Édité et fourni par le Golden Candlestick Trust.
Lecture :
1 Pierre 1,1-9 Pierre, apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui sont étrangers et dispersés dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie, 2 et qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l’Esprit, afin qu’ils deviennent obéissants, et qu’ils participent à l’aspersion du sang de Jésus-Christ : que la grâce et la paix vous soient multipliées ! 3 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, 4 pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux, 5 à vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps ! 6 C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, 7 afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra, 8 lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse, 9 parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi.
Nous remarquons le mouvement, le changement, la transition que marque ce passage, en ce qui concerne les destinataires de la lettre.
Pierre était l’apôtre des Juifs. Cela ne signifie pas qu’il s’adressait exclusivement aux Juifs, car nous savons le contraire. Nous savons que dans la maison de Corneille, après des échanges avec le Seigneur et des réponses du Seigneur à ce sujet, il a exercé son ministère auprès des païens de manière tout à fait libre et ouverte. D’autres indices montrent également qu’il a exercé son ministère auprès des Juifs et des païens. Dans les régions mentionnées au début de cette lettre, il y avait des païens auprès desquels Paul exerçait son ministère, et Pierre a largement parcouru ces mêmes territoires, et même au-delà, dans des lieux que Paul n’avait pas visités, à notre connaissance. Mais Pierre est connu comme l’apôtre de la dispersion, des Juifs dispersés. Cela nous donne un indice sur les éléments qui débutent sa lettre.
« Élus, dispersés au loin »
Plusieurs points toucheraient profondément les judéo-chrétiens. Prenons la seconde partie de la toute première phrase : « …aux élus qui sont des étrangers dispersés ». Poursuivons avec : « élus selon la prescience de Dieu le Père ». Ce mot « élus » toucherait sans aucun doute le cœur des Juifs, car ils n’avaient aucun doute sur le fait d’être les élus, le peuple élu. Mais ici, nous trouvons les élus « dispersés au loin », sans ville propre, sans temple où se recueillir comme autrefois, à l’époque où le temple représentait le centre d’une vie nationale unie ; ils sont dispersés à travers le monde, disséminés sur toute la surface de la terre, et notamment dans les lieux mentionnés.
Ainsi, Pierre élève l'idée d'élection au-delà de la terre, comme le montre le contexte. Ce dont il parle à ces judéo-chrétiens, ce n'est pas du peuple élu d'Israël, mais des élus dont ils font partie (non pas en tant que Juifs, mais en tant que chrétiens). Cette élection se fonde sur la prescience de Dieu le Père, une élection plus grande encore que celle d'Israël, les élus dont Paul parle dans sa lettre aux Éphésiens. Pierre extrait ainsi ces croyants juifs de la situation où ils se trouvent : Juifs, peuple élu, mais dispersés, divisés, sans aucun signe terrestre de leur élection. Ce serait une vision bien maigre si l'élection se limitait à un peuple terrestre, un royaume terrestre et une gloire terrestre. Et c'était bien le cas : ils étaient dispersés au Pont, en Galatie, en Cappadoce, en Asie et en Bithynie.
S'ils sont les élus, il faut chercher ailleurs, et il faut élever sa recherche pour en saisir toute la valeur. Nous partageons donc avec eux l'idée que les véritables élus n'ont ni patrie ni royaume terrestre, ni position, ni honneur, ni gloire ; ils sont des étrangers, non seulement dans ces quelques lieux, mais sur toute la terre, pèlerins et étrangers, et pourtant élus selon la prescience de Dieu le Père.
C'est là notre point de départ, et c'est le premier pas qui transporte une idée familière au-delà du simple cadre temporel et terrestre, pour l'élever.
« Par la sanctification de l’Esprit »
Le second point, étroitement lié au précédent, est l’expression « par la sanctification de l’Esprit ». Le mot « sanctification » était très familier aux Juifs, car il signifie également « consécration ». Nous savons combien leurs Écritures, le livre du Lévitique par exemple, insistent sur l’idée de consécration à Dieu, du peuple mis à part pour Dieu, du peuple saint de Dieu. Ce qui est mis à part pour Dieu est saint. Il ne s’agit pas seulement d’une chose à part, mais d’une chose par nature : la sainteté. L’idée d’être un peuple mis à part, consacré, sanctifié, saint était très familière à la pensée juive.
