samedi 22 août 2026

La Prière par T. Austin-Sparks

Édité et fourni par le Golden Candlestick Trust. Source : Prayer. (Traduit par Paul Armand Menye).

Nous abordons maintenant certaines des difficultés liées à la prière, après la difficulté de concilier l'importunité avec la soumission et la soumission avec l'importunité. Il y a aussi la difficulté qui se glisse parfois dans la question du rapport entre la foi et la persévérance et entre la persévérance et la foi. Ici aussi, il semble parfois y avoir un conflit dans l'esprit et, comme nous l'avons dit à propos des autres questions, ce conflit, s'il n'est pas résolu et clairement défini et si nous ne l'examinons pas sérieusement, reste l'une des choses qui affaiblissent la prière. La persévérance nie-t-elle la foi ? La foi signifie-t-elle qu'il faut cesser de persister ? S'il s'agit d'une simple difficulté intellectuelle ou mentale, nous voyons immédiatement qu'il y a quelque chose à éclaircir, mais si nous ne parvenons pas à l'exprimer clairement, le fait reste souvent en arrière-plan de notre esprit. Il faut donc chercher à se débarrasser de cette difficulté, si elle existe ou si elle se présente, et, dans la mesure du possible, l'arrêter à jamais.

Il y a des personnes avec lesquelles nous avons été en contact (et peut-être avons-nous nous-mêmes été trouvés dans la même catégorie) qui essaient de cultiver un état où ils acceptent tout tranquillement et font confiance à Dieu pour faire ce qu'il y a de mieux pour eux. Ils cherchent à accepter tout ce qui vient, ne refusant rien et n'exigeant rien, et leur idée est que c'est la foi dans ce qu'elle a de meilleur, de sorte que tout ce qui est importunité ou persistance dans la prière n'a pas sa place ; ce n'est pas conforme à la foi. Or, rendre absolue une telle position, c'est d'abord nier l'enseignement de la Bible sur la prière et la foi. On ne peut pas appréhender correctement l'enseignement de la Parole sur l'un ou l'autre de ces sujets et rendre une telle position absolue ou la régler définitivement. Il est vrai que la persistance ou l'insistance - je pense que ce dernier mot dans ce contexte est celui qui convient le mieux - l'insistance peut être un manque de foi et l'acceptation peut être la voie de la foi, mais avant de pouvoir décider qu'il en est ainsi dans l'un ou l'autre cas, il y a d'autres choses à prendre en compte.

Par exemple, Paul s'est trouvé à un moment donné dans le domaine de la persistance qui, si elle n'était pas totale, équivalait presque à de l'insistance, et cela en relation avec son épine dans la chair pour laquelle il a cherché le Seigneur à trois reprises. Et connaissant l'homme, sa force de caractère, son tempérament, nous ne nous trompons peut-être pas en disant que sa persistance équivalait à de l'insistance, ou presque. Son attitude était que cette chose devait disparaître. C'était un obstacle, une limitation, et il s'obstinait donc à chercher le Seigneur pour qu'il l'enlève ; l'acceptation de sa part est devenue le chemin de la foi. Mais il a dû, par l'exercice, en arriver à voir clairement que l'acceptation était la voie de la foi. Il n'a pas, dès le départ, adopté l'attitude suivante : « J’ai une épine, le Seigneur la connaît, je ne dirai rien, je l’accepterai ». Non, il n'a pas pris les choses comme ça, il s'est engagé dans une enquête très persistante auprès du Seigneur à ce sujet, il a cherché le Seigneur à propos de cette chose, et à travers son exercice, il en est venu à voir que sa foi était en train d'accepter. Pour lui, la foi était une question d'acceptation et non de délivrance. L'insistance peut donc être un manque de foi. Il est parvenu à une conviction. Il faut être convaincu par l'exercice avant d'accepter la situation. Il faut être positif. La foi est une chose positive.

L'acceptation et la passivité peuvent être une absence de foi, et l'action peut être absolument nécessaire, de sorte que l'importunité ou la persévérance n'est pas en conflit avec la foi ; elle est une aide à la foi et travaille dans le sens de la foi, et devient le fondement sur lequel nous sommes établis dans notre foi. J'espère que cette méthode d'argumentation n'est pas trop abstraite et que vous êtes en mesure de la comprendre. Ce que nous avons dit, c'est que l'acceptation et la passivité peuvent être une absence de foi et que l'action est nécessaire - l'action menant à la conviction et la conviction étant le fondement de la foi. On ne parvient pas à une foi établie que par l'action par laquelle on est parvenu à la conviction. Cela va à l'encontre d'une acceptation initiale simplement passive d'une situation du type : « Le Seigneur est bon et je m'en remets à Lui, en prenant ce qu'Il m’envoie. » Ce n'est pas Sa volonté pour nous car, comme nous l'avons souligné, la volonté de Dieu est si souvent relative dans notre cas, et ce n'est que lorsque nous prenons la situation en main que nous atteignons l'objet de la volonté permissive de Dieu, le terrain positif. Or, dans ce domaine, Dieu est connu pour fournir souvent un lieu d'argumentation et de raisonnement avec Lui-même. La Parole de Dieu nous permet d'affirmer que le Seigneur ira jusqu'à prendre Lui-même une attitude, à créer, à faire naître une circonstance ou un ensemble de circonstances, ou à appeler directement à une discussion avec Lui-même : « Venez maintenant, et raisonnons ensemble, dit le Seigneur ».

Dans le cas de Moïse, il est entré plus d'une fois dans ce que l'on pourrait appeler une controverse avec Dieu, et le résultat a été, à première vue, que Moïse a gagné. Nous verrons tout à l'heure qu'il n'a pas gagné, c'est Dieu qui a gagné. Mais le Seigneur avait projeté la situation afin d'entraîner son serviteur dans un véritable débat avec Lui-même sur une question afin d'atteindre une fin positive. Il s'agissait d'une situation précipitée par le Seigneur qui ne pouvait pas être acceptée comme cohérente avec les buts et les objectifs du Seigneur, et le Seigneur voulait que ses serviteurs voient l'incohérence de la situation et l'entraînent, afin qu'en fin de compte cela change. Si Moïse avait dit : « C’est une bien mauvaise situation. Je ne la comprends pas, mais le Seigneur l'a permise et je dois l'accepter. Malgré tout le mystère et les contradictions apparentes, je dois croire que le Seigneur sait ce qu'il fait et essayer de continuer ». Le Seigneur n'avait pas l'intention de lui faire prendre cette attitude ; le Seigneur avait précipité cette chose dans le but contraire, de sorte qu'un acquiescement simplement passif était contraire à la volonté de Dieu. Par conséquent, si le Seigneur prévoit un lieu pour argumenter ou débattre avec Lui respectueusement sur des questions de son propre honneur, il est établi pour toujours que tout ce qui est de l'ordre de l'agressivité avec le Seigneur dans l'importunité et la persistance n'est pas contraire à la pensée du Seigneur. Nous y reviendrons plus tard dans un autre contexte.

Répétons donc que la foi est toujours un principe actif et jamais passif, quelle que soit la manière dont elle fonctionne. Si la foi en vient à l'acquiescement et à l'acceptation, elle doit y parvenir par l'exercice et c'est donc une chose active et non passive. Si la foi prend le chemin inverse, il est évident qu'elle n'est pas passive ; c'est-à-dire que si elle prend le chemin inverse de l'acquiescement et de l'acceptation, alors elle n'est certainement pas passive. Mais la foi est toujours un principe actif, quel que soit son mode de fonctionnement, et ce n'est pas de la foi que de s'asseoir et de dire : « Les choses sont telles qu'elles sont et je les accepte, je ne murmure pas, je ne demande rien d'autre, je fais confiance au Seigneur dans sa bonté... tout ira bien ». Ce n'est pas une coopération avec Dieu dans la foi. Il y a une place pour l'enquête sur tout et après l'exercice et l'enquête, nous pouvons arriver à l'endroit où nous devons dire : « Oui, d'accord, c'est le Seigneur, je l’accepte ». C'est la foi active. Après enquête, nous pouvons en arriver à dire : « Dans mon cœur, l'Esprit du Seigneur dit que cette situation ne doit pas être considérée comme la volonté de Dieu, et par conséquent, je ne peux pas l'accepter et ma foi veut qu'elle soit changée, déplacée, ou qu'elle serve un but, puis qu'elle soit mise de côté ». Nous ne devons jamais penser que la prière est destinée à économiser du travail. (On peut en faire ce que l'on veut).

