mercredi 1 mai 2013

COMME CHRIST Andrew Murray (deuxième partie)

Nouvelle Édition Numérique Yves PETRAKIAN 2011- Numérisation Vincent ROIG
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11. L'élu de Dieu.
12. En faisant la volonté de Dieu.
13. Dans sa pitié.
14. Un avec le Père.
15. Dans sa dépendance du Père.
16. Dans son amour.
17. Dans la prière.
18. Dans son recours aux Écritures.
19. En pardonnant.
20. En le contemplant.
21. Dans son humilité.

ONZIÈME JOUR COMME CHRIST L'élu de Dieu.

«Prédestinés à être conformes à l'image de son Fils afin qu'il soit le premier-né entre plusieurs frères» Romains 8: 29.

    L'Écriture nous parle d'une élection individuelle. Cette doctrine de l'élection ne résulte pas seulement de quelques textes isolés, mais de l'ensemble de ce qu'elle nous dit quant aux conseils de l'éternité qui s'accomplissent ici-bas dans le temps. Elle fait dépendre tout l'avenir du royaume de Dieu de la fidélité de quelque individu à remplir son mandat ici-bas. Aussi la seule garantie de l'exécution du dessein de Dieu repose sur la prédestination de l'individu. Ce n'est que dans la prédestination que l'histoire du monde, aussi bien que celle du royaume de Dieu et de chaque croyant, trouve une base assurée.
    Il y a des chrétiens qui ne peuvent pas admettre ceci. Ils craignent tellement de porter atteinte à la responsabilité dé l'homme qu'ils rejettent la doctrine de la prédestination divine comme privant l'homme de sa liberté de volonté et d'action. L’Ecriture ne partage pas cette crainte-là. Tantôt elle parle de la libre volonté de l'homme, comme s'il n'y avait pas d'élection, tantôt elle parle de l'élection, comme s'il n'était pas question de libre volonté. Nous voyons par là que nous devons admettre l'une et l'autre de ces deux vérités, lors même que nous ne pouvons pas les comprendre, ni les mettre d'accord. C'est à la lumière de l'éternité que nous sera donnée la solution du problème. En attendant, celui qui les recevra toutes deux avec foi, ne tardera pas à reconnaître qu'elles ne se contredisent point. Il verra que plus sa foi croira au dessein éternel de Dieu, plus il en recevra de force et de zèle pour le travail ; il verra aussi que plus il travaillera et sera béni dans son travail, plus il lui deviendra évident que tout vient de Dieu et concourt à l'accomplissement de son plan.
    C'est pour cela qu'il est si important pour le croyant de « travailler à affermir son élection ». L'Ecriture nous assure « qu'en faisant cela, nous ne broncherons jamais ». (2 Pierre 1 : 10). En effet, plus je crois que je suis élu de Dieu, et que je le suis, non seulement en général, mais parce que de cette élection dépend chaque détail de ce qu'il m'appelle à faire, plus aussi je me sens fortifié par la conviction que Dieu lui-même perfectionnera son oeuvre en moi, et qu'ainsi il me sera possible de faire tout ce qu'il attend de moi. Pour chaque devoir que m'impose l'Ecriture, pour chaque promesse dont je désire l'accomplissement, je recourrai au dessein de Dieu sur lequel se fondera mon attente et qui me donnera aussi la mesure de ce que je dois attendre. Je comprendrai que ma vie sur la terre doit être la fidèle reproduction du plan de ma vie que le Père a tracé dans le ciel, indiquant là ce que je dois être ici-bas.
    Chrétien, affermissez votre vocation et votre élection. Voyez clairement que Dieu vous a élu d'avance, et dans quel but vous êtes élu. « En faisant cela, vous ne broncherez jamais ». Votre confiante adhésion au dessein irrévocable de Dieu vous communiquera une ferme assurance qui vous gardera de broncher.
    Voici en quels termes l'Ecriture parle du dessein de Dieu en ce qui nous concerne : « Prédestinés à être conformes à l'image de son Fils ». Jésus-Christ, homme, est l'élu de Dieu. En lui commence et finit l'élection, « En lui nous sommes élus ». C'est pour que nous fussions unis à lui et pour sa gloire que nous avons été élus. Le croyant qui ne cherche dans son élection que l'assurance de son propre salut, qu'à être affranchi de toute crainte et incertitude, n'en sait encore que peu de chose. Le but de notre élection est de nous ouvrir tous les trésors qui nous sont promis en Christ et de pourvoir à chaque détail, à chaque besoin de notre vie. Nous avons été « élus en lui» avant la fondation du monde, afin que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui par la charité ». (Éphésiens 1 : 4). 
    Ce n'est que lorsque l'Église saisira bien le rapport qui existe entre l'élection et la sanctification, que la doctrine de l'élection répandra toutes ses grâces. (2 Thessaloniciens. 2 : 13; 1Pierre 1 : 2). Elle enseigne au croyant que c'est Dieu qui doit et qui veut tout faire en lui; elle lui enseigne qu'il peut s'en remettre jusque dans les moindres détails au dessein irrévocable de Dieu, pour accomplir lui-même en son enfant tout ce qu'il attend de lui. A cette lumière-là, cette parole : «Prédestinés à être conformes à l'image de son Fils », fortifie d'une force nouvelle chacun de ceux qui ont déjà commencé à prendre pour règle de ce qu'ils doivent être, ce que Christ est lui-même.
    Chrétien, si vous voulez réellement être comme Christ, attachez-vous à la certitude que Dieu le veut aussi, que tout le plan de la rédemption a pour but de vous rendre tel, et que le dessein de Dieu vous est une garantie du succès de vos efforts. A côté de votre nom, dans le livre de vie, se trouvent aussi ces mots; « Prédestiné à être conforme à l'image de son Fils ». Toute la puissance divine, qui a déjà accompli la première partie du dessein éternel en révélant la parfaite ressemblance du Père dans la personne de Jésus-Christ homme, est pareillement engagée à en accomplir la seconde partie, en opérant cette même ressemblance dans chacun des enfants de Dieu. Dans l’œuvre de Christ se trouve tout ce qu'il faut pour accomplir cette seconde partie du dessein de Dieu, aussi est-ce notre union avec Christ qui fait ici notre force. Nous pouvons compter sur cette force-là comme certaine, comme nous étant destinée de Dieu, et nous la recevrons aussitôt que nous nous livrerons à son influence. Dieu ne nous a-t-il pas élus pour être conformes à l'image de son Fils?
    Il est facile de comprendre toute l'influence qu'exerce cette vérité dès qu'elle prend vie dans l'esprit. Elle nous enseigne à nous abandonner à la Volonté Éternelle, pour qu'elle accomplisse elle-même par nous l’œuvre que Dieu attend de nous. Elle nous montre aussi toute l'insuffisance et l'inutilité de nos propres efforts, car tout ce qui est de Dieu doit être fait par Lui. Lui qui est le commencement doit aussi être le milieu et la fin. La foi se fortifie étonnamment, elle prend une sainte hardiesse quand on se glorifie en Dieu seul, quand on attend de Dieu lui-même l'accomplissement de toute promesse, de tout commandement, de tout ce qui rentre dans son dessein et sa volonté sainte.
    Croyant ! prenez le temps de vous assimiler cette vérité, demandant à Dieu de la faire pénétrer en vous, pour qu'elle agisse avec puissance dans votre âme. Que le Saint-Esprit grave au plus intime de votre être que vous êtes « prédestiné à être conforme à l'image de son Fils ». Le but du Père était la gloire de son Fils, il voulait « qu'il fût le premier-né entre plusieurs frères ». (Romains 8 : 29). Que votre but aussi, le but de toute votre vie, soit d'être l'image de votre frère aîné, afin qu'en vous voyant, vos frères en Christ soient stimulés à le rechercher lui directement, à le louer lui seul, et à le suivre de plus près. Soit par votre vie, soit par vos prières, tendez toujours à ce « que Christ soit glorifié dans votre corps ». (Philippiens 1 : 20). Vous en recevrez une confiance nouvelle pour demander et attendre tout ce qu'il vous faut pour vivre comme Christ. Votre conformité avec Christ contribuera à accomplir le dessein éternel du Père, qui est de glorifier le Fils. Par là même, elle vous paraîtra si sainte et si divine, que vous saurez bien ne pouvoir la tenir que du Père, et que, venant de lui, elle vous est assurée.
    Ce que le dessein de Dieu a arrêté, la puissance de Dieu l'accomplit; ce que l'amour de Dieu a décidé, l'amour de Dieu le réalise. Une foi vivante au dessein éternel de Dieu vous sera donc une force majeure pour vous inciter à vivre comme Christ.
    O toi que je ne puis comprendre, je me prosterne devant toi avec la plus profonde humilité. Quelle force déjà m'avait donné la certitude que ton Fils m'avait choisi pour m'envoyer dans le monde comme toi tu l'as envoyé! Mais à présent tu me fais monter plus haut encore en me révélant que ma mission, celle d'être tel que Jésus a été dans le monde, a été décrétée par toi dès l'éternité. O mon Dieu ! mon âme se prosterne dans la poussière devant toi. Seigneur Dieu, à présent que ton enfant vient à toi pour réclamer l'accomplissement de ton propre dessein, il ose attendre avec confiance que tu l'exauceras. Ta volonté est plus forte que n'importe quel obstacle. La foi qui se confie en toi ne sera point confuse. Seigneur, avec un saint respect, avec adoration, aussi bien qu'avec la confiance d'un enfant, je t'adresse cette prière : Père, accorde-moi le désir de mon âme, rends-moi conforme à l'image de ton Fils. Mon Père, devenir semblable à Jésus, voilà ce que mon âme désire et te demande.
    O mon Père, inscris dans ton livre de mémoires, inscris aussi dans ma propre mémoire, que je te demande ici ce que je désire par-dessus tout : devenir conforme à l'image de ton Fils. Père, c'est pour cela même que tu m'as élu; tu me le donneras donc à ta gloire et à celle de ton Fils. Amen.

DOUZIÈME JOUR COMME CHRIST En faisant la volonté de Dieu.

«Car je suis descendu du ciel pour faire non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé» Jean 6: 38; 5: 30.

