jeudi 27 octobre 2016

EN CHRIST par T. Austin-Sparks chapitre 1

Une Expression Fondamentale : « En Christ »

                 Aucune phrase, aucune expression ne se rencontre dans le Nouveau Testament plus souvent que cette petite locution « en Christ ». Elle se présente sous des formes diverses, du fait de la traduction, suivant les prépositions qui sont employées, par exemple « par Christ » ou « avec Christ ». Quelquefois elle apparait sous une forme différente, même dans l'original. C'est ainsi qu'on aura : « en Christ Jésus », ou « en Lui », ou telle autre forme équivalente. Mais, dans les quelques deux cents passages où cette expression apparait, le principe est le même. Dans tout le domaine de la foi chrétienne, il n'y a rien qui soit plus expressif, mais il n'y a rien non plus qui soit plus mal compris et dont la valeur soit plus méconnue.

                  Dans une déclaration qui est le couronnement de tout ce qu'on peut dire et penser de la question, les Écritures nous apprennent que Dieu a réuni et rassemblé toutes choses « en Christ », et qu'en dehors de Lui, il n'existe rien qui puisse prétendre à une place quelconque dans son dessein éternel. Tout ce qui se rapporte à ce dessein éternel — les déroulements, les méthodes, les ressources, aussi bien que le temps et même l'éternité — sont christocentriques :

La création est en Christ.
La vie est en Christ.
La «gloire de sa grâce » est en Christ, (Éphésiens 1 :6).
La justice est en Christ.
La sanctification est en Christ.
L'espérance est en Christ.
Les bénédictions spirituelles sont en Christ.
La consolation est en Christ.
La paix est en Christ.
La prière efficace est seulement en Christ.
La force et les richesses sont en Christ.
Le dessein éternel est en Christ.
La nouvelle création est en Christ.
Les promesses sont en Christ.
C'est en Christ seulement qu'il n'y a plus de condamnation.
C'est en Christ qu'il y a un seul Corps.
La persévérance est en Christ.
La récapitulation de toutes choses est en Christ.
Les liens dans l'affliction sont en Christ.
La réponse au « qui nous séparera ?... » est en Christ.
C'est en Christ que l'homme est « devenu parfait ».
La collaboration dans le ministère est en Christ, (Romains 16 :9).
Il y a les assemblées qui sont en Christ.
Il y a les morts en Christ.
C'est en Christ qu'il y a un seul homme nouveau.
C'est en Christ que nous avons tout pleinement.

                  Le contexte de cette expression nous conduit jusque dans le passé éternel, et nous fait parcourir tous les siècles, jusque dans l'éternité future.

C'est en Christ, avant la fondation du monde, que Dieu nous a élus (Éphésiens 1:4 ; 1 Pierre 5 :13).

                    A travers le temps et par la croix, ce fait éternel et céleste devient une réalité littérale et une expérience personnelle. La Parole de Dieu exprime la chose en des termes qui, d'une part, représentent toute une face particulière de la vérité, et d'autre part, marquent la progression dans la vie spirituelle ; le principe est toujours le même.

« ...Identifiés avec Lui dans la ressemblance de sa mort. » (Romains 6 :5).
« ...Vivifiés ensemble avec Lui. » (Éphésiens 2 :5).
« ...Ressuscités ensemble dans le Christ Jésus. » (Éphésiens 2 :6).
« ...Assis ensemble… dans le Christ Jésus. » (Éphésiens 2 :6).
« ...Réunir en un. » (Éphésiens 1:10).
« ...Parfaitement unis. » (1 Corinthiens 1:10).
«...Tout l’édifice bien ajusté ensemble… dans le Seigneur. » (Éphésiens 2 :21).
« ...Étant unis ensemble. » (Colossiens 2 :2).
« ...Édifiés » (Éphésiens 2 :20).
« ...que nous vivions ensemble avec Lui. » (1 Thessaloniciens 5 :10).
« ...Travaillant à cette même œuvre (avec Lui). » (2 Corinthiens 6 :1).
« ...Combattant ensemble d'une même âme. » (Philippiens 1 :27).
« ...Assemblés en son Nom. » (Matthieu 18 :20).