Or, l’apôtre étend cette notion au-delà du judaïsme, dans un domaine bien plus vaste et bien plus élevé, et dit : « par la sanctification de l’Esprit ». Le Saint-Esprit met à part les élus pour Dieu, les consacre, les sanctifie et les rend saints pour le Seigneur. Comme ils se sentaient à l'aise avec ce mot « sanctification », et pourtant, comme leur condition terrestre le contredisait ! Tout semblait nier, du moins selon leur expérience terrestre, qu'ils étaient le peuple saint de Dieu sur la terre, le saint Israël de Dieu. L'apôtre entre en scène. Toute la lettre vise à les réconforter. C'est une lettre de consolation pour ces enfants de Dieu éprouvés et accablés, et une grande partie de leur épreuve résidait dans la contradiction de leur situation, dans le déni apparent de tout, dû à leur condition.
L'apôtre interprète et explique tout, et élève la réflexion pour affirmer qu'il n'y a pas de déni. Élus ? Oui ! Mais d'une élection plus grande que celle d'Israël. Consacrés, sanctifiés, mis à part ? Oui ! Mais d'une manière bien plus grande que la séparation d'Israël en tant que peuple terrestre.
« À l'obéissance et à l'aspersion du sang de Jésus-Christ »
L'obéissance ? Ils en avaient une vague idée. Leur grand fondateur national avait gravé le mot « obéissance » au plus profond de leur être. L’aspersion du sang ? Ils connaissaient cela. Ces termes étaient familiers à l’esprit juif, mais tout cela est désormais réduit à une chose terrestre, anéantie ; ils sont « dispersés ». L’apôtre s’éloigne donc de l’histoire et du terrestre pour associer cela à Jésus-Christ : « à l’obéissance et à l’aspersion du sang de Jésus-Christ ». C’est bien plus que le sang des taureaux et des boucs.
« Que la grâce et la paix vous soient multipliées ! »
Il aborde maintenant un autre point essentiel qui les touche profondément : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui… nous a engendrés de nouveau pour une espérance vivante… pour un héritage.»
C’est ce point qui les toucherait intensément : « un héritage ». Où sont toutes les promesses faites à nos pères ? Où est l’héritage ? Dispersés, dispersés, étrangers ! En tant que chose terrestre, elle a disparu, mais Dieu est fidèle, Dieu tient Sa promesse, et ce qui est perdu sur terre par le péché, sous la loi, peut être obtenu à une bien plus grande échelle par la grâce, en Christ. Ainsi, il n'y a véritablement aucune perte, mais un gain, lorsque la chose est transférée de la terre au ciel, de Moïse à Christ, de la loi à la grâce, et selon Sa grande miséricorde, il y a un héritage. Quelle différence !
« Incorruptible »
Vous voyez combien chaque mot de ces paroles a dû réconforter ces gens. « Nous n'avons finalement pas perdu notre héritage ! Tout semble terriblement contradictoire, mais nous n'avons pas perdu notre héritage ! Un héritage ? Ce que nous possédions en tant que nation était corruptible, et cela s'est avéré, et cela s'est effondré. »
« Incorruptible »
Pensez à l'héritage souillé d'Israël. Souillé par les Romains, par les païens qui sont entrés dans l'héritage du Seigneur et l'ont souillé. Mais voici un héritage incorruptible et sans souillure, qu'aucun mal ne peut atteindre ni corrompre.
« Qui ne se flétrit point »
C'est ce qui nous unit. C'est la parole de réconfort pour tous ceux qui n'ont rien ici-bas, pour tous ceux dont les perspectives dans ce monde sont sombres, pour ceux qui se trouvent dans une situation où il semble n'y avoir rien. En Christ, tout se trouve. Tout ce qu'Israël a jamais espéré ou reçu en promesse est plus que jamais assuré, transcendé en Christ, et c'est là notre point commun avec tous les croyants : « …qui ne se flétrit point ».
