mardi 11 juillet 2017

(11) La Mission, la Signification et le Message de Jésus Christ Chapitre Onze - Dans l’Épître aux Philippiens par T. Austin-Sparks

Chapitre Un - DANS L'ÉVANGILE SELON MATTHIEU  
Chapitre Deux - DANS L'ÉVANGILE SELON MARC 
Chapitre Trois DANS L’ÉVANGILE SELON LUC 
Chapitre Quatre - DANS L'ÉVANGILE SELON JEAN 
Chapitre Cinq DANS LE LIVRE DES ACTES 
Chapitre Six DANS L’ÉPÎTRE AUX ROMAINS 
Chapitre Sept - DANS LES Épîtres AUX CORINTHIENS 
Chapitre Huit - DANS LES Épîtres AUX CORINTHIENS
Chapitre Neuf - DANS L’Épître AUX  GALATES
Chapitre Dix - DANS L’Épître AUX  EPHESIENS
Chapitre Onze - Dans l’Épître aux  PHILIPPIENS
Chapitre Douze - DANS L’Épître AUX  COLOSSIENS

Chapitre Onze - Dans l’Épître aux Philippiens

« Car ce commandement que je te commande aujourd'hui, n'est pas trop merveilleux pour toi, et il n'est pas éloigné. Il n'est pas dans les cieux, pour que tu dises: Qui montera pour nous dans les cieux, et le prendra pour nous, et nous le fera entendre, afin que nous le pratiquions? Et il n'est pas au delà de la mer, pour que tu dises: Qui passera pour nous au delà de la mer, et le prendra pour nous, et nous le fera entendre, afin que nous le pratiquions? Car la parole est très-près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour la pratiquer. Regarde, j'ai mis aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur, et la mort et le malheur, en ce que je te commande aujourd'hui d'aimer l'Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, de garder ses commandements et ses statuts et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays où tu entres pour le posséder. Mais si ton cœur se détourne, et que tu n'écoutes pas, et que tu te laisses séduire, et que tu te prosternes devant d'autres dieux et que tu les serves: je vous déclare aujourd'hui que vous périrez certainement, et que vous ne prolongerez pas vos jours sur la terre où en passant le Jourdain, vous entrez afin de la posséder. J'appelle aujourd'hui à témoin contre vous les cieux et la terre: j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta semence, en aimant l'Éternel, ton Dieu, en écoutant sa voix, et en t'attachant à lui; car c'est ta vie et la longueur de tes jours, afin que tu habites sur la terre que l'Éternel a juré à tes pères, à Abraham, à Isaac, et à Jacob, de leur donner. » (Deutéronome 30 :11-20)

« Puis donc que les enfants ont eu part au sang et à la chair, lui aussi semblablement y a participé, afin que, par la mort, il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable; et qu'il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude. »' Hébreux 2 :14-15)

« Et j'ai été mort; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles; et je tiens les clefs de la mort et du Hadès. » (Apocalypse 1 :18)

« Pour le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, étant rendu conforme à sa mort. » (Philippiens 3 :10)

                    Ce que nous avons en vue ici, c’est la relation de la croix par rapport à la manifestation de la vie. Il est très important que nous soyons bien au clair quand à cette relation. Une chose est évidente, cette vie appelée la vie éternelle, ne peut être obtenue que comme l’issue de la croix de Jésus Christ. C’est sur la base de Sa mort et par Sa résurrection, que cette vie éternelle est donnée à ceux qui croient. Nous parlons parfois de cette vérité comme étant la foi dans l’œuvre de propitiation du Seigneur Jésus. Dans l’appropriation de cette vie il n’y a peut être aucun sens de bataille ou de conflit ; il n’y a aucune connaissance de ce plus grand domaine où la bataille pour la vie fait rage. C’est parce que, en ce qui concerne le don de la vie éternelle, le Seigneur Jésus Lui-même a combattu à la croix, et nous recevons ce don en acceptant par la foi ce qu’Il a accompli de façon à ce que nous ayons la vie.
 
                    Ceci est un aspect de la croix et de la vie qui en découle. Autrement dit, par une compréhension objective de la croix, nous recevons la vie éternelle. Tout ce que le Seigneur Jésus a fait pour nous à la croix afin que nous passions de la mort à la vie, saisi et approprié par la foi, abouti à ce que nous ayons la vie.
   
                    Mais il y a un autre aspect. La croix du Seigneur Jésus a généré le fait que nous ayons la vie en abondance. Ses propres paroles sont : « Je suis venu afin qu'elles aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance. » (Jean 10 :10). Je pense que la première partie de cette déclaration correspond à la simple appropriation par la foi de l’œuvre objective de la croix, ce qu’Il a accompli pour nous, mais que la deuxième partie du verset nous mène plus loin. La vie plus abondante demande que ce qu’Il a fait pour nous devienne réalité en nous. Considérons ceci sous cet angle : dans Sa croix Il s’occupa de nos péchés, et sur la base de ce qu’Il a accompli à cet égard, et de notre foi en cette œuvre propitiatoire pour nos péchés, nous recevons le don de la vie éternelle. Il s’occupa aussi de nous-mêmes, mais ceci doit être réalisé en nous progressivement, et c’est selon que nous sommes traités intérieurement par la puissance de la croix que la voie s’ouvre pour que cette vie s’exprime dans une plénitude s’accroissant. Le fait est que c’est le moi qui barre la route à la vie dans sa pleine expression. C’est la vie naturelle qui obstrue le développement de la vie divine. Ainsi, ce qui a été fait pour nous doit être fait en nous, et alors que cela se réalise en nous, cette vie devient plus qu’un simple dépôt, plus qu’une simple bien que glorieuse possession ; elle devient un plaisir grandissant et s’accroissant, une expression en plénitude.

Un État de Désordre dans la Création
   
                    Recherchons à établir la position. Premièrement, il y a dans la création un état de désordre avec lequel Dieu n’est pas uni, nous pouvons tous voir cela. Il n’y a rien de vraiment profond à ce sujet, sauf lorsque ce fait nous interpelle et que nous réalisons qu’il y a un état de désordre dans la création dans laquelle nous avons une part, et que Dieu n’est pas un avec cet état, c’est à dire avec la création dans l’état où elle se trouve. La création n’est pas selon Sa pensée, elle a cessé d’exprimer Sa pensée, elle est contraire à Son intention ; et ainsi Il n’y est pas en relation.

La Mort et Satan Sont Positivement Associés à cet État
   
                    Deuxièmement, il y a une association positive de la mort et de Satan avec cet état. Ce n’est pas uniquement une masse passive, dans la confusion, le chaos, le désordre ; il y a, au sein de la création en désordre, des éléments actifs. Nous pourrions dire qu’il s’agit d’une masse en effervescence. Il y existe des forces actives, et ces forces ne sont pas les forces de la vie mais de la mort. La mort travaille, et Satan est associé à cet état de chose.

Un Besoin se Manifeste
   
                    En troisième lieu, nous voyons qu’un besoin se manifeste, un besoin sous plusieurs aspects. Tout d’abord, il doit y avoir une mise à l’écart judiciaire de cette création. Ce que nous voulons dire par une mise à l’écart judiciaire, c’est qu’un jugement doit être prononcé sur cette création, et de par ce jugement, elle doit être écartée de la vue de Dieu. Elle doit être amenée à la position où elle est entièrement sous le bannissement divin. Là où pas une seule partie de cette création ne peut obtenir l’acceptation de Dieu ; c’est à dire qu’elle doit être traitée et mise à l‘écart judiciairement. Cette étape préliminaire devient nécessaire si Dieu doit œuvrer envers un nouvel ordre. Et cet ainsi que Dieu a agi avec la création dans la croix de Christ.
   
                    Ensuite, une véritable et potentielle destruction de cette puissance de la mort et de Satan doit prendre place. choisissons nos mots – une véritable et potentielle destruction de cette puissance de la mort et de Satan. Eh bien Dieu a réalisé ceci dans la Personne du Seigneur Jésus. Il a détruit la mort et celui qui avait la puissance de la mort, c’est à dire le Diable. En Christ c’est en fait accompli. Christ, à la droite de Dieu, représente et déclare que ceci à été consommé. La mort a été engloutie victorieusement. Satan aussi a été détruit. Ce mot « anéantît » que l’on trouve dans certaines versions, ne veut pas dire ce qu’en pensent certaines personnes. Parfois en parlant de destruction, nous pensons à aller jusqu’au bout, à oblitéré, à anéantir de toute existence. Le mot employé ici ne veut pas dire cela, amener à néant veut dire, dans l’intention de Dieu, rendre totalement inopérant. N’oublions pas cela, en ce qui concerne le Seigneur Jésus à la droite de Dieu, Satan est inopérant. Il ne peut Le toucher personnellement, et il le sait. Le seul moyen par lequel il peut L’atteindre c’est à travers Ses membres. Satan n’a plus aucun moyen de toucher Christ directement avec la mort, ni avec aucune autre arme. A travers la mort, Il a détruit celui qui avait la puissance de la mort. Cela est accompli objectivement en Christ.
   
