mercredi 11 mai 2016

(5) La loi de l'Esprit de vie en Jésus-Christ T. Austin-Sparks

Chapitre cinquième

ISAAC ET LE LOI DE LA VIE

Mais maintenant, étant affranchis du péché et devenus esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sainteté et pour fin la vie éternelle.  Car le salaire du péché, c’est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. (Romains 5:22-23) 

                  Notre passage particulier, qui forme la base de ces méditations, c'est-à-dire Romains 8:2, -suit immédiatement les versets que nous citons ici, parce que le chapitre qui se trouve entre ces deux passages est une parenthèse.

                    La loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ.

                   Nous sommes arrivés à la cinquième de ces sept expressions de la loi de la vie. La loi de la vie est une ; c'est-à-dire, la vie est une loi, mais cette vie et cette loi agissent de sept manières différentes. La vie toute entière demande toutes ces sept expressions. Elles sont toutes nécessaires pour la vie qui est une. Et ce que nous trouvons, c'est que, lorsque nous avons reçu cette vie et qu'elle a son propre cours en nous, lorsque nous lui sommes soumis, elle agit en nous par sa propre loi, dans ces sept directions. Ces sept aspects sont des résultats inévitables de cette vie, parce qu'elle est une loi. Nous avons dit, et nous le savons vraiment que, dès qu'une loi est établie, acceptée et reconnue, elle s'exerce d'une certaine manière. Son action est parfaitement spontanée, parfaitement naturelle. Nous pourrions même dire : elle est automatique. Ainsi, la vie agit de certaines manières dès qu'elle est établie et que nous lui obéissons. Et nous verrons que cette vie divine, si nous la laissons nous gouverner, spontanément et tout à fait naturellement, aura comme résultat sept choses, qui sont toutes des composés de la vie. Ce sont les sept expressions de la vie.

                     Nous le voyons, la vie chrétienne se résout, après tout, en une proposition très simple. Nous n'avons pas besoin pour comprendre tout cela pour être chrétien. Mais dès que l'on devient un chrétien, certaines chose commencent à nous arriver, et c'est alors d'une très grande valeur, de comprendre ce que nous vivons, parce que c'est comprendre ce que Dieu fait, ce que Dieu cherche. Mais les choses arrivent lorsque l'Esprit de vie qui est en nous n'est ni entravé, ni arrêté, lorsque nous marchons avec le Seigneur.

L'état de fils et le fruit de la foi 

                    Nous avons vu quatre de ces expressions spontanées de la vie, et nous abordons, à présent, la cinquième, c'est-à-dire Isaac. J'aimerai vous demander de prendre simplement un ou deux passages du Nouveau Testament. Revenons à Romains. Nous relierons  les versets 2 et 14.

La loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ. (verset 2)

Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père!  L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. (Romains 8:14-17)
  
                    Nous voyons que, tout au long, le lien est l'Esprit : l'Esprit de vie, conduits par l'Esprit, l'Esprit d'adoption, l'Esprit rendant témoignage à notre esprit. Mais tout cela est en relation avec une chose tout à fait spéciale. Nous le verrons un peu plus loin. 

                    Passons immédiatement à la lettre aux Galates;

Afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu. (Galates 4:5-7)  

                    Ce passage est presque une répétition de celui de Romains 8 : "l'Esprit d'adoption -- afin de ... nous faire obtenir l'adoption filiale.

Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang, en luttant contre le péché. Et vous avez oublié l’exhortation qui vous est adressée comme à des fils: Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, Et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend; Car le Seigneur châtie celui qu’il aime, Et il frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils.  Supportez le châtiment: c’est comme des fils que Dieu vous traite; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas?....... D’ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés, et que nous les avons respectés, ne devons-nous pas à bien plus forte raison nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie? (Hébreux 12:4-7 et 9)

                     Il n'est pas difficile de trouver le lien avec la vie, l'effet de la vie. Nous trouvons ici que la vie agit dans la ligne de la position de fils. Dans tous ces passages, l'état de fils est présenté en relation avec la vie, et l'Esprit est la vie. Nous sommes amenés à cela par le symbole et l'illustration de l'Ancien Testament qu'est Isaac, le cinquième de ces symboles personnels.

