dimanche 10 décembre 2017

(5) LA MAISON SPIRITUELLE DE DIEU Chapitre cinquième par T. Austin-Sparks

La loi qui gouverne la Maison de Dieu 

1 Il me ramena vers la porte de la maison. Et voici, de l’eau sortait sous le seuil de la maison, à l’orient, car la face de la maison était à l’orient; l’eau descendait sous le côté droit de la maison, au midi de l’autel.
2  Il me conduisit par le chemin de la porte septentrionale, et il me fit faire le tour par dehors jusqu’à l’extérieur de la porte orientale. Et voici, l’eau coulait du côté droit.
3  Lorsque l’homme s’avança vers l’orient, il avait dans la main un cordeau, et il mesura mille coudées; il me fit traverser l’eau, et j’avais de l’eau jusqu’aux chevilles.
4  Il mesura encore mille coudées, et me fit traverser l’eau, et j’avais de l’eau jusqu’aux genoux. Il mesura encore mille coudées, et me fit traverser, et j’avais de l’eau jusqu’aux reins.
5  Il mesura encore mille coudées; c’était un torrent que je ne pouvais traverser, car l’eau était si profonde qu’il fallait y nager; c’était un torrent qu’on ne pouvait traverser.

6  Il me dit: As-tu vu, fils de l’homme? Et il me ramena au bord du torrent.
7  Quand il m’eut ramené, voici, il y avait sur le bord du torrent beaucoup d’arbres de chaque côté.
8  Il me dit: Cette eau coulera vers le district oriental, descendra dans la plaine, et entrera dans la mer; lorsqu’elle se sera jetée dans la mer, les eaux de la mer deviendront saines.
9  Tout être vivant qui se meut vivra partout où le torrent coulera, et il y aura une grande quantité de poissons; car là où cette eau arrivera, les eaux deviendront saines, et tout vivra partout où parviendra le torrent.
10  Des pêcheurs se tiendront sur ses bords; depuis En-Guédi jusqu’à En-Eglaïm, on étendra les filets; il y aura des poissons de diverses espèces, comme les poissons de la grande mer, et ils seront très nombreux.
11  Ses marais et ses fosses ne seront point assainis, ils seront abandonnés au sel.

12  Sur le torrent, sur ses bords de chaque côté, croîtront toutes sortes d’arbres fruitiers. Leur feuillage ne se flétrira point, et leurs fruits n’auront point de fin, ils mûriront tous les mois, parce que les eaux sortiront du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture, et leurs feuilles de remède. (Ezéchiel 47:1-12)


4   Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu;
5  et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ. (1Pierre 2:4-5)




                    Nous ne continuerons pas maintenant à considérer les traits essentiels de la maison spirituelle de Dieu. Nous y reviendrons une autre fois. Mais nous aimerions ramener les traits que nous avons déjà relevés à la mesure de la loi qui les gouverne, et qui est celle de la vie et de la spiritualité. "Vivant", "spirituel, ce sont les deux grands mots qui ressortent dans ce passage de Pierre, - une pierre vivante, des pierres vivantes, "une maison spirituelle, des sacrifices spirituels."



                     De peur que ce second terme, celui de la spiritualité, ne soulève quelque difficulté, arrêtons-nous un instant pour dire que spiritualité signifie tout simplement "gouvernement du Saint-Esprit", mais un gouvernement du Saint-Esprit qui s'exerce de telle manière, que nous soyons désormais un avec le Saint-Esprit, dans toutes Ses pensées, dans toutes Ses façons de considérer les choses et que tout en étant un avec Lui, nous ne soyons plus influencés ni affectés par nos jugements naturels, nos pensées naturelles, nos considérations naturelles, mais que soient nôtres les jugements et les valeurs du Saint-Esprit, comme Ses façons d'envisager les choses. C'est là, de manière brève et générale, ce que nous entendons par ce terme de spiritualité. C'est notre conformité au Saint-Esprit, ce qui signifie ailleurs le refus définitif de tout ce qui est purement et simplement de notre propre vie naturelle, esprit, âme et corps.



