mercredi 11 mai 2016

(4) La loi de l'Esprit de vie en Jésus-Christ T. Austin-Sparks

Chapitre quatrième

ABRAHAM ET LA DE LA VIE

En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. (Romains 8:2)

Or, c’est par la loi que je suis mort à la loi, afin de vivre pour Dieu.
J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.  (Galates 2:19-20)

                    Le suivant de sept aspects de la loi de la vie est représenté par Abraham. Nous faisons connaissance avec Abraham à la fin du chapitre onzième de la Genèse.

                    En parlant de cet aspect de la loi de la vie que représente Noé, nous avons vu la nécessité d'être sur la base de la résurrection. Ce qui implique que toute la base de la nature a été répudiée,et que, pour nous, elle a été laissée de l'autre côté du déluge, d'un baptême de mort. Nous nous considérons donc désormais comme étant sur une base de résurrection, et là, nous mettons notre main dans celle d'Abraham, pour le laisser nous conduire et nous montrer ce qu'est le pas suivant dans le chemin de la vie.

La vie en Christ est ne vie de foi

                     Ici, en un mot, nous trouvons la loi de la vie liée à la foi. Lorsque nous arrivons sur une base de résurrection, par une expérience semblable à celle de Noé, nous sommes inévitablement sur une base de foi. Il est bon que nous le reconnaissions aussitôt. Il est très beau de contempler la vie de résurrection. Chacun de nous en donnera une réponse à cette idée. Nous n'aurons aucune controverse, ni aucune difficulté à l'accepter. Mais comprenons bien que la base de la résurrection entraîne avec elle, inévitablement et inséparablement, une vie de foi. Il est impossible de connaître cette vie autrement que dans le chemin de la foi. Et c'est dans le chemin de la foi que cette vie grandit. Ces deux choses vont ensemble. L'une découle de l'autre.

                      La dernière chose que nous avions soulignée dans notre méditation sur Noé, a été ce petit mot de "sortir". Le témoignage que Noé rendait, tandis qu'il construisait son arche, c'était qu'il état en dehors des choses qui existaient alors. Il préparait une exode, un moyen, une voie de sortie. Par la construction de l'arche, il déclarait ce fait : -- Je ne suis pas en ceci, J'en suis en dehors ! -- Nous ne sommes donc pas surpris de ce que les premiers qui nous soient dit au sujet d'Abraham soient ceux-ci : "Quitte ton pays ...." -- "Sors". Nous sommes sur le même terrain.

                   Mais arriver sur la base de résurrection ne signifie pas arriver sur une base de foi. Noé symbolise la résurrection, et Abraham, la foi. "Quitte ton pays !" -- "Sors !" -- La vie elle-même est une vie de foi. Nous ne parlons pas ici, de la manière de vivre. C'est la vie elle-même qui est une vie de foi, et la foi qui est la foi du Fils de Dieu est  la vie. Ceci, naturellement, n'est pas une parole profonde. Nous n'aurions qu'à l'exprimer dans le sens inverse pour voir combien elle est simple et élémentaire. Tout ce qui n'est pas foi aura toujours la nature de la mort. Le doute est mort, l'incrédulité est mort, le manque de confiance est mort, comme toutes les choses de cette catégorie. Les questions, les controverses, tout ce qui est dépourvu d'une simple foi ne peut que nous amener dans une impasse, nous mettre sous un arrêt. C'est la mort. Nous voyons dans la foi de la vie opérer avec Abraham dans la ligne de la foi, une foi qui agit de plus en plus profondément, qui produit la vie dans une mesure toujours grandissante. Ces deux choses vont ensemble. Plus profonde est la foi, plus profonde sera la vie. De même, une mesure de vie plus grande implique une foi plus profonde.

                  Nous remarquons qu'ici, encore, nous revenons au mal fait par Adam pour le renverser. Avec tous ces hommes, Abel et Noé, et Abraham, et tous les autres, Dieu agit par un recul. Il reverse le mal, fait par Adam. Lorsque nous arrivons à Abraham, nous trouvons en lui le triomphe de Dieu sur ce péché fondamental de l'incrédulité. Tous ces hommes sont des figures qui dirigent vers Celui qui est vrai. En Jésus-Christ, ils seront tous rassemblés, non pas de manière figurée ou représentative, mais d'une manière vivante et actuelle. Et le triomphe qu'a eu Satan dans la séduction et la chute d'Adam sera complètement renversé, entièrement détruit. Car Christ a été manifesté pour détruire les œuvres du Diable. Mais ici déjà, nos voyons les œuvres du Diable détruites d'une façon qui n'est pas symbolique et figurée. Dieu renverse le cours des choses et annule la faute d'Adam. Il corrige les choses.