                    Nous avons utilisé un autre mot : potentiellement. Cette destruction potentielle de la mort et de Satan a été accomplie pour les saints. C’est une chose qui est acquise et, bien que pas encore totalement vécue en expérience, elle peut être saisie par la foi et connue d’une façon progressive. Il ne peut être dit que vous et moi, à l’heure actuelle et dans l’entièreté de notre être, nous ne trouvons pas que la mort et Satan n’aient aucune puissance. En ce qui nous concerne, ce n’est pas un fait réel que Satan soit inopérant. Mais ceci a été obtenu potentiellement pour nous en Christ, afin que nous devinssions ceux qui vivent de plus en plus dans la victoire que Christ a obtenue pour nous, et pour que nous parvenions progressivement à jouir de l’œuvre accomplie potentiellement pour nous par Christ. Ainsi, en Christ, nous voyons cette destruction accomplie en réalité ; et nous la voyons accomplie potentiellement dans les saints.
   
                    Et encore, il est essentiel qu’il y ait une représentation vivante de l’ordre divin, qui ne contienne aucun élément de mort, et qui soit victorieuse sur Satan, une référence à laquelle les croyants soient rendus conformes. Ceci est une nécessité et elle est réalisée en Christ. Il est la représentation de la nouvelle création, l’ordre divin, auquel nous devons être rendus conformes, et qui est sans aucun élément de mort et victorieux sur Satan. Dieu doit œuvrer à un but, à un archétype, à un modèle, et Christ est cela pour Lui. Il œuvre dans les saints afin d’amener une conformité à Christ, ce qui implique une conformité à l’ordre divin représenté par Christ ; car nous devons nous rappeler que Christ est la somme totale de l’ordre divin. Trop souvent le peuple de Dieu ne reconnaît pas ceci. Nous devons bien sur, tout d’abord, reconnaître qu’Il est une Personne. Avant tout Il est la Personne Divine, mais Il est aussi la somme totale d’un ordre divin et céleste. Si le tabernacle ou le temple d’autrefois représentaient tout un système de choses, réglementées, ordonnées, préposées, fonctionnelles, reliées entre elles, un système merveilleux – n’ayez pas peur de ce mot, utilisé dans le bon contexte, c’est un très bon mot – si le tabernacle ou le temple représentaient toutes ces choses, ils ne sont que des figures de Christ. Christ est le Sacrificateur, Christ est l’Autel, Christ est le Sacrifice, Christ est le Fin Coton, Christ est l’Or, Christ est la parfaite Humanité : Christ est tout, et Christ est l’ordre divin. « Que toutes choses se fassent avec bienséance et avec ordre » dit l’apôtre. Il s’agit d’un arrangement rationnel, d’un accommodement et d’une économie célestes.
   
                    Lorsque nous sommes en Christ, bien qu’il soit vrai que nous sommes dans la Divine Personne, nous devons prendre la place qui est la nôtre dans l’ordre divin, et d’être en Christ demande qu’il y ait une bonne relation entre nous, une répartition, un fonctionnement, une relativité envers tout. Il s’agit d’un merveilleux système divin. La mort et Satan ont leur chance quand quelque chose qui est en relation avec l’ordre divin n’est pas obéi, reconnu, observé. Il est assez facile pour la mort d’obtenir une occasion avec le peuple de Dieu lorsqu’il y a un désordre parmi eux, lorsqu’ils ne sont pas conformes à Christ dans le sens qu’Il soit une expression d’un système ordonné et céleste. Assurément le Nouveau Testament est sans ambiguïté aucune à ce sujet. Si l’assemblée à Corinthe est l’exemple d’un faible témoignage, comme elle l’est vraiment, la raison est facile a déceler. Il s’agissait d’un certain désordre parmi ses membres.
   
                    Ainsi, Dieu doit avoir cette représentation de Son ordre divin, qui ne contient aucun élément de mort, qui est victorieux sur Satan, et auquel les croyants doivent être rendus conformes. Et ceci est la conformité à l’image de Son Fils, notre Seigneur Jésus Christ.
   
                    Enfin, il est exigé il est fondamental d’avoir une union vitale avec Lui, et d’avoir une vie totalement et continuellement dans le Saint Esprit. Nous acceptons tous la première nécessité, celle d’avoir une union vitale avec Lui comme fondation, mais ce qui est aussi important, s’il doit y avoir une pleine expression de la vie, est qu’il doit y avoir une vie qui doit être continuellement et entièrement dans l’Esprit Saint. La vie dans le Saint Esprit est la réponse divine à cette autre vie de la mort et qui est sous la puissance de Satan. Cette autre vie est dans le chaos, et Dieu n’a rien avoir avec elle.
   
                    Ceci est le premier état, une vie dans la mort, sous l’empire de Satan, dans le désordre ; extrêmement active, énergique, et néanmoins Dieu y est étranger. Elle peut être même active d’une façon religieuse, mais Dieu ne s’y trouve pas. Je me demande parfois si la religion n’est pas le plus grand ennemi de Dieu dans ce monde. Cela peut paraître une chose terrible à dire, mais je suis sincère en posant la question. La religion paraît placer la plupart de gens dans une position que Dieu trouve extrêmement difficile d’atteindre par le Saint Esprit, parce qu’elle les place dans une fausse position. Contre cet état de chose, Dieu établit ce nouvel ordre qui est totalement sous le gouvernement du Saint Esprit. Que cela veut-il dire d’être entièrement sous le gouvernement du Saint Esprit ? Cela veut dire que tout doit Lui être soumis. Vous et moi reconnaîtrons pleinement, d’une façon totale et exhaustive, que si nous bougeons, agissons, raisonnons, si nous fonctionnons de quelque façon que ce soit, sans que nos vies ne soient complètement consacrées et entièrement en communion avec le Saint Esprit, assurément nous fonctionnons alors en dehors du domaine de Dieu – et la fin de cela c’est la mort. Il peut y avoir les meilleures des intentions, nos motivations peuvent être droites, nous pouvons même agir pour le Seigneur ; mais il y une multitude de choses qui sont faites pour le Seigneur mais qui sont accomplies sans le Saint Esprit. Il existe toute une montagne d’activités procédant des motivations les plus pures pour les intérêts du Seigneur, mais elles ne sont pas les activités de l’Esprit. Je pense que le Seigneur est généreux et plein de grâce, et parce qu’il s’agit d’ignorance, Il est patient avec nous, et recherche à nous conduire dans des voies meilleures. Le mauvais chemin peut être avoir été pris par manque de lumière, et alors que plus de lumière n’est pas disponible, ou jusqu’à ce qu’elle arrive, le Seigneur marche à nos cotés et permet autant de bénédiction qu’Il le peut. Mais cela ne veut pas dire que toute cette activité va être reçue avec acceptation, et qu’elle sera approuvée comme ayant été une contribution à l’accomplissement du propos éternel. A un certain point, cette activité, échouera, et ceux qui y sont impliqués tomberont, et ils devront arrivés à la conclusion, qu’après tout, la grande majorité de ce travail pour le Seigneur n’a pas compté ; et le plus tôt nous arrivons à cette constatation, le mieux cela est pour nous.

La Croix : La Réponse Toute-Inclusive
   
                    Tout cela est réuni dans la croix. La croix dit simplement qu’un ordre de choses – qu’il s’agisse d’un ordre religieux, d’un ordre de bonne motivation, un ordre de bonne intention, mais d’un ordre procédant néanmoins de l’homme naturel, et pas nécessairement en défi à Dieu, pas nécessairement en rébellion consciente contre Dieu, mais étant l’expression de l’homme naturel tel qu’il est – la croix déclare que cet ordre de choses tout entier est mis à l’écart. Dieu l’a judiciairement jugé, et lui a apposé un interdit. Dans la croix du Seigneur Jésus, Dieu a finalement déclaré : Toi, dans ton état naturel, tu ne peux Me servir, et tu ne peux apporter aucun fruit à Ma gloire ! Il est possible d’aller travailler, d’œuvrer et de mourir de fatigue en essayant de Me servir, néanmoins il n’en demeure pas moins vrai que tu ne peux pas de toi-même, de n’importe quelle ressource naturelle, porter du fruit pour Moi. La seule chose qui puisse atteindre le but de Dieu, et cela doit être par la vie – la vie éternelle, divine, céleste – est ce qui procède de l’Esprit Saint.
   