                     Nous reprendrons donc maintenant ces quatre traits de la maison spirituelle de Dieu,  - et nous sommes cette maison si nous sommes au Seigneur, - pour les considérer à la lumière de la vie et de la spiritualité.



                                      L'exaltation du Seigneur Jésus


                    Le premier de ces traits qui nous aient occupés, c'est le fait que la maison spirituelle de Dieu existe dans le but de présenter, de proclamer, de manifester l'exaltation du Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, Son exaltation au trône du Père. C'est pour cela que l'Église existe, et c'est pour cela que nous existons, si nous faisons partie de la maison de Dieu. Or, ce n'est pas seulement une vérité, une doctrine qui doivent être proclamées. Ce n'est pas seulement un article de la profession de foi de l'Église, - "Jésus-Christ a été ressuscité d'entre les morts, et exalté à droite de la Majesté d'En-Haut". Ce n'est pas seulement une de nos convictions, comme nous le disons. C'est quelque chose qui doit nous constituer spirituellement, et qui doit être exprimé par la vie. L'exaltation du Seigneur Jésus est, avant tout et par-dessus tout, une question de vie. Ce fut lorsqu'Il eut été exalté à la droite de la Majesté d'En-Haut, que Dieu le fit à la fois Seigneur et Christ ; ce fut lorsqu'Il eut été assis à la droite de Dieu, au-dessus de tout gouvernement et de toute autorité, de toute puissance et de toute souveraineté, que le Saint-Esprit sortit de Sa présence pour venir établir dans l'Église, comme une réalité spirituelle, ce qui avait été fait dans les cieux. Et cette réalité fut marquée, démontré, prouvée et mise en évidence, par la force toute puissante de Sa vie d'Ascension. Nous devons être constitués spirituellement sur la base de l'exaltation de Christ. C'est-à-dire, il faut qu'il se fasse quelque chose en nous, pour établir en nous, intérieurement, une unité spirituelle et vivante avec l'exaltation, la seigneurie, la souveraineté de Jésus-Christ. Ce ne doit pas être une chose qui reste en dehors de nous, si vraie soit-elle. C'est ce que nous devons être en réalité, et comme nous l'avons déjà vu, l'influence qu'exerçaient les premiers croyants sur ce monde et sur ceux qui les entouraient partout où ils se trouvaient, était due à la puissance du fait, et non de la doctrine ou de l'enseignement, ni même de la déclaration, mais du fait que Jésus avait été exalté. Ce fait s'imposait sur les situations, parce qu'il a sa signification suprême dans le royaume spirituel. Nous savons très bien que tout ce qui est visible, tout ce qui se passe dans cette création et qui peut être perçu par les sens, a sa source dans le monde invisible et spirituel.

                    Cette affirmation n'a jamais été plus clairement manifestée et démontrée que dans la situation du monde actuel. Il y a un ordre de chose spirituel qui met en mouvement, qui gouverne, qui dirige tout. Comme on l'a souvent dit durant les dernières années, il y a un arrière-plan satanique derrière la scène du monde. Or, c'est dans ce royaume que l'exaltation du Seigneur Jésus imprime sa première signification. Et ce ne sera que lorsqu'elle aura été ressentie dans ce royaume, que les choses immédiates seront réellement touchées. Pour arrêter les hommes, pour changer le cours des chose, pour subjuguer les situations, pour entraver le développement des événements dans le monde visible, il faut aller derrière les choses, et faire intervenir contre les forces qui les ont suscitées, une réalité supérieure.

                    O, c'est cela la spiritualité. L'apôtre Paul parle souvent de cela, et nous possédons les termes par lesquels il exprime cette réalité. Nous avons, par exemple : "Les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes par la vertu de Dieu, pour renverser les forteresses" (2Corinthiens 10:4). Il ne se sert pas du terme lui-même, mais il est évident qu'il veut montrer que les armes avec lesquelles nous combattons sont spirituelles, et qu'elles doivent atteindre ce qui se trouve derrière les situations. Nous savons quelle lutte il avait à soutenir, au moment où il employait ces mots. Il y avait des Corinthiens qui recherchaient les avantages de la sagesse naturelle, la sagesse et la puissance du monde, et cela en vue d'obtenir une position, de l'influence, un rang social. Ils étaient charnels dans leur ambition de posséder les armes charnelles, qui leur permettraient d'avoir de l'ascendant dans ce monde.

