samedi 23 avril 2016

(10) La dispensation du mystère T. Austin-Sparks (volume 2)




Préface de la deuxième édition

                 Durant l'année 1939, nous avons publié deux volumes sur La dispensation du mystère. Le volume 1, le plus important des deux, a couvert un domaine plus large sous le titre Toutes choses en Christ. Ce dernier a été réimprimé et réédité et est toujours disponible. Le volume 2 fut plus spécifique en ce qui concerne le ministère de Paul et l’Église. Ce second volume était épuisé depuis un certain temps, et bien que nous ayons eu beaucoup de demande à son sujet, il y a eu une retenue inhabituelle à le réimprimer sous sa forme originale. Mais il y a eu un fardeau croissant de mettre par écrit l'essence de ce ministère particulier du "Mystère" et, sous cette pression que nous estimons de Dieu nous avons rédigé le présent volume qui, bien que modifié à plusieurs égards par rapport au précédent volume 2, est une focalisation de cette "Révélation" accordée à l'apôtre. Dans la présence irrésistible d'un si grand dévoilement, ce serait une chose impossible de donner une présentation adéquate et, bien que tellement chargés et pressés, nous éprouvons finalement un profond sentiment d'échec. Nous ne pouvons faire que "jeter à la surface des eaux" et croire qu'en tant que message de Dieu en un temps opportun, il peut toucher quelques cœurs préparés. Ce n'est pas une exposition dont on a besoin, mais d'une révolution semblable à celle qui a eu lieu chez l'apôtre quand "il plut à Dieu de révéler en lui son Fils." Que la prière contenue dans Ephésiens 1:17-21 soit exaucée dans la cas de beaucoup de lecteurs.

Forest Hill, Londres
T. Austin-Sparks  1966

Chapitre 10

LE BUT QUI ENGLOBE TOUT

"jusqu'à ce que nous parvenions tous  à ... la mesure de la stature de la plénitude du Christ" ( Éphésiens 4:13; version Darby)

                 Tout, dans cette épitre, avant et après la déclaration, a son centre sur cette clause. Vous posez-vous la question : "A quoi se rapporte toute cette épitre ?" La réponse tient en quatre mots : "la plénitude de Christ". Les deux emplois de ce mot "plénitude" par l'apôtre dans cette épitre, résument non seulement tout l'épitre mais présentent la chose la plus merveilleuse et la plus remarquable dans ce merveilleux document et même la chose la plus merveilleuse et la plus remarquable dans toute la Bible. Au chapitre un, au verset vingt-trois, la déclaration stupéfiante est que l’Église, qui est le Corps de Christ, est "la plénitude de celui qui remplit tout en tous". Cela semble clairement dire que Christ ne peut plus être complet en tant que Tête sans Son corps pour le compléter : qu'Il a besoin de Son corps et qu'Il dépend de Son corps pour la réalisation de Lui-même et pour Sa libre expression. En étant encore plus minutieux : Il "remplit tout en tous" et cependant Il a besoin de Son corps en vue de réaliser Son action de remplir. Le corps est la plénitude, le parachèvement de Lui-même. Dans le chapitre quatre, au verset treize, la finalité de cette vérité est poussée dans une direction vers un point culminant. "Jusqu'à ce que nous parvenions tous" est associé à une provision de fonctions aux aspects variés. Nous avons l'information que, lors de Son retour au ciel -- "...étant monté dans les hauteurs..." --  aussitôt, le Seigneur Jésus "...a fait des dons aux hommes". Ce furent des dons personnels ou des dons en tant que personne, et ce furent des hommes emmenés captifs par Lui. Mais ces hommes ont été l'expression de fonctions variées : "des apôtres, des docteurs des évangélistes, des pasteurs et docteurs" -- des fonctions différentes, à chacun "la grâce a été donnée selon la mesure de leur don", mais tous ensemble liés et stimulés par un seul objectif. L'apôtre -- qui renferme en lui les trois autres ministères (pasteur et docteur étant une seule fonction) -- et ceux-ci constituent un seul ministère aux fonctions étroitement reliées entre elles et interdépendantes. Ceux-ci ne sont pas différentes "écoles" ou catégories travaillant à part, mais seulement différents aspects ou fonctions d'un seul corps. il doit y avoir une reconnaissance mutuelle, une évaluation mutuelle et une coopération mutuelle. La séparation de ces fonctions ne peut qu'entraîner une condition de déséquilibre. Un manque d'équilibre a toujours pour résultat de la faiblesse et une perte. Accorder une importance déséquilibrée à l'évangélisation ne peut que donner des chrétiens immatures. Accorder une importance hors de proportion à l'enseignement peut avoir comme conséquence l'introversion qui est à l'opposé de l'intérêt objectif pour le salut des hommes.

