lundi 17 janvier 2011

L'âme et l'esprit et leurs puissances respectives de J. Penn Lewis (1)

L’ÂME ET L'ESPRIT, première partie
(La brochure de cet enseignement a été distribuée gratuitement, avec interdiction de la vendre, lors de sa parution)

L'ÂME ET L’ESPRIT



Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur.(Hébreux 4.12)



    L’ignorance des chrétiens au sujet de la différence qui existe entre l’âme et l’esprit est presque générale ; et c’est là l’une des grandes causes de stagnation spirituelle, chez beaucoup d’enfants de Dieu sincères et consacrés. Le langage courant ne connaît guère que le corps et l’âme ; ce qui est l’une des raisons de cette ignorance, d’après Pember. De plus, ajoute-t-il, et bien que les mots esprit et âme existent, ils sont employés indifféremment l’un pour l’autre. Enfin, pour ajouter au manque de clarté, nos versions rendent souvent l’adjectif du mot âme par ‘’naturel’’ ou ‘’animal’’, alors que le mot grec signifie : qui appartient à l’âme. Il en résulte une confusion, et la triple nature de l’homme en est presque cachée, obscurcie. Lisez par exemple les traductions de 1Cor. 2.14 : l’homme naturel (Synodale) ; l’homme animal (Ostervald) ; Jacques 3.15 : sagesse charnelle (en renvoi, psychique –Synodale) sagesse sensuelle (Ostervald) ; Jude 19 : êtres sensuels (en renvoi psychique –Synodale), gens sensuels (Ostervald)

    Il va sans dire que les lettrés connaissent bien les mots grecs originaux : pneuma, psukhé, sarx, que nos versions françaises rendent avec des termes dérivés du latin, les traductions défectueuses aidant, la distinction nécessaire entre l’un et l’autre mot reste voilée. Il en résulte une incapacité à saisir la différence entre des expériences et des états très dissemblables, ce qui peut avoir, ce qui a souvent, dans la vie chrétienne, les plus graves répercutions.

    Qu’il soit bien entendu que le but de cette étude n’est pas la précision littéraire en soi. Quelque soit notre amour de la lumière, ce n’est pas ici le mobile qui nous pousse à donner plus de clarté à des textes qui en manque de par la traduction, mais l’amour des âmes. Car, Satan, l’ange déchu, avec sa sagesse surhumaine, sa science consommée, sa connaissance de l’homme et la possibilité qu’il a de se déguiser en ange de lumière, travaille de tout son pouvoir à contrefaire l’action du Saint-Esprit, et à créer dans le domaine de l’âme des imitations si parfaites de l’action divine dans l’esprit, que les chrétiens les plus sincères peuvent être séduits et pris au piège. A cause de cela, la précision du texte et la clarté s’imposent. Il faut que la différence entre l’âme et l’esprit soit clairement exposée, et l’enseignement scripturaire mis à la portée de tous les chrétiens, même des plus jeunes dans la foi.

    Cette étude n’est pas pour ceux qui savent le grec et peuvent aller aux sources. Mais pour ceux qui, n’ayant à leur disposition que des versions dont le texte est diminué, obscurci, ont besoin d’être aidés dans leur recherche ; pour ceux qui s’attendent à l’Esprit de Dieu pour être capable de saisir la vérité, et de recevoir cet entendement spirituel des faits spirituels exposés dans l’ Écriture ; entendement nécessaire au développement de la vie et de la piété. Que le lecteur s‘arrête donc un instant, et s’approprie par la foi la promesse de l’évangile de Jean 14.26 : « le Saint-Esprit vous enseignera toutes choses », et celle du chapitre 14. v.13 : « Il vous conduira dans toute la vérité » ; avec la pleine assurance que l’Esprit de Dieu est prêt, toujours disposé à remplir son office, en faveur de quiconque veut se laisser enseigner et guider.

    Il est à noter que l’Esprit de Dieu peut, par des expériences appropriées, enseigner au chrétien la différence à faire entre l’âme et l’esprit, même s’il ne l’a pas comprise intellectuellement. Inversement, le lettré peut avoir saisi cette différence par les textes, mais l’ignorer dans la pratique, et n’en avoir qu’une connaissance intellectuelle. La connaissance expérimentale est assurément supérieure à cette dernière, car derrière les mots de la bible, il y a des vérités d’ordre spirituel, que l’homme naturel, littéralement ‘’l’homme de l’âme’’ ou ‘’psychique’’, ne peut saisir. (1Cor 2.14)

    Il est à noter que nous n’avons pas de mot dérivé du latin pour le mot âme ; le terme animal, ‘’l’homme animal’’, éveillant une tout autre idée que ‘’l’homme de l’âme’’. Nos versions française ont donc traduit parfois : l’homme naturel ou sensuel ; parfois, aussi : l’homme animal (de anima, âme) La version synodale, la dernière en date, traduit par naturel, mais elle donne, en renvoi, le qualificatif de psychique ; le terme grec, aujourd’hui francisé, et dont on se sert couramment. C’est de cet adjectif dont nous nous servirons au cours de cette étude pour caractériser ce qui est du domaine de l’âme. Nous dirons donc l’homme psychique ; comme on dit aussi l’homme spirituel et l’homme charnel, pour désigner ce qui vient dans le domaine de l’esprit ou celui des sens (1Cor 3.1)

    Quant à la différence entre les substantifs âme et esprit, elle n’existe pas seulement en français, en anglais et dans la plupart des langues européennes, elle se trouve dans toutes les langues classiques postérieures à la langue hébraïque. Elle est clairement indiquée au moins en deux passages du nouveau testament :

1° « Car la parole de Dieu….atteint jusqu’au fond de l’âme et de l’esprit » (Hébreux 4.12)

2° « Que tout ce qui est en vous, l’esprit, l’âme et le corps, soit gardé… » (1Thess 5.22)

Ces textes suffisent pour démontrer que l’homme est bien composé de trois parties : trichotome et non dichotome.



L’ ÂME (PSUKE) Ses fonctions



    Qu’est-ce donc que l’âme ? En quoi diffère-t-elle de l’esprit ? Quelles sont ses fonctions ? Quelques citations nous seront peut-être utiles, avant d’examiner ce que disent les Écritures, et ce qu’entend l’apôtre de cette division de l’âme et de l’esprit. Après quoi, il nous sera plus facile de comprendre comment l’esprit, l’âme et le corps peuvent être sanctifiés et gardés irréprochables pour l’avènement du Seigneur Jésus.


    Tertullien, l’un des pères de l’église, qui écrivit vers la fin du deuxième siècle, dit que la chair, l’organisme  physique est le corps de l’âme, et que l’âme est le vaisseau, le contenant de l’esprit. L’âme, placée entre l’esprit et le corps, est donc l’intermédiaire qui permet les communications entre l’un et l’autre, l’esprit ne pouvant directement communiquer avec la chair (le corps)

    Commentant ce même sujet, Murray dit que l’âme est le terrain de rencontre pour le corps et l’esprit. Créé âme vivante, (Gen 2.7) l’homme peut entrer en communication avec le monde extérieur par son corps. Par l’esprit, il communique avec ce qui est spirituel….Lorsque l’homme devint une âme vivante, celle-ci reçut en partage le sentiment de soi, le libre arbitre, la pensée, la volonté, toutes facultés qui sont le moule, le vaisseau préparé pour recevoir la vie de l’esprit. L’esprit, ajoute-t-il est le siège du sentiment de Dieu ; l’âme est siège du sentiment de soi ; et par le corps, nous prenons conscience du monde extérieur. Dieu demeure dans l’esprit, le moi habite l’âme et les sens, le corps….

    Pember donne aussi une définition lumineuse des fonctions des diverses parties de l’être humain : « Par le corps, dit-il, nous avons l’usage des cinq sens. L’âme nous confère l’intelligence nécessaire à l’existence terrestre. Elle perçoit les émotions qui émanent des sens. Quant à l’esprit, l’élément supérieur de notre nature, il procède de Dieu. Seul, il peut comprendre ce qui est divin et adorer Dieu…

    D’abord, le Créateur forma le moule, le corps, puis Il mit en lui une respiration de vies (Gen 2.7) Le mot du texte hébreu est au pluriel ; ce qui peut indiquer que l’acte divin appela à l’existence plusieurs vies : l’une sensuelle, c’est-à-dire des sens, la vie dans le domaine des choses sensibles, l’autre spirituelle….Il ajoute en renvoi : peut-être que ce souffle de Dieu devint l’esprit, et que simultanément, son action sur le corps produisit l’âme. D’où le pluriel employé ;

    Pour ces auteurs, nous voyons que l’âme est le siège de la personnalité. Elle est la volonté, l’intelligence, la pensée. Elle est une entité placé entre l’esprit, qui lui ouvre le monde spirituel et le corps par lequel elle communique avec le monde extérieur, le domaine sensible. A elle de choisir ! A elle de prendre ses inspirations auprès de Dieu, ou dans le domaine inférieur, de se laisser guider par Dieu ou de se maîtriser par les sens.  Ainsi, lorsque Adam demeurait en Eden, l’esprit qu’il avait reçu du Créateur, gouvernait son âme : intelligence, pensée, volonté, et pénétrant dans celle-ci, atteignait et influençait la prison d’argile, le tabernacle terrestre, le corps. Il l’illuminait de sa lumière, la rendait insensible aux influences extérieures de chaleur et de froid, et capable de réaliser parfaitement le but assigné par le Créateur.



LA CHUTE



    Mais hélas ! L’homme se sépara de Dieu. Et les résultats de cette séparation ne tardèrent pas à se manifester. « Désormais, toute l’imagination des pensées de son cœur n’est que mauvaise en tout temps….. », déclare l’Éternel (Gen 6.5) ; Il semble que le commencement de la chute se soit effectué dans la pensée, dans le domaine de l’âme : « …..La femme vit que l’arbre semblait désirable pour devenir sage ou intelligent » est-il écrit. (Gen 3.6) C’est donc à l’âme que le serpent s’adressa, pas au corps fait de poussière, lequel était alors parfaitement dominé par l’esprit. Il s’adressa à l’intelligence, où il éveilla le désir licite de connaissance et de puissance, dans le domaine invisible. « Vous serez comme Dieu, » suggère le serpent. Il se garde de leur dire : « Vous serez comme les bêtes que Dieu créa. » L’objet de la tentation c’est la CONNAISSANCE la connaissance que Dieu, sans doute, se réservait de dispenser au temps marqué par Sa sagesse. Mais celle-ci est ravie hors de saison, par un acte de désobéissance, de rébellion ouverte.

    C’est au regard de la chute, que l’apôtre Paul, dans sa lettre aux Corinthiens, prennent tout leur sens : « La prédication de la croix est, dit-il, la puissance de Dieu…. pour détruire la sagesse des sages. » Comme le péché est entré dans le monde par le chemin de l’intelligence, le salut vient par la croix qui détruit la sagesse humaine corrompue, car la prédication de la croix (celle d’un Christ crucifié) est folie pour l’homme (1Cor 1.18-25). Et un peu plus loin, l’apôtre ajoute : « Si quelqu’un de vous pense être sage, qu’il devienne fou pour devenir sage, CAR LA SAGESSE DE CE MONDE EST FOLIE AUX YEUX DE DIEU (1 Cor 3.18-19)

    Ève tomba en cédant au même ordre de tentation qui provoqua la chute de Satan. Les paroles de Lucifer : « Je serai semblable au Très Haut » révèlent suffisamment le but qu’il poursuivait. (Esaïe 14.13-14) Et c’est en suggérant à Ève d’acquérir quelque chose de supérieur à ce qu’elle avait déjà qu’il la séduisit. Limitée par un corps d’argile, elle avait une âme susceptible d’apprécier la connaissance, et capable de se développer avec l’aide de l’esprit. Le tentateur le savait et c’est dans ce domaine qu’il agit.

    L’acte de désobéissance brisait immédiatement la communion entre le Créateur et la créature. Mais ce ne fut que par la suite que se manifestèrent tous les résultats de la chute, et que se révéla l’étendue de celle-ci. Cette intelligence, cette sagesse, prix de la désobéissance, qui donnait la connaissance du bien et du mal, ne devait pas tarder à porter tous ses fruits, et à précipiter la race dans l’animalité. Et l’élément inférieur, le corps, que l’homme possède en commun avec la bête, prit rapidement le dessus. C’est alors que Dieu, voyant l’humanité courir à sa ruine dit : « Mon Esprit ne contestera point (ou n’habitera point) dans l’homme à toujours, car dans son égarement, il n’est que chair (Gen 6.3) Il ramena les années de l’homme à 120 ans . De sorte que, non seulement la mort a régné sur Adam, mais aussi sur tous ses descendants. Tout homme né en la ressemblance du premier Adam est de la « terre », terrestre, dominé par la chair au lieu de l’esprit. Et l’âme, qui est le siège de la personnalité, (Lc 9.23) est naturellement l’esclave de la chair. Elle est dominée par la vie terrestre au lieu d’être la servante de l’esprit.

Les conditions de l’homme non régénéré sont donc celles-ci :

    1° Un esprit séparé de Dieu, déchu, faussé, incapable de participer à la vie divine (Eph 4.18), sans Dieu (Eph 2.12) et incapable de communion avec Lui.

    2° Une âme (intelligence, pensée, volonté, sentiment de soi) qui peut dominer le corps, mais est le plus souvent asservie par lui.

    3° Un corps, qui par ses désirs et ses appétits, domine fréquemment l’âme et l’emprisonne.