Nous passons maintenant à une autre difficulté qui se présente si souvent, à savoir la question de la connaissance Divine en relation avec la prière. La question est la suivante : la connaissance Divine parfaite rend-elle la prière inutile ? « Votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous ne le lui demandiez » ; alors pourquoi demander ? C'est une forme très simple du problème, mais elle s'étend à un champ beaucoup plus vaste. Dieu sait tout - pour utiliser un terme plus académique, ll est omniscient. Il connaît tous nos besoins, nous ne pouvons L'informer de rien. Nous ne pouvons rien Lui dire qu'Il ne sache déjà, et Il connaît la fin depuis le début. « Il connaît le chemin que je prends ». Sa connaissance est parfaite. La prière devient-elle alors inutile ? N'y a-t-il pas lieu de dire des choses au Seigneur, de Lui demander de répondre aux besoins qu'on Lui soumet, aux besoins qu'on Lui fait connaître ? N'y a-t-il pas lieu de faire connaître au Seigneur nos besoins, puisqu'Il connaît toutes choses ? Et la finalité de Sa connaissance, le fait qu'Il atteigne la fin d'une chose dans Sa connaissance et qu'Il sache exactement quelle sera la fin, signifie-t-il que nous pouvons espérer obtenir quelque chose par la prière ? Cette question ou ce problème peut être formulé de bien d'autres manières que celle que j'ai présentée. Nous allons chercher à l'illustrer, à l'ouvrir et à y répondre au moins dans une certaine mesure. Et là encore, il y a ce que nous avons dit dans d'autres contextes, à savoir que si la « toute connaissance » de Dieu existe, la prière est le moyen Divin de nous faire entrer dans la connaissance Divine. C'est une chose que de voir de simples demandes exaucées en ce qui concerne de nombreuses choses extérieures. C'en est une autre, et bien avant cela, lorsque nous pouvons dire, comme résultat de l'éducation par la prière : J'ai appris que le Seigneur ne fait pas les choses de telle ou telle manière, mais qu'il agit selon des principes et des lois bien définis.

Il y a deux niveaux de vie. L'un est celui de l'enfant, du jardin d'enfants ; l'autre est celui du fils, de la maturité. C'est une chose très belle, très délicieuse, que de demander au Seigneur de faire quelque chose d'objectif et d'extérieur dans les nombreux incidents ordinaires de la vie quotidienne ou dans le cours de la vie, et d'obtenir une réponse. C'est fait, vous voyez que c'est donné ; c'est très beau, mais la question demeure : quel principe avez-vous appris ? Vous demandez tout simplement et vous recevez. Lorsque vous vous heurtez à des choses bien plus grandes et plus complexes, aux problèmes de l'œuvre et aux problèmes spirituels d'autres personnes dans l'œuvre du Seigneur, lorsque les forces ultimes de l'univers sont impliquées, lorsque Satan a pris pied et que les puissances des ténèbres ont pris le dessus et qu'il y a une situation qui n'est pas simple, loin de là, et que vous demandez au Seigneur de la changer, et que vous cherchez à la régler comme vous le feriez peut-être, disons, pour votre prochain repas : « Seigneur, tu sais que je n'ai pas de petit déjeuner, s'il te plaît, envoie-moi un petit déjeuner demain matin » - et le Seigneur répond ; si vous essayez de traiter la chose sur ce principe et que la chose ne fonctionne pas, ne se produit pas - où en êtes-vous maintenant ? Il existe une connaissance de Dieu qui est parfaite par rapport à cette chose et qui est capable de résoudre ce problème profond, mais le Seigneur veut que nous possédions cette connaissance, ou que nous entrions dans cette connaissance, et que nous connaissions les principes et les lois qui la gouvernent, et la prière est le moyen par lequel le Seigneur nous fait entrer dans la connaissance Divine et dans la vérité des choses.

Le Saint-Esprit est en nous comme ce que nous pourrions appeler un pilote, et lorsque nous le regardons à l'œuvre dans nos propres cœurs, dans nos propres esprits, nous apprenons de nombreuses leçons d'un caractère céleste - des leçons d'un ordre céleste. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà trouvé à côté d'un pilote. Je me souviens d'une fois où je me trouvais sur la passerelle d'un navire lorsque le pilote est monté à bord. Le capitaine a passé la main et le pilote a donné ses instructions à l'homme à la barre. Il y avait le port, il fallait y entrer. Ici, c'est la haute mer. Au lieu de se diriger tout droit vers le port, le pilote fit virer le navire vers le large et décrivit un cercle pour arriver en ligne droite au port. Un observateur ordinaire ne voyait aucune raison de ne pas aller tout droit vers le port. Il n'y avait pas d'obstacles apparents, la profondeur de l'eau ne semblait pas poser de problème, et j'ai demandé au capitaine : « Pourquoi ce chemin ? » Il m'a répondu qu'il y avait deux points de repère, l'un étant le clocher d'une église en ville et l'autre un point, une tour ou quelque chose comme ça, sur le rivage, et le pilote sait que lorsqu'il aligne ces deux points, il est au milieu du chenal et qu'il peut aller tout droit, et son travail est parfaitement simple. Il arrive juste à côté, et il n'a pas à se tortiller pour se faire pousser à l'intérieur. Il a une connaissance de la chose que nous ne possédons pas ; il nous suffit de rester là et d'apprendre. Il est certain qu'après avoir été dans ce port avec un pilote, je pourrais le faire moi-même, mais j'ai appris son secret pour entrer dans ce port.

C'est exactement la même chose. Le Saint-Esprit est en nous avec une connaissance céleste, et lorsque nous l'observons dans notre propre esprit, nous apprenons des choses selon un ordre céleste, et cela se fait principalement dans la prière, car lorsque nous prions, l'Esprit suit un certain cours en nous, que nous reconnaissons si nous sommes spirituellement sensibles. L'Esprit suit ce cours, le Seigneur indique une certaine chose, et nous en tirons des conclusions : « Oh, c'est comme ça que le Seigneur fait ! C'est le principe d'opération du Seigneur », et ainsi nous en venons à posséder une connaissance et une sagesse plus élevées et à entrer dans une connaissance de Dieu sur les choses dans la prière. Ainsi, Dieu ne se contente pas, et ne se satisfait pas, d'avoir toute Sa connaissance uniquement en Lui-même. Il nous a créés pour partager cette connaissance avec nous, non pas pour nous rendre omniscients, pour nous investir des attributs de la Déité, mais pour nous faire partager Sa connaissance et pour que nous en venions à voir que Sa compréhension des choses transcende toujours la compréhension des hommes. Ainsi, la foi, dans ce deuxième contexte, n'est pas un plongeon aveugle ; c'est une intelligence intérieure, une communion. La foi n'est jamais un plongeon aveugle, la foi est toujours une chose intelligente, non pas la connaissance humaine ordinaire, mais cette connaissance intérieure. Relisez Hébreux 11 et vous verrez que même s'ils ne voyaient pas, au niveau naturel, tout le cours des choses, la foi des saints était toujours basée sur une certaine intelligence spirituelle. Pourquoi ont-ils refusé la délivrance ? Il ne s'agissait pas de prendre des risques à l'aveuglette, d'en assumer les conséquences. C'est parce qu'intérieurement, la foi a compris que c'était la voie de Dieu pour eux et qu'elle devait aboutir à un résultat glorifiant pour Dieu. Tout ce chapitre, Hébreux 11, est écrit pour justifier la foi, non pas pour justifier un plongeon aveugle de la part des gens, mais pour justifier la foi dans son intelligence. Mais l'intelligence spirituelle est une chose en soi. Elle consiste à appréhender la sagesse Divine.

La prière est le domaine dans lequel l'Esprit enseigne la connaissance et nous devrions donc chercher à enregistrer la direction de l'Esprit lorsque nous attendons le Seigneur. La prière ne consiste pas simplement à se mettre en présence de Dieu, à prendre une posture et à demander beaucoup de choses, puis à se lever et à partir. La prière consiste à attendre le Seigneur pour qu'Il enregistre la direction de l'Esprit. En outre, le Seigneur nous a liés à Lui par son Esprit ; la direction de l'Esprit exige de marcher dans l'Esprit. Le fondement d'une vie dans l'Esprit est la prière. Prenons l'exemple de l'Ancien Testament, la colonne de nuée. Par cette colonne de nuée, le peuple du Seigneur était lié à Lui-même. L'arrêt, la marche, la direction étaient tous liés à la colonne de nuée, mais cela ne suffisait pas. Leurs yeux devaient être sur la nuée pour savoir quand aller, quand s'arrêter, et quel chemin prendre : et c'est notre esprit, vivifié, illuminé, uni au Seigneur, qui agit pour nous comme l'œil qui voit dans quelle direction va l'Esprit, quand l'Esprit va, et quand Il ne va pas. C'est là que Moïse s'est trouvé en danger à une occasion, lorsqu'il a demandé à son beau-père de venir et de leur servir d'yeux. Il est heureux qu'il ait échoué.