                     A la fin de cette économie, quand tout ce qui précède aura eu son accomplissement, nous atteindrons le point culminant en étant « enlevés tous ensemble avec Lui. » (1 Thessaloniciens 4 :17). L'éternité enfin pointe à l'horizon, et nous voyons, dans Romains 8 :17, que nous sommes « glorifiés avec Lui ».

                    Nous nous souvenons de la déclaration de Paul : « En Adam — en Christ », expression qui est, en réalité, non pas de Paul, mais de « l'Esprit de vérité » ; de l'Esprit de Dieu. C'est, d'une part, l'ordre de choses qui nous rattache par nature à Adam et à l'ancienne création ; d'autre part, un ordre de choses nouveau et distinct, qui est la conséquence de notre incorporation à Christ.

«EN ADAM »

« Dieu lui insuffla un souffle de vie. » (Genèse 2 :7).
« Le premier Adam, une âme vivante. » (1 Corinthiens 15 :45).
« Le jour où tu mangeras, certainement tu mourras. » (Genèse 2 :17).
« Tous meurent en Adam. » (1 Corinthiens 15 :22).
« La loi du péché et de la mort. » (Romains 8 :2).
« Il n’est que chair. » (Genèse 6 :3).
« Moi… vendu au péché. » (Romains 7 :14).
« Le vieil homme qui se corrompt. » (Éphésiens 4 :22).
« L'homme naturel...l’affection de la chair» (1 Corinthiens 2 :14 ; Romains 8 :6)
« Dans ma chair... rien de bon. » (Romains 7 :18).
« De la chair... la corruption. » (Galates 6 :8).
« Ce qui est né de la chair est chair. » (Jean 3 :6).
« La fin de ces choses, c'est la mort. » (Romains 6 :21).

«EN CHRIST »

«Il souffla en eux, et leur dit : Recevez l’Esprit Saint.» (Jean 20 :22).
«Le dernier Adam... un esprit vivifiant. » (1 Corinthiens 15 :45).
«Nouveauté de vie. » (Romains 6 :4).
«Tous revivront en Christ. » (1 Corinthiens 15 :22).
«La loi de l’Esprit de Vie. » (Romains 8 :2).
«Non pas selon la chair, mais selon l’Esprit. » (Romains 8 :4).
«Par l’Esprit » est la vie victorieuse. (Romains 8).
«L'homme nouveau, créé dans la justice et la sainteté. » (Éphésiens 4 :24).
«L'homme nouveau. » (Colossiens 3 :10).
«Nouveauté d'Esprit. » (Romains 7 :6).
« ... par la conformité à sa résurrection. » (Romains 6 :5).
« ... ont crucifié la chair. » (Galates 5 :24).
«Notre vieil homme a été crucifié. » (Romains 6 :6).

                    Toutes ces expressions, qui ne sont que de simples citations des Écritures, mettent en lumière le fait que Dieu a établi une séparation absolue entre les deux ordres de choses ; ils s'excluent l’un l’autre. Un examen attentif de ces passages nous aidera en outre à reconnaitre cet autre fait capital : c'est qu'aucun homme ne peut vivre la vie chrétienne. Il n’y en a qu’Un qui puisse vivre cette vie-là, c'est Christ Lui-même. Notre incorporation doit être une expérience si réelle que ce soit Lui, en définitive, qui vive sa vie par nous, membres de son Corps, de telle sorte que les paroles bien connues se vérifient pour nous : «Pour moi, vivre, c'est Christ. » Quand le forgeron a mis un fer dans le brasier, c'est à la fois le feu qui est dans le fer et le fer qui est dans le feu. Il en est de même pour nous, nous devons réaliser premièrement la position qui nous a été réservée à la croix, avant que Christ puisse manifester sa vie à travers nous.