                    Il faut maintenant considérer Abraham et résumer sa ve en deux ou trois phrases très significatives. Nous n'essaierons pas de revoir toute sa vie, pas même dans ses grandes lignes, mais nous pourrons dégager quelques-uns des facteurs principaux de cette vie de foi.

Le don de la vie est entièrement de Dieu et pour Dieu

                    Il s'agissait pour Abraham, en premier lieu, de sortir pour être avec Dieu seul. C'est là, je pense, la signification de ce que nous appelons "la vocation d'Abraham". L'Éternel dit : " Quitte ton pays, ta famille, la maison de ton père." (Genèse 12:1) Ton pays, ta famille, la maison de ton père. Dans la souveraineté de Dieu, Abraham est appelé à devenir l'instrument de la vie, c'est-à-dire en figure, en symbole. Cette vie, la vie dont nous parlons, est celle de Dieu seul, et elle doit être entièrement vécue pour Dieu. Elle ne se laisse pas saisir pour être employée dans une autre relation. Elle se refuse à cela. La vie de Dieu refuse toute relation autre que Dieu Lui-même. Dès que l'on veut s'en saisir ou que l'on cherche à s'en saisir pour une autre relation, elle s’arrête et l'instrument dans lequel elle demeure ne peut plus avancer. C'est exactement ce qui arriva à Abraham. Dieu avait dit "Quitte ton pays", mais Dieu avait aussi dit "ta famille et la maison de ton père." Cela signifiait tout. C'était définitif, entier et final. Abraham fit le premier pas de fois, et il ne fit ni le second, ni le troisième. Il prit sa famille et la maison de son père avec lui et il ne put aller très loin. Il arriva à un point d'arrêt et il ne put aller très loin. Il arriva à un point d'arrêt et y resta jusqu'à ce que le reste de l'ordre divin ait été observé, ou du moins, une grande partie de cet ordre. Alors Abraham avança. Cependant il n'entra pas entièrement dans la pensée divine, comme nous le verrons un peu plus loin. Je pense que nous voyons le point.

                   Cette vie divine, qui entre dans l'enfant de Dieu par la nouvelle naissance, est la vie de Dieu, et la vie de Dieu seul, et elle ne peut être liée à aucune autre chose. Elle n'agira pas dans un autre sens. Elle n'agit qu'en relation avec Dieu, avec la pensée de Dieu, le dessein de Dieu, la volonté de Dieu. Et pour que cette vie nous porte jusqu'au but entier de Dieu, elle doit être vécue entièrement pour Dieu. Toutes les autres relations doivent être abandonnées. Elle ne peut pas être introduite dans d'autres relations. Nous le voyons, cette vie n'est pas une chose simplement abstraite. Elle est en Jésus-Christ et elle est entre les mains du Saint-Esprit. Elle ne peut pas être possédée à part, en vérité. Nous ne pouvons pas séparer la vie de la Personne, de la Personne divine. Christ est la vie et le Saint-Esprit est l'Esprit de vie. Ainsi lorsque nous nous occupons de la vie, nous nous occupons du Saint-Esprit, ainsi que de Jésus-Christ. Cela signifie que cette vie, qui est l'essence même de Dieu, a ses propres caractéristiques, ses propres formes,ses propres significations, ses propres mesures, ses propres objets. Elle a sa propre mentalité, ses propres raisons, ses propres voies. Elle a une voie à elle, une signification à elle et une pensée à elle. Il n'y en a point de semblable à elle. Elle suit son propre cours. Toutes les autres voies, toutes les autres mentalités sont autres en vérité, entièrement autres. Il n'y a aucune correspondance entre elle et les autres. Lorsque Dieu dit : "Mes pensées ne sont pas vos pensées, mes voies ne sont pas vos voies." (Esaïe 55:9) -- la différence qui existe entre vos voies et vos pensées et les Miennes est aussi grande que l'espace qui sépare le ciel de la terre, -- ce n'est qu'une manière de s'exprimer, -- Ma vie est absolument différente de la vôtre, dans sa mentalité, dans son jugement, son raisonnement, ses caractéristiques, sa nature. Différente en tout elle est entièrement autre. 

