mercredi 27 avril 2016

La dispensation du mystère T. Austin-Sparks (volume 2) le livre entier

Préface de la deuxième édition


                 Durant l'année 1939, nous avons publié deux volumes sur La dispensation du mystère. Le volume 1, le plus important des deux, a couvert un domaine plus large sous le titre Toutes choses en Christ. Ce dernier a été réimprimé et réédité et est toujours disponible. Le volume 2 fut plus spécifique en ce qui concerne le ministère de Paul et l’Église. Ce second volume était épuisé depuis un certain temps, et bien que nous ayons eu beaucoup de demande à son sujet, il y a eu une retenue inhabituelle à le réimprimer sous sa forme originale. Mais il y a eu un fardeau croissant de mettre par écrit l'essence de ce ministère particulier du "Mystère" et, sous cette pression que nous estimons de Dieu nous avons rédigé le présent volume qui, bien que modifié à plusieurs égards par rapport au précédent volume 2, est une focalisation de cette "Révélation" accordée à l'apôtre. Dans la présence irrésistible d'un si grand dévoilement, ce serait une chose impossible de donner une présentation adéquate et, bien que tellement chargés et pressés, nous éprouvons finalement un profond sentiment d'échec. Nous ne pouvons faire que "jeter à la surface des eaux" et croire qu'en tant que message de Dieu en un temps opportun, il peut toucher quelques cœurs préparés. Ce n'est pas une exposition dont on a besoin, mais d'une révolution semblable à celle qui a eu lieu chez l'apôtre quand "il plut à Dieu de révéler en lui son Fils." Que la prière contenue dans Ephésiens 1:17-21 soit exaucée dans la cas de beaucoup de lecteurs.

Forest Hill, Londres
T. Austin-Sparks  1966

---------------------------

Chapitre 1

A L'APPROCHE DE LA FIN DU VOYAGE

                     La dernière phase de son voyage est arrivée. La fin du voyage est en vue. La course est presque terminée, et quelle course, en effet ! Le fidèle serviteur, le soldat portant les stigmates de la guerre, le plus grand des missionnaires du Christ, le plus grand bâtisseur d'églises et des dispensateurs des richesses célestes, va bientôt recevoir "la couronne de vie" mise en réserve pour lui.Ses "voyages fréquents" doivent bientôt céder la place au "repos qui demeure". Son "travail plus abondant" est pratiquement terminé. Il donne expression à un espoir de pouvoir encore visiter quelques-uns de ses convertis bien- aimés (Philippiens 2:24). ( Certains pensent que cet espoir a été réalisé, et que, pendant une courte période de mise en liberté, il voyagé encore plus loin. Mais nous n'avons aucun rapport précis de ce fait dans le Nouveau Testament). Il est maintenant emprisonné à Rome, et Luc achève son récit par la période en ce lieu, dans sa "maison qu'il avait louée". Cet homme, qui a vu la souveraineté de Dieu dans toutes les vicissitudes de sa vie, n'a pas manqué de le faire lors de cette arrivée à Rome et en y séjournant, un séjour tellement différent de ce qu'il avait espéré et attendu. (Romains 1:15)

DÉCEPTION ET AFFECTATION DE DIEU

                    Faisant le bilan de sa situation, il ne tarda pas à parvenir à la conclusion que, dans cette souveraineté divine, cette situation rendait possible la réalisation d'un autre fort désir qui se trouvait dans son cœur, mais qui n'avait pu être accompli tandis qu'il était occupé par ses nombreux voyages. Chacune des lettres plus ou moins longues qu'il avait écrites, l'avait été en relation avec quelque situation et besoin particuliers. Aucune d'entre elles n'allait au-delà de cette demande spéciale, si ce n'est que par l'intermédiaire d'une information passagère. Au cours de ses longs voyages, il exerçait son métier pour subvenir à ses besoins et pour rendre impossible à des critiques, à juste titre, d'affirmer qu'il vivait aux dépens de ses convertis. Il a vécu des expériences spéciales et extraordinaires, comme "être ravi jusqu'au troisième ciel" (dans une vision ou un songe) et entendre "des paroles ineffables" (2 Corinthiens 12:1-4), sans oublier ces deux années dans le désert d'Arabie, ni plusieurs années de solitude à Tarse peu de temps après sa conversion, et un long emprisonnement à Césarée. Tout ceci lui a donné beaucoup de temps pour la méditation et pour permettre au Seigneur de lui parler. De cette manière, une immense accumulation de connaissance spirituelle fut mise en réserve dans son cœur. Étant tout à fait assuré, comme il l'a souvent dit, que cette "révélation était une "dispensation" pour "le Corps de Christ", il voulait sans aucun doute attendre un temps où il aurait suffisamment de loisir et de détachement pour soulager son esprit par écrit. Nous savons maintenant qu'un tel temps et qu'une telle opportunité devaient précisément survenir pour le succès de ce qui a été une bénédiction indicible pour l’Église au cours de ces nombreux siècles.

                     Comme nous venons de le dire, aussi étrange que la Providence ait pu lui sembler lorsque d'un regard, il fit pour la première fois le tour de son appartement, et non des moindres, considéra son garde romain et sa chaîne, il a vite réalisé que ce pourrait être la grande opportunité qu'il avait attendue. Il semblerait très fortement qu'au moment même où cette réalisation se présentait à lui, et peut-être dans les longues nuits, alors qu'il se retrouvait seul, sans visiteurs, il devint presque submergé par l'afflux de cette provision de révélations. Nous concluons de la sorte par la façon de présenter et le style, aussi bien que par la substance de ce qu'il avait alors couché par écrit. Il avait immédiatement à l'esprit ces église en Asie (bien que le Seigneur eût des intentions bien plus grandes) et ce qu'il a écrit était destiné à circuler parmi eux - probablement un espace blanc était laissé pour être complété et y inscrire le nom particulier, sous la forme : "aux saints qui sont à..." (le nom Éphèse ne figure pas sur les plus anciens manuscrits) Il y a, cependant, peu de doute que ce débordement de cœur n'eût une direction spéciale en faveur de cette église à Éphèse, tellement importante et tellement influente spirituellement. Ce détail peut être d'importance secondaire dans la perspective de l'intention divine tellement plus grande par le moyen de cette inspiration.


LE CŒUR DÉBORDANT  

                    En tant que première impression, c'est son style qui a une très grande importance. Notre sous-titre est un exemple de ce style. L'épitre, (aux Éphésiens ainsi appelé) est écrite en termes superlatifs. Regardez certains de ceux-ci : "l'infinie grandeur de sa puissance" (1:19); "la plénitude de celui qui remplit tout en tous" (1:23); "l'infinie richesse de sa grâce" (2:7); "les richesses incompréhensibles de Christ (3:8); "la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur", ", "toute la plénitude de Dieu", "l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance" , "toute la plénitude de Dieu" (3:18,19); "infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons" (3:20); "au dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses" (4:10); "la stature parfaite de Christ" (4:13); "cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable" (5:27)

                    N'avons-nous pas raison de dire que l'homme était vraiment incapable de contenir la plénitude qui était la sienne ? Cela transparaît non seulement par ses expressions, mais aussi par sa forme grammaticale. Il débutera sur un sujet, puis ensuite, lorsqu'une pensée supplémentaire lui viendra à l'esprit, il divergera et changera de sujet, sans reprendre le fil précédent de sa pensée jusqu'à ce qu'il arrive à un certain pont. Dans le Nouveau Testament la plus longue phrase, sans un point, se trouve dans cet épitre. Il est trop rempli, trop empressé pour s'arrêter à des considérations techniques littéraires. Les vannes des masses d'eaux sont ouvertes, et, comme un torrent, il déverse cette plénitude si longtemps contenue. Quand nous en arrivons à considérer la nature de sa révélation, nous comprendrons mieux pourquoi il s'exprimait tant en superlatif. Pour le moment nous ne faisons que signaler la force de son désir de faire connaître, enfin, cette révélation. Attardons-nous un peu plus sur cet épitre

                   Certains peuvent ne pas être d'accord avec nous, et d'autres peuvent penser que nous exagérons quand nous disons que cette épitre est :


Le plus grand document jamais écrit

                  Nous devons établir le bien-fondé de cette opinion, mais nous n'aurons pas entièrement échoué lorsque nous aurons terminé. Quand nous disons "le plus grand", bien sûr, nous ne voulons pas dire en longueur, mais en valeur intrinsèque et en contenu. 

                      Cette épitre est la couronne et l'essence consommée du ministère de Paul. C'est le point culminant de sa mission. Voici quelques commentaires d'érudits chrétiens éminents :

Pour l'un d'eux c'est :  

"L'exposé le plus complet et le plus vaste que le Nouveau Testament contient à propos de la signification de la religion chrétienne, fusionnant comme nulle part ailleurs ses aspects évangéliques, spirituels, moraux et universels."

Ou de la part d'un autre :

"La communication la plus sublime jamais faite aux hommes fut transmise à partir d'une prison romaine par quelqu'un qui, selon sa propre estimation, état le "moindre de tous les saints".

"Cette épitre est l'une des plus nobles du Nouveau Testament"

""Une épitre divine qui rayonne par la flamme de l'amour chrétien et la splendeur de la lumière sainte, et d'où découlent des fontaines d'eau vive."

"L’œuvre la plus céleste de quelqu'un dont l'imagination même est meublée des choses qui sont dans les cieux."

"Dans cette épitre qui est la composition de l'homme la plus divine, se trouve toute doctrine du christianisme; d'abord, ces doctrines particulières au christianisme, etc..."

"C'est clairement l'épitre de l'Ascension. Par elle, nous nous élevons, comme sur les ailes de l'inspiration, sur les hauteurs les plus divines. Mot après mot - et pensée après pensée - ici "les lieux célestes"  là" toute bénédiction spirituelle"  puis "les richesses", puis "la gloire", puis "le mystère", puis "la plénitude", puis "la lumière", puis "l'amour", tout semble, pour ainsi dire, laisser derrière soi "une traînée lumineuse" dans ce ciel profond et rayonnant."

"C'est l'expression la plus avancée, la plus sublime, la plus profonde, la plus définitive de l’Évangile de Paul."

                    Hâtons-nous de dire que notre propre appréciation n'est pas le résultat de la lecture d'appréciations comme celles qui se trouvent ci-dessus, car ces dernières ont été découvertes beaucoup plus tard. Nous sommes arrivés à notre propre conclusion après bien des années de lecture et de méditation de cette épitre et sur le ministère de Paul en général. Mais nous sommes tellement heureux d'avoir notre jugement confirmé ou entériné par des hommes qui ont une connaissance tellement plus grande que la nôtre.

                    Jusqu'à présent, nous avons simplement introduit l'épitre. Son contenu, son enseignement et son message occuperont la majeur partie de notre préoccupation, bien que cela reste encore très largement au-delà de notre compréhension. Avant de nous plonger dans ces profondeurs, sans jamais aller beaucoup plus loin que la surface, nous devrons nécessairement prêter attention à l'homme lui-même et au fait que l'homme et son ministère sont une seule et même chose. Avant de procéder ainsi, rappelons à nos lecteurs un ou deux faits évidents mais impressionnants.

                    Lorsque l'apôtre Paul se mit à écrire cette épitre, il n'avait pas la moindre idée qu'il était en train d'écrire les Saintes Écritures - la Bible (en partie). Sa seule pensée et son unique désir étaient de confirmer et de compléter "tout le conseil de Dieu" qu'il avait annoncé "sans rien cacher" à Éphèse et d'un bout à l'autre de l'Asie Mineure pendant les deux années où il s'y trouvait (Actes 19). Dans sa propre pensée, c'était une lettre qu'il écrivait et cela en vue d'un lieu et d'un besoin. Il ne lui est jamais venu à l'esprit que ce qu'il écrivait serait lu par un nombre croissant de personnes à travers près de vingt siècles; que cela irait dans un monde dont il ne connaissait rien de la dimension; que des gens de toute race sous le ciel aurait cette lettre traduite dans leur propre langue ou dialecte; qu'elle diviserait la chrétienté dans le monde entier selon les plus grandes écoles de théologie et d'interprétation, qui s'opposent; que le peuple de Dieu, de tout temps et sous tout régime se nourrirait d'elle avec avidité; que les libraires de tous les pays auraient leurs rayons infléchis de façon croissante par les "exposés", "les commentaires", "les sermons", etc, sur cette lettre; et que, finalement, des appréciations comme celles que nous avons citées ci-dessus seraient assignées à ce document de correspondance personnel ! Non seulement il n'aurait jamais pu imaginer cela possible, mais aurait été frappé d'étonnement s'il avait pu prévoir cela. Quelle apologie de son témoignage ! Quelle justification de ses souffrances ! Quel dévoilement de la souveraineté et de la grâce de Dieu ! Quelle inspiration et quelle force devrait être ceci pour quiconque souffre en communion avec Christ, et quelle preuve de la véracité de ses propres paroles : "votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur !"


Chapitre 2

L'HOMME DANS LE MESSAGE

                    Ceci n'est pas destiné à être une "Biographie de l'apôtre Paul", mais a plutôt trait à l'importance particulière de ce serviteur de Jésus-Christ. Alors qu'il y a, en ce qui le concerne, ces facteurs vitaux et essentiels qui doivent être vrais de tout serviteur de Christ, et qui sont des facteurs de base de tout ministère fécond (comme nous le mentionnons après), tout indique, à l'égard de Paul qu'il était vraiment "un vase choisi (élu)", connu d'avance, prédestiné et d'élite. Ce fut vrai en particulier quant à la nature du ministère pour lequel il a été "saisi". Une nature semblable de ministère peut - dans une certaine mesure - être la "vocation" d'autres personnes, mais elle fut frayée en premier par Paul. Tous les apôtres se sont tenus sur une base commune qui concernait les fondements de la foi : la personne de Christ, l’œuvre de Christ, la rédemption, la justification, la sanctification, la mission mondiale de prêcher le salut en Christ au monde entier, le retour du Sauveur, etc. Ils avaient le même fondement. Chacun a pu recevoir "la grâce selon la mesure du don de Christ", c'est-à-dire, selon leur don personnel, soit d'apôtre, de prophète, d'évangéliste, de pasteur ou de docteur. Chacun a reçu "la grâce" - l'onction, l'habilitation - qui correspond à la responsabilité, mais en ce qui concerne les "fondements", à savoir les questions fondamentales, ils étaient d'accord et un. Quoique nous puissions dire en différenciant Paul, nous ne voudrions pas enlever, un seul instant, la moindre parcelle au ministère de Jean, ou de Pierre, ou de Jacques, ou d'autres. Jamais notre Nouveau Testament ne pourrai souffrir la perte de ces ministères, et, à une autre occasion, nous nous sommes glorifiés d'eux. Quand tout aura été dit quant à leur valeur - et ce serait un immense" tout" - nous devons cependant affirmer qu'il y a eu, et qu'il y a, ce qui est unique et particulier dans ce qui nous est parvenu par le moyen de Paul. Empressons-nous de dire une chose très significative et très utile avant de poursuivre. 

                    Il n'aurait jamais été possible pour Paul de comprendre sa vie avant sa conversion jusqu'à ce qu'il vienne sous la main de Jésus-Christ. Cette vocation à laquelle il a été appelé lorsque Jésus devint son Seigneur projette une lumière tellement grande sur la souveraineté de Dieu dans son histoire passée. Ceci est un principe qui aidera beaucoup de personnes et de serviteurs de Dieu. Il montre combien il est immensément important que Jésus soit -- non seulement le Sauveur -- mais le Seigneur. Nous approfondirons ceci plus loin. En tant que Juif, la naissance de Paul, son éducation, sa formation, son instruction et sa profonde intégration dans quelque chose d'où il serait tiré par la puissance de Dieu et qui serait manifesté comme n'étant plus ce dont Dieu avait besoin , tout ceci est en soi d'une valeur éducative immense. La raison pour laquelle Dieu, dans Sa prescience, doive introduire profondément un homme dans quelque chose qui, enfin de compte ne représente pas Sa pensée, contient un point qui doit être noté. Il y en a beaucoup qui argumentent que, parce qu'ils ont une raison suffisante pour savoir que Dieu les a placés dans une certaine voie, une certaine œuvre, une certaine condition, une certaine association, c'est là qu'ils doivent demeurer à jamais, bon gré mal gré. L'histoire de Paul dit non à cet argument. Les voies de Dieu, dans son cas, sont venues montrer qu'Il peut agir de la sorte, et toute Sa souveraineté peut véritablement y être présente, mais seulement à dessein, et pour un dessein provisoire, à savoir, accorder une connaissance profonde et complète, de première main, de ce qui est réellement, au mieux, une limitation par rapport au plein dessein de Dieu. Il est nécessaire pour un serviteur de Dieu efficace d'avoir une connaissance personnelle de ce dont les gens doivent être délivrés. Abraham a dû connaître la Chaldée, Moïse a dû connaître l’Égypte, David a dû connaître la faux du règne de Saül. Ainsi, Paul a dû connaître le judaïsme proscrit, de sorte qu'il puisse parler avec autorité, l'autorité de l'expérience personnelle. Si nous étions le psalmiste, nous mettrions là "Pause". Réfléchissez à cela.