Christ Doit Être Manifesté à Travers les Croyants

                    Il est très important de reconnaître une vérité sur laquelle Christ a placé une importance considérable, c'est que, en fait, Il n'a jamais eu l’intention d’être hors de ce monde à nouveau après y être entré une fois afin d’en faire son héritage légitime. Il est venu pour le racheter, pour y affirmer sa souveraineté, aussi bien que pour initier, continuer et achever de le ramener effectivement sous sa souveraineté. Tout cela doit se faire par sa propre présence, par sa manifestation sous quelque forme que ce soit. S'Il a beaucoup parlé de son départ, de son retour auprès du Père, Il s'est exprimé avec non moins de clarté quand Il a dit par exemple : «Voici, moi je suis avec vous tous les jours avec vous jusqu'à la consommation du siècle» ; (ou « jusqu'à la fin de cette économie ») (Matthieu 28 :20). Plus tard, parlant de «ce mystère caché de tout temps et dans tous les âges » (Colossiens 1 :26), Paul dira que sa grande caractéristique c'est «Christ en vous, l’espérance de la gloire » (verset 27).

                    La présence physique de Christ dans le monde avait un double but. Dans un avenir assez rapproché, — à la Pentecôte — Il allait manifester sa présence au milieu des siens d'une façon permanente et définitive, il s'agissait donc premièrement d'expliquer à ses disciples quelles seraient, après les jours de sa chair, la nature, les méthodes et les ressources de sa présence permanente au milieu des siens, aussi bien que les lois qui régleraient leurs rapports avec Lui. Il importait aussi qu'ils comprissent la raison d'être de cette divine présence et la puissance qu'elle représenterait pour eux.

                     La présence physique personnelle de Christ dans le monde a été tout d'abord pour manifester la nature, la méthode, les moyens, les lois, le but et la puissance de sa présence permanente au-delà des jours de sa chair, et d'autre part pour rendre cela possible et effectif par l’œuvre de sa Croix.

                    Celui qui était venu de Dieu fait voir la nécessité d'être « de l'Esprit » si la volonté de Dieu doit être faite sur la terre comme elle est faite dans les cieux. Il montre en même temps quelle est la nature de cette nouvelle naissance. D'autre part, au seuil-même de son ministère, Il place la croix sous la forme imagée du baptême. A partir de ce moment-là, toutes ses paroles et tous ses actes s'éclairent de la lumière de la croix et jaillissent de sa puissance. L'enseignement de Christ ne sera efficace et les œuvres faites en son Nom ne seront durables que si c'est la croix qui en est le fondement. Essayer de propager « la doctrine de Jésus » ou d'accomplir ses œuvres en méconnaissant tout ce que ce fondement de la croix représentait pour Lui, c'est travailler en vain ; jamais le Père n'agréera de tels efforts.