« Réservés au ciel »
Voici le point essentiel : « réservés au ciel », transférés de la terre au ciel.
« Pour vous, qui êtes gardés par la puissance de Dieu grâce à la foi »
Ceci n'est pas seulement une affirmation de vérité, mais cela introduit aussi un élément de défi. Cela affirme d'emblée que le nouvel ordre est un ordre de foi. Tout ce qui a été dit est une question de foi. Le bien de l'élection, le bien de la sanctification, le bien de l'aspersion du Sang, le bien de l'héritage impérissable, tout cela est une question de foi, ou, en un mot, une dispensation de foi est venue, avec les réalités célestes. Cela révèle la vérité quant à la nature de cette dispensation. Cela interpelle.
Ensuite, l'affirmation est la suivante : c'est sur la base de la foi, qui caractérise cette dispensation, que Dieu garde par Sa puissance. Sont-ils désormais exposés, n'étant plus protégés dans leur pays, n'étant plus protégés dans leurs villes, n'étant plus protégés par les montagnes qui entouraient Jérusalem, cette grande fortification naturelle qui leur procurait ce sentiment de sécurité ? Non ! Ils sont maintenant dispersés et exposés au monde et à toutes ses forces hostiles, et subissent toutes les conséquences de cette apparente contradiction. Toutes les promesses se sont effondrées, l'héritage a disparu, tout ce qui leur appartenait en tant que peuple élu a disparu ; pourtant, dans cette nouvelle alliance, tout est en Christ, accessible et jouissance par la foi. Lorsque cette foi devient la loi qui guide leur vie nouvelle en Christ, Dieu devient leur protecteur. Vous pouvez être exposés à tout, mais Dieu vous protège avec puissance. Vous pouvez être n'importe où, mais par la foi en Dieu, vous êtes protégés par Sa puissance.
C'est un grand réconfort de savoir que là où la foi est en Dieu, au milieu de contradictions apparentes sur chaque point de la promesse divine, Dieu protège par sa puissance. « Car vous, qui êtes gardés par la puissance de Dieu, par la foi ! »
« Pour un salut prêt à être révélé dans les derniers temps… afin que la preuve de votre foi… »
L’ordre des choses selon la foi est mis en lumière.
« Plus précieux que l’or périssable… afin d’être trouvé pour la louange et la gloire… lors de la révélation de Jésus-Christ. »
La révélation de Jésus-Christ doit être liée à la phrase précédente : « prêt à être révélé dans les derniers temps ». Les « derniers temps », c’est la révélation de Jésus-Christ, et la révélation de Jésus-Christ est les derniers temps. Le salut est prêt à être révélé. Qu’est-ce que le salut ? Évidemment pas le salut auquel ils sont déjà entrés. Le salut attend-il les derniers temps ? Ne pouvons-nous pas dire que nous avons déjà le salut, que nous sommes dans le salut et que nous sommes sauvés ? Assurément. Alors ce salut doit être quelque chose de plus. Un salut prêt à être révélé.
