Édition S. DELATTRE
Privas. Ardèche 1933 Edition Numérique Yves PETRAKIAN – France 2011 –
Diffusion gratuite
uniquement en indiquant la source : http://456-bible.123-bible.com/
11. La foi qui saisit
12. Le secret de la prière
de la foi
13. L'incrédulité vaincue
14. Prière et amour
15. L'union dans la prière
16. La puissance de la
prière persévérante
17. La prière en harmonie
avec Dieu
18. La prière d'accord avec
la destinée de l'homme
19. Prière et travail
20. Le but principal de la
prière
XI --LA FOI QUI SAISIT
C’est
pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez dans vos prières avec foi,
croyez que vous l’avez reçu et vous le verrez s’accomplir. (Marc 11:24)
Quelle promesse! Elle est si grande, si
divine, que si nous ne la limitons pas, elle suffit pour convaincre nos cœurs
de ce que l’amour de Dieu veut accomplir pour nous! Recevons-la sans
restriction! Elle nous donnera une force et une énergie dont nous ne nous
doutons pas.
La foi n’est pas seulement une conviction
‘de la vérité de la Parole de Dieu, ou une conclusion naturelle de certaines
prémisses. L’oreille a entendu ce que Dieu veut faire, l’œil le lui a vu
accomplir, dès lors si la foi est sincère, la réponse à la prière viendra.
Seulement veillons à remplir la condition imposée lorsque nous prions
«Ayez foi que vous l’avez reçu» et Dieu
l’accomplira. La note dominante de la prière de Salomon: «Béni soit
l’Eternel, le Dieu d’Israël qui a parlé de sa bouche à David, mon père, et qui
accomplit par sa puissance, ce qu’Il avait déclaré», ( 2 Chroniques 6:4) devrait
être celle de toute prière véritable.
Adorons joyeusement en unissant nos voix.
à ceux qui chantent de cœur: «Ce que sa bouche a dit, sa main l’accomplira».
Ecoutons dans cet esprit-là la promesse de Jésus; chacune de ses paroles
renferme un message divin.
Tout ce que vous demanderez. Dès ce
premier mot notre sagesse humaine se met à douter et à se demander:
«Pouvons-nous prendre cette promesse au pied de la lettre ?» Si ce n’était pas
vrai pourquoi donc le Maître t’aurait-il dit, en employant l’expression la plus
forte: TOUT. Ce n’est pas la seule fois qu’Il s’en sert:
«Tout est possible
à celui qui croit». (Marc 9:23)
«Si vous aviez la foi, rien ne vous serait
impossible». (Mathieu 17:20)
La foi, oeuvre de l’Esprit, agit dans le
cœur du disciple, préparé par la parole divine, si complètement qu’il est
impossible que l’accomplissement de la promesse ne se manifeste pas.
«Tout ce que vous demanderez dans vos
prières, ayez foi... et vous le verrez s’accomplir». La volonté humaine ajoute
volontiers ici certaines restrictions: «Si telle est la volonté de Dieu», «Si
cela nous est bon», tout cela pour affaiblir une déclaration qui pourrait
sembler dangereuse.
Gardons-nous d’en agir ainsi avec les
paroles du Maître! Sa promesse est littéralement vraie. Il veut que son tout,
si souvent répété, pénètre dans notre cœur, pour lui révéler la puissance de la
foi. Le Père met à la disposition de son enfant sa propre force, à la condition
toutefois que son enfant place eh Lui toute sa confiance. Atténuer les paroles
du Père, c’est atténuer la foi elle-même.
«Tout ce que vous demanderez en
mon nom, je le ferai». (Jean 14:13)
Ces paroles sont sans condition, sans
restriction, il faut, seulement les saisir par la foi. Avant d’arriver à croire, nous avons à
chercher quelle est la volonté de Dieu. Croire est l’acte d’une âme vaincue et
soumise à l’influence de la Parole et de l’esprit. Une fois que nous croyons
réellement, rien ne nous sera impossible. Que Dieu nous préserve de rabaisser
son tout au niveau de ce que nous croyons possible. Que le verset de Jean 14:13
soit dès à présent la mesure de ce que doit être notre foi, et nous porterons
des fruits abondants.
«Tout ce que vous demanderez dans vos
prières». C’est par la prière que nous pouvons tout demander; partant, tout
recevoir. Il est évident que la foi doit précéder la prière, et cependant, la
foi, à son tour, est le développement de la prière. Par une communion intime
avec le Sauveur, la foi peut s’emparer de ce qui lui paraissait d’abord
inaccessible.
C’est par la lumière reçue d’En-haut que
nous pouvons sonder les motifs qui ont dirigé nos prières et que nous
prouverons que nous les avons réellement adressées, au nom de Jésus et pour la
seule gloire de Dieu.
Souvent c’est dans la prière que nous
touchons au doigt notre manque de foi, de persévérance, de hardiesse. Celui qui
perd courage à prier ou qui attend d’avoir la foi nécessaire pour obtenir une
réponse, celui-là n’apprendra jamais à croire. Celui qui vient à Dieu avec la
foi qu’il possède fera l’expérience que nulle part le Saint-Esprit n’est
accordé aussi certainement qu’au pied du trône de grâce.
Ayez foi que vous l’avez reçu. Nous devons
croire que nous recevrons la chose même que nous demandons. Le Sauveur ne nous
donne pas à entendre que le Père, parce qu’Il sait mieux que nous ce qui nous
convient, nous donnera autre chose que ce que nous lui demandons. Bien souvent
la paix divine qui inonde notre cœur, est la réponse à certaines supplications,
lors même que nous ne savons pas si notre demande est de celles que Dieu peut
nous accorder. En tant qu’enfants du Père, nous lui présentons journellement
nos désirs pour les mille détails de la vie, nous remettant à sa sagesse pour
nous les accorder ou non.
Mais la prière de la foi, dont Jésus parle
ici, est différente et en quelque sorte d’un degré plus élevé. Jugez-en.
Si notre âme arrive à saisir que rien
n’honore plus le Père que notre conviction arrêtée qu’il tiendra toutes ses
promesses envers nous, qu’il s’agisse des grands intérêts de son oeuvre ou des
moindres détails de notre vie, il ne sera pas difficile à notre âme de croire
que Dieu nous accordera tout ce que nous lui demandons. Le contraire serait
l’offenser! Ces paroles ne sont-elles pas assez claires? Tout... ayez foi que
vous L’AVEZ REÇU.
Ces deux derniers mots auxquels est
attachée une si grande bénédiction, sont d’une importance capitale, et
malheureusement, bien souvent mal compris.
Croyez que VOUS L’AVEZ REÇU à présent,
pendant votre prière même. Il se peut que vous ne voyiez ni ne réalisiez encore,
il se peut que ce ne soit que plus tard que vous touchiez au doigt l’exaucement
de votre prière en en faisant l’expérience personnelle. Mais dès aujourd’hui
vous avez à croire que le Père céleste vous a donné ce que vous lui avez
demandé. Croire à l’exaucement d’une prière, n’est-ce pas le même acte de foi
que celui par lequel nous acceptons de Jésus le pardon et le salut qu’Il nous a
acquis, ou quelqu’autre don spirituel.
Lorsque je supplie Dieu de me pardonner,
je crois que Jésus est mon avocat auprès du Père, qu’Il intercède pour moi. Je
l’accepte comme tel. Si je réclame quelque don qui soit en harmonie avec la
Parole de Dieu, je crois qu’il me sera accordé, je le saisi par la foi et j’en
rends grâces à Dieu.
«Si nous savons qu’Il nous écoute, quelque chose que nous lui demandions, nous le savons parce que nous obtenons ce que nous lui avons demandé». (1Jean 5:15)
Et vous le verrez s’accomplir.
Ce don que nous saisissons d’abord par la foi, certains que nous sommes qu’il
nous a été accordé dans le ciel, deviendra tout aussi certainement nôtre par
une expérience personnelle. Est-il nécessaire de continuer à prier
pour une grâce spéciale lorsque nous avons la certitude que, nous avons reçu ce
qui faisait l’objet de notre demande?
Il est des cas où ce ne sera pas
nécessaire parce que la bénédiction se sera manifestée immédiatement, mais à la
condition que nous en ayons l’assurance en nous-mêmes et que nous montrions
notre foi par nos actions de grâces et nos louanges, pour l’exaucement obtenu,
quand bien même l’expérience matérielle se ferait encore attendre.
Il est d’autres cas où il faut que la foi
qui a reçu son exaucement, soit encore purifiée, épurée et affermie par une
prière persévérante.
Dieu seul sait quel est le bon moment poux
nous accorder la manifestation sensible de la grâce qu’Il accorde à notre foi.
Elie savait que la pluie viendrait, Dieu l’avait promise et pourtant il dut
prier jusqu’à sept fois avant d’en avoir le moindre indice. Sa prière n’était
certes pas formaliste; il y apportait une intensité spirituelle profonde,
ardente et réelle, parce qu’il avait conscience de l’efficacité de la réponse
d’En-haut.
C’est par la foi et par la patience que
nous héritons la promesse. La foi peut dire avec certitude: «Je l’ai reçu», et
la patience persévère jusqu’à ce que le don accordé dans le ciel soit manifesté
sur la terre.
«Ayez
la foi que vous l’avez reçu et vous le verrez s’accomplir». (Marc 11:24)
Entre le: vous l’avez reçu dans le ciel et
le: vous le verrez s’accomplir sur la terre, CROYEZ. La foi est le lien entre
la prière et l'action de grâces.
Lorsque nous levons les yeux vers les
cieux ouverts et vers le Père qui, de son trône, offre, et promet de nous
accorder tout ce que nous demanderons avec foi, rappelons-nous, les cœurs
pleins de confusion, à quel point nous nous sommes peu prévalus de ce
magnifique privilège. À l’avenir, emparons-nous plus complètement de ce que le
Seigneur met si libéralement à notre portée.
Ce qui doit nous rendre joyeux dans
l’espérance c’est que c’est Jésus lui-même qui nous a apporté ce message du
Père; ce même Jésus qui lors de sa vie terrestre menait une vie de foi et de
prière; ce même Jésus qui ayant condamné le figuier, assura à ses disciples
étonnés que par la foi ils pouvaient mener une vie semblable à la sienne, et
donner des ordres aux figuiers, aux montagnes, certains d’être obéis. Jésus est
notre vie, Il vit en nous. Il donne réellement ce qu’Il promet. Par lui, nous
avons la foi, et c’est lui qui la perfectionne en nous. Dès lors que
craindrions-nous?
Cette foi peut devenir le partage de
chacun des enfants du Père, elle est à la portée de tous ceux qui acceptent la
volonté du Père, et se confient à son amour et à sa parole.
Chers frères en Christ! Que cette parole
inscrite en tête de ce chapitre, apportée par Jésus, Fils de Dieu, notre frère,
nous redonne bon courage. Que notre réponse soit: Oui cher Sauveur, nous
croyons à ta Parole, nous croyons que nous recevons lorsque nous te demandons!
SEIGNEUR,
ENSEIGNE-NOUS À PRIER !
XII --LE SECRET DE LA PRIÈRE DE LA FOI
Et
Jésus leur répondit: Ayez la foi de Dieu. En vérité, je vous le dis: si
quelqu’un dit à cette montagne; ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il
ne doute point en son cœur, mais qu’il ait foi en l’accomplissement de sa
parole, cela se fera. C’est pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez
dans vos prières, ayez foi que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. (Marc 11:22-24)
La promesse d’un exaucement assuré, sujet
de notre précédente leçon, est l’une des plus remarquables de l’Ecriture. Dans
combien de cœurs, aura-t-elle fait naître cette question: «Comment parvenir à
la foi qui sait avec certitude qu’elle reçoit tout ce qu’elle demande?»
C’est précisément à cette question que
notre Seigneur veut répondre aujourd’hui. Avant de faire cette admirable
promesse à ses disciples, Il a prononcé une parole qui nous montre à quelle
source la foi puise sa force. AYEZ LA FOI DE DIEU. Ces Mots, précédant
immédiatement la promesse, nous disent pourquoi nous pouvons croire à
l’exaucement.
La possibilité de croire à une promesse
dépend entièrement de la confiance que nous avons en celui qui l’a faite. La
confiance que nous avons en la personne a pour conséquence naturelle, la
confiance aux paroles qu’elle prononce. Ce n’est que lorsque nos relations avec
Dieu sont permanentes, personnelles et pleines d’amour, lorsqu’Il est TOUT pour
nous, lorsque sa sainte présence se révèle en nous, que l’assurance qu’Il nous
accordera ce que nous lui demanderons, ira en grandissant et en se développant.