                    Nous aurons à reprendre cette pensée plus tard. Qu'il nous suffise maintenant de comprendre ceci, c'est que, ayant, par sa présence personnelle et physique, posé les bases de son œuvre à venir et montré quelle en serait la nature, Jésus a, par la croix, accompli quelque chose qui a permis aux hommes d'atteindre le même plan sur lequel Il était Lui-même et de se mouvoir dans le même domaine. Il a ensuite échangé sa présence individuelle et séparée contre une présence corporative et universelle. C'est ainsi qu'a vu le jour « l'Église qui est son corps », instrument permanent de son incarnation universelle. C'est la seule sorte d'Église qu'Il reconnait : ceux qui sont attachés au Seigneur et un seul esprit avec Lui. La nature de cette union fera également l'objet de nos considérations ultérieures. Le terme « corps » employé ici n'est pas une simple métaphore. Les membres de son corps sont, pour Christ, exactement ce que nos corps physiques sont pour nous-mêmes : des moyens d'action, ou d’expression, des organes servant à la manifestation extérieure de notre personnalité. Cette vérité-là jette un jour tout nouveau sur bien des choses et va nous permettre de les apprécier à leur vraie valeur. Elle établit d'emblée des différences fondamentales et va jusqu'à la racine de notre vie et de notre service. Les expressions si courantes « travailler pour le Seigneur » — « prier le Seigneur », représentent des formes de ministère qui sont, en apparence, très communes. En réalité, leur rendement est gouverné par une loi beaucoup plus profonde. Il ne faut pas croire qu'il suffise d'entrer dans l'œuvre de Dieu, d’accomplir ses plans, d'établir son programme, d'organiser son temps, de mettre sur pied une entreprise chrétienne pour que, nécessairement, le sceau et la bénédiction de Dieu viennent couronner nos efforts. Prier comme bon nous semble, fut-ce avec une ferveur qui nous arrache des larmes est loin de suffire pour nous assurer la réponse divine. Faute de réaliser cela, des quantités de personnes en sont venues à désespérer de tout, parce qu'elles ne reçoivent aucune réponse à leurs prières, ou voient leurs labeurs les plus assidus demeurer stériles.

                    En révélant les lois qui gouvernaient sa propre vie et qui en expliquaient l’efficacité, le Maître a attribué une importance considérable au fait que ses paroles et ses œuvres n'étaient pas de Lui-même, mais du Père ; c'est le Père qui parlait, c'est le Père qui faisait les œuvres. Une étude approfondie de l'évangile selon Jean ne laisse subsister aucun doute à cet égard. Jésus dit : «Le Fils ne peut rien faire de Lui-même, II ne fait que ce qu'Il voit faire au Père. » Cette connaissance se rapporte aussi bien à la chose à faire qu'à la manière de la faire, et au moment où il fallait la faire. Car le quand et le comment ont autant d'importance que la chose elle-même. Jésus a établi très clairement que, s'il pouvait en être ainsi pour Lui, c'était parce qu'Il demeurait dans le Père. C'est pour cela qu'en pensant à l’avenir de son œuvre, Il pria que ses disciples demeurassent en Lui.

                    A la base d'une existence féconde, d'un ministère béni, d'une vie de prière efficace, on trouve toujours cette loi : notre union avec Christ doit être telle que nous ne ferons rien d'autre que ce qu'Il fait, Lui, — mais que nous le ferons sans y manquer. Nous devons, dans notre esprit, savoir ce que Christ fait. Comment Il le fait, quels sont les moyens qu'Il emploie, et quel est son moment à Lui pour cela. De plus, nos prières doivent être les prières du Seigneur Lui-même, formulées en nous et par nous par le Saint-Esprit. Il ressort très clairement des Écritures que c'est sur cette base que se mouvait les assemblées des temps apostoliques. Nous ne pourrons y atteindre nous-mêmes que si nous acceptons de passer au crible, même au prix de remettre entièrement en cause, tout ce qui prétend se faire au nom de Jésus. Ensuite, il s'agira pour nous de ne plus rien entreprendre du tout, tant que la pensée du Seigneur ne se sera pas fait connaitre. Le résultat, alors, manifestera un rendement de cent pour cent, avec des fruits qui ne périront jamais. Pour l'exécution des plans de Dieu dans cette économie il y a un seul organe, un seul Corps, avec un seul Chef, une seule Tête : Christ. Il appartient à chaque membre de réaliser, d'une façon toujours plus complète, la vraie portée de son incorporation à Christ, le vrai sens de cette identité de nature.

                     Il nous est dit expressément, dans la Parole de Dieu, de «revêtir l'homme nouveau », et il nous est dit que cet «homme nouveau », c'est Christ. Ce n'est là qu'une manière différente d'exprimer la grande vérité dont nous nous occupons, «en Christ ». Vérité qui porte avec elle toute une révélation en ce qui concerne les ressources pratiques qui entrent en jeu.