    La volonté de Dieu nous manifeste la plus haute expression de sa perfection divine, aussi bien que la suprême énergie de sa Toute-Puissance. C'est à la volonté de Dieu que la création doit son existence et sa beauté, et dans toute la nature s'accomplit chaque jour encore la volonté de Dieu.
    Dans le ciel, les anges prennent plaisir à faire la volonté de Dieu; sur la terre, l'homme fut créé libre pour qu'il pût de son libre choix faire aussi la volonté de Dieu. Mais, hélas ! trompé par le diable, l'homme commit le grand péché de faire sa propre volonté plutôt que celle de Dieu, oui, sa propre volonté plutôt que la volonté de Dieu! Voilà l'origine et la culpabilité du péché. Jésus-Christ s'est fait homme pour nous ramener au bonheur de faire la volonté de Dieu.
    Le grand but de la rédemption est de nous affranchir, nous et notre volonté, de la puissance du péché, pour nous ramener à vivre selon la volonté de Dieu. Jésus lui-même, pendant sa vie terrestre, nous a montré ce que c'est que de vivre uniquement pour faire la volonté de Dieu ; puis, par sa mort et sa résurrection, il nous a acquis la force de vivre selon Dieu et de faire sa volonté comme il l'avait faite lui-même. « Voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté! » (Hébreux 10 : 7; Psaume 40 : 9). Ces paroles prophétiques que le Saint-Esprit mit dans la bouche d'un serviteur de Dieu longtemps avant la naissance de Christ, donnent la clef de sa vie sur la terre. A Nazareth, dans l'atelier du charpentier, au Jourdain avec Jean-Baptiste, dans le désert avec Satan, en public au milieu des multitudes, dans sa vie, dans sa mort, c'est toujours ce qui l'a inspiré, guidé et satisfait. C'est en lui et par lui que devait s'accomplir la divine volonté du Père.
    Ne pensons pas qu'il ne lui en coûtât rien. Souvent il répétait « Non pas ma volonté, mais la volonté du Père », pour nous faire comprendre qu'il y avait réellement là un renoncement à sa propre volonté. C'est à Gethsémané que le sacrifice de sa propre volonté atteint son plus haut degré, mais ce dernier acte de soumission n'est que le résumé de ce qui avait rendu toute sa vie agréable au Père.
    Ce qui constitue le péché pour l'homme, ce n'est pas d'avoir comme créature une volonté différente de celle du Créateur, mais c'est de tenir à sa propre volonté quand il la voit contraire à celle du Créateur. Comme homme, Jésus avait une volonté humaine ; il avait, bien que sans péché, les désirs naturels à la nature humaine. Comme homme, il ne savait pas toujours d'avance quelle était la volonté de Dieu. Il devait attendre que Dieu la lui enseignât. Mais, dès qu'elle lui était connue, il était toujours prêt à abandonner sa propre volonté pour faire celle du Père. C'est là ce qui faisait la valeur du sacrifice. Une fois pour toutes, il avait renoncé à lui-même, pour n'avoir plus en vue que la volonté de Dieu, toujours prêt, même à Gethsémané et au Calvaire, à faire uniquement cette volonté-là.
    C'est cette même vie d'obéissance de notre Seigneur Jésus dans sa chair que le Saint-Esprit nous communique. Par sa mort, notre Seigneur a expié notre volonté propre et notre désobéissance. Par elle, il a effacé devant Dieu le péché de notre volonté propre et il en a brisé la force en nous. A sa résurrection, il est sorti d'entre les morts avec une vie qui avait dompté et détruit toute volonté propre. Aussi le croyant qui sait quelle puissance lui est acquise par la mort et la résurrection de Jésus, peut à son tour s'abandonner entièrement à la volonté de Dieu. Il sait que l'appel à suivre Christ lui impose le devoir de se servir des mots mêmes de son Maître pour formuler, lui aussi, ce vœu solennel : « Je ne cherche point ma volonté, mais la volonté du Père ».
    Pour en venir là, il faut commencer par se placer au point de vue de notre Seigneur, par considérer la volonté de Dieu comme embrassant toutes choses, et comme la seule chose que nous ayons à faire sur la terre. Voyez le soleil et la lune, les arbres et les fleurs ; voyez de quel éclat brille chacun d'eux précisément parce qu'ils font tous la volonté de Dieu. Ils la font, eux, sans le savoir, tandis que vous, vous pouvez la faire avec plus de gloire encore, puisque ce sera en le sachant, et le voulant. 
    Que votre cœur se pénètre de la gloire que confère la volonté de Dieu à ses enfants, à vous même; n'hésitez pas à dire que votre seul but est de servir aussi à l'accomplissement de cette volonté. Donnez-vous, consacrez-vous au Père, faites-le souvent et d'une manière précise. Comme Jésus, tenez pour un point réglé que vous avez à faire la volonté de Dieu ici-bas. Dans vos réflexions et vos méditations, répétez-vous souvent d'un cœur joyeux et confiant : Dieu soit loué ! Moi aussi je puis vivre uniquement pour faire la volonté de Dieu !
    Qu'aucune crainte ne vous retienne ! Ne pensez pas que la volonté de Dieu soit si difficile à accomplir. Elle ne paraît difficile que tant qu'on la regarde de loin et sans vouloir s'y soumettre.
    Voyez encore de quel éclat elle revêt la nature. Demandez-vous s'il serait bien de vous défier de Dieu sachant qu'il vous aime et vous bénit comme son enfant. La volonté de Dieu est la volonté de son amour; comment craindriez-vous de vous livrer à elle?
    « Je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté » Voilà ce qu'avait pu dire, avant la naissance de Christ, un croyant de l'Ancien Testament, le disant par le Saint-Esprit, soit de lui-même, soit de Christ. Plus tard, Christ a relevé cette parole, lui donnant nouvelle vie et nouvelle puissance ; et maintenant il attend de ses rachetés que de tout leur cœur ils cherchent, eux aussi, à faire la volonté de Dieu. Faisons-le donc ; et, pour cela, ne nous en tenons pas à essayer seulement si, dans telle ou telle circonstance, nous réussirons à faire la volonté de Dieu, espérant partir de là pour obtenir ensuite une consécration plus entière et pouvoir dire enfin : « Je viens, ô Dieu ! pour faire ta volonté ». Non, ce n'est pas là le bon moyen. Reconnaissons d'abord que la volonté de Dieu s'étend à tout, qu'elle embrasse et comprend toutes choses, puis reconnaissons aussi les droits qu'elle a sur nous, ainsi que le bonheur et la gloire qu'elle nous promet. Abandonnons-nous à elle comme à Dieu lui-même, faisant d'elle un des principaux articles de notre credo : Je suis dans ce monde, comme Christ, uniquement pour faire la volonté du Père. Cette reddition de notre propre volonté nous apprendra à accepter avec joie tout commandement de Dieu, tout ce qu'il mettra sur notre chemin, comme venant directement de la volonté à laquelle nous nous sommes déjà soumis.
    Par là, nous pourrons compter et sur la direction et sur la force de Dieu, car l'homme qui vit uniquement pour faire la volonté de Dieu peut être certain que Dieu se charge de lui. Par là, nous reconnaîtrons mieux notre entière incapacité, nous discernerons toujours mieux aussi notre union et notre conformité avec le Fils bien-aimé du Père, et nous recueillerons les grâces qu'il nous a préparées. Rien ne nous rapprochera mieux de Dieu, rien ne nous unira mieux à Christ.
    Enfant de Dieu! l'obéissance doit caractériser notre conformité avec Christ, l'obéissance implicite à la volonté de Dieu tout entière. Qu'elle soit donc le signe distinctif de ta vie.
    Commence par vouloir de tout ton cœur garder chacun des commandements de la sainte Parole de Dieu. Puis, accède à tout ce que ta conscience te dira être bon et bien, même lorsque la Parole ne te le commande pas directement. Par là, tu monteras plus haut encore, car c'est l'obéissance aux commandements, et à la voix de la conscience aussitôt qu'elle parle, qui te préparera à écouter les enseignements de l'Esprit, et celui-ci te fera mieux pénétrer le sens de la Parole, te donnera une vue plus claire de la volonté de Dieu à ton égard. C'est à ceux qui lui obéissent que Dieu envoie le Saint-Esprit, et par lui la volonté de Dieu leur devient « une lumière resplendissante qui augmente d'éclat sur leur sentier ». (Proverbes 4 : 18). « Si quelqu'un honore Dieu et fait sa volonté? il l'exauce ». (Jean 9 : 81). Sainte volonté de Dieu ! Bienheureuse obéissance à la volonté de Dieu ! Oh ! que ne savons-nous voir là notre plus précieux trésor!
    O mon Dieu, je te rends grâce du don merveilleux que tu nous as fait de ton Fils. Il s'est fait homme pour nous enseigner comment l'homme peut faire ta volonté. Je te rends grâce de ce que tu m'appelles à être comme lui en ceci aussi, pour jouir avec lui des bénédictions d'une vie parfaitement d'accord avec la volonté sainte. Je te rends grâce de la force que tu m'as donnée en Christ pour accepter et pour faire toute ta volonté. Je te rends grâce de ce qu'ainsi je puis ressembler par mon obéissance à ton Fils bien-aimé.
    Et maintenant je viens à toi, ô mon Père, pour répondre à l'appel que tu m'adresses et je le fais avec une confiance d'enfant, joyeuse et pleine d'amour. Seigneur, je voudrais vivre entièrement, uniquement pour faire ta volonté. Je voudrais garder ta Parole et compter sur tort Esprit. Je voudrais, comme ton Fils, vivre en communion avec toi par la prière, dans la ferme confiance que, de jour en jour, tu me feras connaître plus clairement ta volonté.
    O mon Père, veuille exaucer ce désir; grave-le à jamais dans mon cœur et mon esprit. Fais-moi la grâce de pouvoir dire continuellement et avec joie : Non pas ma volonté, mais la volonté de mon Père. Je ne suis ici-bas que pour faire la volonté de mon Dieu. Amen.

TREIZIÈME JOUR COMME CHRIST Dans sa pitié.

« Alors Jésus dit : J'ai pitié de cette multitude. » Mathieu 15 : 32.

« Ne te fallait-il pas aussi avoir pitié de ton compagnon de service, comme j'avais eu pitié de toi? » Mathieu. 48 : 33.

    Dans trois occasions différentes? Matthieu nous dit que notre Seigneur fut ému de pitié pour la multitude. Toute sa vie a témoigné de la compassion avec laquelle il avait dès l'éternité regardé le pécheur, aussi bien que de sa sympathie pour toutes les souffrances de l'humanité. Il était bien en ceci le reflet du Dieu des miséricordes, du Père qui, « touché de compassion pour son fils prodigue, se jette à son cou et le baise ». (Luc 15 : 20).
    Cette compassion du Seigneur Jésus nous montre bien que ce n'était pas seulement par devoir et par contrainte qu'il faisait la volonté de Dieu, mais que cette volonté divine était la sienne aussi, qu'elle était ainsi le mobile et la règle de tous ses sentiments, de toutes ses actions.
    Après avoir dit : « Je suis descendu du ciel pour faire non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé », il ajoute aussitôt: « Or, c'est ici la volonté du Père qui m'a envoyé, que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. C'est ici la volonté de celui qui m'a envoyé, que quiconque contemple le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle ». (Jean 6 : 39). Pour le Seigneur Jésus, la volonté de Dieu ne consistait, pas seulement en telle défense ou tel commandement. Non; pénétrant le sens intime de la volonté de Dieu, il savait que son but était de donner la vie éternelle aux pécheurs perdus. C'est parce que « Dieu est amour » que sa volonté a été de donner libre cours à son amour pour le salut des pécheurs ; et c'est pour accomplir cette volonté-là de notre Dieu que le Seigneur Jésus est descendu sur la terre. Il ne l'a pas fait dans un esprit servile et pour obéir à une volonté étrangère à la sienne, mais par sa vie individuelle, par tous les traits de son caractère, il a prouvé que cette volonté et cet amour du Père l'animaient lui aussi. Non seulement sa mort à Golgotha, mais sa pitié pour tous les malheureux, mais ses rapports d'affection avec eux prouvaient que la volonté du Père était Véritablement sa volonté à lui. De toute façons Il montrait que la vie n'avait de valeur pour lui qu'autant qu'elle lui donnait l'occasion d'accomplir la Volonté de Son Père.
    Bien-aimés disciples de Christ, Vous qui Vous êtes consacrés à suivre l'exemple du Seigneur, que la volonté du Père vous soit ce qu'elle était pour le Fils. La volonté du Père, quant à la mission de son Fils, était de manifester et de faire triompher ses compassions divines en sauvant les pécheurs perdus. Jésus ne pouvait accomplir cette volonté qu'en ressentant lui-même cette compassion. A présent, la volonté de Dieu demande aussi de nous ce qu'elle demandait de Jésus, de sauver ceux qui périssent» Impossible à nous d'accomplir cette volonté, sans avoir aussi cette compassion de notre Dieu se manifestant dans l'ensemble et les détails de notre vie.
   Ne nous bornons pas, pour faire la volonté de Dieu, à éviter ce qu'il défend, ou à faire ce qu'il commande, mais qu'elle consiste pour nous à avoir pour le pécheur les mêmes sentiments que Dieu a eus lui-même, à ne vivre que pour cela. En nous dévouant entièrement à chacun des pauvres pécheurs qui nous entourent, en allant à leur secours avec amour, nous prouverons que réellement la volonté de Dieu est devenue notre volonté à nous aussi. Puisque nous avons pour Père le Dieu pitoyable, et pour vie le Christ plein de compassion, rien de plus juste que l'ordre donné à tout chrétien, d'avoir une vie de dévouement à ses semblables.
    La compassion est cet esprit de charité qu'éveille la vue de la misère, ou du péché. Que d'occasions chaque jour: de pratiquer cette vertu céleste et qu'il en est besoin dans un monde si rempli de misère et de péché ! Il faut donc que, soit par la prière, soit par la pratique, le chrétien entretienne en lui ces sentiments de compassion qui sont un des plus beaux traits de sa ressemblance avec son Maître. L'amour éternel cherche à se répandre pour sauver ceux qui périssent. Il demande des vaisseaux qu'il puisse remplir de cet amour divin et envoyer parmi ceux qui courent à leur mort, afin qu'ils vivent à jamais. Il demande des cœurs qu'Il puisse remplir de tendres compassions, des cœurs qui soient heureux de faire connaître les compassions de Dieu, heureux de vivre uniquement pour sauver les pécheurs. O mon frère, la compassion divine qui a eu pitié de toi, t'appelle, toi aussi qui as trouvé grâce, à laisser remplir ton cœur de son amour.
    Elle veut faire de toi aussi un témoin de l'amour de Dieu par les compassions que tu auras pour tous ceux dont tu es entouré.
    Que d'occasions tout à l'entour de nous d'exercer notre compassion ! Que de besoins matériels ! Les pauvres, les malades, les veuves, les orphelins, les âmes angoissées et découragées que rien ne console mieux qu'un cœur pitoyable. Tous ceux-là vivent au milieu de chrétiens, et pourtant, à les entendre, ils trouvent souvent plus de sympathie à leurs maux chez les enfants du monde que chez les gens trop uniquement préoccupés de leur propre salut. O frères, demandez à Dieu un cœur pitoyable, toujours prêt à être l'instrument de la compassion de Dieu. C'est la tendre sympathie de Jésus qui lui attirait les foules sur la terre, et, encore à présent, c'est cette même tendre sympathie qui, plus que toute autre chose, amènera des âmes à vous et à votre Maître.
(Voir la note 5e).
    Et que de misères spirituelles de tous côtés! Ici, c'est un riche, pauvre des biens spirituels ; là, un jeune homme qui se perd, ou bien quelque ivrogne, quelque malheureux au désespoir. Peut-être aussi n'est-ce rien de tout cela ; ce sont seulement des mondains enlacés par les folies et les vanités du monde. Que de fois on entend parler d'eux avec une froide indifférence, ou porter sur leur compte des jugements sévères. Il manque là un cœur pitoyable.
    La compassion sait que sa place est auprès des plus profondes misères, et que c'est précisément là que Dieu la veut. La compassion ne se décourage pas, ne se désespère pas, elle ne se laisse pas rebuter, car c'est l'amour dévoué de Christ qui l'inspire.
    Le chrétien ne limite pas ses compassions à son propre petit cercle ; son cœur est plus large, car son Maître lui a assigné pour champ de travail tout le monde païen. Il cherche à se rendre compte des circonstances des païens, il porte leurs difficultés dans son cœur et contribue à les encourir; Qu’il soit près ou loin d'eux, qu'il soit lui-même témoin de leur dégradation ou qu’il en entende seulement parler, il se souvient qu'il vit uniquement pour accomplir la volonté de Dieu, en ayant pitié de ceux qui périssent et en cherchant à les sauver.
    Comme Christ dans ses compassions! Faisons de ces mots notre devise. Après avoir raconté la parabole du Samaritain qui, ému de pitié, secourut le pauvre blessé, le Seigneur ajoute : « Va, et fais de même ». (Luc 10 : 37). «Afin que vous fassiez comme je vous ai fait ». (Jean 13 : 15). Nous qui devons tout à ses compassions, nous qui nous disons ses disciples, qui voulons suivre ses traces et porter son image, montrons aussi cette même compassion pour tous. Nous le pouvons, il vit en nous et son Esprit agit en nous. Avec prière, avec une foi ferme, voyons dans l'exemple qu'il nous a donné, le gage de ce que nous pouvons être. Quelle joie pour Jésus quand il nous voit prêt non seulement à recevoir pour nous-même l'effet de sa compassion, mais aussi à la faire connaître à d'autres. Et pour nous, quelle joie inexprimable d'avoir un cœur comme celui de Christ, plein de compassion et de miséricorde.
    O mon Dieu, ma vocation devient presque trop élevée. C'est donc jusque dans tes compassions et ton amour que je dois te suivre, que je dois t'imiter et reproduire ce que fut ta vie. C'est par la compassion qui me portera à soulager toute misère physique et spirituelle, c'est par la douce et sympathique charité qui prouvera aux pécheurs mon désir de leur être en bénédiction, que le monde doit se former quelque idée de tes compassions à toi ! Miséricordieux Sauveur, pardonne-moi d'avoir si peu réalisé tout cela dans ma vie. Puissant Rédempteur, que ta compassion ne se borne pas à me sauver, mais qu'elle prenne si bien possession de moi, habitant si continuellement en moi, qu'elle devienne le souffle même et la joie de ma vie. Que la compassion que tu as eue de moi devienne en moi une source jaillissante de compassion pour les autres. Seigneur Jésus ! je sais que tu ne peux m'accorder cette grâce qu'à la condition que je renonce à moi-même, à tout effort de ma part pour diriger et sanctifier ma vie, et que je te laisse, toi, Seigneur, vivre en moi et devenir ma vie. O Dieu de miséricorde ! je m'abandonne à toi. Tu as droit à me posséder, toi seul. Rien de plus nécessaire et de plus précieux pour moi que tes compassions !
    Quoi de plus heureux pour moi que de te ressembler ! Seigneur! Me voici. J'ai la confiance que tu m'apprendras toi-même à obéir à cette parole : « Ne te fallait-il pas avoir pitié comme j'avais eu pitié de toi? » C'est avec cette confiance que je vais sortir aujourd'hui même pour trouver dans mes rapports avec les autres l'occasion de montrer combien tu m'as aimé. Avec cette confiance en toi, Seigneur, le grand but de ma vie sera de te gagner des âmes. Amen.