    Bien que mort pour Dieu, et dans les ténèbres, l’esprit de l’homme peut cependant déployer une grande activité, comme le peuvent, aussi, l’âme et le corps. De sorte que les personnes non régénérées peuvent avoir un esprit si puissant que, malgré ses ténèbres, il domine encore sur l’être tout entier. On dit alors qu’elles sont spirituelles, parce que, chez elles, l’esprit prévaut, gouverne. Chez d’autres, ce sont les éléments psychiques et sensuels qui prennent le dessus. Les « spirituelles » chercheront à entrer en rapport avec l’au-delà, sans le secours du Saint-Esprit. Elles deviendront médiums, et pourront exercer les arts occultes. Elles recevront le don de double-vue (clairvoyance) etc, que peut conférer le prince des ténèbres. Car, aussi longtemps que l’esprit humain n’est pas régénéré et habité par le Saint-Esprit, il y a correspondance entre lui et les esprits sataniques. Il est dominé par le prince de la puissance de l’air, l’esprit qui besogne dans les enfants de la rébellion (Ep 2.2-3)

    Séparé de Dieu, lors de la désobéissance, laissé à lui-même, l’esprit de l’homme se reploya en quelque sorte intérieurement dans le vaisseau de l’âme. L’âme, à son tour, descendit dans le domaine des sens, sous la puissance de la chair, selon l’expression de l’apôtre Paul. De sorte que l’âme, chez l’incrédule, règne sans contrôle, ou bien l’intelligence domine, ou bien la bestialité (les instincts inférieurs) et souvent l’une et l’autre. C’est là ce qu’expose Jude dans sa courte épître, au verset 19 : Ce sont des hommes qui se séparent eux-mêmes, ce sont des gens sensuels qui n’ont pas l’esprit.

    Dans son commentaire de ce passage, Fausset écrit : « Dans la Pensée Créatrice, c’est l’esprit qui devait avoir la première place et dominer. Mais chez l’homme naturel, l’esprit est tombé et il s’est affaissé, il est devenu le serviteur de l’âme charnelle, qui est terrestre dans ses mobiles et dans ses buts. Et ce qui est charnel s’est aussi abaissé, avili. La chair, l’élément inférieur n’étant plus dominée, ni contenue, a pris la première place, et règne à peu près incontestée. »

    Lorsqu’un homme naît de nouveau, c’est son esprit obscurci et déchu qui est d’abord vivifié, renouvelé, et c’est cela que Jésus déclare à Nicodème. Bien que docteur en Israël, et possédant la science intellectuelle de son temps, Nicodème est venu à Jésus, au prophète de Galilée. Dès l’abord, le Seigneur attire son attention sur la nouvelle naissance nécessaire, pour comprendre les choses célestes : « Il faut que vous naissiez de nouveau » (Jn 3.3-7) Et plus tard le Seigneur dit à ses disciples : « C’est l’Esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien » (Jn 4.63)

    De quelle façon la vie d’ En-Haut atteint-elle l’esprit  de l’homme, Nous le savons par les paroles du Seigneur : « l’Esprit souffle où il veut » (Jn 3.8) La cause déterminante de l’action de l’Esprit, c’est la mort du Dieu-Homme sur la croix, à la place de l’homme pécheur : « afin que quiconque croit en Lui, ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jn 3.16)

La croix est le remède à la chute, remède qui correspond exactement au mal :

    1° En mourant sur la croix, Jésus ôte le péché du monde dont Il subit le châtiment, et par là, Il rend possible le pardon de Dieu.

    2° Il ouvre le chemin du salut pour le pécheur, lequel peut désormais échapper, s’il le veut, à l’esclavage de l’âme et de la chair. De sorte que la triple nature de l’homme peut s’édifier à nouveau, selon les desseins du Créateur. C’est-à-dire que l’esprit peut dominer et que le corps, l’enveloppe matérielle, extérieure, peut redevenir le serviteur l’instrument de l’esprit, par l’intermédiaire de l’âme.

    De nombreux passages des Écritures nous montrent quel est le chemin du salut : c’est la mort du pécheur avec son Sauveur. Nous verrons plus tard le mode d’application pour la délivrance, en étudiant la portée du sacrifice du Calvaire.


LE CHRÉTIEN CHARNEL



Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants (bébés) en Christ. (1Cor 3.1)



    D’après Gall, l’âme située entre l’esprit, qui a conscience de Dieu, et le corps, domaine des sens, s’accroît, dérive sa vie, sa force animatrice de l’un ou l’autre domaine : le spirituel ou l’animal. Le mot latin pour âme : anima, implique le principe de vie qui anime le corps.

    Puisque chez l’homme converti, dont l’esprit est régénéré, vivifié par l’Esprit de Dieu, l’âme peut être influencée, dominée par la vie animale ou par la vie spirituelle, nous pouvons dire qu’il a trois sortes de Chrétiens :

    1° le spirituel : L’esprit de Dieu demeure en lui,  vivifie son esprit et le conduit.

    2° le psychique : Il se laisse diriger par l’âme, c’est-à-dire l’intelligence, les émotions.

    3° le charnel que gouverne la chair : des habitudes et des désirs charnels ; il est encore sous la puissance de la chair. 

     L’adjectif employé dans le passage que nous citons au commencement de ce chapitre ne dérive pas du mot âme, c’est sarkikos : charnel. C’est aussi le terme employé dans Romains 8.7 : « l’affection de la chair est inimitié contre Dieu. » Ceci n’est pas dit de l’affection de l’âme ou psychique. Il est vrai que l’homme naturel, psychique ne peut recevoir les choses qui sont de l’Esprit (1Cor 2.14) mais il n’est pas dit qu’il s’oppose à Dieu parce que psychique. « Aussi n’ai-je pu (puisque l’homme psychique –grec- ne peut les accueillir) vous parler des choses profondes de Dieu, comme je  pourrais le faire avec ceux qui sont spirituels » écrit l’apôtre. Bien que régénéré et en Christ, les Corinthiens étaient encore dominés par la chair, à ce point que Paul les qualifie de charnels. Jugement que, d’ailleurs, leur conduite confirme : des jalousies, des dissensions, versets 2 et 3. Ailleurs, dans sa lettre aux Galates, l’apôtre écrit : « Les œuvres de la chair sont manifestes : ce sont : l’impudicité, l’impureté, le dérèglement, l’idolâtrie, la sorcellerie, les querelles, les jalousie, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les orgies et autres choses semblables (Galates 5.19) Toutes ces choses, à quelque degré que ce soit, manifestent chez le chrétien l’activité de la chair qui s’ouvre un passage dans l’âme : la personnalité. Sous cette influence charnelle, l’homme n’est même pas psychique ; il manifeste ce qui est naturel, charnel. Il marche selon la chair, bien que son esprit ait été renouvelé, vivifié. Or ceux qui marchent selon la chair, ne peuvent plaire à Dieu.

    Ce tableau que fait l’apôtre des chrétiens de Corinthe, encore charnels et, cependant, des enfants en Christ, nous montre ceux-ci au commencement de leur vie spirituelle. De part la nouvelle naissance, ils sont en Christ, vivifiés par sa Vie, plantés en Lui par son Esprit selon l’enseignement de Jean 3.16 : « Quiconque croit en Lui a la vie éternelle » Mais bien qu’unis à leur Sauveur de façon vivante, ils n’ont pas encore réalisé la puissance de séparation de la croix. Ils ne savent pas encore ce que signifie être baptisé en la mort du Sauveur, pour être baptisé aussi en sa Vie.

    L’apôtre reproche aux Corinthiens de demeurer si longtemps dans ce stage de l’enfance qui doit être de courte durée (Héb 5.11-14). Effectivement, la naissance selon l’esprit, provoquée par l’action de l’Esprit de Vie, en réponse à la foi (la foi au sacrifice de Christ sur la croix en faveur du pécheur) cette naissance doit être rapidement suivie de la mort avec Christ, la mort du pécheur avec son Sauveur (Rm 6.1-16) C’est cette mort qui apporte la délivrance de la vie selon la chair, et les Corinthiens l’ignoraient encore.   

    L’apôtre indique ici et là les choses qui manifestent que le chrétien est encore charnel : ‘’un bébé en Christ’’. Il convient de s’examiner soi-même, pour se rendre compte de son état particulier : Sommes-nous encore charnels ? En ce cas, allons à la croix et saisissons la délivrance offerte.



( en réalité il n’y a que deux classes d’individus : les sauvés et les perdus, ceux qui sont nés de nouveau et ceux qui ne le sont pas. Mais il y a diverses sortes de croyants que différencient le degré de développement et de connaissance, le degré de vie en Dieu)


LA DÉLIVRANCE DE LA CROIX



Ceux qui sont à Christ ont crucifié la chair. (Galates 5.24)



    Telle est la conclusion donnée par Paul à ce passage des Galates où il décrit les œuvres de la chair en opposition à celles de l’esprit, et l’homme charnel au regard de l’homme spirituel.

    Les enfants en Christ qui sont encore charnels, doivent découvrir tout le sens de la croix, toute sa portée. Dans les desseins de Dieu la mort de Christ entraîne la mort du vieil homme, qui, en Jésus est cloué au bois. « Ceux qui sont à Christ ont crucifié la chair avec ses convoitises » Cette croix, sur laquelle le péché a été expié par le Sang de l’Agneau et qui est présentée au pécheur comme l’instrument de sa délivrance, est présentée à nouveau, aux enfants de Christ (même à ceux qui le sont déjà depuis plusieurs années) afin qu’ils y trouvent une nouvelle délivrance : celle de l’emprise de la chair, de sa domination, afin qu’ils marchent selon l’esprit, non selon la chair, et croissent spirituellement jusqu’au parfait développement en la ressemblance de Christ.

    Romains 6 est la charte de la liberté par la croix de Christ. Nous y trouvons très clairement exposée la base de la délivrance qui n’est qu’indiquée en Galates 5.24 et autres passages.

    C’est seulement en mourant avec Christ et en crucifiant les œuvres de la chair (Rm 8.3, Col 3.15) que le chrétien peut marcher et vivre selon l’Esprit, devenir spirituel. «Lorsque nous vivions selon la chair, les passions agissaient dans nos membres et produisaient des fruits pour la mort » écrit l’apôtre dans sa lettre aux Romains. « Mais maintenant étant morts à cette loi qui nous retenait captifs, nous en sommes affranchis pour servir Dieu. (7.5-6)

     Dans une chair semblable à notre chair (Rm 8.3) le Fils de Dieu, bien que parfait et saint, fut pendu au bois, comme une offrande pour le péché. Il est mort pour le péché et Il est mort au péché, à notre place. Par là, Dieu condamne de façon absolue, définitive, le péché, la vie de péché dans la chair, en tous ceux qui sont unis en son Fils. Il est vrai que le chrétien ici-bas vit dans un corps de chair (2Co 10.3) Mais lorsqu’il a vu le sacrifice du Fils de Dieu dans une chair semblable à la sienne, lorsqu’il a compris qu’en Jésus il est mort au péché, alors, bien que vivant encore dans la chair de par son corps physique (Gal 2.20) il ne se conduit plus selon la chair, mais selon l’esprit, régénéré par l’Esprit de Dieu (Rm 8.5-6)

    A cause de l’œuvre parfaite du calvaire où le pécheur s’unit au Fils de Dieu, son Substitut, et s’identifie à Lui, le racheté  est appelé à comprendre, à reconnaître qu’il est mort au péché, puisque le vieil homme a été crucifié en Lui. Et c’est l’action du Saint-Esprit dans l’esprit de l’homme qui réalisera tout le plan divin, toute la volonté de Dieu en détruisant° le corps de péché, ce monde de souillure qui est au fond du cœur humain, si toutefois, l’âme est honnête et ne caresse pas le péché ; si tout le poids de la volonté est bien  jeté du côté de Dieu pour que le péché ne règne plus (Rm 6.6,11,13)  Dans la mesure où les enfants en Christ ont compris cela, leur croissance spirituelle pourra s’effectuer, parce qu’alors, la chair crucifiée ne pourra plus régner. Unis véritablement en esprit au Christ ressuscité et glorifié, ils sont devenus vivants pour Dieu.

    VIVANTS pour Dieu ! Le racheté a enfin compris toute la signification de ces paroles. Puisqu’il marche selon et par l’Esprit, il ne peut plus accomplir les désirs de la chair. Le Saint Esprit règne sur son être tout entier. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne puisse retomber dans ses premiers errements, ceux du temps de l’enfance, et de vivre selon la chair, mais ceci sera l’exception. Et aussi longtemps qu’il s’occupera des choses procédant de l’Esprit et qu’il se reconnaîtra comme mort au péché, il fera mourir les œuvres du corps (Rm 8.13) et marchera en nouveauté de vie avec le secours de l’Esprit.



° Alford traduit le mot détruire par ‘done away’ abolir dans la version anglaise. Darby par annuler . La version synodale traduit ce mot dans Romains 3.3 ; 4.31, par anéantir ; dans Romains 4.14 par annuler, dans 7.2 par dégager de la foi et 7.6 par affranchir. Quel que soit le mot qui traduise le mieux l’original, il est clair que dans Rm 6.6, que le corps du péché doit cesser d’avoir la puissance d’amener le racheté sous son esclavage… La racine du mot signifie laisser sans emploi, rendre stérile, vide, inutile. Le corps du péché, lequel recouvre tout ce que nous héritons du premier Adam, ne sera tout à fait aboli lorsque le corps de notre humiliation (ou notre corps misérable, version synodale) sera rendu conforme au corps glorifié du Seigneur qui reviendra du ciel (PH 3.21)




L’HOMME PSYCHIQUE



14  Mais l’homme animal (naturel ou psychique) ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge.(1Co 2.14)



    Ceux qui ont compris tout le sens de la croix et ne sont plus sous la domination de la chair, supposent assez volontiers qu'ils sont sous la seule influence de l’Esprit, et sont uniquement guidés par Lui. C’est ici qu’il importe de placer l’une des plus importantes leçons, la plus importante écrit Murray : celle de l’activité désordonné de l’âme, avec ses facultés de pensée et de volonté qui sont un si grand danger pour l’individu et pour l’église.