                     C'est cette situation qui a conduit l'apôtre à faire ce grand exposé sur la sagesse de ce monde, et sur la faiblesse de la puissance de ce monde. Il ajoute pour vaincre ce monde, il faut quelque chose de plus puissant que les armes de ce monde, que les hommes de ce monde. Pour vaincre ce qui est charnel, il faut quelque chose de plus que les armes charnelles. Et les armes avec lesquelles nous combattons sont puissantes par la vertu de Dieu. En d'autres termes, elles sont spirituelles. car ce n'est pas contre la chair et le sang, sous la forme et la sagesse de la puissance du monde, que nous avons à lutter, "mais contre les dominations, contre les puissances, contre les princes de ce monde des ténèbres, contre les esprits mauvais qui sont dans les régions célestes" (Éphésiens 6:12). C'est pourquoi il faut que nos armes soient spirituelles. La spiritualité avant tout c'est d'atteindre derrière les choses visibles et tangibles, ce qui est caché, ces puissances invisibles et intangibles et d'exercer sur elles notre supériorité. Cette supériorité c'est l'exaltation du Seigneur Jésus au-dessus de tout pouvoir, de toute autorité et de toute puissance et toute souveraineté. C'est une chose spirituelle.

                    La maison de Dieu est une maison spirituelle, qui a un but spirituel, à savoir à exercer l'ascendance spirituelle de Christ, de manière spirituelle, contre les forces spirituelles. Les instruments par lesquelles agissent les forces mauvaises seront alors arrêtées à leur tour. Il ne sert à rien de vouloir agir directement contre les choses. Il faut frapper à la cause des choses, et les choses seront alors, selon le dessein ou l'intention de Dieu, ou bien détruites, ou bien arrêtées ou limitées selon la volonté du Seigneur. Il n'est pas dans Sa pensée d'arrêter immédiatement les guerres, par exemple, ou les événements mauvais qui existent. Mais tout peut être limité de manière à servir à l'accomplissement du dessein de Dieu. Et je sens, j'en appelle à vous en tant qu'enfants de Dieu, que nous avons la responsabilité d'exercer le poids spirituel de l'autorité et de la suprématie du Seigneur Jésus dans l'invisible, sur l'arrière-plan des situations du monde actuel, dans le but de limiter les choses à l'accomplissement du dessein de Dieu. Je crois qu'il a été possible au peuple de Dieu de se saisir de chaque raid aérien, par exemple, pour le limiter et l'amener à la limitation voulue par Dieu, et je crois que c'est ce que nous avons expérimenté. Je ne fais que citer ce exemple pour illustrer notre sujet. C'est une chose étonnante de voir combien les choses ont été limitées. Nous avons vu toujours et à nouveau ce qui aurait pu se produire, et combien d'assauts ont été repoussés, là même où les dégâts ont été les plus considérables. Oh ! combien ils auraient pu être encore plus terribles ! Et nous ne pouvions que nous étonner, de jour en jour, en constatant les limitations qui leur étaient imposées. C'est certainement un encouragement. Et je crois que nous pouvons l'attribuer à une action qui est mise en mouvement dans l'invisible, par les prières du peuple de Dieu. C'est encourageant. Livrons-nous à notre ministère. C'est à cela que l'Église est appelée.  (il s'agit des bombardements de l'Angleterre pendant la dernière guerre. -jcb-)

                    La toute première chose, c'est donc que Jésus a été exalté au-dessus de toutes les dominations et de toutes les puissances qui se trouvent derrière ce monde des ténèbres, et que l'Église est appelée à exercer sur ces forces de l'arrière, par la prière, et le témoignage, et la vie spirituelle, cette autorité même du Seigneur Jésus. C'est une autorité, non pas de paroles, ni de doctrines, ni de croyances, mais de vie. C'est la puissance de Sa vie d'ascension.                  