                    Mais nous devons souligner deux aspects de ce principe. Nous nous référons précisément à ce qui était inclus dans la divine "opération de toutes choses, d'après le conseil de Sa volonté," et qui était "selon Son dessein". A sa conversion Paul n'a pas changé de Dieu, YHWH (Jéhovah dans le texte d'origine) était son Dieu à jamais. Le changement fut dans la méthode de Dieu. C'était toujours Dieu qui œuvrait. Nous disons ceci parce que personne ne peut dire qu'étant donné qu'ils sont nés et ont été élevés en ceci ou en cela, donc la "Providence" (ce qui signifie Dieu) a voulu que cela soit leur voie pour toujours. Nous devons être comme nous sommes et là où nous sommes, par la souveraineté de Dieu, et nous devons savoir que tout changement majeur vient tout aussi précisément de Dieu, et que l'unique autre solution à ce changement est une désobéissance manifeste à la volonté de Dieu, présentée par Lui. Cela doit être une chose à faire à tout prix, ou alors c'est un égarement par rapport au chemin à suivre. Cela exigera certainement une marche avec Dieu par la foi, car l'élément de contradiction apparente peut être présent. Nous ne savons pas quels conflits mentaux et de l'âme Paul a eus. Il n'est pas rapporté qu'en faisant face à l'immense révolution, il discutait avec Dieu : "Eh bien, Seigneur, par Ta propre souveraineté je suis né Juif, et plus qu'en termes généraux, je suis de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreux né d'Hébreux... un pharisien. Et maintenant, Seigneur, Tu me demande de prendre une voie qui répudie et contredit tout cela. De Te contredire, Seigneur, cela ne Te ressemble pas, cela semble tellement inconsistant. Ce n'est pas comme si j'étais un homme ne craignant pas Dieu et sans foi en Toi." Le changement était révolutionnaire au point qu'il semblait y avoir deux voies contraires dans le même Dieu. C'était une occasion formidable d'expérimenter : "Confie toi en l’Éternel de tout ton cœur et ne t'appuie pas sur ta propre  sagesse."  Nous pourrions citer le cas de nombreux serviteurs de Dieu qui ont été amenés à une telle crise entre la raison et la foi alors que Dieu demandait une décision qui semblait contredire toute Sa conduite antérieure. Quelques-uns d'entre eux sont parvenus à être très puissamment justifiés par leur obéissance. Quelques-uns ont vécu pour être des exemples de personnes qui ont manqué le but, ou ce que Dieu avait de meilleur. 

                    Tout ceci a dû avoir trait à la préparation souveraine de Dieu et à l'équipement d'un serviteur, de sorte que ce serviteur connaisse vraiment par une profonde expérience ce dont il parle et quelles en sont les différences. Ceci donc, en bref, quant à sa relation juive.

                    Mais cet homme a été choisi et destiné à être un messager spécial de Dieu à l'égard des nations, non pas simplement à l'égard d'une nation. Les nations se trouvaient essentiellement sous le gouvernement romain et la culture et la langue grecques. Par l'intermédiaire de son père, Paul a hérité de la citoyenneté romaine et l'état d'un homme libre. Par sa naissance et son éducation à Tarse, il a acquis à la fois l'usage de la langue grecque et une familiarité de premier plan avec la vie et la culture grecques. Ces trois choses -- son origine juive, sa situation de citoyen romain et de parler la langue grecque -- l'ont introduit avec facilité et aise dans pratiquement le monde entier. Mais, ajouté à toute cette qualification naturelle, il y avait ce sans quoi Paul n'aurait jamais été le réel agent auquel l'histoire rend témoignage : il était oint du Saint-Esprit. Parfois l'onction a suppléé à une grande déficience naturelle dans le domaine de l'éducation et de la naissance, et des hommes, qui n'auraient jamais été reconnus sur les seules bases naturelles, ont fait l'histoire spirituelle. Le Seigneur a pris un réel soin à ce que Paul ne puisse jamais faire de ses avantages naturels la base de son véritable succès. Ceci fut implicite ou indiqué lors des premières paroles rapportées, du Seigneur à son égard ( à Ananias) après sa conversion : "...je li montrerai tout ce qu'il doit souffrir pour mon nom." (Actes 9.16)

                    La souveraineté de Dieu a de multiples aspects et de nombreuses voies. C'est seulement lorsque l'histoire entière est racontée que l'on voit une réelle explication. Au commencement et au cours de la vie, il peut y avoir place pour de nombreux "pourquoi ?" Un Moïse et un Jérémie peuvent débuter avec ce qu'ils sont convaincus être un handicap certain et une contradiction, mais l'histoire justifie Dieu et en définitive, Sa sagesse est démontrée. Quand Dieu dit : "Il est un vase choisi", Il connaît tout à propos de l'argile avec lequel le vase est fait. Tandis que nous poursuivrons, les deux choses implicites auxquelles nous venons de référer deviendront progressivement claires. La première étant que le messager et son message sont une seule et même chose. Le message se trouve dans la constitution de l'homme et dans l'histoire même de cet homme sous la main de Dieu. Et la deuxième : que l'homme n'est pas simplement reconnu pour ses seules qualifications naturelles, mais de façon prééminente, parce que Dieu l'a oint pour sa position et son œuvre. Tout homme qui parle, sans que ce qu'il dit soit issu d'une réelle expérience, ne peut être que dans une position complètement fausse. Par exemple, un homme peut parler de brisement que s'il a été lui-même brisé. Le ministère de Paul, du commencement jusqu'à la fin, est issu d'une continuelle histoire avec Dieu dans des expériences de conflits profondes et habituellement douloureuses. C'était "le butin de la guerre". Il est absolument impératif qu'il doit être évident et manifeste que toute position, toute fonction et tout ministère de la part de quelqu'un en relation avec Christ doivent l'être par l'onction, et que l'impression produite et la conclusion tirées par les autres est que "cet homme est de façon évidente oint pour ce travail !" L'onction signifie simplement que Dieu est, de façon très évidente, avec la personne concernée dans ce qu'ils font et dans la position qu'ils tiennent. Dans ce cas particulier, se trouver hors de la position, c'est se retrouver hors de l'onction. Nous ne pouvons pas sélectionner, choisir, décider notre place et notre fonction. C'est une chose organique, et tout comme dans le corps humain il incommode pour une jambe d'essayer de faire le travail d'un bras, ainsi, il y aura toujours quelque chose de faux quand nous assumons un travail ou une position pour lesquels la souveraineté de l'Esprit ne nous a pas choisis. A cause de toutes les adversités et toutes les oppositions, la chose la plus indispensable est de savoir que nous sommes là où nous sommes par désignation divine et non par notre propre volonté. C'est une bonne chose de savoir ce qui est notre fonction et ce qu'elle n'est pas, et que nous agissons en conséquence ! Il y a suffisamment de fonctions dans le domaine corporatif pour que chaque membre en ait une clairement définie sous l'unique onction, et la fonction s'exprimera aussi naturellement qu'un œil voit, qu'une oreille entend, qu'une main saisit, etc... si la tête (Tête) contrôle pleinement et de façon adéquate. Paul, donc, a beaucoup de choses à nous enseigner, sur cette question, premièrement par sa vie, puis par ses écrits. Arrivés à ce point, nous sommes ramenés là où nous nous sommes écartés du message pour aller vers l'homme. Nous devons maintenant considérer cette différentiation de fonction pour laquelle Paul a été particulièrement choisi et saisi.

LA VOCATION DISTINCTE DE PAUL


                    Le fait qu'il y ait une différence et une.  importance particulière dans le ministère de Paul, a beaucoup d'évidences solides et d'attestation fortes. Il le savait et s'en référait souvent, à la fois quant à sa substance et à la façon dont il l'a reçu. Cela s'exprime par des paroles comme celles-ci :

"... l'administration de la grâce de Dieu qui m'a été donnée envers vous : comment, par révélation, le mystère ma été donné à connaître... d'après quoi... vous pouvez comprendre quelle est mon intelligence dans le mystère de Christ"; A moi... cette grâce a été donnée... de mettre en lumière devant tous quelle est l'administration du mystère..." (Éphésiens 3:2-4, 8,9, version Darby)

                    Alors que Paul ne dit pas qu'il était le seul à qui le mystère avait été révélé, il revendique qu'en tant que dispensation et ministère, cela lui fut révélé d'une manière directement personnelle et directement du ciel. Il a affirmé qu'il a été divinement saisi en vue de ce ministère particulier. Ce que fut cette révélation doit s'étendre sur tout ce que nous écrivons encore. Pour le moment nous sommes occupés avec le fait de la vocation spécifique de Paul.

                    Le déchaînement du diable, son invective, sa haine, sa malice, sa cruauté meurtrière et ses forces concentrés sur cet homme, sans aucune rémission sont, parmi les évidences de sa vocation spécifique, non des moindres. C'est assurément en raison de ce qui était transmis par son moyen et non pas simplement à cause de sa personnalité. Cela commença et se manifesta par le même dénouement avant que Paul fut le vase appréhendé. Pour voir et comprendre ceci nous devons revenir en arrière au seul homme qui avait auparavant vu ce qui fut montré à Paul. Nous parlons d’Étienne comme étant le premier martyre chrétien et nous sommes profondément émus quand nous lisons le rapport de sa mort. Mais combien Étienne a été peu compris, et combien nous avons été aveugles sur la véritable signification de sa mort -- sa destruction par des hommes contrôlés par Satan

ÉTIENNE - LE PRÉCURSEUR DE PAUL


                    Une considération réfléchie du discours d’Étienne devant le Sanhédrin juif, montrera qu’Étienne était comme une "préface", une introduction au ministère de Paul. Si Étienne avait vécu, il y a peu de doute que lui et Paul se seraient puissamment trouvés associés dans la Dispensation du Mystère. Ceci suppose, bien sûr, que le Seigneur n'aurait pas prévu qu’Étienne mourrait, et que, dans sa prescience, Il n'aurait pas distingué Paul comme l'unique dispensateur de ce ministère dans sa plénitude. La souveraineté divine a rarement été davantage mise en évidence que dans la présence de Saul avec Étienne au moment de la mort de ce dernier, quoique complice de cette mort. Tandis que nous nous mouvons avec Étienne durant ce long discours, en suivant sa pensée depuis Abraham jusqu'à Christ, le "Juste", en passant par Isaac, Jacob, les Patriarches, Joseph, Israël, Moïse, l’Égypte, Exode, le Sinaï, le Tabernacle, le désert, Josué, David, Salomon, le Temple, les Prophètes, il y a une seule chose qui se trouve de bout à l'autre dans la pensée d’Étienne, et cette chose unique est la clé de tout et est - plus que tout autre choses - ce qui explique , définit et caractérise Paul et son ministère. Cette chose unique est que Dieu est toujours, d'éternité en éternité, en train de poursuivre un but qui englobe tout. A travers la faillite humaine, l’obstruction humaine et satanique, et leur tentative de frustrer, par une variété et une multitude de voies, de moyens et de personnes dans toutes les générations et dans tous les âges, Dieu continue toujours d’avancer. Ses instruments désirés et choisis peuvent devenir une entrave plutôt qu'une aide. Des nations, des empires et des systèmes peuvent s'opposer et faire obstruction. Des circonstances peuvent sembler Le limiter , mais -- au temps marqué -- on Le trouve non dans un état d'abandon, mais toujours en train d'avancer. Il S'est formé un dessein et S'est fixé un but, et ce but sera atteint. Que les Juifs s'opposent, comme le dit Étienne : "vous vous opposez toujours au Saint-Esprit !" Tant pis pour les Juifs ! C'est là, la terrible conclusion du discours d’Étienne. Il y a d'autres traits caractéristiques dans ce dessein qui inclut tout le reste. Le dessein de Dieu est céleste, vaste, spirituel, éternel. Ni le Tabernacle dans toute sa beauté intérieure et sa concrétisation symbolique des pensées divines, ni le Temple de Salomon avec toute sa magnificence et sa gloire, ni Salomon, lui-même avec sa sagesse étonnante et toute sa richesse surabondante - dit Étienne - ne peuvent se rapprocher vaguement de ce vers quoi Dieu Se meut en relation avec Son Fils. Ce n'est pas "fait de main d'homme". Cela n'appartient pas à la terre.
Ce n'est pas la maison de Dieu. (Actes 7:48-49) Le Saint-Esprit se meut -- dit en fait Étienne -- étant toujours en mouvement vers ce qui est tellement plus grand, à tous égards.
Étienne, dans une seule heure glorieuse, a rencontré la force dévastatrice de la chose avec laquelle Paul fut toute sa vie aux prises, à savoir, l'incorrigible disposition du peuple de Dieu à amener en bas sur terre ce qui est essentiellement céleste et à l'y fixer; à cristalliser les choses spirituelles en des systèmes produits par l'homme; à saisir ce qui est de Dieu et en faire quelque chose de l'homme, quelque chose de légal, qui exclut le reste, et sous le contrôle de l'homme. Ce pourquoi Étienne prit position, et ce à quoi il rendit témoignage, cette "vision céleste" (cela devint l'expression de Paul) lui attira la haine la plus violente et le plus brutale de la part des intérêts religieux établis, dans toute la mesure où les systèmes étaient concernés, et derrière tout cela la haine la plus furieuse de Satan. Touchez aux traditions religieuses et aux ordres établis et vous découvrirez la même chose qu’Étienne a rencontrée : une jalousie qui provient de l'aveuglement à l'égard du dessein immensément plus grand de Dieu. D'une certaine manière vous serez lapidé ! Par ostracisme, l'exclusion, les portes fermées, la suspicion, et le faux rapport, toutes les choses qui se retrouvent dans le cas de Paul.

                   Avons-nous dit suffisamment de choses au sujet d’Étienne pour justifier et établir notre déclaration, qu'il était -- pour ainsi dire -- Paul par anticipation ? Étienne, lui- même, est un exemple de Dieu allant de l'avant en dépit de l'enfer et des hommes comme Paul le fut en plénitude lorsque les hommes ont fait disparaître Étienne. Nous reconsidérons notre déclaration du début à savoir, que la véhémence de l'antagonisme satanique est une évidence majeure du ministère particulier pour lequel Paul fut choisi.

                    Tout ce que nous avons dit, et beaucoup plus encore, bien sûr, sera mis en évidence dans notre examen du ministère de Paul lui-même, mais je suis sûr que nous avons commencé à voir quelque chose de sa signification.

                    Encore avant notre contemplation du ministère suprême et achevé de l'apôtre Paul, il y a plusieurs questions d'une valeur considérable, qui peuvent, par elles-mêmes, constituer un bref chapitre d'aide.


Chapitre 3

EXPLORANT LE PAYS

                     Alors que le peuple songeait à entrer dans le pays de l'Alliance et de la Promesse, des espions y furent d'abord envoyés en deux occasions. Le premier envoi fut désastreux car ce fut la décision du peuple gouverné par l'intérêt personnel, et bien que Moïse ait accédé à leur demande, que le Seigneur ait acquiescé, le mobile secret fut révélé par la suite. Après une longue et profonde discipline, le principe du "bon plaisir de Seigneur" était présent et la foi triompha. Les espions peuvent partir accompagnés de l'approbation et de la bénédiction lorsque le mobile est la gloire du Seigneur, non celle de l'homme. Nous croyons vraiment que le changement entre la première épitre aux Corinthiens, au chapitre 10, et celle des Éphésiens, des Philippiens, des Colossiens, correspond à celui entre la première et la seconde exploration du pays.Que la nôtre corresponde à la seconde tandis que nous contemplerons le pays glorieux !

Voici quelques-unes des considérations préliminaires :

                    1  Paul -- tandis qu'il écrivait -- était lui-même conscient que ce qui lui avait été montré par le Seigneur dépassait son pouvoir d'expression. Les mots mêmes : "les richesses incompréhensibles" implique ce que nous disons. L'adjectif pourrait correctement être traduit par "introuvables", ou par "inexplorables".  Ces choses se situent au-delà de ce qu'on peut trouver, explorer, sonder. Paul savait qu'il tentait une tâche impossible. Il demandait aux croyants d'Asie de prier pour lui "...afin qu'il me soit donné, quand j'ouvre la bouche , de faire connaître... le mystère." (Éphésiens 6:19) Il était en travail pour exprimer l'inexprimable, pour sonder l'insondable, pour comprendre l'incompréhensible. Le paradoxe de prêcher ce qui est intransmissible caractérise ses derniers épitres. Si cela est vrai de cet homme, que pouvons-nous faire de plus que de regarder à distance ! 

                    2  Ce que Paul se mit à faire et ce qu'il ne se mit pas à faire. Paul -- dans ces derniers écrits -- ne se mit pas à écrire un traité sur un thème ou sur un autre, sur un sujet ou sur une doctrine. C'est toute la différence sous ce rapport entre Éphésiens et les "Galates" ou les "Romains". Aucune menace particulière à la foi ne l'a conduit -- comme dans ces épitres -- à écrire celle-ci, la plus grande de toutes, quoique cela puisse être partiellement vrai des "Colossiens". Dans "Éphésiens", Paul n'est pas en train de "raisonner", d'argumenter, de débattre contradictoirement. Il n'est pas en train d'énoncer sa "philosophe du christianisme". Il a une vaste et riche connaissance des philosophies et des idées religieuses du monde dans lequel il a évolué. Mais il n'avait pas l'intention de s'occuper de ces choses-là ou de comparer les autres religions au christianisme. Ce que Paul fit, dans cette épitre destinée à l'Asie, et, par leur moyen, à tous ceux avec lesquels l'Asie était en contact (et inconsciemment à nous) devait constituer une puissante proclamation. Nous avons ici un homme faisant une proclamation. Avec un cœur trop rempli pour pouvoir articuler, il est simplement en train de pousser un "cri". C'est comme une annonce urgente et impérative pour laquelle le micro est trop faible et inadéquat. Ce n'est pas quelque chose qu'il avait imaginé , et qui était le produit de son grand cerveau. Il l'attribuait à une "révélation" qui lui avait été donnée par l'initiative de Dieu. Ce qu’il est en train de rédiger est une présentation vitale et, dans en sens, achevée du long processus de la révélation personnelle de Dieu. Elle renferme la révélation pleine et finale de Dieu, de Son dessein éternel. C'est parce que c'est de cette nature que Paul tombe à genoux et prie une prière spéciale en faveur de ses lecteurs (1:15-17). C'est à cause d'une loi établie et inaltérable et d'un principe qu'il a énoncé ailleurs  (1 Corinthiens 2:14-16) d'une manière tellement claire et catégorique, à savoir, que les choses spirituelles, les choses de l'Esprit, ne peuvent être saisies que par des gens spirituels, le peuple de l'Esprit. Nous devons développer ceci, mais tout ce qui est devant nous, dans cette épitre, ne sera rien de plus que des mystères écrits, si nous ne prions pas cette même prière, pour cette même nécessité, avant que nous allions plus loin.

                    3  Les dernières épitres, étant tellement vastes en substance, rassemblent naturellement en allusion, sinon en nouvelle formulation, beaucoup de questions abordées incidemment dans les premières épitres. Ainsi, en allusion, nous avons des points vitaux se trouvant dans les Romains, les Corinthiens, les Galates, etc. Cela demanderait beaucoup de temps et de place pour relever et présenter les exemples. Quelques mots importants sont une indication, des mots tels que : "rédemption", "spirituels", "fils", "grâce", adoption", "prédestinés", etc.