QUATORZIÈME JOUR COMME CHRIST Un avec le Père.

« Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un comme nous...afin que tous soient un comme toi, ô Père, tu es en moi et moi en toi; afin qu'ils soient aussi un en nous, pour que le monde croie que c'est toi qui m'as envoyé- Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi, afin qu'ils soient parfaitement un et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les aimes comme tu m'as aimé.» Jean 17 :11, 21, 22.

    Quel trésor inexprimable que cette prière sacerdotale ! Nous avons là le cœur de Jésus exposant à nos regards ce que son amour souhaite pour nous. Nous avons là le ciel ouvert, nous entendons là ce que notre Intercesseur demande sans cesse pour nous, ce qu’il obtient du Père pour nous.
    Dans cette prière, l'union mutuelle des croyants tient plus de place que tout le reste. C'est la principale requête de Jésus pour tous ceux qui croiront plus tard. (Vers. 20-26). Trois fois il demande qu'ils soient unis entre eux.
    Le Seigneur nous dit clairement pourquoi il le désire autant : parce que c'est là pour le monde la seule preuve convaincante que le Père l'a envoyé. Malgré tout son aveuglement, le monde voit bien que l'égoïsme est une malédiction qui vient du péché ; aussi les enfants de Dieu n'avancent guère à lui parler de leur nouvelle naissance, de leur bonheur et des merveilles opérées au nom de Jésus, ou à vouloir lui prouver la vérité des Écritures; mais quand le monde voit une Église d'où l'égoïsme est banni, il y reconnaît la mission divine de Christ, car lui seul peut opérer le miracle qu'offre une communauté d'hommes s'aimant vraiment et cordialement entre eux.
    Trois fois le Seigneur présente cette union comme le reflet de sa propre union avec son Père. Il savait que c'était là la perfection de la divinité : le Père et le Fils, deux personnes séparées et pourtant parfaitement unies par le Saint-Esprit. Pour ses fidèles, il ne peut rien souhaiter de plus élevé, de plus excellent, que d'être avec lui et en lui, unis entre eux, comme lui et le Père le sont.
    L'intercession du Seigneur Jésus est toute-puissante. Ce qu'il demande, il le reçoit de son Père. Mais, hélas ! la grâce qui descend d'en haut ne trouve aucun accès dans les cœurs dont la porte n'est pas encore ouverte, et où il n'y a pas de place pour la recevoir. Combien de croyants n'ont pas même le désir d'être unis entre eux comme le sont le Père et le Fils ! Nous sommes si accoutumés à notre vie d'égoïsme, ou d'amour très limité, que souvent nous ne désirons pas cet amour plus parfait, et que nous l'ajournons au moment de notre réunion dans le ciel. Et pourtant c'était bien de notre vie terrestre que parlait le Seigneur lorsque deux fois il a dit : « afin que le monde sache ».
    « Afin qu'ils soient un comme nous sommes un ». Il faut que l'Église se réveille pour comprendre et apprécier cette prière à sa juste valeur. Quelques personnes veulent voir dans cette union le lien mystique qui réunit, malgré leurs divisions extérieures, tous les croyants animés de la même vie spirituelle, mais ce n'est pas là ce qu'entend le Seigneur. Il parle de quelque chose que le monde puisse voir, de quelque chose de semblable à l'union qui existe entre Dieu le Père et Dieu le Fils. Il faut que cette vie mystique, commune à tous, se manifeste par leur amour mutuel. Ce n'est que lorsque les croyants, trop divisés en petits groupes restreints, ne se priveront plus de rapports fraternels avec tous les enfants de Dieu qui les entourent; ce n'est que lorsqu'ils verront leur plus simple devoir à s'aimer les uns les autres comme Christ nous aime et comme il est aime de son Père ; ce n'est que lorsqu'ils crieront à Dieu, demandant que le Saint-Esprit réalise en eux cette union de vie et d'amour, que l’on pourra espérer quelque changement. Le feu se communiquera alors d'une congrégation à l'autre, jusqu'à ce que tous ceux qui veulent réellement faire la volonté de Dieu, se consacrent à une vie de charité mutuelle, s'aimant entre eux de l'amour de Dieu.
    Et qu'avons-nous à faire pour hâter ce jour-là ? Que chacun de ceux qui prennent au sérieux ces mots du Maître : «Afin que vous fassiez comme je vous ai fait » (Jean 13 : 24), se mette aussitôt à l’œuvre dans le milieu où il se trouve. Quelque faibles ou languissants, quelque pervers ou difficiles à supporter que puissent être autour de lui les membres du corps de Christ, que ses rapports avec eux soient ceux de la charité. Qu'ils le veuillent ou non, qu'il soit bien ou mal reçu par eux, n'importe, qu'il persévère, lui, à les aimer de l'amour de Christ. Oui, les aimer comme Christ les aime, tel doit être le but de sa vie ; et cet amour finira par trouver écho dans quelques cœurs, par éveiller en eux aussi le désir de plus d'union et de charité.
    Mais ici quelle incapacité le croyant découvrira en lui. Il verra bientôt que ses efforts ne sauraient y suffire, qu'il ne saurait atteindre si haut sans une entière consécration de tout son être à Dieu. Il devra apprendre que, pour aimer comme Christ, il faut vivre de la vie de Christ, il devra apprendre aussi et tout de nouveau que Christ veut être, dans toute l'étendue du terme, la vie de ceux qui osent se confier en lui. Ceux qui ne peuvent pas se confier pleinement en lui ne peuvent pas non plus aimer pleinement.
    Croyants, écoutez une fois de plus combien il est simple et facile de réaliser cette vie-là. Reconnaissez aussi que vous êtes incapables de le faire, même au moindre degré; et croyez que Christ vous attend, que lui-même vous rendra capables de remplir cette vocation aussitôt que vous vous donnerez à lui sans réserve. Absolument incapables de rien faire par vos propres forces, livrez vous entièrement au Seigneur pour qu'il « produise en vous et la volonté et 1’exécution ». (Philippiens 2 :13). Comptez sur lui avec une foi implicite, comptez sur la puissance de son intercession pour réaliser en vous ce qu'il a demandé pour vous à son Père. Oui, comptez sur celui qui a dit au Père : «toi en moi et moi en eux, afin qu'ils soient un comme nous sommes un » ; comptez sur lui pour manifester sa vie même en vous par sa toute-puissance divine. Quand vous serez animés de sa vie, il vous sera possible d'aimer de son amour.
    Amis chrétiens, l'union de Christ avec le Père est notre modèle; comme le Père et le Fils, nous aussi, nous devons être un entre nous. Aimons-nous donc les uns les autres, servons-nous, supportons-nous, aidons-nous, vivons les uns pour les autres. Pour tout cela, notre amour est trop restreint, trop limité; mais prions Christ de nous donner son amour, afin que nous puissions aimer nos semblables. Cet amour divin répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit nous rapprochera si bien les uns des autres, qu'enfin le monde croira que le Père a envoyé Christ et que Christ nous a donné la véritable vie, le véritable amour du ciel.
  Père saint, nous savons à présent quelle est la prière que te présente continuellement celui qui est « toujours vivant pour intercéder pour nous ». (Hébreux 7 : 25). Il te demande la parfaite union de ses disciples entre eux. Père, nous aussi, nous voudrions crier à toi pour implorer cette grâce. Hélas! Que ton Église est divisée ! Ce ne sont pas les divisions de langage ou de pays que nous déplorons, ni même les différences de doctrine et d'enseignement ; c'est, Seigneur, le manque d'union, de cette union d'esprit et de cœur par laquelle ton Église pourrait convaincre le monde qu'elle est du ciel.
    O Seigneur ! avec une profonde humiliation nous te confessons la froideur, l'égoïsme, la défiance et l'amertume qui se voient encore parfois parmi tes enfants. Nous te confessons combien nous manquons, chacun de nous, de cet amour fervent et habituel auquel tu nous appelles ! Oh ! pardonne-nous selon ta miséricorde !
    Seigneur Dieu, viens au secours de ton Église. C'est en ayant un même esprit que nous pourrons reconnaître et montrer notre union en un même Dieu. Que ton Saint-Esprit agisse puissamment au milieu des croyants pour les amener à être un entre eux. Que partout où se réunissent les enfants de Dieu, ils sentent l'indispensable nécessité d'une étroite union dans l'amour de Jésus. Que mon cœur aussi soit délivré de son égoïsme et qu'il réalise dans une sincère communion avec tes enfants que tous ensemble nous sommes un comme toi, notre Père, et Jésus, ton Fils, vous êtes un. Amen

QUINZIÈME JOUR COMME CHRIST  Dans sa dépendance du Père.

« En vérité, en vérité, je vous dis que le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu'il ne le voie faire au Père, car tout ce que le Père fait, le Fils le fait pareillement. Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait. Et il lui montrera des oeuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'admiration. » Jean 5 : 19, 20.

« Je connais mes brebis et je suis connu d'elles comme mon Père me connaît et que je connais mon Père. » Jean 10 : 15.