Nous verrons clairement le rapport qui
existe entre la foi en Dieu, et la foi que nous devons avoir à sa promesse,
lorsque nous aurons mieux compris ce qu’est réellement la foi.
On l’a comparée quelques fois à la main et
à la bouche qui prennent et s’approprient ce qui leur est offert. Mais la foi
est plus encore, elle est aussi l’oreille qui a entendu la promesse, et l’œil
qui voit l’objet de cette promesse.
Il faut que j’entende la personne qui me
fait une promesse et le ton même de sa voix m’encouragera à croire. Il faut
aussi que je la voie, son regard, sa physionomie suffiront à dissiper toutes
mes craintes, tous mes doutes. Il est de toute importance de bien connaître
celui qui fait la promesse pour que notre foi soit complète. C’est pour cela
que Jésus avant de faire cette merveilleuse promesse, attachée à la prière, a
dit cette parole: Ayez la foi de Dieu. Que notre regard soit fixé sur le Dieu vivant,
qu’il contemple Celui qui est invisible.
C’est par les yeux que nous subissons
l’influence de ce qui se trouve devant nous, et c’est à nous à veiller pour que
cette influence reçue par les yeux, pénètre jusqu’à notre âme et à notre être
intérieur tout entier.
Croire en Dieu, c’est regarder à lui, voir
ce qu’Il est, lui permettre de se révéler à nous, lui en donner le temps et
nous abandonner à lui tout entier, sans résistance. C’est ouvrir notre âme à
son amour ineffable, et nous en laisser complètement envelopper. Oui, c’est par
la foi que la lumière de sa présence et de sa puissance rayonne dans notre âme.
La foi est encore, nous l’avons dit,
l’oreille par laquelle nous entendons la voix de Dieu, et qui nous permet de
communiquer avec lui. Le Père nous parle par le Saint-Esprit, le Fils est la
Parole, et l’Esprit la voix vivante, si nous pouvons nous exprimer ainsi. Il
faut à l’enfant de Dieu, cette unité en trois parties pour le guider et le
diriger. Il lui faut cette voix céleste pour lui enseigner, comme elle l’a fait
pour Jésus, ce qu’il doit dire, ce qu’il doit faire. Une oreille ouverte à la
voix de Dieu. c’est-à-dire un cœur croyant, humble et sincère, désireux
d’écouter ce qu’Il a à lui dire, l’entendra certainement. Ses paroles ne seront
pas seulement celles d’un livre, mais procédant de la bouche même de Dieu elles
seront esprit, vie, vérité et force; elles apporteront comme un lait réel ce
qui sans cela n’aurait jamais été qu’une simple pensée. De même que les mots
que mon oreille perçoit entrent dans mon esprit, y pénètrent, y travaillent, de
même, par la foi, Dieu entre dans le cœur, le pénètre et y travaille.
Lorsque la foi sera devenue pour nous la
faculté de l’âme par laquelle nous voyons et nous entendons Dieu, alors elle deviendra
cette main et cette bouche par lesquelles nous pourrons saisir et nous
approprier Dieu et ses bénédictions.
C’est pour cela qu’avant de faire une
promesse, Jésus nous dit: Ayez la foi de Dieu. La foi consiste à s’abandonner
soi-même au Dieu vivant. Sa gloire, son amour remplissent notre cœur, et se
rendent maîtres de notre vie: la foi est le lien entre l’Ami qui nous a fait
une promesse et nous qui croyons. Dès lors la prière nous devient facile et
naturelle, puisque nous avons pleine et entière confiance en Celui qui fait la
promesse et qui peut la tenir. La foi qui prie avec efficace n’est-elle donc
pas le don de Dieu? Non pas un don qu’Il accorde tout à la fois, mais qui se
développe peu à peu, qui devient comme une disposition bénie, une habitude qui va croissant à mesure que nos rapports avec Dieu seront plus constants et
fidèles.
Ah! certes, pour celui qui connaît la
volonté du Père, qui vit en communion permanente et intime avec lui, il n’est
pas difficile de croire à la promesse qu’Il a faite à son enfant de lui
accorder tout ce qu’il lui demandera.
C’est parce qu’un grand nombre des enfants
de Dieu n’ont pas compris le rapport qui existe entre la vie de la foi et la
prière de la foi, qu’ils ont fait si peu l’expérience de la puissance de la
prière. Que de chrétiens qui désirent sérieusement être exaucés, croient à la
promesse de Dieu et qui, si l’exaucement a l’air de se faire attendre, se
découragent et abandonnent tout espoir. La promesse est là toujours la même,
vraie, positive, mais ils n’ont pas la force de s’en emparer par la foi.
Ecoutez la leçon que Jésus nous donne aujourd’hui: AYEZ LA FOI DE DIEU, DU DIEU
VIVANT; que notre foi regarde plus à Dieu, à son amour et à sa puissance qu’à
la chose promise.
À quelqu’un qui consulterait un médecin
sur la meilleure manière de se fortifier le bras et les mains de façon à saisir
et à tenir avec fermeté les objets qui l’entourent, le médecin lui répondrait
certainement qu’il faut commencer par reconstituer et fortifier le système général.
Une faible foi ne peut devenir forte qu’en redonnant de la vigueur à notre vie
spirituelle tout entière, par une, communion intime avec Dieu. Apprenons à
croire en Dieu, laissons Dieu prendre possession de notre vie, et il nous sera
facile de nous emparer de sa promesse.
Remarquez que c’est là le trait distinctif
de la vie des saints de l’ancienne alliance. C’était par une révélation
spéciale de Dieu que sa puissance était démontrée. Voyez Abraham, (Genèse
15:1,5,6 et Genèse 17:1,3,4) Ce fut la parole même de Dieu qui donna vie et
force à la promesse, et qui, pénétrant le cœur d’Abraham, y accomplit l’œuvre
de la foi. Ces hommes de foi connaissant Dieu comme ils le connaissaient, ne
pouvaient autrement que de croire implicitement à sa parole.
La promesse de Dieu prendra toute sa
valeur en raison de ce qu’Il est pour nous. Celui qui marche devant le Seigneur
et qui se prosterne devant lui pendant qu’Il parle, recevra l’accomplissement de la
promesse. Nous lisons bien les promesses de Dieu dans la Bible, nous nous
sentons la liberté de nous les approprier, mais le pouvoir spirituel d’y
arriver complètement nous manque jusqu’à ce que Dieu lui-même nous les fasse
entendre. Il parle à ceux qui marchent avec lui et qui vivent pour lui. Ayez
donc la foi de Dieu.
Que notre foi soit tout yeux et tout
oreille, et Dieu se révélera promptement à notre âme. L’une des plus riches
bénédictions de la prière c’est qu’elle exerce notre foi en Celui qui n’attend
que le moment d’accomplir en nous le bon plaisir de sa volonté. Voyons en lui
le Dieu d’amour qui met son bonheur à bénir et à se donner. Si notre foi nous
amène à cette adoration, nous arriverons bien vite à croire à cette promesse:
Tout ce que vous demanderez dans vos prières, ayez foi que vous l’avez reçu et vous
le verrez s’accomplir. (Marc 11:24)
Quelle précieuse leçon Jésus nous a
donnée aujourd’hui! Nous rechercherons les dons de Dieu; le
premier qu’Il nous offre, et qu’Il attend que nous lui demandions, c’est
lui-même. Nous considérons la prière comme le moyen de faire descendre sur nous
les magnifiques dons du ciel et Jésus comme le moyen qui nous attire à Dieu.
Nous préférerions rester à sa porte, à supplier, mais Jésus veut que nous
commencions par entrer pour nous assurer avant tout que nous sommes bien
enfants du Père. Que les expériences que nous avons faites de notre peu de foi
en la prière, nous poussent à croire toujours plus au Dieu vivant et à nous
abandonner entièrement à lui.
C’est pourquoi, enfants de Dieu, sachons
prendre tout le temps nécessaire pour apprendre ces choses. Que notre âme,
remplie d’une sainte frayeur, (ou crainte?) se répande en adoration et en actes de foi en
Celui qui est infini. À mesure qu’Il se donnera à nous et qu’Il prendra
possession de notre cœur, la prière de la foi couronnera notre attente en Dieu.
SEIGNEUR,
ENSEIGNE-NOUS À PRIER !
XIII --L'INCRÉDULITÉ VAINCUE
Alors
les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent en particulier: Pourquoi
n’avons-nous pu chasser ce démon? C’est à cause de votre incrédulité, leur dit
Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de
sénevé... rien ne vous serait impossible, Mais cette sorte de démon ne sort que
par la prière et par le jeûne. (Mathieu 17:19-21)
Lorsque les disciples virent Jésus chasser
le démon de l’enfant épileptique qu’ils n’avaient; pu guérir, ils demandèrent
au Maître pourquoi ils avaient échoué puisqu’Il leur avait donné puissance sur
les démons.
«Puis
ayant appelé ses douze disciples, Il leur donna le pouvoir de chasser les
esprits impurs, et de guérir toute maladie et infirmité». (Mathieu 10:1)
Ils
avaient déjà exercé ce pouvoir, et avaient été assurés «avec joie que les
démons mêmes leur étaient soumis». (Luc 10:17)
Et aujourd’hui, pendant que le Seigneur
est sur la montagne, ils n’ont pu guérir cet enfant! Et cependant rien, ni dans
la volonté de Dieu, ni dans la nature même de la maladie ne rendait cette
délivrance impossible. Christ le prouva bien, puisqu’à sa première sommation,
le démon sortit.
Il est évident, d’après la question des
disciples: Pourquoi n’avons-nous pu? qu’ils ont fait tous leurs efforts pour
l’obtenir. Ils se sont probablement servis du nom du Maître pour enjoindre au
malin esprit de sortir de l’enfant. Leurs efforts ont été inutiles, et en présence
de la foule ils ont eu la honte d’échouer.
«Pourquoi n’avons-nous pu?» La réponse de
Jésus ne se fait pas attendre à cause de votre incrédulité». La raison de son succès et de leur échec
n’existe nullement dans un pouvoir spécial auquel ils n’auraient aucune part.
Il ne faut pas aller chercher la raison si loin. Jésus leur a si souvent
enseigné qu’il y a une puissance devant laquelle tout doit s’incliner, dans le
royaume des ténèbres aussi bien que dans le royaume de Dieu: celle de la foi.
Dès lors, un échec dans le monde spirituel ne peut avoir qu’une seule cause: le
manque de foi. La foi est donc la condition par excellence pour que la
puissance de Dieu, ayant pénétré dans l’homme, travaille par lui.
C’est donc par la foi que nous recevons
les impressions du monde invisible et que notre volonté arrive à être
entièrement soumise à celle de Dieu.
Les disciples n’avaient pas reçu la
puissance permanente de chasser les démons, mais elle résidait en Jésus. Par la
foi seule, les disciples pouvaient la recevoir de lui et s’en servir, toujours
à la condition d’être unis à Christ par une vie de foi.
S’ils avaient cru en lui comme au Maître
et au vainqueur du monde des esprits, s’ils avaient cru en lui comme en Celui
qui leur avait donné le droit et l’autorité de chasser les démons en son nom,
avec cette foi! là ils auraient eu la victoire.
À cause de votre incrédulité. Ces mots ont
été de tout temps l’explication et le reproche du Maître lorsque son Eglise
s’est montrée impuissante à accomplir l’œuvre à laquelle elle a été appelée.
Les disciples auraient pu poser cette question:
«Pourquoi avons-nous manqué de foi?
Pourquoi nous a-t-elle fait défaut en cette occasion?» Avant qu’ils l’aient posée, le Maître a
répondu:
«Cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne».
(Mathieu 17:21)
La foi est l’exercice le plus simple et en
même temps le plus élevé de la vie spirituelle. Si elle s’abandonne entièrement
à recevoir l’Esprit de Dieu, elle sera toujours plus capable d’accomplir une
oeuvre parfaite. Jésus le dit, la foi qui peut vaincre une résistance aussi
obstinée que celle que nous avons, vue dans cet esprit immonde, n’est possible
qu’à ceux qui, séparés du monde, vivent en communion intime avec Dieu par la
prière et le jeûne.
Il y a là deux leçons de la plus grande
importance; l’une: qu’il faut à la foi une vie de prière pour qu’elle devienne
et reste forte; l’autre qu’il faut joindre le jeûne à la prière pour qu’elle
atteigne son complet et parfait développement. Il existe une union si intime
entre les différentes parties de la vie spirituelle, il y a entre elles une
action et une réaction si constantes, que chacune peut être à son tour cause et
effet.