Ici encore, la formation morale entre en ligne de compte. Apprendre dans la prière ce que Dieu aime et ce qu'Il n'aime pas. C'est la connaissance morale qui est importante. L'autre type de connaissance (celle qui est, dirais-je, plus mentale, la connaissance du Seigneur) est une connaissance très importante. Mais avec le Seigneur, la connaissance morale prend une très grande place ; cette connaissance morale qui est de ce caractère, la connaissance de ce qui est favorable et de ce qui n'est pas favorable au Seigneur, de ce que le Seigneur aime et de ce qu'il n'aime pas. C'est la fabrication de la conscience en nous, la conscience spirituelle, une conscience morale nouvellement créée, la formation d'un goût. Vous pouvez penser que le goût est naturel, qu'il fait partie de notre constitution, mais si vous réfléchissez un peu plus attentivement, vous verrez que ce n'est pas le cas. Ce goût est formé. Et le goût dépend en grande partie, sinon entièrement, de ce à quoi vous êtes habitué et de ce à quoi vous n'êtes pas habitué. Vous pouvez acquérir un goût ou vous pouvez tellement grandir dans une chose que toute autre chose n'est pas à votre goût. Certaines personnes peuvent manger et savourer du fromage qui est bien avancé dans la mortification ! D'autres n'ont jamais été formés à cela ; c'est un goût acquis. La pauvre créature qui vit dans la misère, la négligence, l'obscurité et la saleté d'une ville païenne n'éprouve aucune répulsion à son égard. Ils ont grandi là. C'est leur vie natale. Si vous les nettoyiez, ils se sentiraient mal à l'aise et ne sauraient pas quoi en penser. Ils devraient acquérir un autre goût pour la propreté et l'ordre. Nous ne naissons pas tant avec le goût qu'avec ce que nous avons eu et ce que nous n'avons pas eu - quelque chose qui se développe en raison de la vie que nous menons - ce que nous avons et ce que nous n'avons pas.

Il s'agit là d'un aspect secondaire du goût moral du point de vue Divin, ce que Dieu aime et ce qu'Il n'aime pas, et nous devons apprendre ce goût spirituel et moral et l'acquérir. Nous le faisons en présence du Seigneur dans la prière. Il n'y a pas d'endroit où nous reconnaissons plus clairement ce que le Seigneur aime et n'aime pas que le lieu de la prière, et la prière devrait avoir cet effet sur nous. C'est donc dans la prière que se développe la connaissance morale (c'est ce que nous appelons la « connaissance morale »), et c'est précisément dans ce but que l'on prie. C'est une chose très impressionnante et frappante que, tandis que les affaires et le travail ordinaires de la vie se déroulent d'une certaine manière tout au long de la journée, lorsque nous revenons au temps calme de la prière avec le Seigneur, quelque chose nous revient et nous frappe comme ayant été dans la journée, sans que nous y ayons été attentifs à ce moment-là. Le Saint-Esprit agit pour nous comme un superconscient qui emmagasine tout et, au bon moment, lorsqu'il se trouve dans le bon domaine, dans une atmosphère claire, il nous montre dans la prière les choses qui n'allaient pas pendant la journée. De même, le Saint-Esprit approuve ce qui est conforme à la pensée du Seigneur, et connaît un sentiment de paix et de repos, de clarté avec le Seigneur. Il s'agit là d'une connaissance morale. C'est notre entrée dans la connaissance du Seigneur, de sorte qu'au lieu d'être un obstacle à la prière, l'omniscience du Seigneur est l'occasion même de prier, afin que nous puissions entrer dans une connaissance que nous ne possédons pas, ni mentalement ni moralement. La « toute connaissance » Divine est plutôt une raison de prier que le contraire.

D'autre part, la prière qui nous met en présence de l'omniscience Divine a pour effet d'instaurer un gouvernement de notre vie secrète. Celui qui vit en communion avec le Seigneur trouvera un frein rapide aux pensées, aux jugements, aux critiques et autres, qui n'ont peut-être jamais été exprimés par les lèvres. Dans notre vie les uns envers les autres, nous nous abstenons de dire beaucoup de choses, soit parce que nous aurions honte qu'elles soient entendues, soit parce que nous aurions peur des conséquences qu'elles auraient si elles étaient entendues. Il y a beaucoup de silence dans ce monde qui est un silence judicieux en raison des conséquences. Vous pouvez avoir les pensées les plus diffamatoires qui soient, mais si vous les exprimez en mots, vous aurez une assignation, alors vous ne les dites pas. La diffamation est tout de même là. Si vous entrez en présence de la connaissance totale de Dieu, vous vous rendrez compte que la diffamation est tout aussi flagrante en Sa présence qu'elle l'aurait été si vous l'aviez formulée en présence d'un homme. En présence de Sa connaissance parfaite, tous les secrets de nos cœurs sont ouverts et mis à nu, et nous le savons. Nous ne pouvons jamais mentir en présence de Dieu et nous le savons si nous demeurons en Sa présence, de sorte que la prière, en nous amenant dans le lieu de toute connaissance, a pour effet d'établir un gouvernement de notre vie secrète. Et celui qui vit beaucoup en communion avec Dieu a sa vie secrète bien gouvernée, et s'il a une pensée critique ou méchante, il est jugé intérieurement ; il n'a pas besoin de la dire. S'il a un mauvais sentiment à l'égard de quelqu'un, il est jugé instantanément ; il le sait.

Vous voyez donc que la prière et la connaissance de Dieu ne sont pas contraires, car c'est lorsque nous entrons dans le lieu de prière que la connaissance de Dieu devient un gouvernement dans nos vies secrètes pour nous délivrer de ce qui n'est pas agréable au Seigneur. Ainsi, pour toutes les critiques, exprimées ou non, pour tous les jugements erronés, pour tous les sentiments et pensées qui ne sont pas conformes à l'esprit du Seigneur, une vie de prière plus profonde est le remède parce qu'elle a cet effet. Dans la communion avec Dieu, nous savons que le Seigneur sait tout à ce sujet et cela a un effet sur nous, plus profond que si nous avions dit quelque chose avec nos lèvres et que nous avions ensuite honte que quelqu'un l'ait entendu. Cela établit un gouvernement intérieur de notre vie secrète dans la réalisation de l'omniscience Divine, et une vie de prière à la lumière de la toute connaissance. Sa connaissance parfaite est une chose positive, une contribution positive. Toutes ces raisons s'opposent à ce que la toute connaissance de Dieu soit l'occasion de se passer de la prière. Nous mettons tout cela du côté positif et disons que c'est plutôt un argument en faveur de la prière que le contraire.

La vie peut facilement devenir artificielle, même notre grand ministère pour le Seigneur peut prendre des formes artificielles. Nous pouvons être tellement engagés dans le travail ou les programmes, les exigences, qu'une artificialité apparaît dans nos vies, quelque chose qui est plutôt professionnel que réel, quelque chose qui est le travailleur plutôt que l'homme - dans le sens technique du terme, le travailleur - et la vie est une chose très artificielle, et les relations humaines sont toutes calculées pour nous rendre artificiels : c'est-à-dire, pour être devant les autres quelque chose que nous ne sommes pas vraiment. Il y a cette couverture de la vie - qui ne vise pas à tromper intentionnellement, en ce sens que nous essaierions de faire croire que nous sommes différents de ce que nous sommes, mais il y a une couverture ou un vernis de la vie, telle qu'elle est organisée de nos jours, qui tend à la rendre artificielle, et tout cela sans que nous le sachions et de manière imperceptible, nous pouvons être enclins à y jouer un rôle, de manière simple. À tel point que nous pouvons même devenir étrangers à notre vrai moi. Rien de tout cela n'est possible en présence de Dieu. Toute irréalité disparaît en Sa présence, il n'est pas possible d'être étranger à soi-même, on est confronté aux faits réels ; ce que l'on est, qui l'on est. Nous pouvons, devant les hommes, faire beaucoup de prédication et cela peut donner aux hommes l'impression que nous vivons la vie d'un prédicateur comme elle devrait être vécue, mais en présence de Dieu, nous sommes découverts et nous nous heurtons au fait que pour nous, dans l'esprit de Dieu, ce qui est infiniment plus important que le travail, c'est le travailleur. À ses yeux, l'état est bien plus important que l'activité. C'est la valeur d'une vie de prière qui nous amène à la pleine connaissance de Dieu et ceux qui n'ont pas une vie de prière adéquate deviennent artificiels, professionnels, extérieurs et s'éloignent même de la connaissance de leur propre cœur.

Vous voyez, tout le poids est du côté de la connaissance de Dieu comme occasion de prière plutôt que de limiter la prière ou de la rendre inutile. Nous voulons maintenant passer des mots, de la théorie, à la pratique et à la valeur spirituelle de tout cela.

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vendredi 21 août 2026

La Puissance qui œuvre en nous par T. Austin-Sparks

Publié pour la première fois dans le magazine « A Witness and A Testimony », mars-avril 1939, Vol 17-2. Source : The Power That Worketh in Us. (Traduit par Paul Armand Menye).