                    C'est par là que nous commençons. Nous e voyons, le principe, le loi par lesquels est exprimée l'exaltation de Christ, c'est la vie et la spiritualité.

Le ministère de la Maison envers Dieu

                   La seconde chose que nous ayons notée à l'égard de ces traits de la maison spirituelle de Dieu, c'est qu'elle existe à la satisfaction et à la gloire de Dieu. C'est pour la gloire de Dieu, pour Son plaisir, que l'Église a été créée, pour Sa satisfaction. Ici, nous la ramenons directement à cette règle : Dieu est glorifié et Dieu reçoit ce qui est pour Son plaisir, sur cette seule base de vie et de spiritualité. Nous pouvons juger de cette vérité par son effet. Partout où nous trouvons un réel ministère de vie, nous aurons toujours la gloire de Dieu. Dieu sera glorifié.

                    Cela est naturellement conforme aux Écritures. Nous nous souvenons que ce fut le seul point montré par le Seigneur Jésus, comme central et suprême dans la résurrection de Lazare. "Cette maladie n'est pas à la mort, mais elle est pour la gloire de Dieu." (Jean 11:4) Et tandis qu'Il franchissait tout l'abîme de doute et d'incrédulité qui le séparait d'avec Lazare, et qu'Il s'approchait de la situation, Il éleva, en silence tout au moins, Son cœur au Père : "Père, glorifie ton Nom !" Puis, Il cria d'une voix forte : "Lazare, sors... !" La résurrection de Lazare, la victoire sur la mort, était à la gloire de Dieu. C'est spirituel, c'est le triomphe de la vie en Christ, et c'est cela la gloire de Dieu. Ensuite, nous savons que plusieurs crurent en Lui. La gloire de Dieu est puissamment manifestée par l'effet de ce principe de la vie triomphant sur la mort.

                    Or, c'est un grand sujet. Si nous revenons à l'Ancien Testament, nous y verrons, que pour chacun des serviteurs de Dieu, après avoir été saisi par Lui, commençait aussitôt ce processus de mort et résurrection. Nous pouvons prendre celui que nous voulons. Abraham en est un exemple frappant. Combien sont significatives les paroles qui marquent la vocation de ce serviteur. "Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham." (Actes 7:2) Cela établit immédiatement le caractère de Dieu et déclare en fait : c'est donc ce que Je suis, Moi le Dieu de gloire, qui va agir à ton égard, et l'issue de tout ce chemin sera pour Ma gloire ! Ainsi, dès qu'Abraham eut été saisi par le Dieu de gloire, cette œuvre de mort et de résurrection commença en lui. Et ce fut une expérience sans cesse renouvelée. Abraham passa par un premier stage, et une première phase, et une première mesure de mort, afin qu'ensuite dans la résurrection, la gloire de Dieu fut manifestée. Tout le long du chemin, cette expérience de mort, se répétera. Nous ne parlons pas, ici de la mort physique, mais d'une action de la mort dans sa vie, de manière spirituelle : mort aux choses, mort aux relations, mort aux espoirs, mort aux promesses de la terre, morts aux possessions. Et à mesure que la mort agit, elle est suivie d'une résurrection, d'une expérience plus grande du Seigneur. - Le Seigneur venant faire de nouvelles alliances, lui donnant de nouvelles révélations. Je suis El-Shaddaï ! Il y avait toutes ces promesses positives, à mesure que les autres passaient par la mort, jusqu'à ce dernier grand triomphe de la "résurrection" d'Isaac. Ici, c'est la mort, oui la mort à toutes les promesses , et apparemment à toutes les espérances. Si Isaac s'en va, c'est que Dieu, dans Sa fidélité, dans Sa Parole, dans Son alliance, Dieu dans Ses promesses, Dieu s'en sera allé. C'est une mort immense à affronter, mais en esprit, elle est acceptée. Et c'est, pour finir, la résurrection, et une résurrection parfaite, glorieuse : et quelle gloire de Dieu !