    Voici un homme né du Saint-Esprit, vivifié, l’Esprit de Dieu demeure en lui. La croix, porte, chemin, source de victoire, et affranchissement de la chair, lui a été révélée. Sa façon de vivre est toute nouvelle. Il marche en nouveauté de vie, pour employer une expression de l’ Écriture, et il remporte le victoire sur le péché que manifestait autrefois la vie de la chair. Qu’est devenu son âme ? Son âme, c’est-à-dire, son intelligence, ses sentiments, ses émotions, sa personnalité, son moi. Et quelle est la force animatrice de cet homme, qui n’accomplit plus les ‘’désirs de la chair’’ ? Est-ce le Saint-Esprit qui, maintenant, anime et dirige la vie psychique ? Ou bien le principe directeur émane-t-il du domaine inférieur : la vie animale déchue, héritée du premier Adam ?

    L’idée courante, nous l’avons vu, c’est que quiconque est mort au péché, en Christ et ne marche plus selon la chair, est nécessairement spirituel et ‘’entièrement sanctifié !’’ Or, l’affranchissement de la domination de la chair, ou vie charnelle, n’implique pas la délivrance de ce qui est psychique, des sentiments terrestres, et que l’homme ne se conduise plus selon la vie terrestre. Mourir au péché, crucifier la chair, ce ne sont là que les premières phases de l’action de l’Esprit de Dieu en l’homme. Celui-ci peut ne plus être charnel (sarkikos) et demeurer psychique, être toujours sous l’influence de l’âme, au lieu de se mouvoir dans le domaine spirituel où s’établit le contact entre l’homme et Dieu.

    Pour comprendre clairement ce qui précède, voyons ce qui manifeste que le chrétien est resté psychique, lorsqu’il a cessé de ‘’marcher selon la chair’’.

    L’âme, nous l’avons déjà dit, comprend l’intelligence et les émotions, elle est le siège de la personnalité, donc du sentiment de soi. Même quand le chrétien est affranchi des œuvres de la chair « énumérées dans Galates 5.19-21, son intelligence, ses émotions peuvent recevoir les impulsions de la ‘’psukhê,’’ au lieu d’être animées par le Saint-Esprit qui habite l’esprit humain régénéré. Nous dirons donc que le chrétien psychique est celui dont l’intelligence, la pensée, les émotions, les sentiments sont animés par la vie du premier Adam, au lieu de l’être par la vie de Christ, Esprit vivifiant qui contrôle, influence l’intelligence et les sentiments de quiconque marche selon l’Esprit (1Co 15.45) Le Saint-Esprit demeurant dans l’esprit, peut rendre le croyant capable de crucifier les œuvres du corps, même lorsque son intelligence et ses sentiments sont restés charnels.

    Pour ce qui est de l’activité intellectuelle, nous avons dans l’épître de Jacques, un parallèle qui jette une vive lumière sur l’une et l’autre source animatrice, l’une et l’autre sagesses. L‘apôtre reproche à ses correspondants un zèle mauvais, un esprit de dispute. Puis, il écrit : « Ce n’est point là, la sagesse qui vient d’en haut, au contraire, elle est TERRESTRE,  CHARNELLE , (PSYCHIQUE) DIABOLIQUE »

« Où il y a ce zèle et cet esprit de dispute, il y a du désordre et tout espèce de mal. Mais la sagesse qui vient d’EN-HAUT est d’abord pure, ensuite PACIFIQUE, MODÉRÉE, CONCILIANTE, PLEINE DE MISÉRICORDE et DE BONS FRUITS, EXEMPTE DE DUPLICITÉ ET D’HYPOCRISIE.  Elle porte la marque divine et participe du caractère divin ; elle est sans partialité ni esprit de parti » (3.17)

    La sagesse qui vient d’En-Haut n’est pas contaminée de vie psychique. Il ne s’y trouve plus de place pour le sentiment du moi, pour les opinions et points de vue personnels qui provoquent querelles, divisions, jalousies. Au contraire, elle produit la paix. Nous reprendrons plus loin le troisième point de l’apôtre concernant la sagesse psychique qui est, dit-il, diabolique.

    Le passage ci-dessus ne nous aide-t-il pas à comprendre les conditions où nous voyons l’église aujourd’hui ? Elle est déchirée par les divisions et les partis, ce qui manifeste une activité charnelle. (Gal 5.19-20) Plus grave encore est la cause de désunion dans l’église militante, lorsque c’est l’intelligence animale (psychique) qui est le facteur de division, et qu‘une sagesse charnelle (psychique) prétend exposer et annoncer la vérité, ce qui ouvre la porte aux démons.

    « L’intelligence n’est pas seulement faillible, dit Pember, elle est la plus dangereuse de tous les dons, aussi longtemps qu’elle n’est pas sous la dépendance de l’ESPRIT DE Dieu. Et cependant, que de chrétiens qui recours à elle pour saisir et comprendre la vérité, malgré la déclaration formelle des Écritures : ’’l’homme psychique (donc aussi le chrétien dont l’âme est restée la force animatrice) n’accueille point les choses qui sont de l’Esprit, parce qu’elles ne peuvent être discernées que spirituellement »

    C’est souvent l’élément psychique chez les orateurs, les conférenciers exposant le sujet de la sainteté nécessaire, qui provoquent les séparations et les divisions. Il peut y avoir de l’amour dans leur cœur il est vrai, mais il n’empêche que ceci divise, car les puissances sataniques s’appuyant sur les éléments psychiques, agrandissent et exagèrent toujours les divergences, au lieu de souligner ce qui unit. De sorte que des chrétiens, sous couvert de témoignage pour Jésus, combattent pour le triomphe de points de vue particuliers, choses d’importance secondaires. Ces croyants sincères, qui veulent être un moyen de bénédiction pour leur entourage, parcourent les terres et les mers pour faire un prosélyte, comme les pharisiens dont parlait le Seigneur (Mat 23.15) Mais, ils ne s’en rendent pas compte.

    C’est encore l’élément psychique qui amène certains chrétiens à mettre l’accent sur tel ou tel point de l'évangile aux dépend du reste ; à multiplier les paroles sur ‘’la dîme de la menthe, de l’anis et du cumin’’, alors qu’ils oublient les choses essentielles. Or, ce qui est essentiel, sous la dispensation de l’évangile, c’est la loi de Christ. Celle-ci met au premier plan l’amour et l’unité de l’esprit entre les croyants. C’est la condition essentielle de croissance dans l’unité de la foi (Eph 4.3-13)

    En résumé, la vie psychique offre aux puissances surnaturelles mauvaises un terrain favorable d’action. Elle est la  grande cause des divisions et des sectes parmi ceux qui font profession d’être enfants de Dieu et même parmi ceux qui le sont vraiment. « Gens qui provoquent des divisions, écrit Jude, une autre version donne gens qui séparent et provoquent des séparations. » --Dans son commentaire sur ce verset, Fausset écrit : il y a là une affirmation présomptueuse, arrogante, de sainteté supérieure, une prétention à une sagesse et à une doctrine particulières, supérieures à celles des autres. – « Êtres sensuels (psychiques) étranger à la vie de l’Esprit, dit l’apôtre » Fausset traduit : âmes animales.

    Se séparer soi-même, comme ayant une plus grande sainteté, est toujours un indice de vie psychique, car la Seigneur a dit : «  Vous serez heureux quand les hommes vous haïront et rejetteront votre nom comme infâme, à cause de Fils de l’Homme. (Lc 6.22) C’est ici le monde qui rejette, sépare. Sur cette question de séparation, l’apôtre Paul dit aussi : « Que chacun demeure en l’état où il était lorsqu’il fut appelé.» (1Co 7.20) C’est Dieu Lui-même, par Sa présence, laquelle est lumière, qui provoquera la séparation entre celui qui marche dans la lumière et celui qui marche dans les ténèbres. Il lui arrive fréquemment que celui-ci rejette le compagnon, qui marche dans la lumière, provoquant ainsi la séparation, s’il n’est pas conquis par la lumière.

    Nous le voyons donc, même ceux qui ont reçu l’Esprit d’en haut peuvent encore se laisser dominer par les puissances de l’âme. Ils se séparent, alors, ou provoquent des divisions, manifestant par là qu’ils sont restés psychiques, en une certaine mesure.

    L’autre  domaine de la vie psychique est celui des émotions, qui procèdent des sens physiques. Ici encore, le chrétien peut se laisser influencer par ce qui est du psychique, tout en imaginant qu’il se trouve sous une influence purement spirituelle. Pember assure que la connaissance de la psychologie biblique démontre l’impossibilité de promouvoir, de déterminer une influence, sanctifiante, spirituelle en agissant sur les sens. Et cependant, c’est bien là ce que proposent certains services religieux, et même des réunions missionnaires où l’ Évangile est annoncé : Atteindre l’esprit par le moyen des sens, des émotions. « Édifices magnifiques, vêtements sacerdotaux somptueux, rites attrayants, pour les regards, parfums agréables pour l’odorat, musique céleste pour l’oreille, tout cela peut bercer, engourdir en d’agréables émotions artistiques, mais ne saurait dépasser l’âme et nourrir l’esprit… » Dieu d’abord agit sur l’esprit, puis Il pénètre l’âme et domine le corps. Satan, au contraire, agit d’abord sur le corps, puis sur l’âme et enfin sur l’esprit. Le processus est celui-ci : terrestre, charnel, (psychique) diabolique (Jc 3.15) L’influence satanique pénètre d’abord le vase d’argile, le corps fait de poussière, de là, elle essaye de capter l’âme, pour pénétrer enfin dans l’esprit.

   Ces faits sont extrêmement solennels. Ils expliquent la présence de tant de chrétiens de nom dans nos Églises. Gens dont la vie ne manifeste en rien qu’ils sont à Christ ! Et qu’il est douloureux de penser  que leur présence révèle cependant un besoin spirituel plus ou moins conscient, une soif de Dieu qui peut-être, ne sera jamais satisfaite ! L’âme seule est nourrie par une exposition toute intellectuelle de la vérité, par la beauté des chants et de la liturgie, par le recueillement du sanctuaire : tout ceci est insuffisant pour l’esprit. Or, l’adoration en esprit et en vérité est le seul service que Dieu demande et qu’Il accepte. 

    Cherchons-nous à diminuer ou à déprécier ces moyens, ces influences ? Que Dieu nous en garde ! Ce que nous disons, c’est qu’ils ne sont pas suffisants pour sauver les âmes. Ils peuvent préparer le chemin, amener l’individu à portée de la Parole de Dieu, qui est toujours lue, si elle n’est pas toujours prêchée, choses qui prédisposent au salut et qui ont leur valeur.

    Mais voici le danger et il est redoutable. C’est que les influences religieuses qui s’arrêtent à l’âme et n’atteignent pas l’esprit, conduisent à une forme de piété sans puissance, et ramènent le christianisme au niveau des philosophies et des religions païennes. C’est pourquoi des hommes religieux (psychiques), mettent le Fils de Dieu sur le même plan que Mahomet ou Confucius. C’est pour cela qu’ils dissertent sur le christianisme comme sur toute autre religion de ce monde, au lieu d’être obligés comme aux jours de l’église primitive, de reconnaître que la Toute Puissance de Dieu y est à l’œuvre, et qu’elle rend témoignage à toute prédication fidèle au nom de Jésus-Christ, unique Sauveur du monde perdu.

    N’est-ce pas parce que seuls, les sens, les émotions ont vibré sous les appels de l’orateur, qu’il faut enregistrer un tel pourcentage de défections dans nos œuvres d’évangélisation ? N’est-ce pas pour cela que tant d’œuvres n’ont qu’une influence de surface passagère ? Pour cela, enfin, que, souvent, l’évangéliste se sent épuisé et parfois tombe malade ?

    Un correspondant m’écrit : « N’est-ce pas l’élément psychique chez celui qui parle en public ou en particulier, psychisme se manifestant par une excitation émotive, une certaine énergie, une grande ardeur, qui provoque souvent le cas d’épuisement nerveux ? L’ Esprit ne peut-Il communiquer la vérité sans cette usure, cet épuisement du corps ? Est-il impossible d’annoncer la vérité sans excitation factice, Dieu communiquant sa force au message annoncé, en agissant, non pas sur l’homme, mais sur son témoignage, pour que celui-ci pénètre la pensée des auditeurs ? Si je ne me trompe pas, beaucoup pourrait être accompli de la sorte, et avec beaucoup moins de fatigue. » Nous pensons comme notre correspondant.

    Un homme peut avoir une âme ardente qui influence profondément les âmes des autres, et qui agit puissamment dans le domaine des émotions. Mais la foi des auditeurs se trouve alors comme greffée sur cette influence, cette sagesse humaine, psychique et pas sur Dieu. Il n’y a pas eu contact avec la puissance de Dieu. Et nous comprenons mieux maintenant la pensée de Murray, lorsqu’il voit le plus grand danger qui menace le chrétien et l’église, en cette activité désordonnée de l’âme, dans les domaines de l’intelligence et de la volonté. Les anciens Quakers ou ‘’amis’’ la désignaient sous le nom d’activité de la créature. Et c’est bien ici l’énergie de la créature, la force naturelle qui est mise au service de Dieu. Le messager n’a pas cherché à collaborer spirituellement avec le Saint-Esprit qu’il a reçu, don du Seigneur ressuscité et glorifié.