                    Combien cela est solennel ! Comment cela analyse et dissèque toutes choses ! Par exemple, les choses que nous disons, Il présente cette interrogation : Cela a t-il été dit par l’Esprit Saint ? Il n’est pas suffisant de se demander : La motivation était-elle bonne ? Ais-je parlé ainsi pour le Seigneur ? Mais plutôt : Cela a-t-il été dit, a-t-il été fait par l’Esprit Saint ; ou bien cela procède-t-il de moi ? Ce n’est pas une question de motivation, d’intention, mais de la puissance, de la vie dans laquelle j’ai parlé ou agi. Ais-je pris cette décision dans l’Esprit Saint, ou bien ais-je décidé selon mon propre jugement, après avoir pesé le pour et le contre et en venant à la conclusion que ce serait la meilleure chose à faire ? Tout est une question de vie dans l’Esprit Saint. Peut être dites-vous que c’est là une vie ardue, une vie très difficile, si nous devons nous arrêter avant même de parler ou d’agir, et de nous demander à chaque instant : Vais-je agir, ou bien vais-je parler cela dans le Saint Esprit ou bien en moi-même ? Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’adopter cette attitude dès le début. Mais nous devons reconnaître que chaque jour que nos vies doivent être assujetties au Saint Esprit, et lorsque nous sommes sensibles au fait que quelque chose a émané de nous-mêmes, nous devons être fidèles devant Dieu à ce sujet. Je crois que doucement mais sûrement, nous arriverons à cette position où nous vivrons avec cette pause dans nos cœurs qui est un signal de notre impulsivité, un signal quand à notre impatience, un signal lorsque nous sommes tentés d’agir de par nos émotions, un signal quand à notre propre façon de raisonner et de penser. Ceci est une chose que le Saint Esprit doit instaurer en nous. Notre préoccupation doit être de reconnaître que du centre à la circonférence, nos vies toutes entières doivent être soumises au gouvernement du Saint Esprit. Le résultat sera que le Saint Esprit nous ramènera sans cesse à la croix. La croix a établi, une fois pour toutes, cette position d’une façon absolue et détaillée. Elle se tient pour toujours comme garant de l’interdit judiciaire de Dieu sur l’homme naturel. L’Esprit Saint nous ramènera à cela sans cesse.
 
                     Reconnaissons que la croix est la fin de la vie de résurrection, et pas seulement son commencement. Si nous oublions tout le reste, rappelons-nous de ceci. La croix est la fin de la vie de résurrection, tout en étant son commencement : « Pour le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, étant rendu conforme à sa mort ». Certains m’ont demandé : Pourquoi Paul a mis la mort à la fin ? Cela devrait, sans doute, être le contraire : Que je sois rendu conforme à sa mort, pour le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrance ! Non, il n’y a point là d’erreur, l’ordre est du Saint Esprit. La puissance de Sa résurrection présuppose qu’il y a eu une mort, mais la vie de résurrection même conduit à la croix. Le Saint Esprit dans la puissance de la vie de résurrection nous ramène toujours à la croix, à la conformité à Sa mort. C’est la propriété même de la vie d’éliminer tout ce qui appartient à la mort. Le but de la puissance de la vie de résurrection est de nous ramener au lieu où la mort est constamment vaincue. Et ce lieu n’est autre que la croix de notre Seigneur Jésus Christ, là où la vie naturelle est écartée. Et ainsi Paul dit : « … étant rendu conforme à sa mort …, ce qui veut dire d’avoir continuellement la base de la mort, et d’être progressivement mis de coté, et ceci, comme nous l’avons dit, est le fruit de la vie d’union avec Lui. Ce serait qu’une pauvre perspective pour vous et moi, si nous devions être rendus entièrement conforme à Sa mort en dehors de la puissance de résurrection en nous, en dehors de ce que nous connaissons déjà de la vie du Seigneur. Où serait-ce notre espoir ? Qu’est-ce qui est la puissance de notre survie lorsque la croix est rendue plus réelle dans notre expérience ? Il n’y aurait pas de survie si Sa vie de résurrection n’était pas en nous. Ainsi Paul prie : «Pour le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection…», et cela veut dire conformité à Sa mort sans destruction totale. L’aboutissement de la vie de résurrection c’est la croix. Le Saint Esprit œuvre toujours par rapport à la croix, afin que la vie de Sa résurrection soit manifestée en nous de plus en plus.
   
                    C’est là l’arrière-plan de toute la question de la vie. Je suis sûr, avec encore plus de certitude aujourd’hui qu’hier, que la base de la vie triomphante en nous est l’opération de la croix mettant de coté tout ce qui est naturel. Il n’y a rien qui ne soit haï d’avantage par l’ennemi que la croix. Recherchons à libérer nos pensées de toutes fausses conceptions de la croix. Bien souvent il y a eu ce genre de réaction : « Oh, il s’agit de la croix ; c’est la mort, la mort la mort ! Cette opération de la croix de façon subjective, nous conduit sans cesse à la mort ! » C’est pour cela que nous avons déjà dit qu’il est si important pour nous de reconnaître qu’il ne s’agit pas d’une mort qui nous détruit, mais qu’elle pave le chemin pour une plus grande plénitude de vie. C’est le côté positif que nous devons retenir, non pas le fait que nous sommes constamment mis à l’écart, mais plutôt que cela est fait par nécessité, afin qu’Il prenne la place, et qu’Il croisse et croisse encore. C’est le côté de la vie qu’il nous faut retenir, même dans l’opération de la croix par rapport à ce qui a été mis à l’écart par Dieu à Golgotha.
   
                     Ainsi, est-ce de la vie dont vous avez besoin ? En fait, le Seigneur dit : Eh bien mettons cette chose de côté ! Et lorsqu’Il met cette ceci ou cela de côté, il y a alors la vie. Voulez-vous plus de vie ? Eh bien, mettons cette chose de côté, et alors vous avez plus de vie. Très rarement rencontrez-vous des gens qui, s’étant vraiment donnés à Dieu pour un accroissement de vie spirituelle, n’ont pas été sujets à de pénibles expériences et à des temps très difficiles. En êtes-vous jamais venus à vous donner afin d’obtenir cette extra lumière, cette nouvelle chose que Dieu vous a révélée, sans qu’il vous en coûte un temps difficile et pénible ; un moment d’obscurité ? Il en est toujours ainsi, il n’y a rien d’anormal à cela. Le Seigneur dit simplement : « Veux-tu cela ? » Et il y a toujours quelque chose à éliminer, à écarter. Peut-être désirez-vous un accroissement spirituel parce que cela vous rendra plus heureux. Cette raison devra être mise de côté, afin que vous désiriez cette chose, non pas pour vous, mais pour Lui. Si vous traversez un mauvais moment, et que l’élément dominateur est le moi, vous direz : Eh bien cela n’a pas d’importance, je préfère ne pas l’avoir que traverser cela ! Ceci est la façon égoïste d’analyser cette expérience. Mais si vous êtes dans une nuit obscure par rapport à quelque chose de précis, et si vous en venez à vous dire : Quoi qu’il en coûte, le Seigneur doit obtenir cette chose dans ma vie ! vous y êtes parvenu en mettant de coté l’homme naturel. L’Esprit Saint nous amène toujours à ce résultat. C’est la vie qu’Il recherche, et la vie sur-abondante, et ceci est accompli uniquement en Le laissant nous ramener sans cesse à la croix. La croix est à la base de la vie, car c’est là que le Seigneur Jésus conquit la mort, et de là jaillit la vie pour les saints. Que le Seigneur nous conduise à la vie.

à  Ceci est un aspect de la croix et de la vie qui en découle. Autrement dit, par une compréhension objective de la croix, nous recevons la vie éternelle. Tout ce que le Seigneur Jésus a fait pour nous à la croix afin que nous passions de la mort à la vie, saisi et approprié par la foi, abouti à ce que nous ayons la vie.

