dimanche 3 avril 2016

(4)La dispensation du mystère T. Austin-Sparks (volume 2)

Préface de la deuxième édition

                 Durant l'année 1939, nous avons publié deux volumes sur La dispensation du mystère. Le volume 1, le plus important des deux, a couvert un domaine plus large sous le titre Toutes choses en Christ. Ce dernier a été réimprimé et réédité et est toujours disponible. Le volume 2 fut plus spécifique en ce qui concerne le ministère de Paul et l’Église. Ce second volume était épuisé depuis un certain temps, et bien que nous ayons eu beaucoup de demande à son sujet, il y a eu une retenue inhabituelle à le réimprimer sous sa forme originale. Mais il y a eu un fardeau croissant de mettre par écrit l'essence de ce ministère particulier du "Mystère" et, sous cette pression que nous estimons de Dieu nous avons rédigé le présent volume qui, bien que modifié à plusieurs égards par rapport au précédent volume 2, est une focalisation de cette "Révélation" accordée à l'apôtre. Dans la présence irrésistible d'un si grand dévoilement, ce serait une chose impossible de donner une présentation adéquate et, bien que tellement chargés et pressés, nous éprouvons finalement un profond sentiment d'échec. Nous ne pouvons faire que "jeter à la surface des eaux" et croire qu'en tant que message de Dieu en un temps opportun, il peut toucher quelques cœurs préparés. Ce n'est pas une exposition dont on a besoin, mais d'une révolution semblable à celle qui a eu lieu chez l'apôtre quand "il plut à Dieu de révéler en lui son Fils." Que la prière contenue dans Éphésiens 1:17-21 soit exaucée dans la cas de beaucoup de lecteurs.

Forest Hill, Londres
T. Austin-Sparks  1966

Chapitre 4

LES RICHESSES INSONDABLES DE CHRIST

                      Nous n'irons pas très loin dans la signification pratique et la portée de ce grand dévoilement jusqu'à ce que nous ayons en main la clé. Une fois que nous aurons cette clé tout sera expliqué quant à son dessein et sa valeur. D'une manière assez étrange, cette clé se trouve sous la forme d'un petit préfixe qui -- malheureusement -- n'apparaît pas dans nos traductions. Il se présente deux fois dans les "Éphésiens" (dans des liens de première importance); quatre fois dans les "Colossiens"; une fois dans les "Philippiens": dans les deux épitres à Timothée et dans les "Hébreux" (le fait que Paul aurait réellement écrit les "Hébreux" n'est pas débattu, mais nous n'avons aucune hésitation à dire que son influence et sa conception s'y trouvent nettement) Dans notre traduction nous avons le mot connaissance, dans Éphésiens 1:17 et 4:13; dans Colossiens 1:6,9,10; 3:13. Philippiens 1:9. Mais dans ces épitres et  dans les autres mentionnées le mot (dans le grec) a le petit préfixe epi. Epi signifie "plein", et tandis que "connaitre" se présente à lui seul dans bien des endroits du Nouveau Testament, il signifie -- habituellement -- le commencement de la connaissance comme : "Or la vie éternelle c'est qu'ils te connaissent toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ." (Jean 17:3). Mais quand nous avons fait des progrès depuis le commencement et que nous sommes parvenus à plus de maturité, comme dans les épitres de Paul ultérieures, ce qui est place devant nous est "la pleine connaissance" (Epi-gnosis). Donc, ce pour quoi Paul prie, dans Éphésiens 1:17, est que les croyants qui ont déjà avancé en connaissance, parvienne à la pleine connaissance. C'est le mot de la maturité. Ceci est donc la clé à tout ce qui est présenté ici, et ce qui est présenté est ce qui constitue la pleine connaissance. Tout ce que nous ajouterons ensuite est que cette connaissance, ou cette pleine connaissance, n'est pas mentale, intellectuelle, académique ni acquise par la lecture, l'étude, par ce que l'on entend (quoiqu'elle puisse venir par un tel moyen) mais, comme Paul le souligne, c'est par une révélation du Saint-Esprit. Pour nous maintenant, étant donné que les Écritures ont été achevées, une révélation n'est pas quelque chose en plus des Écritures, mais une révélation ou une illumination quant à ce qui se trouve dans les Écritures, est cela est inépuisable. Nous y reviendrons ultérieurement.

Notons quelques-uns des :

PRINCIPAUX TRAITS CARACTÉRISTIQUES DE LA 
RÉVÉLATION FONDAMENTALE

                    Quand aux circonstances par lesquelles l'apôtre Paul est passé pour acquérir la pleine connaissance qu'il a eue, nous pouvons dire deux choses que l'on sait. La première d'entre elles a été d'ordre très général : "...un esprit de sagesse et de révélation dans la pleine connaissance de Lui-même; qu'il illumine les yeux de votre cœur..." etc. C'est là le droit de naissance de chaque croyant, mais cela dépend de l'obéissance à toute la vérité ou lumière déjà accordée. C'est à quoi Jean fait allusion : "...l'onction que vous avez reçue... vous enseigne toues choses..." (1 Jean 2:27) Mais, dans le cas de Paul, en raison de sa fonction spéciale de "dispensateur", il lui fut accordé des révélations spéciales, comme quand il fut ravi (en vision, en songe ou en extase) jusqu'au troisième ciel et qu'il entendit des paroles ineffables. (2 Corinthiens 12) Si nous suivons cette pensée inspirée et illuminée de l'apôtre, nous serons conduits dans les "âges" et à travers les "âges" de l'éternité passée à l'éternité encore à venir. Il nous sera donné un aperçu de ce qui a eu lieu dans ces ères, et de ce que fut, est et sera la caractéristique de chacune.                 