    Il se trouve, alors, que l’homme qui a saisi la vérité qu’intellectuellement, influencera les destinées éternelles d’âmes immortelles ; qu’une forte individualité dominera la vie des autres ! On élaborera des plans pour atteindre des âmes et les amener à Dieu, et nous aurons les concerts pour fumeurs, les attractions musicales, les conférences sur des sujets populaires…etc…chacune de ces choses révélant la mentalité des promoteurs. Ceux-ci peuvent être nés de nouveau, mais encore dominés par l’âme, ils ne savent pas comment collaborer avec le Saint-Esprit, qui communique sa puissance aux messagers, pour le salut des pécheurs.

    Il y a aussi, dans l’église, des disciples qui ont reçu le Saint-Esprit. Cependant, ils sont restés psychiques, bien qu’à un moindre degré.

     Il y a des les expériences religieuses, un mélange de spirituel et de sensuel (psychique) qui les a conduits à vouloir toujours sentir de façon consciente la présence de Dieu. Aussi, bien que le Saint-Esprit habite en eux, ils retombent souvent dans le domaine de l’âme, parce qu’ils ne comprennent pas la vie de l’esprit et comment l’esprit est uni à l’Esprit de Dieu.

    Le domaine de l’âme n’est pas seulement celui de l’intelligence et des émotions. C’est aussi le siège de la personnalité avec ses affections, ses possibilités de joie ou de tristesse, d’exaltation ou de dépression. C’est ainsi que nous lisons dans l’ Écriture : « Mon âme est triste jusqu’à la mort » (Mt 26.38), « Mon âme magnifie le Seigneur » (Lc 1.46) « Maintenant, mon âme est troublée », (Jn 12.27) « Possédez vos âmes par votre patience », (Lc 21.19) « Son âme juste tourmentée » ,(2Pi 2.8) « Ils séduisent les âmes mal affermies » 2Pi 2.14)

    Ces passages prouvent que les dispositions les tendances (les caractères idiosyncrasiques) procèdent de l’âme aussi bien que du corps, du domaine psychique aussi bien que du physique.  Et la forme de l’âme, si nous pouvons nous exprimer ainsi, sa capacité pour la joie, l’amour, la patience, peut être remplie de joies spirituelles et de vie qui émanent du second Adam : Esprit vivifiant. D’autre part, de joie, de vie, de sentiments psychiques, sensuels, inférieurs, naturels qui procèdent du premier Adam. Si ces sentiments, ces émotions inférieures pénètrent de quelque manière et pour une proportion si infime soit-elle, dans l’âme du racheté et l’influencent, l’homme est resté psychique en une certaine mesure, même s’il a reçu le Saint-Esprit. Il s’attachera à certaines émotions psychiques, et vivra dans le royaume des sensations, le domaine de la personnalité, au lieu de s’attacher à ce qui vient de l’esprit, le domaine où l’homme peut avoir conscience de la présence de Dieu. Et par là, il rejoindra ceux qui espèrent, qui recherchent des expériences affectant les sens, au lieu de les attendre uniquement dans le domaine de l’esprit régénéré, où Dieu habite.

    Examinons maintenant comment les esprits agissent sur tous les développements de vie psychique ;



L’ ÂME ET LA PUISSANCE DES TÉNÈBRES



 Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. Cette sagesse n’est point celle qui vient d’en haut ; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique. (Jacques 3.14-15)



    Ce passage, que nous avons déjà cité, établit clairement la relation possible entre les puissances mauvaises et la vie de l’âme (vie animale). Il n’est nullement ici question des œuvres de la chair, mais de l’âme, de l’intelligence. Par cela nous voyons que les esprits mauvais peuvent influencer celle-ci, aussi sûrement que le corps.

    La vérité nous est dite, ici, sans ambages et de façon formelle : tout sentiment d’amertume, d’envie, de rivalité dans la recherche ou la possession de la connaissance, procèdent de l’action des esprits mauvais sur l’âme et ont leur source dans l’enfer. Fausset le signale dans son commentaire.

    C’est là, cependant, ce que bien des enfants de Dieu ne comprennent pas ou nient. Ils acceptent l’influence satanique dans les péchés grossiers, charnels, (les œuvres de la chair) mais dans le domaine de la connaissance, qu’ils considèrent comme ce que la civilisation moderne a de meilleur, ils la nient. Leur attitude résulte du fait qu’ils refusent d’accepter les affirmations de la Parole de Dieu concernant la chute, laquelle a entraîné la première création dans la corruption et la mort. Cela à un degré tel que toute l’imagination des pensées du cœur de l’homme n’était que plus mauvaises en tout temps (Gen 6.5). L’imagination des pensées, les conceptions, ici encore, il s’agit du domaine psychique.

    Et à la source de cette corruption totale est le poison du serpent qui s’est ouvert un chemin par l’avenue de l’intelligence : le désir de connaissance.

     Lorsque l’homme est racheté et que son être se renouvelle de joue en jour à l’image de Christ, il est de la plus haute importance pour la puissance des ténèbres de garder quelque terrain, quelque point de contact, quelque chose de la nature adamique dans le corps ou l’âme. Car, à mesure que l’homme devient spirituel, c’est-à-dire que son esprit se dégage et s’unit au Seigneur de gloire, il est moins accessible à la puissance des mauvais esprits, et mieux armé pour les discerner et les combattre. Mais comment l’enfant de Dieu pourrait-il lutter avec quelque chance de succès, s’il ne discerne pas l’adversaire, s’il nie son action possible sur l’âme, s’il n’accepte pas le fait de la chute et ne comprend pas que celle-ci se produisit justement dans le domaine psychique, où Satan provoqua la désobéissance, la révolte, par l’appât de la connaissance ! Et depuis lors, pénétrant l’âme, le venin du serpent contamina l’être tout entier et toute la race ;

    Satan peut atteindre tous les domaines de notre être :

a) l’esprit, mort pour Dieu et accessible aux esprits mauvais que gouverne le prince des ténèbres

b) l’âme :intelligence, imagination, pensée, volonté, émotions, est dominée par la vie adamique, déchue et corrompue. Corps et âme sont donc en la puissance de celui qui a empoisonné la race : le père du mensonge. L’apôtre Jean nous déclare que le monde entier est plongé dans le malin. (1Jn 5.19)

    Aussi n’est-il pas suffisant que l’homme soit racheté par le précieux Sang de Jésus, il faut encore qu’il soit transporté, ‘’transféré hors de la puissance des ténèbres dans le royaume du Fils bien aimé de Dieu’’ ; et que toutes les parties de l’être, l’esprit d’abord, soit renouvelées successivement par l’affranchissement de la puissance du péché et de la vie inférieure. Si la première création a été faite de façon étrange et merveilleuse (Ps 139.14), la seconde création de l’homme (déchu plongé dans la matière et le malin) est bien plus extraordinaire et merveilleuse : tombé, il est relevé ! Et son esprit domine à nouveau sur l’âme et le corps. Œuvre extraordinaire que, seul, pouvait accomplir le Dieu : Père, Fils et Saint-Esprit. Le Père donne le Fils, autorise le don de Sa Vie ; le Fils se donne ; le Saint-Esprit, plein de patience et d’amour se communique à la créature, et besogne en elle, pour accomplir les dessins divins.

    Il va sans dire que le prince des ténèbres s’oppose activement à la délivrance de ceux qu’il tient captifs, et que tous les degrés d’affranchissement sont l’objet d’une lutte acharnée. Connaissons donc les éléments de la nature déchue qui offrent le terrain favorable. L’ Écriture nous dit que l’homme non régénéré est l’esclave de Satan : « vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés, écrit Paul aux Ephésiens…enfants de rébellion, du nombre desquels nous étions tous autrefois, vivant selon nos passions charnelles, accomplissant les désirs de la chair et de nos pensées. » Lorsque l’esprit a été vivifié au contact du Saint-Esprit et affranchi de la domination de Satan, il demeure que l’âme et le corps restent accessibles à celui-ci.

    1° L’âme : Dans la vie psychique, la sagesse psychique devient démoniaque lorsque les esprits mauvais l’influencent, pour mener à bien  quelque plan. Ainsi ils feront naître des préventions, des préjugés, à l’insu de la personne elle-même, ce qui, à quelque moment critique annihilera l’œuvre du Saint-Esprit. Cette action de l’ennemi sur la pensée des chrétiens qui aiment le Seigneur, est des plus néfastes pour l’église. Car, il est évident que le Saint-Esprit est souvent entravé par les idées préconçues, les préventions de braves chrétiens contre d’autres chrétiens, que par l’incrédulité et la haine du monde. Et que dire du domaine des émotions où l’ennemi peut réveiller la vie naturelle (animale) de façon si puissante que l’action divine en est entravée et comme étouffée et la voix du Saint-Esprit comme couverte. Contre cela, nous sommes mis en garde : « n’éteignez pas l’Esprit » dit l’apôtre dans 1Thessaloniciens 5.19

    2° Le corps : L’adversaire peut agir sur le système nerveux et sur le magnétisme animal inhérent à tout organisme humain ; enfin sur certains éléments charnels, sensuels, sexuels, qui constituent le corps même. Il convient donc que le croyant cherche auprès de Dieu, la lumière sur la complexité de son être, afin de se connaître soi-même, et de marcher en toute humilité et dépendance du Seigneur, qui a vaincu le malin et peut protéger quiconque se retire vers Lui. Protection efficace pour tous ceux qui se mettent au bénéfice du Sang répandu, tous ceux qui obéissent à la Parole divine et restent accessibles à la vérité. Celle-ci verse la lumière nécessaire sur tout terrain cédé à l’ennemi, par où il peut attaquer et pénétrer dans l’âme et dans le corps.

    L’ennemi est très rusé. Avec une habileté consommée, les mauvais esprits agiront à couvert de ce qui est naturel : le tempérament, quelque trouble fonctionnel ou physique (1) ils se dissimuleront derrière la souffrance physique ou morale, et se déguiseront de quelque manière pour donner le change et empêcher que leur présence soit reconnue, combattue (2)





1 L’attaque qui se produire dans le domaine naturel, physique n’en reste pas moins d’origine spirituelle mauvaise et diabolique.

2 Pour plus de détails sur ce sujet, lire la guerre aux saints qui traite de l’activité des esprits séducteurs parmi les enfants de Dieu. Livre du même auteur





DE LA SÉPARATION DE L’ ÂME ET DE L’ESPRIT



12  Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. (Hébreux 4.12)



    Ce très remarquable passage de l’épître aux Hébreux établit nettement l’existence de l’âme et de l’esprit, la nécessité de discerner l’une et l’autre et de les séparer ; enfin il nous indique l’instrument de cette division nécessaire, pour que le chrétien vive selon Dieu dans l’esprit. (1Pi 4.6) Commentant ce passage, Pember dit : « l’apôtre attribue à la Parole de Dieu, la puissance de séparation : c’est elle qui brise l’homme et le réduit en pièces séparant l’esprit, l’âme et le corps ; comme autrefois, le sacrificateur, après avoir dépouillé l’animal destiné à l’autel, séparait les membres pour l’holocauste…. »

    De son côté, Fausset écrit : « la Parole de Dieu est vivante et puissante ; le mot du texte signifie énergiquement efficace ; elle pénètre de part en part jusqu’à séparer l’âme animale (psychique) de l’esprit qui est ce qu’il a de plus élevé dans l’homme ; elle transperce jusqu’à diviser l’âme de l’esprit, les jointures et les moelles ; elle discerne entre ce qui est spirituel, charnel, animal entre l’esprit et l’âme. La Parole de Dieu divise donc les parties étroitement unies de l’être immatériel. Son action est comparée à celle du souverain sacrificateur qui, après avoir ouvert le corps de la victime, séparait les membres et pénétrait jusqu’aux moelles…. »

    L’image employée est des plus suggestives, très instructive pour quiconque a perçu le danger, et redoute les développements de la vie psychique aux dépend de celle qui procède du sanctuaire de l’esprit, où demeure l’Esprit de Dieu.

    Devant cette déclaration de l’ Écriture, la question se pose aussitôt : « Que dois-je faire ? Comment discerner ce qui est psychique dans ma vie et mon service ? » Selon les indications de notre texte, allons à notre Souverain Sacrificateur. C’est à Lui qu’il appartient de séparer et de juger. Il est maintenant au ciel, aucune créature n’est cachée devant Lui. Mais toutes choses sont nues et entièrement découvertes devant Celui à qui nous devons rendre des comptes »  (Héb 4.13) « Il exercera les devoirs de sa charge, maniera Lui-même l’épée à deux tranchants de la Parole et séparera l’âme de l’esprit. Lui, qui discerne jusqu’aux pensées, aux intentions du cœur » Fausset signale ici que le mot original traduit par pensée serait mieux rendu par réflexions, sentiments, et que le mot traduit par intentions signifie les conceptions mentales, l’intelligence.

    Celui qui s’est fait homme pour pouvoir être un Souverain Sacrificateur miséricordieux et fidèle (Héb 2.17), capable de compatir à nos infirmités puisqu’Il a été tenté comme nous en toutes choses (Héb 4.15), est le seul qui puisse manier l’instrument de séparation pour diviser l’âme de l’esprit et pénétrer pensées, réflexions, sentiments, intelligence, conceptions et intentions. Quelle œuvre à faire ! Comment cette vie psychique qui jette de si profondes racines, sera-t-elle discernée et délogée ? Comment toutes pensées seront-elles rendues captives de Christ ? Comment l’esprit dominera-t-il ? Laissons agir notre Souverain Sacrificateur. Il ne se lassera ni ne se découragera que l’œuvre ne soit achevée. Immanquablement, la victoire couronnera Son œuvre de jugement et de purification en tous ceux qui se sont remis à ses soins.

    Mais que doit faire le chrétien ? Quelle part lui incombe ? Quelle sera sa collaboration dans cette immolation ?