                    4  Notre méthode sera différente de celle habituellement employée pour l'étude de ces (et des autres) épitres. Pour que ceux qui étudient la Bible obtiennent une connaissance rapide des livres, facile et simple, les épitres sont habituellement réduites par les docteurs de la Bible à des canevas, selon le contenu et les sujets principalement mentionnés. C'est une méthode très précieuse et très utile. Ainsi nous avons de tels canevas et analyses utiles (des Éphésiens) comme ceux du docteur Campbell Morgan: L’Église -- 1. La vocation céleste. 2. La conduite terrestre, chacune de ces deux sections étant divisées en trois autres. Ou nous avons ceux de Ruth Paxon : Les richesses, la marche, et la guerre du chrétien, ou de ce petit livre de Watchman Nee : Être assis, marcher, tenir ferme. Nous n'avons pas la pensée que nous pouvons d'une manière ou d'une autre améliorer de telles analyses car ce n'est pas la méthode que nous employons et nous nous empressons de le dire. A partir de ce qui suit, il ne vous sera pas donné "une vue à vol d'oiseau", ainsi que nous désignons habituellement une vue générale des choses
....à moins que ce soit celle d'un aigle qui voit les vastes étendues à de hautes altitudes. En ce sens, les "Éphésiens" reprennent l'aspect de l'aigle des chérubins --le mystère et l'aspect céleste. Notre méthode consistera -- pour ainsi dire -- à survoler autour de quelques éminences s'élevant de ce paysage ou, pour être fidèle à notre titre, à rester à contempler avec émerveillement quelques-unes des "richesses insondables de Christ" qui sont présentées dans ces derniers écrits, en particulier dans les "Éphésiens".

                    Ceci, donc, est ce que nous voulons dire par "explorant le pays". Au maximum, nous ne pouvons qu'entrevoir les grandeurs qui sont renfermées dans cet épitre. Même si nous pouvions les voir, étant libres de tout préjugé, parti pris et influences naturelles, nous retournerions remplis du même émerveillement et de la même assurance, comme le firent les espions de la seconde investigation

Chapitre 4

LES RICHESSES INSONDABLES DE CHRIST

                      Nous n'irons pas très loin dans la signification pratique et la portée de ce grand dévoilement jusqu'à ce que nous ayons en main la clé. Une fois que nous aurons cette clé tout sera expliqué quant à son dessein et sa valeur. D'une manière assez étrange, cette clé se trouve sous la forme d'un petit préfixe qui -- malheureusement -- n'apparaît pas dans nos traductions. Il se présente deux fois dans les "Éphésiens" (dans des liens de première importance); quatre fois dans les "Colossiens"; une fois dans les "Philippiens": dans les deux épitres à Timothée et dans les "Hébreux" (le fait que Paul aurait réellement écrit les "Hébreux" n'est pas débattu, mais nous n'avons aucune hésitation à dire que son influence et sa conception s'y trouvent nettement) Dans notre traduction nous avons le mot connaissance, dans Éphésiens 1:17 et 4:13; dans Colossiens 1:6,9,10; 3:13. Philippiens 1:9. Mais dans ces épitres et  dans les autres mentionnées le mot (dans le grec) a le petit préfixe epi. Epi signifie "plein", et tandis que "connaitre" se présente à lui seul dans bien des endroits du Nouveau Testament, il signifie -- habituellement -- le commencement de la connaissance comme : "Or la vie éternelle c'est qu'ils te connaissent toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ." (Jean 17:3). Mais quand nous avons fait des progrès depuis le commencement et que nous sommes parvenus à plus de maturité, comme dans les épitres de Paul ultérieures, ce qui est place devant nous est "la pleine connaissance" (Epi-gnosis). Donc, ce pour quoi Paul prie, dans Éphésiens 1:17, est que les croyants qui ont déjà avancé en connaissance, parvienne à la pleine connaissance. C'est le mot de la maturité. Ceci est donc la clé à tout ce qui est présenté ici, et ce qui est présenté est ce qui constitue la pleine connaissance. Tout ce que nous ajouterons ensuite est que cette connaissance, ou cette pleine connaissance, n'est pas mentale, intellectuelle, académique ni acquise par la lecture, l'étude, par ce que l'on entend (quoiqu'elle puisse venir par un tel moyen) mais, comme Paul le souligne, c'est par une révélation du Saint-Esprit. Pour nous maintenant, étant donné que les Écritures ont été achevées, une révélation n'est pas quelque chose en plus des Écritures, mais une révélation ou une illumination quant à ce qui se trouve dans les Écritures, est cela est inépuisable. Nous y reviendrons ultérieurement.

Notons quelques-uns des :


PRINCIPAUX TRAITS CARACTÉRISTIQUES DE LA 
RÉVÉLATION FONDAMENTALE

                    Quand aux circonstances par lesquelles l'apôtre Paul est passé pour acquérir la pleine connaissance qu'il a eue, nous pouvons dire deux choses que l'on sait. La première d'entre elles a été d'ordre très général : "...un esprit de sagesse et de révélation dans la pleine connaissance de Lui-même; qu'il illumine les yeux de votre cœur..." etc. C'est là le droit de naissance de chaque croyant, mais cela dépend de l'obéissance à toute la vérité ou lumière déjà accordée. C'est à quoi Jean fait allusion : "...l'onction que vous avez reçue... vous enseigne toues choses..." (1 Jean 2:27) Mais, dans le cas de Paul, en raison de sa fonction spéciale de "dispensateur", il lui fut accordé des révélations spéciales, comme quand il fut ravi (en vision, en songe ou en extase) jusqu'au troisième ciel et qu'il entendit des paroles ineffables. (2 Corinthiens 12) Si nous suivons cette pensée inspirée et illuminée de l'apôtre, nous serons conduits dans les "âges" et à travers les "âges" de l'éternité passée à l'éternité encore à venir. Il nous sera donné un aperçu de ce qui a eu lieu dans ces ères, et de ce que fut, est et sera la caractéristique de chacune.                 

Il y a quatre de ces ères auxquelles il fait allusion :

1. "Avant les temps éternels;
2. de la création à Christ -- l'ère de l'Ancien Testament;
3. de l'incarnation à la consommation de cet âge;
4. "les siècles es siècles".

                   Entre le premier point et le deuxième, il y a un événement qui a affecté tout le cours et le caractère des choses depuis le premier point jusqu'au troisième, comme nous le verrons.


AVANT LES TEMPS ÉTERNELS

                 Il doit être noté que l'apôtre avait à peine commencé cette épitre (aux Éphésiens) et tout juste donné cours à cette révélation retenue en lui-même, qu'il a emmené ses lecteurs et a remonté tout le temps passé, les introduisant dans ce qu'il a appelé "avant la fondation du monde". C'est le langage qu'il a utilisé plus d'une fois : "avant les temps éternels"; "avant tous les siècles" (2 Timothée 1:9; Tite 1:2). Ayant effectué ce long survol des siècles et des millénaires passés en remontant le temps, il a indiqué ce qui a eu lieu dans ce passé sans date. Deux choses sont mises en évidences et établies. Dans les conseils de la Divinité, le Fils de Dieu fut désigné et nommé comme étant la Sphère éternelle de tout ce qui serait de Dieu. "En Lui" se trouve la définition (Éphésiens 1:4). L'apôtre utilise deux cent fois ce terme dans ses écrits, sous des formes variées. L'écrivain de l'épitre aux Hébreux établit la même chose par des mots précis : "Il l'a établi héritier de toutes choses" (Hébreux 1:2). Ce n'est pas la connaissance exclusive de Paul. Jean et Pierre parlent tous les deux de la même chose quant à la position éternelle du Fils de Dieu. Mais Paul en dévoile beaucoup plus. Là, donc, premièrement "avant les temps éternels", le Fils de Dieu -- soit maintenant, le nom qui devient le Sien si longtemps après : "Notre Seigneur Jésus-Christ" (Éphésiens 1:3) fut établi comme le domaine inclusif de tout ce qui appartient à Dieu. Comme une race "en Adam" (1 Corinthiens  15:22) ; comme une nation se trouvait dans la seule postérité d'Abraham (Romains 4:13, etc.); et comme la moisson se trouve dans le simple grain de blé, de même le Fils de Dieu serait le contenu de tout ce qui serait en fin de compte de Dieu. De même, l'apôtre associe les personnes à la Personne : "Il nous a élus en Lui". Ceci était inclus dans les délibérations divine. Ce concept ne nous est pas inconnu. Jésus Lui-même en a fait référence: "...à cause des élus ... (en anglais, dans cet exemple et les suivants, le mot élu est au singulier et désigne un ensemble de personnes), "...au point de séduire, s'il était possible, même les élus", (Matthieu 24:22,24). "Et Dieu ne ferait-il pas justice à Ses élus ...?" (Luc 18:7), etc. Pierre emploie aussi ce terme (1 Pierre 1:2). Dans ces conseils éternels, un "peuple", un "corps", une "nation", fut établi et assuré, qui devait précisément exister pour justifier la place du Fils. Non, nous n'allons pas nous lancer dans une discussion à propos de la "prédestination". Tout ce que nous dirons simplement à ce sujet, est que deux choses gouvernent cette question de l'élection divine. La première est qu'elle est corporative; c'est un "Corps" et, tout comme un corps physique fut préparé pour le Fils de Dieu dans l'incarnation -- "...tu m'as formé un corps" (Hébreux 10:5) __ de même un "Corps" corporatif Lui fut préparé. Cela était aussi essentiel qu'il l'est pour un esprit de revêtir en fin de compte un corps. (Nous en dirons davantage plus tard) L'autre chose qui gouverne, est que cette élection ne concerne pas le salut, bon gré mal gré, mais un dessein. Ceci est fondamental dans tout cet épitre aux "Éphésiens". Vous voyez combien le "dessein éternel" a une place large et puissante dans la pensée de Paul et dans ses écrits. C'est ce "dessein" qui détermine tant les voies de Dieu ! Les exhortations, les admonitions, les encouragements, les avertissements, les supplications sont tous en relation avec son "dessein" dans le salut. Combien de choses immensément nombreuses se trouvent liées à cet écartement du voile sur ces conseils éternels ! D'eux viennent les délibérations et les activités de Dieu : "...celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté", "...selon le bon plaisir de sa volonté" (Éphésiens 1:11, 5, etc). Voyez également Romains 8:28-30. 

                    Nous devons cependant nous rappeler qu'il y a une chose absolument prééminente et prédominante qui détermine tout et de laquelle toutes choses découlent et avec laquelle toutes choses sont en relation. C'est cette seule chose qui explique tout ce qui se trouve dans cette épitre et dans toutes les Écritures. C'est la place du Fils de Dieu. Cela explique, en effet, la Vocation, la Conduite, le Conflit. Ceci, donc dans l'éternité passée et depuis lors, se dresse au-dessus de tous les temps et de l'éternité à venir, affectant, déterminant, gouvernant "toutes choses". Pour prouver le bien-fondé de ceci, il est seulement nécessaire de parcourir cette épitre et de noter combien souvent le Seigneur Jésus est effectivement mentionné. Son nom personnel est mentionné quelque quarante-quatre fois, outre cela, notez les nombreux pronoms et adjectifs se rapportant à Lui -- "Il, "Lui", "son" et "Qui".


Chapitre 5

L’INTERMÈDE TRAGIQUE

                    Nous avons mentionné qu'entre "avant les temps éternels" et la première ère du temps, quelque chose a eu lieu, qui a affecté tout le cours des évènements, d'une manière tragique. La Bible a beaucoup à dire à cet égard, mais Paul, dans ses trois derniers épitres (en excluant celles à Timothée, à Tite et à Philémon) accorde à cet évènement une place et un sens fort. Nous faisons allusion à l'intrusion dans l'univers.


DU GRAND SCHISME

                    Quant à l'épitre particulière dont nous sommes occupés, il y a trois allusions à cette interruption cosmique.

                    La première allusion, et c'est un facteur suprême dans l'importance de Christ, se trouve dans une expression très brève. Le contexte plus complet est le suivant (chapitre 1:9-10) "nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, (Christ) pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre." La clause dont nous avons besoin : "réunir toutes choses en Christ".


                    Le mot "réunir", (un long mot composé grec) signifie "ramener et rassembler autour d'un point principal c'est-à-dire, "en Christ". Il s'agit de ré-rassembler "toutes choses". Dans l'épitre sœur, celle aux Colossiens, Paul dit : "Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre" (1:16). Ceci signifie qu'à l'origine toutes choses se trouvaient dans le Fils de Dieu. Et s'il fut nécessaire de préciser que dans la plénitude des temps toutes choses seraient ré-rassemblées, ou ramenées, ou réintroduites en Lui, cela signifie clairement que quelque chose s'est produit en vue de saisir les choses et de les Lui enlever, ou de les éloigner de Lui. Oh, que de choses il y a, qui indique cela ! Jésus a dit qu'Il était venu "chercher et sauver ce qui était perdu". Il a donné une parabole des méchants vignerons qui ont tué l'héritier afin de s'approprier l'héritage. Il a dit que : "Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et de brigands..." (Jean 10:8). C'est un aspect de la vérité qui a une immense somme d'enseignements dans les Écritures. Quelque chose fut accompli en vue de voler au Fils de Dieu Sa place et Ses droits dans le dessein éternel de Dieu, rendant nécessaire de -rassembler, de recouvrer, de unir. Nous y reviendrons plus tard.

                   La deuxième chose indiquant ce grand évènement et l'introduction de la rupture, est l'état, la condition contre laquelle se dresse le dessein révélé de cette épitre. C'est une situation horrible.

                    "...morts par vos offenses et vos péchés," "...vous marchiez... selon le prince de la puissance de l'air, de l'esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion... selon les convoitises de notre chair... par nature des enfants de colère" (Éphésiens 2:1-3) "...en ce temps-là sans Christ (notez cela; en anglais : séparés de Christ) ...sans espérance et sans Dieu dans le monde" (2:12) "...comme les païens qui marchent selon la vanité de leurs pensées. Ils ont l'intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu... ayant perdu tout sentiment...livrés au dérèglement pour commettre toute espèce d'impureté..." (4:17-19). Comment tout ceci s'est produit, quand, à l'origine, toutes choses se trouvaient dans le Fils de Dieu ? Tout ceci se trouve en dehors de Christ et séparé de Lui ! Assurément, nous pouvons dire ceci : "C'est un ennemi qui a fait cela".

                    Très bien : passons à la troisième chose qui, dans cette épitre, indique le grand schisme. Combien les paroles sont bien connues, mais combien peu connaissent leur vaste contexte sinistre : "Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes...résister...tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme..." (Éphésiens 6: 12-14) 

                    Les relations entre le Fils de Dieu et une certaine puissance méchante et ses armées ont été rompues et interrompues à tel point qu'il ne peut y avoir aucune conciliation, aucun compromis, aucune association, jusqu'à ce que ce système du mal ait été détruit sans remède. Ce grand schisme a commencé quelque part en dehors de cette terre. Il a ensuite envahi la terre, et il a été la source et la cause de tous les schismes et les ruptures dans l'histoire. La Bible qualifie du nom de Satan, le diable.

                    Depuis un certain temps, le rationalisme, la théologie libérale, la psychologie et certains philosophes ont tourné en dérision l'existence de la personne du diable. Et ce que la Bible lui attribue, a été interprété comme étant simplement des névroses et des complexes. Ce qui revient à dire que le mal n'est pas quelque chose qui est en relation avec des esprits mauvais ou un "Satan". C'est un désordre nerveux ou au mieux, un désordre qui est en train de se réaliser. La démonologie est simplement une forme de mythologie. Ainsi, Satan a réussi un coup de maître en persuadant les hommes à croire qu'il n'existe pas. Mais le monde a reçu quelques chocs durant l'histoire récente et il y a eu un dévoilement absolument terrible de la malignité la plus abominable dans ce monde et dans la conduite des êtres humains. Non seulement dans ces domaines qui sont appelés "sauvages", "non civilisés", "arriérés", mais en ce qui concerne la pure méchanceté, l'atrocité et la cruauté calculée, rien n'a jamais été pire que ce qui s'est fait parmi ceux qui ont été considérés comme des peuples "cultivé" et évolué. Leur progrès (?) très scientifique a été utilisé pour les horreurs les plus exécrables. Nous pourrions écrire de nombreuses pages sur ce thème, mais nous nous en abstenons. La Bible est terriblement prouvée tandis que le cours de ce monde se poursuit, et pas de la moindre façon, dans son dévoilement d'une puissance personnelle mauvaise, malveillante à l'égard du genre humain et particulièrement de ceux qui sont alliés au Fils de Dieu.Le combat pour l'unité est un conflit douloureux à fendre le cœur. La rupture des nations se poursuit rapidement, et parmi le peuple de Dieu, il n'y a rien de trop sacré pour échapper à cette détermination cosmique de désorganiser la plus petite approximation de communion fraternelle divine. Bien sûr, il y a de nombreuses "sociétés" et "confréries"  qui sont laissées en paix, mais ce n'est pas un compliment si Satan n'est pas inquiété. Ne commettons pas d'erreur à ce sujet. La Bible ne nous laisse dans aucun doute, quant à la fin de cet âge, chaque élément de l'univers revêtira des traits caractéristiques manifestes d'intensification. Ceci, bien sûr, n'est logique que si la fin est plénitude à tous égards. Quelle que soit votre interprétation du chapitre douze de l'Apocalypse, nous devons noter que le raccourcissement de l'exercice du pouvoir de Satan est marqué par sa venue en bas sur cette terre, étant animé d'une grande colère (12:12)

                   Mais retournons aux "Éphésiens", le grand sommaire de l'histoire spirituelle. Nous devons noter en particulier que l'apôtre fait ressortir, dans un exposé complet et précis, que l’Église -- le Corps de Christ -- est impliquée dans une guerre des âges, et il introduit tout ce qu'il a écrit en ceci. C'est comme s'il disait : "Tout ce que j'étais en train de dire en ce qui concerne les conseils éternels de Dieu : la place et le but des élus -- le Corps de Christ; la rédemption de ce Corps et son union avec sa Tête; sa vie, son caractère, sa marche et son œuvre dans cette dispensation; et le grand but et le dessein établi de Dieu de réunir finalement toutes choses en Christ est l'objet et l'occasion d'un conflit cosmique immense, inlassable et allant toujours en s'intensifiant. Dans ce conflit des forces mauvaises invisibles et innombrables s'opposent farouchement au dessein et à tout ce qui est lié à celui-ci". Paul déclare que c'est à cause de ce ministères qui lui est confié : de faire connaître tout ceci, qu'il se trouve dans les liens et en prison. Il montre que cet antagonisme de la part des intelligences spirituelles, sera dirigé contre tout ce qui est lié à cette dispensation. Et il donne à entendre que si les ministères ne sont pas simplement des "départements" ou des aspects du christianisme, mais font entièrement partie d'un tout corporatif, solidement déterminé à poursuivre un seul but (Éphésiens 4:13), ce caractère corporatif constituera la plus sérieuse menace à ce royaume du mal, de manière à provoquer son effort envenimé --aux multiples aspects -- pour le morceler et le neutraliser. L'apôtre définit cette opposition comme des "ruses du diable". Puis il dresse l'un face à l'autre l'armure de Dieu et les ruses du diable. C'est la provision de Dieu pour affronter les "ruses" du diable. Par un moyen symbolique, il montre la nature des ruses. Du côté positif, divin, les points d'attaque sont montrés comme étant la "vérité", la "justice", la "paix", la "foi", le "salut", la "parole de Dieu". Contre toute forme de mensonge subtil, Dieu fournit la ceinture de l'Esprit de VÉRITÉ. Contre les accusations et les condamnations du cœur, Il fournit "la JUSTICE de Dieu qui est par la foi en Jésus-Christ". Contre la peur qui rend la marche chancelante et incertain -- la tête -- Il fournit le SALUT par grâce, les pieds peu assurés, Il fournit "la PAIX de Dieu qui surpasse toute intelligence". Contre les suggestions, les pensées, les idées, les imaginations et les raisonnements qui assaillent l'intelligence -- la tête, Il fournit le SALUT par grâce. Contre les attaques sur la véracité des promesses de Dieu, Il pourvoit le Saint-Esprit de répliquer et de riposter avec la sûre PAROLE. "Par-dessus tout" , et relié à tout, Il dit : "dans tout le lot de choses que vous prenez, prenez le grand bouclier de la FOI". Mais, remarquez, Dieu ne met pas toute cette provision sur Son peuple. Il y pourvoit et et lui dit ensuite : "Prenez". Il doit y avoir un acte de la part des croyants, car l'élément de passivité n'est pas compatible avec une telle guerre. Plaise à Dieu que, lorsque ces traits enflammés commencent à voler, nous saisissions instinctivement l'arme de défense appropriée ! Peut-être devrions-nous délibérément les avoir toujours sur nous.