    Notre relation avec Jésus est exactement la contre-partie de sa relation avec le Père ; les paroles dont il se sert pour rendre ses rapports avec le Père, se trouvent donc vraies pour nous aussi. Dans le cinquième chapitre de l’Évangile de Jean, Jésus décrit les rapports d'un père avec son fils; il nous parle ainsi, soit de ses rapports de Fils unique de Dieu avec son Père, soit des rapports qui existent entre Dieu et chacun de ceux qui, par Jésus et en lui, sont « appelés enfants de Dieu ». (1 Jean 3:1).
    Nous ne saurions mieux saisir la vérité et la force de cette comparaison qu'en nous représentant Jésus avec son père terrestre, dans l'atelier du charpentier qui lui enseigne son métier. La première chose qui frappe est son entière dépendance. « Le Fils ne fait rien de lui-même, à moins qu'il ne le voie faire au Père ». Puis son obéissance à imiter son père : « Car, tout ce que le Père fait, le Fils le fait pareillement ». Puis aussi l'affectueuse intimité à laquelle l'admet son père, ne lui cachant aucun de ses secrets. « Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait ». Cette obéissance, cette dépendance du fils, aussi bien que l'affectueux enseignement de son père, promettent un développement qui le conduira à de plus grandes oeuvres encore ; peu à peu le fils en viendra à faire tout ce que fait son père lui-même. « Il lui montrera des oeuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'admiration ».
    Nous avons là un reflet des rapports de Dieu le Père avec son Fils pendant l'humanité de Jésus. Si Jésus a réellement été assujetti à la nature humaine, si nous devons voir en Christ notre Modèle, nous devons croire sans réserve ce qu'il nous révèle ici de sa vie intime. Tout ce qu'il nous en dit est littéralement vrai. Sa dépendance à chaque instant de sa vie fut absolument et positivement qu'il nous la dépeint : « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu'il ne le voie faire au Père » il ne regardait pas comme une humiliation de recevoir ses ordres. Se laisser guider et conduire comme un enfant par son père était au contraire son plus grand bonheur. Par là, il se savait tenu d'obéir strictement, soit par ses paroles, soit par ses actes, à tout ce que le Père lui montrait, « Tout ce que le Père fait, le Fils le fait pareillement ».
    Nous en avons la preuve dans le soin extrême que mettait Jésus à suivre en toutes choses l'Ecriture sainte. Dans sa passion, il veut tout supporter, afin que l'Ecriture soit accomplie. C'est pour cela aussi qu'il passait la nuit à prier; en prolongeant ces heures de prière, il présente au Père ses pensées, et il attend sa réponse, afin de connaître la volonté du Père. Jamais enfant dans son ignorance, jamais esclave dans sa servitude ne fut si attentif à observer ce qu'avait dit son père, ou son maître, que ne l'était notre Seigneur Jésus à suivre les directions de son Père céleste. Aussi, le Père ne lui cachait rien. Son entière dépendance et son constant désir d'apprendre obtenaient en retour la communication de tous les secrets du Père, « car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait, et il lui montrera des oeuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'admiration ». Le Père a son plan pour le Fils, il veut que par lui la vie divine se manifeste dans les conditions de la vie humaine. Ce plan fut peu à peu révélé au Fils jusqu'à ce que tout fût accompli.
    Croyant, ce n'est pas seulement pour le Fils unique du Père qu'un plan de vie terrestre a été tracé, c'est aussi pour chacun des enfants de Dieu, et selon que nous vivrons plus ou moins dans la dépendance du Père, notre vie sera plus ou moins d'accord avec ce plan. Plus le croyant se placera, comme le Fils, dans une entière dépendance, ne faisant que ce qu'il voit faire au Père, puis dans une entière obéissance, faisant tout ce que le Père fait, plus aussi s'accomplira en lui cette promesse : « le Père lui montre tout ce qu'il fait, et il lui montrera des oeuvres plus grandes que celles-ci ». Comme Christ ! Cette parole nous appelle à une vie conforme à celle du Fils dans sa dépendance du Père. Chacun, de nous est appelé à vivre ainsi. Pour vivre de cette vie de dépendance du Père., il faut avant tout avoir la ferme assurance qu'il nous fera connaître sa volonté. Je pense que c'est là ce qui arrête plus d'un croyant. Nous ne pouvons pas croire que le Seigneur veuille s'occuper autant de nous qu'il veuille prendre la peine, chaque jour, de nous faire connaître sa volonté précisément comme il le faisait à l'égard de Jésus.
    Chrétien, tu as plus de valeur aux yeux du Père que tu ne le crois. Tu vaux tout le prix qu'il a payé pour toi. Ce prix est le sang de son Fils; par conséquent, il attache la plus grande importance au moindre détail de ce qui te concerne, et il veut te guider même dans ce qui te paraît le plus insignifiant.
    Il veut avoir avec toi des rapports plus étroits et plus soutenus que tu ne peux te le figurer. Il peut se servir de toi pour sa gloire, il peut faire de toi quelque chose de bien plus grand que tu ne sais le comprendre. Le Père aime son enfant et lui montre ce qu'il fait. Il l'a fait pour Jésus, il le fera pour nous aussi. Pour être enseigné de lui, il suffit de s'abandonner à lui, et alors, par le Saint-Esprit, il donne tout le nécessaire. Sans nous tirer de notre milieu, le Père peut nous rendre si conformes à l'image de Christ, que nous en devenions bénédiction et joie pour tous. Que notre incrédulité ne nous empêche plus de croire à l'amour et aux compassions de Dieu, de compter sur la direction du Père en toutes choses.
    Que votre répugnance à vous soumettre ne vous arrête pas non plus. C'est souvent là aussi un grand obstacle. Le désir d'indépendance fut la tentation du paradis, c'est encore la tentation qui assaille tout cœur humain. Il nous semble dur de n'être rien, de ne rien pouvoir, de ne rien vouloir.
    Et pourtant quelle bénédiction il y a là! Cette dépendance nous met en communion avec Dieu et alors se réalise, pour nous, comme pour Jésus, cette promesse : « Le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait ». Cette dépendance nous enlève tout souci, toute responsabilité, puisque nous n'avons plus qu'à obéir. Elle nous donne aussi une grande force de volonté, puisque nous savons que « Dieu produit en nous le vouloir et le faire ». (Phil. 2: 13). Elle nous donne enfin l'assurance de réussir dans notre travail, puisque nous avons laissé Dieu en prendre le soin.
    Mon frère, si jusqu'à présent vous n'avez encore su que peu de chose de cette vie de dépendance volontaire et de simple obéissance, commencez dès aujourd'hui à suivre l'exemple de votre Sauveur. Il veut vivre lui-même en vous, et répéter en vous ce qu'il a été sur la terre ; il n'attend que votre acquiescement pour le faire. Offrez-vous donc au Père aujourd'hui même, selon l'exemple de son Fils unique, pour ne plus vouloir faire que ce que le Père vous montrera. Attachez vos regards sur Jésus qui vous est à la fois le modèle et la promesse de ce que vous serez. Adorez celui qui s'est fait humble pour vous, et qui vous a montré combien la vie de dépendance peut être bénie.
    Heureuse dépendance! C'est bien là la position qui nous convient à l'égard d'un tel Dieu. Elle lui rend la gloire qui lui est due; elle maintient notre âme en paix et en repos, remettant à Dieu le souci de tout; elle garde notre esprit dans le calme habituel qui le prépare à recevoir les enseignements du Père et a en profiter; elle nous fait entrer en communion plus intime avec lui, et nous apprend à connaître toujours mieux sa volonté. Heureuse dépendance, qui fut celle du Fils ici-bas! C'est bien là ce que désire aussi mon âme.
    O mon Père, plus je considère l'image de ton Fils, plus aussi je vois l'état de ruine de ma propre nature, et combien le péché m'a séparé de toi. Dépendre de toi! Se confier pour toutes choses en un Dieu tel que toi, si sage, si bon, si riche et si puissant ! Se peut-il rien de plus heureux? Mais hélas? rien n'est plus difficile. Nous préférons dépendre de notre propre folie plutôt que de dépendre du Dieu de gloire. Tes enfants mêmes, ô mon Père, trouvent qu'il est bien dur, bien difficile d'abandonner leurs propres vues, leur propre volonté pour croire que le vrai bonheur ne se trouve que dans une absolue dépendance de toi en toutes choses et jusque dans les moindres détails.
    Seigneur, avec humilité, je te prie de me faire bien saisir tout cela. Celui qui m'a acquis la félicité éternelle au prix de son sang, m'a montré par sa propre vie en quoi consiste cette félicité. Je sais qu'à présent il veut me conduire et me garder. O mon Père, en ton Fils je m'abandonne à toi pour que tu m'apprennes à ne rien faire de moi-même, mais à ne faire, comme Jésus, que ce que je vois faire au Père. Mon Père, tu veux m'enseigner, comme tu l'as fait pour ton Fils premier-né. Pour l'amour de lui tu me montreras à moi aussi ce qu'est sa volonté. Amen.

SEIZIÈME JOUR COMME CHRIST Dans son amour.

« Je vous donne un commandement nouveau ; c'est que vous vous aimiez les uns les autres, que comme je vous ai aimés, vous vous aimiez aussi les uns les autres. » Jean 13 : 34.

« C'est ici mon commandement, que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. » Jean 15 : 12.