Le don de soi : don complet de l’être tout entier sur l’autel de la croix comme autrefois celui de l’holocauste sur l’autel du sacrifice ; don sans arrière pensée, sans regret, avec la volonté arrêtée d’être rendu conforme au Seigneur en Sa mort (Ph 3.10) par l’action intérieure de son Esprit. Don sans restriction, avec le désir que sa main ne s’arrête que lorsque toute vie psychique, animale, sera séparée de l’esprit, afin de devenir cet instrument, ce vaisseau que l’Esprit de Dieu pourra librement pénétrer, traverser, et par quoi, Il pourra se communiquer au monde.

La prière vigilante, persévérante de tous les instants. Celle-ci accompagnera la lecture des Écritures qui révèleront tout ce qui est psychique, ce dont le chrétien se séparera aussitôt en obéissant implicitement à la lumière reçue. Selon qu’il est exposé à ce passage : « Vous avez purifié vos âmes en obéissant à la vérité par l’Esprit. »

Porter chaque jour sa croix. En toutes circonstances, et remporter une victoire décisive sur les œuvres de la chair et sur tout autre péché, en même temps que l’Esprit de Dieu poursuit son œuvre de séparation, et enseigne à marcher selon l’esprit.

  Lorsqu’Il était encore ici bas, le Seigneur invita à plusieurs reprises ses disciples à porter la croix. Il montrait par là comment s’accomplit l’œuvre de séparation sur l’autel, pour que le Souverain Sacrificateur armé de la Parole, l’épée à deux tranchants fasse l’œuvre nécessaire.




LA CROIX ET LES AFFECTIONS



Celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. (Mt 10.38-39)



    C’est à l’occasion du départ des douze disciples, qu’Il envoie vers les brebis perdues de la maison d’Israël, que le Seigneur fait retentir l’appel à porter la croix. Il avertit ses messagers des tribulations qui les attendent. Les ennemis d’un homme seront les membres mêmes de sa famille, dès que les droits de Christ s’opposeront à la volonté de sa famille, dès que les droits de Christ s’opposeront à la volonté des siens. L’heure viendra que les difficultés surgiront, qu’il faudra faire un choix entre ce que Dieu demande et ce que veulent les parents : peut-être un père, une mère ? L’épée est là qui va faire son œuvre de séparation. Obéissant à l’appel, le disciple prendra la croix et suivra le Seigneur jusqu’au crucifiement (1)

Même si la décision prise élève une barrière entre lui et les siens, en provoquant la discorde et la mésintelligence.

    Telle fut la part du Seigneur. Lui qui a ordonné d’honorer père et mère, dut prononcer un jour ces paroles sévères : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » Alors que ceux-ci croyant qu’Il tombait en défaillance le faisait appeler, ne comprenant point que les affaires de Son Père devait avoir le pas sur toute autre chose. Placer Christ avant la famille, avant les droits familiaux divise. Ces divisions entraînent une souffrance intime, profonde qui est bien comme une épée transperçant l’âme. L’élément charnel, psychique de l’affection est alors détruit. L’âme purifiée s’ouvre à l’amour divin sous l’action du Saint-Esprit, et ceux qu’elle aime, elle ne les aime plus pour elle-même, ni pour eux-mêmes, mais pour Dieu et en Dieu.

    La vie intérieure a fait place à une autre vie, d’ordre supérieur. L’âme avec sa personnalité, capacité subsiste. Mais, maintenant, elle reçoit l’impulsion de l’Esprit de Christ, dernier Adam qui habite l’esprit, au lieu d’être animé de la vie animale héritée du premier Adam (1Co 15.45-48).

    Dans l’évangile de Luc, l’action de la croix sur les affections psychiques humaines est mieux définie, elle est décrite avec plus d’énergie. C’est le mot haïr qui y est employé. Le Seigneur dit : « Si quelqu’un veut venir après moi et s’il ne HAIT pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs et même SA PROPRE VIE, il ne peut être mon disciple » (Lc 19.20) Ici, le mot grec est psukhê ; il s’agit donc de la vie psychique.

    Dans le passage de l’évangile de Mathieu, il est surtout question de choix, de préférence, de première place. Le Seigneur fait appel à la volonté : il faut choisir entre Lui et les membres de la famille, Lui donner la première place dans le cœur, sinon Le servir est impossible. Cette idée est exprimée par les mots ‘’PLUS QUE MOI’’ Mais dans Luc, c’est surtout sur l’ACTION du disciple que le Seigneur met l’accent : une décision virile concernant l’élément naturel, psychique des affections. Il faut haïr sa vie pour que les affections soient purifiées, sanctifiées. Le disciple qui veut suivre pas à pas le Seigneur haïra donc sa vie psychique, pour que, dans le domaine des affections, elle soit séparée de l’esprit. En échange de cette vie qu’il hait, qu’il perd de propos délibéré, le disciple trouve une vie plus pure, plus puissante dans le domaine spirituel. Il est fait participant de la vie de Christ, et il connaît à son tour, cet amour insondable dont Christ a aimé le monde : AMOUR PUR, DÉSINTÉRESSÉ, OU LE MOI N’A PLUS DE PLACE. C’est de cette façon en Christ, qu’il aime à son tour, les siens.




LA CROIX ET L’ INTÉRÊT PARTICULIER


Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui–même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. (Mt 16.24-25)



    Nous trouvons, aussi, cette nouvelle déclaration, dans l’évangile de Mathieu. Elle est provoquée par les paroles de Pierre essayant de détourner Jésus du chemin du calvaire : « A Dieu ne plaise, cela ne t’arrivera pas ! » C’est alors que Jésus avertit ses disciples que pour le suivre, il faut renoncer à soi-même. Voilà bien le mot qui résume toute la vie psychique : SOI-MÊME ; Le MOI sous toutes ses formes : faire de soi le centre, tout ramener à soi, se prendre en pitié, rechercher son intérêt particulier, reculer devant la souffrance, vouloir sauver sa vie au lieu d’aller de l’avant, en la répandant même jusqu’à la mort en faveur des autres, si elle est désireuse d’être en bénédiction.

    Choisir le chemin du calvaire pour l’amour de Jésus, c’est renoncer à soi, à la vie du moi pour avoir en échange la vie de Christ. Elle est prompte au sacrifice, prête à se répandre en faveur des autres, désireuse d’être en bénédiction !

    Nous trouvons à nouveau dans l’évangile de Marc, les mêmes termes que dans l’évangile de Mathieu. Dans celui de Luc, le mot quotidien est ajouté. Nous voyons par là que l’immolation, le crucifiement du MOI est de tous les instants, c’est une œuvre qui se poursuit.. L’aspect est ici différent de celui qui est exposé dans Romains, au chapitre six, ainsi que dans les autres épitres. Dans ces livres, la mort du vieil homme est présenté comme un fait accompli, qui se vérifie à mesure que l’enfant de Dieu se reconnaît comme mort au péché, et vivant pour Dieu, en Jésus-Christ.




LA CROIX ET LES BIENS ICI-BAS



 Souvenez–vous de la femme de Lot. Celui qui cherchera à sauver sa vie la perdra, et celui qui la perdra la retrouvera. (Lc 17.32-33)



    Voici une déclaration du Seigneur presque identique aux précédentes concernant l’intérêt propre, l’instinct naturel de la conservation, l’attachement aux biens de cette vie. « Souvenez-vous de la femme de Lot » dit Jésus, pour illustrer cette tendance à vouloir sauver ce qu’on possède à l’heure du danger.

    Or, dans ce domaine de la vie spirituelle supérieure, pour gagner, il faut perdre. Naturellement, l’homme cherche ses trésors ici-bas, ceux-ci suffisent à la vie psychique. Sur les pas de Jésus, il est amené à y renoncer. Dans ce domaine aussi, la séparation de l’âme et de l’esprit doit s’accomplir. Elle est manifestée par l’attitude à l’heure de l’épreuve. « Vous avez souffert avec joie qu’on vous ravit vos biens….. » est-il écrit dans l’épître aux Hébreux, chapitre dix verset trente-quatre.

    Cette attitude de désintéressement total vis-à-vis des biens terrestres, manifeste souvent un plus haut degré de la grâce divine, que le sacrifice de la vie ;

     L’attachement de l’âme non régénérée aux choses de cette vie est inné. Il faut cependant renoncer, perdre sa vie, pour gagner la vie de Christ, laquelle pénétrant l’esprit, atteint l’âme, et lui communique un tel sentiment d’abondance, qu’à l’heure de l’épreuve tous les trésors terrestres semblent insignifiants à côté des biens éternels.

    Se laisser presque uniquement absorbé par le travail de la maison et les choses de cette vie, au détriment du royaume de Dieu, est une manifestation évidente de vie psychique prédominante. Tout amour pour les affaires de cette vie (amour nécessaire cependant) , toute tendance à se laisser ensevelir dans les choses terrestre, appelle à l’action du Souverain Sacrificateur et l’intervention de l’épée à deux tranchants : la Parole de Dieu. Une fois l’œuvre achevée, l’âme est tellement séparée de l’esprit, que tout naturellement, celui que le  Seigneur a racheté à grand prix, « s’attache aux choses d’en haut. » A son tour il expérimente ce que dit l’apôtre : « vous êtes mort et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu »




LA CROIX ET L’AMOUR DE SOI


Celui qui aime sa vie (psukhé) la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. (zoé, la vie supérieure, éternelle) Jn 12.25



    Dans ce passage nous trouvons les deux vies qui peuvent animer la personnalité : la vie psychique (naturelle) ou la vie éternelle (divine). La vie naturelle, animale manifeste l’amour de soi, ‘’celui qui aime sa vie’’, c’est celui qui s’aime soi-même. Précédemment nous avons étudié la vie psychique se manifestant dans les affections de la famille, les intérêts privés, l’attachement pour les biens terrestres, toutes choses pouvant se résumer en ces mots : ma famille, moi, mes biens, avec à la base, et en tout, l’amour de soi ;

    Or, le Seigneur nous enseigne que toutes ces choses sont une perte, une perte éternelle, car elles procèdent de la vie héritée du premier Adam. Cette vie contaminée par le péché reste telle, même chez ceux qui se sont appropriés la mort au péché et ne marchant pas selon la chair (Rm 6) Même en eux, la vie naturelle pénétrant dans le domaine des affections, se manifestera par l’amour de soi, l’attachement aux choses terrestres, l’intérêt personnel et par d’autres manifestations d’un vie qui rayonne autour du MOI. Il y a bien là le péché, quoique les manifestations en soit moins apparentes : puisqu’elles ont leur source dans l’intelligence et les sentiments et non dans le domaine charnel.




LE CHEMIN DE LA LIBERTÉ



14  Car l’amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts ;

15  et qu'il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux–mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux  (2Co 5.14-15)



    L’œuvre de séparation de l’âme et de l’esprit est faite par le Seigneur Lui-même. C’est son Esprit qui interprète la Parole de Dieu, épée vivante pénétrant dans les recoins les plus cachés de l’être immatériel.

    Mais il est nécessaire que l’homme collabore activement à cette œuvre de délivrance. L’Esprit de Dieu ne peut agir que si l’homme y consent. Voici les conditions nécessaires de cette collaboration :

    1° Se rendre compte que la séparation de l’âme et de l’esprit est nécessaire et, en vivant sacrifice, consentir à l’œuvre du Sacrificateur.

    2° Vouloir sans restriction et virilement ce que Dieu veut, aussi longtemps que l’œuvre de purification se poursuit.

    3°Maintenir la croix comme base selon qu’il est écrit dans Romains 6.1-14. De même que le croyant s’est reconnu mort au péché (Rm 6.11) et qu’il veille à ce que le péché ne règne plus en son corps mortel, la chair étant crucifiée avec ses affections (Gal 5.4) de même, il doit se reconnaître comme mort au péché plus subtil du domaine de l’âme, dont les manifestations sont moins grossières ; à toutes les formes d’amour propre, de vanité, d’égoïsme ; à tout son amour excessif de la famille ; à tout ce qui absorbe le croyant et le menace de prendre la première place, laquelle n’appartient qu’à Dieu seul.

    4° Une fois les conditions ci-dessus remplies, veiller :

--à employer immédiatement toute lumière reçue, de crainte qu’inutilisée, elle ne soit plus discernée.

--marcher vers le but sans défaillance.

--vivre sa foi et élaguer, éliminer avec persévérance, tout ce que l’Esprit de Dieu révèle comme devant l’être ; toute intrusion de vie naturelle, résolu à ne plus être animé que par la vie de Christ. « Je suis le Cep, vous êtes les sarments » dit le Seigneur.

    5° En toutes choses, chercher à marcher selon l’esprit, à différencier ce qui est psychique de ce qui est spirituel, afin de choisir l’un et de rejeter l’autre, comprendre les lois de l’esprit, pour y marcher est devenir vraiment spirituel.

    Tandis qu’il remplit les conditions nécessaires, l’enfant de Dieu s’aperçoit qu’il est vraiment devenu une nouvelle créature (ou création). La puissance de la croix, entant qu’épée de l’Esprit, maniée par le Souverain Sacrificateur a accompli l’œuvre de séparation entre l’âme et l’esprit. Elle a atteint la vie psychique naturelle, jusque dans les jointures et les moelles, jusqu’aux recoins les plus cachés jusqu’aux moelles des affections ; jusque dans l’intelligence et les pensées, intentions et conceptions, les résolutions et les sentiments. Et maintenant, avec une facilité de plus en plus grande et avec joie, le disciple accomplit ce que Dieu demande, portant chaque jour la croix selon qu’il est conduit. Discernant mieux chaque jour qu’il est mort avec Christ, son esprit se sépare chaque jour de l’âme, pour s’unir d’avantage au Seigneur ressuscité : Esprit vivifiant, et devenir un même esprit avec Lui. Donc, un instrument de choix pour l’action de Christ, dans un monde qui meurt loin de Dieu, et dont les besoins sont immenses.