Lecture :

Éphésiens 1:7-14 En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce, 8 que Dieu a répandue abondamment sur nous par toute espèce de sagesse et d’intelligence, 9 nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, 10 pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. 11 En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté, 12 afin que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui d’avance avons espéré en Christ. 13 En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Evangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, 14 lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire. 3:14-21 A cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père, 15 duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, 16 afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, 17 en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, 18 vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, 19 et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. 20 Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons, 21 à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen !

A la fin du troisième chapitre de la lettre aux Éphésiens, il y a une phrase que nous sommes amenés à considérer : « ...la puissance qui agit en nous ». Si l'on remonte au verset 16, on trouve ces mots : « ...afin que vous soyez fortifiés par la puissance de son esprit dans l'homme intérieur ». Il y a beaucoup de choses qui dépendent de cette clause, « la puissance qui agit en nous ». C'est quelque chose qui est appelé à porter une très grande responsabilité ; mais, Dieu soit béni, elle est tout à fait capable de la porter.

Le lien, comme nous le voyons dans les passages auxquels nous avons fait référence, nous transporte dans les choses éternelles. Remarquez l'expression du verset 11 : « selon le dessein éternel « . Le dessein divin est mentionné plus d'une fois dans cette lettre. Notez encore les mots du verset 19 : « ...afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu ». Vous avez là une idée de ce qu'est ce dessein éternel. Ensuite, comme à l'intérieur de cette grande sphère, il y a un grand besoin, un besoin aux multiples facettes. Ce besoin, sous ses divers aspects, est abordé dans les deux prières de l'apôtre : le besoin d'un esprit de sagesse et de révélation, afin que nous puissions connaître - et quelles sont les choses à connaître ! Quelles immenses choses à connaître ! - et ensuite, en relation avec cette connaissance, cette vaste, merveilleuse et spirituelle connaissance, qui est le contenu du dessein éternel, et en relation avec toute la plénitude de Dieu, un besoin central, à savoir, être fortifié avec force, non seulement pour savoir, mais pour faire. Nous sommes donc conduits à ce qui constitue les premiers mots du chapitre 4 : « Je... vous exhorte à marcher dignement selon l'appel dont vous avez été l'objet ». Quel contexte ! Si nous passions tout le reste de nos jours, même s'ils sont nombreux, nous ne pourrions jamais comprendre ces merveilleuses indications, tout ce qui dépend de cette petite phrase « la puissance qui agit en nous ». Comme nous l'avons dit, elle est tout à fait capable de porter ce fardeau.

Avant d'aller plus loin, je tiens à faire cette observation : cette puissance transcende toutes ses autres puissances. C'est ce qu'on appelle « l'immensité de sa puissance pour nous qui croyons ». C'est la puissance qui agit en nous. Ce « nous » se rapporte à un peuple particulier, et il y a une puissance particulière liée à ce peuple particulier, et cette puissance particulière est la grandeur extrême de sa puissance, celle qui dépasse en grandeur toutes ses autres manifestations de puissance. Je pense que c'est ce qui se cache derrière les termes superlatifs employés. Il s'agit d'un terme comparatif. « La grandeur excessive de sa puissance » signifie qu'il y a d'autres expressions de sa puissance, mais celle-ci est sa grandeur excessive ; et c'est pour nous qui croyons, c'est la puissance qui agit en nous.

C'est une grande déclaration, et elle nous laisse beaucoup à réfléchir, si elle est vraie ; et elle est vraie : « ...la puissance qui agit en nous », qui est, comme nous l'avons vu, la puissance par Son Esprit dans l'homme intérieur ; et c'est la puissance et le moyen par lequel Dieu atteint Sa fin en nous. Dieu a un grand dessein en nous, celui de nous conformer à l'image de son Fils : Il nous a « prédestinés à être conformes à l'image de son Fils... ». C'est le moyen par lequel cette fin est atteinte en nous. Dieu fait quelque chose en nous par l'immensité de sa puissance, plus profondément que nos sens, plus profondément que notre reconnaissance, plus profondément que notre perception. Il y a là quelque chose que Dieu a fait et fait encore, qui est établi au-delà de l'interférence de toutes les fluctuations et variations de notre vie plus superficielle. Nous vivons tellement dans ce domaine superficiel, dans ce que nous appelons le domaine de l'âme, où nous enregistrons toutes les influences et les sensations qui viennent de l'extérieur, où nous réagissons à toutes ces influences et à tous ces impacts, et où nous avons un monde de nos propres sentiments, de notre propre conscience ; ce monde terrible qui est si rarement calme et tranquille pendant un certain temps. C'est le domaine où se trouvent tous les soucis, toute l'anxiété, l'inquiétude, les préoccupations, les pressentiments et tout ce qui peut nous faire croire qu'il s'agit du monde le plus réel, le plus positif, le plus solide et le plus vrai de l'univers de Dieu.

Lorsque nous sommes d'humeur, cette humeur est la chose la plus réelle pour nous, et si quelqu'un nous dit que ce n'est qu'une humeur et qu'il ne faut pas la prendre au sérieux, nous n'avons pas beaucoup de patience avec ces personnes. Pour nous, c'est la chose la plus réelle. Nous traversons quelque chose qui est du domaine de la vie naturelle, de la vie humaine, et pendant que nous passons, c'est terriblement réel. Oui, cela peut avoir une base physique, cela peut naître d'un désordre, cela peut être n'importe quoi dans cette vie naturelle, et cette vie naturelle est une chose terriblement réelle pour nous, et très souvent nous sommes dangereusement près de croire que c'est la chose la plus réelle et la plus ultime, et que c'est avec elle que nous tenons ou que nous tombons. Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas ce qu'il y a de plus profond chez l'enfant de Dieu. Il peut y avoir un désordre physique et un dérangement mental, et il peut y avoir toutes les sensations les plus positives dont cette nature complexe qui est la nôtre peut être consciente, mais il y a quelque chose de plus profond que ce qui n'est pas touché, qui n'est pas ému. Au plus profond de notre être, si nous sommes des enfants de Dieu, il y a quelque chose qui survit à tout cela. Vous savez qu'il a survécu à des milliers d'états d'âme et d'expériences. Vous avez pensé à maintes reprises que c'était la fin, que vous alliez être submergé, que la fin était arrivée, par désespoir, mélancolie, misère ou pour toute autre raison, et vous avez survécu à ce genre de choses encore et encore ; vous avez traversé, vous avez émergé, vous êtes remonté. Chez un enfant de Dieu, il y a quelque chose de plus profond que cela, de plus durable, d'inviolable, un fondement de Dieu inébranlable. Tout pouvoir qui peut survivre à ce que nous devons parfois traverser dans le domaine de nos propres âmes est en effet un très grand pouvoir ; et, croyez-moi, ce pouvoir qui agit dans l'Église va survivre à toutes les sensations accumulées par tous les membres du Corps du Christ.

Rassemblez toute votre misère, tout votre désespoir, toutes vos sensations, toute l'impuissance des perspectives, et, si vous êtes un enfant de Dieu, il y a une puissance qui agit à l'intérieur et qui est plus que suffisante pour rencontrer, contrer et triompher de tout cela. C'est le moyen par lequel Dieu atteint son but en nous, et si son but en nous est la conformité à l'image de son Fils, alors la puissance qui agit en nous est plus que suffisante pour rencontrer et vaincre tout ce qui est contraire à son Fils en nous. Le croyez-vous ? Pas toujours ! Si nous croyions vraiment que nous ne devrions jamais être occupés par nous-mêmes, que nous ne devrions jamais être déprimés à cause de nos imperfections, il n'y aurait pas de place pour une quelconque question quant à notre position. Car n'est-il pas vrai que la plus grande partie de nos ennuis, de notre désespoir, de notre malheur est due à la conscience de notre propre imperfection, de tout ce que nous sommes et que nous ne voudrions et ne devrions pas être, et de tout ce que nous ne sommes pas et que nous pensons devoir être. Son dessein éternel et Sa très grande puissance sont liés l'un à l'autre. Ne l'oubliez pas. Nous sommes l'objet des deux, et Son excessive grande puissance est à l'œuvre en nous pour réaliser le dessein.

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 La Question Alimentaire (1953) par T. Austin-Sparks

Publié pour la première fois dans le magazine « A Witness and A Testimony », novembre-décembre 1939, vol. 17-6. Republié dans le magazine « A Witness and A Testimony », mars-avril 1953, vol. 31-2. Source : The Food Question (1953) . (Traduit par Paul Armand Menye).