    Comme : Nous commençons à comprendre quelque chose de tout ce que contient ce petit mot. Ce n'est plus le commandement d'une loi qui se borne à convaincre de péché et d'incapacité ; c'est un commandement nouveau sous une alliance nouvelle, établie sur de meilleures promesses. C'est le commandement de Celui qui pourvoit à tout, qui ne demande rien qu'il n'offre de donner, rien qu'il ne veuille faire lui-même en nous. « Comme je vous ai aimés » comme à chaque instant je répands sur vous mon amour par mon Saint-Esprit, aimez-vous aussi les uns les autres. C'est mon amour pour vous qui vous dira dans quelle mesure vous devez aimer, vous aussi, et qui vous donnera la force de le faire.
    « Comme je vous ai aimés ». Voilà comment nous devons nous aimer mutuellement. Le véritable amour ne connaît pas de limites, il se donne entièrement. Il peut varier quant au moment et à l'opportunité de se montrer, néanmoins toujours il est complet et sans restriction.
    La plus grande gloire de l'amour divin est de réunir les deux personnes du Père et du Fils en un seul Être, l'un se confondant dans l'autre. Voilà quel est l'amour de Jésus pour nous. Lui, l'image du Père, nous aime comme son Père l'aime, et voilà jusqu'où doit s'élever aussi l'amour fraternel; il n'admet d'autre règle que celle d'aimer comme Dieu et comme Christ.
    Celui qui veut être comme Christ ne doit pas hésiter à faire de cette vérité la règle de sa vie, il sait combien il est difficile, impossible même, d'aimer ceux de ses frères qui sont peu aimables, aussi avant de s'exposer à les rencontrer dans des circonstances qui pourraient mettre à l'épreuve son amour pour eux, il élève son cœur au Seigneur, puis, regardant à ses propres péchés, à sa propre indignité, il se demande : « Combien dois-tu à ton Maître ? » (Luc 16 : 5). Il se transporte au pied de la croix, et là il cherche à se rendre compte de quel amour Jésus l'a aimé. Il laisse resplendir dans son âme l'incommensurable amour de Celui qui est, dans le ciel, sa tête et son frère, cet amour divin qui ne cherche pas sa propre satisfaction, mais qui se donne entièrement. Il se consacre de nouveau au Seigneur, se mettant sur l'autel devant son Dieu, et lui disant : Comme tu m'as aimé, je veux aimer mes frères. En vertu de ton union avec Jésus et avec nous, par Jésus, il ne peut être question de faire autrement : je les aime comme Christ a aimé.
    Oh ! si les chrétiens voulaient bien faire taire tous les raisonnements de leur propre cœur pour regarder à la loi que Jésus a promulguée par son exemple, ils en viendraient enfin à mieux comprendre l'impérieux devoir d'écouter les commandements de Dieu et de leur obéir.
    Notre amour ne peut admettre d'autre mesure que celle de Christ, puisque c'est son amour qui fait la force du nôtre. L'amour de Christ n'est ni de l'idéalisme, ni du sentimentalisme, c'est réellement une puissance de vie divine. Tant que le chrétien ne le comprend pas, l'amour divin ne peut pas exercer en lui toute sa force, mais quand sa foi en vient à réaliser que l'amour de Christ est la présence même de Jésus en ses bien-aimés, il puise à cette source divine et en reçoit l'amour du Seigneur qui le contraint d'aimer comme lui.
    L'amour de Christ nous apprend aussi de quelle manière doit se montrer notre amour pour nos frères. Il enseigne au disciple de Christ à être dans son petit cercle précisément ce qu'a été Jésus , à ne vivre que pour aimer et pour aider les autres. Paul demande pour les. Philippiens « que leur charité augmente de plus en plus en connaissance et en pleine intelligence ». (Philippiens 1 : 9). La charité n'embrasse pas de prime abord tout le travail qu'elle aura à faire, mais le croyant qui demande à Dieu que « sa charité augmente en connaissance », et qui, prend réellement l'exemple de Christ pour la règle de sa vie, verra peu à peu quelle grande et belle oeuvre il lui sera donné d'accomplir. L'Église de Dieu, aussi bien que le monde, a un besoin inexprimable d'amour, de l'amour de Christ, et le chrétien qui veut obéir à cette parole du Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », devient une source de bénédiction et de vie pour tous ceux avec lesquels il se trouve en relation. La vie merveilleuse de Christ et sa mort également merveilleuse, ne peuvent s'expliquer que par son amour pour nous; c'est aussi l'amour divin qui fera des merveilles dans les enfants de Dieu « Voyez quel amour ! » « Voyez comme il aimait ». Voilà ce qu'on disait de l'amour du Père et de celui du Fils. Que ce soit là aussi ce qui fasse reconnaître les chrétiens. Déjà la vocation d'Abraham, Dieu manifeste sa volonté que nous soyons pour les autres ce qu'il est pour nous, posant ainsi ce grand principe de vie pour l'Église de Dieu : « Je te bénirai et tu seras bénédiction ». (Genèse 12 : 2). Si Dieu nous révèle ce qu'il est pour nous en nous disant : « Je vous ai aimés », son commandement. « Aimez-vous les uns les autres » nous apprend aussi ce que nous devons être entre nous. Soit donc dans les prédications, soit dans la vie pratique de l'Église, qu'il soit bien compris que le signe distinctif de tout vrai disciple de Christ, est d'aimer comme Christ a aimé.
    Bien-aimés chrétiens, Jésus-Christ vous attend pour faire connaître par vous son amour au milieu de ceux qui vous entourent. Cet amour divin voudrait prendre possession de vous pour accomplir son oeuvre sur la terre. Cédez à son influence. Offrez-vous sans réserve à lui servir de demeure. Honorez-le de votre confiance et soyez bien certains qu'il vous apprendra à aimer comme Jésus a aimé. Votre vie chrétienne doit porter le cachet de votre conformité avec Jésus, et celle-ci porte le cachet de l'amour. Ne perdez pas courage si vous ne réalisez pas tout de suite cette charité de Christ, mais retenez ferme ce commandement : « Aimez comme je vous ai aimés ».
    Il faut du temps pour « croître en charité ». (1 Thessaloniciens. 3 : 12). Prenez donc le temps, dans le secret de votre cœur de contempler l'amour divin. Prenez le temps d'alimenter par la prière et la méditation le désir que vous avez déjà de le posséder, jusqu'à ce qu'il devienne en vous une flamme vive. Prenez le temps de regarder autour de vous en pensant de tous et de chacun, quels qu'ils soient et quoi qu'il arrive : Il faut que je les aime. Prenez le temps de vous rendre compte que vous êtes un avec le Seigneur et réprimez toute crainte de ne pouvoir parvenir à aimer comme lui, en vous souvenant de ces mots : « C'est ici mon commandement, que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés ». Chrétiens, prenez le temps d'être en communion avec Jésus, le modèle de la charité, et alors vous obéirez joyeusement au commandement d'aimer comme lui.
    Seigneur Jésus, toi qui m'as tellement aimé, et qui me commandes à présent d'aimer comme toi, vois, je suis à tes pieds. C'est avec joie que je voudrais accueillir tes commandements et aller par ta force manifester ton amour à tous.
    Avec ta force, ô mon Dieu, veuille donc me révéler ton amour. Inonde mon cœur de ton amour par ton Saint-Esprit. Fais-moi éprouver à chaque instant que je suis aimé de Dieu, moi aussi. Seigneur, fais-moi comprendre que je puis aimer, non pas par moi-même, mais par ton amour en moi. Tu vis en moi. Ton Esprit demeure et agit en moi. De toi déborde en moi l'amour dont je puis aimer les autres. Tu demandes seulement de moi que je comprenne, que j'accepte ma vocation, et que je consente à vivre comme tu as vécu. Tu voudrais que je tinsse ma vieille nature égoïste et dure pour avoir été crucifiée et que, par la foi, je fusse prêt à faire ce que tu commandes.
    Seigneur, je le veux aussi. Par ta force, Seigneur, je veux vivre désormais en aimant comme tu m’as aimé» Amen.

DIX-SEPTIÈME JOUR COMME CHRIST  Dans la prière.

« Le matin, comme il faisait encore fort obscur, s'étant levé, il sortit et s'en alla dans un lieu écarté, et il y priait. » Marc 1 : 35.

« Et il leur dit : Venez à l'écart, dans un lieu retiré, et prenez un peu de repos. » Marc 6 : 31.

    C'est aussi dans sa vie de prière que mon Sauveur est mon Modèle. Jésus ne pouvait pas conserver la vie divine dans son âme sans se séparer souvent de l'homme pour se retrouver en communion avec son Père. Il en est de même de la vie divine qui habite en moi; elle a le même besoin de se séparer de l'homme pour se retremper, non seulement par courts instants, mais tout le temps nécessaire, dans la source de la vie, auprès du Père qui est aux cieux.
    C'était an commencement du ministère de Jésus que se passait la scène dont ses disciples furent assez frappés pour l'écrire ensuite. Après une journée de travail et de miracles à Capernaüm (Marc 1 : 21-34) la foule augmente encore le soir. Toute la ville sort hors des portes. Les malades sont guéris et les démons chassés. Il est tard avant qu'ils puissent aller dormir; et au milieu de cette foule, comment trouver le temps, le recueillement nécessaire pour la prière? Aussi, le lendemain matin, quand ils se lèvent, Jésus est déjà sorti. Dans le silence de la nuit, il est allé chercher la solitude au désert, et quand ses disciples l'y découvrent, il prie encore.
    Pourquoi donc mon Sauveur avait-il besoin de ces heures de prière? Ne connaissait-il pas cette prière silencieuse de l'âme qui s'élève à Dieu au milieu même des plus pressantes affaires? Le Père ne demeurait-il pas en lui? Ne jouissait-il pas dans le secret de son cœur d'une communion incessante avec lui? Oui, cette « vie cachée en Dieu » était bien sa vie ; mais, assujettie aux lois de l'humanité, cette vie spirituelle avait besoin de recourir sans cesse à la source même. La vie de Jésus était une vie de dépendance ; et plus elle était active et pure de tout alliage, moins elle pouvait se passer de rapports directs et constants avec le Père, de qui elle tirait son existence.
    Quelle leçon pour tout chrétien ! Les rapports fréquents avec l'homme nous dissipent et menacent notre vie spirituelle ; ils nous replongent sous l'influence des choses visibles et temporelles. Rien ne saurait remplacer pour nous des rapports directs avec Dieu. Le travail, même au service de Dieu, nous épuise. Nous ne pouvons pas être en bénédiction aux autres sans que la vertu de Dieu passe de nous à eux, il faut donc que celle-ci nous soit renouvelée d'En-Haut.
    C'est comme la manne au désert ; ce qui descend du ciel ne peut pas se conserver longtemps sur la terre, mais doit être renouvelé de jour en jour. Jésus-Christ nous l'enseigne par son exemple. Et moi aussi, j'ai besoin chaque jour d'être dans la retraite en communion avec mon Père. Ma vie est comme celle de Christ, une vie cachée dans le ciel en Dieu; il lui faut jour après jour le temps nécessaire pour être alimentée du haut du ciel, car c'est du ciel seul que peut venir la force de vivre d'une vie céleste sur la terre.
    Et quelles étaient les prières qui occupaient si longtemps notre Seigneur ? Si je pouvais: l'entendre prier, comme j'apprendrais à prier moi-même ! Dieu soit loué, il nous est resté plus d'une de ses prières, afin que là aussi nous puissions suivre son exemple. Dans la prière sacerdotale (Jean 17), nous l'entendons parler à son Père comme si nous étions avec lui dans le calme et la profondeur des cieux; dans sa prière en Gethsémané, quelques heures plus tard, nous l'entendons crier à Dieu des abîmes de l'angoisse et des ténèbres. Ces deux prières, ne nous offrent-elles pas tout ce qui peut se trouver de plus élevé et de plus profond dans la communion de prière du Fils avec le Père ? L'une et l'autre de ces prières, nous disent comment Jésus s'adresse à Dieu. C'est chaque fois : Père! O mon Père! Tout le secret de la prière est là. Jésus savait qu'il était fils du Père qui l'aimait. Par ce mot il se place en face de son Père, dans la pleine lumière de son regard. Jouir de l'amour du Père, voilà pour lui ce qui faisait de la prière un impérieux besoin, ce qui en faisait aussi son plus grand bonheur. Qu'il en soit de même pour moi. Que ma prière soit avant tout le silence de l'adoration et de la foi, jusqu'à ce que Dieu se révèle à moi, et me donne par son Esprit l'assurance qu'il abaisse sur moi un regard de père. Celui qui dans sa prière n'a pas le temps de dire avec tranquillité d'âme : Abba, Père, en comprenant tout ce que renferme ce mot, perd la meilleure partie de la prière. C'est dans la prière que doit s'affirmer toujours plus ce témoignage de l'Esprit que nous sommes enfants de Dieu, que le Père se rapproche de nous et prend son plaisir en nous. « Si notre cœur ne nous condamne point, nous avons de l'assurance devant Dieu ; et quoi que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous faisons ce qui lui est agréable ». (1 Jean 3 : 21, 22).
    Dans ces deux prières je vois aussi ce que Jésus désirait : Que le Père fût glorifie Il dit : « Je t'ai glorifié. Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie ». (Jean 17 : 4, 1). Voilà sans doute quel aura été l'esprit de chacune de ses prières, un entier renoncement à lui-même pour vivre uniquement selon la volonté du Père et à sa gloire. Toutes ses requêtes avaient pour objet la gloire de Dieu. En ceci aussi Jésus est mon modèle. Le même esprit doit dicter chacune de mes prières, m'enseignant à dire : Père, bénis ton enfant, et glorifie-toi en lui, pour que ton enfant puisse te glorifier !
    Tout dans l'univers doit concourir à la gloire de Dieu. Le chrétien qu'anime cette pensée et qui se sert de la prière pour l'exprimer jusqu'à ce qu'il en soit tout pénétré acquerra une grande puissance de prière. Dans le ciel même notre Seigneur continue à nous dire : « Ce que vous demanderez en mon nom je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils ». (Jean 14 : 13). O mon âme, avant d'exposer à Dieu tes désirs, apprends tout d'abord de ton Sauveur à t'offrir « en oblation » et à n'avoir d'autre but que celui de glorifier Dieu.
    Quand vous pourrez prier ainsi, vous éprouverez le vif désir, aussi bien que la pleine liberté, de demander au Père de vous rendre semblable à Christ dans chaque détail de l'exemple qu'il vous a laissé et dans chaque trait de son image, afin que Dieu en soit glorifié. Vous comprendrez aussi que c'est seulement dans la prière sans cesse renouvelée que l'âme acquiert le renoncement nécessaire pour vouloir que Dieu opère en elle tout ce qui sera à sa gloire. C'est parce que Jésus a consacré sa vie entière à glorifier son Père, qu'il a été digne d'être notre Médiateur, et qu'il a pu demander dans sa prière sacerdotale de si grandes bénédictions pour les siens. Apprenez comme Jésus à chercher uniquement la gloire de Dieu dans vos prières, et vous deviendrez ainsi un véritable intercesseur, qui pourra s'approcher du trône de grâce non seulement avec les requêtes qui le concernent, mais en présentant aussi pour d'autres cette « prière fervente du juste qui a une grande efficace », (Jacques 5 : 16). Après nous avoir enseigné à dire dans la prière dominicale : « Ta volonté soit faite », Jésus reprend ces mots pour les prononcer lui-même à Gethsémané parce qu'il a fallu qu'il fût « en toutes choses semblables à ses frères ». (Héb. 2 : 17). Nous les recevons ainsi une seconde fois de lui, revêtus de la vertu de son intercession, afin que nous puissions les répéter dans le même esprit que lui. Vous aussi, vous deviendrez semblables à Christ en vous acquittant de cette intercession sacerdotale si nécessaire à l'unité et à la prospérité de l'Église, aussi bien qu'au salut des pécheurs.
    Celui qui fait de la gloire de Dieu le principal objet de sa prière, aura aussi la force, si Dieu l'y appelle, de faire la prière de Gethsémané. Chaque prière de Christ était une prière d'intercession parce qu'il s'était donné pour nous. Tout ce qu'il demandait, tout ce qu'il recevait était en vue de notre bien, aussi chacune de ses prières était-elle faite dans un esprit de sacrifice. Donnez-vous tout à Dieu pour le bien de vos semblables, et il en sera de vous comme de Jésus, car le sacrifice de soi, renouvelé dans les prières de chaque jour, est la seule préparation efficace pour ces heures de lutte où l'on est appelé à quelqu'un de ces renoncements particulièrement difficiles qui ne se font qu'avec angoisse et avec larmes. Quand on s'est consacré à Dieu, on reçoit de lui la force de renoncer à tout pour lui.
    O mon frère ! Si toi et moi nous voulons ressembler à Jésus, nous devons contempler Jésus priant seul au désert. C'est là que nous découvrons le secret de sa vie merveilleuse. Ce qu'il faisait ensuite, ce qu'il disait aux hommes avait d'abord été dit avec le Père. En communion avec le Père, il recevait chaque jour de nouveau l'onction du Saint-Esprit. Celui qui veut marcher comme Jésus, doit commencer par le suivre dans la solitude. Dût-il lui en coûter le sacrifice du repos de la nuit, des affaires, du jour, ou de la société d'amis, il faut qu'il trouve le temps d'être seul avec le Père, Outre ses heures ordinaires de prière, il se sentira parfois irrésistiblement appelé à se retirer dans le sanctuaire et à ne le quitter qu'après avoir de nouveau reçu l'assurance que Dieu est son partage. Soit dans le secret du cabinet, derrière la porte fermée, soit dans la solitude du désert, il faut que chaque jour nous retrouvions Dieu pour renouveler notre communion avec lui. Si Christ en avait besoin, combien plus nous-mêmes. Ce qu'était pour lui ce moment de solitude, il le sera pour nous aussi.
    Son baptême nous apprend ce qu'était pour lui la réponse du Père : « Jésus fut aussi baptisé; et, pendant qu'il priait, le ciel s'ouvrit et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle comme une colombe; et il vint une voix du ciel qui dit : « Tu es mon Fils bien-aimé en qui j'ai pris plaisir ». (Luc 3 : 22,). Oui, voilà ce que nous recueillerons, nous aussi, de la prière : le ciel ouvert, le baptême de l'Esprit, la voix du Père, l'assurance de son amour et de son plaisir à nous recevoir. Comme pour Jésus, de même pour nous. C'est d'en haut, c'est d'en haut que toutes ces grâces viendront répondre à nos prières.
    Prier à l'écart comme Christ, c'est le secret de vivre en public comme Christ. Usons donc de nos merveilleux privilèges, de cette hardiesse de Christ pour nous présenter devant le Père, de cette liberté de Christ pour prier notre Dieu.
    O Seigneur, tu m'as appelé et je t'ai suivi, voulant refléter ton image en toutes choses. Chaque jour je voudrais suivre tes traces, être conduit par toi partout où tu vas. Aujourd'hui je les ai trouvées humides de la rosée de la nuit et me conduisant au désert. Là je t'ai vu à genoux pendant des heures devant le Père. Là je t'ai entendu prier. Tu renonces à tout pour la gloire du Père, tu lui demandes tout, et tu attends, tu reçois tout de lui. Grave dans mon cœur ce que j'ai vu là : mon Sauveur se levant longtemps avant le jour, pour se mettre en communion avec son Père, pour demander et pour obtenir par la prière tout ce que requérait son travail de la journée.
    O Seigneur, qui suis-je pour assister à tes entretiens avec Dieu? Qui suis-je pour que tu m'invites à prier comme toi? O mon Sauveur, du plus profond de mon coeur je te supplie d'éveiller en moi ce même et intense besoin de prière dans la retraite. Daigne me pénétrer de cette vérité que, pour moi comme pour toi, ma vie divine ne saurait atteindre tout son développement sans être en communion fréquente avec mon Père céleste, de telle sorte que mon âme demeure en vérité dans la lumière de sa face. Et puisse cette conviction éveiller en moi un si ardent désir d'obtenir cette grâce que je ne puisse avoir de repos jusqu'à ce que mon âme soit chaque jour de nouveau baptisée dans les flots de l'amour divin. O toi, mon Modèle et mon Intercesseur, enseigne-moi à prier comme toi. Amen.