Il est nécessaire que notre foi croisse
continuellement.«Votre foi fait de grands progrès», (2 Thessaloniciens 1:3) est-il
dit d’une Eglise.
Quand Jésus a prononcé ces paroles: Qu’il
vous soit fait selon votre foi», (Mathieu 9:29) Il annonça la loi
qui dit que tous n’ont pas la foi au même degré. Selon notre foi du moment, la
bénédiction et la puissance nous seront accordées.
Ce n’est que par l’exercice de la prière
que notre foi grandira et se fortifiera. Elle ne peut se nourrir et vivre que
par la communion avec Dieu, et par l’adoration. Au temps voulu, Dieu se
révélera. Lorsque nous lui apportons sa parole même, en lui demandant de nous
faire entendre sa voix d’amour, alors notre foi se développera, étant fondée
sur une base solide. Acceptons avec confiance ce qu’Il nous dit et ce qu’Il
nous offre, et notre foi en deviendra plus forte et plus vigoureuse.
Bien des chrétiens ne comprennent pas
cette prière constante, ils n’éprouvent pas le besoin de passer des heures avec
Dieu, mais ce que le Maître a dit, l’expérience de son peuple le confirme: les
hommes d’une foi à toute épreuve s’ont des hommes de prière.
Ceci nous ramène à la leçon que nous avons
apprise lorsque Jésus, avant de nous affirmer que nous recevons ce que nous
demandons, nous dit tout d’abord: «Ayez la foi de Dieu». C’est en Dieu
même que notre foi doit prendre racine, alors elle aura la puissance de remuer
les montagnes et de chasser les démons. «Tout est possible à celui qui
croit». (Marc 9:23)
Si nous nous consacrons à l’œuvre que Dieu
a mise en réserve pour nous en ce monde, et que nous nous trouvions en contact
avec des montagnes à remuer et des démons à chasser, nous verrons bientôt qu’il
nous faut une grande provision de foi et que la prière est le seul terrain où
elle puisse être cultivée.
Jésus-Christ est notre vie et celle de
notre foi; une vie de prière implique la mort à nous-mêmes et une intimité
toujours plus grande avec Jésus. Il faut joindre le jeûne à la prière, pour que
la foi atteigne son entier épanouissement.
Telle est la seconde leçon. Si la prière
est la main par laquelle nous saisissons les choses invisibles, le jeûne est
celle avec laquelle nous rejetons les choses visibles. L’homme est en rapport
direct et positif avec le monde des sens, surtout lorsqu’il ressent les
atteintes de la faim et que sa jouissance est de prendre sa nourriture.
Qu’est-ce qui tenta l’homme dans le paradis terrestre et lut cause de sa chute?
Un fruit bon à manger.
Jésus, quand Il eut faim au désert, fut
sollicité de convertir des pierres en pain. et ce fut par le jeûne qu’Il triompha
de la tentation.
Le corps a été racheté pour devenir le
temple du Saint-Esprit. Nous pouvons donc glorifier Dieu dans notre corps comme
dans notre esprit et l’Ecriture le dit:
«Soit que vous mangiez, soit que vous
buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire
de Dieu». ( 1 Corinthiens 10:31)
Il est à craindre que bien des chrétiens
n’aient pas encore réalisé spirituellement ce que c’est que de manger à la
gloire de Dieu. La première leçon que nous ayons à tirer de, ces paroles de
Jésus quant au jeûne et à la prière, c’est que pour avoir la force de beaucoup
prier avec ferveur, il faut vivre dans la modération et la tempérance.
Mais n’y a-t-il pas encore dans ces
paroles un sens plus littéral? Le chagrin, le souci nous empêchent de manger,
tandis que la joie célèbre ses fêtes en mangeant et en buvant. Quand nous
passons par des moments de désirs intenses, nous éprouvons que le corps, avec
ses appétits, si légitimes soient-ils, est un obstacle réel à la lutte que
l’esprit et l’âme ont à soutenir contre les puissances des ténèbres. Alors nous
sentons qu’il faut le subjuguer.
Nous avons été créés avec des sens; et
c’est par eux que notre esprit arrive à saisir ce qui lui est présenté sous une
forme visible. Nous pouvons donc considérer le jeûne comme un moyen qui nous
permet d’atteindre ce que nous voulons accomplir pour le règne de Dieu.
Celui qui a accepté le jeûne et le
sacrifice de son Fils, saura apprécier, accepter et récompenser par un
accroissement de force spirituelle, le renoncement d’une âme qui a montré
qu’elle était prête à tout sacrifier pour Christ et son royaume.
L’application que nous pouvons faire de ce
qui précède est plus étendue encore. La prière pénètre jusqu’au trône de Dieu
dans le domaine invisible, le jeûne au contraire remonte à tout ce qui est visible et temporel.
Certains chrétiens s’imaginent que tout ce
qui n’est pas défendu ou positivement mal, est permis. Ils veulent conserver de
ce monde tout ce qu’il leur est possible, en jouissances intellectuelles, en
richesses, en plaisirs mêmes, tandis que l’âme véritablement consacrée au
service de Dieu est comme le soldat qui ne porte sur lui que ce qui est
indispensable à son service militaire. Rejetant tout fardeau inutile, se mettant
en garde contre tout péché dominant, craignant de s’embarrasser des affaires de
ce monde, le vrai chrétien cherche à mener la vie d’un Nazaréen, ce type de la
vie mise à part pour le Seigneur et son service.
Sans cette séparation volontaire, même de
ce qui nous paraît légitime, personne n’atteindra à la puissance complète de la
prière:
«Cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne».
(Mathieu 17:21)
Disciples de Jésus! vous qui avez demandé
au Maître de vous enseigner à prier, venez et acceptez ses leçons. Il vous dit
que la prière est le chemin de la foi, de cette foi forte qui peut chasser les
démons.
Il vous dit que si vous avez la foi, rien
ne vous sera impossible. Que cette glorieuse promesse vous engage à prier beaucoup.
Le prix n’est-il pas digne de l’effort? Ne renoncerons-nous pas à tout pour
suivre Jésus dans le chemin qu’Il nous ouvre ici; si cela est nécessaire, ne
saurons-nous pas jeûner? Ne ferons-nous pas en sorte que ni notre corps, ni le
monde, ne nous détournent de la grande oeuvre de notre vie? Ne voudrons-nous
pas entrer en relations directes avec notre Dieu par la prière, afin que nous
devenions des hommes de foi, ouvriers avec lui pour le salut du monde.
SEIGNEUR,
ENSEIGNE-NOUS À PRIER.
XIV --PRIÈRE ET AMOUR
Lorsque
vous êtes debout, en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un,
pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux, vous pardonne aussi vos
offenses.. (Marc 11:25)
Ces
paroles suivent immédiatement celles attachées à la grande promesse faite à la
prière:
«Tout
ce que vous demanderez dans vos prières, ayez foi que vous l’avez reçu, et vous
le verrez s’accomplir». (Marc 11:24)
Nous avons vu comment les paroles qui
précédent cette promesse: «Ayez foi de Dieu», nous enseignent que dans la
prière tout dépend de l’intimité de notre relation avec Dieu; cela nous
rappelle que nous devons aussi être au clair quant à nos relations avec nos
semblables. L’amour pour Dieu, et l’amour pour le prochain sont inséparables.
La prière, partant d’un cœur qui n’est pas en règle avec Dieu d’une part et
avec les hommes de l’autre, ne peut être efficace. La foi et l’amour font
partie l’un de l’autre.
Cette pensée a été souvent exprimée par
notre Seigneur. Dans le sermon sur la montagne, Jésus enseigne à ses disciples
qu’il est impossible d’offrir au Père un culte d’adoration qui lui soit
agréable si nous ne sommes pas en paix avec notre frère.
«Si
donc tu présentes ton offrande à l’autel et que là tu te souviennes que ton
frère a quelque chose, contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va
te réconcilier avec ton frère; puis viens présenter ton offrande». (Mathieu
5:23-24)
Plus
tard, en parlant de la prière, après leur avoir enseigné l’oraison dominicale,
Il dit:
«Pardonne-nous
nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés» (Mathieu 6:12)
Il
ajoute:
«Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses,
votre Père céleste vous pardonnera aussi, mais si vous ne pardonnez pas aux
hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses». (Mathieu
6:14-15)
À la fin de la parabole du serviteur
impitoyable, Jésus fait l’application de son enseignement dans le passage
suivant:
«C’est
ainsi que mon Père céleste vous traitera si chacun de vous ne pardonne à son
frère de tout son cœur». (Mathieu 18:35)
Puis,
sans transition, il introduit cette pensée:
«Lorsque
vous êtes debout, en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un,
pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux, vous pardonne aussi vos
offenses». (Marc 11:25)
Il semble que le Seigneur veuille nous
apprendre que la désobéissance à cette loi d’amour envers le prochain est le
péché dominant de ceux qui prient. De là l’inefficacité et la faiblesse de
leurs prières. Il veut faire profiter ses disciples de son expérience
personnelle, et leur prouver que rien ne donne autant de liberté aux
supplications et de force à la foi que l’amour pour ceux que Dieu a aimés.
La première leçon renfermée dans notre
texte c’est la nécessité de revêtir un esprit de pardon, quand nous prions:
«Pardonne-nous
nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés» (Mathieu 6:12)
L’Ecriture nous dit: «Soyez bons les uns
envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement comme Dieu vous
a pardonné en Christ». (Ephésiens 4:32) Le pardon complet et gratuit de Dieu
doit être notre règle de conduite envers les hommes, sinon, notre pardon
accordé à contrecœur et de mauvaise grâce sera la règle de conduite de Dieu
envers nous. Nos prières s’appuient sur notre foi au pardon que Dieu nous
accorde. Si Dieu nous traitait comme nos péchés l’ont mérité, pas une de nos
prières ne pourrait être exaucée. Le pardon ouvre la porte à l’amour et aux
bénédictions de Dieu.
Sommes-nous victimes d’une injustice
criante? Un tort irréparable nous a-t-il été fait? Cherchons avant tout à
revêtir une disposition semblable à celle du Maître. Nous nous efforcerons de
ne pas être susceptibles, de ne pas maintenir nos droits envers et contre tout,
et de ne pas attirer de châtiment sur celui qui nous a offensés comme nous
croyons qu’il le mérite. Dans les petites difficultés de la vie journalière,
nous veillerons à ne pas nous laisser aller à l’impatience, aux paroles amères,
aux jugements précipités, sous le prétexte que nous n’avons pas l’intention de
blesser, que notre colère passe vite et qu’on ne peut pas s’attendre à ce qu’un
homme pardonne comme Dieu et Christ pardonnent.
Non; prenons à la lettre le commandement
contenu dans Ephésiens 4:32 «Vous pardonnant réciproquement comme Dieu
vous a pardonné en Christ».
Le sang qui purifie la conscience détruit
naturellement l’égoïsme, et l’amour de Dieu, révélé en Christ, prend possession
de nous et par notre intermédiaire se répand sur les autres. Notre promptitude
à pardonner sera la meilleure preuve du pardon de Dieu à notre égard et devient
ainsi la condition de la prière de la foi.
La seconde leçon que nous avons à tirer de
notre texte est plus générale. Notre vie de tous les jours est la pierre de
touche de ce que sont nos rapports avec Dieu par la prière.. Souvent lorsque le
chrétien prie, il fait tous ses efforts pour se maintenir dans certaines
dispositions d’esprit, croyant par là mieux plaire à Dieu. Il ne comprend pas,
ou il oublie que la vie ne se compose pas de morceaux différents dont on peut
prendre tantôt l’un, tantôt l’autre. La vie est un tout et Dieu juge de la
disposition du cœur et de l’esprit par la vie entière dont l’heure de la prière
n’est qu’une minime partie.
Ce n’est pas seulement au sentiment qui
remplit mon cœur au moment même de la prière qu’Il regarde, mais à celui qui
anime ma journée. Il est difficile de séparer nos relations avec Dieu de nos
relations avec le monde. Manquer aux unes, c’est manquer aux autres. Il ne
s’agit pas ici seulement du moment où nous sentons nos torts envers notre
prochain, mais aussi lorsque nous ne veillons pas sur nos pensées les plus
habituelles, sur nos jugements précipités, sur certains mots peu aimables et
malveillants que nous laissons échapper sans y prendre garde.