   
à suivre........


lundi 10 juillet 2017

(10) La Mission, la Signification et le Message de Jésus Christ Chapitre Dix - DANS L’Épître AUX ÉPHÉSIENS par T. Austin-Sparks

Chapitre Un - DANS L'ÉVANGILE SELON MATTHIEU  
Chapitre Deux - DANS L'ÉVANGILE SELON MARC 
Chapitre Trois DANS L’ÉVANGILE SELON LUC 
Chapitre Quatre - DANS L'ÉVANGILE SELON JEAN 
Chapitre Cinq DANS LE LIVRE DES ACTES 
Chapitre Six DANS L’ÉPÎTRE AUX ROMAINS 
Chapitre Sept - DANS LES Épîtres AUX CORINTHIENS 
Chapitre Huit - DANS LES Épîtres AUX CORINTHIENS
Chapitre Neuf - DANS L’Épître AUX  GALATES
Chapitre Dix - DANS L’Épître AUX  EPHESIENS
Chapitre Onze - Dans l’Épître aux  PHILIPPIENS
Chapitre Douze - DANS L’Épître AUX  COLOSSIENS

Chapitre Dix - DANS L’Épître AUX ÉPHÉSIENS

                    Ce n’est pas notre intention d’entamer une exposition de cette lettre. Présentement, notre préoccupation concerne quelques questions qui y sont soulevées à la lumière de l’histoire, et plus exactement l’histoire du contexte dans laquelle cette lettre a été écrite.

                       Premièrement, il y avait la situation à la fin de la vie de l’apôtre Paul. Ici nous avons un homme écrivant sous la conduite du Saint Esprit à propos de la grandeur de l’Église ; son élection et vocation éternelles ; son unité divine, sa mutualité, sa fonction multiple, et son combat spirituel. Tout ceci, et bien plus encore, dans un contexte relationnel avec les assemblées d’Asie, et particulièrement avec Éphèse. Nous nous souvenons de son long temps de ministère passé à Éphèse et la merveilleuse réaction envers ce ministère (Actes 19 :19). Plus tard, il dit aux anciens qu’il n’a : « mis aucune réserve à vous annoncer tout le conseil de Dieu » (Actes 20 :27). Et lorsqu’il rencontra ces anciens en chemin vers Jérusalem, nous lisons le touchant au revoir exprimé envers eux et comment ils versèrent tous beaucoup de larmes et étaient attristés de son départ. Et maintenant, au plus, sept ans plus tard, il écrit à Timothée que « tous ceux qui sont en Asie, du nombre desquels sont Phygelle et Hermogène, se sont détournés de moi. » (1 Timothée 1 :15). Si Paul est mort (par exécution) pendant l’année 67 et que Jean ait écrit l’Apocalypse pendant l’année 95 (comme cela est cru par la plupart), alors en moins de trente ans un très grand changement avait pris place à Éphèse : « Mais j'ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour … Souviens-toi donc d'où tu es déchu » (Apocalypse 2 :1-7). Le ministère triomphant de Paul, son départ en tristesse ; et maintenant Paul répudié, discrédité ou abandonné. Et néanmoins, cette lettre a été préservée divinement et a été une bénédiction à une quantité innombrable de croyants à travers les siècles !
   
                    Mais qu’en est-il de la suite de l’histoire ? A travers tous ces siècles, à quel degré a t-il existé, dans ce monde, une représentation et une expression de l’Église comme nous l’avons décrite dans Éphésiens ? Où peut-on, aujourd’hui, trouver une telle expression ? Il semble qu’en ces temps de fin et de petitesse, les chrétiens sont impliqués dans un combat pour l’unité, pour l’efficacité, pour obtenir une ascendance spirituelle ! Tout ce qui est précieux au Seigneur est âprement attaqué, il en résulte que la communion et la plénitude en sont trop souvent troublées. Il est évident que lorsque Paul écrivit ses dernières lettres, celles à Timothée, il naissait un mouvement vers ce qui est maintenant devenu général : l’Église institutionnelle, ayant une forme mais sans la vie organique. Avec tous les livres qui ont été écrit sur « Éphésiens », et en tenant compte de toutes les louanges exprimées envers cette lettre « le plus grand document qui n’ai jamais été écrit » ; avec toutes les éloges qui lui ont été adressées comme étant la plus grande révélation de l’Église, où peut-on trouver quelque chose s’approchant de sa réalité ?
   
                    Les questions qui nous font face dans cette lettre sont : Est-ce simplement idéaliste ? Devons-nous dire, par rapport à cette épître, ce que G. Campbell-Morgan a dit regardant le temple d’Ézéchiel : « C’est juste ce que Dieu aurait eu si Sa volonté prévalait » ? Ou encore : Cette Église que nous voyons dans « Éphésiens » est-elle pour le futur, dans le « siècle des siècles », une expression souvent utilisée par Paul ? Dans ce cas est-il futile d’œuvrer et d’espérer pour une telle chose aujourd’hui ? Devons-nous accepter la théorie de « la ruine totale de l’Église » ? D’une façon globale, en considérant toutes merveilles et les gloires des débuts de l’histoire chrétienne, y a t-il jamais eu quelque chose de totalement semblable à cette lettre ? Êtes-vous choqué par ces questions ? Pensez-vous qu’il ne s’agisse, après tout, que d’une comparaison plus ou moins approximative ? Cette attitude ne peut satisfaire ceux qui on pris position pour la révélation de cette épître aux Éphésiens.
   
                    Aussi, y a t-il une autre réponse ? La réponse tient-elle du fait qu’il y ait une certaine incompréhension, une approche inadéquate envers cette lettre ? C’est ici que nous touchons, non pas uniquement la réponse à nos questions préoccupantes, mais à ce qui nous amène dans le domaine des immenses valeurs et implications spirituelles de la révélation contenue dans cette lettre. Mais qu’il n’y ait aucun malentendu ici : Ce sera le plus grand défi et la plus grande épreuve pour la chrétienté et la foi chrétienne, et en même temps une implication dans un réel conflit avec toutes les forces cosmiques qui ont combattues si âprement contre la véritable compréhension de cette révélation divine !
   
                    Loin d’être seulement idéaliste ou mystique, nous allons voir en progressant qu’il s’agit d’un document intensément réaliste. Il y a une ou deux choses que nous devons reconnaître avant d’en arriver à considérer sa réponse aux objections mentionnées.

L’Exhaustivité de l’Épître aux Éphésiens
 
                    Il ne s’agit pas d’une présentation nouvelle ou différente de la vérité, mais d’une incorporation exhaustive de tout l’enseignement du Nouveau Testament. Nous y avons les quatre évangiles (voyez les précédents chapitres). L’épître aux Romains y est aussi, car la mise à l’écart totale du premier Adam est implicite ici. Les épîtres aux Corinthiens y sont également, car « l’homme spirituel » s’impose, alors que « l’homme naturel » corromprait tout ce qui s’y trouve. L’épître aux Galates y est tout autant, car il ne peut y avoir ici aucun compromis, aucune demi-mesure, aucune perversion, aucune contradiction etc. 
   
                    Ayant démontré ceci, procédons en considérant quatre aspects qui supportent la présente validité de cette épître aux Éphésiens.

La Perspective de l’Épître aux Éphésiens
   
                    Cet aspect peut se démontrer être une épreuve, un test et une révolution dans l’histoire de l’Église. La perspective détermine, sans aucun doute, toutes choses. Cinq fois dans cette lettre nous trouvons le mot « céleste » (1 :3, 20 ; 2 :6 ; 3 :10 ; 6 :12), se référant respectivement aux bénédictions dont nous jouissons, à l’exaltation de Christ, à la notre position, à la vocation de l’Église et au combat de l’Église. Tout est vu d’en haut, mais cette « hauteur » n’est pas limitée à une location. Elle veut dire une autre façon, d’estimer les choses, de les définir, de les juger. C’est une différente prédisposition que celle qui est d’ici-bas. A ce sujet Dieu déclare : 

« Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Éternel: car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. » 
(Esaïe 55 :8-9). 

                    Ainsi, il nous devient nécessaire d’être amené à la position où nous voyons ce que Dieu recherche et ce à quoi Il regarde ; ce qui est totalement différent de notre propre état d’esprit. Là est la clef de tout, et c’est, comme nous l’avons dit, très révolutionnaire. Notre prédisposition concernant l’Église est presque entièrement, si non totalement terrestre.
   