En période d'urgence nationale due à une menace de guerre ou à une guerre réelle, l'une des considérations les plus vitales, et qui régit en grande partie la situation, est celle de l'approvisionnement alimentaire. La préserver est un élément essentiel de la défense et de l'agression. L'empêcher de tomber entre les mains de l'ennemi est une tactique de victoire. Si cela est vrai dans le domaine naturel et terrestre, cela l'est certainement dans le domaine spirituel et céleste. Les chrétiens ne réalisent pas toujours qu'ils sont nés (à la nouvelle naissance) dans des conditions qui constituent une situation d'urgence. En effet, un état de guerre existe depuis le jour où Adam a péché, et cette guerre s'intensifie à mesure que la fin de la dispensation approche. L'une des caractéristiques de cette guerre est la question alimentaire, et l'issue finale pour chaque croyant dépend dans une très large mesure de la nourriture spirituelle. Comme au temps de Gédéon, il en est de même aujourd'hui. Les Madianites cherchaient alors à piller et à voler toutes les récoltes. Gédéon fut désigné par Dieu comme celui qui serait choisi et utilisé comme libérateur parce qu'il s'était secrètement sacrifié pour préserver la nourriture de ses frères et ainsi vaincre l'ennemi.

Mais si l'on considère la question de la nourriture en général, il existe des analogies assez simples entre le naturel et le spirituel.

Tout d'abord, il y a la question de :

L'Appétit

La première question qu'un médecin pose à un patient est : « Comment est votre appétit ? », ce qui montre que celui-ci est étroitement lié à la maladie ou à la santé et peut être un symptôme. Or, il faut reconnaître qu'il existe chez le chrétien un « homme intérieur », qui est tout à fait différent de l'homme extérieur et qui possède un ensemble de facultés et de fonctions bien définies. Cet homme intérieur est capable de croître, d'être en bonne santé ou malade, d'être faible ou fort, d'accomplir des exploits spirituels ou d'être impuissant dans le combat. Peu importe à quel point un chrétien peut être plein de vigueur et d'énergie naturelles, il ne peut, par sa seule force naturelle, accomplir quoi que ce soit qui ait une valeur spirituelle. Tôt ou tard, il y aura un effondrement terrible tant chez le travailleur que dans son travail, et toute situation d'urgence précipitera rapidement cet effondrement s'il n'y a pas de véritable constitution spirituelle. Cela dépend de la nourriture spirituelle. Mais dans la mesure où il est si facile de continuer à fonctionner avec l'énergie et l'activité naturelles sans se rendre compte qu'il ne s'agit pas vraiment de puissance spirituelle, nous devons appliquer le test de la vie et de la santé spirituelles. Comment est votre appétit ? Quel genre d'appétit avez-vous pour la nourriture spirituelle ? Est-il faible ? Est-il facilement satisfait ? Est-il capricieux et difficile ? Avez-vous besoin que votre nourriture spirituelle vous soit préparée et servie d'une manière si agréable et savoureuse que vous avez l'impression de manger sans manger ? Que pouvez-vous manger ? C'est une question pour les personnes délicates et malades.

Pour ceux qui sont vraiment en bonne santé et en bonne forme, la demande est « quelque chose à se mettre sous la dent » ; « quelque chose de solide » ; « quelque chose qui vous permette de vivre et de travailler » ! C'est un test assez fiable de notre vie spirituelle, et l'apôtre Paul ne nous laisse aucun doute à ce sujet. « Frères, je n'ai pas pu vous parler comme à des gens spirituels, mais... comme à des enfants. Je vous ai donné du lait, pas de la viande, car... vous n'étiez pas capables de le supporter » (1 Corinthiens 3:1,2).

Une Pratique Auto-trompeuse

L'un des aspects les plus perfides et désastreux de l'alimentation ces dernières années est celui des confiseries. Agréables au goût, elles suppriment la sensation de faim pour le moment , sont faciles à consommer et détruisent le sentiment de besoin ou le désir de quelque chose de plus substantiel. Mais c'est un monde faux, perfide en ce qu'il ne contribue pas à la constitution, et lorsque l'épreuve rigoureuse survient, lorsque les épidémies sévissent et que les germes se propagent, lorsque, pour une raison quelconque, l'endurance est nécessaire ou qu'une crise doit être surmontée, alors le manque fatal de constitution se révèle.

Tout cela a un pendant tragique ou un parallèle dans la vie spirituelle. Il existe une tendance affligeante à servir les choses spirituelles de la manière qui exige le moins d'efforts. L'attrait est une considération primordiale. Les classiques solides d'une ou deux générations ont été supplantés par des ouvrages que l'on peut lire en quelques minutes, puis oublier. On dit que c'est ce qui est demandé et qu'il y a peu de demande pour quelque chose de plus substantiel. Est-ce là un symptôme de l'état spirituel de la majorité des chrétiens d'aujourd'hui ? Nous ne pouvons que prévoir un terrible « évanouissement au jour de l'adversité ».

Les dangers de cette situation sont nombreux et grands. L'un d'eux est une prédisposition à l'erreur. Les erreurs tirent généralement leur avantage en présentant quelque chose qui offre la ligne de moindre résistance. Autrement dit, elles semblent résoudre facilement un problème difficile ou offrir un moyen rapide d'atteindre un but souhaité. Il y a quelque chose d'agréable et de fascinant dans chaque substitut que Satan produit à la pure vérité. Les personnes qui ne sont pas prêtes à accepter la voie de la Croix dans toutes ses implications sont emportées comme par un torrent lorsqu'on leur offre un beau mensonge comme moyen d'atteindre le même but. La Parole de Dieu indique clairement que la Croix exige ou postule la mise à part de toute la race en Adam et de l'homme par nature, et qu'il n'y a d'espoir pour personne, sauf pour ceux qui font partie de la nouvelle création en Jésus-Christ. L'universalisme - le beau mensonge - détruira le sens réel de la Croix en disant que la Croix est une chose si grande qu'elle ne pourrait jamais permettre qu'une seule unité soit perdue éternellement. Nous ne citons cela que pour montrer comment un état superficiel de vie spirituelle résultant d'une mauvaise alimentation expose les gens à être emportés par de belles erreurs.

Discrimination et Sérieux dans les Intentions

Une prédisposition physique à une maladie est souvent surmontée par des moyens constitutionnels. Il en va de même dans le domaine spirituel.

Le corps physique dispose d'un merveilleux système de test (acceptation ou rejet) des propriétés des aliments. Le sang remplit la double fonction d'apporter les nutriments à chaque partie du corps et d'en éliminer les déchets. Tout ce qui est absorbé par le corps est transporté vers de petites portes, pour ainsi dire, ou des cellules, où il est mis à l'épreuve par l'action de certaines sécrétions. Les aliments qui s'avèrent avoir des qualités nutritives sont acceptés, décomposés et transformés en tissus vitaux et en carburant pour les nerfs. S'il y a des éléments inutiles ou toxiques, ils sont rejetés par un corps sain. Une lutte peut s'ensuivre pour les expulser, et la personne concernée peut avoir une certaine conscience de cette lutte. Le point important pour l'instant est que, en matière d'alimentation, il faut une vitalité fondamentale qui permette de discerner les valeurs, de les déterminer et de les transformer en pensées, en paroles, en actions et en nature de l'individu. D'autre part, les éléments nocifs et ceux qui manquent de valeur seront perçus et rejetés. Ainsi, dans le cas du croyant, il est très important que son alimentation soit animée d'une véritable vitalité afin de lui permettre de se construire.

La vie réelle signifie donc appétit et discernement, qui conduisent à la force et à la capacité. Mais il est également nécessaire d'adopter dès le départ une attitude sérieuse à l'égard de la question alimentaire. Par négligence, nous pouvons ne pas donner à l'homme intérieur ce dont il a besoin et nous contenter de lui servir de simples plaisanteries en matière de vérité spirituelle. Reconnaissons qu'il doit avoir une nourriture saine et vraiment nutritive, et nous devons nous consacrer résolument à la rechercher. L'essence de la nourriture, c'est le Christ lui-même. Par conséquent, le critère de toute chose est de savoir si elle nous apporte réellement le Christ. Il ne s'agit pas de savoir combien nous en savons davantage, ni d'avoir une sensation agréable, mais comment il est possible de croître à la mesure du Christ.

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jeudi 20 août 2026

La Sagesse et la Valeur d'Être Clairement au Seigneur par T. Austin-Sparks

Publié pour la première fois dans le magazine « A Witness and A Testimony », juillet-août 1969, vol. 47-4. Source : The Wisdom and Value of Being Pronouncedly the Lord's . (Traduit par Paul Armand Menye).

Un message aux jeunes chrétiens

« À qui j'appartiens et que je sers » (Actes 27:23).

Cette histoire dramatique du voyage de l'apôtre Paul à Rome contient de nombreux enseignements utiles. Parmi ceux-ci, nous en avons choisi un qui revêt une importance particulière. Il s'agit de celui qui figure dans notre titre : la sagesse et la valeur d'être clairement au Seigneur.

