lundi 5 novembre 2018

(24) Ce monde, aire de jeux ou champ de bataille Aiden Wilson Tozer

Transcrit, traduit et mis en ligne par : http:www.eglisedemaison.com

 

Le mythe de l'autarcie humaine 

 

                  Seul Dieu se suffit à lui-même. Quand les hommes se vantent d'être autonomes, ils se livrent à une fiction qu'un simple regard autour d'eux suffirait à démentir.

 

                  Partout où l'on rencontre la vie, il y a une dépense constante d'énergie et le besoin d'un renouvellement continuel afin de maintenir le fonctionnement de l'organisme. Pour soutenir la vie, il faut trouver un équilibre entre la dépense et l'apport d'énergie. Quand un organisme est forcé de dépenser plus d'énergie qu'il ne peut en créer, et que cette condition se poursuit au delà d'un certain point, la vie cesse et la structure tout entière se désintègre. C'est ce que nous appelons la mort.

 

                 Cette loi élémentaire de la vie coule de source pour la race humaine, et on fait provision dans la structure sociale pour l'ingestion de matière que le corps peut ensuite utiliser pour remplacer celle qu'il a perdue durant son activité ordinaire. Cette matière, c'est ce que nous appelons « nourriture », et nous appelons la réception de nourriture dans l'organisme « manger ». Ce phénomène banal fait partie de la vie humaine normale, de sorte que nous avons tendance à passer à côté de la leçon profonde qu'il enseigne – aucun être vivant ne se suffit à lui-même.

 

                    Le corps humain ne peut pas vivre tout seul. Pour vivre, il lui faut constamment une aide extérieure. Tout rempli qu'il soit d'orgueil et débordant de confiance en soi, chaque homme doit s'humilier pour recevoir l'aide des créatures inférieures. Chaque monarque doit s'appuyer sur la vache pour son alimentation. Chaque seigneur orgueilleux dans son manoir doit supplier la poule de la basse-cour pour obtenir son repas. La froide prima donna ne réussit à rester en vie que par la grâce des porcs et des poissons. Le génie doit avoir recours aux abeilles, aux buissons, aux graines et aux baies. C'est de ces choses que provient l'énergie sans laquelle tous les hommes mourraient, les grands comme les humbles. Dans un sens, tout-le-monde vit par la foi. Il faut une sorte de foi naturelle avant de pouvoir s'asseoir à table. Tous ceux qui méprisent la foi doivent néanmoins l'exercer s'ils espèrent continuer de recevoir de la nourriture. Et quoi qu'ils puissent en dire, ils l'exercent bien. Ils mangent régulièrement leur repas en complète confiance que les poules, les vaches, le grain et les abeilles ne les décevront pas. Leur confiance est bien justifiée, leur alimentation nourrit leur corps; la vie et l'énergie récompensent leur foi.

 

                 Ce que les hommes oublient, c'est que le corps n'est que la demeure de l'âme et, comme l'a si bien dit le poète, l'âme est « un hôte royal venu séjourner quelques temps dans un humble logement d'argile ». Ce qu'enseignent prophètes et apôtres, de même que Christ lui-même, c'est que l'âme ne se suffit pas à elle-même. Elle ne peut pas vivre en autarcie. Elle doit tirer sa vie de quelque chose, de quelqu'un, d'extérieur à son propre organisme.

 

                    Ce profond besoin de l'âme pour le pain vivifiant est pleinement rempli dans la personne de notre Seigneur Jésus Christ. « C'est mon Père qui vous donne le vrai pain du ciel, » a-t-Il dit à ses auditeurs, puis Il a poursuivi en s'identifiant Lui-même à ce pain, « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. » Si nous comprenons le principe élémentaire que les créatures ne peuvent vivre qu'en ingérant des éléments extérieurs, nous devrions pouvoir comprendre le passage qui dit, «Le juste vivra par la foi. » Quoique la foi naturelle par laquelle les hommes vivent leur vie naturelle soit entièrement différente de la foi salutaire, elle illustre néanmoins la foi salutaire, et elle révèle par analogie comment cette foi fonctionne. La personne humble reçoit Christ en elle-même en prenant part à Lui en toute confiance. Croire est pour l'âme ce qu'est manger pour le corps. Contempler avec les yeux de l'esprit c'est croire. « Regardez-moi et soyez sauvés. Le juste vivra par la foi. » Ainsi, nous sommes sauvés en croyant, et nous sommes sauvés en contemplant, parce que contempler et croire reviennent au même.


                    L'histoire tragique du monde, c'est, au fond, l'histoire d'hommes pécheurs qui essayent de vivre par leurs propres ressources et qui n'y parviennent pas, parce qu'ils négligent la loi la plus simple de la création – aucun être vivant ne se suffit à lui-même. Dieu nous a créés pour être dépendants de Lui. Soit nous reconnaissons notre besoin de Lui, soit nous adoptons la fausse philosophie de l'indépendance et nous continuons à nous entêter dans notre voie, pour finir par mourir, et ce éternellement.

à suivre.... 

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