                     Que cherchons-nous et à quoi regardons-nous à cet égard ? Passons au crible, du plus grand au plus petit, ce qui s’appelle « l’Église ». Est-ce une Église nationale, qu’elle soit Catholique romaine, Anglicane, Orthodoxe, Réformée, etc? Est-ce une Église confessionnelle, Méthodiste, Baptiste, Épiscopale, Luthérienne, Presbytérienne, Indépendante etc. ? Est-ce une Église « Libre » ou « d’État », Non-Confessionnelle, Inter-Confessionnelle ? Est-ce une Église « Large » ou « Étroite » ? Est-ce une Église ayant certaines caractéristiques particulières et ayant des techniques de pratique, de formes, de comportements ? Est-ce une ou des « églises du Nouveau Testament », comprenant certaines choses tirées du Nouveau Testament contribuant à sa constitution ? Est-ce une cathédrale, ou bien un édifice, qu’il soit grand ou petit ? Est-ce un lieu quelconque, qu’il soit simple, ordinaire ou décoré ? Dieu regarde- t-Il des « Cieux », fixant Son attention sur, et recherchant « n’importe laquelle de ces choses ? Est-ce ce qu’Il désire ? Ces choses l’intéressent-Il vraiment ? Est-Il impressionné par ces fastes et ces parures, avec toutes leurs processions d’ostentations et d’exhibitions ? Est-ce que nos vêtements et accessoires, et autres vêtements de cérémonie ecclésiastiques et religieux impressionnent le Tout-Puissant?   Regarde t-Il à ces choses avec admiration et émerveillement ? Les voit-Il du tout, ou bien ignore les t-Il ? S’Il les regarde, ne serait-ce pas avec dédain ou bien même avec amusement ? Pauvres petites gens jouant à l’église et à d’autres choses semblables, comme Jésus le dit :

« Mais à qui comparerai-je cette génération? Elle est semblable à de petits enfants assis dans les marchés, et criant à leurs compagnons, et disant: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé; nous vous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés » !

Il y a t-il une seule de ces choses, ou toutes, qui attire l’œil de « Celui qui habite dans les cieux » ? (Psaume 2 :4).
   
                   Tout ce qui précède, ou une partie seulement, peut-être notre façon de voir l’Église, mais cela est une vue tout à fait terrestre ! Si nous avions la perspective des cieux, combien tout cela nous semblerait absurde. Comme toutes les choses les plus grandes de la terre, que ce soit des gens ou bien des montagnes, sont toutes pareilles lorsque nous les observons d’une position aérienne, ainsi les choses qui semblent si importantes à l’homme perdent leurs importances lorsque nous regardons les choses du point de vue des critères de Dieu.

Le Verdict de l’Histoire
   
                    Le verdict de l’histoire démontre clairement que Dieu ne S’attache pas, ni ne préserve les choses sur cette terre en elles-mêmes. Le poète Tennyson a écrit :

« Nos petits systèmes ont leurs temps ; Ils ont leurs temps et ils cessent d’être. »

                     Paul dit : « les choses qui se voient sont pour un temps » (2 Corinthiens 4 :18). Le verdict de l’histoire sur les choses qui ont cessées de remplir le but essentiel de leur existence, quelque soit la grandeur avec laquelle elles servaient le propos divin en leur temps, est que Dieu les a délaissées et soit elles ont été détruites ou abandonnées. Il en a été ainsi avec le Tabernacle à Shilo, du Temple à Jérusalem, des « assemblées » en Asie, et de beaucoup d’autres choses et lieux. Rien n’est sacré pour Dieu si Son intention divine n’est pas accomplie. Le monde et l’histoire sont parsemés de telles reliques : la désolation, l’abandon, la mort, la froideur déclarent le désintéressement de Dieu. Les hommes s’efforcent à préserver les choses, essaient de vivre dans le passé, mais la responsabilité leur incombe, et la limite du support de Dieu les usera doucement mais sûrement ; à moins que l’intention divine ne soit recouvrée. Le Mur des Lamentations à Jérusalem est un symbole du verdict de l’histoire, et des siècles de larmes en prouvent le rejet par Dieu. Tout ceci est bien triste et tragique, et en retenant la leçon, nous aspirons à nous en éloigner, et à en arriver à la réponse. Demandons-nous encore :

Quel A Été le Point de Mire des Cieux à Travers les Âges?
   
                    Nous avons vu que l’épître aux Éphésiens, (appelée ainsi bien qu’elle était une circulaire), rassemble tous les âges d’éternité en éternité. Son étendue va de « avant la fondation du monde (1 :4) au « siècle des siècles » (3 :21). Mais quel le point de mire de cette lettre dans ce contexte éternel ? Nous ne pouvons le manquer. Une phrase le déclare pleinement :

« à lui gloire dans l'assemblée dans le Christ Jésus,  pour toutes les générations du siècle des siècles! »

                    Nous devons lire cette lettre, ce que nous pouvons faire en quelques minutes, avec pour but d’y voir la place qu’y tient Christ et les allusions qui Lui sont faites. (Nous pourrions ajouter ici la lecture de l’épître aux Colossiens.)
 
                        Cette lettre remonte au-delà de la Genèse, et inclut la Genèse. Dans les deux livres une Personne est introduite, et cette Personne n’est plus jamais perdue de vue. Par des personnages, des types, des symboles, des prophéties et une multitude d’autres moyens ; dans des fêtes et des ordonnances, cette unique Personne est toujours présente, soit cachée ou révélée ! De Son Nom Il est le Messie, l’Oint, le Christos. Toutes les onctions pointent vers Lui. Il est le point de mire des siècles et des éternités. Que recherchent les Cieux et à quoi regardent-ils exclusivement? Uniquement ce qui est en essence cette Personne. Dorénavant plus de symboles, de figures, de types, de représentations, mais la réalité, la substance ! Non pas « l’Église » comme quelque chose d’objectif ! Non pas le Royaume des cieux en tant que lieu et objet de perception ! « Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à attirer l'attention » (Luc 17 :20). C’est un erreur de penser et de parler de l’Église sans vouloir dire Christ Lui-même, ce ne sont pas des sujets ni des objets ! Ils sont un. L’Église est Son Corps, Sa femme, ils sont « une seule chair » (5 :31). C’est cela Éphésiens. Il est tout aussi erroné de parler et de penser du Royaume des cieux et de pas vouloir dire le Seigneur Lui-même. Ils sont la même chose. Dans les Évangiles ils sont unis. Le Messie est présenté comme étant et le Roi et le Royaume. La nature même du Royaume correspond à celle du « Fils de l’homme ». L’Un et l’autre sont des cieux.
   
                    Tout ceci, et tout ce que ces choses impliquaient, furent une absolue révolution quand à la conception messianique.
 
                    Comment cela répond t-il aux énormes questions que nous nous posions au début, par rapport à cette épître aux Éphésiens ? Cette lettre nous répond ainsi. Ce que Dieu et les Cieux recherchent et regardent n’est pas quelque chose appelée l’Église, ce n’est pas non plus des assemblées locales en tant que telles. Dieu et les Cieux recherchent Christ, ce qui est de Sa nature, Sa nature céleste ; en esprit et en vérité ; ce qui est de la vie éternelle, en conduite et en comportement, en vertu et en caractère, en influence et en impression ; et en victoire sur le péché, sur Satan et sur le monde. Ce n’est absolument pas quelque chose de local en termes géographiques, mais plutôt : « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis  au milieu d'eux. » Et ceci, peut-être sur un navire ou dans un avion, qui ne peuvent, ni l’un ni l’autre, être fixé dans une localité. Christ peut être à Éphèse ou à Laodicée, ou à n’importe quel autre endroit, mais c’est le Christ qui définit l’assemblée et non pas la localité ! Christ peut être dans la congrégation, la dénomination, alors que, aucunes d’elles – dans leur totalité – n’est peut-être en Christ. Nous Le recherchons. Nous nous rassemblons en Son Nom. Il est le terrain, c’est sur Lui que nous nous assemblons.
 
                    Il y a énormément de choses dans la « Chrétienté » envers lesquelles nous avons délibérément fermé nos yeux, et que « désormais, nous ne connaissons [plus] selon la chair », alors même que nous cherchons ce qui de Christ dans les personnes. « Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ ». Si nous ne pouvons Le trouver, alors il n’y a pas de communion céleste.
   
