle j'ai lu ces fragments au sujet du sel. Cette vie dont nous nous entretenons a, en elle, un élément. C'est seulement une façon de s'exprimer quand je passe de l'usage du mot "vie" à celui du mot "vitalité". C'est le même message avec deux façons différentes de s'exprimer, mais c'est utile, ici. Cette vie a un élément vital en elle. Il y a ici quelque chose qui a réellement en elle du mordant. Nous parlons parfois de choses qui ont en elles du "piquant". Il y a là quelque chose, un élément positif et si nous le touchons, nous réalisons que nous sommes en train de toucher quelque chose de mystérieux, de vital. Si cela touche une situation, elle l'enregistre. La situation sait qu'elle a été touchée par quelque chose. C'est un élément qui est représenté par le sel.

                    Or, le sel est une chose très intéressante dans la Bible. Vous remarquez que nous avons cité une portion du livre d'Esdras. Esdras, bien entendu, précède Néhémie. Ils travaillent ensemble tous les deux au même but. Esdras s'est principalement occupé de l'embellissement du temple après qu'il eût été rebâti, de certaines formes et du rétablissement de la Parole de Dieu. Dieu a agi souverainement, conformément aux premières paroles du livre d'Esdras : "afin que s'accomplisse la parole de l’Éternel prononcée par  la bouche de Jérémie, l’Éternel réveilla l'esprit de Cyrus, roi de Perse qui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout le royaume", accordant la liberté, toute provision et toute facilité à ceux qui volontairement choisirent, non par loi ou par contrainte, mais d'un cœur spontané, de retourner à Jérusalem. Il y avait, parmi toutes ces merveilleuses mesures prises par le roi, cette recommandation étrange : Donnez-leur ceci et cela en abondance, de l'argent, de l'or et toutes les autres choses, et puis ceci : "et du sel à discrétion". Du sel sans limite !

                    C'était en vue de quoi ? Eh bien, voyez-vous, le sel est synonyme de vie. Même en dehors de l'économie juive ou hébraïque, le sel était reconnu presque universellement comme le symbole de la vie. Dans certains royaumes ils faisaient alliance dans le sang, en répandant du sang des deux parties puis en le mélangeant. C'était une alliance dans le sang entre deux peuples ou deux communautés. Dans d'autres royaumes, ils prenaient du sel et le mélangeaient, concluant alliance dans le sel. Mais les deux façons d'agir avaient la même signification. Le sang et le sel représentaient la vie. Sans sel, aucun sacrifice n'était considéré par Dieu comme acceptable. Cela signifiait, dans la conception de ces temps-là, que Dieu n'accepterait jamais un sacrifice mort. Tout sacrifice offert à Dieu devait être vivant. Certes, l’animal était immolé, et il était mort, mais le sel démentait la mort, niait qu'il était mort, lui accordait ce quelque chose, cet élément vital, qui faisait de lui un sacrifice vivant. Le Seigneur Jésus a dit : "vous êtes le sel de la terre" (Matthieu 5:13) et Paul a écrit : "Je vous exhorte....à offrir vos corps comme un sacrifice vivant" (Romains 12:1). "Salé de sel" fut une expression du Seigneur Jésus (Marc 9:49)

                    "Du sel à discrétion". Ceci se trouvait dans le témoignage de restauration de Néhémie. Voilà la vie plus abondante, la vie abondante. C'est ce témoignage que le Seigneur cherche, cet élément vital. "Vous êtes le sel de la terre". En d'autres termes, vous êtes la vie même dans ce monde mort. En dépit de toute la mort qui se trouve dans ce monde-là, (et tout, en ce qui concerne Dieu est dans la mort. Seuls les chrétiens le savent, mais ils le savent vraiment. Si nos sommes réellement au Seigneur, nous savons combien ce monde est mort, c'est la mort tout autour.) le Seigneur dit : "Au milieu de tout cela, vous êtes la vie", la vie même de ce monde environné par la mort. "Vous êtes la vie du monde, vous êtes le sel de la terre". "Soyez salés de sel". "Ayez du sel en vous-mêmes". "Soyez vivants", et pour changer à nouveau la façon de s'exprimer : "Soyez vitaux". 