                     Christ est notre rédemption, «Il a été fait pour nous... rédemption. » (1 Corinthiens 1:30 ; Romains 3:24 ; Éphésiens 1:7 ; Colossiens 1:14). Christ est notre justice, (1 Corinthiens 1 :30; Éphésiens 4 :24; Philippiens 3 :9). Christ est notre sanctification, (1 Corinthiens 1 :2, 30). Christ est notre foi, (Marc 11 :22 – litt. : «Ayez la foi de Dieu ») ; Actes 26 :18 ; Galates 2 :20 litt. : « – dans la foi du Fils de Dieu » ; Éphésiens 1 :15 ; Philippiens 3 :9 ; Colossiens 1 :4).

                    On peut faire la même observation pour beaucoup d'autres éléments essentiels de la vie chrétienne : L'amour, l'espérance, la sagesse, la pensée (ou plus exactement la « manière de penser »), la puissance, l'autorité, la gloire. Ceux qui désirent voir la chose de plus près examineront avec profit les références dans les différentes traductions, ou, mieux encore, l’original, pour ceux qui le peuvent. Le fait essentiel auquel nous voulons en venir, c'est que, dans toutes ces choses, pour peu que certaines conditions soient réunies, nos ressources humaines se révéleront absolument insuffisantes et devront fatalement être abandonnées. Mais nous avons en Christ un moyen nouveau capable de nous rendre vainqueurs, de nous faire triompher sur tous les points. Qu'il survienne, par exemple, un temps d'adversité, notre foi ne résistera pas longtemps aux assauts de l’épreuve et à la constante pression de toutes sortes de choses. Tandis que, si nous vivons « par la foi du Fils de Dieu », le résultat sera tout autre. Des pierres de touche de toutes sortes manifesteront au grand jour si nous vivons par sa foi devenue nôtre, ou s'il y a un point faible dans notre union avec Lui. Il en est de même dans tous les autres domaines. Quelle bénédiction de réaliser que nous avons « EN CHRIST » toute une réserve de vertus et de grâces à notre disposition et parfaitement aptes à nous sauver de notre médiocrité ! C'est à cela que l'apôtre fait allusion quand il nous exhorte à « nous dépouiller du vieil homme, et à revêtir l’homme nouveau, qui est créé à l'image de Dieu ».

QUELQUES PRÉPOSITIONS SIGNIFICATIVES

                    Nous avons, jusqu'ici, été guidés, à travers notre sujet, par trois petites prépositions grecques : ek = hors de, en dehors de ; en = en, dans ; et sun = avec, ensemble. En fait, cette grande vérité de notre union corporative avec Christ tourne tout entière autour de ces trois prépositions. Ce sont elles qui en expriment la nature, et qui représentent les lois fondamentales d'une vie spirituelle vraiment féconde. Peut-être ferions-nous bien de les examiner de plus près avant d'aller plus loin. Christ a prononcé certaines paroles et accompli certains actes qui étaient tout à fait caractéristiques de sa mission comme «Fils de l'Homme ». Mais Il a pris grand soin d'écarter de l'esprit de ses disciples la pensée que ces paroles et ces actes fussent de son propre fonds. Il a formellement répudié toute suggestion qu'il put en être ainsi.

1. Ek

Quant à sa personne, Il affirme à plusieurs reprises : « Je suis venu de Dieu. » (Jean 7 :29 ; 8 :42 ; 17 :8 etc.).

Quant à son apostolat (Hébreux 3 :1) ; Il se dit « envoyé de Dieu » (Gr.Apostello) : Jean 3 :17, 34 ; 5 :36 ; 6 :29, 57 ; 7 :29 ; 8 :42 ; 10 :36; 11 :42; 17 :3, 8, 18, 21, 23, 25 ; 20 :21).