                   Comme nous avons dit que Paul, dans ses dernières épitres, a apporté une place importante à ce conflit des âges, nous ne pouvons pas terminer ce chapitre sans une référence aux "Philippiens". Dans les "Colossiens", c'est évident  (voir 1:3, 20; 2:15), mais dans les "Philippiens" c'est davantage par déduction et allusion. Nous croyons que lorsque Paul, écrivant à propos du dépouillement délibéré du Fils de Dieu, a dit que : "existant en forme d Dieu, il n'a point regardé son égalité avec Dieu comme une proie à arracher, mais il s'est dépouillé lui-même..." (2:6), l'apôtre faisait allusion à l'orgueil et au désir ambitieux de "Lucifer" d'être semblable au Très-Haut (Esaïe 14:14; Luc 10:18). Si ceci est une interprétation juste, (cf 2 Pierre 2:4 et Jude 6), alors la scène de Philippiens 2, en restant fidèle à tant d'autres enseignements dans le Nouveau Testament, est celle du Fils de Dieu devenant le Fils de l'homme, prenant la forme d'un homme pour régler cette bataille avec l’usurpateur.

                    Et dans la même épitre (Philippiens 3), Paul, un "bon soldat de Jésus-Christ, se met à montrer que le chemin de la victoire est celui dans lequel on "regarde toutes choses comme une perte".

                  Résumons : "Avant la fondation du monde" des conseils divins ont lieu. Ils sont appelés "le bon plaisir de Sa volonté", "le mystère de Sa volonté", "le plan de Celui qui opèrent toutes choses d'après le conseil de Sa volonté", "le dessein éternel.  (Éphésiens 1:4, 5,9,11; 3:11). Durant ces délibérations, certaines décisions très précises furent prises. Ces décisions étaient doubles.

                  1. Le Fils de Dieu fut "établi héritier de toutes choses", et comme étant la sphère et le domaine de toutes choses. (Hébreux 1:2; Éphésiens 1:10, 11)


                 2. Un peuple fut "élu" en Lui (le Fils) pour être le complément de Lui-même, le vase corporatif de Son expression et de Son administration, et fut désigné par les termes : Son Corps, Son Épouse, Son Église, etc; une vocation exprimant la conception de cette élection e de cette prédestination. (Éphésiens 1:4; 5:25-32; 4:1) 

                   3. A la suite de cette double désignation et élection, une révolte eut lieu parmi un grand nombre d'êtres célestes, conduite par un seul être se trouvant dans une très position, située probablement très près du sommet. L'orgueil et la jalousie à l'égard de l'établissement du Fils furent les causes de cette révolte, "l'égalité avec Dieu" étant la place aspirée par cet être haut placé. Cet être et les armées complices avec lui furent chassés du ciel et "n'ont pas gardé leur première condition" (Jude 6 selon une version anglaise). Le schisme, la rupture et la division dans le ciel, accompagnés de la colère de Dieu demeurant sur eux, ont inspiré une inimitié impérissable et éternelle chez ce chef, contre le Fils de Dieu et le genre humain, en tant que vase intentionnel et potentiel de Sa gloire. Ainsi, le genre humain fut attaqué peu de temps après la création, et une inimitié particulière fut concentrée contre la lignée de ceux qui ont maintenu la foi en Dieu et ont manifesté quelques traits caractéristiques du Fils de Dieu. Comme primitivement, ainsi à travers tous les âges, l'unique objectif et l'activité de cet adversaire funeste ont été de désorganiser, de diviser, de désintégrer l'humanité, et plus particulièrement les "élus", le peuple de Dieu. Par un tel objectif, l'intention est de neutraliser le dessein de Dieu et son vase choisi et établi. Dans cette bataille qui s'intensifie, la véritable Église est exposée à se trouver grandement impliquée. Dieu a pourvu à une pleine provision pour que l’Église affronte et résiste à ce grand ennemi. C'est un résumé général de l'enseignement effectif des implications d'un aspect de cette "épitre aux Éphésiens".

Chapitre 6

L’ÈRE DU SECRET CACHÉ


"Il n'a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations...

"...caché de toute éternité en Dieu..."  (Éphésiens 3:5,9) 

"...caché de tout temps et dans tous les âges..."  (Colossiens 1:26)

                    Il sera remarqué que nous avons choisi l'autre mot par rapport à celui qui se trouve dans les versets appropriés, c'est-à-dire "secret" au lieu de "mystère". Notre raison d'agir ainsi est d'éviter la nécessité de passer beaucoup de temps à expliquer que Paul ne pensait pas en termes de mystères des religions païennes et ne faisait pas du Christianisme un autre mystère en tant que tel, avec des différences. Il ne pensait pas non plus à quelque chose de mystérieux. Nous avons entendu certains parler de "Christianisme mystique" et  du "Corps mystique de Christ". Nous ressentons que de telles expressions sont dangereuses parce qu'elles ouvrent la porte de l'intelligence au mysticisme qui est une fausse spiritualité. Le mysticisme a conduit des multitudes de gens dans une position complètement fausse et de personne trompée en ce qui concerne le Christianisme. Nous désirons dire ici avec une grande force que, contrairement à beaucoup de fausses définitions de l'épitre aux  Éphésiens, cette lettre se situe dans un domaine entièrement différent du mysticisme. ! Elle est intensément réelle et pratique, et il n'y a aucune allusion à ce propos. L'usage du mot "secret" devrait être facilement compris, tandis que le mot mystère suggère à l'intelligence ordinaire quelque chose qui est peu accessible à la compréhension. Par "secret", nous voulons dire simplement que quelque chose n'était pas connu, mais caché, ou gardé en réserve. Nous préciserons notre pensée en poursuivant notre méditation. Dans ce chapitre, nous sommes principalement concernés par le fait du secret, non pas par sa nature, ce qui sera le sujet du chapitre suivant. Quant au fait, nous voulons dire que cela a précisément existé et a toujours été, et en toutes choses, la grande réalité dans la pensée de Dieu. En effet, cela était implicite, sinon explicite, dans toutes les voies et les moyens de Dieu. Ce n'est pas un mythe, mais une réalité positive. C'est la signification cachée des voies de Dieu et des moyens qu'Il employait. Nous, à qui le "secret" ou le "mystère a maintenant été dévoilé, nous trouvons très difficile d'avoir recours à l'Ancien Testament sans accorder cette signification. Mais aux gens de cette dispensation- là, à quelques exceptions près de lumières partiellement accordées, seuls les événements, les instruments et les objets étaient connus. Ils faisaient et employaient des choses parce qu'il leur était commandé d'agir ainsi. Leur système entier -- accordé par Dieu -- était objectif, extérieur. Même là où il y avait sincérité et même quand il y avait dévotion, révérence et zèle, c'était à l'égard d'une forme extérieure et avec des moyens extérieur. Le cœur pouvait y être présent et il pouvait y avoir une forte conviction que cela était juste, et cependant, en outre, la vraie compréhension spirituelle était absente. Ce manque de compréhension spirituelle pouvait -- et cela se produisit souvent -- signifier une conception erronée, et cette conception conduisait à un comportement dur et même cruel.

                  Ce fait ressort de façon éclatante dans les jours où le Fils de Dieu se trouvait ici- bas dans la chair. Il semblerait presque que l'Esprit de vérité avait -- entre autres -- l'intention délibérée, en inspirant les Évangiles, d'exposer ce terrible fait que les hommes pouvaient être dévoués entièrement et avec acharnement à des choses extérieures et objectives de tradition, de rituel, de dogmes etc.., et en même temps être complètement éloignée de leur signification spirituelle et de leur valeur. L'apôtre, dont nous nous entretenons, était jadis une de ces personnes. Il a dit qu'il avait cru devoir agir vigoureusement contre Christ. Et il a agi de façon véhémente dans ce qu'il croyait selon son interprétation, sa compréhension de la Bible. C'est exactement sur ce point que l'apôtre a concentré sa révélation quant au changement d'une ère à l'autre dans l'économie divine. C'est la signification de ses paroles en ce qui concerne le mystère caché depuis des âges et des générations. Il savait, et personne ne savait mieux que lui, la nature et les traits caractéristiques de cette économie de l'Ancien Testament. C'était une économie de formes extérieures : un rituel, des vêtements, des liturgies, des formalités, des lieux particuliers, c'est-à-dire des bâtiments et des localités; des hommes habillés de façon différente par rapport aux autres hommes, des noms et des titres, des classes religieuses et mille et une autre choses qui venaient régler le système religieux; des ordres, des ornements et une marche à suivre. C'était le système visible, du tangible, du temporel et du palpable. Les processions des grands prêtres et des assistants, parés de robes, de turbans et munis d'encensoir, etc. C'était très merveilleux, élaboré, attrayant, impressionnant. Cela était très familier pour Paul dans son ancienne vie, et c'était juste les choses, à côté desquelles, il n'y a rien de comparable.

                    Or, quelque chose s'était produit, qui faisait de tout cela un système d'ombres, sans la substance : cela --pour lui -- s'était éloigné de la réalité, appartenait à un passé et relevait de l'enfance. Oui, il le décrit très bien dans son épitre aux Galates. Pour lui, tout report de ce genre de choses était un manquement dans la perception de la pensée de Dieu, un échec dans la "croissance", un manquement dans la compréhension spirituelle, un attachement à des choses puériles, en un mot : une contradiction à la signification même de Christ et de la venue du Saint-Esprit. Chez Paul, la révolution fut radicale, et tandis qu'il aimait les personnes se trouvant dans ce système proscrit, il ressentait âprement la fausseté de leur position. Ce sera dans notre prochain chapitre que nous chercherons à montrer en quoi consistait réellement ce qui était caché aux gens de cette ère-là et à ceux qui ont reporté, au-delà du temps fixé par Dieu, et même jusqu'à notre propre temps, les traits caractéristiques de cette ère-là dans un ère nouvelle, complètement différente.

                    Présentement, nous ne traitons que le fait inclusif que quelque chose était caché et demeurait dans cet état. Il y a une ou deux questions auxquelles nous devons en particulier faire allusion. L'une a trait à ce qui n'est pas caché dans cette ère-là. C'est nécessaire pour en venir au "secret" essentiel.

                    La venue et l'attente du "Messie", du "Christ" (le même mot selon les langues différentes) n'était assurément pas un mystère. Cette "postérité" avait été prédite dès qu'entra le péché (Genèse 3:15) et Moïse avait prophétisé l'apparition du prophète (Deutéronome 18:15). Les références à Sa Venue sont nombreuses : Sa naissance, Sa vie, Son onction, Ses Souffrances et Sa gloire.

                    Puis, il n'y avait aucun secret quant au salut prêché aux Gentils. Ce n'est pas une vérité exclusive du Nouveau Testament, ni une partie du mystère maintenant révélé. La même remarque est vraie quant au royaume de Dieu. Cela n'est pas manifesté dans le Nouveau Testament, comme un fait, pour la première fois. Il y a aussi d'autres choses dans le Nouveau Testament qui sont tout à ait manifestes dans l'Ancien.

                    Une autre chose a besoin d'être mise en relief comme inchangée dans les deux ères. C'est la loi de base de tout ce qui a rapport à Dieu. Une certaine confusion a pénétré les pensées de beaucoup de croyants en relation avec le changement et le passage de la loi à la grâce. Quand tout a été correctement dit quant au fait que nous ne sommes plus sous la Loi, mais présentement sous la grâce, l'idée que le principe fondamental a changé avec les dispensations, s'est glissée dans les pensées. Il n'en est pas ainsi. Le principe -- ou la loi -- qui est le même dans chaque ère, c'est la foi. La foi n'était pas moins la loi directive dans l'Ancien Testament qu'elle ne l'est dans le Nouveau; et pas plus dans le Nouveau que dans l'Ancien. Dans ce temps-là, ce n'était pas les œuvres par elles-mêmes qui justifiaient. Pour Abel, Hénoc, Noé, Abraham, ou pour quelque autre témoin de l'armée mentionnée dans Hébreux onze, ce n'est pas ce qu'ils firent qui leur permit d'accéder à Dieu (quoiqu'il y ait une signification en fait dans ce qu'ils firent) c'était la foi en Dieu qui était vertueuse. Les œuvres sans la foi sont aussi inefficaces que la foi sans les œuvres. Il n'y a aucun conflit entre Paul et Jacques. Ce sont seulement les deux côtés d'une même chose. (Jacques était peut-être plus légaliste que Paul). La clé de chaque approbation dans l'Ancien Testament est : "Il eut confiance en Dieu". C'est tellement évident que Dieu a placé cette loi au-dessous de toute chose et derrière toute chose. De très grands changements existent, il est vrai, entre les deux dispensations. Dans l'ancienne dispensation Dieu bénissait de manière temporelle et matérielle. Obéis à Dieu, sois fidèle aux commandements de Dieu, et la bénédiction sera sur ta "corbeille et ta huche", ta famille et ton champ. La prospérité sera sur tes entreprises et ton succès sera facilité. Mais au-dessous de tout cela se trouve la loi de la foi. Cela ne change pas avec le temps et les économies. Ce n'est pas un nouveau principe qui a été montré à Paul. Ceci n'a rien à faire, en particulier, avec sa "révélation". Le "secret" se tien au-delà de cette loi, bien que sa doctrine de la justification fût, de l'aveu général, une révolution et un bouleversement. Il ne fit vraiment foi que dans l’œuvre accomplie de Jésus-Christ, œuvre qui impose donc la clôture d'un vieil ordre des choses. Bien sûr, il faut beaucoup de temps et de pages pour élucider la doctrine de la justification de Paul, mais il a fait cela pour nous. Nous sommes en train de dire que le "mystère" tel qu'il fut particulièrement révélé à Paul n'est pas une idée nouvelle par rapport à la loi de la foi, quoique la base de la foi ait littéralement changée et soit passée des œuvres des hommes à l’œuvre accomplie de Christ. Les œuvre elles-mêmes ne justifient pas, mais l'homme justifié fait les œuvres de la foi.

                    Il est important et utile de savoir que, dans l'ère ancienne, Dieu ne travaillait pas avec une pensée différente de celle qui appartient à cette présente ère. Sa pensée est immuable dans Sa nature et dans Son intention. Si Sa méthode et Ses moyens changent, Ses pensées et Son objectif demeurent les mêmes d'éternité en éternité. Si dans une ère, Il cache Ses concepts essentiels, cela ne veut pas dire qu'ils ne se trouvent pas implicitement dans tout ce qu'Il choisit et utilise. Ce qui vient à la lumière dans la dispensation suivante, n'est pas nouveau dans le sens de ne jamais avoir été présent auparavant dans les activités de Dieu. C'est seulement ce en vue de quoi Dieu a été constamment à l’œuvre depuis le commencement. Ainsi, quand le secret est dévoilé, nous sommes à même de le voir dans toutes Ses voies envers des personnes, un peuple et des choses, dès le commencement. Il n'y a pas de réflexion après coup chez Dieu.

                    "L'autorité souveraine du ciel est semblable à UN TRÉSOR qu' UN HOMME a trouvé dans un champ et a CACHÉ, et dans sa joie il a vendu tout ce qu'il possédait et A ACHETÉ ce champ"    (Matthieu 13:44, selon une traduction libre)          

Chapitre 7

LE SECRET RÉVÉLÉ


3...Il a été révélé maintenant à ses saints apôtres et prophètes par l'Esprit";
"...selon le propos des siècles, lequel il a établi dans le christ Jésus notre Seigneur"  (Éphésiens 3:5, selon la version Darby)

                    Comme nous arrivons maintenant au cœur même de toute la question, il est nécessaire de répéter, premièrement, que l’apôtre Paul ne revendique pas l'exclusivité de la révélation du mystère longtemps caché. Tandis qu'il revendique assurément et positivement que cela lui fut révélé d'une manière spécifique et particulière, et que cette révélation a fait de lui un "dispensateur" particulier, et qu'il a été choisi et traité par le Seigneur d'une façon qui a spécialement trait à ce dessein, cependant il inclut "Ses saints apôtres et prophètes" dans la connaissance de ce secret longtemps caché mais maintenant dévoilé. Il est évident que Paul avait une plus pleine "compréhension" et peut-être une intelligence unique de ce secret, mais il n'est pas difficile de découvrir au moins des traces partielles de cette connaissance dans Pierre et Jean, comme cela est également vrai dans Étienne.