                    Quel est donc l’effet de tout cela ? Cela signifie que cette ne vie saurait coexister, ni avoir communion, avec quelque chose de notre propre nature. Elle ne peut avoir aucun lien avec notre propre nature. La vie naturelle ne peut être une amie de la vie divine, et la vie divine ne peut être amie avec la vie naturelle. Elles sont dans deux mondes différents. La vie naturelle, la vie d'âme dans l'homme, a en elle des éléments de Satan, et la vie divine a en elle des éléments de Dieu. Ce sont deux royaumes différents, entièrement différents. Or, c'est un principe établi, cette vie divine demande sa propre direction et ses propres relations. Cette vie divine demande ce qui est entièrement de Dieu. Et je vois dans "ton pays, ta famille, la maison de ton père" ces choses qui suggèrent les relations et influences naturelles. Et Dieu ne peut les mettre à côté de Sa vie en nous. Paul a dit --lorsque Dieu " trouva bon de révéler son Fils en moi... j'obéis aussitôt sans consulter ni la chair ni le sang" (Galates 1:16) Cela aurait été influence humaine, influence naturelle en relation avec les choses de Dieu. Et c'est le principe que nous trouvons ici. En ce qui concerne la nature, cette vie de Dieu doit être complètement indépendante.

                   Il faut naturellement être prudent en disant cela, parce que nous parlons tellement mal de l'indépendance. Mais, nous sommes ici dans un royaume entièrement différent, et j'aimerai que cela soit bien clair. Premièrement, tout ce qui est de nature indépendante dans la vie spirituelle, est mauvais, je veux dire parmi le peuple de Dieu. C'est une violation de la loi corporative de Dieu, qui est aussi une loi de vie. Nous ne parlons pas non plus de l'influence de ce qui est spirituel. Nous avons besoin d'influences et de relations spirituelles. Nous avons besoin de nous aider les uns les autres. Il ne doit y avoir aucune question d'indépendance dans ces cas-là, aucune indépendance de ce qui est de Dieu dans les autres. Certains enfants de Dieu disent, -- "je dois marcher avec Dieu, je dois connaître Dieu pour moi-même. Je ne puis rien recevoir des autres. Je ne puis soumettre mes convictions à personne. Je marche seul avec le Seigneur dans mon assurance et ma conviction personnelles." Cela peut être une attitude très mauvaise. Tandis que nous devons connaître le Seigneur personnellement, le Seigneur se fera très souvent connaître à nous par d'autres frères ou sœurs qui marchent aussi avec Lui. Une fausse indépendance dans ce qui est spirituel agit en sens inverse et, ne voulant pas marcher avec les autres, nous pouvons être dans une entière séduction. Notre solitude peut ne pas être une solitude avec Dieu. Nous pouvons être convaincus d'être dans le vrai chemin, mais c'est une vraie séduction.

                    Cela est une chose, mais ce dont nous parlons maintenant c'est de l'influence de la propre nature, et non pas de l'influence des personnes spirituelles, et de tout ce qui est spirituel venant de Dieu. Nous avons besoin de ces influences-là, de cette aide et de cette communion pour arriver au but de Dieu. Mais lorsqu'il s'agit des éléments naturels qui interviennent, -- et il peut y en avoir beaucoup : le sentiment, l'affection naturelle de ceux qui cherchent à nous influencer, etc... -- lorsque les éléments naturels interviennent pour nous détourner de ce que nous savons être la volonté de Dieu, c'est-à-dire ces éléments qui ne découlent pas d'une connaissance de Dieu, qui ne sont pas nés d'une marche intime avec Dieu et ne peuvent donc pas être le conseil que Dieu nous donne par les autres, -- alors la vie de la foi demande que tout cela soit pleinement et définitivement mis de côté, et que nous vivions, en ce qui concerne notre vie spirituelle, pour Dieu, entièrement pour Dieu. Ce fut la première épreuve pour Abraham, et la première application de la loi de la vie dans son cœur. Serait-il prêt à marcher avec Dieu seul, malgré toutes les influences de la nature ? Allait-il répondre au mouvement de Dieu dans son cœur, sans permettre aux considérations naturelles de l'influencer ?