                    Une grande chose nous est dite d'Isaac dans Genèse 17:19 :

Dieu répondit : "Nonc'est Sara ta femme qui te donnera un fils ; tu l'appelleras Isaac, et je ferai alliance avec lui, alliance qui sera perpétuelle pour sa postérité après lui." 
                     Ici, Dieu règle définitivement et pour toujours la question de savoir ce que représente Isaac dans l'économie divine. Dans notre méditation précédente, où nous parlions de la quatrième expression de la vie, représentée par Abraham, nous avons vu la vie agissant par la foi, la foi étant un aspect de la loi de la vie.

                        Lorsque nous arrivons à Isaac, nous trouvons, comme fruit de la foi, l'état de fils. La foi n'est pas une fin en soi, la foi produit l'état de fils. Car la foi d'Abraham, à son point suprême, reçoit Isaac, hors du pouvoir de la mort, hors de la portée de la perte, du temps, sur une base de résurrection. Nous nous approchons maintenant  de cette position de fils, pour la considérer, pour rechercher sa nature, son caractère, car la vie nous est présentée, ici, en termes de fils.

Les fils de Dieu sont entièrement le fruit d'une conception divine

                  La première chose que nous trouvons en considérant Isaac est celle-ci - et elle est montré très clairement et très définitivement : il semble que le Saint-Esprit ait pris un soin très sérieux à mettre ce fait bien en vue ; il est clair, dans le récit de l'Ancien Testament, et il ressort dans le Nouveau Testament, où il est souligné à plus d'une reprise, - - Isaac est une impossibilité dans le domaine naturel. Oh ! Combien Dieu veille à ce que cela soit bien établi ! L'annonce de la naissance elle-même est faite à un moment où la nature ne peut rien offrir en vue de la réalisation de la promesse. Mais ensuite, Dieu se retire et laisse la question en suspens, pour ainsi dire, durant une grande période, et chaque moment et chaque journée remet de plus en plus la promesse au-delà de tout espoir humain. C'est ainsi que, lorsque Isaac naquit enfin, il fut prouvé que rien dans le domaine naturel n'était en mesure de porter ce fruit; C'est uniquement par la main de Dieu qu'a pu naître Isaac. Il était en vérité, le fruit de Dieu, entièrement et uniquement de Dieu. Il n'était pas le fruit de la nature. C'est le point où nous commençons. 

                    Maintenant exprimons cela comme nous le voulons, appelons-le comme nous le voulons : disons que c'est devenir un chrétien, devenir un enfant de Dieu, que c'est être sauvé. Donnons à cette expérience le nom que nous préférons. La réalité qui y répond est entièrement en dehors du pouvoir de la nature. L'on ne peut pas, en dehors de Dieu Lui-même, devenir un enfant de Dieu. Je sais combien cela est élémentaire. Cependant, il est peut-être nécessaire de le rappeler. Il n'y a rien que nous puissions faire, aucun fruit que nous puissions produire, rien, dans tout notre effort et toute notre énergie, qui puisse accomplir  cela. Aucune lutte, aucun effort, aucun combat, aucune larme, rien de ce qui est de la nature ne peut produire cela. Ce qui est né de la chair est chair. Et cela signifie, dans la Bible, que la chair  ce n'est pas ce qui est né du corps. C'est quelque chose de plus que cela : la chair signifie, dans ce contexte, le pouvoir naturel             

                   C'est pour cela que nous ne pourrons jamais, ni par le raisonnement, ni par la discussion, ni par l'insistance, ni par la persuasion, ni par les caresses, obliger une âme à devenir une enfant de Dieu. Lorsque nous aurons donné notre dernier argument, lorsque nous aurons brisé toutes les contradictions intellectuelles, lorsque toutes les murailles de réserve et de froideur auront été abattues et que la volonté humaine aura été vaincue, soit par l'argument, soit par l'appel, et que sous cette persuasion, cette émotion, cette force, une personne aura fait un pas et se décidera à devenir chrétienne, elle pourra cependant n'être pas davantage une chrétienne qu'elle ne l'était auparavant, alors qu'elle se trouvait derrière tous ces remparts. Ce n'est pas là le chemin. Cette conversion doit venir de Dieu, et rien ne peut produire l'état de fils si ce n'est par  engendrement qui vient du Saint-Esprit. De multitudes de soit-disant chrétiens sont dans une fausse position, parce que ce que nous disons n'a pas été reconnu. Ils portent le titre de chrétien , parce qu'ils sont d'accord avec certaines positions, à cause d'une émotion, à cause d'une décision qu'ils ont prise, sous une persuasion ou une sous influence humaine.