                    Nous devons souligner que l’Évangile de Paul n'est pas différent de celui prêché par les autres, et qu'assurément Paul n'avait pas deux Évangiles, un concernant le "salut" et l'autre concernant le "mystère. Combien souvent nous avons des chrétiens dire qu'ils étaient seulement intéressés par le "simple Évangile", "l'Évangile du salut", et qu'ils n'étaient pas intéressés par une "vérité ou un enseignement plus profond". Paul aurait été à la fois surpris et peiné d'entendre de telles paroles, car son Évangile était un. Et il aurait dit que la révélation la plus pleine et la plus profonde est l’Évangile. Il ne peut y avoir qu'une perte et une faiblesse tragique et grave comme résultat du fait de ne pas voir que "tout le conseil de Dieu" est l’Évangile. La position qui doit être tellement déplorée dans un grand nombre de chrétiens, est très largement due à une erreur : l'erreur de croire que ce n'est pas sage, sinon vain, de faire part de la grandeur et et de l'immensité de la révélation de Dieu en Christ à celui qui n'est pas sauvé ou aux jeunes chrétiens. Qu'ils soient mis au courant de la vaste étendue de ce à quoi ils sont appelés ! Un petit Christ et un petit christianisme produiront de petits chrétiens ! Quelques-uns des chrétiens les meilleurs et les plus forts que nous avons connus vinrent au Seigneur dans des rassemblements où la grandeur de Christ était exposé aux chrétiens, et des chrétiens placés dans des responsabilités. "Soutenir le simple Évangile" peut être un piège pour ceux qui ne sont pas réellement sérieux avec Dieu, et une concession pour leur plaire !

                    Au moment d'écrire ceci, nous sommes en plein chantier dans notre demeure actuelle. Les marteaux et les perceuses font un bruit à nous rendre presque sourds. Les ouvriers déclarent : "Cette maison est bien bâtie. Les briques ne sont pas simplement bien liées entre elles par du ciment ordinaire à base de sable, mais il s'agit du béton, et faire un trou est une tâche très ardue." L'édifice de Dieu ressemble à cela, tandis que les hommes bâtissent -- non pas pour l'éternité -- mais pour le temps présent. Mais, remarquez, ce n'est pas simplement un enseignement profond que nous soutenons, mais un dévoilement de Christ par le Saint-Esprit.

                    Cela nous amène au message et à la substance de cette épitre en particulier. En nous tenant devant elle, nous nous trouvons confrontés à quelques-unes des plus grandes questions et à certains problèmes parmi les plus grands auxquels les hommes se sont attaqués, et se trouvent encore en face, dans le domaine du christianisme. Cette épitre leur apporte la réponse, mais combien peu sont ceux qui voient la réponse, et encore moins nombreux sont ceux qui -- s'ils l'ont entrevue -- sont prêts à la suivre. En un temps de guerre quasi mondiale, il y a ces pays qui ne prennent aucune part dans le conflit et ils ont raté les honneurs parce "qu'ils n'étaient pas libres d'y participer". Des complications, des divisions internes et des engagements ont lié leurs mains et les ont rendus neutres. La peur, l'intérêt personnel et le défaut de reconnaître les grands intérêts moraux les ont maintenus comme "isolationnistes". Affirmons immédiatement que "l'épitre aux Éphésiens" représente la plus grande crise religieuse de l'histoire de ce monde. Elle nous dit que : de l'éternité passée est sortie la révélation d'un secret que Dieu avait tenu caché pendant tous les âges précédents. La révélation a introduit et inauguré une dispensation d'une importance et d'une signification plus grandes que celles de n'importe quel âge auparavant. Elle nous informe que pour la transmission de cette révélation, Dieu a choisi, préparé et désigné un instrument d'un genre particulier : quelqu'un formé par Dieu d'une manière particulière. Cet instrument -- Paul -- n'a jamais été ordonné ou désigné pour cet œuvre par des hommes, quoiqu'il fût reconnu et "envoyé" par l’Église. Il n'a jamais été enseigné ou préparé pour cette œuvre, par l'homme. Il a tout reçu du ciel directement et de première main. Il a été traité par le Seigneur d'une manière qui correspondait entièrement au dessein pour lequel il a été choisi. L'épitre qui se trouve devant nous va au cœur d'une question qui a occupé de façon grandissante la plus sérieuse réflexion de toute la chrétienté, et qui est peut-être davantage au premier plan aujourd'hui qu'en tout autre temps. C'est une question d'une très réelle importance pour tous les chrétiens mais, malheureusement, elle a été amenée à un niveau au-dessus de la personne ordinaire par un terme savant qui est très largement employé. Le mot ou le terme qui a été tellement utilisé depuis 1900 environ est "œcuménique", un mot d'une autre langue. Bien sûr, quelque chose qui fait impression est perdu si sa signification, qui est "universel", est employée; et son instrument actuel est ce qui est connu comme "le Concile mondial". Ce "Concile" s'applique péniblement à découvrir une solution au chaos et aux complications des divisions dans la chrétienté. Pendant des siècles, les divers groupes de la chrétienté -- appelés dénominations ou églises -- sont restés, avec ténacité, attachés au point de vue qu'ils tiraient chacun de leur origine d'une base d'autorité scripturaire et qu'ils étaient fondés sur cette base. Chaque division a fait cette revendication et trouve sa force dans cette conviction. Maintenant le slogan du "Concile mondial", ou du mouvement œcuménique, est qu'il faut se débarrasser de "ces divisions produites par les hommes". Pour l'une de ces grandes convocations, le sujet choisi était : "L'ordre de Dieu, le désordre des hommes". Celui-ci, par la suite, fut changé en  : "le désordre de l'homme et le dessein de Dieu". Mais chaque tentative pour résoudre ce problème, qu'elle soit d'ordre général, ou même restreinte aux évangéliques,  rencontre des difficultés insolubles, et le seul recours est d'être tolérant ou de transiger sur des questions d'une grande importance. Ainsi un nombre de compromis doit être introduit dans un programme pour l'unité. Le grand problème des divisions au sein du christianisme, est aussi désespéré quant à le résoudre par des recours humains, que les nombreux problèmes entre des races différentes.

                    C'est donc, la situation terrible que cette épitre traite et à laquelle elle répond. Nous avons déjà vu que ce grand esprit de schisme a eu son origine bien loin en arrière, à un moment sans date, dans le ciel, en divisant les armées angéliques en deux camps irréconciliables. Plus tard, il a entraîné la terre et a eu une longue, très longue histoire, en gagnant de la force et en prenant de l'ampleur dans des guerres qui toujours se multiplient et s'intensifient. Puis il a envahit le christianisme et l'héritage inéluctable est vraiment affligeant. Ainsi, ce n'est pas une petite affaire que cette épitre traite et à laquelle elle donne la réponse.

                    Nous avons également vu que le cœur de toute cette affaire est atteint et touché par une seule phrase qui résume l'intention de Dieu à la fin. Cette phrase est : "...pour l'administration de la plénitude des temps (savoir) de réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux, et les choses qui sur la terre, en lui..." (Éphésiens 1:10, version Darby) Mais, tandis que nous pouvons envisager cela comme la finalité, au-delà de cet âge, notre souci concerne cet âge. N'y a-t-il aucune issue ou aucun espoir pour au moins une approche de cela, maintenant ? L'épitre nous laisserait sûrement dans notre embarras si elle ne montrait du doigt qu'un âge futur sans aucune réponse à la tragédie présente. Mais, elle a la réponse. Cette réponse est fournie par différents moyens et de plusieurs manières. Peut-être la manière la plus simple, la plus directe et la plus utile sera de laisser Paul donner lui-même la réponse. Vu que l'apôtre fait de telles revendications fortes et catégoriques quant à sa propre révélation personnelle, le mieux sera d'examiner cette révélation et ce qu'elle produit dans la vie de cet homme. A la fin du chapitre quatre nous avons remarqué que le nom de la personne de Jésus-Christ est mentionné quelque quarante fois dans cette courte épitre, plus tous les pronoms et adjectifs possessifs : "Il", "Celui", "Lui", "Son". Ceci en soi, est une grande clef. Dans son épitre aux Galates, Paul a fait une déclaration en ces termes :

                    "...apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père...,"
                    "...je ne l'ai reçu... d'un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ",
                    "...lorsqu'il plut à celui  (Dieu)... de révéler en moi son Fils..."
(Galates 1:1, 12, 15, 16)

                    Dans l'épitre aux Éphésiens, qui est celle que nous considérons à présent, l'apôtre fait une très grande révélation : en effet, il base toute la "pleine connaissance" sur un "esprit de sagesse et de révélation". Très bien, donc la réponse à cette grande question qui est devant nous et qui est le sujet de toute cette discussion et cette délibération fébriles dans la chrétienté, se trouve dans la révélation et l’appréhension du Fils de Dieu. C'est entièrement une question de savoir si le Fils de Dieu a réellement été vu par une opération du Saint-Esprit ou non.

                    Le genre de vision auquel nous faisons allusion représente une époque, une rencontre, une révélation, une crise. Il n'y a aucun pouvoir sur cette terre, qui aurait pu changer ce Saul de Tarse violent, fanatique, sectaire, ce "pharisien, fils de pharisien", en "l'apôtre des Gentils" (Romains 11:13). Le persécuteur redoutable et intolérant et le destructeur de toutes choses et de toute personne liées à Jésus de Nazareth, fut changé en Son plus grand ami, avocat et dévoué ! Le raisonnement n'aurait pas pu produire cela. Ni la persuasion, ni la persécution, ni le martyr n'aurait pu réaliser cela ! Mais c’est arrivé ! Cette "conversion" a soutenu l'épreuve de toutes les persécutions, les souffrances et les adversités les plus terribles possibles à l'homme pour le restant de sa vie. Qui plus est, cela a fourni la substance du plus grand de tous les ministères apostoliques; d'une valeur intrinsèque telle que d'avoir poussé au maximum tous les efforts et de les avoir épuisés, à travers de nombreux siècles, pour sonder, expliquer, comprendre. Qu'est-ce qui a pu produire cela ? Paul répondrait : "...il plut à celui (Dieu) ... de révéler en moi son Fils..." , ou, en d'autres termes : "J'ai vu Jésus-Christ".

                    Juste à la base et à la source de la vie de cet homme s'est trouvée une "vision" qui a scindé sa vie en deux et l'a émancipé des chaînes étroitement serrées d'une puissante tradition. Il a dit : "Le Dieu de la grande parole créatrice, qui a dit : "Que la lumière soit, et la lumière fut, a brillé dans mon cœur, et par cet acte et cette lumière, j'ai vu la gloire de Dieu sur la face de Jésus-Christ" (2 Corinthiens 4:6). Sur cette face, Paul a vu le dessein éternel de Dieu quant à l'homme. Il a vu la méthode de Dieu pour réaliser Son dessein. Il a vu l'immense importance du Fils de Dieu dans la création et dans l'univers. Il a vu -- en Celui-ci --  l’Église comme Son Corps.

                    Nous ne pouvons pas attacher trop d'importance à cette question de révélation, d'illumination, de vision. Elle est basique dans le salut (Actes 26:18). Elle est essentielle pour un ministère efficace (2 Corinthiens 4:6) et elle est indispensable pour une pleine connaissance et une peine croissance (Éphésiens 1:17). Jésus a attaché une immense valeur à la vue spirituelle , comme une lecture de l’Évangile de Jean nous le montrera. "Les yeux" ont été -- dans Son enseignement -- un critère de la vie ou de la mort. En effet, une œuvre fondamentale et prééminente du Saint-Esprit a un rapport avec une illumination spirituelle, et cela, de façon suprême quant à l'importance du Fils de Dieu, Jésus-Christ. Tout est contenu dans les Écritures, mais cependant nos yeux peuvent être retenus. Soyons tout à fait catégorique en affirmant que nous ne pourrons jamais voir l’Église jusqu'à ce que nous ayons vu le Fils de Dieu, et nous ne pouvons pas vraiment voir le Fils de Dieu sans voir l’Église. C'est bien de ceci qu'il s'agit dans l’incident qui se produisit à Césarée de Philippe (Matthieu 16:16-18). Oubliez tout votre débat, à savoir, si Pierre est le Roc sur lequel l’Église est bâtie et trouvez la véritable clé quant à ce que Jésus dit : "...ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux."  "Mon Père dans les cieux a révélé cela" ; a révélé quoi ? "...tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant". Puis quoi ? "...sur ce roc, je bâtirai mon Église, et ...les portes du séjour des morts ne prévaudront pont contre elle". Est-ce que quelque chose bâti sur Pierre, même Pierre converti, peut résister à la puissance de l'enfer et de la mort ? C'est ce que Jésus-Christ est, la Personne révélée du ciel qui est fondamental pour l’Église, et "...personne ne peut poser un autre fondement..." (1 Corinthiens 3:11)

                    L'épitre "aux Éphésiens" est formidablement contemporaine, c'est-à-dire actuelle. A notre époque, il est d'usage, de façon pratiquement instinctive, pour des chrétiens qui se rencontrent pour la première fois, de demander : "A quelle domination ou mission ou société appartenez-vous ?" Une question de ce genre est presque inévitable. L’Église (?) est désignée par un titre national, doctrinal, avec comme qualificatif une couleur de peau, une appartenance à un "État", le fait d'être "libre", d'être dotée d'un nom propre (ex Wesley, Luther, Calvin, Mennonite, etc, etc...) Si l'apôtre Paul devait revenir aujourd'hui au milieu de la chrétienté et que l'on devait lui poser une telle question quant à "l'association", "son adhésion en tant que membre", il ouvrirait de grands yeux et regarderait avec un étonnement  mêlé de tristesse. Je pense qu'il dirait : " Oh frères, j'ai vu Jésus le Fils de Dieu, et en le voyant j'ai vu l’Église, et dans cette unique Église véritable il n'y a pas cet embrouillement de nationalités, de couleurs de peau, de nom, de différence et de distinctions sociales ou culturelles". "En Jésus-Christ ...il n'y a ni Juif, ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ" (Galates 3:28) "Il n'y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre, mais Christ est tout et en tous" (Colossiens 3:11) Il ajouterait : 'il ne peut y avoir Paul, Apollos, Céphas ou quelque autre nom." La moindre vision de Christ comme telle, devrait révolutionner notre phraséologie, notre façon de parler.

                    Un petit incident pourrait servir au sujet présent. L'auteur a entendu raconter cela par une servante de Dieu bien connue. Dans un des états du sud de l'Amérique (U.S.A.), les tramways étaient partagés en deux pour les voyageurs de "couleur" et les voyageurs "blancs". La réglementation au sujet de cette séparation était très stricte (cette loi n'existe plus). Un tramway allait partir de son point d'arrêt et le compartiment pour les gens de "couleur" était entièrement plein. Le compartiment pour les "blanc" était également plein, il ne restait qu'une place. Cette place se trouvait à côté d'une dame bien habillée et apparemment fortunée. Un vieil homme de couleur, infirme et très pauvre, s'approcha du tramway en boitillant et pria le conducteur de le laisser monter parce que son fils était sérieusement malade et il devait aller rapidement le visiter. Le conducteur repoussa le vieil homme, disant qu'il n'y avait pas de place. Le vieil homme supplia encore pour être admis et fut durement traité par le conducteur. La dame se tourna vers le conducteur et lui dit : "Laissez-le monter et prendre ce siège à côté de moi". Le conducteur objecta en disant que c'était contraire à la loi. Mais la dame insista et fit valoir son souhait. Quand le vieil homme descendit, une autre femme dit d'un ton indigné à la dame : "Pourquoi avez-vous permis à cet homme de couleur de venir dans notre compartiment ?" La dame répondit : "Je suis servante de Jésus-Christ et mon Maître est daltonien" (daltonien en anglais se dit : aveugle aux couleurs). Une histoire simple et touchante mais une profonde présentation de la doctrine du Corps de Christ du Nouveau Testament.

                    La révélation de Christ accordée à Paul est : "il ne peut y avoir..." Non, "tous ceux-ci sont dans le Corps quel qu'ils soient sur cette terre". Étant donné que tous sont nés de nouveau et "baptisés dans un seul Esprit pour former un seul Corps", il y a là le fondement pour se rassembler, surmontant les problèmes très réels liés à ce qui est naturel. Bien sûr, il n'y a réellement aucune autre Église véritable. Nous vous rappelons encore la très grande place que Christ tient dans l'être même de Paul et dans ses lettres, et, bien sûr, ceci déterminera tout.

                    Combien de choses auxquelles nous attachons une telle importance perdraient cette importance-là et descendraient précisément d'une première ou même d'une seconde place, si nous avions vraiment vu le Seigneur ! Quel changement dans la manière de parler et de se comporter, se produirait simplement et sans effort, si nous L'avions vraiment vu par l'Esprit  ! C'est coûteux, oui, ça l'est ! Toute lumière véritable coûte. Ce fut ce qu'éprouva l'homme dans Jean neuf, mais demandez-lui s'il échangerait sa vue récente pour l'ancienne situation. Lisez encore l'évaluation de Paul de sa révélation de Christ, dans Philippiens trois.