Vous savez que l'apôtre était prisonnier et en route pour être jugé devant César. Il serait peut-être utile, et cela éviterait d'allonger ce message, de vous rafraîchir la mémoire en relisant tout le chapitre et ce qui y a conduit. Le point central du message est que Paul n'a laissé aucun doute quant à sa position, et c'est pour cette raison que Dieu a finalement tout remis entre ses mains. Paul aurait pu garder le silence. Plusieurs éléments auraient pu l'inciter à le faire. Il était prisonnier de César. Il était sous l'autorité du centurion romain et du capitaine du navire. Il avait beaucoup de choses à réfléchir, car sa vie avait pris un tournant étrange et inattendu, et il risquait maintenant d'être rapidement exécuté. Mais non, il regarda au-delà de César, de Rome, du navire, de la mer et des circonstances, vers le Seigneur, et, à l'heure de l'épreuve, il se déclara hardiment et ouvertement, non pas comme prisonnier des hommes ou des circonstances, mais comme prisonnier et serviteur du Seigneur. Cette franchise et ce courage devinrent Une position de pouvoir auprès du Seigneur

Elle constituait un lien avec la souveraineté Divine. Cette souveraineté Divine avait été très réelle dans son histoire récente qui l'avait conduit à cette situation. Les éléments qui auraient pu fournir de nombreuses raisons de douter et donner lieu aux accusations paralysantes du diable ne manquaient pas. Tout ce désastre menaçant aurait pu être considéré comme le résultat des propres erreurs et fautes de Paul. Il s'était rendu à Jérusalem malgré :

(a) L'ordre antérieur du Seigneur lui enjoignant (à Paul) de quitter cette ville et d'être envoyé « loin d'ici » parce qu'ils ne recevraient pas son témoignage (Actes 22:21).

(b) Le fait que ses frères l'avaient supplié de ne pas y aller et l'avaient averti de ce qui allait se passer.

Mais son souci pour son propre peuple dans cette ville était si fort qu'il ne se laissa pas dissuader et alla à l'encontre de tous les appels et supplications. Lorsqu'il arriva à Jérusalem, il tomba dans un piège qui lui valut l'emprisonnement, une mort certaine et plusieurs procès, aboutissant finalement à son appel devant César. L'un des chefs dit que si seulement Paul n'avait pas fait appel à César, il aurait pu être remis en liberté. Ce « si seulement » aurait pu être un argument puissant pour l'auto-condamnation et la condamnation satanique. « Si seulement je n'avais pas commis cette erreur ! »

L'apôtre avait beaucoup à réfléchir, et lorsque les choses tournent mal et que les ennuis s'accumulent, le diable ne tarde pas à intervenir et à dire : « C'est le jugement de Dieu sur tes mauvaises actions. » Il semble que Dieu nous ait abandonnés à notre sort et nous ne voyons aucune issue. Mais cet homme n'était pas introverti, il continuait à croire en Dieu ; car, quelles que soient les circonstances étranges et apparemment contradictoires qui se présentaient, Dieu lui avait dit qu'il « devait témoigner de lui à Rome » comme il l'avait fait à Jérusalem. Cette confiance dans la souveraineté et la toute-puissance de Dieu eut deux effets immédiats : elle le rendit audacieux devant les hommes et le relia à cette souveraineté et à cette grâce. Il y avait un facteur sous-jacent qui donnait à Dieu une voie claire pour exercer Sa souveraineté. Paul n'avait absolument aucun intérêt personnel à servir. Il savait qu'en se rendant à Jérusalem, il risquait sa vie. Il n'y allait pas pour son propre compte. Il n'était pas motivé par une ambition mondaine. Il n'y avait aucun avantage pour lui dans cette vie. Tout cela n'était qu'une voie de sacrifices, de souffrances et de renoncements. Une telle position spirituelle est toujours une voie que Dieu emprunte pour surmonter nos erreurs, et même pour utiliser l'adversité à Ses propres fins.

Les apôtres n'étaient pas des hommes parfaits et infaillibles. Dieu n'a jamais eu de serviteur infaillible en dehors de Son Fils. Ses meilleurs hommes ont commis des erreurs, et ces erreurs n'ont jamais été effacées des archives de leur vie. Mais qu'il s'agisse d'Abraham, de Moïse, de David, de Pierre ou de Paul, leur cœur entièrement tourné vers Dieu et l'absence d'intérêts personnels ont fait de ces archives une histoire qui témoigne de manière éminente de la grâce et de la puissance souveraines.

Il en fut de même dans le cas qui nous occupe. L'abandon total à Dieu a donné à Dieu cette merveilleuse occasion d'exercer Sa souveraineté, de sorte que ce désastre apparent s'est avéré être une stratégie Divine.

Si notre cœur est entièrement tourné vers le dessein de Dieu, nos fautes et nos défauts humains seront couverts par la grâce souveraine. Nous ne pensons pas ici aux péchés concrets de rébellion et d'obstination. Ceux-ci peuvent arrêter ou retarder l'action de Dieu, en ce qui nous concerne. Mais les faiblesses de notre humanité ne peuvent être un obstacle pour Dieu, à condition qu'il n'y ait pas d'intérêt personnel dominant.

La chose suivante qui est notée dans notre chapitre est que cette position tranchée en faveur du Seigneur est Une Position de Pouvoir Moral en Temps de Crise

Pendant un certain temps, le capitaine du navire a ignoré les conseils de Paul. Paul était moins qu'un passager : il faisait partie d'un groupe de prisonniers. Son opinion pouvait être ignorée ; ils l'ont donc réduit au silence et l'ont obligé à se taire. Dans toutes les discussions qu'ils ont eues, Paul faisait partie de la minorité rejetée. Mais l'heure de la crise est venue. Le jour et l'heure sont venus où la majorité s'est retrouvée dans une situation difficile, et maintenant, le seul homme sur lequel repose leur seul espoir est celui qui avait été rejeté, celui qui avait gardé une veille silencieuse avec Dieu et à qui Dieu avait parlé. Vous connaissez la suite de l'histoire. L'homme qui était entièrement dévoué à Dieu et que les hommes avaient rejeté est la clé de Dieu dans une situation où tout s'écroule. La leçon est assez évidente, et ce principe s'est vérifié à de nombreuses reprises dans l'histoire. « Soyez tranquilles, et sachez que je suis Dieu. »

Il y a une autre caractéristique merveilleuse de ce gouvernement souverain de Dieu. C'est : La Prescience de Dieu

Dans le récit, nous trouvons la déclaration de Dieu à Paul : « Dieu t'a donné tous ceux qui naviguent avec toi ». Cela signifie-t-il, comme cela pourrait bien être le cas, que Dieu avait à l'esprit le salut éternel du capitaine du navire, du centurion et de la compagnie lorsqu'il a mis Paul sur ce navire ? Serait-il exagéré de penser que certains de ceux que Paul appelle plus tard « les membres de la maison de César » (manifestement des croyants sauvés) sont venus au Seigneur pendant ce voyage, et que même le centurion faisait peut-être partie de la « garde prétorienne » ? (Voir Philippiens 1:13, 4:22.) Une telle supposition peut être étayée par une autre occasion où Paul était « dans une grande crainte et un grand tremblement ». Le Seigneur lui a parlé avec les mêmes mots que ceux utilisés ici : « Ne crains point, Paul », puis, concernant la situation désespérée à Corinthe : « J'ai beaucoup de gens dans cette ville. » Remarquez : « J'ai ». Pas : « J'aurai ». Le Seigneur connaît d'avance ceux qui croiront et a un messager à disposition. Avant que le voyage n'atteigne son paroxysme avec la perte du navire, et avant que quiconque n'écoute Paul, Dieu avait dit : « Je t'ai donné ». C'était un acte souverain issu d'une prescience souveraine. J'ose dire que si Paul n'avait jamais laissé personne soupçonner qu'il était Chrétien, la grande coopération avec Dieu n'aurait pas suivi.

Il y a des moments où nous nous demandons pourquoi nous nous trouvons dans certaines situations très difficiles et déroutantes. Toutes nos attentes ont été déçues. Il n'est pas rare que, finalement, nous découvrions que Dieu avait quelque chose d'important pour Lui-même dans cette situation. L'enfer a fait rage comme une tempête en mer et, humainement, le chemin semblait avoir pris fin. Mais, encore une fois, si le cœur n'est pas divisé dans ses intérêts, et si aucune autre préoccupation que celles du Seigneur ne nous empêche d'être clairement à Lui, l'enjeu peut être le bien éternel des autres. Rappelez-vous que le Seigneur n'aurait pas dit à Paul, à deux reprises, « Ne crains pas, Paul », si Paul avait été au-dessus de la crainte, incapable d'en éprouver, un surhomme totalement dépourvu de peur. L'ascendant moral de Paul était dû à la grâce de Dieu ; et celle-ci n'est pas réservée aux géants en eux-mêmes, mais à ceux qui se sont entièrement engagés envers Lui.