                    Ce n'est ici que la suite de ce que nous avons dit au sujet de Caïn, l'adorateur qui tua, celui dont la vie d'âme s'approcha de Dieu avec ses œuvres les meilleures, son fruit le meilleur, en croyant que tout cela pouvait satisfaire Dieu. Ce n'est pas possible. Des multitudes de gens agissent sur cette même base, et pensent pouvoir être acceptés, et être enfants de Dieu. Oh ! combien ils sont séduits ! Combien cette situation est terrible ! Que ces conversions supposées puissent être révélées comme n'étant pas réelles ! Que les gens sachent ! Il nous faut réellement arriver à la signification et à la nature des fils. Il nous faut savoir ce que c'est, et nous devons commencer par cette affirmation négative : l'état de fils n'est pas le fruit de la nature. Dieu en a fait quelque chose que le pouvoir de la nature ne peut pas produire, de même qu'Il a mis Isaac entièrement en dehors du pouvoir de la nature. C'est là que nous commençons : c'est quelque chose de Dieu, entièrement de Dieu et uniquement de Dieu. 

                     Qu'est-ce que l'état de fils ? L'esprit humain devient le récipient d'une semence divine, le vase dans lequel quelque chose de Dieu est engendré, et la présence de cette semence fait de celui en qui elle a été déposée un être différent de tous les autres êtres dans l'univers de Dieu. Nous sommes -- à cause d'un mystère secret et caché en nous, à cause de ce quelque chose qui a été déposé au centre même de notre être, à cause de cette présence -- nous sommes autres et différents de tous les autres êtres de la création. Dieu a engendré son Fils dans l'esprit humain. Il y a, dans l’enfant de Dieu, ce sur quoi reposent les yeux de Dieu comme Lui appartenant à Lui-même, ce qui est venu de Lui, et qui est une part de Lui-même. Et Ses eux s'arrêtent sur cela comme sur un enfant chéri. 

La loi de l'Esprit de vie est une loi directive

                    Or, c'est là une vérité profonde à l'égard de tous ceux qui sont enfants de Dieu, et qui rend toutes choses possibles à Dieu, et à nous en Lui. Tout est lié à la présence réelle de ce qui est de Dieu dans notre esprit humain. L'état de fils a commencé ; il a été introduit au centre de notre être ; et lorsque cela est vrai de nous, lorsque c'est une actualité, alors "l'Esprit rend lui-même témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu" (Romains 8:16), qu'il y a en nous ce qui fait de nous un fils de Dieu. C'est l'expression naturelle de la vie, et cela devient une réalité vivante. Je pense que la plupart d'entre nous peut le prouver, oui nous pouvons le prouver. Je veux dire, nous pouvons le prouver, non seulement comme un simple fait ou témoignage, mais par beaucoup d'évidences ; les évidences de vie et de mort, dans notre conduite, les évidences de vie et de mort dans nos conversations, dans les choses que nous disons, dans nos pensées, nos jugements, les évidences de vie et de mort dans nos actes et nos voies. C'est une loi qui nous gouverne, cette loi de la vie, et elle nous amène à cette position de fils.

                    Qu'est-ce que cela signifie ? Combien la vie chrétienne devient simple, après tout, une fois que nous avons saisi cette clé. Cela signifie, bien-aimés, que Jésus, le Fils de Dieu, vit de nouveau Sa vie en nous. Souvenons-nous de ce qu'Il était sur notre terre, et nous verrons ce qu'Il dit et ce qu'Il ne dit pas, ce qu'Il fait et ce qu'Il ne fait pas. Car ce qu'Il ne dit pas et ce qu'Il ne fait pas est tout aussi significatif que ce qu'Il fait et ce qu'Il dit. Nous verrons où Il va et où Il ne va pas. Nous verrons quand Il est dans un certain lieu, et quand Il évite de s'y rendre. Nous verrons une vie divinement gouvernée dans ses paroles, ses mouvements, ses actes, merveilleusement gouvernée en tout. Et Il vit de nouveau, cette vie -là en nous. Nous sommes loin d'en être une expression parfaite, parce que, tout d'abord, nous ne sommes pas assez sensibles ni assez rapide pour comprendre ce que l'Esprit dit dans notre cœur. Nous n'avons pas une oreille qui soit exercée et bien accordée, simplement parce que nous écoutons trop d'autres choses. Nous ne sommes pas assez prompts à répondre et à obéir, et il n'y a pas, par conséquent, une expression parfaite de Christ ; mais cependant le fait fondamental existe, et nous le savons. C'est une affaire d'éducation, une affaire de gouvernement. Nous le savons tous. Oh ! Quelle expérience nous avons de ce contrôle ! De plus, cette expérience est progressive, car, à mesure que nos avançons, nous nous sentons de plus en plus profondément contrôlés. Ce qui, pour un temps, ne semblait pas avoir été touché, -- non pas parce que Dieu l'approuvait, mais parce qu'Il s'occupait de notre éducation, et ne pouvait pas tout dénoncer à la fois, -- passe maintenant devant Ses yeux, et nous ne pouvons plus désormais agir comme auparavant.