LE CHRÉTIEN SPIRITUEL (pneumatikos)



L'homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n'est lui–même jugé par personne.

(1Co 2.15)

Que le Dieu de paix vous sanctifie lui–même tout entiers, et que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus–Christ ! (1Thes 5.23)



    Nous avons dans les Thessaloniciens l’un des deux passages qui, dans nos versions, déclarent formellement que l’homme se compose de trois parties, et énumèrent celles-ci dans l’ordre original. Il est frappant que cet ordre est généralement renversé par nombre d’enfants de Dieu qui, en citant ce verset ou dans leurs prières, demandent d’être sanctifiés corps, âme et esprit. La pensée naturelle décrit inconsciemment les conditions de la nature déchue, jusqu’à ce que, illuminé par le saint Esprit, l’esprit de l’homme reprenne enfin sa place dominante dans la pensée, et dans les autres manifestations de la vie.

    La prière de l’apôtre pour les Thessaloniciens, montre ce que doit être le chrétien spirituel. Car Paul ne pourrait demander rien de moins pour aucun de ses autres convertis, c’est-à-dire qu’ils soient sanctifiés parfaitement. De même, il écrit aux Colossiens qu’il travaille à les rendre parfaits en Christ ; (le mot original traduit par parfait implique l’épanouissement définitif, la maturité —Col 1.28-29) Pour que l’esprit, l’âme et le corps soient gardés irréprochables, il faut que l’être soit sanctifié parfaitement. Ce qui signifie :

    1° Que l’esprit est devenu le tabernacle du saint Esprit, grâce à l’œuvre rédemptrice du Fils.

    2° Que l’âme, la personnalité, est influencée, animée par le saint Esprit dans le sanctuaire de l’esprit. De sorte que :

a)      l’homme ne veut plus que ce que Dieu veut.

b)       L’intelligence a été illuminée, régénérée par le saint Esprit

c)      les émotions sont parfaitement maîtrisées.

    3°Que le corps est parfaitement dominé, gouverné par le saint Esprit qui, du temple de l’esprit où Il règne, atteint l’enveloppe terrestre par l’avenue de l’âme. (1Cor 9.27) Désormais, les membres, au lieu d’être des instruments d’iniquité sont devenus des instruments de justice (Rm 6.13) et par là le corps, lui aussi est devenu réellement le temple du saint Esprit (1Co 6.19)

    Tel est le croyant spirituel, celui qui a atteint la maturité. Sanctifié parfaitement, esprit, âme et corps, il est conservé irréprochable (non pas infaillible !) par le Dieu de paix demeurant en son esprit.



COMMENT L’HOMME PSYCHIQUE DEVIENT-IL SPIRITUEL ?



    Mais comment l’homme changera-t-il de sphère d’activité ? Comment, du domaine de l’âme, passera-t-il dans celui de l’esprit ? Comment deviendra-t-il spirituel ?

    « L’homme spirituel est celui qui se distingue de ses semblables en ceci : que chez lui, l’esprit domine » écrit Fausset. Ce qui ne signifie pas que l’Esprit de Dieu gouverne l’homme naturel, mais que l’esprit régénéré, plus puissant que l’âme et le corps, peut lui-même gouverner ceux-ci. C’est ici l’objet de la prière de l’apôtre en faveur des Ephésiens : « qu’ils soient puissamment fortifiés par le saint Esprit en l’homme intérieur »

    L’homme spirituel marche donc selon l’esprit, lequel besogne si intimement avec le saint Esprit, que le dernier Adam, Esprit vivifiant, peut librement et parfaitement animer toutes les facultés : pensée, imagination, raisonnement, jugement. Il manifeste par elles l’expression la plus haute, la plus parfaite de la volonté divine.

    Il est évident que pour atteindre ce niveau de croissance, il n’est pas suffisant de saisir le côté négatif de l’action divine décrite dans Hébreux 4.12 : cette division de l’âme et de l’esprit que nous venons d’étudier. Il faut aussi s’approprier le côté positif exposé dans les passages des Thessaloniciens cités plus haut (1Thes 5.23). Il faut que le Dieu de paix ait sanctifié complètement, en prenant possession de l’être tout entier : l’esprit, l’âme et le corps. Alors, ceci, animés par Lui, sont devenus capables de fonctionner normalement.

    « Celui qui est uni au Seigneur, est avec Lui, un même esprit » (1Cor 6.17) « Vous êtes morts à l’égard de la Loi, par le corps de Christ, pour être unis à un autre, savoir à Celui qui est ressuscité des morts. » (Rm 7.4). Ces passages exposent ce qui doit être l’union spirituelle avec Christ, laquelle est le résultat et le but ultime, du sacrifice de la croix.

    Cette union avec le Seigneur ressuscité et glorifié est d’ordre essentiellement spirituel. C’est dans la mesure que le croyant est séparé, dégagé, de l’enveloppe de l’âme, qu’elle est pratiquement réalisée. « Le Seigneur ressuscité ne peut être considéré comme l’ Époux de l’âme. Celle-ci, siège de la personnalité, n’est que le vaisseau, l’instrument dont Il se sert pour manifester sa propre Vie qui, unie à l’esprit du croyant, porte de bons fruits à la gloire de Dieu » (Stockmayer).

   L’homme spirituel est donc celui qui a été dégagé de l’enchevêtrement de l’âme. Ou, comme le définit Bromley qui écrivait en 1774 : « C’est celui dont l’esprit a été élevé hors des atteintes de l’âme et qui est uni au Seigneur : une union d’essence, esprit avec esprit, de telle sorte que l’âme et l’esprit ne font plus qu’obéir à la volonté, à la vie, à l’amour du Seigneur Lui-même…)

    A la lumière de ce qui précède, le contraste entre les œuvres de la chair et le fruit de l’Esprit, tel que nous le trouvons dans Galates 5 ;18-24, est des plus frappants. La chair agit, besogne sans cesse pour porter ses fruits impurs, réaliser ses manifestations répugnantes. Alors que chez celui qui a expérimenté Romains (la chair crucifiée) et Hébreux 4.12 (le moi crucifié, la séparation de l’être immatériel), l’esprit est uni à l’Esprit du Seigneur et porte le fruit de charité, joie, paix, patience, douceur, bonté, fidélité, bénignité, tempérance :manifestations spontanées, de vie divine par l’âme (la personnalité)

    Le mot grec traduit tempérance (ëgkrateia) implique la maîtrise de soi, la continence, chose qui est énumérée avec le fruit de l’esprit. Nous voyons par là que Dieu se sert de l’âme comme moyen de contrôle. Il est donc évident que la personnalité, le moi ne sont pas supprimés, détruits, mais anoblis. C’est par l’âme que se manifestent l’amour, la joie, la paix ; mais ces fruits procèdent du saint Esprit et résultent de son action.

     Bien des passages des Écritures montrent ce que deviennent les facultés de l’âme lorsqu’elles sont animées par le saint Esprit. C’est ainsi qu’il est question de ferveur d’esprit, (Rm 12.11) des décisions de l’esprit, (Actes 19.21) de l’esprit de foi, 2Cor 4.13) de la charité dans l’esprit, (Col 1.8) toutes activités spirituelles qui se manifestent par l’âme, la personnalité, la sagesse par la pensée ; la décision par la volonté ; l’amour par les parties affectives de l’être et la joie qui relève du domaine des émotions. Mais en dernière analyse toutes ces choses ont leur source dans les profondeurs éternelle de l’esprit. Elles procèdent de l’esprit qui les manifeste dans le domaine de l’âme.

   


LES LOIS DE LA VIE SELON L’ESPRIT

 


    Parvenu à ce degré de croissance, il est nécessaire que le croyant connaisse les lois de l’esprit, qu’il sache marcher selon l’esprit. C’est là, pour lui, une question capitale. Autrement, il risque de ne pouvoir collaborer avec le saint Esprit, et par-là, donner aux esprits séducteurs, une occasion favorable d’action. Par exemple, il se laissera prendre au piège des contrefaçons de vie spirituelle, contrefaçons psychiques qu’il ne discernera pas et qui le placeront, à nouveau, sous la domination de l ‘âme.

    L’homme spirituel est celui qui est conduit par l’esprit, il n’est pas gouverné par le corps, ni par l’âme. Mais ceci ne signifie pas qu’il ne peut se laisser entraver à nouveau par la vie psychique, si ignorant des lois de l’esprit, il ne les observe pas. Il doit donc être capable de discerner expérimentalement entre l’esprit, l’âme et le corps. Il doit garder l’esprit libre, accessible à l’Esprit de Dieu et savoir quelles sont les conditions d’esprit nécessaires à une collaboration continue avec le saint Esprit. Il discernera les attaques des esprits mauvais qui chercheraient à détruire sa communion avec Dieu ; à l’accabler, à le faire retomber dans le domaine psychique ; à paralyser son activité, et à provoquer la passivité spirituelle ; ou, au contraire, à produire une excitation de mauvais aloi ; une activité intense, malsaine ; tout ceci dans le but de le rendre inutile pour le service de Dieu, et de briser sa résistance dans la lutte contre les puissances des ténèbres.

   1°-- Pour marcher selon l’esprit, il est évident qu’il faut le connaître, prendre garde à ses indications, veiller à ne pas l’éteindre. Si, par exemple, quelque fardeau l’oppresse, l’accable et que le chrétien parte à ses obligations sans y prendre garde, son travail lui paraîtra particulièrement difficile à exécuter, impossible même. De sorte qu’il devra s’arrêter pour se rendre compte de ce qui se passe. Il aurait dû s’inquiéter immédiatement des indications de l’esprit, et se libérer par la prière de tout fardeau venant de l’ennemi.

    2°-- Il est nécessaire de comprendre le langage de l’esprit, de savoir tout de suite lorsque le contact avec l’Esprit de Dieu est interrompu, pour déjouer, aussitôt, l’adversaire. Ce  que veut celui-ci, c’est faire déchoir l’esprit. C’est lui ôter le gouvernement, lui faire perdre l’équilibre.

    3°-- Il faut savoir si l’esprit est touché par le poison des esprits du mal injection de tristesse, de souffrance, de mécontentement, d’aigreur, de sensiblerie, d’amertume, d’orgueil blessé de ressentiment, de jalousie etc…Il faut savoir résister à toute tristesse, toute idée noire, tout murmure injecté dans l’esprit, car le fruit de la vie victorieuse d’un esprit affranchi, c’est la joie (Gal 5.22) Si le croyant sait marcher selon l’esprit, les choses énumérées ci-dessus, lorsqu’elles se produisent, ne manifestent plus les œuvres de la chair, mais l’action des esprits mauvais sur l’esprit. Toutefois, elles ne tardent pas à atteindre la chair, si leur origine n’est pas discernée et si elles ne sont pas combattues énergiquement.

    4°-- Il faut se rendre compte si l’esprit occupe sa position normale de domination sur l’âme et le corps et veiller à ce qu’il ne soit pressé outre mesure par les exigences de l’action ou de l’ambiance. Il y a très particulièrement trois conditions de l’esprit que le croyant doit pouvoir discerner immédiatement pour agir aussitôt :

a)   l’état de dépression, d’oppression, l’esprit tiré en bas, poussé en bas.

b)  l’état normal, l’esprit dans la position convenable, le bon équilibre de son fonctionnement

c)  l’état d’excitation, l’esprit hors d’équilibre, du fait qu’il est pressé ou agité exalté ou distrait

   L’homme qui marche selon l’esprit et discerne ces divers états, sait comment élever l’esprit aux heures de dépression. Il sait comment s’opposer à l’excitation, à l’exagération, par un acte de volonté, quand l’équilibre est menacé : soit par excès de zèle, surmenage, soit à cause des attaques d’ennemis spirituels.

    L’esprit peut être comparée à la lumière électrique. Est-il en contact avec l’Esprit de Dieu ? Il est éclairé ! Ce contact est-il détruit ? C’est la nuit ! Lorsque l’Esprit de Dieu habite en l’homme, son esprit est, selon l’expression du livre des Proverbes : une chandelle (ou lumière) du Seigneur (Pro 20.27)

    L’esprit peut être encore comparé à l’élastique : longtemps trop tendu, il cesse de réagir, perd son ressort, ses qualités, son élan. Il n’est plus l’animateur, le moteur de la vie. Aussi, dès que l’enfant de Dieu reçoit quelque accablement, qu’il en cherche de suite la cause. SI, en un instant de dépression on lui demandait : « souffrez-vous physiquement ? » il répondrait probablement que non, mais qu’il se sent déprimé, lié, qu’il ressent un poids intérieur. Qu’est-ce donc qui est lié et déprimé ? Ne serait-ce pas l’esprit ? L’esprit peut être accablé ou exultant, comprimé ou dilaté, dans sa position normale ou déplacée, lié ou libre. Les possibilités, les potentialités de l’esprit de l’homme ne sont connues que lorsque celui-ci, uni au Christ, s’exerce à l’action. Et, fortifié par le saint Esprit, combat les puissances des ténèbres.




L’HOMME SPIRITUEL A ATTEINT LA MATURITÉ EN CHRIST.