Un examen plus approfondi de l'histoire révélera certaines caractéristiques nécessaires à toute personne dont les voies sont soutenues par le Seigneur. L'une d'entre elles est la véritable humilité. Il n'y avait chez Paul aucune fierté ni arrogance dans la défense de ses propres convictions. Même s'il savait pertinemment que la voie choisie était erronée et que ses conseils étaient rejetés, il s'est tenu à l'écart et a manifestement laissé la situation entre les mains du Seigneur, sans intervenir. C'est essentiel pour l'œuvre du Seigneur. L'humilité est la preuve que nous n'avons aucun intérêt personnel ou privé à défendre. Elle est également le signe que nous ne « nous estimons pas plus haut que nous ne le devrions ». Ce n'est pas notre justification qui importe, mais seulement l'honneur du Seigneur.

La patience est donc très importante. Paul avait donné son conseil. Il avait été ignoré. Il semblait alors qu'il avait eu tort et que les autres avaient eu raison. Les choses tournaient en leur faveur et ils semblaient avoir raison. « Le vent du sud soufflait doucement, et ils pensaient avoir atteint leur but... » (Actes 27:13). C'est un élément très éprouvant dans les voies souveraines de Dieu - la seule manière dont Il peut entrer dans Sa propre place, et aussi amener les âmes à Lui par le biais de l'autodestruction. Parfois, il semble que Dieu favorise ceux qui ont refusé Son autorité et Son meilleur jugement. Ils semblent vraiment prospères et bénis ! Cela s'inscrit dans un contexte beaucoup plus large que le voyage de Paul à Rome. Dans toute l'histoire de Dieu depuis les temps anciens, Il a si souvent permis que le mal soit fait, que Son autorité soit mise de côté et qu'il semble donner libre cours à l'indépendance de l'homme.

« Les pages de l'histoire ne font que rapporter

Une lutte mortelle dans les ténèbres,

Entre les anciens systèmes et la Parole.

La vérité pour toujours sur l'échafaud ;

Le mal pour toujours sur le trône :

Pourtant, cet échafaud balance l'avenir ;

Et au milieu de l'obscurité inconnu

Se tient Dieu, veillant sur les Siens. »

L'expression « la patience de Jésus » (Apocalypse 1:9) a été utilisée par Jean à une époque où l'« échafaud » des persécutions de Rome semblait être le « trône » triomphant d'une opposition intense à tout ce qui concernait le Seigneur Jésus. Mais l'histoire a montré le contraire, à cette époque et à bien d'autres. La patience est une puissance Divine.

Nous concluons donc ce message, avec ses principes éternels profonds de la souveraineté de Dieu, et sa démonstration de la sagesse et de la valeur d'appartenir clairement au Seigneur.

« À qui j'appartiens » - propriété absolue.« Que je sers » - obéissance absolue

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mercredi 19 août 2026

La Résurrection : une réalité personnelle vivante par T. Austin-Sparks

Publié pour la première fois dans le magazine « A Witness and A Testimony », septembre-octobre 1959, vol. 37-5. Source : Resurrection: A Living Personal Reality. (Traduit par Paul Armand Menye).

 « Les fils des prophètes dirent à Élisée : Voici, le lieu où nous demeurons devant toi est trop étroit pour nous. Allons, nous te prions, jusqu'au Jourdain, prenons-y chacun une poutre, et faisons-y un lieu où nous pourrons habiter. Il répondit : Allez. L'un d'eux dit : Contente-toi, je te prie, et va avec tes serviteurs. Il répondit : J'irai. Et il alla avec eux. Arrivés au Jourdain, ils coupèrent du bois. Comme l'un d'eux abattait une poutre, le fer de la hache tomba dans l'eau ; il poussa un cri et dit : Hélas, mon maître ! car il l'avait empruntée. L'homme de Dieu dit : Où est-elle tombée ? Et il lui montra l'endroit. Il coupa un bâton, le jeta dans l'eau, et le fer nagea. L'homme de Dieu dit : Monte-le vers toi. Il étendit la main et la prit » (2 Rois 6:1-7).

J'avoue que je me demandais pourquoi cette histoire était incluse dans le nombre de récits que nous possédons sur les actes d’Élisée. Quelle est sa leçon ? Qu'a-t-elle à dire ? En y réfléchissant, plusieurs choses me sont apparues clairement, et j'aimerais en évoquer une ou deux.

La Part des Premiers-nés

Bien sûr, ceci, avec toutes les autres choses qui sont rapportées sur les actes d’Élisée, est inclus dans le grand commencement de sa vie. Vous vous souvenez que son maître, Élie, sur le point d'être enlevé au ciel, demanda à Élisée ce qu'il pouvait lui donner. Élisée répondit : « Une double portion de ton esprit ». Il s'agissait, bien sûr, de la part du premier-né (Deutéronome 21:17). Élie dit : « Tu as demandé une chose difficile ; mais si tu me vois quand je serai enlevé, cela se fera ». Comme ils passaient de l'autre côté du Jourdain, les chars du Seigneur apparurent et enlevèrent Élie ; Élisée s'écria : « Mon père, mon père, les chars d'Israël et leurs cavaliers ! » Le manteau tomba de la main d'Élie, et Élisée le reprit. Les fils des prophètes, qui apparaissent dans ce chapitre et dont il est fait mention à plusieurs reprises dans ce livre, s'écrièrent : « L'esprit d'Élie repose sur Élisée », et ils se prosternèrent à terre. (1 Rois 2:9-15).

C'est là que tout commence, car ces diverses « œuvres puissantes », ou « œuvres de puissance », étaient l'expression et le résultat de cette puissante onction de l'Esprit, cette portion du premier-né. Ainsi, ce que nous avons ici dans chacun d'eux, et dans celui auquel nous pensons, c'est le véritable travail de l'onction - c'est-à-dire du Saint-Esprit opérant dans la puissance de la résurrection. Chaque incident porte cette marque d'une manière ou d'une autre.

Il serait facile de montrer comment ceci n'est qu'une préfiguration de l'ascension, ou de la réception, du Seigneur Jésus, après quoi le Saint-Esprit est descendu sur l’Église ; le « manteau » du premier-né, la part du premier-né, est tombé sur l’Église. Si nous voulons savoir ce qu'est la « part du premier-né », c'est justement cela : la puissance de sa résurrection.

« Les Fils des Prophètes »

Venons-en donc à cette histoire. Les « fils des prophètes » sont à nouveau en vue. Notez ce qu'ils représentent : ils représentent la génération suivante, la génération qui succède, qui continue, qui poursuit le témoignage prophétique. Ce sont les fils des prophètes. Le cœur de toute cette affaire, où ils apparaissent encore et encore en relation avec ces actes puissants de l'Esprit par l'intermédiaire d’Élisée, est le suivant : ces « fils des prophètes », qui se trouvaient dans les « écoles des prophètes », éduqués et formés pour poursuivre l'œuvre des prophètes, pour accomplir leur ministère dans la génération suivante, n'étaient pas simplement des étudiants académiques ; ils étaient amenés, par ces divers moyens, à être en contact étroit avec la réalité. Vous verrez tout de suite à quel point c'était vrai dans le cas de cet homme et de la hache.

Ces « fils de prophètes » exprimaient un désir tout à fait légitime lorsqu'ils disaient : « L'endroit où nous habitons... est trop étroit pour nous », et suggéraient de construire une extension. C'était une pensée tout à fait légitime, une bonne chose, rien de mal à cela. Vouloir échapper à l'étroitesse et à la limitation, s'agrandir, s'étendre, pour l'œuvre du Seigneur : c'est une bonne chose et une chose juste. Élisée ne souleva donc aucune objection, ne mit aucune difficulté sur le chemin, mais encouragea. Et lorsque certains d'entre eux lui dirent : « Écoute, nous ne continuerons pas sans toi ; nous ne rejetons pas l'ancienne génération ; tu viens avec nous ; nous avons besoin de toi », il répondit : « Je viens ». Il y a eu un rapprochement dans toute cette affaire, et à juste titre. Mais même dans le cas d'un désir et d'une ambition parfaitement légitimes, d'une quête juste, à laquelle il n'y a aucune objection, la chose doit rester très proche de la vie ; et c'est de cela qu'il s'agit dans cette histoire. Parmi les diverses leçons qu'elle nous enseigne, je n'en retiendrai que deux.

La Nécessité d'une Expérience de Première Main

Premièrement, dans notre poursuite, ou notre désir de poursuivre, dans notre quête d'élargissement et d'accroissement, et d'échapper à tout ce qui est petit, étroit, resserré et limité, tout ce qui est employé dans l'œuvre du Seigneur doit être de première main. On ne peut pas le faire avec des outils empruntés. Or, il y a de nombreuses façons dont le témoignage peut être de seconde main. Par exemple, des enfants élevés dans un foyer chrétien. Une telle occasion s'est présentée chez nous il n'y a pas si longtemps. Lorsqu'un frère très cher a été soudainement ramené au Seigneur, l'un de ses fils est entré dans une phase très difficile et il est venu me voir. Il m'a dit : « Je traverse une période très difficile : J'ai découvert que je vivais sur le témoignage de mon père. J'ai simplement pris ce qu'il disait, je l'ai suivi, pensant que j'étais sur le même terrain que lui ; mais j'ai découvert que c'était le sien, et non le mien, et maintenant je dois tout découvrir par moi-même depuis le début ». Ce fut un passage difficile ; il s'en est sorti, bien sûr, et se trouve maintenant sur son propre terrain. C'était une « hache empruntée ».