DIX-HUITIÈME JOUR COMME CHRIST Dans son recours aux Écritures.

« ... Qu'il fallait que tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse et dans les prophètes et dans les psaumes fût accompli. » Luc 24 : 44.

    C'est à l'usage que Jésus faisait des Écritures qu'il devait en grande partie ce qu'il accomplissait ici-bas. Elles lui étaient le chemin frayé qu'il devait suivre, la nourriture et la force dont il avait besoin pour travailler, ainsi que les armes propres à terrasser tout ennemi. Pendant toute sa vie, et jusque dans sa passion, les Écritures lui furent indispensables, car, du commencement à la fin, sa vie fut l'accomplissement de ce qui avait été « écrit de lui dans le volume du livre ». (Psaume. 40 : 8).
    A peine est-il nécessaire d'en donner des preuves. Dans la tentation au désert, c'est par son : «Il est écrit » qu'il a vaincu Satan. Dans ses conflits avec les pharisiens, il en appelait; sans cesse à la Parole de Dieu : « Que dit l'Ecriture ? » « N'avez-vous pas lu? » « N’est-il pas écrit? » Dans ses conversations avec ses disciples, c'était toujours par les Écritures qu'il prouvait la nécessité de ses souffrances et de sa résurrection : « Comment donc s'accompliraient les Écritures? » (Mathieu 26 54).
    Puis, quand il s'adresse à son Père à la fin de la passion, c'est en employant les paroles de l'Ecriture qu'il se plaint d'être abandonné, et qu'il remet son esprit entre les mains du Père. Tout ceci est riche d'enseignement. Jésus était lui-même la Parole vivante. Il avait en lui l'Esprit sans mesure.
    Mieux que personne il aurait pu se passer de la Parole écrite ; et pourtant nous voyons qu'elle est tout pour lui. Il nous montre ainsi que la vie de Dieu en l'homme est inséparablement liée à la Parole de Dieu formulée par le langage humain. Jamais Jésus n'eût été ce qu'il fut, n'eût pu faire ce qu'il fit, s'il ne s'était laissé conduire à chaque pas par la Parole de Dieu, s'appuyant toujours sur elle.
    Cherchons à le bien comprendre. La Parole de Dieu est plus d'une fois comparée à une semence; nous savons ce qu'est une semence. C'est cet admirable organisme dans lequel la vie, l'essence invisible d'une plante ou d'un arbre est si bien concentrée, qu'elle peut être transportée ailleurs pour reproduire la vie du même arbre.
    Cette semence peut servir à deux fins : Ou nous la mangeons, comme le blé dont on fait le pain, et alors cette vie de la plante devient notre nourriture, notre propre vie; ou bien nous la plantons et dans ce cas, la vie de la plante se reproduit et se multiplie. Sous ces deux aspects, la Parole de Dieu est une semence. La vie véritable ne se trouve qu'en Dieu. Mais cette vie ne peut nous être communiquée qu'en s'offrant à nous sous une forme qui nous permette de la saisir. C'est dans la Parole de Dieu que la vie de Dieu, que ses pensées, ses sentiments et sa puissance revêtent une forme pour se mettre à notre portée et passer en nous. Sa Parole est une semence de vie divine.
    Elle nous est pain de vie et nourriture. Quand nous mangeons notre pain quotidien, notre corps absorbe la nourriture telle qu'elle a été préparée dans le grain de blé par la nature, par la terre et le soleil. Nous, nous l'assimilons si bien qu'il devient une partie de nous-mêmes et de notre vie.
    Quand nous nous nourrissons de la Parole de Dieu, la vie divine entre aussi en nous et devient une partie de nous-mêmes, la vie de notre vie. Elle nous est aussi une semence. Les Paroles de Dieu se sèment dans le cœur, elles ont une vertu divine de reproduction et de multiplication.
    La vie même que renferme chacune d'elles, la pensée de Dieu, ses dispositions à notre égard prennent racine dans le cœur du croyant et s'y développent. Les Paroles de Dieu sont ainsi les semences de la plénitude de la vie divine en nous.
    Quand le Seigneur Jésus se fit homme, il se soumit en toutes choses à la Parole de Dieu. Sa mère la lui enseigna; les docteurs de Nazareth l'en instruisirent; par la méditation et la prière, par l'exercice de l'obéissance et de la foi, il fut amené à la comprendre et à se l'appliquer pendant ses années de préparation. La Parole du Père était pour le Fils la vie de son âme, et ce qu'il disait dans le désert était l'expression de son expérience : « L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». (Matthieu 4:4). Il savait ne pouvoir vivre qu'autant que la Parole lui apportait la vie du Père. Toute sa vie était une vie de foi qui dépendait de la Parole du Père. Elle ne lui tenait pas lieu du Père, mais elle était le canal qui lui communiquait la vie de Dieu; aussi son esprit et son cœur en étaient si pleins que toujours le Saint-Esprit trouvait en lui le texte biblique tout prêt à citer lorsqu'il venait lui en suggérer l'opportunité.
    Enfant de Dieu, si vous voulez devenir un homme de Dieu d'une foi ferme, richement béni, et abondant en fruits à la gloire de Dieu, faites de la Parole de Dieu votre nourriture. Qu'elle habite en vous, qu'elle remplisse votre cœur, croyez-la, obéissez-lui. Ce n'est que par la foi et l'obéissance que la Parole peut entrer en nous. Écoutez-la jour après jour comme si elle sortait à l'instant même de la bouche de Dieu, pour s'adresser à vous. Qu'elle vous soit la Parole du Dieu vivant, le moyen dont il se sert pour se mettre en relation avec ses enfants et leur parler avec puissance de vie. Ne tirez ni de l'Église, ni des chrétiens qui vous entourent, vos convictions quant à la volonté de Dieu, quant à son oeuvre et ses desseins à votre égard ou à l'égard du monde, mais puisez-les directement dans la Parole que vous adresse le Père, et comme Christ , vous pourrez aussi accomplir tout ce qui vous concerne dans les Écritures.
    Christ se retrouvait souvent dans les Écritures, voyant là son image et sa ressemblance. Il s'attachait alors à accomplir ce qu'il y voyait écrit, puisant en elles une force nouvelle pour le travail le plus difficile aussi bien que pour les plus grandes souffrances. Partout il y trouvait écrit de la main de Dieu : Par la souffrance à la gloire. Aussi n'avait-il d'autre désir que celui d'être ce que le Père avait dit de lui, de faire correspondre sa vie au portrait que traçait de lui la Parole de Dieu.
    Disciple de Jésus : dans les Écritures se trouve aussi ton portrait, le portrait de ce que le Père veut que tu sois. Cherche à en recevoir l'impression nette et profonde; tu en retireras une force surhumaine pour vaincre toute difficulté. Savoir que tout est ordonné de Dieu, pouvoir se dire : j'ai vu ce qui est écrit de moi dans le livre de Dieu, j'ai vu le portrait de ce que je dois être selon la décision de Dieu : voilà d'où naît la foi qui conquiert le monde.
    Notre Seigneur Jésus retrouvait son image non seulement dans les institutions de la Bible, mais aussi dans les croyants de l'Ancien Testament : Moïse, Aaron, Josué, David et les prophètes étaient tous des types du Seigneur. Dans le Nouveau Testament c'est Jésus qui est le type des croyants. C'est lui qui nous offre l'exemple de ce que nous devons être ici-bas. Pour être « transformés à son image de gloire en gloire comme par l'esprit du Seigneur » (2 Corinthiens 3 : 18), il faut que nous contemplions cette image dans le miroir des Écritures ; pour que le Saint-Esprit fasse son oeuvre en nous, il faut que nous voyons en Christ et dans chaque trait de sa vie la promesse de ce que nous pouvons devenir, nous aussi.
    Heureux le chrétien qui sait le faire, qui non seulement a trouvé Jésus dans les Écritures, mais qui a vu en lui la promesse et l'exemple de ce qu'il doit être lui-même. Heureux le chrétien qui apprend du Saint-Esprit à ne pas s'arrêter aux interprétations humaines de l'Ecriture, mais à recevoir avec simplicité ce qu'elles lui révèlent des plans de Dieu pour ses enfants. Enfant de Dieu, c'est selon les Écritures que Jésus-Christ vécut et qu'il mourut, c'est selon les Écritures qu'il ressuscita et c'est parce qu'il connaissait les Écritures et leur obéissait, qu'il lui fut possible d'accomplir tout ce que les Écritures disaient de sa vie et de sa passion ; aussi le Père fit pour lui tout ce que lui promettaient les Écritures. Toi, de même, adonne-toi sans partage à étudier dans les Écritures ce que Dieu dit et veut de toi. Que les Écritures où Jésus puisa chaque jour sa nourriture soient aussi ta nourriture quotidienne. Retourne chaque jour à la Parole de Dieu, avec la joyeuse confiance que par l'Esprit saint la Parole remplira son divin mandat à ton égard.
    Chacune des paroles de Dieu est pleine de force et de vie. Sois donc certain que si tu cherches à user des Écritures comme Christ le faisait, elles seront aussi pour toi ce qu'elles étaient pour lui. Dieu a tracé dans sa Parole le plan de ta vie. Chaque jour tu en trouveras là quelque portion, et Dieu lui-même veillera à l'accomplir en toi, si, comme son Fils, tu veux en faire le but de ta vie. 
    Seigneur, mon Dieu, je te remercie de ta précieuse Parole, divin miroir de toutes les vérités invisibles et éternelles. Je te remercie de ce que ta Parole me donne l'image de ton Fils qui est lui-même ton image, et qui est aussi, ô grâce ineffables mon image à moi. Je te remercie de ce que, regardant à lui, je vois ce que je puis être, moi aussi.
    Ô mon Père, fais-moi bien comprendre de quelle bénédiction peut être pour moi ta Parole. Pour ton Fils, elle était ici-bas l'expression, de ta volonté, la communication de ta vie et de ta force, le moyen de s'entretenir avec toi. C'était en écoutant ta Parole, c'était en se soumettant à ce qu'elle lui disait, qu'il pouvait accomplir ta volonté. Que ta Parole soit tout cela pour moi aussi !
    Veuille chaque jour l'éclairer pour moi de ton Saint-Esprit afin qu'elle me soit la Parole sortant de la bouche de Dieu, la voix de ta présence même s'adressant à moi. Que dans tout ce qu'elle me dira je sente que Dieu me donne là quelque chose de sa propre vie. Apprends-moi à la garder dans mon cœur comme une divine semence qui, au temps voulu, germera en moi pour reproduire dans toute sa réalité divine la vie qu'elle recelait, tandis que je n'avais d'abord su voir en elle que l'expression de la pensée. Enseigne-moi surtout, ô mon Dieu, à trouver en elle celui qui en est le centre et l'essence même, celui qui est la Parole éternelle, car le trouvant lui, et me sachant en lui, j'apprendrai, comme lui, à voir dans ta Parole ma nourriture et ma vie. Je te le demande, ô mon Dieu, au nom de Jésus-Christ. Amen.