                    Mais insistons et soulignons très fortement que, bien que Christ, dans toute Sa plénitude, fut révélé et présenté dans le Nouveau Testament, ce même Nouveau Testament rend très clair que, par le moyen de la Parole, et par le Saint-Esprit, cette présentation objective doit avoir une contrepartie subjective dans le cœur -- l'esprit -- du croyant. Il veut nous dire que c'est en vue de cette intention que le Saint-Esprit est venu. Nous avons l'Esprit habitant en nous en vue de ce dessein même. Paul priait ardemment pour des croyants déjà bien enseignés, afin qu'ils leur soit donné un esprit de révélation dans la pleine connaissance de Christ. Ce don d'un ciel ouvert et d'une faculté spirituelle, est destiné à tous les croyants. Mais souvenez-vous, il faut un esprit absolument pur et honnête et être prêt à accepter d'aller jusqu'au bout et d'endurer tout ce qui y est impliqué. Ici, la Croix, c'est-à-dire Christ crucifié, dans sa plus profonde application à l'intérêt personnel, sous toutes ses formes, est le rocher de scandale, ou la pierre principale de l'angle : sur lequel on trébuche et on tombe ou sur lequel on bâtit et on s'élève. Tout orgueil tout préjugé ou toute réserve nous prendra en défaut tôt ou tard dans ce à quoi nous aurons été déviés de la plus pleine intention de Dieu en nous appelant. Ce sera une tragédie si, à la fin, on nous trouve dans une "décharge", un cul de sac. Peut-être nous serons à notre aise et libre de toutes les tensions de la bataille, mais -- du point de vue du ciel -- éliminé ! Une telle possibilité était une crainte de Paul toujours présente.  "...de peur d'être moi-même désapprouvé pour avoir prêché aux autres..." ; et il y a beaucoup plus de déclarations comme celle-là "...si je puis..." , dit-il.

                    Nous devons retourner à la grande question du "mystère", car il y a,dans notre épitre, des choses liées à cela, qui ont besoin d’être clarifiées. Dans toutes ses épitres, Paul utilise ce terme vingt fois :

                  1. Le mystère (le secret) de l'aveuglement qui est arrivé à Israël. Romains 12:25
                  2. Le mystère de la sagesse de Dieu 1 Corinthiens 2:7
                  3. Le mysère de Dieu 1 Corinthiens 4:1
                  4. Les mystères en parlant en langues 1 Corinthiens 14:2
                  5. Le mystère de l'enlèvement et du changement du corps 1 Corinthiens 15:51
                  6. "...le mystère de sa volonté.." Éphésiens 1:9
                  7. Le mystère révélé à Paul Éphésiens 3:3, 4              
                  8. La dispensation du mystère Éphésiens 3:9
                  9. Le mystère de l'union de Christ et de l’Église Éphésiens 5:32
                  10. Le mystère de l’Évangile Éphésiens 6:19
                  11. Le mystère caché Colossiens 1:26
                  12. Le mystère de Christ en nous ou au milieu de nous Colossiens 1:27
                  13. Le mystère de Dieu -- Christ Colossiens 2:2 ; 4:3
                  14. Le mystère de l'iniquité 2 Tessaloniciens 2:7
                  15. Le mystère de la foi 1 Timothée 3:9
                  16. Le mystère de la piété 1 Timothée 3:16
                  Quelques-uns de ces mystères qui se trouve ci-dessus sont en double

                  Il semble qu'il y ait beaucoup de mystères, mais si nous regardons de nouveau, nous constaterons que, au moins dans la plupart des cas, le mystère se rapporte -- en quelque manière -- à Christ et à l’Église. Il y a très peu d'exceptions à ceci, et lorsqu'il est question de la conception particulière de Paul, ce n'est pas au pluriel, mais "le mystère", et invariablement c'est en relation avec Christ en personne et Christ corporatif.

                  La chose suivante dont nous devons tenir compte, à ce propos, est le point de vue particulier de Paul. C'est d'en haut. Cinq fois dans cette épitre aux Éphésiens, il utilise l'expression "dans les lieux célestes"(1:3, 20; 2:6; 3:10; 6:12) et sous cette forme cela ne se trouve nulle par ailleurs. C'est l'une des expression de Paul les plus difficiles à comprendre pour quiconque d'entre nous. Nous ne sommes pas tout à fait aidés par d'autres expressions se rapportant au ciel, telle que : "...tout genou fléchisse dans les cieux..." (Philippiens 2:10). La traduction "dans les lieux célestes" n'est pas très heureuse. Mais examinons les diverses références :

                    1. Le domaine présent et la nature des bénédictions se trouvent dans les lieux célestes. 1:3
                   2. Christ est présentement assis dans les lieux célestes "au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité' et de tout nom. 1:20,21
                     3. La position de Christ est présentée comme étant celle aussi de l’Église. 2:6
                    4. Il y a des dominations et des autorités dans les lieux célestes, à qui il leur ait donné de connaître, par l’Église, la sagesse infiniment variée de Dieu. 3:10
                  5. La guerre de l'Église ne se situe pas présentement dans le domaine de la chair et du sang, mais dans les lieux célestes, contre des dominations et des autorités, etc 6:12

                    Très bien, alors, de quoi s'agit-il ? Simplement de ceci : il y a un domaine, ou une sphère, située au-dessus et autour du domaine matériel, sensible et tangible, où les intérêts spirituels sont suprêmes, où les activités rivales se poursuivent. De grandes forces sont à l’œuvre dans ce domaine, et elles son dotées d'une constitution, d'un système, ou d'une organisation appropriée à cette intention. C'est un domaine divisé entre des principautés célestes et d'autres démoniaques. D'un côté, il y a à la fois de l'intérêt pour ceux de Christ et une coopération avec les intérêts de Christ dans l’Église. De l'autre côté, il y a non seulement une hostilité aigüe et implacable à l'égard de ces intérêts, mais un impact sur ce monde, "ces ténèbres", dont l'intention est de détruire à la fois les gens et la terre, en tant qu'héritage du Fils de Dieu. Nous savons que les éléments naturels situés au-dessus de la terre ont une influence puissante sur la vie physique ici-bas. De la même façon, il y a des intelligences et des forces spirituelles qui exercent une influence terrible sur la vie morale et spirituelle de ce monde. C'est dans ce domaine que Paul voit plusieurs choses appartenant au "mystère". L'une étant, qu'au sein de la lutte, de la confusion et de tout ce qui semble le contraire, Dieu œuvre à la réalisation d'un "Dessein" qui, parce qu'Il est le Maître absolu, ne devra pas simplement combattre des forces adverses, mais qui, à la fois, manifestera Sa supériorité et amènera les forces adverses à servir à l'avancement de ce Dessein. C'est la perspective à long terme et la vue de dessus des lieux célestes.

                    Donc, parce que Christ ressuscité et exalté est "assis à la droite de Dieu", Il représente inclusivement l’Église dans cette position. L’Église, donc, "est assise ensemble avec Lui dans les lieux célestes", c'est-à-dire, pour le bien présent et final de Sa souveraineté.

                    D'ailleurs, les bénédictions des croyants sont présentement, non comme sous l'ancienne économie, temporelles, matérielles, sensibles mais "spirituelles". La "richesse de sa grâce", "la richesse de Son héritage", "la richesse de Sa gloire", "les richesses incompréhensible de Christ", etc -- ce sont toutes des expressions qui se trouvent dans "les Éphésiens". Ces bénédictions sont pour une Église et ses membres qui, --par l'union avec Christ dans Sa mort et Sa résurrection -- sont spirituellement délivrés et émancipés de "ce présent siècle mauvais", en tant que sphère de leur vie naturelle de leur ambition et de leurs ressources, et dont les cœurs "sont attachés aux choses d'en haut" (Colossiens 3:1-3). Si vous êtes réellement entré au bénéfice de telles "richesses", alors vous êtes entrés proportionnellement dans les lieux célestes. Tandis que nous avons raison de concevoir mentalement "les lieux célestes" comme un domaine, nous ne devons pas confiner l'idée à la géographie. Comme le "royaume des cieux", il s'agit d'une sphère ou d'un domaine dans lequel des facteurs spirituels, des principes ou des lois spirituels et des conditions spirituelles ont cours et prévalent. C'est pour cette raison que nous avons employé le mot "proportionnellement". Géographiquement parlant, nous sommes ou nous ne sommes pas dans un domaine, dans un pays. Mais spirituellement, nous pouvons être plus ou moins dans la nature, le caractère et au bénéfice de ce domaine-là. Ce n'est pas une question de définition de termes, mais d'accord, d'harmonie, d'ajustement, de conformités spirituels. Dans un temps de grande bénédiction nous pouvons simplement dire : "c'était comme si nous étions au ciel !" Il s'agit d'une position spirituelle en accord avec des réalités spirituelles. Bien que cela semble tellement difficile à expliquer, il ne s'agit réellement que du fait et du développement de ce que chaque croyant réellement né de nouveau connaît sans explication, à savoir, que quelque chose s'est produit par cette nouvelle naissance, qui a changé leur conscience d'appartenance et de gravitation, de sorte qu'une rupture a eu lieu en eux à l'égard d'un domaine et de ce qui lui appartient, et une union s'est produite avec un domaine entièrement nouveau et ce qu'il contient. Ils perçoivent qu'ils sont d'ailleurs et qu'il y a en eux un esprit qui gravite là et vers ces choses. Le Nouveau Testament possède tout le langage et tous les mots pour exprimer ceci, mais c'est la conscience intérieure qui est le terrain pour apprendre la signification. Le développement de cette "loi de 'Esprit de vie en Jésus-Christ" (Romains 8:2) par la discipline --l'épreuve peut-être ou l'erreur -- ou par le triomphe, est la voie de la "transformation par le renouvellement de l'intelligence (en la reformant)" (Romains 12:2) C'est l'évolution normale de l’Église et du croyant.

                    Mais nous n'avons pas encore mis en relief, d'une manière suffisamment claire, l'aspect présent de la révélation de Paul. Aussi, pour ne pas surcharger ce chapitre, nous le scinderons et nous continuerons dans un chapitre séparé.


Chapitre 8

LE "MYSTÈRE" RÉVÉLÉ

                    Dans l'étonnement et l'émerveillement de ce dévoilement, nous devons être clairs quant à sa nature et à sa signification exacte. Pour cela, nous devons mettre le doigt sur des expressions-clés qui l'incarnent et le définissent avec précision. Nous avons trouvé la déclaration qui indique l'issue finale et parfaite : elle se trouve dans Éphésiens chapitre un verset dix:. Pouvons-nous trouver dans cette même épitre une expression qui introduise ce but dans l'histoire, c'est-à-dire, l'opération conduisant à ce but ? Je pense que nous le pouvons. C'est une expression qui se trouve dans la section qui va du verset treize au verset vingt-deux du chapitre deux : "un seul homme nouveau". Toute cette section est un élargissement de cette expression et elle devrait être lue soigneusement comme telle. Il y a eu des allusions à ceci. Il y a eu des allusions à ceci dans d'autres épitres de Paul, cependant ici il rassemble tout ensemble, et non seulement il en est ainsi, mais -- comme nous l'espérions, si sa pensée était en train de parcourir les âges et le secret caché en eux -- toute la Bible y est comprise.

                    Quant aux autres allusions, nous avons des exemples classiques et impressionnants comme Romains cinq, du verset douze au verset dix-neuf. Ici, les deux souches génétiques et raciales sot mise en face l'une de l'autre -- le "seul homme" Adam et le seul "homme" Christ. Et le contexte montre ce que chacun représente. Un autre exemple formidable se trouve dans ce chapitre qui projette une lumière étonnante : un Corinthiens quinze. C'est au verset quarante-cinq: "Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un Esprit vivifiant" (voyez le contexte immédiat). Dans "Éphésiens", l'apôtre fait premièrement référence à la personne de Christ et puis passe à "un seul homme nouveau" corporatif. Dans un passage antérieur les deux aspects ont été mentionnés : Un Corinthiens douze au verset trois : "Jésus" et "Jésus est le Seigneur" est mentionné personnellement; au verset douze la proposition "ainsi en est-il de (le) Christ (l'article se trouve dans l'original) induit une identité entre les membres et la Tête en vue d'une expression pratique (contexte) : "Vous êtes le corps de Christ..." (verset 27). L'union se fait "par un seul Esprit" sur la Tête est les membres.

                   C'est dans les "Éphésiens" que ce "seul homme nouveau" est pleinement révélé. Si c'est le "mystère caché de tout temps et dans tous les âges", quoique toujours existant, nous pouvons maintenant voir, à la lumière de la "révélation", comment ceci a été la pensée maîtresse de toute la Bible, à savoir, l'humanité de Christ.

                    Au commencement Dieu a dit : "...faisons l'homme..." --L'HOMME. Le psalmiste s'est écrié : "Qu'est-ce que l'homme ?..." L'HOMME ? Dans l'incarnation, la désignation favorite de Christ, à propos de Lui-même, était "le Fils de l'homme". Dans la rédemption il y a : "...un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme" (1 Timothée 2:5) Dans la reconstitution, il y a le Modèle : "...le second homme..." (1 Corinthiens 15:47). Dans l'exaltation et la gloire, la question du psalmiste trouve sa réponse en Jésus : "...Qu'est-ce que l'homme ...? (Psaume 8:5, Hébreux 2:6). Dans la consommation il y a "un seul homme nouveau" -- L'HOMME. Dans l'Ancien Testament, il y a des personnes qui annoncent cela. Adam était : "la figure de celui qui doit venir" (Romains 5:14) "Et cet homme, Moïse..." (Nombres 12:13 selon la version Darby). David était "un homme selon le cœur de Dieu" (Actes 13:22). Ce sont seulement des exemples pris parmi tant d'autres, et leur caractère ou fonction présente respectivement des traits caractéristiques de Christ.

                     Ainsi, à travers toute l’histoire de la Bible, il y a l'ombre d'un homme, à la fois d'une manière individuelle et corporative. Le concept divin de L'HOMME gouverne toutes les voies de Dieu : dans la création, dans l'incarnation, dans la médiation, dans la Croix, en tant que mise de côté d'un type d'homme pour laisser la place à un autre type d'homme; lors de la résurrection comme l'homme nouveau -- "le premier-né d'entre les morts" -- accrédité; lors de l'exaltation de Jésus comme l'homme nouveau établi; lors du retour du "Fils de l'homme" pour ôter les restes de l'humanité rejetant Christ et établir le nouvel ordre; dans l’Église, en terme d’humanité corporative, le vase et le véhicule de l'état complet de la manifestation de Christ. Tout ceci représente ce que Paul a vu sur "la face de Jésus".

                    L’Église elle-même n'est pas le "mystère révélé à Paul, mais l’Église en tant que Corps de Christ -- le seul homme nouveau --  dans lequel toutes les distinctions autres que Christ sont inexistantes, fut la révélation. Elle dut être une révélation venant du ciel pour qu'un tel Juif farouche , engagé, fanatique, fier de ses ancêtres, de ses origines, de sa "naissance", de sa tradition, de sa formation et de son "sang" vienne sincèrement à la place où il pouvait dire avec conviction : qu'il n'y a plus ni Grec, ni Juif, etc; que tous les murs de séparation sont renversés; qu'il n'y a plus ni circoncision, ni incirconcision, qu'il n'y a plus des "ignorants, ni des "chiens", mais que "tous sont un en Christ" (dans le grec une personne en Christ Jésus" -- le genre masculin. )

                    Combien le Nouveau Testament se trouve éclairé par la lumière du concept de cet "homme nouveau" ! En effet, cela couvre toute la signification du véritable christianisme. Cela donne le véritable sens à la nouvelle naissance (Jean 3); Cela explique la Personne, le caractère de l’œuvre de Christ. C'est ce que l'apôtre a voulu affirmé quand il a dit : "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle création..." (2 Corinthiens 5:17). Et cela explique ces mots sublimes qui se trouvent dans Romains huit au verset vingt-neuf : "...prédestinés à être semblables à l'image de son Fils"; et dans Éphésiens chapitre un au verset cinq : (d'après l'indication en marge) : "...prédestinés dans son amour à être ses fils d'adoption par Jésus-Christ..." Tout ceci et bien d'autres choses encore indiquent ce que sont l'intention spécifique, l’œuvre et la nature de cette dispensation présente. L’œuvre dans la "création qui soupire", est en vue de la "révélation des fils de Dieu"  (Romains 8:19-23)

                     D'une manière étendue et en englobant beaucoup de choses, l'Esprit de Dieu, qui "planait sur la face des eaux" (Genèse 1:2) est maintenant à l’œuvre concernant "une nouvelle création en Christ", mais avec une différence profonde et significative. Dans l'ancienne création, tout a commencé et s'est poursuivi de l'extérieur vers le centre -- L'HOMME. Dans la nouvelle création, tout commence et se poursuit de l'intérieur. Et "l'homme extérieur", le corps, est la phase finale de la rédemption et de la nouvelle création : "...la rédemption de notre corps" (Romains 8:23; 1 Corinthiens 15 etc)

                   L’œuvre de l'Esprit de l'Esprit de Dieu dans cette dispensation a quatre aspects.

                  1.      S'assurer l'homme nouveau. Il s'agit de la prédication de l’Évangile aux individus et de les amener à saisir le but. Dans la prédication de l’Évangile, le but ultime doit toujours être ardé en pensée, autrement, l y aura chez les "convertis" de la faiblesse due à un mobile inadéquat.  