                    Durant une longue période, la réponse d'Abraham ne fut que partielle, et par conséquent, le dessein de Dieu resta en suspens, et il n'avança que partiellement dans le dessein de Dieu. Pour commencer il prit avec lui son père, et cela l'obligea à s'arrêter. Ce ne fut pas avant la mort de son père qu'Abraham fut libéré plus complètement pour le dessein de Dieu. Sa vie fut retardée, tant que les liens naturels continuèrent à l'influencer. Mais tout cela devait être appliqué intérieurement comme extérieurement. Nous ne parlons pas seulement de nos relations, de nos familles. Il est vrai qu'il peut y avoir des influences naturelles qui s'exercent sur nous, mais il y a quelque chose de beaucoup plus profond que cela. Il y a en nous ce qui prend toujours conseil de la chair : des jugements charnels, des raisonnements charnels, l'action et l'influence de la pensée naturelle. Et c'est cela que nous avons à repousser, dont nous devons nous séparer. Tout ce qui est de la vie de la nature doit reculer lorsque nous arrivons sur une base de résurrection, pour connaître la vie, parce que cette vie est essentiellement une vie de foi.

L'épreuve du cœur

                    Ensuite, la seconde chose pour Abraham, c'est la question de l'ambition dans les choses de Dieu ici-bas, sur cette terre. Cela nous trouvera. Pour finir, Abraham avança. Les influences naturelles, en ce qui concerne les relations, diminuèrent. Abraham se mit en route et arriva dans le pays, le pays promis, l'accomplissement des grandes choses, la chose pour laquelle il a abandonné le reste, la chose vers laquelle il s'est élancé dans la foi. Il arriva dans la pays, l'objet de son attente et sa nouvelle ambition, et qu'y trouva-t-il ? Un pays qui est rempli de ce qui est contraire à la pensée de Dieu, et une grande famine dans le pays et avec cela pas même une personne pour lui offrir un coin de terre. Il n'y trouva pas un lieu où poser ses pieds. Je vous suggère la pensée qu'une expérience comme celle-là est une épreuve assez forte pour nos ambitions. Qu'attendons-nous quand nous marchons avec Dieu, lorsque nous quittons tout pour Lui ? C'est la réponse à cette question qui montrera si, dans nos relations avec Dieu, nous avons des ambitions sur cette terre. Avons- nous saisi le point ? Oui, il est possible de reporter nos ambitions naturelles sur des buts spirituels. C'est toujours la même chose qui est à l’œuvre. La seule différence c'est la direction ou la sphère dans laquelle elle se retrouve. L'on peut être aussi ambitieux dans l’œuvre de Dieu que dans le monde, et c'est la même ambition naturelle. C'est l'ambition de la nature. On désire -- et que désire-t-on ? Voir quelque chose, avoir quelque chose, être dans quelque chose ? L'ambition du succès, oui un jour elle se manifestait dans le monde. Maintenant, c'est la même ambition tournée vers d'autres choses. Si cela était vrai pour Abraham, quelle épreuve est la sienne ! C'est une épreuve pour l'ambition. Il ne trouve rien, pas même un lieu pour poser ses pieds dans le pays. Il lui faut aller et venir, vivre dans des tentes. Il n'a pas de réponse immédiate et visible à sa foi, au sujet de ce pays. Sous cette épreuve, il faiblit et il descend en Égypte. Qu'implique cette descente en Égypte ? Quelques espoirs ! Il avait espérer recevoir des mains de Dieu quelque chose de différent. Il doit apprendre que cette vie est une vie de foi. Plus cette vie est incrustée en nous, moins nous verrons ce qui pourrait gratifier la nature même dans les choses de Dieu. 

                    Nous le voyons, c'est très souvent aux enfants, à ceux qui sont à l'école maternelle, dans las stages élémentaires de la foi, à ceux qui ne peuvent pas encore supporter une épreuve très forte, que Dieu doit donner des réponses tangibles et des signes manifestes. La marque de la maturité est habituellement l'arrêt des manifestations et des signes extérieurs, car Dieu demande que nous marchions avec Lui seul et pour Lui-même. C'est une preuve d'avancement dans l'école de Dieu, lorsqu'il peut nous enlever les signes extérieurs. Cela montre que nous sommes sortis de l'épreuve, et que nous n'avons plus d'ambitions dans cette vie.