Quant à sa vision : «Le Fils ne fait que ce qu'Il voit faire au Père. » (Jean 5 :19).

Quant à ses œuvres : «Les œuvres de mon Père. » (Jean 5 :36, 37 ; 9 :3, 4 ; 10 :25, 32, 37 ; 14 :10).

Quant à ses paroles : «Je ne parle pas de moi-même. » (Jean 8 :28, 38; 12 :49; 14 :10; 17 :8, 14).

Quant au Royaume : «Mon Royaume n'est pas de ce monde. » (ek, hors de, dans le sens de l'origine, la provenance). (Jean 18 :36).

Qu'il en soit de même pour tout le reste, c'est ce qu'atteste Jean 17 :7: «Maintenant, ils ont connu que toutes choses viennent de Toi... »

                     Le principe fondamental, ainsi mis en lumière par cette déclaration générale, c'est que seul ce qui vient de Dieu est reconnu par Dieu, accomplit le dessein de Dieu, atteint l'objectif divin, et finalement, retourne à Dieu. Ce qui suppose donc qu'il y a d'autres sources que Dieu. Par opposition aux déclarations qui précèdent, au sujet de ce qui vient de Dieu, le Maître a prononcé des paroles comme celles-ci :

                    1. « Vous êtes de (ek, exprimant l'origine) votre père le Diable. » — «Vous faites les œuvres de votre père. » (Jean 8 :41, 44).

                    2. «Pas de moi-même. » (Jean 8 :28). Cette parole, naturellement, ne se rapporte pas à Jésus en tant que Fils de Dieu, mais en tant que représentant de l’homme, envoyé par Dieu «dans une chair semblable à celle du péché ». Sa divinité est hors de cause ici. C'est là justement que porta l'effort constant de l'ennemi : tâcher de l'amener à agir « selon la chair », comme agirait un homme. S'il avait réussi à Lui faire violer le principe de sa dépendance de Dieu, il aurait pu avoir raison de Lui. Mais Jésus a toujours refusé d'agir sur le principe de la chair. Il ressort donc clairement, et les Écritures tout entières s'accordent sur ce point — que le produit de la chair ne peut pas trouver grâce devant Dieu, même quand il se manifeste sous des formes religieuses, et par l'organe d'entreprises « chrétiennes ».

                    3. Enfin, il y a « le monde », dont il est constamment question dans le même sens. Une bonne part de ce qu'il produit est rejetée de Dieu et livrée au jugement. Voyez l'expression « du monde » (indiquant l'origine) dans le chapitre 17 de Jean, et poursuivez cet examen dans les épitres de Jean. Un rapprochement avec l'enseignement de Pierre et de Paul vous montrera assez clairement ce qu'il faut penser du monde et de ce qui vient de lui.

                    Nous sommes donc amenés peu à peu à constater qu'une signification toute spéciale s'attache à «ce qui vient de Dieu ». Il y a là un ordre de choses absolument étranger à la terre.

                    Or, ce qui est vrai de Christ doit avoir sa contrepartie chez tous ceux que Dieu reconnaît pour siens, ou qu'Il emploie, à quelque titre que ce soit, à l'accomplissement de son dessein éternel.
Ils doivent :

1. Êtres nés de Dieu.
2. Être envoyés de Dieu.
3. Avoir reçu de Dieu (révélation spirituelle et vision).
4. Dire les paroles de Dieu.
5. Faire les œuvres de Dieu, et celles-là seulement.
6. Chercher premièrement le Royaume qui est de Dieu.
7. Être bien sûrs qu'en ce qui les concerne «toutes choses sont de Dieu. » (2 Corinthiens 5 :18).