                   Puis-je donner ici une illustration ? Je me souviens parfaitement bien comment, au commencement de mon ministère, j'avais l'habitude de me servir souvent de la littérature profane pour illustrer ma pensée. Je citais les poètes et bien des écrivains éminents -- oh ! Quelles illustrations j'y trouvais pour bien faire comprendre ma pensée ! Le Seigneur me permit de partager ainsi pendant un certain temps, mais je sais qu'il arriva un moment dans ma vie spirituelle où j'essayai de citer un passage d'un auteur connu dans une prédication et toute vie disparut. Mon sermon était parti et c'est comme si j'avais tout à recommencer ; mais je ne pouvais pas. J'ai appris ma leçon, très bien je ne le ferais plus ! Je fus enclin encore, parfois, à recourir à cela mais j'éprouvais aussitôt le même trouble intérieur de faiblesse, et je savais avoir touché la mort. Je me souviens combien cela fut vrai pendant la première grande guerre mondiale. Quelques-uns d'entre nous, nous avions été au fort de la mêlée durant cette guerre et nous avions assisté à beaucoup de choses. Nous étions engagés sur place avec toute sorte de conditions. Et lorsque je fus rentré à la maison, je voulus quelques fois tirer un souvenir de la guerre pour illustrer ma pensée dans un sermon. Mais je découvris que Dieu n'était pas en cela, et dès que je voulais toucher à cette guerre en relation avec les choses de Dieu, les choses spirituelles, j'avais en moi ce même sens terrible de mort, et j'en arrivai définitivement à la conclusion que Dieu ne permettait pas que cette guerre fut mêlée aux choses célestes, et qu'il me fallait abandonner cela. Oui, je dus l'abandonner. C'était l'action de la loi de la vie. Personne ne m'a jamais dit -- Tu ne dois pas faire cela, il vaut ne pas toucher à ces questions. Non, c'est l'Esprit de vie en moi qui s'opposait à cela et me disait en fait "C'est la mort, si tu veux la vie, si tu veux que ton message signifie vie, si tu veux atteindre le but de Dieu, laisse toutes ces questions-là. Cela n'est pas né de Dieu, et il n'y a que ce qui est né de Dieu qui puisse accomplir le dessein de Dieu et retourner à Dieu. Mets donc cela de côté." Je dis que cette loi de l'Esprit de vie est une loi qui nous gouverne.

                    Si nous avons la vie, et que cette vie ait sa propre voie, nous atteindrons le but tout entier de Dieu. Ce n'est pas une chose abstraite, mais une Personne divine qui réside en nous. Christ qui est la vie nous dirige de l'intérieur par le Saint-Esprit, l'Esprit de vie. Nous voyons ainsi, dans l’action même, dans l'opération même, dans l'exercice même de cette vie, combien elle est entièrement autre. Elle ne cohabite pas avec d'autres choses.

Isaac t Ismaël

                    Nous arrivons maintenant à Isaac. Nous nous souvenons que, Abraham avait voulu aider le Seigneur à réaliser Ses intentions. Il avait reconnu combien ce dessein de Dieu était impossible sur une base naturelle. Ensuite sa foi a faibli et nous connaissons l'histoire douloureuse d'Ismaël -- Abraham a voulu aider Dieu en essayant de réaliser les buts divins selon les lignes naturelles. Ismaël paraît. Qui est-il ? Le fruit de la nature. Puis vient Isaac, le fruit de Dieu. Tous les deux se trouvent dans la même maison. Deux choses en résultent, mai nous laisserons l'une d'elles pour le moment, et nous suivrons l'autre.

                   L'heure et le jour arrivent où l’Éternel adresse à Abraham cette parole : "Renvoie cette servante et son fils, car le fils de la servante ne doit hériter avec le fils de la femme libre." (Genèse 21:10) Avons-nous saisi cela ? Ce qui est né de la chair ne peut pas hériter avec ce qui est né de l’Esprit. Ce qui est né de l'Esprit a un héritage divin, dans lequel la chair ne peut pas entrer. Ce qui est de Dieu est entièrement autre, et ne pas partager sa substance avec ce qui est de la chair. Il faut que l'un disparaisse.