                    2.       La reconstitution de l'homme nouveau, tout en s'assurant l'objectif. Dans l'ancienne création, Dieu a constitué l'homme --"formé de la poussière de la terre" ("Le premier...tiré de la terre, est terrestre" -- 1 Corinthiens 15:47) Dans la nouvelle création, Dieu commence par l'esprit de l'homme, poursuit avec l'âme et finit par le corps. Tout dans la nouvelle création est fondamentalement et essentiellement spirituel. Voyez la première épitre aux Corinthiens, au chapitre deux. "L'homme intérieur" est l'esprit de l'homme renouvelé -- né de nouveau -- et il doit être "renouvelé de jour en jour". Ici vient tout l'enseignement sur le Saint-Esprit et la vie de l'Esprit du croyant, comme étant "né de l'Esprit" et "est esprit". (Jean 3:6)

                    3.        Puis suivent toute la discipline, la formation et la croissance de l'homme nouveau. L'Esprit de Dieu travaille selon un Modèle -- "l'image de Son Fils", "...jusqu'à ce que Christ soit (pleinement) formé en vous" (Galates 4:19); "...c'est comme des fils que Dieu vous traite..." (Hébreux 12:7). C'est une transition longue et difficile du "vieil homme" à "l'homme nouveau", mais le but gouverne toutes les actions et toutes les voies de Dieu à l'égard des Siens, à savoir, "l'image" ou la "ressemblance", lesquels étaient le concept originel dans la création de l'homme. "...Faisons l'homme à notre image selon notre ressemblance" (Genèse 1:26); "...Dès le réveil, je me rassasierai de Ton image" (Psaume 17:15)

                    4.       Puis, finalement et intégralement, l'Esprit de Dieu travaille pour constituer le "seul homme nouveau", Christ exprimé corporativement, le "Corps de Christ", "la plénitude (le complément) de Lui-même; "la mesure de la stature de Christ", "l'état d'homme fait"

                    Tout ceci se manifeste finalement dans une révélation complète et claire, dans cet épitre de la finalité : "les Éphésiens". C'est le concept de l'homme de l'éternité en éternité, et ce concept-là a couvert, comme une ombre, toute l'histoire de Dieu avec l'homme et toute l'histoire de l'homme avec Dieu. Caché aux yeux humains , à travers toutes les voies de Dieu étranges, inexplicables et mystérieuses dans des hommes de foi particuliers et un peuple et une nation particuliers, il est maintenant révélé aux fils des hommes, en Christ que :

                    "Dieu avait en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu'ils ne parviennent pas sans nous à la perfection (l'état complet)" (Hébreux 11:40)


Chapitre 9

L’ÉGLISE LOCALE  

                    Il est d'une importance considérable de noter que "l'épitre aux Éphésiens" à été envoyée à des églises locales, bien que l'épitre soit une majestueuse présentation de l’Église dans son entier, mettent en évidence chaque dimension des éternités, des mondes et des âges, et présentant les profonds conseils de Dieu. Ce fait a quelques implications très provocatrices et très scrutatrices.  Nous devons rappeler à nos lecteurs la réalité d'une chose telle qu'une révélation authentique et précise de ce qu'est l’Église et donc la base de son unité. Le fait qu'il y ait un tel souci mondial en ce qu concerne l'unité des chrétiens et une telle activité en relation avec cette unité, peut être quelque chose à prendre en considération, et un tel souci devrait nous trouver de plein cœur en sympathie avec cela. La grande différence se trouve entre, d'une part, un effort massif pour résoudre le problème de l'extérieur en essayant de recoller ensemble tous les morceaux brisés d'une certaine manière, d'en faire un tout, et d’autre part, un souci de recouvrer la puissance spirituelle qui favorisera un rassemblement et un ajustement spontanés. L'un représente le rassemblement et l'assemblage organisés, composés, comme ceux d'une machine, l'autre est une relation organique, spontanée d'une vie corporative. Le premier se disloquera de façon répétée. Le dernier finira par mettre en évidence une "Église sans tache, ni ride, ni rien de semblable".

                    Mais qu'en est-il de l’Église en tant que représentation locale ? Nous devons nous souvenir que lorsque Paul écrivit cette épitre et l'envoya aux églises dans les lieux, il était très bien au courant des tendances, ou même des mouvements réels vers la "déviation" et la rupture, dans les églises. Il avait prédit cela quant à Éphèse, lorsqu'il avait quitté les anciens  de cette église près du bateau, étant en route pour Jérusalem : "Je sais qu'il s'introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels.. et qu'il s'élèvera du milieu de vous des hommes ... pour...entraîner ... après eux" (Actes 20:29-30). C'était un commencement  de division. Mais ici, de sa prison à Rome, il écrira : "...tous ceux qui sont en Asie m'ont abandonné ..."

                    Deux épitres seront bientôt écrites à Timothée (qui se trouvait probablement à Éphèse) qui traiteront des débuts du changement du christianisme originel en tout ce qu'il est devenu actuellement. Elles étaient destinées à mettre en garde contre le système ecclésiastique, le cléricalisme, le ritualisme, le système sacramentel, etc;, qui ont envahi l’Église et ont changé son caractère primitif. Non ! Paul n'avait pas la tête dans les nuages et les pieds hors de terre quand, délibérément, il écrivit cette épitre au sujet de ce qu'est l’Église. Sans aucun doute, sa référence à la guerre spirituelle était liée au ait qu'il savait très bien que la bataille était due à sa relation particulière avec ce sujet même, montrant quelle grande conséquence cela représente pour les forces sataniques. C'est impressionnant de constater combien toute prise de position en faveur d'une véritable expression du Corps de Christ, est accompagnée de plus d'antagonisme que toute autre chose. S'il s'agit d'une congrégation, c'est-à-dire, un nombre de chrétiens différents venant à un lieu donné pour un "culte public", sans aucune vie d'église corporative ni aucun ordre divin, ou s'il s'agit d'une salle d'une mission utilisée principalement pour prêcher l’Évangile aux perdus, ou encore s'il s'agit d'un centre prédication où les gens vont pour écouter un prédicateur bien connu -- toutes ces manifestations se poursuivront d'une manière tranquille avec peu d'opposition venant de l'intérieur ou de l'extérieur. Mais, qu'il y ait un mouvement vivant une réelle expression unie d'un témoignage au Christ corporatif sous l'onction du Saint-Esprit, alors la bataille est engagée et tout sera essayé pour détruire cette expression corporative, pour la discréditer, ou, en quelque manière, pour annuler ce témoignage-là.

                    Le livre de Néhémie est une très bonne illustration de cette hostilité aux multiples aspects. De nouveau, nous indiquons "les Éphésiens" comme rattachant l'antagonisme spirituel acharnée au dessein essentiel de l'épitre. Dans cette première indication, l'universel se trouve transféré au local, et le local prend son caractère de l'universel. Une vraie représentation du Corps élu de Christ est une menace permanente et un signe qui présage un grand danger pour le royaume satanique, parce que c'est l’Église qui,-- finalement -- va déposséder et prendre la place des "princes de ce monde des ténèbres" et gouverner avec Christ. Plaise à Dieu que le peuple de Dieu considère toutes les divisions  et tous leurs troubles internes à cette lumière, au lieu de toujours les attribuer à "des causes secondaires" ! C'est la première implication du fait que Paul transmet aux églises locales toute l'immense révélation du "mystère". Il y a plusieurs autres traits caractéristiques et facteurs dans cette épitre qui ont des portées tellement immenses. Il y a ce facteur que l'apôtre mentionne avec l'un de ses grands superlatifs : "et quelle est envers nous croyons l'infinie grandeur de sa puissance se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force. Il l'a déployée en Christ, en le ressuscitant des morts..." (1:19-20); "...nous qui étions morts par nos offenses nous a rendu vivants..." (2:1) L'église représentée localement doit être et doit incarner le témoignage rendu à "la puissance de Sa résurrection". Elle doit, dans son histoire et son expérience constante -- comme étant plus que de la doctrine -- déclarer que Christ est ressuscité.

                    L'impression donnée de façon essentielle doit être celle de la vie. Le témoignage doit être celui-là, quoique vous puissiez être éreinté, las, trop fatigué même pour faire le trajet; découragé et abattu; épuisé physiquement, mentalement et spirituellement -- vous partez renouvelé, rafraîchi, revigoré et relevé. L’activité de la vie divine a simplement résulté en une élévation spirituelle. Notez la façon dont cela a été dit : "l'activité de la vie divine". Nous n'avons pas dit "la vie de l'activité humaine". Il y a une illusion chez beaucoup de chrétiens et dans de nombreuses "églises" que l'activité représente essentiellement la vie spirituelle. De là, il y a beaucoup d'activité, des tours de force, des programmes, des attractions, "des efforts spéciaux", et un cercle sans fin de "choses spéciales". Tout ceci a trop souvent lieu dans le but de donner l'impression de la vie, ou même de créer, de stimuler "la vie". Cela peut être la vie des œuvres mais ce ne sont pas les œuvres de la vie. La vie veut œuvrer, mais les œuvres ne sont pas toujours la vie. Ce fut le reproche fait à l'église d’Éphèse : "Je connais tes œuvres, mais ..."  (Apocalypse 2:2-4). La vie divine est spontanée et n'est pas forcée. Les morts (spirituellement) sont ressuscités mais par par des moyens artificiels. Le Seigneur de l’Église est le Seigneur des ressuscités, et son témoignage est la vie de résurrection. Aussi "la puissance de Sa résurrection" doit être l’empreinte d'une véritable église néotestamentaire. Si souvent, nous citons les paroles même de notre Seigneur, presque comme une formule "...là où deux ou rois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux". En même temps l'atmosphère peut être lourde, manquant d'inspiration et privée de l'exercice du ministère de la vie divine. Est-ce que cette ambiance est compatible avec la vie du Seigneur ressuscité ?

                    Nous continuons d'examiner les implications de cette épitre. Si l'église locale est un vrai microcosme de l’Église universelle, alors cette épitre nous montrera que, dans la représentation locale, il devrait y avoir -- et il peut y avoir -- abondance de nourriture saine et édifiante. Notre épitre a nourri et stimulé des croyants pendant de nombreux siècles et cependant ses valeurs nutritives ne sont pas épuisées. Le ministère, dans une véritable expression locale du Corps de Christ, doit être un ministère sous l'onction, et parce qu'il en est ainsi, aucune âme affamée ne devrait s'en aller sans avoir été nourrie. Pas simplement des allocutions ou des discours préparés et qui invitent des personnes à se lever, mais un message venant du ciel, qui pousse les auditeurs à déclarer : "Aujourd'hui, nous avons été réellement nourris". Ceci signifie qu'étant nourri, le peuple du Seigneur grandit en stature, en capacité et en responsabilité spirituelles.  

                   Nous avons montré précédemment que l'homme, auteur de l'épitre, est identique à son message dans une histoire spirituelle. Nous chercherons maintenant à montrer qu'à plusieurs égards, l'histoire de l’Église, universelle ou locale, doit suivre cette histoire spirituelle de l’apôtre.

                   1.      L'église en tout lieu doit être née dans le ciel. C'est la communion fraternelle d'un ensemble ou d'un corps de croyants nés d'en-haut. Ce qui doit donc être vrai de chaque croyant individuel, doit l'être de la compagnie considérée comme un tout. Cela va droit à la racine même de la conception de l’Église, et ce sera bien si nous établissons immédiatement que, dans les Écritures aucune autre chose n’est connue ou reconnue comme ayant droit à ce nom -- l’Église chrétienne. Cela passera au crible notre façon de considérer les choses et l'amènera à éliminer une somme immense de choses qui empruntent le nom mais qui ne sont pas la réalité. La chrétienté ou le christianisme sont devenus une chose colossale qui est la demeure de tout genre d'oiseaux de la création. Essayer d'en faire une unité est une supercherie de la part de celui à qui appartiennent ces "oiseaux du ciel"; sur un plan naturel, les uns meilleurs, les autres pires, mais loin d'être tous nés de nouveau ou d'en-haut (Jean 3:5-13) Ceci signifie simplement que chaque compagnie locale de croyants, juste à son commencement comme telle, doit être une œuvre que le Saint-Esprit souverain a produit. Vu que l’Église, tire son caractère de sa  "Tête", de son "Premier-né", de Sa "Pierre angulaire", du "Fondement", elle doit avoir, dans chaque représentation, son origine dans le ciel et incarner la vie du ciel. Cela signifie qu'une formation par l'action de l'homme est exclue. Ce n'est pas une institution, elle jaillit de la vie. Il doit être possible de dire de toute église locale -- ou de l’Église en quelque lieu --  "ce fut un acte de Dieu". Remarquez, nous sommes en train de chercher à atteindre la racine de cette question de savoir ce qu'est l’Église et ce qu'elle n'est pas. Notre profonde et réelle préoccupation cherche à savoir ce qu'elle est. Étudier -- dans les Évangiles -- ce que Jésus a dit à propos de Lui-même et à propos des hommes et vous avez la clé de ce qu'est réellement l’Église.

                    2.       Cela conduit à la chose suivante quant à l'église "locale". Si l’Église est née du Saint-Esprit, elle est née d'un travail d'enfantement du Fils de Dieu. Donc la loi du travail d'enfantement doit se trouver juste à l'origine de toute véritable représentation de l’Église universelle ou locale. Dans le Nouveau Testament, l’Église universelle et les églises locales sont issues d'un réel travail d'enfantement. Le travail d’enfantement, l'agonie et le souffrance de Christ ont donné naissance à l’Église, à la Pentecôte. Ceux qui constituèrent son noyau furent baptisés dans Sa passion. Ils souffrirent le brisement de leur âme lorsque Jésus mourut. D'où leur joie extatique lorsqu'Il ressuscita. Dans leur cas, le passage de Jean 16:21-22 fut accompli littéralement. Cela nécessite aucun développement. Mais qu'en est-il des églises ? Pouvons-nous mettre le doigt sur une église du Nouveau Testament qui ne soit pas née dans la souffrance et de la souffrance ? Dès qu'une telle église naissait, la bataille pour sa vie même et son existence, commençait. Lapidations, emprisonnements, coups de fouet, poursuites, machinations, persécutions de tout genre, se trouvaient à l'apparition de chacune de telles représentations potentielles de Christ corporativement. Quelqu'un devait payer un prix et les églises étaient le prix du sang et des larmes. Lorsque la puissance est perdue, peut-être par la négligence, la bêtise, la querelle, la division, le formalisme ou la perte du sens de la valeur de la vérité, ou pour toute autre raison, l'unique chemin du recouvrement sera celui d'un nouveau baptême dans la douleur, le remord, les larmes et le travail d'enfantement. C'est assurément la juste interprétation de la seconde lettre aux Corinthiens à la suite de la première. C'est aussi sûrement la clé pour la situation dans la plupart des églises des deux et trois chapitres de l'Apocalypse. C'est précisément sous-entendu dans le cas de Laodicée. Une église qui ne souffre pas pour sa vie, est, par toutes les lois de la nature de la grâce, une église faible et inefficace.
.
                    3.        En suivant encore la ligne de l'histoire de Paul et de l’Église, nous devons dire qu'une expression locale de l’Église -- et de tous ses membres -- doit être le résultat d'une rencontre avec Dieu en Christ. Tout ministère corporatif ou personnel qui doit être aussi fécond que le fut celui de Paul, même à un degré plus limité, doit connaître une telle rencontre à son début. La Croix et la Résurrection de Christ furent cela pour le noyau, la compagnie représentative. La Croix fut dévastatrice et désolante pour toute la suffisance personnelle, l'assurance personnelle, la confiance en soi, l'orgueil, l'ambition et la présomption de l'homme. La Résurrection fut l'invasion et la prise de pouvoir de la part de la vie de l'Autre. Ceci se voit très clairement dans le cas de l'homme qui, plus qu'aucun autre, a représenté ce noyau, à savoir, Simon Pierre. Il fut un homme brisé et fracassé par la Croix, mais reconstitué sur une autre base par la Résurrection. Quant au grand dévoilement du "Mystère" de Christ et de Son Corps -- l’Église -- la dévastation et la survie même de Paul eurent lieu par cette rencontre sur la route de Damas. Une telle rencontre, tôt ou tard, personnelle et collective, doit se trouver à la fondation d'une vraie vie corporative. Cela peut avoir lieu au début ou plus tard. Cela peut être un recouvrement nécessaire après une faillite. Maintes églises et maints serviteurs de Dieu ont eu leur histoire coupée en deux par une telle rencontre. Avant cela, un ministère ordinaire limité et comparativement sans puissance. Après cela, une libération et un élargissement, accompagnés de beaucoup de fécondité spirituelle. Un petit livre publié par "the Moody press Chicago" ayant pour titre : "Expériences de crises dans la vie de chrétiens éminents" est un exemple de cette réalité dans un bon nombre de cas.

                    4.       Si l’Église universelle est au-dessus de toutes les différences, alors l'église locale doit être supranationale, supra confessionnelle, supra interconfessionnelle, en esprit en communion fraternelle et en activité. Nous avons souvent dit que Christ ne peut pas être limité ou ajusté de façon exclusive à une certaine catégorie qui se trouve dans ce monde. Son caractère dépasse toutes les catégories. Sa nationalité, Son temps, Son enseignement et Sa personne conviennent et satisfont au besoin de tous, mais il ne peut être l'unique propriété de quiconque. Nous avons vu des œuvres de l'imagination artistique de l'homme, ayant pour objet de représenter la grande scène du chapitre cinq de l'Apocalypse: "...et leur nombre était des myriades de myriades et des milliers de milliers." Dans le tableau de l'artiste, celui-ci a peint, avec toute la meilleure intention du monde, des gens de toute nation, de toute couleur, de tout physique, de toute tenue, de tout teint, de tout âge et de toute stature. Eh bien, comme nous l'avons dit, le mobile et l'intention étaient bons, mais qui peut dépeindre des corps de résurrection ? "...en le rendant semblable au corps de sa gloire..." (Philippiens 3:21) "...il ressuscite corps spirituel..." (1Corinthiens 15:44)
Nous pouvons être tout-à-fait sûrs que tout ce qui a été introduit comme le résultat de la faillite de l'homme, suscitant l'aliénation et ce qui est "étranger", aura disparu pour toujours.

                    Le point est que si Christ et ce qui est dit de Lui par le Saint-Esprit, est la constitution de l’Église, alors notre rencontre, notre communion fraternelle, notre communion doit être sur la base de ce qui est de Christ dans tous les croyants. Nous faisons allusion à la vie de base de tous les véritables chrétiens. Quand il s'agit de l’œuvre du Seigneur, il peut y avoir des choses que nous ne pouvons pas accepter, tandis que nous nous maintenons toujours sur la base d'une seule vie. C'est assurément la signification de la Table du Seigneur. Dans "Éphésiens" Paul voit une seule église, tandis qu'ils sait tout ce qui concerne les nombreuses églises. Il peut y avoir un million de pains et de coupes et de tables dans le véritable christianisme évangélique, parmi toutes les nations sous les cieux. Mais le Seigneur ne voit qu'un pain et qu'une coupe. Même quand le pain local est brisé et "partagé", le Seigneur ne voit toujours qu'un seul pain. Christ peut être partagé mais ne peut être divisé. Il demeure un seul Christ en "des myriades de myriades" de croyants qui partagent Sa vie. Quand le Seigneur opère quelque chose en nous et ainsi change notre pensée à l'égard d'adhésions antérieures, la tentation et la bataille peuvent si facilement être de se séparer en esprit de ce qui -- jusqu'ici -- n'ont pas ainsi changé, et alors l'inclinaison presque incorrigible conduit à faire une "secte" de cet aspect particulier ou de cette expérience particulière. Tandis qu'il peut y avoir de réelles valeurs et des valeurs vitales dans les traitements de Dieu envers nous, et nous désirons que tous les autres les connaissent et les expérimentent, nous ne devons jamais faire de notre expérience  un mur entre nous et les véritables enfants de Dieu. L'unique voie d'espoir et de perspective est de fermer nos yeux à beaucoup de choses qui peuvent choquer nos sensibilités spirituelles (pourvu qu'il ne s'agisse pas de péché dans la vie) et de se maintenir sur une ligne positive de communion fraternelle en Christ autant qu'il est possible par la grâce de Dieu. Nous devons fuir toujours comme la peste toute attitude ou conversation qui peuvent être interprétées à juste titre, comme de la supériorité spirituelle. Des malentendus à cause de l'ignorance, d'un préjugé ou d'une investigation insuffisante, sont inévitables, mais même de telles choses ne doivent pas permettre de fermer nos cœurs et de nous renfermer sur nous-mêmes. Tandis que la muraille de la nouvelle Jérusalem représente effectivement une limite claire et une démarcation de ce qui se trouve "à  l'extérieur" quant à Christ, nous devons nous souvenir qu'elle a "douze mille stades" dans chaque direction, et ce symbolisme a pour dessein de faire connaître combien Christ est grand et, donc, combien Son Église est grande.