                    Nous pouvons tirer de l'Ancien Testament beaucoup d'autres illustrations de cette vérité, pour les reporter ensuite spirituellement dans le Nouveau Testament. Nous verrons ainsi que c'est exactement  ce qui se reproduisit en Christ. C'est par la mort et la résurrection de Son Fils, que Dieu reçut la pleine mesure de gloire. Et l'exaltation du Seigneur Jésus est le témoignage au fait que la mort a été engloutie et vaincue. La présence de Christ dans les cieux établit ce fait dans toute sa plénitude. Mais le principe doit être transmis ensuite à l'Église, qui est Son Corps. L'histoire de l'Église à partir de ce moment-là, est simplement une histoire de morts et e résurrections successives. Chaque résurrection a signifié une nouvelle contribution à la gloire de Dieu. Or, ce qui est vrai de l'histoire de l'Église, est vrai dans l'histoire individuelle de bien des membres de l'Église, et probablement de quelques-uns d'entre nous. Nous avons connu la mort fréquemment, non pas dans le sens donné par Paul à ce terme, c'est-à-dire mort physique, et temporelle, et naturelle, mais dans notre vie personnelle avec Dieu, nous avons su ce que signifie souffrir la perte de toutes choses. Nous avons connu cette obscurité qui va jusqu'à la mort. Mais ce n'était pas la fin. La fin a été toujours à nouveau le Dieu de gloire. E c'est de cette manière que la gloire de Dieu est servie, par la vie, la spiritualité, et la vie triomphant de la mort. C'est pour ce but même que nous sommes ici. J'espère que nous ne serons pas découragés, mais que cela nous aidera plutôt à comprendre que notre présence ici même signifie que nous avons à connaître toujours à nouveau la mort pour connaître la vie. Car ce n'est pas la mort qui est la fin. La fin pour nous, c'est la résurrection, et pour Dieu la gloire. Et à la fin, Sa gloire sera manifestée dans Son Fils, dans Son Église en plénitude, lorsque la mort aura été définitivement vaincue, non seulement en Christ, mais dans et par l'Église.

                     Mais c'est quelque chose qu'il nous faut vivre en actuelle expérience. C'est une grande vérité à contempler, une chose bénie à méditer, mais elle doit pénétrer dans notre vie. Ce que je sens maintenant être la chose importante, et le désir du Seigneur pour cette heure, c'est que nous approchions ces choses de très près et en réalité, afin que ce que nous disons ne soit pas seulement une vérité, mais une réalité pour nous. Nous sommes la maison de Dieu, nous sommes cette maison spirituelle. Et nous existons pour ce but même, pour servir au plaisir et à la gloire de Dieu. Cela ne peut se réaliser que sur la base de la vie, cette vie qui triomphe de la mort. Ainsi nous inscrirons donc ces mots, sur chaque manifestation, et sur chaque expérience de mort spirituelle : Ce n'est pas à la mort, mais à la gloire de Dieu. Oh ! qu'Il nous donne la grâce de le faire. C'est chose plus facile à dire qu'à faire, je le sais. Mais c'est ce qu'il faut. L'histoire y appose son sceau. C'est là le chemin par lequel le Seigneur est servi à Sa satisfaction et pour Sa gloire, car nous sommes les instruments même, dans lesquels est manifestée la puissance de Sa résurrection, et cela demande des expériences de mort.