La prière efficace de la foi émane d’une
vie consacrée à Dieu et à faire sa volonté. Son efficace ne tient pas à ce que
je suis à l’heure de la prière, mais à ce que je suis avant et après. Tel est
le terrain sur lequel Dieu juge de la sincérité de ma prière. La troisième
leçon contenue dans notre texte résumera ces pensées. Dans notre vie ici-bas
tout dépend de notre charité. Le pardon n’en est-il pas l’essence? Dieu est
amour, et Il pardonne. En demeurant dans son amour, nous pardonnerons comme Il
pardonne. L’amour pour nos frères manifestera notre amour pour le Père.
«Si
quelqu’un dit: J’aime Dieu et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur; car
celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne
voit pas. Et nous avons de lui ce commandement: Que celui qui aime Dieu, aime
aussi son frère». (1Jean 4:20-21)
«Petits
enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec
vérité. Par là nous connaîtrons que nous sommes de la vérité et nous
rassurerons nos cœurs devant lui. Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne
pas, nous avons de l’assurance devant Dieu. Quoi que ce soit que nous
demandions, nous le recevons de lui». (1Jean 3:18)
Cette parole: Aimez vos frères, est aussi
essentielle que: Ayez la foi de Dieu. Nos relations, avec le Dieu qui est
au-dessus de nous, et avec les hommes autour de nous, telles qu’elles doivent
être, sont la condition d’une prière efficace. C’est surtout lorsque nous
travaillons pour nos frères et que nous prions pour eux, que cet amour
fraternel, se montre dans toute son importance.
Il nous arrive souvent de travailler pour
Christ et sa cause, avec zèle, sans pour cela renoncer à nous-mêmes ou sans
éprouver une ardente charité pour ceux dont nous cherchons à sauver les âmes.
Dès lors, est-il étonnant que notre foi soit faible et ne remporte pas la
victoire? Envisagez vos frères, si misérables, si peu aimables qu’ils soient, à
la lumière de l’amour si tendre du Bon Berger cherchant sa brebis perdue; voir
le Maître en eux et par amour pour lui, les aimer de tout notre cœur, voilà le
secret d’une prière et aussi d’un effort couronné de succès.
Jésus l’a dit: Sans charité, point de
pardon! Dans son sermon sur la montagne, Jésus joint à son enseignement sur la
prière et les promesses qui en dépendent un appel à la miséricorde:
«Heureux
les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde!»
«Heureux
les pacifiques, car ils seront appelés fils de Dieu!»
«Mais
moi je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être
puni par les juges; celui qui dira à son frère: Raca! mérite d’être puni par le
sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d’être puni par le feu de
la géhenne». «Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait».
(Mathieu 5:7,9,22,48)
Nous le voyons, l’amour est la corrélation
essentielle de la prière et de la foi.
«Vous
demandez et vous ne recevez pas parce que vous demandez mal dans le but de
satisfaire vos passions». (Jacques 4:3)
Laissons cette Parole de Dieu sonder nos
cœurs et nous révéler nous-mêmes à nous-mêmes. Demandons-nous si notre prière
est véritablement l’expression d’une vie entièrement consacrée à faire la
volonté de Dieu et à aimer notre prochain. La charité est le terrain par excellence
où la foi puisse prendre racine et se développer. Lorsque nous élevons nos
cœurs vers le ciel, notre Père regarde si nos bras s’ouvrent pour accueillir
les méchants et les indignes.
Ce n’est que dans l’obéissance qui n’a pas
encore atteint la perfection mais qui est décidée à soumettre sa volonté, que
la foi obtiendra la bénédiction qu’elle réclame. C’est la charité clémente,
patiente et miséricordieuse qui l’emporte auprès de Dieu.
Les miséricordieux obtiendront
miséricorde; les débonnaires hériteront la terre!
SEIGNEUR,
ENSEIGNE-NOUS À PRIER !
XV --L’UNION DANS LA PRIÈRE
En
vérité, je vous dis encore que si deux d’entre vous s’accordent, sur la terre,
pour demander quoi que ce soit, ils obtiendront de mon Père qui est, dans les
cieux tout ce qu’ils auront demandé; car, là où deux ou trois sont assemblés en
mon nom, je suis au milieu d’eux. (Mathieu 18:19,20)
L’une
des premières leçons que nous ait donnée le Maître a été celle-ci:
«Quand
tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père en secret».
(Mathieu 6:6)
Il nous a enseigné alors que la vraie
prière est un contact personnel et individuel avec Dieu. Dans la leçon
d’aujourd’hui il nous dit: «Sans doute, il faut la prière solitaire, eu secret,
mais la prière publique en commun avec vos frères est tout aussi nécessaire».
Il fait une promesse toute spéciale à la
prière où deux ou trois s’accordent pour ce qu’ils ont à demander.
De même que les racines d’un arbre sont
cachées dans le sol, tandis que le tronc et les branches s’élèvent à l’air
libre et en pleine lumière, il faut aussi que la prière, pour qu’elle atteigne
son plein développement, commence par la communion intime avec Dieu et finisse
par s’épanouir dans une communion publique avec tous ceux qui se donnent
rendez-vous au pied de la Croix. Et la raison en est très simple. Le lien qui
unit l’homme, à l’homme n’est ni moins réel, ni moins solide que celui qui
l’unit à Dieu. La grâce de Dieu donne une force toute nouvelle non seulement à
nos rapports avec lui, mais aussi avec nos frères. Nous n’avons pas appris
seulement à dire: Mon Père, mais: notre Père.
Serait-ce naturel que les enfants d’une
même famille ne vissent jamais leur père qu’en tête-à-tête, et ne se réunissent
jamais pour exprimer leur affection ou leurs désirs? Les fidèles non seulement
sont membres d’une même famille, mais font partie d’un même corps Les membres
d’un corps dépendent les uns des autres, et l’esprit qui l’anime dépend de
l’union de tous ses membres. Les chrétiens ne pourront donc réaliser la
bénédiction que Dieu est prêt à leur accorder que s’ils s’unissent pour la
chercher et la recevoir. C’est dans l’union et la communion des chrétiens entre
eux que l’Esprit manifestera puissance tout entière.
Nous voyons dans les deux premiers
chapitres des Actes, que l’Esprit descendit du Trône de la grâce sur les cent
vingt disciples réunis en prières d’un commun accord, en, un même lieu. Jésus
nous donne, dans les paroles de notre texte, des directions pour que la prière
faite en commun soit efficace.
Il
faut, avant tout, se mettre d’accord.
Il ne suffit pas de s’associer vaguement à
la demande de l’un des fidèles, il faut qu’il y ait entente, en esprit et en
vérité, sur un sujet spécial, but de l’union dans la prière. Nous verrons alors
plus distinctement ce que nous avons à demander, si nous pouvons le faire en
toute conscience, convaincus que telle est la volonté de Dieu.
En second lieu, nous avons à nous
assembler au nom de Jésus. Nous verrons plus tard combien cette prière au nom
de Jésus, est nécessaire, puissante. Le Seigneur nous enseigne ici que son nom
est le centre autour duquel les croyants doivent se grouper pour ne plus faire
qu’un avec lui.
«Le
nom de l’Eternel est une tour forte. Le juste s’y réfugie, il se trouve en
sûreté». (Proverbe 18:10)
L’amour
des disciples les uns pour les autres, leur union entre eux est d’un prix
infini pour le Seigneur.
«Là
où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux». (Mathieu
18:20)
C’est
la présence réelle de Jésus au milieu de ses disciples réunis en prières, qui
leur donne tant de force. Enfin, c’est cette réponse positive:
«Ils
obtiendront de mon Père qui est dans cieux, tout ce qu’ils auront demandé».
(Mathieu 18:19)
Voilà le troisième signe que la prière
faite en commun est celle que le Seigneur veut. Une réunion de prière dans le
seul but de maintenir la communion entre frères ou d’édifier chacun en
particulier peut avoir son utilité, mais ce n’est pas celui pour lequel le
Seigneur l’a instituée. Il l’a recommandée comme un moyen d’obtenir une réponse
spéciale à une demande spéciale. Une réunion de prière sans exaucement positif,
devrait être considérée comme une anomalie. Avons-nous une requête distincte à
formuler et nous sentons-nous une foi trop faible pour en assurer l’exaucement,
cherchons aide et secours auprès de ceux de nos frères animés d’une foi plus
forte et plus vivante. Dans l’unité de la foi, de l’amour et de l’Esprit, la
puissance du nom de Jésus et sa présence agissent plus librement et nous sommes
plus assurés de sa réponse. La preuve qu’il y a eu vraiment accord dans la
prière, c’est dans la réponse qu’elle obtient. Quel indicible privilège que
celui de cette union dans la prière! Quelle puissance elle pourrait avoir!
Voyez plutôt. Qu’un mari et une femme
chrétiens, unis au nom de Jésus, faisant l’expérience de sa présence et de sa
force dans une prière en commun; que quelques amis animés d’une foi vivante en
l’efficace de la prière offerte ensemble. Que les réunions de prières, se
basant sur la foi en Celui qui est là au milieu d’elles, et comptant avec
assurance sur un complet exaucement; qu’une église, se rappelant que la prière
faite en commun est le but qu’elle se propose en tant qu’église particulière;
que l’Eglise universelle, se réunissant pour demander l’avancement du règne de
Dieu, l’effusion du Saint-Esprit et la seconde venue de Christ; que tous,
disons-nous, s’unissent avec foi, ferveur et persévérance, et nul ne peut dire
quelle bénédiction découlera sur ceux qui ont prié, et qui, d’un commun accord,
ont cru à l’accomplissement des promesses de Dieu.
L’apôtre Paul avait une foi complète en la
puissance de la prière en commun. Il écrit aux Romains:
«Je
vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus- Christ et par l’amour de
l’Esprit, à combattre avec moi, en adressant à Dieu des prières en ma faveur,
afin que je sois délivré des incrédules de la Judée». (Romains 15. 30-31)
En réponse, il s’attend à être délivré de
ses ennemis et à voir prospérer son oeuvre.
Aux
Corinthiens :
«C’est
lui qui nous a délivrés de ce danger mortel, qui nous en délivre et nous avons
l’espérance qu’il nous en délivrera encore à l’avenir, surtout si vous nous
assistez de vos prières, afin que, plusieurs personnes contribuant à nous
obtenir ce bienfait, plusieurs aussi en rendent grâces pour nous».(2
Corinthiens 1. 10-11)
Ces prières auront donc une part active dans
la délivrance qu’il demande.
Aux
Ephésiens
«Faites
en tout temps, par l’Esprit, toutes sortes de prières et de supplications.
Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints.
Priez pour moi, afin qu’il me soit donné de faire connaître ouvertement et
librement le mystère de l’Evangile pour lequel je Suis ambassadeur dans les
chaînes et que j’en parle avec assurance comme je dois en parler» (Ephésiens 6.
18-20)
C’est de leurs requêtes à Dieu pour lui,
que Paul fait dépeindre le succès et la force de son ministère.
Aux
Philippiens
«Car
je sais que cela tournera à mon salut grâce à vos prières et à l’assistance de
l’Esprit de Jésus-Christ» (Philippiens 1.19)
Il s’attend à ce que les prières des
Philippiens feront tourner ses épreuves à son salut, et qu’ils coopéreront par
là aux progrès de l’Evangile.
Aux
Colossiens
«Persévérez
dans la prière, veillez-y avec actions de grâces» (Colossiens 4.2).
Il ajoute ici la recommandation d’être
persévérant dans la prière.
Aux
Thessaloniciens
«Au
reste, frères, priez pour nous, afin que la parole du Seigneur se répande et
soit glorifiée comme elle l’est chez vous».(2 Thessaloniciens 3.1)
Il ressort de ces passages que Paul se
sentait membre d’un corps, sur la sympathie et la coopération duquel il sait
pouvoir s’appuyer, pour obtenir des grâces qui ne lui auraient peut-être pas
été accordées sans cela. Les prières de l’Eglise sont pour lui un facteur aussi
réel dans l’œuvre d’évangélisation que la puissance même de Dieu.
Qui peut dire le pouvoir qu’exercerait une
église si elle s’imposait la tâche de prier nuit et jour pour l’avancement du
règne de Dieu, afin que force et puissance soient données à la Parole et aux
serviteurs de Dieu pour le salut des âmes?