                    Tel est le témoignage qui doit être rétabli, quelque chose, un quelque chose de mystérieux, qui ne se trouve pas dans le domaine minéral : car le minéral peut avoir le semblant, l'apparence de la substance réelle, tout en ayant perdu sa qualité vitale. "Si le sel perd sa saveur..."  Vous pouvez avoir tout le semblant, toute la profession, toute l'apparence extérieure, mais quelque chose s'en est allé, et ce quelque chose qui manque déclare que ce témoignage qui devrait se trouver à l'intérieur n'est plus là. Recouvrer ce quelque chose, c'est ce que Dieu veut : non pas un cadre extérieur, non pas une somme de matière avec un semblant, (c'était la plainte déposée à la porte d'une église, dans le livre de l'Apocalypse, qu'ils passaient pour être vivants et qu'ils étaient morts) non pas cela, mais ce quelque chose, ce quelque chose de mystérieux, touchant le peuple du Seigneur, qui vient de Dieu Lui-même et qui parle de la présence du Seigneur au-dedans d'eux.



UNE ILLUSTRATION DE L'ANCIEN TESTAMENT

                    Nous trouvons des illustrations de ceci dans l'Ancien Testament. Nous trouvons Élisée et les hommes de Jéricho, qui un jour vinrent à lui et dirent : "Le séjour de la ville est bon" (il plaît à tout point de vue) mais les eaux sont mauvaises et le pays est stérile." (2 Rois 2:19) C'est la marque de la mort. Vous savez, bien entendu d'où cela provenait. Vous vous souvenez que lorsque Jéricho fut détruite, Josué a prononcé une malédiction contre elle : "Maudit soit devant l’Éternel celui qui se lèvera pour rebâtir cette ville de Jéricho. Il en jettera les fondements au prix de son premier-né et il en posera les portes au prix de son plus jeune fils." (Josué 6:26) Sa mort, la marque de la malédiction fut prononcée contre elle, et maintenant après toutes ces années, les hommes de la ville viennent dire que dans les eaux mêmes de cette ville, en dépit de toutes les belles et bonnes perspectives, réside la mort. Rien ne parvient à la perfection, "tout est vanité et poursuite du vent" , tout est désappointement. Élisée dit "Apportez-moi un vase neuf et mettez-y du sel." Ils lui apportèrent le vase neuf et y mirent du sel, et ils vidèrent le tout dans les eaux et les eaux furent assainies. La mort fut détruite par le sel, mais il dut se trouver  dans un vase neuf. C'est la résurrection, la nouveauté de vie dans une nouvelle création.

                    Nous pourrions nous arrêter sur cela longuement, mais vous saisissez le point essentiel. Si Élisée est le prophète de la vie, et il l'est sans aucun doute, car tout le concernant et toutes ses œuvres parlent d'une vie vainquant la mort, voici le témoignage : le sel est l'emblème de la vie qui détruit le pouvoir de la mort et de la stérilité, de ce qui est infructueux et du désappointement. Cette vie est une vie merveilleuse. "Vous êtes la vie de la terre."

                   Nous avons d'autres illustrations, mais je ne vais pas m'arrêter pour les donner. Nous avons dit, dans une étude précédente que le livre d'Esdras représente la souveraineté de Dieu, tandis que le livre de Néhémie représente la coopération de l'homme à l'égard de cette souveraineté. En retournant à Esdras, si ce livre est l'expression de l'activité de la souveraineté de Dieu, Dieu agissant du ciel, de Son propre chef, du fond de Lui-même, alors, quelle est Son action ? S'Il a réveillé l'esprit de Cyrus, roi de Perse, et si Cyrus fit ce décret, et si ce décret était le résultat d'une œuvre de l'Esprit de Dieu en Cyrus, alors, lorsque Cyrus dit : "Et du sel à discrétion", ce fut une incitation de la souveraineté de Dieu qui lui fit dire cela. Cyrus fut assurément un instrument de la souveraineté divine. Vous savez comment Esaïe parle à son égard : "Ainsi parle l’Éternel à son oint, à Cyrus... je t'ai ceint avant que tu ne me connaisses" (Esaïe 45:1 et 5) Un instrument dans la souveraineté de Dieu. Et cet homme, sous l'emprise de la souveraineté de Dieu, dit : "Et du sel à discrétion." Toutes ces autres choses peuvent n'avoir que très peu de signification si il n'y a point de sel, point de vitalité. Cet élément doit, pour ainsi dire, imprégner le tout.   