Le ministère de la Maison envers les élus

                    Nous avons ensuite le troisième trait de cette maison spirituelle. Elle existe pour la délivrance et la vie des autres, les autres étant naturellement les élus de Dieu, ceux qui sont liés au dessein éternel de Dieu. Nous sommes ici pour servir le Seigneur, en nous opposant au but persistant et déterminé de Satan, qui est de mettre fin à la vie de Christ dans Son Église. C'est précisément dans cette direction que sera prouvée la réalité, la réalité spirituelle de cette maison spirituelle. Est-ce que notre ministère sert à la vie du peuple de Dieu ? Dans quelle mesure contribue-t-il à le délivrer de ces assauts répétés de mort spirituelle ? C'est là qu'est l'épreuve, là que nous devons en arriver. Il est très bon de parler de ces vérités, mais il faut qu'elles soient vraies et vécues. Il devrait être impossible de parler simplement de ces questions comme d'un enseignement donné et accepté dans un certain lieu. L'enseignement peut être très bon, parfaitement exact, mais quelle en sera l'issue pratique, en ce qui concerne le peuple de Dieu ? L'épreuve ne consistera pas à montrer que nous avons accepté une doctrine vraie. L'épreuve devra montrer si nous fonctionnons conformément à ce que nous sommes, si nous faisons réellement la chose qui constitue notre existence même, si nous vivons selon la vérité acceptée.

                   Nous le voyons, l'Église, le peuple de Dieu n'est pas une chose, tandis que la vérité serait une autre chose que l'Église doive accepter. Ce n'est pas cela. C'est l'Église qui est cette vérité, sinon elle n'est rien du tout. Je dis être membre du Corps de Christ. Eh ! bien, je puis prendre une certaine attitude et reconnaître que certaines vérités sont des vérités qui appartiennent aux membres du Corps de Christ, et par conséquent les accepter et commencer à les prêcher. C'est une chose. Mais il y a un autre chemin : ces vérités sont pour les membres du Corps de Christ, et que nous ne pouvons séparer ces vérités des membres, que l'existence même de ces membres signifie que ces vérités se transforment en vie, et que si celles-ci n'agissent pas ainsi, nous avons de sérieuses raisons de mettre en question la réalité de la vie, chez un membre du Corps de Christ. Il y a quelque chose qui n va pas ; ce n'est pas normal, ce n'est pas la vraie vie. Je ne dis pas que, si ces vérités ne sont pas pleinement vécues en nous, cela ait annulé notre relation avec Christ comme membre de Son Corps. Mais je dis que si ces vérités ne sont pas manifestées par notre vie, il y a quelque chose de sérieux qui nous manque, en tant que membre de Son Corps, et que nous sommes une contradiction à la signification réelle de notre existence. Vous et moi, nous existons pour la vie des autres. Si les autres ne reçoivent pas la vie par nous, il y a une inconsistance dans notre existence même. Cela peut sembler très dur, très sévère, mais cela doit nous être à cœur, à moi aussi bien qu'à vous. Je ne m'adresse jamais à vous sans me parler à moi-même, et j'ai demandé au Seigneur la grâce de vivre toute vérité, ou sinon m'empêcher de l'annoncer.

                    Je vous en supplie, chers amis, mettons nous en présence de cette loi de notre existence. Est-ce que nous servons réellement le peuple du Seigneur, ou est-ce que nous restons simplement à l'écart ?  -ou ce qui serait pire encore, serions-nous de ceux qui sont une cause de mort ? Que signifie notre présence pour le peuple de Dieu ? Est-ce qu'elle apporte la vie ? Si oui, la maison de Dieu est vraiment représentée par nous. Sinon, si notre attitude est neutre, en ce qui nous concerne, la maison de Dieu est ruinée. Toutes ces choses sont une question de vie et de spiritualité. Et il y a une chose horrible dont nous avons besoin d'être délivrés, - et il nous faut prier sérieusement et avec ferveur d'en être préservés - c'est de parler des vérités, d'accepter les vérités, de présenter les vérités, d'être associés à des vérités comme étant vérités, sans que celles-ci soient devenues vie en nous, et manifestées dans notre vie. Je crains souvent que ce soit l'une des choses terribles et angoissantes qui se produise là où il y a une telle révélation, que l'on se mette à prendre les vérités proclamées pour s'en faire le champion. Que Dieu nous délivre de cette sorte d'attitude et de mentalité. Ce n'est pas cela. Ou bien nous sommes cette vérité, ou bien, quoique nous soyons d'accord avec elle et que nous en parlions, nous ne le sommes pas. Ce sont la vie et la spiritualité qui importent ; et nous devons nous tenir en la présence de Dieu, pour que tout soit bien réel en nous, pour que notre présence signifie un ministère de vie, de vie communiquée. Nous sommes les instruments de vie pour le peuple du Seigneur, pour le délivrer des assauts de la mort. C'est pour cette raison que Paul suppliait les croyants de prier pour lui. Oh ! comme l'ennemi cherche à nous étouffer, alors que nous devons apporter la vie au peuple de Dieu.