DIX-NEUVIÈME JOUR COMME CHRIST En pardonnant.

« Vous supportant les uns les autres, et vous pardonnant les uns aux autres si l'un a quelque sujet de plainte -contre l'autre; comme Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même.» Colossiens 3 : 13.

    Pour le racheté le pardon est l'une des premières grâces qu'il reçoit de Dieu, celle qui lui ouvre une vie nouvelle, qui lui est le signe et le gage de l'amour de Dieu. Le pardon de Dieu nous donne droit à tous les dons spirituels qui nous sont préparés en Jésus-Christ. Jamais, ni ici-bas, ni dans l'éternité, le racheté ne pourra oublier qu'il est un pécheur pardonné. Rien ne contribue mieux à raviver son amour, à alimenter sa joie, à affermir son courage que l'expérience sans cesse renouvelée de l'amour et du pardon de Dieu, dont le Saint-Esprit lui fait une vivante réalité. Chaque jour toute pensée, toute grâce reçue de Dieu lui rappellent qu'il doit tout au pardon de Dieu. : Cet amour qui pardonne nous révèle une des plus hautes perfections divines. C'est à pardonner que Dieu trouve sa gloire et son bonheur. Et c'est cette gloire et ce bonheur que Dieu veut faire partager à ses rachetés, quand il les appelle à pardonner eux-mêmes aussitôt qu'ils ont reçu leur pardon.
    N'avez-vous jamais remarqué que de fois et avec quelle force Jésus insiste là-dessus? Si nous lisons avec réflexion les paroles du Seigneur dans Matthieu 6 : 12, 15 ; 18 : 2-25 ; Marc 11 : 25, nous comprendrons combien le pardon de Dieu est inséparable de notre pardon, à l'égard de nos semblables. Après l'ascension de Jésus, l'Ecriture nous dit de lui ce que lui-même avait dit du Père, que nous devons pardonner comme lui : « Comme Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même ». C'est comme Dieu, c'est comme Christ, que nous devons pardonner.
    Il n'est pas difficile d'en comprendre la raison. Quand l'amour qui pardonne vient à nous, il ne se borne pas à nous affranchir du châtiment ; il fait plus encore, il veut nous gagner à lui, prendre possession de nous et habiter en nous. Et une fois établi en nous, il ne perd pas son caractère divin, il est toujours l'amour qui pardonne et qui fait son oeuvre non seulement pour nous, mais en nous et par nous, nous amenant à pardonner à ceux qui pèchent à notre égard. Il en est si bien ainsi que, selon l'Ecriture, ne pas pardonner est le signe certain de n'avoir pas été pardonné soi-même.
    Celui qui ne recherche le pardon que par égoïsme et pour être affranchi du châtiment, mais n'a pas encore laissé l'amour qui pardonne prendre la direction de son cœur et de sa vie, montre par là que le pardon de Dieu ne l'a pas encore réellement atteint; tandis que celui qui a vraiment reçu et accepté son pardon trouvera dans la joie avec laquelle il pardonne aux autres la confirmation de sa foi au pardon de Dieu. Recevoir de Christ le pardon, et pardonner ensuite comme Christ, sont donc une seule et même chose.
    Voilà ce qu'enseignent les Ecritures; mais, que disent la vie et l'expérience des chrétiens ? Hélas ! combien d'entre eux savent à peine ce que la Bible dit là, ou, s'ils le savent, pensent que c'est trop attendre d'un être pécheur ; combien aussi, tout en admettant en général ce que nous venons de dire, trouvent toujours dans leur cas particulier quelque raison pour se dispenser d'obéir. On allègue à sa décharge que ce serait affermir le méchant dans le mal, ou que jamais l'offenseur n'eût pardonné lui-même pareille injure, ou que même des chrétiens éminents ne pardonnent pas ainsi.
    Jamais les excuses ne manquent, et pourtant le commandement est clair autant que l'avertissement qui le suit est solennel : « Comme Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même ». « Si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, votre Père ne vous pardonnera pas non plus les vôtres ». (Mathieu 6 : 15;). En raisonnant ainsi on ôte à la parole de Dieu sa force, sans comprendre que c'est précisément en pardonnant que l'amour de Dieu cherche à vaincre le mal, et que c'est pour cela qu'il pardonne jusqu'à septante fois sept fois. N'est-ce pas ce que Christ a fait qui doit me servir de règle plutôt que ce que pourrait faire tel autre en pareil cas? N'est-ce pas en me conformant à 1'exemple de Christ plutôt qu'à celui d'éminents chrétiens que j'obtiendrai la preuve d'avoir reçu moi-même le pardon de mes péchés?
    Hélas! quelle est l'Eglise, quel est le groupe de chrétiens qui ne transgresse cette loi de l'amour qui pardonne? Que de fois dans nos assemblées religieuses, dans nos oeuvres philanthropiques, aussi bien que dans nos rapports de société, et jusque dans notre vie domestique, nous avons la preuve que pour un grand nombre de chrétiens l'invitation à pardonner comme Christ a pardonné n'est pas encore devenue la règle de leur vie habituelle. A propos de quelque divergence d'opinion, de quelque objection à ce qui paraît juste et bon, à propos de quelque dédain supposé ou vrai, de quelque rapport imprudent ou malveillant, on accueille des pensées de rancune, de mépris ou de froideur, plutôt que d'aimer, de pardonner et d'oublier comme Christ. Dans ces cas-là, l'esprit et le cœur ne sont point encore sous l'influence de cette loi de compassion, d'amour et de pardon qui relie la tête aux membres, et qui doit régler tous les rapports des membres entre eux.
    Bien-aimés disciples de Jésus, vous qui êtes appelés à représenter son image dans le monde, apprenez que comme le pardon de vos péchés fut la première chose que Jésus fit pour vous, de même le pardon à l'égard de vos semblables est une des premières choses que vous avez à faire pour lui. Souvenez-vous que pour le cœur renouvelé, la joie de pardonner aux autres dépasse si possible la joie de se savoir pardonné soi-même. La joie d'être pardonné est seulement la joie du pécheur, une joie terrestre, tandis que la joie de pardonner est une joie semblable à celle de Christ, une joie céleste. Oh! comprenez que vous êtes appelés à participer ainsi à l’œuvre même de Christ et à la joie dont il jouit lui-même.
    C'est par là que vous pourrez être bénédiction pour le monde. C'est en pardonnant que Jésus gagne ses ennemis et se fait des amis. C'est en pardonnant que Jésus a fondé son royaume et qu'il continue à l'étendre. C'est aussi par le même amour qui pardonne que l'Eglise convaincra le monde de l'amour de Dieu. Quand le monde verra que cet amour est non seulement prêché dans l'Eglise, mais qu'il anime la vie de chaque disciple de Christ, quand il verra des hommes et des femmes se conduisant comme Jésus et pardonnant comme lui, il sera obligé de reconnaître que réellement Dieu est avec eux.
    Et si cela vous paraît trop difficile, trop élevé pour vous, souvenez-vous que c'est votre cœur naturel qui parle ainsi. Notre nature pécheresse ne goûte pas cette joie-là et ne peut jamais l'obtenir. Mais dès que nous sommes unis à Christ, nous le pouvons; celui qui demeure en Christ marche comme lui-même a, marché. Si vous avez renoncé à vous-mêmes pour suivre Christ en toutes choses, il vous en rendra capables par son Saint-Esprit. Sans attendre le moment de la tentation, accoutumez-vous d'avance à contempler Jésus comme votre Modèle dans la céleste beauté de son amour et de son pardon, car « en contemplant la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image de gloire en gloire ». (2 Cor. 3 : 18). Chaque fois que vous priez Dieu de vous pardonner, ou que vous le remerciez de son pardon, prenez l'engagement à la gloire de son nom d'avoir pour tous ceux qui vous entourent le même amour qui pardonne. Avant qu'il soit question de pouvoir pardonner aux autres, il faut que le cœur soit rempli d'amour pour Christ, d'amour pour les frères, d'amour pour les ennemis même. Un cœur plein de cet amour divin trouve du plaisir à pardonner. Dans les petites circonstances de chaque jour, s'il surgit quelque tentation de ne pas pardonner, accueillez avec joie cette occasion de montrer que vous possédez l'amour de Dieu qui pardonne, que vous êtes heureux d'en faire briller un rayon sur les autres, et que vous sentez tout le privilège de pouvoir être ainsi l'image de notre bien-aimé Sauveur.
    Pardonner comme toi, Jésus, Fils de Dieu, voilà la règle de ma vie. Toi, qui as donné le commandement, tu donneras aussi la force de l'accomplir. Toi, qui as eu assez d'amour pour me pardonner, tu me rempliras aussi de ton, amour et tu m'enseigneras à pardonner aux autres. Toi, qui m'as déjà donné la joie de savoir mes péchés pardonnés, tu me donneras certainement aussi cette autre joie plus grande encore de pardonner aux autres comme tu m'as pardonné. Veuille pour cela fortifier ma foi en la puissance de ton amour en moi, afin que comme toi je puisse pardonner septante fois sept fois? que je puisse aimer tous ceux qui m'entourent et leur faire du bien.
    O Jésus, ton exemple fait ma loi. Il faut que je sois semblable à toi. Et ton exemple est aussi mon Evangile, la bonne nouvelle qui m'assure que je puis être comme toi. Tu es à la fois ma loi et ma vie. Ce que tu demandes de moi comme mon Modèle, c'est toi-même qui l’opères en moi en me communiquant ta vie. Je pardonnerai donc comme toi tu pardonnes.
    Seigneur! Apprends-moi seulement à vivre dans une plus complète dépendance de toi, à compter sur l'entière suffisance de ta grâce et à me savoir sous une garde sûre par le fait que tu habites en moi. Alors je pourrai croire à la force toute-puissante de ton amour. Alors je pardonnerai comme Christ m'a pardonné Amen.

VINGTIÈME JOUR COMME CHRIST En le contemplant.

« Ainsi, nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir, la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image de gloire en gloire comme par l'esprit du Seigneur.»
 2 Corinthiens 3 : 18.