Certaines églises se figurent qu’elles ne
sont réunies en assemblée que pour s’édifier entre soi, sans rayonner au
dehors. Elles oublient que Dieu gouverne le monde par les prières de ses
saints, que cette prière est la force par laquelle Satan est vaincu, et que,
par elle, l’Eglise de Christ sur la terre dispose des puissances du monde
céleste. Elles oublient que Jésus par sa promesse a consacré toute assemblée
réunie en son nom, et en a fait, en quelque sorte, une porte du ciel, sur le
seuil de laquelle ses enfants, étant en présence du Père, font l’expérience
qu’Il exauce leurs requêtes.
Nous ne pouvons assez remercier Dieu de la
semaine de prières par laquelle le monde chrétien ouvre l’année. Elle est la
preuve de notre union, de notre foi à la prière offerte d’un commun accord,
elle est l’école où nos cœurs se développent et apprennent à se soucier des
besoins de l’église universelle, elle nous pousse à la persévérance; pour
toutes ces raisons, elle est d’une valeur inexprimable. Elle est aussi un
stimulant pour continuer à prier dans des cercles plus intimes.
La prière en commun, en s’affermissant, en
devenant universelle, obtiendra plus de grâces à mesure que les enfants de Dieu
apprendront à se rencontrer, au nom de Jésus, comme ne formant qu’un tout, unis
par le Saint-Esprit, réclamant avec ardeur la présence du Seigneur et la
réalisation de la promesse que le Père leur a faite de leur donner ce qu’ils se
seront mis d’accord à lui demander.
SEIGNEUR,
ENSEIGNE-NOUS À PRIER !
XVI --LA PUISSANCE DE LA PRIÈRE PERSÉVÉRANTE
«Il
leur montra encore par une parabole qu’il faut toujours prier, sans se lasser
jamais..... Le Seigneur dit: Entendez-vous ce que dit ce juge inique? Et Dieu
ne rendra-t-Il pas justice à ses élus qui crient jour et nuit! et tardera-t-il
à leur Je vous dis qu’il leur rendra promptement justice. (Luc 18:1-8)
De tous les mystères de la question qui
nous occupe, celui de la prière persévérante est l’un des plus grands. Qu’il
faille quelquefois supplier le Seigneur, lui si miséricordieux, qui ne demande
qu’à bénir, pendant des jours, des mois, même des années avant de recevoir
aucune réponse, c’est pour nous bien dur à comprendre et d’une difficulté,
réelle dans l’exercice de la prière de la foi.
Lorsque après avoir prié avec ferveur,
nous n’obtenons aucune réponse, nous nous figurons facilement que nous faisons
preuve de soumission à la volonté de Dieu en cessant de prier, Dieu ayant
certainement une raison connue de lui seul pour ne pas nous exaucer.
Ce n’est que par la foi seule que cette
difficulté est surmontée. La foi fermement assise sur les promesses de la
Parole de Dieu, se laissant diriger par l’Esprit pour ne vouloir que ce que
Dieu veut et pour ne chercher que sa gloire, n’aura aucune raison de se laisser
décourager, lors même que la réponse à sa prière se ferait attendre.
La Bible nous dit que la prière de la foi
est une force irrésistible et qu’elle ne doit éprouver aucune déception. Nous
savons que l’eau, pour être en état de remplir sa mission sur la terre, doit
s’accumuler jusqu’à ce que le torrent puisse s’écouler pour fertiliser les
plaines: il faut, de même, une accumulation de prières pour que Dieu, voyant la
mesure prête à déborder, accorde l’exaucement attendu. La foi sait que pas une
prière sincère et croyante ne peut manquer d’être entendue au ciel, mais
qu’elle y est recueillie jusqu’au jour où elle apportera la réponse à celui qui
aura persévéré jusqu’à la fin. Elle sait qu’elle n’a pas à traiter avec les
pensées incertaines et vacillantes de l’homme mais avec la parole’ positive du
Dieu vivant.
Abraham attendit pendant de longues
années, «espérant contre toute espérance» (Romains 4:18) l’accomplissement
de la promesse de Dieu. Voilà le modèle à suivre.
Pour nous mettre en état, lorsque
l’exaucement se fait attendre, d’unir à une patience confiante une assurance
joyeuse, il faut comprendre les deux mots par lesquels notre Seigneur met en
relief le caractère et la conduite, non du juge inique, mais de Dieu, notre
Père, envers ceux qu’Il laisse crier à lui nuit et jour.
«Tardera-t-Il à leur égard? Je vous dis
qu’Il leur rendra prompte justice». (Luc 18:7-8)
Le Maître le dit: Il leur
rendra prompte justice. La bénédiction est toute prête, non seulement Il peut
mais Il désire la donner. L’amour éternel du Père brûle du désir de se révéler
pleinement à ses bien-aimés et de répondre à leurs vœux. Dieu ne retardera pas l’exécution
de sa promesse un instant de plus qu’il n’est absolument nécessaire.
Mais alors, si cela est vrai et si le
pouvoir de la prière est infini, pourquoi la réponse tarde-t-elle quelquefois
si longtemps? Pourquoi faut-il que les élus de Dieu, en proie à la lutte et à
la souffrance, crient souvent jour et nuit? (Luc 18:8) «Tardera-t-Il à leur
égard?». (Luc 18:7)
«Soyez
donc patients, mes frères, jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voici, le laboureur
attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce
que le grain ait reçu les pluies de la première et de l’arrière-saison».
(Jacques 5:7)
En effet, le laboureur soupire après le
moment de la moisson, mais il sait qu’il faut qu’elle ait reçu le soleil et la
pluie nécessaires pour l’amener à maturité, et il prend patience. L’enfant a
souvent envie de cueillir le fruit à demi-mûr, mais le cultivateur sait
attendre le bon moment.
L’homme, dans sa nature spirituelle, est
soumis à la loi du développement graduel qui régit toute vie créée. Ce n’est
que par ce moyen qu’il peut atteindre sa destinée divine. Dieu seul connaît le
moment où une âme, où une Eglise sont assez mûres pour posséder cette plénitude
de la foi par laquelle elles peuvent saisir une bénédiction et la garder.
Un père de famille désire certainement
voir revenir à la maison son enfant unique au sortir des études, cependant il
sait attendre que son éducation soit terminée. Dieu en agit de même avec ses
enfants, et, dès qu’il les jugera prêts, Il ne tardera plus à leur égard, et
accomplira promptement ses promesses.
Pour arriver à comprendre cette vérité, le
croyant cultivera les dispositions correspondantes, la loi et la patience,
l’attente et la ferveur, voilà le secret de la persévérance.
Par la foi, nous savons que nous avons
reçu la réponse à nos demandes, et nous nous réjouirons de la posséder, quoique
ce soit, pour le moment, d’une manière spirituelle, et nous en rendrons grâces.
Mais il y a une différence entre la foi qui, croyant à la parole de Dieu, sait
qu’elle obtiendra la réponse à sa prière, et la foi plus mûre, plus complète,
qui fait l’expérience présente et actuelle de l’exaucement.
Il se peut qu’il y ait dans ceux qui nous
entourent, dans le vaste système dont nous faisons partie, dans le gouvernement
même de Dieu, des choses qui doivent être modifiées par notre prière avant que
l’exaucement nous soit entièrement accordé. La foi qui croit qu’elle a été
exaucée, peut laisser Dieu prendre son temps et choisir son moment; elle sait
qu’elle a prévalu parce qu’il ne pouvait en être autrement. Elle continuera à
prier, à rendre grâces, avec calme et persévérance, jusqu’à ce qu’elle ait
réalisé la bénédiction.
Nous voyons ainsi s’harmoniser ce qui, au
premier abord, nous paraissait contradictoire. L’accomplissement, même tardif,
de la promesse de Dieu, est la réponse à la foi patiente, mais triomphante du
fidèle l’attend.
Notre grand danger à cette école de
l’exaucement différé, c’est la tentation de croire. qu’après tout, ce que nous
demandons n’est pas selon la volonté de Dieu. Si notre prière est d’accord avec
la parole de Dieu, si elle vient de l’Esprit, ne cédons pas à ces craintes.
Apprenons à donner à Dieu le temps d’agir,
et passons ce temps dans une communion journalière et habituelle avec lui.
L’heure viendra où nous posséderons par la vue ce que nous n’avons vu que par
la foi.
Nous verrons alors la gloire de Dieu.
Qu’aucun délai n’ébranle notre foi. Par la foi nous saisissons d’abord le brin
d’herbe, puis l’épi et, enfin le grain mûr dans l’épi. Toute prière faite avec
foi nous fait faire un pas en avant du côté de la victoire dernière, c’est elle
qui fait mûrir le fruit et nous rapproche du but. Par elle, nous détruisons les
obstacles du monde c’est elle qui hâtera les temps. Enfants de Dieu, laissons
toute liberté à notre Père, c’est à cause de nous qu’il tarde. Il veut que la
bénédiction soit complète, assurée; ne nous lassons pas de crier à lui nuit et
jour. Rappelons-nous seulement ces mots: «Je vous dis qu’Il leur rendra
promptement justice». (Luc 18:8)
Les bénédictions attachées à la prière
persévérante, telle que nous venons d’en parler, sont inexprimables. Rien
n’éprouve mieux le cœur et ne le sonde plus profondément que la prière de la
foi. C’est par elle que nous découvrons ce qui s’oppose à la bénédiction; c’est
par elle que nous arrivons à confesser notre péché et à y renoncer; c’est elle
qui nous fait toucher du doigt ce qui, en nous, n’est pas en harmonie avec la
volonté du Père; c’est elle qui nous met en communion intime avec Celui qui,
seul, peut nous enseigner à prier; c’est par elle que nous approchons le plus
près du Maître, revêtus du sang de Christ et remplis du Saint-Esprit.
Chrétiens, donnons le temps à Dieu, et Il
rendra parfait tout ce qui est en nous. Tardera-t-Il?... Il rendra prompte
justice. Voilà les mots de passe de Dieu lorsque nous entrons par les portes de
la prière. Oui, qu’il en soit ainsi, soit que vous priez pour vous-même, soit
que vous priez pour d’autres. Tout travail, manuel ou mental, demande du temps
et un effort: il faut s’y mettre. La nature ne révèle ses secrets et ne cède
ses trésors qu’à un labeur consciencieux, persévérant et intelligent. Bien que
nous le comprenions peu, il en est de même dans l’ordre spirituel. La graine
que nous semons dans le sol céleste, l’influence que nous cherchons à exercer
dans le monde supérieur, réclament notre être tout entier.
Si nous ne faiblissons pas, nous
récolterons au temps de la moisson. Apprenons cette leçon surtout lorsque nous
prions pour l’Eglise de Christ.
Ne ressemble-t-elle pas à la pauvre veuve?
En apparence n’est-elle pas à la merci de ses adversaires, incapable d’obtenir
le redressement de ses torts? Quand nous prions pour une Eglise sous la
domination du monde, et que nous demandons à Dieu d’y opérer de grandes choses
par son Esprit et de la préparer à la venue du Seigneur, faisons-le avec une
foi ferme et complète! Seulement, donnons le temps à Dieu d’agir et crions jour
et nuit.
«Entendez-vous ce que dit le juge
inique?, Et Dieu ne rendrait pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et
nuit, et tardera-t-Il à le faire? Je vous dis qu’Il leur rendra prompte
justice.». (Luc 18:7-8)
SEIGNEUR,
ENSEIGNE-NOUS À PRIER !
XVII --LA PRIÈRE EN HARMONIE AVEC DIEU
«Père,
je te rends grâces de ce que tu m’as exaucé. Pour moi, je savais bien que tu
m’exauces toujours. (Jean 11:41-42)
L’Éternel m’a dit: Tu es mon fils! Je t’ai engendré aujourd’hui. Demande-moi et je te
donnerai.. (Psaume 2:7-8)
Le
Nouveau Testament fait une distinction entre la foi et la connaissance.
«Or,
à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En
effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une
parole de connaissance, selon le même Esprit; à un autre, la foi, par le même
Esprit». (1Corinthiens 12:8)
Chez un chrétien peu cultivé et chez un
enfant, il peut y avoir beaucoup de foi et peu de connaissance. La simplicité
enfantine accepte la vérité sans difficulté, et volontiers ne cherche pas d’autre
raison pour expliquer sa foi à elle-même ou aux autres que celle-ci: Dieu l’a
dit.