                   Or, dans cette première épreuve, dans cette première application de cette vérité, Abraham a succombé. Mais il a heureusement appris sa leçon. Il nous faut toujours reconnaître sincèrement chez les serviteurs de Dieu, chaque pas de leur enrichissement spirituel. Dans l'expérience suivante -- et il est remarquable de voir ces deux incidents se suivre immédiatement. -- nous trouvons un triomphe merveilleux et glorieux dans le même domaine. Nous avons, au chapitre douzième, le récit de la descente d'Abraham en Égypte, qui a été pour lui le chemin de la mort. Et cela sera suivi immédiatement au chapitre suivant, par la querelle qui s'élève entre les bergers d'Abraham et de Lot, au sujet des pâturages et de l'eau. Abraham s’entretient de ce problème avec Lot, et il lui dit, en fait : -- Pourquoi est-ce que nous nous  querellerions ?  Est-ce que nous cherchons quelque chose pour nous-même ?  -- c'est le sens de ses  paroles. Lot ! Regarde tout autour de nous, lève les yeux, considère le pays et cherche ce qu'il y a de mieux dans le pays et fait ton choix. Laisse-moi simplement ce que tu ne voudras pas, laisse-moi le reste : oui, fais ton choix. Si tu décides d'aller dans une direction, j'irai à l'opposé de ta direction. Lot lève les yeux et voit la plaine du Jourdain, bien arrosée et fertile, et il la choisit pour lui. Ils se séparent alors l'un de l'autre. De la part d'Abraham, c'est un triomphe sur l'ambition. Aussitôt, Dieu s'approche de lui et dit : " Lève les yeux......,car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi et à ta postérité pour toujours. Je rendrai ta postérité comme la poussière de la terre, en sorte que, si quelqu’un peut compter la poussière de la terre, ta postérité aussi sera comptée. (Genèse 13 : 14-16). Après tout, c'est là qu'est le chemin de la vie. Cet esprit d'acquisition terrestre, d'ambition, de gratification, ce besoin de posséder quelque chose ici-bas, devient pour Lot le chemin de la mort. Abraham abandonne tout ce qui concerne ce monde, l'abandonne pour Dieu, et Dieu intervient. 

                   C'est ainsi que Lot se sépare d'Abraham. Qu'arrive-t-il ? Est-ce la fin de cette parenté qui avait été, durant tout ce temps, une cause de limitation ? Il semble qu'il en soit ainsi. Au jour où cela est arrivé, au jour où cette influence naturelle est enlevée, Dieu intervient avec un nouvel horizon de vie. C'est un principe vrai. C'est une marque que nous avançons, lorsque nous arrivons à la place où il vrai, devant Dieu, que nous avons renoncé, dans l'œuvre de Dieu même et dans le ministère, à tout ce qui serait prospérité et succès aux yeux des hommes. En arriver à abandonner les grandes possibilités et les grands avantages que l'on pourrait avoir dans la monde chrétien, et les prix qui pourraient y être remportés, et à dire, -- Tout est bien, le Seigneur sait, et c'est à Lui à donner et à reprendre. Je ne donnerai aucune place à ces avantages. Je ne permettrai pas à ces avantages d'influencer ma marche avec Dieu : l'ambition ne dictera pas mes pas, -- c'est une marque certaine de croissance. Il se peut que, sur cette terre, cela ne signifiera pas de grandes choses, des portes largement ouvertes, et tout cela, mais nous pouvons être sûrs que, dans ce chemin, il y aura la vie, une influence spirituelle, quelque chose de précieux pour le Seigneur. Il sera, à la fin, de réelle valeur. Mais ce chemin nécessite quelquefois, et avant tout, ce conflit contre l'ambition, dans lequel doivent être repoussées toutes ces suggestions et toutes ces influences. Puis nous devons arriver à la place où nous voyons que le chemin de la vie consiste à marcher avec Dieu, alors même que cela nous coûterait tout. C'est ainsi qu'agit la loi de l'Esprit de vie.  