                      Telle était la base sur laquelle les apôtres travaillaient. L’Esprit Saint était venu pour rendre tout cela, non seulement possible, mais réel et actuel. Il ne faut pas chercher ailleurs l'explication du succès de leurs œuvres et de leur témoignage. Ils savaient ce que c'était que d'être «baptisés par un seul Esprit pour former un seul Corps ». C'est Christ qui est la Tête de ce Corps, de sorte qu'en réalité, la Tête souveraine ne fait que poursuivre Son œuvre par le moyen des membres qu'Il s'est ainsi incorporés. Ces premiers chrétiens étaient tous solidaires les uns des autres dans leur activité ; ils n'avaient pas de plans personnels ; toutes ces organisations, ces entreprises, ces initiatives qui, même lorsqu'elles sont « pour Christ » ou « pour le Royaume de Dieu », ou « en son Nom », ne sont, après tout, que le fruit de la pensée de l’homme ou de son raisonnement, ou de son enthousiasme, ils les ignoraient, car, pour eux, tout devait venir directement de la Tête, par une révélation de l'Esprit.

2. En

                    La seconde préposition fait ressortir qu'il en était bien ainsi dans le cas de Christ Lui-même, et qu'il doit de même en être ainsi pour nous. Pour Christ, « en » (en ou dans), représentait une position spirituelle dans laquelle Il demeurait constamment. Cette position spirituelle est sous-entendue dans un grand nombre de passages, tels que les suivants :

« Le Fils unique qui est dans le sein du Père. » (– non pas : « qui était »), (Jean 1 :18).
«Je suis dans le Père. », (Jean 14 :10).
«Je vis par le Père. », (Jean 6 :57).

                    Il faut reconnaître naturellement que cette relation était l'œuvre de l’Esprit Saint. Depuis le moment où l’Esprit Saint descendit sur Christ au Jourdain, chacun de ses pas fut gouverné par l'Esprit. Même à la Croix, c'est « par l'Esprit éternel » qu'il s'offrira en sacrifice. Il demeurait en Dieu, et comme homme, dans son humanité, c'est par l'Esprit que cette attitude était maintenue. Il était, bien entendu, à la merci de tentations, de suggestions, de provocations, d'émotions sans nombre ; comme nous, Il était exposé à des réactions personnelles impliquant des possibilités néfastes et pouvant conduire à l’emploi de méthodes et de ressources purement humaines ; comme nous, Il était soumis aux multiples activités de son intelligence, de son âme, de son corps. Mais son attitude constante fut de maintenir toutes ces choses sous le gouvernement de l'Esprit de Dieu, en se gardant bien de les prendre comme des bases ou des directives de sa conduite. Jamais Il ne se serait fié à ces éléments, pas plus qu'à un homme, du reste, à moins qu'Il n'eut le témoignage de l'Esprit que la chose vint de Dieu. C'est grâce à cette attitude qu'Il s'épargna les échecs, les désappointements, la confusion et le désordre qui s'ensuivent immanquablement aussitôt que « l'homme naturel » (litt. « L’homme de l'âme », par opposition à «l'homme de l'esprit », l'homme spirituel) cherche à s'immiscer dans le monde spirituel. Ainsi, ayant été oint de l’Esprit Saint, Il demeura en Dieu et refusa d'abandonner cette position. C’est ce qui est primordial quant à la plénitude de vie et quant à l’efficacité du service de Dieu.

                   Nous avons exposé le principe général représenté par l'expression « en Christ »,mais nous devons souligner cette contrepartie essentielle que nous trouvons dans la vie de Christ. Comme le Père est, pour ainsi dire, la Tête du Fils, de même le Fils est la Tête du Corps, - l'Église. De même que Lui demeurait dans le Père, ainsi, déclare-t-il, nous devons demeurer en Lui.