C’est la volonté de Dieu que nous le
servions et l’aimions de tout notre cœur, de toute notre force et de toute
notre pensée, afin que nous arrivions à une intelligence complète de sa divine
sagesse, de la beauté de ses voies, de ses paroles et de ses oeuvres. Ce n’est
qu’alors que l’adoration du chrétien sera complète. C’est par cette voie que
notre cœur saisira les trésors de sagesse et de connaissance de la rédemption,
et que nous serons capables de nous joindre à l’hymne qui s’élève devant le
trône du Père.
«Ô profondeur de la richesse, de la
sagesse et de la science de Dieu!». (Romains 11:33)
La vérité qui fait l’objet
de cette leçon trouvera son application dans une vie de prière. Au fond, la
prière et la foi sont choses si simples en elles-mêmes que le nouveau converti
peut prier avec force et puissance.
Mais le chrétien affermi ne tarde pas à
découvrir qu’il y a plus encore dans la doctrine de la prière. Il peut se
demander jusqu’à quel point la puissance de la prière est une réalité, et
comment il se fait que Dieu lui ait accordé ce pouvoir? Comment la prière
peut-elle s’harmoniser avec la volonté et les décrets arrêtés de Dieu? Comment
concilier la souveraineté de Dieu et notre volonté? sa liberté et la nôtre? Ces
questions et d’autres encore sont des sujets importants proposés à la réflexion
du croyant.
Plus nous nous approcherons avec respect
et sérieux de ces mystères, plus nous tomberons à genoux en adoration devant
Celui qui a conféré une telle puissance à l’homme.
Une des difficultés secrètes à prier,
quoiqu’on ne se l’avoue pas toujours, et qui souvent est un empêchement réel,
c’est le sentiment de la perfection de Dieu, de son indépendance absolue
vis-à-vis de tout ce qui n’est pas lui. N’est-Il pas l’Être infini, qui ne doit
ce qu’Il est qu’à lui-même, et dont la volonté sage et sainte a décrété tout ce
qui est et sera?
Comment dès lors la prière de l’homme
peut-elle l’influencer? Comment peut-elle le décider à faire ce que, sans elle,
Il n’aurait pas fait? La promesse d’une réponse à notre prière n’est-elle pas
simplement une concession qu’Il fait à notre faiblesse? Ce qui nous est dit de
la force toute puissante de la prière est-il réel, n’est-ce pas une façon de
s’accommoder à notre mode de pensée? La bénédiction de la prière n’est-elle pas
uniquement l’influence qu’elle exerce sur nous pendant que nous prions?
Nous trouvons la réponse à ces questions
dans l’existence même de Dieu, dans le mystère de la sainte Trinité. Si Dieu
était une seule personne, renfermé en lui-même, nous ne pourrions songer ni à
l’approcher ni à l’influencer, mais en lui il y a trois personnes: le Père et
le Fils, unis en une communion et une unité parfaites par le lien du
Saint-Esprit.
Quand l’amour éternel engendra le Fils,
lui donna à ses côtés une place en tant que seconde personne divine et en fit
son conseiller, son égal, Il ouvrit le chemin à la prière, en lui permettant
d’atteindre au centre même de la vie divine.
Comme dans les relations de famille sur la
terre, le père donne et l’enfant reçoit, il en est de même dans les relations
célestes; le Père donne, mais il faut que le Fils demande et reçoive une
réponse.
Le Père, en donnant à Jésus la place de
Fils, lui a conféré en même temps la puissance d’agir sur lui. La prière du
Fils n’a été ni une simple forme, ni une ombre vaine, mais elle a été une vie
réelle, où l’amour du Père et du Fils se sont rencontrés et complétés. Le Père
avait décidé qu’Il ne serait pas seul dans son conseil; l’accomplissement des
décrets du Père dépendait de ce que le Fils demanderait et accepterait; la
prière sur la terre est le reflet de cette vie du Fils et du Père unis par la
prière. Nous en avons la preuve dans ces paroles de Jésus:
« Levant les yeux
au ciel, Jésus dit: Père, je te rends grâces de ce que tu m’as exaucé... Je
savais bien que tu m’exauces toujours». (Jean 11:41-42)
La place de Fils sur la terre ne peut pas
être séparée de sa place de Fils au ciel; il en est de même pour sa prière dans
le ciel, elle est la continuation de sa prière sur la terre. La prière de
l’homme Jésus-Christ est le lien entre la prière éternelle du Fils unique du
Père, et celle des hommes sur la terre. La prière prend sa source la plus
profonde dans l’essence même de Dieu! Rien ne peut s’accomplir sans prière dans
les demeures éternelles; le Fils demande, le Père accorde.
Ceci peut nous aider à comprendre, en
quelque mesure, comment la prière de l’homme passant par le Fils, peut avoir
une influence sur Dieu. Dieu ne prononce pas ses décrets sans en conférer avec
le Fils, qui lui présente ses désirs et ceux de ses serviteurs. Le Seigneur
Jésus est le Fils unique, le Fils bien-aimé, le chef et l’héritier de toutes
choses, tout a été créé par lui et pour lui, et tout est à lui. Le Fils,
représentant de la créature tout entière a sa voix dans les conseils du Père;
Il y a sa place comme médiateur et intercesseur, Il y agit avec pleine liberté
en faveur de ceux qui s’approchent du Père par lui.
Si ce qui précède nous donne à penser que
cette liberté et cette puissance accordées au Fils d’agir sur le Père n’est pas
en harmonie avec l’immutabilité des décrets divins n’oublions pas qu’il n’y a
pas pour Dieu comme pour l’homme un passé auquel Il soit irrévocablement lié;
les distinctions du temps passé et de l’avenir ne sont rien pour Celui qui est
éternel. L’éternité, c’est le présent éternel. Pour se mettre au niveau de
notre faiblesse humaine, l’Ecriture doit adopter notre langage et parler de
décrets soit au passé, soit à l’avenir. En réalité, l’immutabilité des conseils
de Dieu est en parfaite harmonie avec sa liberté de faire ce qu’Il veut. Le
cœur du Père est toujours ouvert et toujours disposé à accueillir toute requête
qui lui est présentée par le Fils; Il est libre de se laisser fléchir par la
prière et de faire ce que, sans cela, Il n’aurait pas fait.
Cette parfaite harmonie et cette parfaite
union entre la souveraineté divine et la liberté humaine est et restera pour
nous un mystère insondable, parce que Dieu, l’Être éternel, surpasse ce que
notre intelligence peut concevoir. Mais puisons notre force et notre
consolation dans l’assurance que c’est dans la communion éternelle du Père avec
le Fils que la prière a pris naissance et qu’elle tire sa puissance. C’est
aussi dans notre union avec le Fils que notre prière prendra toute sa ferveur
et pourra exercer l’influence qu’elle doit avoir.
Les décrets de Dieu ne sont pas une porte
de fer contre laquelle la liberté humaine vienne se heurter en vain. Non, Dieu
lui-même est amour et vie, par son Fils Il est entré dans la plus tendre des
relations avec l’humanité, par le Saint-Esprit Il prend à lui l’humanité pour
la changer, et, par sa vie divine toute d’amour, Il se réserve la liberté
d’accorder une place, dans le gouvernement du monde, à toute prière humaine.
C’est à cette lumière qui commence à se
lever, c’est à l’aurore de ces pensées, que la doctrine de la sainte Trinité
doit de n’être plus seulement une spéculation abstraite, mais la manifestation
de la manière dont il est possible à l’homme de vivre dans une communion intime
avec Dieu le Père. Sa prière aura dans ce cas, une part réelle dans la
direction des affaires de ce monde.
De loin, nous pouvons apercevoir les
rayons de la lumière qui resplendit dans le monde éternel, et qui vient tomber
sur des paroles telles que celles-ci:
«Car c’est par lui que nous avons, les
uns et les autres, accès auprès de Dieu dans un seul et même Esprit». (Ephésiens
2:18)
SEIGNEUR,
ENSEIGNE-NOUS À PRIER !
XVIII --LA PRIÈRE D’ACCORD AVEC LA DESTINÉE DE L’HOMME
Ils
lui présentèrent un denier. Il leur demanda: De qui sont cette effigie et cette
inscription ?
(Mathieu 22:20)
Puis
Dieu dit: Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. (Genèse
1:26)
«De qui est cette effigie?» Jésus, par
cette question, déroute ses ennemis, au moment où ils espéraient le prendre en
défaut, et les met en face de leur devoir en ce qui concerne les impôts. Le
principe mis en lumière par ce récit est d’une application universelle et, nulle
part, d’une manière aussi frappante. L’image que l’homme porte en lui-même
décide de sa destinée; si c’est celle de Dieu, il appartient à Dieu.
Plus nous méditons sur la prière et sur la
puissance merveilleuse qu’elle exerce sur Dieu, plus nous sommes poussés à nous
demander ce qu’est l’homme pour qu’une pareille place dans les conseils de Dieu
ait pu lui être départie. Le péché l’a amené à un, tel état de dégradation que
nous ne pouvons absolument pas nous former une idée, par ce qu’il est devenu,
de ce qu’il devait être. Pour bien nous rendre compte du but que Dieu s’est
proposé, revenons au récit qu’Il nous a fait lui-même de la création de l’homme
et nous verrons quels dons Il lui avait conférés pour qu’il pût répondre à
cette vocation.
L’homme était destiné à remplir la terre,
à se l’assujettir et à dominer sur tout ce qu’elle contient. (Genèse 1:28)
Ces trois expressions nous montrent qu’il
a été créé pour gouverner le monde comme représentant de Dieu. Assujetti
lui-même à Dieu, il devait s’assujettir toutes choses pour le service de Dieu.
Tout devait s’accomplir par le travail de
l’homme sur la terre, l’avenir de la création était entièrement remis entre ses
mains.
Sa destinée était donc en harmonie avec la
position qu’il devait occuper et la puissance mise à sa disposition. Quand un
souverain envoie un vice-roi dans une province éloignée, il va de soi que
celui-ci se réserve de donner son avis sur la politique à suivre et de demander
que l’on agisse d’après son conseil. Le vice-roi a la liberté de réclamer les
secours et les moyens nécessaires pour mettre en oeuvre les ordres du souverain
et maintenir la dignité de son empire.
S’il ne remplit pas ses fonctions d’une
manière satisfaisante, il est rappelé, sa place est donnée à un autre qui,
mieux que lui, saura comprendre et exécuter la volonté de son maître. Tant
qu’il a la confiance du souverain, on suit ses conseils.
Tout donc sur la terre devait s’accomplir
par la volonté de l’homme. À sa demande le ciel aurait répandu ses bénédictions
sur la terre; la prière aurait été le canal naturel par lequel les relations
entre le Roi des cieux et son fidèle serviteur, seigneur de la création,
auraient été maintenues.
Au
moment de la chute de l’homme, tout sur la terre, subit un terrible changement:
le péché fit tomber la création tout entière sous le poids de la malédiction.
La rédemption fut le commencement d’une
glorieuse restauration. Dès que Dieu, en appelant Abraham, se fut mis à part un
peuple, peuple d’où devait sortir non seulement des rois, mais le Roi des rois,
nous voyons quelle fut la puissance de la prière du fidèle serviteur de Dieu
sur les destinées de ceux qui sont en rapport intime avec le Tout-Puissant.
Abraham nous fait comprendre que la prière est non seulement le moyen d’obtenir
une bénédiction personnelle, mais qu’elle est encore l’exercice d’une
prérogative royale, qui a une influence positive sur les destinées de l’homme
et sur la volonté du Dieu qui les gouverne.
Nous ne voyons jamais Abraham prier pour
lui-même: ses prières pour Sodome, pour Lot, pour Abimélec, pour Ismaël,
prouvent la puissance que possède l’ami de Dieu, et montrent que c’est entre
ses mains qu’est confiée la destinée de ceux qui l’entourent. Tel a été le sort
de l’homme dès le commencement. Non seulement l’Ecriture nous le dit, mais elle
nous enseigne comment il se peut que Dieu ait appelé l’homme à une pareille
vocation.
C’est parce qu’Il l’a fait à son image et
selon sa ressemblance. Dieu n’a pas formé l’homme à son image sans le douer en
même temps des qualités morales nécessaires pour porter dignement cette
ressemblance. Il existait entre Dieu et lui une harmonie intime qui mettait la
créature en état d’être le médiateur entre le Créateur et la création. L’homme
était créé pour être prophète, prêtre, roi, pour interpréter la volonté de
Dieu, pour intercéder, pour recevoir et dispenser les munificences de Dieu.
C’est parce qu’il a été créé selon la
ressemblance de Dieu que l’homme peut comprendre les vues de Dieu, accomplir
ses plans, et que le Père céleste lui a confié ce merveilleux privilège.