                   Nous revenons maintenant à l'autre chose. Si l'on ne fait pas ce que Dieu a ordonné, quel sera le résultat ? C'est Ismaël qui chassera Isaac, car il est écrit qu'Ismaël se rit d'Isaac, qu'il se moqua de lui, et chercha à rendre la vie d'Isaac misérable. Tout cela dans le but de chasser Isaac afin de prendre sa place. C'est toujours l’œuvre de la chair, elle est opposée à l'Esprit. Donnons une place au fruit de la nature, et il chassera bientôt ce qui est de Dieu. Ces deux ne sauraient habiter ensemble et ils ne peuvent pas être cohéritiers. Il est parfaitement exact que cette vie naturelle se rit toujours de ce qui est spirituel, parce que ce qui est spirituel est tellement entièrement autre. Je pense qu'il vaut mieux que nous suivions ce conflit jusqu'au bout.

                     Passons encore au Seigneur Jésus. Il y avait de nombreuses choses que le Seigneur Jésus ne pouvait pas faire. Je veux dire, à cause de Sa relation avec Dieu et de Sa dépendance de Dieu. Il ne pouvait pas. Il le dit Lui-même :"Le Fils ne peut rien faire de lui-même." (Jean 5:19) "Les paroles que je dis, ce n'est pas de moi-même que je les prononce. (Jean 14:10) Le Seigneur devait recevoir toutes choses du Père. "Tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement." (Jean 7:8) Il ne faisait rien d'autre que cela. Il devait donc s'attendre au Père avant de pouvoir se déplacer vers un certain lieu : "Vous montez à cette fête ; pour moi, je ne monte pas à cette fête." (Jean 7:8) Il a conscience, à ce moment-là, d'être retenu. Il n'a pas encore le témoignage qui Le libère pour le pousser à monter à cette fête. Et cependant, il est ensuite écrit : "Lorsque ses frères furent montés à la fête, il y monta lui aussi, non pas publiquement, mais comme en secret." (Jean 7:10) Était -ce là un subterfuge, une ruse, un moyen de se débarrasser de personnes dont Il ne désirait pas la compagnie, avec lesquelles Il ne voulait pas monter, préférant être seul ? Nous ne pouvons pas affirmer cela. Il y a une meilleure et sainte explication à cela.

                    L'explication est que le Père ne Lui avait pas encore donné la certitude de Sa volonté. Il devait en conclure que ce n'était pas la volonté du Père. Il ne devait pas monter à Jérusalem, du moins à ce moment-là. Mais lorsque Ses frères furent partis, la volonté du Père se révéla clairement en Lui. Il fut libéré dans Son esprit. L'Esprit du Fils reçut le témoignage que tout était bien. Il vit alors clairement qu'Il devait se rendre à Jérusalem, et Il partit. Le point est que Jésus est limité entièrement par Sa relation avec Son Père, par Sa dépendance volontaire, par la loi de la vie qui veut que tout vienne de Dieu, rien de soi-même. C'est la loi.

                   Essayons de vivre sur ce niveau-là et nous verrons si l'homme naturel ne se rit pas et ne se moque pas de nous. Remarquons combien de questions nous seront posées. Qu'allez-vous faire ? --Je ne le sais pas ! Quand partez-vous ? Je ne le sais pas ! J'irai lorsque le Seigneur me dira que je puis partir, quand le Seigneur m'en donnera l'assurance, quand Il me libérera. Exprimons ce langage spirituel sous quelque forme que nous le voulions : qu'est-ce que l'homme naturel en dira ? Il en rira, il se moquera de nous. Ce n'est pas uniquement vrai de l'extérieur, mais nous trouverons cette même réaction en nous- mêmes. Très souvent, nous sommes enclins à nous accuser de folie, à nous questionner nous-mêmes : Pourquoi ne puis-je pas faire ceci ? - Nous sommes alors obligé de nous arrêter, -- Pourquoi est-ce que je ne fais pas ? Parce que je ne puis ! Pourquoi pas ? - Ce serai le faire par moi-même. Le Seigneur ne fait pas cela. Je ne suis pas conscient que le Seigneur veuille faire cela. C'est là, le langage, la conscience du fils. C'est cela, le chemin de la vie

                    Ismaël se moque donc d'Isaac, comme la vie naturelle se rit de la vie spirituelle, et essaie toujours d'avoir le dessus et de chasser ce qui est de Dieu. C'est l'état de fils qui se manifeste. Naturellement, si nous ne sommes pas un de ces fils, nous ne connaissons pas ces expériences-là. Mais si nous sommes un fils, nous connaîtrons au moins quelque chose de ce dont nous parlons ci. Nous pouvons donc reconnaître aussitôt si nous sommes un fils. Ce langage n'est pas étranger au fils. Il est parfaitement intelligible, tout au moins jusqu'à un certain point.