3. Sun

                    Nous ne pouvons pas dans ce court exposé traiter de tous les aspects de cette préposition. Elle concerne particulièrement le caractère corporatif du Corps de Christ. Son importance est immense, mais nous sommes obligés de nous limiter à quelques brefs aspects. Nous notons simplement que son utilisation démontre que dans la pensée de Dieu, ceux qui sont « nés d’en haut » ne sont pas autant d’individus séparés et isolés mais qu’ils sont effectivement liés les uns aux autres comme étant membres d’un seul Corps. Ils sont « ensembles », associés les uns aux autres, liés à Christ qui est la Tête du Corps et ainsi nous sommes considérés par Dieu comme associés à l’œuvre rédemptrice de son Fils. Les paroles du psalmiste nous parlent de ce mystère : « Mes os ne t'ont point été cachés lorsque j'ai été fait dans le secret, façonné comme une broderie dans les lieux bas de la terre. Tes yeux ont vu ma substance informe, et dans ton livre mes membres étaient tous écrits; de jour en jour ils se formaient, lorsqu'il n'y en avait encore aucun. », Psaume 139 :15-16. Le développement pratique de cette vérité est exposé à travers tout le Nouveau Testament.

                     L’aspect général de l’expression « en Christ » a été présenté, mais nous devons souligner le caractère corporatif de la vie de Christ. Comme que le Père est la Tête du Fils, ainsi le Fils est la Tête du Corps ; comme Il demeurait dans le Père, nous devons aussi demeurer en Christ. Nous devons nous garder d’agir de façon naturelle, ou de nous laisser influencer par les choses extérieures ; à moins que nous ne les ayons jugées par l’esprit. Ceci s’applique tout particulièrement aux choses spirituelles, car c’est dans ces choses que nous risquons de commettre les plus grandes erreurs. Nos réactions aux sentiments naturels, à notre raison ou encore à notre volonté, à toutes sortes de suggestions, peuvent nous conduire à prendre les mauvaises décisions. Le danger de l’évangélisation, de l’enseignement, et des diverses missions est cette tendance à faire appel aux émotions et à offrir des bénédictions spirituelles, au lieu de mettre en avant les impératifs de Christ et des apôtres.

                    Nombre de décisions ont été prises dans ces conditions, ceci a pour effet une efficacité médiocre lorsque des circonstances difficiles surgissent ; ceci prouve qu’il ne s’agissait pas d’une œuvre de l’Esprit Saint.

                    Nous vivons à une époque où nous entendons parler très souvent de « service chrétien », où il existe un grand nombre d’organisations, de campagnes diverses, d’annonces en tout genre ; beaucoup de temps, d’argent, d’énergie et de moyens variés au nom de la foi chrétienne. Mais comparativement les résultats sont médiocres, et l’ampleur de tous ces moyens utilisés demeure inefficace. La question principale, que chacun devrait se poser, est celle de la source de toute cette activité. Combien de ces actions sont issues de Dieu par la révélation de l’Esprit Saint ? De combien de ces œuvres il peut être affirmé qu’elles sont le résultat de l’initiative de l’Esprit de Dieu ? Est-ce que « l’Esprit Saint dit », « il a semblé bon au Saint Esprit » ? A contrario combien de ce travail est la conséquence de discussions, de planifications, d’impulsions, d’enthousiasme, d’imagination, de philanthropie, d’intérêt pour de bonnes causes ? A la mesure que nous nous identifions en tant que Corps avec Christ, l’œuvre de Dieu sera accomplie d’autant. Beaucoup de choses semblent être des réussites et laissent un sentiment d’un devoir accompli, mais lorsque « le feu » aura fait son œuvre alors il restera que peu de choses qui auront vraiment compté pour Dieu. Cette vérité demeure : « la chair ne profite de rien », nous sommes souvent trompés par les apparences. Ce n’est pas ce qui est fait pour Dieu qui demeurera, mais ce qui est fait par Lui. Notre appel est de demeurer en Christ et de vivre par l’Esprit ; toutes les autres choses découleront de ces positions. Il ne peut y avoir de vie en Christ avant que nous ne demeurions en Lui.

à suivre....

T.A.S.

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