                    Combien je suis conscient que beaucoup de questions seront suscitées par ce qui vient d’être dit, et il est probable que la plus épineuse d’entre elles concerne notre rassemblement, et ce qui est devenu le problème des assemblées locales. La procédure employée par les hommes à été de partir de l’extérieur ou d’un point plus ou moins avancé de la chrétienté ; et ceci afin de former une église ou des églises. Les noms varient : églises, assemblées, congrégations, réunions, etc. Une certaine structure, qu’elle soit une doctrine, un credo, une pratique ou bien une habitude, a été conçu ; souvent avec un plus ou moins grand degré d’autorité scripturaire ; parfois en lisant  dans les Écritures une interprétation ou une signification qui ne s’y trouve pas vraiment en vérité. Parfois il y a une partie de la vérité, et ainsi il s’agit d’un certain aspect de la vérité sur lequel tout s’appuie. Les raisons et les causes des nombreux groupes, communautés ou compagnies sont aussi nombreuses que toutes ces entités. Trop souvent il s’agit de quelque chose «formé » par les hommes, et quelque chose qu’ils décident de faire. De parler ainsi c’est toucher à la racine de la plupart des problèmes de la foi chrétienne. Mais abordons ce sujet positivement.
   
                    Nous sommes enseignés par l’épître aux Éphésiens et que nous dit-elle ? Nous avons vu que l’Église est Christ, et que toutes ses parties le sont de Son Corps. Est-ce vrai ? Croyons-nous ceci ? Non pas qu’Il n’est pas d’existence personnelle en dehors de Son Corps, mais Il est le caractère même du Corps, et seule la mort peut séparer les deux. Si cette identification avec Christ est vraie spirituellement, comme l’enseigne le Nouveau Testament, nous devons alors nous demander : Comment Christ est-Il apparu ? Est-Il apparu comme un homme mature? A t-Il été fait de mains ? A t-Il été assemblé comme une entité composée de plusieurs éléments ? Est-ce que quelqu’un ou un groupe de personnes, a t-il eu des idées concernant ce qu’Il devait être en s’attachant ensuite à œuvrer afin de donner une forme à ces idées ? Peut-être souriez-vous, ou bien êtes-vous scandalisé que de telles questions soient posées. Mais n’est-ce pas là l’expression prédominante de la mentalité générale en ce qui concerne l’Église et les églises ? Mais, comment Christ est-Il arrivé dans ce monde ? N’est-ce pas simplement en naissant ? Il y avait une Semence (et ceci est un mot biblique  Le concernant à partir de la Genèse), et cette « Semence » contenait la vie dans laquelle se trouvait toute la nature, le caractère, la capacité, la forme, le propos et la destinée de cette Entité. La Semence est née, et pour se reproduire fut « plantée » : elle tomba en terre et mourut (Jean 12 :24). L’Église est le fruit de cette Semence, contenant la même vie et le même potentiel. La vraie Église – où qu’elle se trouve - doit suivre l’histoire de Christ spirituellement. Elle doit naître, elle est ce « qui n’est pas fait de main ». Dieu « n'habite pas dans des temples faits de main » – une déclaration pour laquelle Etienne perdit la vie. L’Église doit être suscitée par Dieu, née de l’Esprit Saint, circoncis de cœur, baptisée dans la mort, ressuscitée avec Christ, oint pour le service, conduite dans le conflit spirituel, et jointe à Lui sur le fondement céleste. C’est Christ, toujours et partout ! Là est le message d’ « Éphésiens ». Mais il nous reste à dire une chose.

La Base de Tout
 
                    Cette lettre aux Éphésiens est une sorte de culmination, de résumé. La succession  spirituelle est correcte, même si la chronologie de l’est pas. La croix demeure centrale, universelle et suprême. Dans cette lettre, l’Église en tant que le Christ exprimé corporativement, se tient sur la base toute entière de la croix. Il ne s’agit pas d’une croix personnelle, de la croix de l’histoire, mais de la croix cosmique, éternelle. Dans ce domaine céleste, Christ – par Sa croix – a dépouillé les principautés et les autorités (Colossiens 2 :15) et « a emmené captive la captivité » (Éphésiens 4 :8), et par Sa victoire Il a placé Son Église au dessus de toutes choses. Mais ceci est inclus dans Romains, Corinthiens et Galates. Voyez ce que signifie la croix dans ces situations, rassemblez ces choses et vous avez « Éphésiens»
   
                    Notre « terrain de l’église » doit être Christ, uniquement Christ, et ceci doit tout décider et doit être la réponse à tous nos problèmes « d’église ». Mais empressons nous de dire que cette épître nous montre combien sont grandes les valeurs d’une expression corporative de Christ où qu’elle soit. Ces valeurs affectent le croyant individuel et le monde qui nous entoure. Les sujets suivants sont liés à cette présence de Christ dans Son Corps : la protection et la couverture ; l’édification et la maturité ; l’ensemencement et le fondement spirituels ; le service et le ministère mutuels ; un témoignage et un impact dans les domaines d’intelligences sataniques et angéliques. Tout ceci est dans cette lettre et est directement lié à une véritable expression de Christ. Si nous demandons : « Une telle expression peut-elle être ? », notre réponse est : « Oui, si pas en perfection et en plénitude, elle peut l’être au moins dans une vraie mesure. » Les temps utilisés dans Éphésiens peuvent nous aider. Le passé : « alors même que nous étions morts dans nos fautes, il nous a vivifiés   ensemble avec le Christ », ceci était au début. Il y a beaucoup de choses qui sont rétrospectives par rapport à leur histoire spirituelle. Le présent – le présent continu –, le plus gros de la lettre concerne la croissance, l’édification : « jusqu'à ce que nous parvenions … à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ ». Le futur : « afin que lui se présentât l'assemblée à lui-même, glorieuse », « gloire dans l'assemblée … au siècle des siècles! »
 
                     Notons bien ceci : Le critère éternel et présent, ou la preuve de « l’Église », qu’elle soit universelle ou locale, c’est la présence de Christ. Y est-Il trouvé ? Si nous sommes dans l’Esprit, peut-on Le rencontrer, et vraiment dire : « Le Seigneur était présent aujourd’hui ! » ? La présence de Christ détermine s’il s’agit bien d’une vraie assemblée. La mesure de Christ déterminera, non pas une relation de base, mais la mesure de la communion, la mutualité spirituelle spontanée.

La position : une position, non pas terrestre, mais céleste.
La focalisation : « Christ – tout et en tous ».
Le fondement : la croix, initiale et continue.
La dynamique : « la puissance qui opère en nous ».

à suivre......


samedi 8 juillet 2017

(9) La Mission, la Signification et le Message de Jésus Christ Chapitre Neuf - DANS L’Épître AUX GALATES - par T. Austin-Sparks

Chapitre Un - DANS L'ÉVANGILE SELON MATTHIEU  
Chapitre Deux - DANS L'ÉVANGILE SELON MARC 
Chapitre Trois DANS L’ÉVANGILE SELON LUC 
Chapitre Quatre - DANS L'ÉVANGILE SELON JEAN 
Chapitre Cinq DANS LE LIVRE DES ACTES 
Chapitre Six DANS L’ÉPÎTRE AUX ROMAINS 
Chapitre Sept - DANS LES Épîtres AUX CORINTHIENS 
Chapitre Huit - DANS LES Épîtres AUX CORINTHIENS
Chapitre Neuf - DANS L’Épître AUX  GALATES
Chapitre Dix - DANS L’Épître AUX  EPHESIENS
Chapitre Onze - Dans l’Épître aux  PHILIPPIENS
Chapitre Douze - DANS L’Épître AUX  COLOSSIENS

Chapitre Neuf - DANS L’Épître AUX GALATES

                  La familiarité que nous avons avec cette partie du Nouveau Testament a résulté, comme cela est le cas avec beaucoup de choses, en la perte de l’impact énorme qu’elle eu lorsqu’elle fut écrite, lue et circulée. En sa nature, en son objet et en sa nécessité il n’y a rien dans la Bible de plus contemporain et qui ne soit plus approprié au besoin de la chrétienté. Cette épître à été résumée à une doctrine, bien qu’elle soit une doctrine fondamentale, et elle est maintenant décrite en une phrase ; alors qu’en fait elle est un tremblement de terre, une révolution, un cataclysme. En méditant sur cette lettre, beaucoup d’illustrations vivantes me vinrent à l’esprit.
   