Une expression de Christ

                    La quatrième chose, c'est que l'Église dans sa vie corporative, est une expression présente du Seigneur Jésus Lui-même, partout là où deux ou trois sont réunis en Son Nom. Je me demande si nous avons bien reconnu la signification réelle des paroles citées dans Matthieu 18. Nous avons là quelque chose qui appartient au Seigneur, mais qui s'est rendu coupable, ou qui est responsable, de quelque chose de mal. "Si ton frère a péché contre toi". Certaines versions autorisées, Second par exemple, omettent les mots contre toi. Nous lisons donc, dans ce cas, "15 Si ton frère a péché, va et reprends-le..... entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse  de les écouter, dis-le à l’Eglise; et s’il refuse  aussi d’écouter l’Eglise, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel..... Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux." (Matthieu 18:15-20)

                    Ce petit mot "car" a une signification d'un poids énorme. Si ton frère pèche et si, après que trois efforts successifs et variés auront été faits pour l'amener à reconnaître son péché, il refuse de le faire, apporte la situation à l'Église. Mais s'il se refuse à écouter l'Église, rejette-le; qu'il soit comme un païen et un péager, c'est-à-dire en dehors de l'Église. Lorsque vous agissez ainsi c'est le Seigneur qui agit. "Car là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux." Ce n'est pas par elle-même que l'Église aura agi. Le Seigneur considère l'acte de l'Église comme le Sien. Il est là, présent et c'est Lui qui agit. Le verdict de l'Église, c'est le verdict du Seigneur. La décision de l'Église est la décision du Seigneur, lorsque l'Église est réunie en Son Nom.  

                    Nous pouvons laisser à présent, la relation spirituelle de cet exemple pour en reprendre le principe. L'Église existe pour être une expression corporative de Christ, partout où Il est représenté. L'Église ne peut pas être représentée par moins de deux personnes, parce que l'Église est un corps. Une seule pierre n'a jamais représentée un temple. C'est une chose corporative, et il doit y avoir une expression de Christ, dans sa vie corporative. C'est le but de l'Église : être une expression de Christ. Cela ne peut pas être simplement officiel, ni une question de formes. Cela ne veut pas dire que l'Église aurait une session, et que dans cette session, elle a dressé un protocole, et discuté de certaines propositions, et prise certaines décisions. Non, c'est quelque chose de beaucoup plus profond que cela.