Encore une fois, nous pouvons tirer cela de notre réunion, de l'enseignement que nous avons reçu au fil des ans. Nous pensons l'avoir en main et nous imaginons que nous allons l'utiliser d'une manière ou d'une autre, qu'elle sera utile, mais quelque chose se produit et nous nous apercevons qu'elle ne fonctionne pas ; la tête se détache ! La tête se détache et nous laisse tomber. Ce n'était pas la nôtre ; hélas, elle avait été « empruntée ». C'était celle de quelqu'un d'autre - celle de la « communauté », de la réunion ou de l'enseignant. De bien d'autres manières encore, elle peut être empruntée - à l'étude, à la bibliothèque et aux étagères, aux commentaires et aux traductions, et à toutes les autorités et aux hommes pieux qui les ont écrits - et nous pensons que nous l'avons obtenue ! Et puis cela ne marche pas - la tête se détache ! « Hélas, elle a été empruntée ».

Ces incidents, ces accidents - qui ne sont pas du tout des accidents - où l'ensemble semble nous laisser tomber, où l'on a l'impression que cela ne fonctionne pas, sont autorisés par le Seigneur à se produire. Une crise survient, comme celle de ce jeune homme et de sa hache, afin que l'objet passe de la mort à la résurrection et devienne nôtre dans la puissance de la résurrection. Lorsque toute la tête est tombée et qu'il ne nous reste que le manche dans la main, qui n'abattra aucun arbre, qui n'accomplira rien, lorsque nous restons ainsi, debout, c'est un moment douloureux, une expérience douloureuse. Nous avons peut-être l'impression d'avoir fait fausse route, d'avoir été dans une sorte d'illusion. Peut-être. Mais le Seigneur est très fidèle ; et de telles expériences, qui semblent être un désastre, et nous crions : « Hélas, hélas ! » - ces expériences sont dans Sa fidélité même, pour amener cette chose sur un nouveau terrain, où elle est nôtre par un miracle de Dieu : elle est nôtre parce que la puissance de Sa résurrection est entrée en jeu. Et lorsque cette puissance est entrée en jeu, il n'est plus question d'un « emprunt » - c'est le vôtre.

Si la fidélité de Dieu nécessite parfois, d'une part, la perte de la tête de hache, nous laissant debout, criant « Hélas ! »; tout notre pouvoir de faire les choses s'est envolé, a disparu ; nous sommes bloqués ; d'autre part, il y a toujours le dessein positif de Dieu dans de telles expériences, afin que nous connaissions cette part du premier-né. La part du premier-né garantit l'héritage à l'individu concerné. Ce n'est pas quelque chose d'acheté, de payé, de gagné, mais un don de la grâce. Il s'agit de connaître l'onction dans la vérité.

Nous sommes tous d'accord, du moins en théorie, pour dire que nous ne voulons pas d'expériences ou d'enseignements empruntés, d'adresses de seconde main, de choses étudiées. Nous voulons des gens qui savent et qui peuvent parler à partir d'une expérience profonde, qui sont passés par la profondeur du Jourdain. Ils sont passés par la profondeur du Jourdain. Ils sont entrés dans la mort et sont arrivés sur le sol de la résurrection. Ils connaissent, d'une part, l'amertume de la perte, de l'échec, de la déception ; d'autre part, la force merveilleuse de ce miracle de la vie de résurrection. Nous voulons des « fils de prophètes » qui sont dans le bien de l'onction, et pas seulement des étudiants. Tout doit être établi sur la base d'une expérience vivante et personnelle ; pas celle de quelqu'un d'autre, mais la nôtre.

C'est la première leçon. Elle est simple, mais elle explique beaucoup de choses, je pense, en ce qui concerne les voies du Seigneur avec nous.

La Résurrection Inverse la Nature

L'autre chose, qui va de pair avec cela, c'est que dans ce miracle de la résurrection, il y a eu un inversement complet et parfait de l'ordre naturel. Il est dans la nature d'un morceau de fer de couler : c'est sa nature, il coule. Pour un morceau de fer, une tête de hache, flotter est contraire à la nature. Or, par nature, nous sommes tous des morceaux de fer. Par nature, nous sommes du genre à couler ! Nous le savons. Il ne faut pas grand-chose pour nous enfoncer, pour nous mettre à terre : c'est en nous, et surtout lorsqu'il y a une demande spirituelle. Il s'agit ici de toute la question de l'élargissement, de l'expansion et de l'accroissement de l'œuvre du Seigneur. Je me demande si vous avez remarqué, chaque fois que quelque chose de plus du Seigneur est en vue, à quel point nous sommes rapidement abattus, pressés. C'est comme ça. Lorsque quelque chose du Seigneur est imminent, vous trouvez des gens « sous » les choses : ils sont descendus, ils ont été pris d'une certaine manière et ils ont coulé. Nous devons vraiment nous préparer à tout ce que le Seigneur va faire. Cela n'arrive pas juste « comme ça »!

Eh bien, nous sommes faits comme cela ; nous sommes naturellement du genre à « couler ». Peut-être pensez-vous que vous êtes une personne très flottante ! J'ose suggérer que la personne la plus flottante, avec le tempérament naturel le plus optimiste, se heurtant de plein fouet aux forces qui s'opposent aux choses de Dieu, s'apercevra qu'elle a besoin de plus qu'une flottabilité naturelle. Nous ne pourrons jamais nager, flotter, rester à la surface sans quelque chose de plus que notre propre force naturelle, notre propre constitution.

Mais la merveille de l'onction, la merveille du Saint-Esprit, la merveille de la part du premier-né, c'est que, bien que nous soyons faits d'une matière si facile à couler, bien que notre tendance naturelle soit de décliner, de tomber sous la pression ou l'épreuve, la merveille est que vous et moi sommes à flot aujourd'hui ! C'est vraiment une chose merveilleuse. Peut-être le savez-vous. Peut-être pensez-vous souvent que vous avez coulé, mais vous êtes à flot aujourd'hui. Votre cœur est peut-être en train de sombrer aujourd'hui, mais vous n'êtes pas encore noyé, vous n'êtes pas encore au fond, vous n'êtes pas encore perdu pour de bon. Nous sommes tous passés par là à de nombreuses reprises. Nous pouvons dire, avec le prophète : « Quand je tomberai, je me relèverai » (Michée 7:8). Il y a un facteur supplémentaire chez l'enfant de Dieu, chez le serviteur de Dieu, appelé selon Son dessein, qui nous permet de survivre à mille noyades. Si le Saint-Esprit est en nous, il y a un renversement de la nature. La nature décline, la nature descend, la nature coule, mais l'Esprit est toujours en train d'inverser cela et de nous faire remonter, de continuer, encore et encore. Il y a quelque chose en nous qui est différent de notre propre nature : c'est la nature Divine - la puissance de Sa résurrection. La puissance de Sa résurrection est une chose merveilleuse !

Le message de cette simple histoire est donc, tout d'abord, que nous devons être sur un terrain authentique. Nous ne pouvons rien faire de vraiment efficace avec des outils qui ne sont pas, pour ainsi dire, une partie de notre propre être, forgés dans notre propre expérience. Nous devons pouvoir dire : « Maintenant, c'est vraiment à moi ! J'ai traversé la mort avec cela ; cela m'a amené à la vie. Cela m'appartient. Ce n'est pas quelque chose que j'ai entendu, ni quelque chose que j'ai reçu de quelqu'un d'autre ; je l'ai parce que je l'ai vécu avec Dieu sur ce sujet. Il doit en être ainsi afin de poursuivre le témoignage prophétique.

Deuxièmement, cela nous donne cette grande assurance, cette merveilleuse assurance, que nous avons le Saint-Esprit : si nous appartenons au Seigneur, l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en nous. Et c'est quelque chose qui n'est pas seulement plus que la nature, mais qui est contraire à la nature. Bien que nous ayons souvent l'impression de toucher le fond, ou d'avoir touché le fond, nous remonterons si le Saint-Esprit est en nous. Le Saint-Esprit ne va pas mourir dans la tombe ! « Si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ Jésus d'entre les morts vivifiera aussi votre corps mortel par son Esprit qui habite en vous » (Rom. 8:11). Notre corps de mort sera vivifié par la puissance de Sa résurrection. « Et le fer - le fer - nagea ».

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