    L’apôtre Paul, parlant de l’homme spirituel dit qu’il a atteint la stature parfaite en Christ. Dans sa première lettre aux Corinthiens, il souligne le contraste frappant qu’il y a entre le chrétien charnel et le spirituel. Le premier ne peut être nourri que de lait, c’est-à-dire des éléments de l’évangile, le second reçoit les choses profondes de Dieu, lesquelles ne peuvent être enseignées avec les paroles de la sagesse humaine. Elles sont communiquées par l’Esprit, interprétant ce qui est spirituel, à ceux qui sont spirituels. Il s’agit, ici, de choses, de faits, de phénomènes aussi réels que ce qui est tangible, matériel. (1Cor 2.10-12) L’apôtre affirme que l’homme psychique ou animal, ne peut recevoir les choses de l’Esprit, pas plus que ne le peuvent les enfants en Christ. (1Cor 2.14) car elles semblent folies pour la sagesse et l’intelligence humaine. Seuls, ceux qui sont spirituels peuvent les discerner et les examiner. Car elles peuvent être examinées, aussi bien que les choses du domaine matériel. « Celui qui est spirituel examine toutes choses » dit l’apôtre. Étant capable, avec le secours du saint Esprit, de remonter jusqu’à leur source, leur origine spirituelle, il peut percer le voile de ce qui frappe les yeux et tombe sous les sens, pour atteindre les vérités spirituelles qui sont la cause déterminante. Tandis que l’homme psychique, celui qui ne dispose que de l’intelligence naturelle ( non régénéré par l’Esprit de Dieu) ne peut voir au-delà de ce qui est de son domaine. Il ne peut discerner, analyser, juger, que dans le domaine naturel, rien de plus.

    « L’homme spirituel juge de toute chose » On pourrait aussi traduire ‘’a atteint la maturité du discernement’’. SI nous recherchons dans les épitres de Paul tout ce qui est dit concernant l’homme spirituel, celui qui a atteint la stature parfaite, nous verrons que la séparation de l’âme et l’esprit est la condition du degré ultime de croissance, que la maturité spirituelle est constamment alliée à la connaissance, au jugement, au discernement, à l’enseignement des choses spirituelles, lesquelles ont leur répercussion sur l’âme. Celle-ci a constamment le besoin d’être purifiée de la vie psychique inférieure (animale) pour que la pensée, les facultés intellectuelles et affectives puissent recevoir cette sagesse d’en Haut, qui est l’une des prérogatives du chrétien spirituel.

    « Nous prêchons la sagesse parmi les parfaits » 1Cor 2.6) « Ne soyez pas des enfants pour l’intelligence, soyez des hommes faits » (1Cor 14.20) «C’est Lui que nous annonçons, exhortant tous les hommes, et les instruisant dans toute la sagesse, afin de les rendre tous parfaits en Jésus-Christ » (Col 1.28) « La nourriture solide est pour les hommes faits, savoir pour ceux qui, s’y étant accoutumés, ont l’esprit exercé au discernement » (Hé 5.14) « Nous tous donc, qui sommes parfaits, ayons ce même sentiment (cette même pensée) (Phil 3.15) Le mot grec pour pensée est le même que celui de 1Corinthiens 2.6. Conybase dit ici « On pourrait aussi traduire : « Nous tous qui avons achevé notre développement intellectuel, notre croissance. Parfait est donc ici l’antonyme, le contraire du mot bébé. L’apôtre demande que les Colossiens soient remplis de la connaissance de sa volonté, avec toute sagesse et intelligence spirituelle (Col 1.9) C’est celui qui est spirituel qui est chargé de reprendre quiconque est tombé dans le péché. Car, seul, il a la sagesse nécessaire pour agir avec la fidélité requise, parce qu’il voit le péché sous le jour où Dieu le voit, tout en aimant le pécheur. (Gal 6.1)

    En Ephésiens, l’apôtre écrit : « jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’hommes faits, à la mesure de la stature parfaite du Christ. » (Eph 4.13) Ici, à nouveau, la connaissance est liée à la croissance, et à la plénitude de Christ ! L’unité de la foi qui doit caractériser le corps de Christ, et déterminer sa parfaite stature,  ne pourra exister que lorsque chaque membre, individuellement, aura  atteint son parfait développement et sera devenu spirituel, lorsque en chaque membre l’esprit dégagé de l’âme s’unira parfaitement au Seigneur ressuscité ; que l’âme (l’intelligence et toutes les facultés) sera uniquement conduite par l’esprit régénéré, parce que la vie inférieure du premier Adam sera complètement dominée subjuguée.




L’HOMME SPIRITUEL EST PARFAIT (OU ACCOMPLI) DANS L’AMOUR



    Le mot traduit par parfait en 1Corinthiens 2.6, mot qui signifie complet, achevé, que l’apôtre Paul associe constamment aux qualités d’intelligence, de connaissance, est allié par l’apôtre Jean au mot amour. (traduit aussi charité) L’enfant de Dieu doit être « parfait dans l’amour »  (Jn 4.18) et l’amour parfait bannit la crainte. Cet amour donne aussi de la confiance, de l’assurance au jour du jugement. Jean nous montre donc, que chez celui qui est spirituel, toutes les affections sont purifiées et pénétrées d’amour divin. Elles sont complètement dominées, pénétrées par cet amour qui a sa source en Dieu. « Dieu demeure en nous et son amour est accompli (parfait ) en nous » écrit l’apôtre. C’est dire que l’âme est parfaitement remplie jusqu’en la mesure de sa capacité.

    Mais il est dit plus encore. Il ne montre pas seulement que l’amour divin qui réside dans l’esprit, pénètre, jusqu’à l’âme et la remplit, il montre encore ce que c’est que de vivre et de demeurer dans le domaine où l’on a conscience de Dieu  « Dieu est amour, écrit-il, et celui qui demeure  dans l’amour demeure en Dieu et Dieu en lui. (1Jn 4.16)Celui qui est spirituel et parfaitement animé par cet esprit d’amour, demeure donc en Dieu. Toutefois, s’il donne accès à quelque élément de nature psychique inférieure, si les attaques des esprits mauvais réussissent à interrompre sa communion avec Dieu, si la crainte ou la haine interviennent, il redescend aussitôt dans le domaine de l’âme. Dès qu’il s’en aperçoit, qu’il retourne à la croix pour que l’élément psychique, cause de perturbation, y soit crucifié et détruit.

    Ainsi, tandis qu’il se met au bénéfice du Sang de Christ (selon 1Jn 1.7) pour être purifié de ce qui est péché au regard de Dieu, qu’il revête aussi l’armure divine pour remporter la victoire sur toute la puissance des ténèbres. (Eph 6.10-20)





LE CHRÉTIEN SPIRITUEL EST PARFAIT DANS L’ UNITÉ AVEC TOUS LES AUTRES CROYANTS



    Le croyant spirituel est parfait dans l’unité de l’esprit avec les autres membres du corps de Christ. Le Même mot traduit par parfait dans 1Corinthiens 2.6, est employé par le Seigneur dans la prière sacerdotale, lorsque sur le point de quitter les siens, Il laisse voir la grande pensée qui remplit son Cœur à leur endroit : « Comme Toi, ô mon Père tu es en Moi et que je suis en Toi, qu’eux aussi soit accomplis dans  l’unité ! (Jn 17.21-23) (parfaits en un)

    L’union qui existe entre le Père et le Fils, union d’essence, Esprit avec Esprit, est aussi celle qui doit unir les croyants ensemble et à Dieu. Il est impossible de se méprendre sur le langage du Seigneur. Il dit : « Qu’ils soient un comme nous sommes un. » Ceci implique que le Père et le Fils demeurent dans l’esprit du croyant par le Saint-Esprit, en une union parfaite, et que cette même union spirituelle unit tous les croyants. Le chrétien n’est donc pas seulement UN avec Christ en Dieu qui est amour, mais aussi avec les autres rachetés qui demeurent en Dieu. Par conséquent, le chrétien ne peut demeurer parfaitement en Dieu, si, de quelque manière, la vie psychique trouve accès en lui, et y porte ses fruits : divisions, esprit de parti, scission….. (Jacques 3.17 ; Galates 5.20)




LE CHRÉTIEN SPIRITUEL ‘’MARCHE DANS LA LUMIÈRE’’




    C’est encore au sujet de l’homme spirituel que l’apôtre Jean écrit : « Si nous marchons dans la lumière comme Il est lui-même dans la lumière, nous avons une communion mutuelle, et le sang de Jésus-Christ nous purifie de tout péché. » (Jn 1.7) Seul, l’homme qui vit dans le domaine spirituel où l’on a conscience de Dieu, peut marcher dans la lumière. Tout retour dans le domaine de l’âme, peut être comparé à une éclipse. C’était la lumière, le plein jour et tout à coup voici les ténèbres. L’esprit qui était uni à la Lumière a été précipité en quelque vaisseau opaque semble-t-il, où il est recouvert comme d’un voile épais, d’un nuage et la lumière en est obscurcie. Mais celui qui demeure en Dieu marche dans la lumière, et par celle-ci, il est en communion avec tous ceux qui sont aussi dans la lumière. Le Sang de Jésus accomplit sans cesse son œuvre de purification de tout péché inconscient : souillure provenant de la vie psychique ou du contact avec le péché de l’environnement. (s’il s’agit de péché commis, le remède est indiqué dans 1Jn 1.9)

    Dieu est lumière et il n’y a pas de ténèbres en Lui. Celui qui aime demeure dans la lumière. Et c’est ici la vie d’Ascension, la vie cachée avec Christ en Dieu, qu’enseigne l’apôtre. Le Seigneur l’avait aussi annoncé à ses disciples, dans la chambre haute de Jérusalem, lors des adieux ; et quelques jours après, Il accordait ce qu’Il avait annoncé, par le baptême du Saint-Esprit.  Cet influx du Saint-Esprit en l’esprit des apôtres, les souleva hors de la vie psychique, au-dessus d’eux-mêmes, et les unit, en esprit, au Seigneur glorifié. Alors, vraiment ils demeurèrent en Lui et Lui en eux et le monde crut ! Témoins de l’unité des disciples, unité rendue parfaite dans l’Amour qui bannit la crainte, des personnes en grand nombre se convertirent en les voyant marcher dans la lumière, une lumière telle que l’égoïsme coupable d’Ananias et Saphira ne put y subsister.

    Considérant ce qui précède, l’importance capitale qu’il y a pour l’église et pour Christ, à ce que les chrétiens atteignent la maturité spirituelle pour entrer chacun à sa place respective dans le corps mystique dont Christ est le Chef, la Tête, il est aisé de comprendre la nécessité de différencier l’âme de l’esprit, et les choses qui procèdent de l’un et  l’autre domaine. C’est lorsqu’il ne vit plus selon la chair, ni dans le domaine naturel, animal (psychique) que l’enfant de Dieu peut devenir spirituel, capable de discerner son esprit, de comprendre les indications de celui-ci et d’examiner toutes choses. C’est alors, qu’affranchi de la domination de l’âme et du corps, il peut être sanctifié parfaitement, et, au point où il est parvenu, s’avancer vers une perfection plus grande encore, selon que l’exprime Philippiens 3.14-16

    Quel est le temps normal du développement spirituel ? De longues années sont-elles nécessaire pour passer du stage initial de la nouvelle naissance, jusqu’en cette phase de maturité, où l’esprit libéré, uni au Seigneur, exerce une parfaite domination sur l’âme et le corps ? Nous ne pouvons rien préciser à ce sujet. Toutefois, la façon dont l’apôtre s’exprime dans sa lettre aux Corinthiens, et ce qu’écrit l’auteur de l’épître aux Hébreux impliquent le blâme à l’endroit de ceux qui se sont attardés dans la période du premier âge. Ils sont encore charnels écrit l’apôtre. Ils ont encore besoin de lait, parce qu’ils sont restés faibles spirituellement parlant, alors qu’ils devraient être passés maîtres, et pouvoir guider d’autres âmes….Ces lignes prouvent que la première période peut durer plus ou moins longtemps. Il est probable que la mesure de vérité saisie, appropriée, et la connaissance d’une part, le degré de consécration d’autre part, déterminent sa durée. Il ressort clairement du langage de l’apôtre, que l’attitude du croyant a une grande répercussion sur ses progrès. A ceux qu’il vient de reprendre à cause de leur négligence à écouter, (de sorte qu’ils en sont encore aux éléments), il dit « laissant les premiers principes de la doctrine de Christ, tendons à la perfection » (Héb 4.1) Paroles presque identiques à celles qu’emploie l’apôtre dans sa lettre aux Philippiens : « Je cours vers le but » Il ne s’arrête pas, il ne considère pas qu’il a atteint la perfection bien qu’il ait pu écrire : « Nous tous qui somment parfaits » (ou parfaitement développés) ; « Nous tous qui sommes parfaits, ayons ce même sentiment et courons vers le but, le prix de la vocation céleste en Jésus-Christ »   





L’HOMME SPIRITUEL ET LE CORPS SPIRITUEL



    Le corps spirituel dont sera revêtu le croyant, lors de la résurrection (1Cor 15.34) est l’aboutissement logique du développement que nous venons d’étudier. « Ce qui est spirituel n’est pas le premier » écrit l’apôtre, mais ce qui est animal. Ce qui est spirituel vient après. (verset 46) Les enfants en Christ sont encore charnels, mais lorsqu’ils ont compris Romains 6, ils cessent de marcher selon la chair et se laissent guider par l’Esprit. Puis, ils recherchent la séparation de l’âme  d’avec l’esprit et deviennent enfin spirituels. L’intelligence est renouvelée, l’âme et le corps deviennent des instruments dociles dont Dieu peut se servir et par quoi Il peut s’exprimer. L’ordre qui présida à la création de l’homme est rétabli. C’est-à-dire que le Saint-Esprit règne à nouveau sur l’esprit de l’homme, comme à l’origine. Il règne aussi su l’âme (la personnalité) et sur le corps redevenu  le serviteur, l’esclave. Maintenant, l’homme est vraiment spirituel. Nous pourrions aussi dire que désormais, il est un esprit qui habite une âme dans un corps mortel.