                    J’ai vu un homme appelé Shamma se tenant dans un champ de lentilles, et, seul, combattre les Philistins avec son épée jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un seul pour le défier. J’ai vu les hordes de Philistins menaçant Israël et se couvrir derrière le géant Goliath qui, jour après jour, instaurait la peur dans les cœurs des hommes d’Israël. Puis David, le jeune homme, décidant que cela avait duré suffisamment longtemps, et qu’il était temps de solutionner la situation, et en le faisant mis en déroute toute l’armée des Philistins.
 
                     Puis, pour en arriver à une période beaucoup plus récente, j’ai vu cette réunion à Runnymede avec les barons et le roi Jean sans Terre assis, une plume à la main et le visage rebelle, alors que les barons avaient décidé que le long régime d’injustice devait maintenant cessé et qu’une nouvelle charte doit être signée une fois pour toute. Il n’y avait alors plus d’échappatoire pour le monarque.
   
                       Ces épisodes et évènements s’accordent si bien avec la lettre qui est maintenant devant nous. Une campagne de fausse interprétation de la foi chrétienne a suivi Paul dans tous les lieux où il est allé. Lui, le plus patient et le plus accommodant des serviteurs de Jésus Christ, a supporté longtemps et humblement les attaques portées à son encontre ; contre son caractère, ses qualifications, son intégrité ; mais cela avait atteint le point où la nature même et la véracité de la foi chrétienne était en train d’être changées. A ce point là, l’indulgence atteignit ses limites et ce Shamma du Nouveau Testament sortit son épée et dit : « Cela a assez duré, le jour de rendre des comptes est arrivé. » Le feu dans ses os était devenu des plus ardent. Des paroles enflammées sortaient de sa bouche : « Mais quand nous-mêmes, ou quand un ange venu du ciel vous évangéliserait outre ce que nous vous avons évangélisé, qu'il soit anathème. » Ce jour là, son épée se souda à sa main et il combattit à la mort les Judaïseurs incirconcis de cœur de toutes les époques.
   
                    Mais lorsque nous avons dit cela, et nous pourrions en dire beaucoup plus, il nous reste encore à couvrir le véritable sujet en question, et le conflit qui sévissait alors. Nous nous devons de nous interroger sur ce qui était, et ce qui est, vraiment menacé. Beaucoup d’autres questions en relation à cela doivent avoir leurs réponses, mais ce qui couvre tout, ce qui gouverne toutes ces questions n’est rien d’autre que:

La Véritable Nature de la Foi Chrétienne
   
                    Là était, et a toujours été, la réelle et véritable nature de la mission, de la signification et du message de Jésus Christ. Pourquoi est-Il vraiment venu ? Quelle est la signification de Sa Personne ? Et Quel est Son Message ?
   
                    Permettez-moi ici d’ouvrir un parenthèse. Alors que ce ministère est pour tout le peuple de Dieu, je sais que beaucoup de lecteurs sont des serviteurs de Dieu tenant des positions de responsabilité et d’influence. A ceux-ci, j’adresse ce message d’une façon particulièrement solennelle. Mes frères, vous êtes sans doute conscients qu’il y a dans ce monde une invasion sérieuse et vicieuse d’esprits de confusion ; et rien n’y échappe. Alors que cela est vrai des nations et des fédérations de nations, cela l'est encore plus de la chrétienté. De la plus large chrétienté, au cercles évangéliques, et encore au plus sincères croyants, et à n’importe quel serviteur de Dieu qui Lui est précieux, il y a une implication dans ce qui est compliqué et dans la perplexité jusqu’à un degré paralysant. Des mouvements, enseignements et pratiques nouveaux, exotiques, bizarres, extrêmes, particuliers, hors du commun, anormaux et singuliers se succèdent rapidement et beaucoup parmi le peuple de Dieu sont influencés par ces choses ; et finissent dans la désillusion et le cynisme. Une grande perplexité remplit l’atmosphère, et à cause de cela, la chrétienté est discréditée. Ainsi, il devient impératif que les responsables et influents sachent où ils en sont et qu’ils soient consacrés à démontrer au peuple de Dieu ce qu’est vraiment la foi chrétienne. Nous recherchons ici à faire une petite contribution à un tel service.
   
                    Pour en revenir à notre épître aux Galates, nous cherchons à voir ce qu’elle a à nous dire en guise de réponse à notre réponse principale : Qu’est-ce que la foi chrétienne ? Il y a des questions subsidiaires qui conduisent à la réponse. La foi chrétienne supplante-t-elle, continue-t-elle, ou est-elle une adaptation du système et de l’économie des rituels, de l’ordre sacramental et cérémonial, des ordonnances, des protocoles vestimentaires de l'Ancien Testament ? Est-elle une reproduction mystique de l’économie de l'Ancien Testament ? C’est à dire, la préservation des rituels et cérémonials tout en leur attribuant une signification spirituelle ou mystique, de manière à ce qu’on puisse dire : « Bien sur ce n’est pas la chose même, mais c’est ce qu’elle implique » ? Ce ainsi que parlent et enseignent les promoteurs des sacramentaux, ainsi que beaucoup de chrétiens évangéliques. Mais une vertu est en fait rattachée aux moyens employés. En outre, la foi chrétienne est-elle une idéologie, c’est à dire un système d’idées ; le résultat de l’activité mentale et intellectuelle de pensées religieuses ? En d’autres termes, est-elle une philosophie concernant Dieu, l’homme et sa destinée, le bien et le mal, et le comportement humain ? Est-ce un système de règlements, de lois, de préceptes, de décrets, de statuts techniques, de points utiles ? Est-ce un autre système de « tu feras » et « tu ne feras point » ? Est-elle une tradition, une succession  historique, un héritage ou une hérédité ?
 
                    A toutes ces questions, et à toutes les autres, la lettre aux Galates et tout le Nouveau Testament disent – ou plutôt crient – un « NON ! » catégorique et final. N’importe lequel de ces points, ou tous ensembles, formeraient ce que l’apôtre appelle ici « un autre évangile », et il dit à ce propos, même si (supposant que cela soit possible) « un ange des cieux » annonçait cette chose, que cet ange soit anathème ! Il ne peut y avoir aucun compromis ici. L’épée est sortie et ces « Philistins », mentionnés et décrits ci-dessus, doivent être retranchés sans pitié. Après tout, Paul n’est pas plus véhément que ne l’était son divin Maître lorsqu’Il faisait face à ceux qui dévoyaient ceux qui cherchaient après la vérité de Dieu et qui les embrouillaient quand à cette même vérité en la déformant.
   
                    Quelle est donc la réponse ? Cette lettre devant nous a bien justement été appelée « La Magna Carta de la foi chrétienne », en une brève déclaration de doctrine : « la justification par la foi. » Bien sur cela est fondamental à la chrétienté, mais nous devons aller plus loin. Nous croyons cela avec toutes les capacités qui sont les nôtres, mais lorsque nous l’avons dit, avons-nous vraiment défini ce qui compose et constitue la foi ? La justification par la foi peut être une doctrine théologienne, un credo, un concept merveilleux. Regardez dans cette lettre et voyez la chose même qui conduisit l’apôtre à prendre sa position. Il fonde tout de sa foi chrétienne, son salut, sa vie, son ministère, son endurance, et son espérance éternelle, sur une seule chose. Et ceci est déclaré comme étant la base de toute la lettre : « Mais quand il plut à Dieu, qui m'a mis à part dès le ventre de ma mère et qui m'a appelé par sa grâce, de révéler son Fils en moi… » (1 :15-16) , ou encore pour citer une autre traduction : « Mais quand c’a été le bon plaisir de Dieu qui m’avait choisi dès le ventre de ma mère, et qui m’a appelé par sa grâce, de révéler son Fils en moi… » Quelle est donc la réponse ?

La Révélation Intérieure du Fils de Dieu
   
                    Ceci est un sujet constant à travers toute l’épître en relation avec des sujets variés, comme il en est de même à travers toutes les lettres de Paul. Il dit : « Christ vit en moi. » Il met l’accent sur le changement intérieur par rapport à ce qui est extérieur, sur l’aspect subjectif par rapport à l’aspect objectif, en ce qui concerne la Loi, l’alliance, l’esprit d’adoption, etc. Tout, maintenant, émane de Christ résidant en lui par l’Esprit Saint, et en cela est la signification de ce qu’il veut dire sur la liberté spirituelle. Il est parvenu à la signification des paroles du Seigneur : « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » (Jean 8 : 36), libéré par la vie et la puissance du Christ  intérieur ! L’esprit d’adoption en nous, le fait que nous sommes fils de Dieu, est la foi chrétienne, rien d’autre ne l’est ! Dieu a révélé Son Fils en nous. Aussi, nous devons demander : Qu’a vu Paul initialement, lorsqu’il eu cette révélation, et quels en ont été les effets ?
   