Dieu se sert des délais et des contradictions apparentes

                    En troisième lieu, nous voyons par Abraham que dans ce qui est apparemment le chemin de la mort, la vie agit dans deux sens, c'est-à-dire, par le chemin divin du délai et par celui de la contradiction. Dieu avait promis un fils à Abraham, et après avoir fait cette promesse, Il s'était retiré et avait laissé la question en suspens pendant des années. L'accomplissement différé de la promesse doit servir à enraciner plus profondément la foi en Dieu, et à préparer la voie pour quelque chose de Dieu, infiniment plus grand dans la vie d'Abraham. Plus long sera le délai, plus la réalisation de l'espoir devra être de Dieu, et plus elle deviendra impossible à l'homme. C'est la pensée. Dieu agit de cette manière, que nous le voulions ou non. Que nous aimions ou que nous n'aimions pas cette pensée, elle est vrai. Lorsque Dieu agit réellement selon la loi de la vie, nous devons entrer dans ce royaume de la foi, où les promesses de Dieu nous semblent être suspendues et n'avoir pas d'accomplissement immédiat. Dieu est vrai et fidèle. Dieu ne sera jamais un débiteur à l'égard de l'homme. Il n'y aura jamais de balance au détriment de Dieu, pour finir. Nous pouvons être sûrs de cela. Dieu répondra à tout ce qui peut être justement et réellement attendu de Lui, et il y aura pour finir, alors même qu'elle tarderait, une justification irrésistible de Dieu, avec l'attestation de Sa fidélité.

                      Nous avons tous le désir de prendre devant Dieu une attitude comme celle-ci : "Seigneur, lorsque je me tiendrai devant Toi, au dernier jour, Tu seras justifié de tout ce qui aurait pu me faire croire que Tu avais trompé mon attente." Il est essentiel pour Dieu que nous prenions cette position. Sa nature même, et Son caractère, demandent que, en ce jour -là, ceux qui se sont confiés en Lui puissent Lui dire : "Seigneur, Tu n'as manqué à aucune de Tes promesses. Non ! Tu a fait beaucoup plus que ce à quoi je pouvais m'attendre, que ce que j'avais le droit d'attendre en Christ même." Dieu sera à la hauteur de cela. Mais pour approfondir en nous la vie, pour produire l'image de Dieu, pour détruire le pouvoir de la mort et l’œuvre de Satan, et pour renverser la faute d'Adam, Dieu doit nous exercer dans cette question de la foi, à l'égard de Ses promesses même. Il le fait. C'est une marque de croissance, de maturité. Voilà donc le mystère divin des délais 

                    Et puis nous trouvons le ministère divin de la contradiction. Le fils promis est enfin donné : mais qu'arrive-t-il ensuite ? "Prends ton fils ... et offre-le ..." Une contradiction : Dieu donne et reprend. Il promet l'accomplissement, puis il semble tout enlever d'un seul coup. Que cela signifie-t-il ? Qu'y-a-t-il derrière cela ? Je crois, bien-aimés que le cœur des choses est ici : Dieu attire toujours à Lui. Il veut que le cœur s'attache à Lui, et non aux choses, aux bénédictions. Lorsque l'accomplissement des promesses tarde, c'est que Dieu cherche à amener notre cœur à la place où Lui-même est l'objet de notre désir, plutôt que ce qu'Il peut faire pour nous. C'est ce qu'Il cherche. Lorsque nous expérimentons ce ministère de contradiction, le but de Dieu est de nous détourner de ce qu'Il nous donne pour nous attirer à Lui-même.

Dieu -- Tout et en tous

                    Nous avons maintenant résumé tout ce aspect de la loi de la vie. Quelle est la loi de l'Esprit de vie ? Comment et où opère-t-elle ? Sur cette base où, du commencement à la fin, le Seigneur Lui-même est tout. C'est le cœur de la question : que le Seigneur Lui- même soit tout. "Quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père." Quitte ! -- Sors ! Quitte tes ambitions, quant aux choses d'ici-bas, sur cette terre, même en relation avec Dieu. Quitte les choses, les choses que Dieu peut faire, et que Dieu peut donner. Sors -- pour aller où ? A Dieu Lui-même. Est-ce que nous reconnaissons quelle sera l'issue de tout cela? Oh ! Chose merveilleuse ! "Abraham, mon ami !"  Mon ami ! Combien il y a des choses en ce mot ! Est-ce que c'est la vie ? Est-ce que c'est le chemin de la vie ? Si cela est dit de quelqu'un d'entre nous, à la fin, de la manière dont Dieu le dit à Abraham, ce sera certainement la vie ! C'est sûrement quelque chose à posséder plus que quoi que ce soit ! Si jamais nous arrivons, vous et moi à cette place, nous dirons : --C'est la vie en vérité ! Oui, la vie est sur la base de l'amour de Dieu.