                    Dieu est en quête de ce quelque chose qui est plus que le cadre des choses. C'est quelque chose d'indéfinissable. Parfois il vous arrive d'entendre des hymnes, quelques-uns de ces beaux et magnifiques hymnes, interprétés sur des disques. Ceux-ci peuvent être interprétés par deux sortes de gens. Certains peuvent être chantés par un chœur très capable et très artiste, avec une technique parfaite, un art merveilleux, une harmonie magnifique et par de superbes voix. Par ailleurs, d'autres ne peuvent pas être chantés avec toute cette habileté professionnelle, tout cet art ou tout ce niveau vocal et cette qualité de voix. Mais chaque fois vous pouvez faire la différence entre ceux qui sont sauvés et ceux qui ne le sont pas. Vous savez que d'un côté c'est un chœur paroissial de gens inconvertis. Je veux dire ceci  (peut-être est-ce un jugement dur) : il y a quelque chose qui manque. C'est merveilleux, c'est magnifique, mais il y a là quelque chose qui est absent et qui vous manque. De l'autre côté, vous savez que ces gens sont sauvés, ils chantent parce qu'ils aiment le Seigneur, ils ont une relation avec le Seigneur.


                    Bien entendu, il faut être chrétien pour discerner la différence. Vous le savez, vous même cela vous l'avez entendu. C'est simplement le sel, cette chose indéfinissable, qui fait toute la différence entre ceux qui ont une relation vitale avec le Seigneur et ceux qui chantent les mêmes hymnes sans cette relation. Ils ont tout le semblant, toute l'apparence, toute la grosseur du sel, mais il manque l'essentiel. Le sel est sans saveur. Nous ne voulons pas simplement une technique, une doctrine correcte et juste, une pratique chrétienne convenable, des formes, des liturgies et tout le reste. Ce qui est nécessaire, que ces formes-ci soient présentes ou non, c'est qu'il y est quelque chose de vital qui amène les gens à réaliser : Eh bien, ils peuvent n'être pas artistes, ni des gens formidablement  capables, il peut ne pas y avoir toutes ces marques d'une compétence remarquables en ce qui les concerne, mais vous rencontrez le Seigneur, vous enregistrez quelque chose d'indéfinissable qui répond à votre cœur. C'est ce qui importe. Le rétablissement de ce témoignage-là a plus d'importance que toutes les paroles, la  phraséologie, la forme, la technique. Il est tout à fait possible d'avoir une technique et des églises néo-testamentaires, une doctrine et une pratique chrétienne mais cependant il manque ce quelque chose qui rend témoignage, et c'est le témoignage qui doit être établi.


                    Donc, nous voyons que le problème est celui de la vie. Or, en vue d'obtenir cela, Dieu doit souvent prendre des mesures très strictes. Il ne sera jamais satisfait par quelque chose de moindre à cet égard. Peu importe ce qu'il peut y avoir d'autre, il ne sera pas satisfait par moins que cela, et donc Il sera prêt à faire passer la chose par le feu, même à sembler l'abandonner, pour un temps, si Il peut rétablir ce qui a été perdu. Il est le Dieu de la résurrection. Peut-être le Seigneur est-Il en train d'agir sur ce sujet-là avec quelques-uns d'entre nous. Il y avait d'avantage de sel à un certain moment qu'il y en a maintenant. Il y avait plus de mordant dans notre témoignage qu'actuellement. Le Seigneur peut nous conduire à travers une voie difficile. Ou, alors, il n'y a jamais eu ce mordant que désirait le Seigneur, et Il tente de nous enseigner qu'Il est le Dieu de la résurrection, que nous sommes impuissants, inutiles, indignes, jusque ce que Lui-même agisse et que nous criions pour ce quelque chose-là que Lui seul peut accorder. Quoiqu'il en soit, c'est ce que le Seigneur veut et Il agira avec nous en toutes circonstances, de cette façon ou d'une autre, avec ce but en vue, Ses façons d’agir auront pour objectif qu'à la fin, il y ait un témoignage à Son triomphe absolu sur le pouvoir de la mort. (ce que seul, le Seigneur peut faire) Si vous ressentez aujourd'hui que vous en êtes là, que seul le Seigneur peut accomplir cela, croyez-moi, vous vous trouvez dans une situation remplie d'espoir. Monsieur Spurgeon disait une fois que si jamais vous ressentez qu'il faut un miracle pour une certaine chose, vous vous trouvez dans la position juste pour demander à Dieu de l'accomplir !