                    Bien entendu, tout ce que nous avons de la plume de cet apôtre était par révélation, mais dans cette lettre nous avons ce qui était fondamental à tout le reste. Je dois, néanmoins, m’arrêter pour mettre l’accent sur une chose. Paul fait des efforts pour insister sur le fait que cette connaissance du Fils de Dieu, qui valide la foi chrétienne pour lui, était personnelle, directe et indépendante. Il dit : « l'évangile qui a été annoncé par moi n'est pas selon l'homme. Car moi, je ne l'ai pas reçu de l'homme non plus, ni appris, mais par la révélation de Jésus Christ. » (1 :11-12) C’est cela la vraie foi chrétienne. Quelque soit l’instrument ou le moyen utilisé par Dieu, ces intermédiaires ne pourront jamais impartir Christ, mettre Christ en nous, accomplir le miracle de redonner la faculté de voir à l’aveugle. Ce ne peut être que, accompli par l’Esprit de Dieu de sorte que nous nous exclamons émerveillés : « Je vois ! » A part cela, notre foi chrétienne est, au mieux, quelque chose de seconde main et d’objectif. L’accent du vrai enseignant doit être mis sur cette connaissance personnelle du Saint Esprit comme Seigneur intérieurement. Tôt ou tard la chrétienté sera mise à l’épreuve sur ce fondement et sur ce sujet qui inclus tout.
   
                    Nous pouvons maintenant nous demander ce que Paul a vu à l’occasion à laquelle il fait référence. Qu’a t-il vu du Fils de Dieu ? La pleine réponse demande à ce que nous retournions à cet incident sur la route de Damas, mais que nous montre cette lettre particulière ? La réponse est résumée en une seule phrase : la croix. Ses trois référence à la croix dans son épître aux Galates se rapportent à trois choses distinctes : 

« Je suis crucifié avec Christ » (2 :20)

« Or ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises » (5 :24)

« Mais qu'il ne m'arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m'est crucifié, et moi au monde. » (6 :14)

Les trois aspects sont :

1 Personnel – « Je suis crucifié avec Christ »
2 La vie de l’empire de la chair - « Or ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises »
3. Le monde - « Mais qu'il ne m'arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m'est crucifié, et moi au monde. »

                    La croix sous ces trois aspects est la foi chrétienne. Nous ne pouvons cesser d’être surpris de voir que l’homme qui aurait traîné volontiers et véhémentement Jésus de Nazareth à la crucifixion est arrivé à voir qu’il allait lui-même être crucifié ; et maintenant il se glorifie dans cette croix pour d’autres raisons. Il n’est donc pas étonnant qu’il dise : «qui m’a appelé par sa grâce ».
   
                     Comment cela nous parle t-il ? Cela nous dit clairement et puissamment que la véritable  foi chrétienne découle d’une expérience dévastatrice de la croix. De voir Christ, le Fils de Dieu crucifié, est nous voir nous-mêmes transpercés et réduits à néant. Tôt ou tard cette expérience doit être vécue, si notre vie chrétienne doit devenir une expression du Christ crucifié, ressuscité et exalté demeurant en nous. Le vrai chrétien et la véritable Église sont une personne et une communauté crucifiées !
   
                    Quel était le résultat de cette révélation de « son Fils en moi » ? Cela pourvu à Paul une nouvelle dimension et un nouvel horizon. Cela marquait la fin d’une histoire et le début d’une autre. Auparavant la croix était une offense intolérable, elle devint plus tard la puissance et la sagesse de Dieu. La croix était le point de rencontre de deux histoires : l’une était amenée à la fin, pour l’autre c’était le commencement. L’histoire précédente s’est prouvée être fausse, la nouvelle est la vraie. Cette lettre dit qu’un Israël est arrivé à la fin, et qu’un nouvel « Israël de Dieu » est né. Qu’une Jérusalem « ici-bas » n’est plus la vraie (si elle ne l’a jamais été) et que « la Jérusalem d’en haut » l’a remplacée. L’ancienne histoire était fondée sur un nouveau siècle visualisé et centré sur les institutions d’Israël, sur Jérusalem, le temple, la loi, le sabbat. La nouvelle histoire est fondée sur l’inimitié de tout ceci, démontré dans la croix et maintenant centrée en une nation spirituelle, une Jérusalem céleste, un temple saint et céleste « pas fait de main », une loi « de l'Esprit de vie dans le Christ Jésus », et un « repos sabbatique » réservé pour le nouveau peuple. Voilà la foi chrétienne selon le Nouveau Testament, et la révélation intérieure du fils de Dieu.
   
                     Résumons. Nous reconnaissons pleinement que la véritable occasion de cette lettre était – et est – le vrai fondement de la juste position de l’homme face à Dieu, et que cette vérité est débattue ici de façon concluante. Rien ne peut être permis d’interféré avec cela !
   
                    Mais lorsque nous avons reconnu ceci, nous n’avons pas résolu chaque élément pertinent de la situation conflictuelle. Pourquoi, alors que les chrétiens évangéliques ont enraciné et établi cette doctrine dans leur confession de foi et credo fondamentaux, demeure-t-il tant de conflits parmi eux ? Ceci est plus ou moins présent dans l’Église primitive même lorsque ce fondement élémentaire est accepté. En regardant de plus près à la controverse que nous trouvons dans cette lettre, nous voyons qu’il ne s’agissait pas uniquement du fondement, mais aussi de ce qui était édifié sur ce fondement.

                   Tous les apôtres, y compris Pierre et Jacques, n’étaient pas totalement clairs à ce sujet, (voyez 2 :11-14). Il existait une controverse entre les premiers apôtres, non pas sur la doctrine, mais quant à leur position intérieure. Extérieurement et de manière doctorale ils étaient d’accord mais dans le for intérieur de leur constitution religieuse, une circoncision radicale – une incision entre et autour – n’était pas encore consumée. Il y avait toujours une trace de la naissance, de l’éducation, des traditions, d’hérédité, d’héritage. En Paul, qui avait été plus profondément enraciné et plus véhémentement absorbé dans le judaïsme qu’aucun d’entre eux (voyez 1 :11-14), cette incision radicale, cette opération chirurgicale spirituelle, avait été effectuée. Les résidus et les reliques du judaïsme historique et de la religion naturelle d’un côté, et l’émancipation complète – par la croix – de l’autre, étaient en conflit, et la véritable cause était la menace de changer la vraie nature de la foi chrétienne – l’Évangile. C’était une subtile et dangereuse infiltration de mélange, illustrée dans l'Ancien Testament par la prohibition divine de labourer avec un bœuf et un âne sous le même joug, ou de porter un vêtement mélangé de laine et de lin. Paul, de par son expérience profonde de la croix, voyait à travers cette menace sur la pureté de la foi chrétienne, et s’éleva pour « la défense de l’Évangile ».
   
                    Ainsi, nous en arrivons au conflit des âges, non pas seulement entre la Loi et la Grâce, mais entre la véritable nature de la foi chrétienne et les chose qui lui ont été ajoutées. Des gens peuvent être appelés chrétiens alors qu’ils n’ont aucune expérience de la nouvelle naissance, de régénération, de connaissance personnelle, ou d’une marche avec le Seigneur ; et il y en a beaucoup dont le comportement, l’apparence, et les associations ne sont pas uniquement un reniement de Christ, mais une contradiction à la décence ordinaire. L’étendue de ceci va d’une « religion » traditionnelle, vers une mondanité patente, avec divers degrés et nuances.
   
                 Aussi nous concluons en disant que la vraie bataille est pour la véritable nature de la foi chrétienne. L’appel est pour « des hommes qui ont vus le Roi » ; des hommes qui peuvent vraiment dire : « quand il plut à Dieu … de révéler son Fils en moi. » Des hommes qui auront un fardeau du cœur pour la pureté de l’Évangile, et qui paieront le grand prix du témoignage de Jésus. Ce sera au sein même de la « chrétienté » qu’ils rencontreront les forces qui pèsent sur ce prix a payer. Il en a toujours été ainsi.

à suivre.....