                   L'état de fils se trouve, en plénitude, dans la Personne du Seigneur Jésus, et Sa vie toute entière est une indication, une exposition de l'état de fils, de ce qu'il signifie spirituellement. Ensuite, cet état de fils devenu parfait en Lui, comme Homme, dans l'humanité qu'il avait prise sur Lui, l'Esprit du Fils de Dieu vient prendre sa résidence dans l'enfant de Dieu né de nouveau et commence à vivre en lui en cet état de fils parfait qu'est le Fils de Dieu. "Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! c'est-à-dire : Père !..." (Galates 4:6) Si l'Esprit du Fils gouverne dans notre cœur, il n'y aura jamais la moindre contradiction entre notre conduite ou notre attitude et ce qui est écrit dans la Parole de Dieu. Nous verrons ce qui se trouve dans la Parole de Dieu s'exprimer spontanément dans notre vie. Nous ne prenons pas en premier lieu, la Parole de Dieu pour essayer de nous conformer à elle par une application extérieure. Par l'Esprit, qui demeure en nous, nous sommes rendus conformes à l'image du Fils de Dieu, et cela signifie simplement, conformes à la révélation que Dieu nous a donnée, soit dans la Personne de Son Fils, soit dans Sa Parole, car il n'y a aucune contradiction. C'est ce que demande l'état de fils. Si il y a contradiction entre notre marche, notre attitude et ce qui se trouve dans la Parole de Dieu, quelque chose est intervenu pour porter atteinte à la vie, est venu entraver l'Esprit du Fils. Quelque part, nous sommes sorti du vrai chemin, et celui que nous suivons n'est plus le chemin de la vie. Il peut nous sembler bon , mais "l y a telle voie qui semble droite à l'homme et dont l'issue aboutit à la mort" (Proverbes 14:12). Oh ! L'Esprit du Fils est ce qui nous illumine et nous éclaire pour nous garder sur le chemin de la vie.

La marque du fils est l'abandon - l'Esprit de l'Agneau

                    Nous terminerons en nous arrêtant sur cet épisode remarquable de la vie d'Isaac, alors que son père, Abraham, fit avec lui ce voyage à la montagne de Morija, pour l'offrir en sacrifice à l’Éternel. Je pense que nous avons ici une des plus grandes révélations de ce que représente Isaac. "Mon Père... voici le feu et le bois, mais où est l'agneau pour  l'holocauste ?" - "Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau pour l'holocauste." (Genèse 22:7-8) Dieu a Ses yeux sur Isaac, Isaac est choisi par Dieu, Isaac doit satisfaire Dieu dans cette question. Ce qui est en vue, c'est quelque chose qui soit pour Dieu, pour le plaisir de Dieu, pour Sa satisfaction. Isaac est dans cette ligne. Le moment arrive où Isaac est saisi du fait que c'est lui qui sera l'offrande. Subitement peut-être, ou en chemin, en approchant de l'autel, Abraham le lui apprend : Mon fils, l’Éternel a fait de toi l'offrande. Puis le moment arrive où Isaac doit être lié. Que personne ne pense qu'à ce moment-là Isaac ait été un petit enfant sans forces. Il est devenu un jeune homme. Son père est un homme très âgé et si, pour parler naturellement, Isaac avait voulu se rebeller, Abraham aurait été impuissant. Isaac aurait pu très facilement se dégager de son père. Mais nous ne trouvons aucun signe, aucune suggestion de quelque chose de ce genre. Ce jeune homme, dans la force de sa jeunesse, se laisse lier et placer sur cet l'autel. Et il permet à ce couteau d'être levé et virtuellement plongé dans son corps. Il se laisse immoler, car en ce concerne sa volonté, il l'a accepté. Dans son esprit, c'est une chose accomplie. Il n'y a aucune résistance de sa part. Nous pouvons donc dire que, en Isaac, nous trouvons l'expression du don de soi-même, dans un abandon parfait au plaisir de Dieu. C'est l'état de fils.
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