    L’apôtre Paul annonce clairement la rédemption du corps à l’apparition du Seigneur (1Cor 15.53) « Nous mêmes nous soupirons attendant la rédemption de notre corps » (Rm 8.23) « Nous attendons aussi le Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps vil pour le rendre conforme à son corps glorieux » (Phil 3.20-21)  « Nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons sous le poids, parce que nous souhaitons, non d’être dépouillés, mais d’être revêtus, afin que ce qu’il y a de mortel soit absorbé par la Vie…. » (2Cor 5.4) Le corps reste donc terrestre, mortel, vase d’argile (2Cor 5.4) jusqu’au moment où il est semé dans la terre, à la mort. Après quoi, il ressuscitera corps spirituel. Ou bien s’il est vivant, il sera changé en un clin d’œil, à la venue du Seigneur.

    Mais l’homme spirituel qu’anime et dirige quotidiennement le Saint-Esprit, peut recevoir chaque jour d’avantage, les arrhes de cette rédemption future. En effet, le corps aussi est touché, vivifié, fortifié, par cette vie de l’Esprit d’en Haut selon que l’exprime l’apôtre dans Romains 8 11.  « Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habitent en vous, Celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts vivifiera vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous… » Cette puissance à l’œuvre dans le corps (celle de l’Esprit du Père qui a ressuscité Jésus d’entre les morts) ne peut agir, se manifester que si l’homme perd sa vie (son âme) selon l’expression de Christ, si le corps est bien crucifié avec son Sauveur, de sorte que la voie est libre pour l’action de Celui qui est un Esprit vivifiant.

    « Tandis que nous vivons, écrit l’apôtre Paul, nous sommes constamment livrés à la mort pour l’amour de Jésus, afin que le vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle" (2Cor 4.10-12) Passage qui s’applique exactement à celui qui vit dans le domaine spirituel. De même qu’il faut, humainement parlant, perdre son âme pour que l’Esprit de vie puisse régénérer et vivifier celle-ci, de même, c’est le corps crucifié, qui n’accomplit plus les œuvres de la chair, que l’Esprit peut vivifier. « Portant toujours en nos corps, la mort de Jésus, pour que la vie de Jésus puisse aussi être manifestée… Nous avons encore ici, une application de cette loi divine : perdre pour gagner, mourir pour vivre !

    La perte de l’âme (vie psychique animale) a été graduelle ; graduellement aussi la vie de l’Esprit a pénétré à mesure que Christ, le Souverain Sacrificateur, accomplissait l’œuvre de séparation entre l’âme et le corps. Ainsi en est-il de la mort en ce corps pour l’amour de Jésus. Cette mort est continue, elle se poursuit quotidiennement, constamment, en celui qui court vers le but. « Accablés, au-dessus de nos forces, dans une grande perplexité pour notre vie écrit Paul (2Cor 1.8-9) à ce point que nous n’avons nulle confiance en nous même, mais en Dieu qui ressuscite les morts » C’est dans ces tribulations extrême que Paul fit l’expérience de la Vie de Jésus, pour soutenir et vivifier le corps mortel. C’est le Saint-Esprit qui guide le disciple, en ce chemin où il est amené à désespérer de lui-même, au point de ne regarder qu’à Jésus, et à vivre de sa Vie. « Nous sommes constamment livrés à la mort, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle. De sorte que la mort agit en nous et la vie en vous…. »

    La mort dont parle l’apôtre est pénible pour la chair. Mais celui qui est spirituel, est capable de discerner les choses profondes de Dieu, comprend que la double action de mort et de vie a des résultats éternels pour le Seigneur et pour les siens.

    1° Dans la mesure où la mort agit, la vie de Jésus peut librement pénétrer de l’esprit jusqu’à l’âme (facultés, émotions) et par celle-ci atteindre le corps mortel et le vivifier. La vie est communiquée aux autres aussi bien qu’au chrétien lui-même. C’est un courant de vie qui se communique à l’église de Christ, les fleuves d’eaux vives promis par le Seigneur (Jn 7.38)

    2° Nous avons dans cette action vivifiante, régénératrice sur le corps mortel, les arrhes de l’Esprit, le corps étant, par-là, préparé pour cette heure où ce qui est mortel sera englouti par la vie. Selon ce qu‘écrit l’apôtre : « Celui qui nous a formés pour cela, c’est Dieu, qui nous a aussi donnés les arrhes de son Esprit. (2Cor 5.4-5)




DE QUELQUES DANGERS DONT EST MENACE CELUI QUI EST SPIRITUEL



    Lorsque l’esprit règne à nouveau sur l’âme et le corps, l’enfant de Dieu n’est pas, de ce chef sorti du temps de la lutte, mais il entre dans un nouveau domaine où elle se poursuit de façon plus subtile. Ce combat est indiqué dans l’épître aux Ephésiens (6.10-18) Au commencement de l’épître, le disciple est assis avec Christ dans les lieux célestes. (2.6) Un peu plus loin, nous le trouvons au sein de la bataille. Il nous est montré combattant contre les légions spirituelles mauvaises, en ayant à déjouer les ruses et les artifices dans les lieux célestes.

    Ce qui prouve qu’une fois devenu spirituel, c’est surtout dans le domaine de l’esprit, et contre des pièges et des ennemis spirituels, que le chrétien doit se tenir en garde. Esprits ennemis qui cherchent à l’égarer avec des difficultés d’ordre spirituel, bien plus qu’avec des tentations charnelles : ce combat de la chair indiqué dans Galates 5.17

    Le but que se propose alors la puissance des ténèbres, c’est d’amener de façon ou d’autre, le chrétien spirituel à redescendre sur le terrain psychique, dans le domaine de l’âme, c’est-à-dire à se laisser influencer à nouveau par les émotions, les sentiments, l’intelligence, par tout un monde, sauf par l’esprit, habitacle du Saint-Esprit.

   Il est donc de la plus haute importance que l’enfant de Dieu soit sur ses gardes, qu’il sache que les esprits séducteurs peuvent donner, dans le domaine de l’âme, une contrefaçon d’esprit. Il pénètreront d’abord et par ruse dans l’homme extérieur, pour, de là, gagner l’âme. Ils provoqueront des émotions qui paraissent spirituelles, mais qui ne le sont pas. Quand ces émotions ont acquis droit de cité, elles peuvent devenir si fortes, qu’elles empêchent de saisir les indications de l’esprit. Elles peuvent le réduire au silence ! S’il ignore la tactique de l’ennemi, le chrétien s’attachera à cette contrefaçon et ne marchera plus selon l’esprit.

    Lorsque, celui-ci, inutilisé, ne se fait plus entendre, les esprits mauvais suggèrent que Dieu guide par l’intelligence renouvelée. Ils essaient par ce moyen, de couvrir leur intrusion et la passivité de l’esprit. En même temps, ils enveloppent la pensée d’une contrefaçon de lumière, suivie d’une imitation de raisonnement et de jugement, cependant que la victime s’imaginera qu’elle marche toujours dans la lumière et selon les directions de Dieu, ne discernant pas qu'elle obéit à des impulsions psychiques
    Le danger n'est pas moindre avec les sensations physiques que l'ennemi peut provoquer pour imiter les intuitions de l'esprit. Le croyant qui n'en discerne pas la source et accepte ces sensations purement physiques, se laisse alors guidé par la chair à son insu. Pour déjouer ces ruses, il faut être en garde contre toutes répercussions psychiques conscientes, des choses du domaine de l'esprit ; et même contre tout sentiment psychique excessif de ce qui est du domaine naturel. Que le chrétien soit donc vigilant, afin de ne pas tomber en aucun de ces pièges. Toute sensation physique excessive empêche la concentration de la pensée. C'est par ce genre d'attaque que l'ennemi entraîne indûment l'attention de l'enfant de Dieu dans le domaine des sens, empêche le fonctionnement normal de la pensée et enveloppe l'esprit d'un nuage. Il est donc nécessaire de contrôler le corps et de le maintenir dans le calme. C'est dans cet ordre d'idées que nous conseillons d'éviter les grands accès de rire, les grandes démonstrations de joie, la précipitation, la hâte et tout ce qui excite une action purement psychique de façon à éclipser, à rejeter au second plan, la pensée et l’esprit. Que ceux qui veulent demeurer sur le terrain spirituel, et atteindre la perfection en Christ, évitent avec soin tous excès, toutes exaspération et tous extrêmes, dans tous les domaines (1Cor 9.25-27)
    Lorsque le chrétien ne discerne pas la source des sensations surnaturelles ressenties en son corps, et que ce qui est du domaine physique reprend la première place, il se trouve que le corps est appelé à fournir le travail de l'esprit, pendant que le fonctionnement normal de celui-ci est interrompu. C'est le corps qui sent lorsqu'il y a fardeau ou combat; c'est lui l'intermédiaire!! Que les croyants apprennent donc à faire la différence nécessaire, et à discerner ce qui se passe vraiment dans l'esprit, de ce qui est du domaine des émotions (psychique), ou du domaine des sens (physique) Lire attentivement Marc 8.12 : "Jésus soupira en son esprit."  Actes 16.18 :""Paul était pressé en son esprit."
    Par ignorance, la majorité des croyants suivent les indications de l'âme : intelligence, émotion, tout en croyant marcher selon l'esprit. A cause de l'appauvrissement qui en résulte, (puisque l'homme se trouve alors privé de l'énergie spirituelle) Satan et ses démons travaillent à les y maintenir. Ou, s'ils vivent dans le domaine de l'esprit, à les faire redescendre sur le terrain psychique et même physique. Aux heures d'adoration, l'ennemi évoquera des visions, ou il provoquera d'exquises sensations physiques de joie, d’exaltation, dans le temps d'intercession ... etc... Voilà quelques-uns des moyens qu’emploient Satan et ses légions
    Or, toutes les choses surnaturelles qui viennent de l'extérieur, toutes les imitations des choses spirituelles dans le domaine des sens, atteignent la vie intérieure selon Dieu et la tiennent en échec. Pris au piège des contrefaçons, l'enfant de Dieu retombera dans le domaine des choses sensibles, et à son insu, ne collaborera plus avec Dieu. Alors l'esprit qu'anime le Saint-Esprit n'agit plus, ne guide plus, ni dans les choses de cette vie, ni dans la lutte contre la puissance des ténèbres. Il est comme emprisonné.
    Même lorsqu'il est séparé de l'âme et qu'il a repris la première place, l'esprit peut cesser momentanément de collaborer avec le Saint-Esprit, en se laissant influencer par les esprits mauvais. Supposons que de l'une des façons déjà indiquées ou de toute autre, une interruption de collaboration se soit produite entre l'Esprit de Dieu et le chrétien, Celui-ci se conduira donc d'après les seules indications de son esprit, privé du secours divin, et si l'esprit est puissant, il s'imaginera qu'il manifeste la puissance divine, absente en réalité (surtout si, de quelque façon son activité est bénie pour le salut des âmes) Ressent-il par exemple un courant d'indignation ? Il s'y livrera sans retenue, pensant que cette impulsion vient de Dieu. Il n'a pas discerné l'immixtion de la puissance des ténèbres. Parmi ses auditeurs certains ont de suite perçu que cette note de dureté ne procédait pas de Dieu. Cette immixtion de l'ennemi peut se produire à tout moment : dans le temps de la prière, lorsqu'il y a combat, ou durant l'exhortation, si l'orateur manque de vigilance. Il se trouve alors qu'une puissance démoniaque a influencé l’orateur, soit par une attaque directe contre son esprit, soit par une attaque sur l'âme : les émotions, etc
    Celui qui veut marcher avec Dieu a besoin de savoir ces choses pour être sur ses gardes, et, le cas échéant , éviter le piège. Il doit savoir que dans le domaine spirituel deux puissances sont à l’œuvre. Que, justement, parce qu'il est spirituel, son esprit est accessible à l'une ou à l'autre. S'il s'imagine que le Saint-Esprit seul peut l'influencer, il est sûr de s'égarer. Si dans les sphères spirituelles, Dieu seul agissait, l'homme deviendrait infaillible. Or, il est exhorté à la vigilance et à la prière, à avoir ''les yeux de l'entendement ouverts'' pour comprendre les directions divines, toutes choses incompatibles avec l'infaillibilité. 
    Que le chrétien ne néglige pas d'étudier ce qui nous est révélé de la guerre  dans les lieux célestes, dans l'épitre aux Ephésiens. Qu'il s'efforce de connaître expérimentalement ce que veut dire l'apôtre par ''toute l'armure de Dieu,'' cette armure que le chrétien est appelé à revêtir, afin de pouvoir tenir ferme ''au mauvais jour'' contre tous les assauts de l’ennemi!
    Le but que poursuit actuellement l'Esprit de Dieu, c'est le perfectionnement des membres du corps de Christ, leur maturité, pour que l'avènement du Seigneur puisse se produire, le règne millénaire de Christ s'établir. Cohéritiers avec le Seigneur, nous règnerons aussi avec Lui, pour le plus grand bien de ce monde : Satan qui séduit les hommes et les nations sera jeté dans l'abîme, la paix règnera enfin, et la volonté de Dieu se fera sur la terre comme au ciel. ''Alors les royaumes de ce monde seront soumis au Seigneur et à son Christ''!
    Oui Seigneur Jésus! Viens promptement!  
AMEN.

Affranchi! Affranchi en Jésus:
Une même plante avec Lui en Sa mort;
Ressuscité en puissance de vie,
Et recevant le souffle de Son Esprit,
Alors l'esprit devenant puissant, 
Par Sa vie, force vivifiante
L'âme et le corps sont dominés;
La chair a cessé de lutter.

Affranchi, affranchi en Jésus:
Uni au Ressuscité, 
Triomphant par la prière, 
Sa victoire devient la mienne,
Sa glorieuse liberté me rend libre,
Au-dessus des ténèbres qui règnent;
Car maintenant la loi du péché et de la mort
A été vaincue par Sa vie.

                                                 Mary MARSH