                   Quand Paul se mit à écrire la première lettre aux Corinthiens, il savait qu'il allait avoir affaire à l'esprit sectaire et partisan. Donc, il commença l'épitre sur le véritable terrain et registre de la communion fraternelle : "...à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ, appelés à être saints, et à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre". Avec cette même mesure, il termina l'épitre aux "Éphésiens"  "que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ d'un amour inaltérable". 

                     5.       S'il est vrai, comme nous avons essayé de le montrer, que l'histoire de Paul a incarné les principes de la révélation qui est devenue sa part dans la "Dispensation", un trait caractéristique supplémentaire de cette histoire doit être relevé et repris dans l'église locale. Il s'agit d'une prise de possession extraordinaire de la part de Christ, "...j'ai été saisi par Jésus-Christ" (Philippiens 3:12). Le mot "saisi" est fort. Il signifie être en état d'arrestation, être maîtrisé, être la propriété de quelqu'un et être placé sous son contrôle.  C'est le mot utilisé par Jean n au verset cinq, en ce qui concerne la lumière et les ténèbres: "...et les ténèbres ne l'(la lumière) ont pas dominée (saisie) (selon une note en bas de page de la version "Colombe"). Ce mot est également utilisé en relation avec la puissance des démons dans le cas de la possession. Comme résultat de cette saisie, Paul a constamment parlé de lui-même comme étant le "prisonnier de Jésus-Christ et "l'esclave de Jésus-Christ" et comme "portant sur son corps les stigmates de Jésus-Christ". Cette expérience, née d'un évènement, signifiait pour Paul la perte de toute indépendance, de toute direction personnelle, de tout gouvernement personnel et la fin d'être régi par le monde. Cela signifiait la Seigneurie absolue de Christ. C'était un homme qui avait pour Jésus-Christ un intérêt et un souci qui le dominaient suprêmement; Non pour une chose ou une autre, mais pour une Personne. Sa première exclamation, lors de sa rencontre, fut : "Qui est-tu Seigneur ?", et dans la capitation il continua : "Seigneur que veux-tu que je fasse ?" Cette Seigneurie n'était pas une simple doctrine pour lui, c'était une complète domination. De façon très personnelle : quant aux nombreux doubles appels dans une rencontre avec Dieu -- comme : "Abraham, Abraham !", "Jacob, Jacob !", "Moïse, Moïse !", "Samuel, Samuel !", "Marthe, Marthe !", "Simon, Simon !" -- le dernier ne fut pas le moindre : "Saul, Saul !". Un tel sens réel d'être appelé pour un dessein, doit être un composant de toute véritable église locale et un élément constitutif de cette église. Perde le sens d'une vocation, d'une intention et d'une destinée vitales, c'est perdre le dynamisme et devenir une existence plutôt qu'un impact.

Chapitre 10

LE BUT QUI ENGLOBE TOUT

"jusqu'à ce que nous parvenions tous  à ... la mesure de la stature de la plénitude du Christ" ( Éphésiens 4:13; version Darby)

                 Tout, dans cette épitre, avant et après la déclaration, a son centre sur cette clause. Vous posez-vous la question : "A quoi se rapporte toute cette épitre ?" La réponse tient en quatre mots : "la plénitude de Christ". Les deux emplois de ce mot "plénitude" par l'apôtre dans cette épitre, résument non seulement tout l'épitre mais présentent la chose la plus merveilleuse et la plus remarquable dans ce merveilleux document et même la chose la plus merveilleuse et la plus remarquable dans toute la Bible. Au chapitre un, au verset vingt-trois, la déclaration stupéfiante est que l’Église, qui est le Corps de Christ, est "la plénitude de celui qui remplit tout en tous". Cela semble clairement dire que Christ ne peut plus être complet en tant que Tête sans Son corps pour le compléter : qu'Il a besoin de Son corps et qu'Il dépend de Son corps pour la réalisation de Lui-même et pour Sa libre expression. En étant encore plus minutieux : Il "remplit tout en tous" et cependant Il a besoin de Son corps en vue de réaliser Son action de remplir. Le corps est la plénitude, le parachèvement de Lui-même. Dans le chapitre quatre, au verset treize, la finalité de cette vérité est poussée dans une direction vers un point culminant. "Jusqu'à ce que nous parvenions tous" est associé à une provision de fonctions aux aspects variés. Nous avons l'information que, lors de Son retour au ciel -- "...étant monté dans les hauteurs..." --  aussitôt, le Seigneur Jésus "...a fait des dons aux hommes". Ce furent des dons personnels ou des dons en tant que personne, et ce furent des hommes emmenés captifs par Lui. Mais ces hommes ont été l'expression de fonctions variées : "des apôtres, des docteurs des évangélistes, des pasteurs et docteurs" -- des fonctions différentes, à chacun "la grâce a été donnée selon la mesure de leur don", mais tous ensemble liés et stimulés par un seul objectif. L'apôtre -- qui renferme en lui les trois autres ministères (pasteur et docteur étant une seule fonction) -- et ceux-ci constituent un seul ministère aux fonctions étroitement reliées entre elles et interdépendantes. Ceux-ci ne sont pas différentes "écoles" ou catégories travaillant à part, mais seulement différents aspects ou fonctions d'un seul corps. il doit y avoir une reconnaissance mutuelle, une évaluation mutuelle et une coopération mutuelle. La séparation de ces fonctions ne peut qu'entraîner une condition de déséquilibre. Un manque d'équilibre a toujours pour résultat de la faiblesse et une perte. Accorder une importance déséquilibrée à l'évangélisation ne peut que donner des chrétiens immatures. Accorder une importance hors de proportion à l'enseignement peut avoir comme conséquence l'introversion qui est à l'opposé de l'intérêt objectif pour le salut des hommes.


                    Dans une assemblée locale, constituée par le Saint-Esprit, toutes ces fonctions doivent être présentes pour sa pleine croissance. Ceux qui exercent le ministère doivent connaître quel est leur don particulier, leur grâce et leur onction particulières. Et l'assemblée doit également le savoir. Les choses sont amenées dans la confusion lorsqu'il y a une tentative d'être et de pratiquer autre chose que ce à quoi l'onction est destinée. Quelles situations pathétiques et même tragiques se produisent  lorsque des hommes essaient d'être ce pour quoi ils ne sont pas oints ! Un conducteur doit être manifestement oint pour cette fonction, et l'onction doit être acceptée et reconnue. La même chose doit être vraie de toutes les autres parties de l'unique ministère. Mais chaque don personnel doit -- et c'est absolument impératif -- maintenir en vue le seul but inclusif et y contribuer nettement, à savoir, "la plénitude de Christ", parce que c'est "une mesure du don de Christ". La question peut être soulevée quant à savoir quelle est notre fonction particulière. La réponse en général sera, bien évidemment, que nous découvrons que le Saint-Esprit nous "charge d'un fardeau" et nous exerce dans un domaine particulier, tandis que nous cherchons à être un membre responsable du corps, dans l'église locale. Remarquez : ceci n'est pas officiel. C'est-à-dire, ce n'est pas en étant désigné par des hommes, ou par notre présomption, mais en étant exercé, d'une manière spontanée et volontaire, à être en souci pour les intérêts de Christ dans Son Corps. Le Seigneur garde Son Corps et ses membres exerçant le ministère, de la scène pathétique des ministères qui ne sont pas la projection de "Il a donné..." Il a donné, non pas l'homme a choisi, a désigné, ou "a donné l'accès à l'estrade" à l'un quelconque qui voulait saisir l'occasion. L'action de "donner" du Seigneur exalté, est sélective,spécifique et délibérée.

                   Nous devons ici mentionné quelque chose de très précieux et de très utile à cet égard, dans la procédure néotestamentaire. Cela est indiqué dans la première épitre à Timothée, au chapitre quatre et au verset quatorze, et c’est implicite dans d'autres passages variés. "Ne néglige pas le don qui est en toi, et qui t'a été donné par prophétie avec l'imposition des mains de l'assemblée des anciens (en anglais : l'assemblée des presbytes)". Cette assemblée ne signifie pas nécessairement ici celle d'apôtres particuliers, mais sûrement celle de la première épitre de Paul à Timothée. Au chapitre cinq verset dix-sept nous lisons : "Que les anciens dirigent bien..." C'est vrai, Paul a parlé "du don de Dieu que tu as reçu par l'imposition de mes mains" ( 2 Timothée 1:6). Il semblerait clair qu'à certains moments, il y a eu un temps de prières pour les membres du corps de Christ, et dans ce temps de prière, le Saint-Esprit a contraint de demander une certaine qualification particulière par laquelle les personnes concernées contribueraient de manière spécifique au ministère dans le corps. Ailleurs, Paul a exhorté Timothée à  "faire l'oeuvre d'un évangéliste, à bien remplir son ministère" (2 Timothée 4:5). A Archippe, il envoya  un message particulier : "...Prends garde au ministère que tu a reçu dans le Seigneur afin de bien le remplir" (Colossiens 4:17). Ce serait une bonne choses si tous les ministères étaient le résultat d'une telle action spécifique dans la prière ! Il y aurai une beaucoup plus grande approche de "la plénitude de Christ" et beaucoup moins de "sagesse (ou autre) des hommes", de ce qui est inefficace et peu fructueux.   

                      Notre passage, dans Éphésiens quatre au verset treize, indique que le corps, qu'il soit universel ou localement représenté, doit, par les ministères, faire des progrès en vue de la plénitude finale. Les mots sont : "...le développement du corps de Christ". Le mot "édification" de nos versions peut induire en erreur parce qu'il transmet l'idée que cela concerne la tête. Étant donné qu'il s'agit d'une croissance corporative, cela doit être vrai, assurément, de chaque membre. Tandis que Paul mélange ses métaphores, à un certain moment il parle du Temple et à un autre du corps, il finit par opter pleinement pour le corps en tant qu'homme parvenu à l'âge adulte, et ce qu'il veut dire par développement est défini au chapitre quatre verset quatorze : " ainsi, nous ne serons plus des enfants..." Il s'agit de la transition de l'enfance, dans laquelle les personnes concernées doivent toujours être l'objet de soins et, comme des enfants, elles attirent tout le temps l'attention vers elles, à un état où la personne peut assumer une responsabilité spirituelle et prendre son des autres, avec le souci désintéressé pour les autres membres du corps. Il s'agit de parvenir à une mesure croissante de Christ.  

                     "jusqu'à ce que ..." signifie progrès sur progrès; "...nous parvenions tous..." est l'objectif corporatif; "...à la plénitude de Christ" -- le but est atteint. Au chapitre quatre du verset dix au verset quinze, nous sommes ramenés à l'élection, à l'appel et à la vocation, à la conduite et à la marche appropriées, et plus loin au conflit et à la demande de "tenir ferme". Tout se rapporte à "parvenir à la plénitude de Christ" et tout converge vers cela.

Chapitre 11

CONCLUSION. LA BASE DE TOUT

                    Ayant indiqué le but inclusif, nous ne pouvons pas terminer sans une insistance spéciale supplémentaire sur la base inclusive. La question qui se posera dans la pensée de la plupart des personnes est la suivante : Comment obtiendra-t-on tout ceci dans l’Église, les églises et l'individu ? Il y a une réponse, mais elle nous mettra au défi jusqu'au tréfonds de nous-mêmes et en chaque point de nos vies. Beaucoup de choses -- peut-être tout -- dépendront de l'importance du sérieux dont nous sommes concernés par le dessein de Dieu, et donc de la manière dont nous sommes prêts à rejeter tout préjugé, toute superficialité, tout scepticisme, toute familiarité, et, peut-être, nos traditions. C’est l'universel recours des apôtres. Les choses en leur temps étaient-elles autrement que ce qu'elles devaient être ? Y avait-il dans l'église à Rome une condition qui demandait un formidable correctif tel que cette grande épitre à leur adresse ? Y avait-il à Corinthe un état de choses -- des divisions, des manifestations de la chair, des dissensions et pire encore, réclamant un correctif tel que la première épitre à l'église dans cette ville ? Y avait-il un mouvement naissant de réprobation de la grâce pour le légalisme avec toute la conséquence de la perte de la gloire, en Galatie ? Y avait-il une "mouche dans la belle huile du parfumeur" à Philippe ? Y avait-il une menace de fausse spiritualité dans la forme de mysticisme, à Colosse ? Oui ! Tout ceci et d'autres choses encore qui menaçaient le témoignage des églises et leur influence dans le monde. Les apôtres n'ont pas excusé cela, ni trouvé des circonstances atténuantes, ni l'ont accepté. Toute leur attitude fut : "Ces choses ne doivent pas être là". Comment ont-ils abordé ces situations ? Avaient-ils une base commune et un moyen commun d'aborder cela et d'y remédier ? Oui, ils en avaient un ! C'était le même dans chaque cas

                    A Rome, c'était : Romains 6:3-10 ; 12:1-2
                    En Galatie :  Galates 2:20 ; 5:24 ; 6:14
                    A Philippes : Philippiens 2:5-8
                    A Colosses : 2:11-12 ; 3:3

                   Eh bien, là c'est évident, clair et positif : la Croix de Jésus-Christ, amenée par le Saint-Esprit, juste à la racine et au fondement de la vie de chaque croyant. Une crise fondamentale, et par la suite une œuvre intérieure et une œuvre extérieure. "Nous", "Vous", "Je" -- ce sont des pronoms qui demandent une application directe. Les chrétiens croient au Saint-Esprit. Ils sont très nombreux à désirer connaître le Saint-Esprit comme une réalité et une puissance dans leur vie. Mais il faut réellement comprendre et reconnaître que le Saint-Esprit est consacré et marié à la Croix. Sa venue a demandé l’œuvre de la Croix. C'est simplement après la représentation symbolique de la Croix dans la mort, l'ensevelissement et la résurrection avec Christ par le baptême -- ainsi compris -- que le Saint-Esprit a pris Sa place en manifestation de puissance dans la vie des premiers croyants. Parce que le pivot de toute chose que la Croix était censé traiter, est la vie du moi, le principe du moi, ce que le Nouveau Testament appelle la "chair", le Saint-Esprit conduit ceux qui se trouvent sous Son gouvernement dans les expériences qui sont calculées pour exposer et amener à la Croix la vie du moi de l'enfant de Dieu. C'est une part fondamentale et inséparable de l'activité du Saint-Esprit pour rendre efficace et réelle la signification de la Croix.

                     Ceci ne plait pas à la chair, mais c'est la porte d'entrée de la plénitude spirituelle, et plus la Croix agit profondément, plus la mesure de vie de résurrection, de la puissance et de la lumière est grande. Ceci touche tout le domaine et la portée de l'autorité de Satan. La puissance contre lui est inséparable de la Croix. Donc, il fera tout ce qui est possible pour diminuer la valeur de la Croix, la mettre de côté, la rabaisser et la discréditer. La Personne de Christ et la Croix de Christ ont été le terrain de la plus amère controverse dans l'histoire du christianisme. Bien sûr, ils sont en réalité une seule et même chose. C'est la Personne qui donne à la Croix sa signification et sa valeur réelle, et c'est la Croix qui fait valoir et justifie la Personne; pourvu que par la Croix, il soit fait allusion à la mort, à l'ensevelissement et à la résurrection pour la gloire. Les Écritures citées précédemment et beaucoup d'autres passages rendent très clair que la Croix de Christ est quelque chose de plus qu'un évènement historique qui eut lieu, il y a bien longtemps. C'est quelque chose qui doit devenir très réel dans l'expérience, et pas seulement dans la doctrine, du chrétien. Mais qui pourrait survivre à la Croix dans ce qu'elle a signifié dans le cas de Jésus-Christ ? Elle l'a déchiré, dévasté et affligé, âme et corps, cœur et pensée. Quant à Lui, ce fut un rejet dans les ténèbres du dehors et un abandon. Toute l'agonie éternelle fut concentrée dans quelques heures et dans un dernier moment terrible. Il n'y a aucune autre créature dans l'univers de Dieu, qui pouvait traverser cela et survivre. Rendons grâce à Dieu, il n'est demandé à aucune autre créature de parcourir ce chemin : Il y est allé pour nous. Et cependant, il y a un aspect de cela qui nous concerne : "...devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort..." (Romains 6:5) et "portant toujours avec nous dans notre corps la mort de de Jésus..." (2 Corinthiens 4:10) et "...la communion de ses souffrances..."; une participation à la coupe qu'Il a bue jusqu'à la dernière goutte. Cette œuvre de Sa mort dans l’Église et dans le croyant sera progressive. La loi de la nature, qui est simplement une autre façon de parler de la loi de Dieu, est plus de vie, plus de fruit, plus de croissance, par la réapparition périodique de l'hiver et du printemps, des expériences de mort et de vie qui alternent chaque cycle en vue d'un accroissement. C'est la loi de la Croix (Jean 12:24). Dieu n'est pas un Dieu qui croit en des théories. Il est immensément pratique

                    L'un des plus grands ennemis de la plénitude est la superficialité. C'est un âge de "bénéfices immédiats", de gains faciles, du moindre ennui, de l'obtention de tout par un effort, un ennui et un prix les plus petits possibles. La profondeur est une dimension perdue. La résistance est une qualité négative. C'est la raison pour laquelle Dieu permet des guerres et des bouleversements de la nature et des difficultés. On entrera au ciel qu'à travers de la tribulation -- la tribulation est le principe de la Croix que Dieu maintient devant les yeux des hommes. Ce seront ceux qui ont part à Son travail d'enfantement qui auront part à Son règne;

T.A.S.

Enregistrer un commentaire