Quoique le péché ait modifié pour un temps les plans de l’Eternel, la prière
reste ce qu’elle est en principe. Elle est pour nous la preuve de notre
ressemblance primitive avec Dieu, le véhicule de nos relations avec le pouvoir,
par lequel nous tenons la main qui dirige l’univers. La prière n’est pas
seulement le cri du suppliant qui veut obtenir miséricorde; c’est l’expression
la plus élevée de la volonté de l’homme qui, se sachant d’origine divine, se
sent capable d’exécuter avec une entière liberté les décisions de l’Eternel.
La grâce a rétabli ce que le péché avait
détruit. Ce que le premier Adam avait perdu, le second Adam l’a retrouvé. Par
Christ, l’homme peut être rétabli dans sa position primitive, et l’Eglise,
demeurant en lui hérite de la promesse.
«Demandez
ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé». (Jean 15:7)
Cette promesse ne se rapporte pas seulement
aux bénédictions que nous réclamons pour nous-mêmes, mais elle nous rappelle
que, comme des sarments attachés au cep divin, nous devons porter des fruits et
vivre uniquement à la gloire du Père. Cette promesse est faite à ceux qui,
ayant renoncé à eux-mêmes, demeurent en Christ, et ne veulent plus d’autre vie
que celle de l’obéissance. Ils savent que ce n’est qu’en perdant leur vie
qu’ils la retrouveront en lui.
Ce n’est que par la nouvelle naissance que
nous sommes ramenés à notre origine première, parce qu’elle nous rend l’image
et la ressemblance de Dieu.
Ceux qui ont compris cette vérité ont
réellement le pouvoir d’obtenir les bénédictions d’en haut, pour les répandre
sur ceux qui les entourent. Ils expriment leurs désirs avec une sainte
hardiesse, ils vivent comme les prêtres de Dieu en sa présence, et en tant que
rois, ils peuvent disposer des puissances du monde à venir. Pour eux commence
déjà à s’accomplir cette promesse: «Demandez ce que vous voudrez et cela
vous sera accordé». (Jean 15:7)
Eglise du Dieu vivant! Ta vocation est
plus élevée, plus sainte que tu ne t’en doutes. C’est par tes membres, comme
rois et sacrificateurs, que Dieu veut gouverner le monde; leurs prières
accordent ou retiennent les bénédictions du ciel!
Par les élus qui ne se contentent pas
seulement d’être sauvés, mais qui consacrent leur vie à Dieu, le Seigneur
révèle quelles magnifiques destinées auraient été celles de l’homme sans la
chute. C’est par ses élus qui crient à lui jour et nuit, qui s’approchent de
lui au nom du Fils, que le Père accomplit son «conseil admirable». (Esaïe
28:29)
Maintenant que l’homme est racheté, sa
dignité première commence de lui être rendue. Il entre dans les desseins de
Dieu que son peuple accomplisse sa volonté sur la terre en y établissant son
royaume. Ceux qui demeurent en Christ ne seront-ils pas prêts à prendre leur
place auprès de lui, le grand sacrificateur-roi, et ne feront-ils pas monter
leurs prières où ils exprimeront hardiment ce qu’ils désirent que Dieu fasse?
L’homme racheté doit, comme porteur de l’image de Dieu et son représentant sur
la terre, se rappeler que, par ses prières, il est chargé de décider des
destinées humaines.
SEIGNEUR,
ENSEIGNE-NOUS À PRIER !
XIX --PRIÈRE ET TRAVAIL
«En
vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les
oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au
Père: et tout ce que vous demanderez au Père, en mon non, je le ferai afin que
le Père soit glorifié par le Fils. (Jean 14:12-13)
Le Seigneur a ouvert son ministère public
par le sermon sur la montagne et Il le termine par ce discours d’adieu à ses
disciples, qui nous a été conservé par Jean. Dans tous les deux, Il parle de la
prière, mais avec une différence.
Dans le sermon sur la montagne, Il
s’adresse à ses disciples comme à des écoliers qui viennent d’entrer à son
école, qui savent à peine que Dieu est leur Père et qui, lorsqu’ils prient, ne
se préoccupent que de leurs besoins personnels.
Dans son discours final, Il parle aux même
disciples qui ont terminé leur temps d’éducation, et qui sont prêt à partir
comme ses messagers, pour prendre sa place et continuer son oeuvre. Au début de
ses leçons, Il leur fait comprendre la nécessité de l’obéissance, de la prière,
de la foi et de la confiance implicite au Père, pour qu’Il leur donne les
bonnes choses contenues dans son trésor. Mais ici son point de vue est plus
élevé. Ses disciples étant devenus des amis auxquels Il a révélé tout ce qu’Il
avait appris du Père, Il leur fait connaître que désormais ils seront ses
ambassadeurs chargés de son oeuvre et du soin du royaume de Dieu sur la terre.
Il faut maintenant qu’ils partent et
travaillent pour le Maître, et ils feront les oeuvres qu’Il a faites et de plus
grandes encore. (Jean 14:12) La force de les accomplir leur sera donnée
par le Saint-Esprit.
Au moment de l’ascension de Jésus auprès
du Père, commence, pour les disciples, une époque nouvelle tant pour leur
travail que pour leur vie de prière. De notre texte ressort clairement ce
rapport intime.
En qualité de représentants, de Dieu sur
la terre, nous pourrons dorénavant accomplir de plus grandes oeuvres que celles
que le Seigneur a faites lui-même ici-bas. Nos victoires et nos succès seront
plus grands que ceux qu’Il a remportés, réalisant ainsi l’obéissance parfaite
sur la terre comme au ciel. (Mathieu 6:10)
Il en donne deux raisons: la première,
c’est parce qu’Il va à son Père, pour en recevoir la Toute-Puissance; la
seconde, c’est que, désormais, ses disciples ont le droit de tout demander et
de tout attendre en son nom. (Jean 14:12-14)
«Parce que je m’en vais au Père et...»
Remarquez cet ET «tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai».
C’est parce qu’Il va à son Père que la
bénédiction est doublée. Les disciples pourront s’adresser au Père au nom du
Fils, sûrs d’être exaucés, et c’est pour cela qu’ils feront des oeuvres plus
grandes. Cette première mention de la prière, au nom du Seigneur, nous enseigne
deux leçons importantes. Il faut, d’une part, que celui qui veut travailler à
l’œuvre de Christ, prie en son nom; d’autre part, que celui qui veut prier au
nom de Christ, travaille en son nom.
Etudions ces deux enseignements. Il faut
que celui qui veut travailler prie. C’est la prière seule qui donne la force
pour agir. Celui qui, par la foi, veut faire les oeuvres que Jésus a faites,
doit prier en son nom. Tant que Jésus a été sur la terre, nul n’a fait d’œuvres
aussi grandes que les siennes: les démons que ses disciples ne pouvaient
chasser s’enfuyaient à sa parole. Lorsqu’Il monta auprès du Père, Il ne pouvait
plus agir directement sur la terre, n’existant plus dans son corps, mais Il
laissait ses disciples pour travailler et accomplir son oeuvre ici-bas, comme
membres de son corps.
On pouvait croire que n’agissant plus
lui-même sur la scène, du monde et devant se servir d’intermédiaires, ses
oeuvres s’amoindriraient. Il nous assure du contraire:
«En
vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres
que je fais, et il en fera de plus grandes parce que je m’en vais à mon
Père».(Jean 14.12)
La mort du Seigneur devait remporter une
victoire définitive sur le mal et la puissance du péché. Par sa résurrection,
la vie éternelle exerçait tout son ascendant sur l’esprit de l’homme et, par
son ascension, Il recevait le pouvoir de communiquer le Saint-Esprit pleinement
aux siens. L’union entre Jésus-Christ sur son trône et ses disciples sur la
terre devait être si complète, si divine, si parfaite qu’il pouvait dire comme
étant une vérité littérale: «Il en fera de plus grandes, parce que je m’en
vais à mon Père». Ce que nous connaissons de la vie des disciples de Christ
nous prouve combien ces paroles étaient vraies. Jésus, pendant ses trois années
de ministère personnel, avait réuni à peine cinq cents disciples, dont
quelques-uns étaient si faibles en la foi qu’ils faisaient peu d’honneur à sa
cause. Nous savons qu’après lui, Pierre et Paul ont fait de plus grandes choses
que le Maître. Du haut de son trône, Il accomplit, par leur moyen ce qu’Il
n’avait pas fait dans, sa chair d’humiliation.
«Celui
qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais et il en fera de plus
grandes, parce que je m’en vais au Père, et tout ce, que vous demanderez au
Père en mon nom. Je le ferai».
Parce qu’Il retournait auprès du Père, Il
obtiendrait pour ses disciples non seulement une nouvelle force pour prier,
mais encore la certitude de l’exaucement. Il fallait deux choses pour accomplir
ces oeuvres plus grandes; la première, qu’Il montât vers le Père seul
jusqu’alors; la seconde, qu’Il instituât la prière en son nom afin qu’à notre
tour, nous recevions la puissance d’accomplir son oeuvre.
Ayons la foi et nous pourrons, en priant
en son nom, accomplir ces grandes oeuvres qu’Il a prédites. Hélas! Dans ce que
nous faisons pour Dieu, combien on voit peu cette force merveilleuse accomplir
quoi que ce soit qui ressemble de près ou de loin à l’œuvre du Christ; et, par
conséquent, bien moins encore les grandes oeuvres dont Il parle: Il ne peut y
avoir qu’une seule cause à cela: Le manque de foi en lui et en la prière faite
en son nom.
Que tout ouvrier dans le champ de Dieu,
que ce soit dans l’Eglise, l’école, les missions, n’importe, se pénètre de
cette leçon: C’est la prière au nom de Jésus, qui nous fera participer au
pouvoir qu’Il a reçu de son Père et, par cette puissance seule, nous
accomplirons de plus grandes oeuvres que lui. Aux plaintes de faiblesse,
d’incapacité, à nos murmures lorsque nous ne réussissons pas, ou que les
difficultés nous paraissent insurmontables, Jésus n’oppose que cette réponse:
«Celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de
plus grandes... Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai».
Sans la foi et sans la prière au nom de Christ notre travail sera terrestre et
charnel, il pourra avoir quelque utilité pour réprimer le mal en partie, ou
pour préparer les voies à de plus grandes bénédictions, mais la puissance
réelle fera défaut. Pour un travail efficace, il faut une prière efficace.
Passons maintenant au second enseignement
contenu dans cette leçon. Celui qui veut prier au nom de Christ doit travailler
en son nom.
C’est au travail que la prière fait de si
belles promesses, et c’est par le travail que nous pourrons prier avec
efficace. Dans les paroles d’adieu de notre Seigneur, Il ne répète pas moins de
six fois les promesses faites à la prière.
«Tout
ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai... Si vous demandez
quelque chose en mon nom, je le ferai». (Jean 14:13-14)
«Si
vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que
vous voudrez et cela vous sera accordé». (Jean 15:7)
«Je
vous ai établis, afin que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure,
afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, Il vous le donne». (Jean
15:16)
«En
vérité, eh vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père en mon nom,
il vous le donnera». (Jean 16:23)
«Jusqu’à
présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez et vous recevrez, afin
que votre joie soit parfaite». (Jean 16:24)
Ces promesses ont souvent soulevé des
questions inquiètes dans nos cœurs, quand nous avons cherché à les comprendre.
Tout ce que vous demanderez, quelque chose, ce que vous voudrez, demandez et
vous recevrez. Que de fidèles les ont lues, ces paroles, avec joie, avec
espérance et ont cherché
dans la sincérité de leur âme à les appliquer à leurs besoins personnels, et
cependant ils ont été déçus dans leur attente.
Pourquoi? La raison en est simple. Ils
avaient séparé la promesse de la condition qui s’y rattache. Le Seigneur nous a
permis de nous servir librement de son nom auprès du Père, mais à la condition
que nous travaillions à son oeuvre. Le disciple qui consacre sa vie à Jésus, à
l’avancement de son règne, qui ne vit que pour faire la volonté du Maître, sera
le premier à réaliser cette promesse et à se l’approprier avec force. Celui
qui, au contraire, ne s’emparera de cette promesse que lorsqu’il aura une
requête spéciale à faire pour lui-même, sera infailliblement déçu, parce qu’il
ne ferait de Jésus que le serviteur de ses besoins personnels. Mais à celui qui
priera avec foi pour l’accomplissement de l’œuvre du Maître, il sera donné de
voir la promesse se réaliser. Serviteur des intérêts du Seigneur, il verra les effets directs et immédiats de la prière.