Il y a quatre de ces ères auxquelles il fait allusion :

1. "Avant les temps éternels;
2. de la création à Christ -- l'ère de l'Ancien Testament;
3. de l'incarnation à la consommation de cet âge;
4. "les siècles es siècles".

                   Entre le premier point et le deuxième, il y a un événement qui a affecté tout le cours et le caractère des choses depuis le premier point jusqu'au troisième, comme nous le verrons.

AVANT LES TEMPS ÉTERNELS

                 Il doit être noté que l'apôtre avait à peine commencé cette épitre (aux Éphésiens) et tout juste donné cours à cette révélation retenue en lui-même, qu'il a emmené ses lecteurs et a remonté tout le temps passé, les introduisant dans ce qu'il a appelé "avant la fondation du monde". C'est le langage qu'il a utilisé plus d'une fois : "avant les temps éternels"; "avant tous les siècles" (2 Timothée 1:9; Tite 1:2). Ayant effectué ce long survol des siècles et des millénaires passés en remontant le temps, il a indiqué ce qui a eu lieu dans ce passé sans date. Deux choses sont mises en évidences et établies. Dans les conseils de la Divinité, le Fils de Dieu fut désigné et nommé comme étant la Sphère éternelle de tout ce qui serait de Dieu. "En Lui" se trouve la définition (Éphésiens 1:4). L'apôtre utilise deux cent fois ce terme dans ses écrits, sous des formes variées. L'écrivain de l'épitre aux Hébreux établit la même chose par des mots précis : "Il l'a établi héritier de toutes choses" (Hébreux 1:2). Ce n'est pas la connaissance exclusive de Paul. Jean et Pierre parlent tous les deux de la même chose quant à la position éternelle du Fils de Dieu. Mais Paul en dévoile beaucoup plus. Là, donc, premièrement "avant les temps éternels", le Fils de Dieu -- soit maintenant, le nom qui devient le Sien si longtemps après : "Notre Seigneur Jésus-Christ" (Éphésiens 1:3) fut établi comme le domaine inclusif de tout ce qui appartient à Dieu. Comme une race "en Adam" (1 Corinthiens  15:22) ; comme une nation se trouvait dans la seule postérité d'Abraham (Romains 4:13, etc.); et comme la moisson se trouve dans le simple grain de blé, de même le Fils de Dieu serait le contenu de tout ce qui serait en fin de compte de Dieu. De même, l'apôtre associe les personnes à la Personne : "Il nous a élus en Lui". Ceci était inclus dans les délibérations divine. Ce concept ne nous est pas inconnu. Jésus Lui-même en a fait référence: "...à cause des élus ... (en anglais, dans cet exemple et les suivants, le mot élu est au singulier et désigne un ensemble de personnes), "...au point de séduire, s'il était possible, même les élus", (Matthieu 24:22,24). "Et Dieu ne ferait-il pas justice à Ses élus ...?" (Luc 18:7), etc. Pierre emploie aussi ce terme (1 Pierre 1:2). Dans ces conseils éternels, un "peuple", un "corps", une "nation", fut établi et assuré, qui devait précisément exister pour justifier la place du Fils. Non, nous n'allons pas nous lancer dans une discussion à propos de la "prédestination". Tout ce que nous dirons simplement à ce sujet, est que deux choses gouvernent cette question de l'élection divine. La première est qu'elle est corporative; c'est un "Corps" et, tout comme un corps physique fut préparé pour le Fils de Dieu dans l'incarnation -- "...tu m'as formé un corps" (Hébreux 10:5) __ de même un "Corps" corporatif Lui fut préparé. Cela était aussi essentiel qu'il l'est pour un esprit de revêtir en fin de compte un corps. (Nous en dirons davantage plus tard) L'autre chose qui gouverne, est que cette élection ne concerne pas le salut, bon gré mal gré, mais un dessein. Ceci est fondamental dans tout cet épitre aux "Éphésiens". Vous voyez combien le "dessein éternel" a une place large et puissante dans la pensée de Paul et dans ses écrits. C'est ce "dessein" qui détermine tant les voies de Dieu ! Les exhortations, les admonitions, les encouragements, les avertissements, les supplications sont tous en relation avec son "dessein" dans le salut. Combien de choses immensément nombreuses se trouvent liées à cet écartement du voile sur ces conseils éternels ! D'eux viennent les délibérations et les activités de Dieu : "...celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté", "...selon le bon plaisir de sa volonté" (Éphésiens 1:11, 5, etc). Voyez également Romains 8:28-30. 

                    Nous devons cependant nous rappeler qu'il y a une chose absolument prééminente et prédominante qui détermine tout et de laquelle toutes choses découlent et avec laquelle toutes choses sont en relation. C'est cette seule chose qui explique tout ce qui se trouve dans cette épitre et dans toutes les Écritures. C'est la place du Fils de Dieu. Cela explique, en effet, la Vocation, la Conduite, le Conflit. Ceci, donc dans l'éternité passée et depuis lors, se dresse au-dessus de tous les temps et de l'éternité à venir, affectant, déterminant, gouvernant "toutes choses". Pour prouver le bien-fondé de ceci, il est seulement nécessaire de parcourir cette épitre et de noter combien souvent le Seigneur Jésus est effectivement mentionné. Son nom personnel est mentionné quelque quarante-quatre fois, outre cela, notez les nombreux pronoms et adjectifs se rapportant à Lui -- "Il, "Lui", "son" et "Qui".


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