Matthieu 26:39 T. Austin Sparks

Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. (Matthieu 26:39 )

Nous devons faire face à ce  fait et nous devons demander l'aide de Dieu pour toujours garder à l'esprit que nous allons avoir un chemin de souffrance si nous sommes en communion avec le Seigneur Jésus.

Oui, il y a quelque chose qui va contribuer à la louange et la gloire de Christ à mesure qu’Il est formé en nous par les feux de l'adversité et la souffrance. C’est la communion avec Lui dans Ses souffrances, qui nous rend de plus en plus semblable à l'image de Christ. Donc, la  première chose est de s’attendre à cela et que ce soit réglé pour nous.

Si vous priez pour la délivrance complète et définitive de l'adversité, de la souffrance et de la difficulté, permettez-moi de vous dire votre prière ne sera jamais exaucée. La souffrance peut prendre des formes diverses, mais nous la rencontrerons. Satan ne va pas devenir notre ami si nous sommes des amis de Jésus-Christ. Le royaume de Satan ne va pas se rallier à notre cause alors que nous nous appartenons à un Royaume qui est opposé au sien.


Par T. Austin-Sparks à partir de: Souffrance et Gloire

vendredi 9 octobre 2015

Jacques 5:16 T. Austin Sparks

Confessez vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La prière d'un homme juste est puissante et efficace. (Jacques 5:16)

Il y a plusieurs moments dans notre vie chrétienne où nous devons  nous ajuster à la volonté du Seigneur. La volonté du Seigneur n’est pas toujours une chose facile pour notre chair; et donc très souvent, nous devons livrer une véritable bataille pour s’ajuster à la volonté du Seigneur sur une question particulière; et la prière est le moment où cet ajustement doit être acompli. Il est tout à fait possible que certains d'entre nous aient une  telle bataille concernant la volonté de Dieu sur quelque chose. Eh bien, le moment est venu de traiter cette question. Nos temps de prière nous donnent l'opportunité de nous ajuster avec la volonté de Dieu sur toutes les questions ....

La vraie prière est la prière de confession et d’humiliation! La vraie prière est le temps de soumission et de consécration absolue au Seigneur! La vraie prière est le moment pour se mettre en conformité avec la volonté de Dieu sur toutes les questions! Mais il y a un quatrième aspect et je suis sûr que les temps de prière de Paul commençaient par un temps d'adoration profonde. D’où provient l’adoration? Qu'est-ce qui nous conduit à adorer? Quelle est la vraie nature et l'esprit d'adoration?


N’est-ce pas une gratitude indicible profonde pour la grâce de Dieu? Nous adorons seulement dans la mesure où nous apprécions la grâce de Dieu .... Vous vous souvenez qu'une des façons préférées de Paul de commencer ses lettres était avec trois mots: que la grâcela miséricorde et  la paix soient avec vous." Ce fut le fondement de tout pour Paul. La grâce merveilleuse, la grâce qui ne pourrait jamais être expliquée; l’infinie miséricorde; et la paix avec Dieu. Ce fut sûrement la conscience de cet homme pendant sa prière. C’était la prière d'adoration profonde pour la grâce de Dieu, et elle doit avoir une place dans toute vraie prière.

Par T. Austin-Sparks à partir de: «Que tous, ils soient un, comme nous sommes un» - Réunion 41