La prière n’enseigne pas seulement à
travailler, mais fortifie celui qui travaille, et le travail enseigne à prier
et fortifie celui qui prie. Ceci est en parfait accord avec les lois du monde
matériel et du monde spirituel. «Car on donnera à celui qui a». (Mathieu
25:29) «Celui qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi dans les
grandes». (Luc 16:10) Consacrons-nous au service du Maître, et travaillons
pour lui avec la mesure de grâces que nous avons reçue et notre travail
deviendra pour nous une école réelle de prière. Lorsque Moïse dut prendre la
direction et la charge d’un peuple rebelle, il sentit la nécessité de parler
hardiment à Dieu et de lui demander de grandes choses.
«Moïse
dit à l’Eternel: Voici tu me dis fais monter ce peuple! Et tu ne me fais pas
connaître qui tu enverras avec moi. Cependant tu as dit: Je te connais par ton
nom et tu as trouvé grâce à mes yeux. Maintenant si j’ai trouvé grâce à tes yeux,
fais-moi connaître tes voies».
«Moïse
lui dit: Si tu ne marches pas toi-même avec nous, ne nous fais point partir
d’ici».
«Moïse
dit: Fais-moi voir ta gloire! L’Éternel répondit: Je ferai passer devant toi
toute ma bonté et je proclamerai devant toi le nom de l’Eternel; je fais grâce
à qui je fais grâce et miséricorde à qui je fais miséricorde». (Exode
33:12,15,18)
Dans la mesure où nous nous consacrerons
entièrement au service de Dieu, nous éprouverons que ses grandes promesses sont
précisément celles dont nous avons besoin et qu’elles ne sont en rien
inférieures à ce que nous avons le droit d’espérer et d’attendre.
Croyants fidèles, nous sommes appelés à
faire l’œuvre de Jésus et même de plus grandes oeuvres encore, et parce qu’Il
est allé vers, ton Père, il a obtenu le pouvoir de les accomplir en nous et par
nous. «Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai». Donnons nos
forces, notre vie à Dieu; donnons-nous nous-mêmes pour accomplir les, oeuvres
de Christ et bientôt nous prierons de manière à obtenir de merveilleux
exaucements. D’autre part, consacrons nos forces, notre vie et nous-mêmes à la
prière et nous apprendrons à faire les oeuvres que Christ a faites, et de plus
grandes encore. Christ fera la conquête du monde si nous sommes avec lui, si
nous sommes des disciples pleins de foi, hardis dans la prière pour demander
ces grandes choses.
SEIGNEUR,
ENSEIGNE-NOUS À PRIER !
XX --LE BUT PRINCIPAL DE LA PRIÈRE
Je
m’en vais au Père, et tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le
ferai, afin que le Père soit glorifié par le Fils. (Jean 14:13)
Afin
que le Père soit glorifié par le Fils.
Voilà le but pour lequel Jésus, dans la
gloire, à la droite de Dieu, fera tout ce que nous lui demanderons. Lorsqu’il
n’y a aucune espérance que ce but puisse être atteint, Il ne répondra pas. De
là il résulte tout naturellement que ce but doit être pour nous, comme pour
Jésus, l’élément essentiel de nos prières. La gloire du Père doit être
l’essence de l’âme, la vie de notre prière.
N’était-ce pas la règle de conduite de
Jésus lorsqu’Il était sur la terre? «Je ne cherche pas ma volonté, mais la
volonté de Celui qui m’a envoyé». (Jean 5:30)
Nous avons là, la note dominante de sa
vie. Il l’exprime aussi dans les premières paroles de sa prière sacerdotale.
«Père,
l’heure est venue, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie».
«Pour
moi, je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donné à
faire; maintenant, Père, glorifie-moi auprès de ta personne». (Jean 17:1-4)
Il s’appuie sur deux raisons pour demander
que les siens soient admis à partager la gloire qu’Il a auprès du Père. Il l’a
glorifié sur la terre, et Il le glorifiera encore dans le ciel. Son seul désir
est que son Père soit glorifié de plus en plus par la fidélité des siens.
Rien n’est plus sûr que cette parole du
Fils bien-aimé de Dieu: c’est que nous le glorifierons surtout en faisant ce
qu’Il nous demande. Il ne laissera par conséquent échapper aucune occasion
d’assurer l’accomplissement de sa promesse. Que notre but soit celui de Jésus :
la gloire du Père, qu’elle nous préoccupe avant tout et que nous en fassions
l’objet de nos requêtes, notre prière alors sera certainement exaucée.
Cette parole de Jésus est, à la vérité,
une épée à deux tranchants qui, pénétrant l’âme de part en part, discerne les
intentions et les pensées les plus intimes du cœur. Jésus, dans ses prières sur
la terre, dans son intercession au ciel, et dans la promesse d’exaucement qu’Il
nous a faite, a toujours comme première pensée et premier but la gloire du
Père!
En est-il de même pour nous? Souvent le
mobile le plus puissant qui nous pousse à prier n’est-il pas notre intérêt
personnel ou notre volonté propre? Et si tel n’est pas le cas, ne devons-nous
pas reconnaître que le désir ardent et persévérant de la gloire du Père n’a
pas souvent la première place dans nos prières? Cependant il faut qu’il en soit
ainsi.
Nous ne prétendons pas dire que le fidèle
n’y songe pas par moments. Il déplore souvent d’obtenir si peu; il en connaît
la raison:, C’est lorsqu’il n’y a pas harmonie entre l’esprit qui anime sa vie
de chaque jour et la disposition de son âme à l’heure de la prière. Nous nous
apercevons que le désir de glorifier le Père ne doit pas être un sentiment,
intermittent qu’on n’éprouve qu’au moment où l’on prie. Non. Ce n’est que
lorsque notre vie tout entière, dans tous ses détails, est consacrée à Dieu,
que nous pourrons le glorifier par notre prière.
«Faites
tout pour la gloire de Dieu». (1Corinthiens 10:31)
«Nous
avons auprès de lui cette assurance que si nous demandons quelque chose selon
sa volonté,
Il nous écoute». (1Jean 5:14)
Ces deux paroles sont inséparables.
L’obéissance à ce commandement est le gage de la bénédiction révélée dans ce
second texte. Pour qu’une prière soit exaucée, il faut qu’elle soit à la gloire
de Dieu. Il n’y a pas d’autre gloire que la sienne et celle qu’Il veut bien
faire reposer sur quelques-unes de ses créatures. La création proclame sa
gloire. Tout ce qui n’est pas pour sa gloire est péché, ténèbres et mort. Ce
n’est qu’en glorifiant Dieu que ses créatures peuvent réaliser sa gloire. Le
simple devoir de tous les rachetés est de faire ce que le Fils de l’homme a
fait. La
récompense de Christ sera aussi la leur. Le Père l’a couronné de gloire et
d’honneur, lui a remis le royaume entre les mains, lui a accordé le privilège
de demander ce qu’Il voudrait et le droit, comme Intercesseur, d’exaucer nos
prières. Si nous sommes un avec Christ, si notre prière fait partie d’une vie
employée à glorifier Dieu, le Sauveur glorifiera le Père en accomplissant à
notre égard la promesse:
«Tout
ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai». (Jean 14:13)
Par nous-mêmes nous ne pouvons parvenir à
vivre de manière à ce que la gloire de Dieu soit notre but unique. Elle n’a été
pleinement réalisée que par Jésus-Christ homme, et ce n’est qu’en lui qu’elle
le sera pour nous. Oui, Dieu en soit béni, sa vie est notre vie, Il s’est donné
lui-même pour nous.
Il est essentiel que nous cherchions ce
qui usurpe en nous la place que Dieu doit occuper, que nous le confessions et
que nous y renoncions. N’est-ce pas souvent l’amour du moi, notre confiance en
nous-mêmes? Ce n’est que par le secours de Christ habitant en nous, s’emparant
de notre cœur, lui qui a glorifié le Père sur la terre, que nous parviendrons à
glorifier le Père à notre tour.
Il tarde à Jésus de glorifier le Père par
l’exaucement de nos prières et de nous enseigner à vivre et à prier à la gloire
de Dieu.
Quel motif assez puissant pourrait engager
nos cœurs indifférents à s’abandonner au Seigneur pour qu’Il agisse de la sorte
en nous? Aucun autre que celui-ci: c’est que le Père seul est digne de gloire.
Que par la foi, nous l’adorions, en nous
prosternant devant lui, lui attribuant le règne, la puissance et la gloire.
Vivons dans la lumière du Dieu, trois fois saint, du Dieu d’amour, et bien
certainement nous nous écrierons:
«À
Dieu seul, notre Sauveur, par Jésus-Christ notre Seigneur, soit gloire». (Jude
1:25)
N’est-ce pas une pensée qui doive nous
humilier, que si souvent nous avons prié pour un enfant, un ami, une oeuvre
avec plus de ferveur que lorsqu’il s’agit de la gloire de Dieu.
Ne nous étonnons plus de ce que tant de
prières ne sont pas exaucées. Là est le secret. Ne l’oublions pas, celui qui
veut prier avec foi, doit consacrer sa vie à ce que son Père soit glorifié par
lui en toutes choses. Hors de là, point de prière efficace.
«Comment
pouvez-vous croire», dit Jésus, «vous qui tirez votre gloire les uns des
autres et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul». (Jean 5:44)
Toute recherche de notre propre gloire
auprès des hommes rend la foi impossible. C’est le renoncement à nous-mêmes,
c’est le sentiment de notre incapacité qui nous amènera à la foi. Celui-là seul
qui recherche avant tout la gloire de Dieu, la verra dans la réponse à ses
prières. Mais comment y arriver, demanderons-nous encore?
Commençons par confesser que la gloire de.
Dieu n’a pas été notre passion dominante et qu’elle a aussi peu rempli nos vies
que nos prières! Que nous avons peu vécu selon la ressemblance du Fils, en
sympathie avec lui! Prenons notre temps Permettons au Saint-Esprit d’agir en
nous. Il nous révélera nos lacunes, et nous verrons tout ce qui nous a manqué à
cet égard. La connaissance du péché en nous, la confession que nous en ferons,
sont le vrai chemin qui mène à la délivrance.
Regardons à Jésus. Mourons à nous-mêmes et
vivons pour Dieu, comme Christ l’a fait. Que tout en nous travaille à la
réalisation de, ce grand but: Vivre pour la gloire du Père. Acceptons Jésus et
la force qu’Il veut nous donner; possédons la joyeuse assurance que nous vivons
à la gloire de Dieu, parce que Jésus habite en nous. Que ce soit là l’esprit
qui anime notre vie tout entière. Jésus est le gage que nous pouvons vivre de
la sorte. Le Saint-Esprit nous a été donné pour que nous puissions faire cette
expérience, à la condition que nous nous confions en lui et que nous le
laissions agir. Que notre incrédulité ne soit pas cause que nous restions en
arrière et prenons avec confiance pour mot de passe: Tout à la gloire de Dieu.
Le Père accepte le sacrifice de notre
volonté, il lui est agréable. Le Saint-Esprit y apposera son sceau par la
conviction que nous vivons pour Dieu et sa gloire.
Quelle paix, quelle force, quelle
puissance auront nos prières quand nous saurons, par la grâce de Dieu, que nous
sommes en parfaite harmonie avec Celui qui nous a promis de faire ce que nous
lui demandons, afin que le Père soit glorifié par le Fils!
Lorsque nous croirons sans réserve, à
l’inspiration des Écritures par l’Esprit, nos désirs ne seront plus les nôtres,
mais ceux de l’Esprit en nous, et tout naturellement la gloire de Dieu sera
notre but unique. Nous pourrons dire avec une liberté toujours croissante:
Père! tu le sais, nous ne demandons cela que pour ta gloire. La condition
attachée à l’exaucement de nos prières, au lieu d’être une montagne qui nous
paraît inaccessible, nous deviendra facile et nous donnera la certitude que
nous sommes écoutés, parce que la prière n’a pas de plus grande beauté et de
bénédiction plus désirable que celle-ci, c’est qu’elle glorifie le Père. Le
privilège de la prière nous deviendra doublement précieux, parce qu’il nous
mettra en harmonie parfaite avec le Fils bien-aimé qui a dit:
«Tout
ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit
glorifié par le Fils». (Jean 14:13)
SEIGNEUR,
ENSEIGNE-NOUS À PRIER !
(fin de la deuxième partie)
(fin de la deuxième partie)
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