                    En premier lieu, l'Église est spirituelle, c'est-à-dire qu'elle est soumise au Saint-Esprit, qu'elle a, pour son gouvernement et pour sa direction, le Saint-Esprit. Elle a mis sa confiance dans l'Esprit de Dieu, afin qu'Il lui inspire, par le moyen de beaucoup de prières, les voies et les décisions justes. Elle s'est entièrement soumise au gouvernement du Saint-Esprit. C'est ainsi qu'elle devient spirituelle, pour fonctionner de manière vivante et spirituelle. Elle ne fonctionne pas de façon formaliste mais de façon spirituelle et vivante. Sa fonction est basée sur le témoignage du Saint-Esprit, et sur la vie. Si des questions se posent, si des difficultés sont soulevées, comment seront-elles résolues ? Eh bien, quelqu'un fera une proposition contre laquelle réagiront ceux qui sont spirituels en disant : Oh ! Ce serait la mort si nous acceptions cette ligne ! Non nous n'avons pas la liberté de prendre ce chemin, ce serait terrible ! La pensée de l'Esprit est enregistrée en nous. Ce n'est pas que nous ayons un meilleur jugement ; mais, en nous, l'Esprit de vie nous dit : Ne prenez pas cette voie, ce serait un désastre ! Ou bien, quelqu'un d'autre exprimera sa pensée, et ceux qui sont spirituels approuveront : Oui, c'est la voie du Seigneur ! La pensée du Seigneur est enregistrée en nous. C'est l'Esprit de vie qui gouverne, et c'est la base toute entière de la vie de l'Église, qui devient, de cette manière, une expression de Christ. Il y a, en elle, une expression de la pensée du Seigneur. Le Seigneur est en évidence, dans la ligne et sur la base de la vie et de la spiritualité. Mais, la vie corporative est nécessaire pour cela, - "sur la parole de deux ou trois témoins". Nous le voyons c'est le principe corporatif qui est à l'œuvre. Je n'avais pas l'intention d'entrer dans une telle technique au sujet de l'Église, mais tout cela démontre cette grande vérité que l'Église existe pour être une expression de Christ, partout où elle représentée par deux ou trois, sur une base corporative.

                   Nous le voyons, la vie corporative est spirituelle elle est la vie. C'est une question de vie. Notre union, notre relation avec Christ, est fondée sur le principe de Sa vie. "En nous approchant de Lui comme une pierre vivante... vous aussi, comme de pierres vivante, vous formez une maison spirituelle." Je le répète encore, Dieu n'agit pas envers nous comme si nous étions des briques. Dieu agit avec nous comme avec des pierres vivantes. Cela signifie qu'Il nous traite comme ceux qui ont vie commune avec le Seigneur Jésus. Le lien qui nous unit à la Pierre Vivante c'est celui d'une seule et même vie. C'est une relation spirituelle, et c'est cette vie qui produit l'expression corporative. Il y a toute une différence entre cette expression corporative basée sur une seule et même vie, et une société, un club, une institution. On peut adhérer à un club, se joindre une société, et être d'accord sur beaucoup de points en ce qui concerne les convictions et les procédés, sans cependant être liés les uns aux autres par une vie corporative. Mais l'Église, c'est précisément cela. C'est la seule et même vie dans tous les membres, qui les unit à la Tête. Et ainsi, elle exprime Christ partout où elle se trouve. Elle ne proclame pas uniquement des vérités au sujet de Christ. Elle introduit Christ là où elle est et déclare, par sa présence, alors même qu'elle n'est représentée que par deux ou trois, ou plus, qu'ici même, Christ est entré. Ce n'est pas une simple revendication qu'elle ferait. Nous le voyons, l'église romaine fait cette revendication, cette revendication que là où est cette église là est Christ. Oui, mais il y a une différence. Ce n'est pas seulement une revendication, c'est un fait confirmé que là où sont ces pierres spirituelles et vivantes, le Seigneur y est en vérité ; on le sait et il se passera là ce dont parle l'apôtre. Si quelqu'un vient du dehors, s'ajouter à ces pierres vivantes, si elles sont bien de cette espèce, la personne qui entre tombe à terre et s'écrit : "En vérité, Dieu est au milieu de vous !" Ah ! c'est ce que nous désirons. Que l'on se mette à tomber littéralement ou non, là n'est pas la question. Le point, c'est que l'on s'incline intérieurement, que les préjugés, les méfiances, les craintes , les réserves tombent. Il faut qu'une chose suprême s'élève en eux, et fasse tomber le reste. "Je ne puis m'éloigner d'eux, le Seigneur est là ! Nous ferons bien de nous confier à cela, et à tout ce que cela signifie. Ce sera bénéfique pour nous...." Mais c'est précisément là, la grande question, introduire le Seigneur. L'Église existe pour manifester le Seigneur dans tous les lieux, si même elle n'est représentée que par deux ou trois. Oh ! Que cela soit vrai en ce qui nous concerne. Je suis certain que nos cœurs répondent.


à suivre........


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