Il est avant tout nécessaire de reconnaître à nouveau le changement. Tout ce qu’ils avaient en tant qu’Israël était visible. C’était un ordre des choses visible. Maintenant, ils ne voient rien ; « Vous ne le voyez pas » (verset 8). Vous ne voyez rien, mais il est là ! Le fait que vous ne le voyiez pas ne contredit pas l'affirmation qu'Il est là. Il est là, même si vous ne le voyez pas, et Il est prêt à être révélé au dernier moment, lors de la révélation de Jésus-Christ : « Vous l'aimez sans l'avoir vu ; vous croyez en lui, sans le voir maintenant, et vous vous réjouissez… »
« Recevoir le but de votre foi, le salut de vos âmes »
La fin de votre foi est le salut de vos âmes, et vous le recevez maintenant. Il existe trois types de salut. Le premier est le salut que vous recevez le jour où vous croyez en Christ. Le deuxième est celui qui sera révélé à la fin des temps, c'est-à-dire la manifestation dans la gloire avec Christ. Entre ces deux-là, il y a la réception de la fin de notre foi maintenant, le salut de nos âmes. Le salut que vous recevez lorsque vous croyez n'est pas le salut de votre âme. Vous avez peut-être toujours cru cela, mais ce n'est pas le cas dans le sens où Pierre parle du salut de l'âme. Qu'est-ce que le salut de l'âme ? Cela a à voir avec tout ce contexte ;
Voyez ces personnes telles qu’elles sont. Elles sont dans l’épreuve ardente, elles sont dans la fournaise. Pour reprendre une autre métaphore, elles sont en prison ; en un sens, elles ont été jetées dans le cachot. Que ce soit dans le feu, dans les flammes, dans la fournaise ou dans le cachot, deux choses sont possibles dans une telle situation. Soit votre âme s'abandonne à la souffrance et se dit : « Quelle belle épreuve ! Voilà ce que nous recevons pour avoir servi le Seigneur ! » Pensez aux Hébreux dans la fournaise ; fidèles à Dieu, puis jetés dans la fournaise, ils disaient : « Vous voyez ? Voilà comment le Seigneur prend soin de ceux qui lui font confiance ! Voilà comment le Seigneur veille sur ceux qui s'efforcent de lui être fidèles ! » Que se passera-t-il si vous commencez à penser ainsi ? Vous perdrez aussitôt votre âme. Qu'entend-on par perdre son âme ? C'est être exactement le contraire de ce qu'étaient ces hommes dans la fournaise. Ils avaient foi dans le feu. C'était une foi en Dieu, et non dans les circonstances. Si leur foi avait été fondée sur les circonstances, s'ils avaient pensé que tout se déroulait comme on peut s'y attendre en plaçant sa confiance en Dieu, ils auraient été amèrement déçus.
L'homme naturel pense : « Si tu fais confiance à Dieu, il veillera sur toi, aucun mal ne t'arrivera ; tes enfants ne souffriront jamais, aucun malheur ne touchera ta famille ; tes affaires prospéreront, et si ce n'est pas le cas, c'est que tu as un problème ! » Ils pensent que si l'on est fidèle à Dieu, tout ira bien. C'est une foi en Dieu fondée sur les circonstances. Ces hommes ont placé leur foi en Dieu quelles que soient les circonstances, affirmant que leur Dieu était capable de les délivrer, et que, « sinon », leur foi était inébranlable. Quel en fut le résultat ? Ils furent libérés du feu et marchèrent librement. Ils n'étaient pas sous le feu, mais au-dessus. Leurs âmes ne furent pas perdues dans l'épreuve, mais sauvées par la foi.
Prenons l'exemple de la prison et considérons Paul et Silas. Ils avaient eu une vision où un Macédonien leur disait : « Venez nous aider », et, convaincus que Dieu les appelait, ils y allèrent. Ils n'étaient pas arrivés depuis longtemps lorsqu'ils furent lacérés de coups et jetés dans le cachot intérieur, les pieds dans les fers. Leur réaction aurait pu être : « Eh bien, nous nous sommes sans doute trompés de chemin ! Le Seigneur nous a abandonnés ! » Où cela les aurait-il menés ? Leurs âmes se seraient perdues dans cette situation. Mais parce qu'ils croyaient en Dieu, en prison, ils chantaient des louanges à minuit. Leurs âmes furent sauvées par la foi. Ils maîtrisaient la situation, débordant de joie, et il ne s'agissait pas simplement de dire : « On va faire contre mauvaise fortune bon cœur ! Chantons un peu ! » Non ! Le chant jaillissait de l'intérieur. Leurs âmes étaient emplies de louanges.