                    Que signifie être un ami de Dieu ? C'est ce que nous avons vu. Ce n'est pas être un ami du monde, ni avoir l’amour de notre vie naturelle, de ses influences et de ses considérations ; ni l'amour des ambitions, des projets et des succès dans les choses même de Dieu. Ce n'est pas aimer ce que Dieu peut faire pour nous, c'est aimer Dieu Lui-même. C'est tout ! Lorsqu'il en est ainsi, cela signifie que, si même le Seigneur tarde et se contredit, nous nous confions quand même en Lui. Oui l'amour efface toute inimitié. L'inimitié était venue de Satan, par Adam. Elle est effacée en Abraham. Oui, mais comment est-elle effacée ? Par la foi ! La foi détruit l'inimitié, ses racines et ses fruits. Elle est progressive, naturellement. Abraham doit vivre toute une vie de cette manière, mais il en sort comme l'ami de Dieu.

                    Et nous sommes dans le chemin de cette vie. Ce chemin est celui de la foi, et j'espère que nous nous éloignons de plus en plus, et sûrement, de tout ce qui était inimitié. Y a-t-il dans notre cœur de l’inimité contre Dieu ? Sommes-nous désappointés devant Dieu ? Sommes-nous mécontents de Dieu ?  Y a-t-il une ombre d'amertume, y a-t-il quelque réserve ? Y a-t-il en nous quelque chose de ce genre ? Nous savons tout à fait bien que s'il en était ainsi, ce serait la mort en nous. Ce n'est pas la vie. Le seul chemin est de permettre à la vie d'agir en nous, en accord avec sa propre loi de la foi. Pourquoi sommes-nous désappointés ? Pourquoi nous sentons-nous mécontents ? Sommes-nous tout à fait sûrs que c'est parce que le Seigneur n'a pas été ce que nous attendions de Lui ? Sommes-nous tout-à fait sûrs que ce soit cela ? Sommes-nous tout à fait sûrs que ce n'est pas parce que les choses n'ont pas marché comme nous l'aurions voulu, parce que notre ambition est déçue ? En sommes-nous tout à fait sûrs ? Si seulement les choses avaient marché comme nous l'avions souhaité, combien nous serions satisfaits de Dieu ! Comme nous serions prêt à dire : -- Dieu est fidèle ! Dieu est vrai ! Nous aimons le Seigneur ! Mais les choses ne s'accomplissent pas, c'est très difficile, tout se tourne contre nous ! C'est à cause de ces choses que nous nous sentons mal. Je crois, bien-aimés, que si nous arrivons à la place où notre seul objectif est le Seigneur, où Il est notre but, où il est vrai que : --Mon but, c'est Dieu Lui-même, ni la joie, ni la paix, ni même les bénédictions, mais Dieu Lui-même, alors nous serons dans le chemin de la vie. Mais c'est l'infiltration dans notre cœur de ces autres considérations et de ces influences de la vieille nature qui gâte tout. Nous voyons que cette question est très claire.

                    Quant à nous, le chemin de la vie demande que nous nous arrêtions devant le Seigneur pour Lui dire : -- "Quand bien même toutes mes perspectives terrestres s’évanouiraient, que toutes mes ambitions seraient déçues, c'est Toi que je désire. Tu es mon ambition, mon but. Si Tu es à moi, tout le reste n'a plus que très peu de valeur". Je crois que, lorsque nous pouvons en arriver là, -- et il n'y en a pas beaucoup parmi nous qui soient allé très loin sur cette route -- mais lorsque nous pouvons y arriver, nous trouvons le secret de la vie, de la joie, de la libération. Je ne suis pas certain que nous ne voyions pas alors Dieu nous rendre les récompenses d'ici-bas, les "Isaac". Il les retient, afin que nous nous détournions d'elles, pour aller vers Lui-même. Et lorsqu'Il nous possède pour Lui- même, Il peut nous donner quelque chose ici-bas. Il peut nous donner des bénédictions sur cette terre. Mais souvenons-nous que Son désir est de nous posséder pour Lui-même, entièrement pour Lui. Et lorsque nous répondons à Son désir, c'est là que nous trouvons la vie. C'est le chemin de la vie. La loi de la vie demande que tout en nous soit pour le Seigneur, sans aucune influence, sans aucune autre  considération - uniquement pour Lui. 

T.A.S.


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