                    Dans une assemblée locale, constituée par le Saint-Esprit, toutes ces fonctions doivent être présentes pour sa pleine croissance. Ceux qui exercent le ministère doivent connaître quel est leur don particulier, leur grâce et leur onction particulières. Et l'assemblée doit également le savoir. Les choses sont amenées dans la confusion lorsqu'il y a une tentative d'être et de pratiquer autre chose que ce à quoi l'onction est destinée. Quelles situations pathétiques et même tragiques se produisent  lorsque des hommes essaient d'être ce pour quoi ils ne sont pas oints ! Un conducteur doit être manifestement oint pour cette fonction, et l'onction doit être acceptée et reconnue. La même chose doit être vraie de toutes les autres parties de l'unique ministère. Mais chaque don personnel doit -- et c'est absolument impératif -- maintenir en vue le seul but inclusif et y contribuer nettement, à savoir, "la plénitude de Christ", parce que c'est "une mesure du don de Christ". La question peut être soulevée quant à savoir quelle est notre fonction particulière. La réponse en général sera, bien évidemment, que nous découvrons que le Saint-Esprit nous "charge d'un fardeau" et nous exerce dans un domaine particulier, tandis que nous cherchons à être un membre responsable du corps, dans l'église locale. Remarquez : ceci n'est pas officiel. C'est-à-dire, ce n'est pas en étant désigné par des hommes, ou par notre présomption, mais en étant exercé, d'une manière spontanée et volontaire, à être en souci pour les intérêts de Christ dans Son Corps. Le Seigneur garde Son Corps et ses membres exerçant le ministère, de la scène pathétique des ministères qui ne sont pas la projection de "Il a donné..." Il a donné, non pas l'homme a choisi, a désigné, ou "a donné l'accès à l'estrade" à l'un quelconque qui voulait saisir l'occasion. L'action de "donner" du Seigneur exalté, est sélective,spécifique et délibérée.

                   Nous devons ici mentionné quelque chose de très précieux et de très utile à cet égard, dans la procédure néotestamentaire. Cela est indiqué dans la première épitre à Timothée, au chapitre quatre et au verset quatorze, et c’est implicite dans d'autres passages variés. "Ne néglige pas le don qui est en toi, et qui t'a été donné par prophétie avec l'imposition des mains de l'assemblée des anciens (en anglais : l'assemblée des presbytes)". Cette assemblée ne signifie pas nécessairement ici celle d'apôtres particuliers, mais sûrement celle de la première épitre de Paul à Timothée. Au chapitre cinq verset dix-sept nous lisons : "Que les anciens dirigent bien..." C'est vrai, Paul a parlé "du don de Dieu que tu as reçu par l'imposition de mes mains" ( 2 Timothée 1:6). Il semblerait clair qu'à certains moments, il y a eu un temps de prières pour les membres du corps de Christ, et dans ce temps de prière, le Saint-Esprit a contraint de demander une certaine qualification particulière par laquelle les personnes concernées contribueraient de manière spécifique au ministère dans le corps. Ailleurs, Paul a exhorté Timothée à  "faire l'oeuvre d'un évangéliste, à bien remplir son ministère" (2 Timothée 4:5). A Archippe, il envoya  un message particulier : "...Prends garde au ministère que tu a reçu dans le Seigneur afin de bien le remplir" (Colossiens 4:17). Ce serait une bonne choses si tous les ministères étaient le résultat d'une telle action spécifique dans la prière ! Il y aurai une beaucoup plus grande approche de "la plénitude de Christ" et beaucoup moins de "sagesse (ou autre) des hommes", de ce qui est inefficace et peu fructueux.    

                      Notre passage, dans Éphésiens quatre au verset treize, indique que le corps, qu'il soit universel ou localement représenté, doit, par les ministères, faire des progrès en vue de la plénitude finale. Les mots sont : "...le développement du corps de Christ". Le mot "édification" de nos versions peut induire en erreur parce qu'il transmet l'idée que cela concerne la tête. Étant donné qu'il s'agit d'une croissance corporative, cela doit être vrai, assurément, de chaque membre. Tandis que Paul mélange ses métaphores, à un certain moment il parle du Temple et à un autre du corps, il finit par opter pleinement pour le corps en tant qu'homme parvenu à l'âge adulte, et ce qu'il veut dire par développement est défini au chapitre quatre verset quatorze : " ainsi, nous ne serons plus des enfants..." Il s'agit de la transition de l'enfance, dans laquelle les personnes concernées doivent toujours être l'objet de soins et, comme des enfants, elles attirent tout le temps l'attention vers elles, à un état où la personne peut assumer une responsabilité spirituelle et prendre son des autres, avec le souci désintéressé pour les autres membres du corps. Il s'agit de parvenir à une mesure croissante de Christ.   

                     "jusqu'à ce que ..." signifie progrès sur progrès; "...nous parvenions tous..." est l'objectif corporatif; "...à la plénitude de Christ" -- le but est atteint. Au chapitre quatre du verset dix au verset quinze, nous sommes ramenés à l'élection, à l'appel et à la vocation, à la conduite et à la marche appropriées, et plus loin au conflit et à la demande de "tenir ferme". Tout se rapporte à "parvenir à la plénitude de Christ" et tout converge vers cela.





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