Avoir une âme est essentiel. Ne pensez pas que vous n'y avez pas droit et que votre âme doit mourir, et ne vous mettez pas à parler de « vie spirituelle ». Avoir une âme est une très bonne chose, pourvu que le Saint-Esprit s'en soit emparé. L'égocentrisme, au sens négatif du terme, se manifeste uniquement par une action naturelle, indépendante de la volonté du Saint-Esprit. Or, une âme guidée par l'Esprit est essentielle. Nos âmes doivent glorifier le Seigneur, et celles de ces hommes étaient emplies de chants. Leurs âmes furent sauvées par la foi. Ils atteignirent le but de leur foi : le salut de leurs âmes. Quel est le but de notre foi ? Le salut de nos âmes. Qu'est-ce que le salut de nos âmes ? C'est une âme invincible, une âme triomphante. À l'inverse, sombrer dans le désespoir. L'âme s'assombrit et s'effondre. Le salut de l'âme, c'est la porter tout entière au travers du feu, dans l'épreuve ardente.
Nous vivons une époque de foi, ce qui nous confronte à des situations similaires à celles vécues par ces personnes : tout, à l’extérieur, contredit l’idée naturelle que si l’on est sincère et fidèle à Dieu, tout ira bien et nous serons épargnés par les difficultés. Autrement dit, Dieu n’intervient pas systématiquement, mais rarement, pour changer nos circonstances et accomplir de grands miracles dans nos vies, pour nous éloigner des problèmes ou les faire disparaître. Il le fait très rarement. L’expérience de Son peuple est que Dieu n’intervient pas pour supprimer tous nos problèmes lorsque nous le Lui demandons, ni pour changer notre situation ; au contraire, Il permet que les épreuves persistent, que les difficultés se prolongent, et tout cela constitue une véritable épreuve.
Allons-nous en conclure que, parce que le Seigneur n’intervient pas pour changer les situations, lever les difficultés, remettre les choses en ordre et nous donner tout ce que nous désirons, tout va mal ? Bien sûr, nous savons qu'il y a des erreurs quelque part, mais allons-nous pour autant croire que la fidélité à Dieu doit se traduire par le règlement de tous les problèmes et la résolution de toutes les difficultés de notre vie, et par le dénouement de tous les nœuds, pour ensuite avancer droit devant nous sans rien accomplir de tel ? Si nous arrivons à cette conclusion, notre âme sera bientôt en proie au désespoir, car les choses ne se passeront pas ainsi.
Je ne veux pas vous démoraliser, mais je vous assure que jusqu'au bout, vous serez confrontés à des épreuves extérieures et personnelles qui dépasseront largement votre conception naturelle d'une vie consacrée à Dieu. D'une manière ou d'une autre, nous pensons que parce que nous nous sommes abandonnés à Dieu, parce que nous Lui avons tout remis entre Ses mains, Il va tout arranger dans nos vies ; toutes ces difficultés vont disparaître. Je vous en prie, ne le croyez pas. Si vous le faites, vous perdrez votre âme, car il n'en sera rien. Nous serons confrontés à des problèmes, des perplexités et des contradictions apparentes jusqu'à la dernière heure, mais il nous est possible d'atteindre dès maintenant le but de notre foi, le salut de nos âmes, et de transcender les contradictions, d'être libres en prison, de marcher au milieu du feu. C'est ce que Pierre veut dire lorsqu'il affirme : « Vous êtes affligés par diverses épreuves, afin que votre foi, plus précieuse que l'or périssable (qui pourtant est éprouvé par le feu), soit une source de louange, de gloire et d'honneur lors de la révélation de Jésus-Christ.» Voilà le salut, voilà le but ultime : louange, gloire et honneur.
Entre-temps, nous recevons ce salut spirituellement. C'est la louange, la gloire et l'honneur dès maintenant, spirituellement. C'est l'âme sauvée littéralement au milieu du feu, car elle en a déjà été spirituellement préservée. Toutes les choses ultimes doivent être spirituellement appréhendées et possédées d'avance. « Gardés par la puissance de Dieu par la foi. » La puissance de Dieu à l'œuvre au cœur du feu, s'alliant à notre foi, nous permet d'atteindre son but : le salut présent de nos âmes. Tel est le dessein du feu, et c'est pourquoi le Seigneur ne cesse pas d'éteindre les flammes ni de changer la situation.
Nous vivons à l'ère de la foi, où tout est foi ; et la foi rend possible l'accomplissement de ce but : le salut de l'âme.
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