    Moïse avait passé quarante jours avec Dieu sur la montagne. Quand il descendit, son visage était devenu rayonnant de gloire divine. Il ne le savait pas lui-même, mais Aaron, et tout le peuple virent là un reflet de la gloire de Dieu; et tous craignirent de s'approcher de lui. (Exode 34 : 29, 30). Ceci préfigurait ce que nous révèle le Nouveau Testament. Le privilège accordé alors à Moïse seul est à présent le partage de tout croyant. Quand nous contemplons la gloire de Dieu en Christ dans le miroir des Ecritures, sa gloire rayonne sur nous et en nous, si bien que nous en portons le reflet nous-mêmes. En contemplant la gloire du Christ, le croyant est transformé par l'Esprit en la même image. Contempler Jésus nous rend semblables à lui.
    L’œil exerce une grande influence sur l'esprit et le caractère. C'est au moyen de l’œil que se fait en grande partie l'éducation de l'enfant ; il se moule sur les manières et les habitudes des personnes qu'il voit chaque jour. De même pour former, pour mouler notre caractère, notre Père céleste nous montre sa gloire divine en la personne de Jésus, et il attend de nous que nous ayons une grande joie à la contempler, parce qu'il sait que nous serons par là transformés à l'image de Christ. Que tous ceux donc qui veulent devenir comme Christ remarquent bien ici comment ils pourront y parvenir.
    Contemplez sans cesse la gloire divine telle qu'elle se voit en Christ, car en lui elle nous révèle la perfection divine sous la forme humaine. Les deux traits caractéristiques de ce reflet de gloire divine en Christ sont l'humiliation et l'amour. C'est d'abord la gloire de son humiliation. Quand on considère comment le Fils éternel s'est dépouillé lui-même pour se faire homme, et comment il s'est, comme homme, humilié jusqu'à se faire serviteur, puis il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort de la croix, on contemple le plus haut degré de la gloire de Dieu. La gloire de la toute-puissance divine comme Créateur, et la gloire de la sainteté de Dieu comme Roi sont moins merveilleuses que cette gloire de la grâce qui s'abaisse Jusqu'à se faire serviteur au service de Dieu et de l'homme.
    Apprenons à voir la véritable gloire dans cette humiliation. Nous humilier comme Christ doit être pour nous la seule chose digne de porter le nom de gloire sur la terre. C'est là ce qui doit nous paraître réellement admirable, désirable et propre à nous réjouir.
    En contemplant Jésus dans la gloire de son humiliation, nous ne pourrons plus désirer d'autre gloire que celle de lui ressembler, de nous humilier comme lui. Contempler Jésus, l'admirer et l'adorer, voilà ce qui nous amènera à recevoir son esprit, ce qui nous transformera à son image. La gloire de son humiliation est inséparable de la gloire de son amour. Son humiliation nous fait remonter à son amour qui en est la source et la force. C'est de son amour que son humiliation tire sa valeur. L'amour est la plus grande gloire de Dieu, mais cet amour nous était resté un mystère jusqu'à ce qu'il se révélât en Jésus-Christ. Ce n'est que dans l'humanité de Jésus, dans ses rapports de douceur, de compassion et d'amour avec les hommes, avec des hommes insensés, pécheurs et rebelles, que la gloire de l'amour divin se fit réellement connaître pour la première fois. L'âme qui a déjà reçu quelque faible rayon de cette gloire-là voudra devenir en ceci comme Christ. En contemplant cette gloire de l'amour de Dieu en Christ, elle sera transformée en la même image.
   Ne voudriez-vous pas être comme Christ? En voici le moyen : Contemplez la gloire de Dieu en Christ, en lui-même, et non dans les paroles, les pensées et les grâces diverses qui nous révèlent sa gloire ; regardez à lui, directement à lui, au Christ vivant qui vous aime. Placez-vous, sous son regard, voyez en lui votre ami et votre Dieu.
    Regardez à lui avec adoration. Prosternez-vous devant lui. Sa gloire a toute-puissance de vie pour se communiquer à vous et remplir votre cœur.
    Regardez à lui avec foi. Saisissez avec confiance qu'il est à vous, qu'il s'est donné à vous, et qu'ainsi vous avez droit à tout ce qui est à lui. Son but est de retracer son image en vous. Contemplez-le donc en vous disant avec joie, avec assurance : La gloire que je vois en lui m'est destinée. Il me la donnera. En le contemplant, en l'adorant, en me confiant en lui, je deviendrai comme lui.
    Regardez à lui avec un grand désir d'obtenir. Ne cédez pas à la paresse de la chair qui se contente de peu, avant d'avoir obtenu la pleine bénédiction d'être conforme au Seigneur. Priez Dieu de vous donner une soif insatiable pour cette gloire promise. Que votre fervente requête soit celle de Moïse : « Fais-moi voir ta gloire ». (Exo. 33 : 18). Ne vous laissez décourager par rien au monde, pas même par la lenteur apparente de vos progrès, mais allez de l'avant avec un désir croissant d'obtenir tout ce que vous offre la Parole de Dieu : « Nous sommes transformés à son image de gloire en gloire »
    Quand vous contemplez Christ, ne négligez, pas de lui dire que vous l'aimez, que son amour a gagné votre cœur, et que vous voulez lui appartenir entièrement. Dites-lui que tout votre désir est de lui plaire. Oh ! que les liens d'amour qui vous unissent à lui se resserrent toujours plus.
    Comme Christ ! Nous pouvons le devenir, nous le deviendrons chacun dans sa mesure. Le Saint-Esprit nous en est garant. La Parole de Dieu a dit : « Nous sommes transformés à son image de gloire en gloire comme par l'Esprit du. Seigneur ». Il s'agit donc ici de l'Esprit qui était en Jésus et qui faisait resplendir en lui la gloire divine. Cet Esprit est appelé « l'Esprit de gloire ».(1 Pierre 4 : 14). Cet Esprit vient à nous comme il venait à Jésus, et, tandis que nous contemplons et que nous adorons en silence, il nous assimile ce que nous voyons en notre Seigneur Jésus, le faisant revivre en nous.  Par cet Esprit, nous avons déjà reçu la vie de Christ en nous avec tous les dons de sa grâce ; mais cette vie doit être stimulée et développée, elle doit grandir, remplir tout notre être, prendre possession de notre nature entière, la pénétrer de toutes parts. Et c'est là ce que fait l'Esprit, dès que nous nous livrons à lui avec obéissance. Il nous ouvre les yeux pour nous faire voir dans les Ecritures la gloire de Jésus et de tout ce qu'il fait. Il éveille en nous le désir de lui ressembler. Il affermit notre foi, nous donnant l'assurance que nous pouvons recevoir en nous ce que nous voyons en Jésus? parce que Jésus lui-même est à nous. Il nous fait demeurer en Christ, en communion avec lui, unis à lui de tout notre cœur. Il opère ainsi en nous selon cette promesse : « C'est lui qui me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi et qu'il vous l'annoncera ». (Jean 16: 14), Par cette contemplation, nous sommes transformés à son image de gloire en gloire, comme par l'Esprit du Seigneur, Comprenons seulement que la plénitude de l'Esprit nous est promise, et que si nous l'accueillons avec foi, il accomplira victorieusement son oeuvre en nous, gravant dans notre âme et notre vie l'image et la ressemblance de Christ.
    Mon frère, en contemplant Jésus dans sa gloire, vous pouvez vous attendre à devenir semblable à lui. Abandonnez-vous seulement à la direction de l'Esprit avec tranquillité et paix. L'Esprit de gloire repose sur vous. Contemplez et adorez la gloire de Dieu en Christ et vous serez transformé par la puissance de Dieu, de gloire en gloire. Le Saint-Esprit opérera en vous la transformation fondamentale qui vous fera réaliser dans votre vie la valeur de ces mots : Comme Christ,
    O Seigneur, je te rends grâces de ce que tu m'assures ici que tandis que mon affaire, à moi, est de contempler ta gloire, l'oeuvre du Saint-Esprit est de me transformer à ton image ; que tandis que je te contemple, le Saint-Esprit agit -en moi et m'assimile quelque chose de ta gloire.
    Seigneur, enseigne-moi à contempler ta gloire comme il convient de le faire. Moïse avait été quarante jours avec toi quand ta gloire rayonna sur lui. Je reconnais que ma communion avec toi a été trop courte et fugitive, que je n'ai pas su prendre le temps nécessaire pour me pénétrer de ce qu'est ton image. Seigneur, enseigne-moi à le faire. Donne-moi, dans mes méditations, de renoncer à moi-même pour te contempler et t'adorer jusqu'à ce que mon âme puisse s'écrier à chaque trait de ton image : Oh! que c'est beau, c'est la gloire de Dieu ! Oh! mon Dieu, fais-moi voir ta gloire.
    Affermis-moi aussi, Seigneur, dans la confiance que le Saint-Esprit fait son oeuvre en moi, lors même que je n'en vois pas aussitôt les effets. Moïse ne savait pas que son visage rayonnait. Seigneur, garde-moi de regarder a moi-même. Que je sois tellement absorbé en toi, que je m'oublie et me perde en toi. Seigneur, c'est quand on est mort à soi-même qu'on vit en toi.
    O mon Dieu, toutes les fois que je contemplerai ton image et ton exemple, je voudrais que ce fût avec la confiance que ton Saint-Esprit prendra entièrement possession de moi et qu'il imprimera si bien ton image en moi, que le monde verra là un reflet de ta gloire. C'est avec cette confiance que je me hasarde à prendre pour moi ce mot d'ordre : De gloire en gloire, voyant là la promesse d'une grâce qui deviendra chaque jour plus abondante, d'une bénédiction toujours prête à se surpasser, et de dons qui ne seront que le gage d'autres dons plus excellents encore. Mon Sauveur!
    Te contempler, ce sera bien réellement pour moi : De gloire en gloire. Amen.

VINGT-UNIÈME JOUR COMME CHRIST Dans son humilité.

« Que chacun de vous regarde tes autres, par humilité, comme plus excellents que lui-même. Ayez en vous les mêmes sentiments que Jésus-Christ, lequel étant en forme de Dieu, s'est dépouillé lui-même, ayant pris la forme de serviteur, devenant semblable aux hommes, et revêtu de la figure d'homme, il s'est abaissé lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. » Philippiens 2 : 3-8.

    Ces paroles admirables nous offrent le sommaire de toutes les plus précieuses vérités qui se réunissent autour de la personne du Fils de Dieu. C'est d'abord son adorable divinité : « en forme de Dieu, égal à Dieu ». Puis vient le mystère de son incarnation dans ces mots d'un sens si profond, si inépuisable : « il s'est dépouillé lui-même ». Ensuite vient l'expiation avec l'humiliation, l'obéissance et la passion, et enfin la mort qui lui donne sa valeur. « Il s’est rendu obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix ». Puis vient aussi le couronnement du tout : « Dieu L’a souverainement élevé ». Christ étant Dieu, Christ se faisant homme, Christ dans l'humiliation pour accomplir notre rédemption, Christ dans la gloire, maître souverain de tout : tels sont les trésors que nous révèle ce passage.
    On a écrit des volumes sur quelques-unes des paroles de ce texte, et pourtant on n'a pas toujours assez tenu compte des circonstances dans lesquelles le Saint-Esprit les a inspirées. En premier lieu il ne s'agit pas là d'établir la vérité pour réfuter l'erreur, ou pour affermir la foi. Le but est tout autre. Les Philippiens avaient de l'orgueil et manquaient de charité. C'est donc en vue de les engager par l'exemple de Christ à devenir humbles comme lui que Paul fut inspiré à leur dire : « Que chacun de vous regarde les autres, par humilité, comme plus excellents que lui-même ; ayez en vous les mêmes sentiments que Jésus-Christ ». Celui qui n'étudie pas cette portion de la Parole de Dieu avec le désir de s'abaisser comme Jésus, ne comprend pas encore pourquoi Dieu parle ainsi. Christ descendu du trône de Dieu et devant y monter, en passant par l'humiliation de la croix, nous ouvre la seule voie par laquelle nous puissions, nous aussi, atteindre ce trône divin. La foi qui, en saisissant l'expiation, saisit aussi le moyen de suivre l’exemple donné par Jésus, est la seule véritable foi. Toute âme qui veut sincèrement appartenir à Christ doit par son union avec lui refléter son esprit, son caractère, et son image.
    « Ayez en vous les mêmes sentiments que Jésus-Christ, lequel étant en forme de Dieu... s'est dépouillé lui-même... et, revêtu de la figure d'homme, s'est abaissé lui-même ». Il faut que nous soyons comme Christ dans son dépouillement et dans son abaissement. Le premier grand acte d'abnégation par lequel, étant Dieu, il se dépouilla de sa gloire et de sa puissance divines, fut encore suivi d'une autre humiliation non moins admirable lorsque, étant homme, il consentit à subir la mort de la croix. En nous présentant cette double et surprenante humiliation qui fit l'étonnement du monde et la joie du Père, la sainte Ecriture nous dit avec la plus grande simplicité et comme une chose qui va de soi, que nous devons être comme Christ.
    En parlant ainsi, Paul et toute l'Ecriture, et Dieu lui-même, attendent-ils réellement de nous ce qu'ils nous disent là? Pourquoi non? ou plutôt : comment pourraient-ils attendre autre chose? Ils connaissent le terrible pouvoir de l'orgueil en nous, ils savent ce qu'est le vieil Adam de notre nature terrestre, toutefois ils savent aussi que Christ nous a rachetés non seulement de la malédiction, mais encore de la puissance du péché, et qu'il nous communique sa vie et sa force de résurrection pour nous rendre capables de vivre ici-bas comme lui. Ils nous disent que Christ est non seulement notre garant, mais qu'il est encore notre modèle, afin que nous ne nous contentions pas d'avoir la vie par lui, mais que nous vivions comme lui. Ils nous disent en outre qu'il est non seulement notre modèle, mais qu'il est encore notre tête, qu'il vit en nous et continue en nous la même vie qu'il avait sur la terre. Avec un tel Christ, avec un tel plan de rédemption, Dieu pourrait-il attendre autre chose du croyant? Il faut nécessairement que le disciple de Christ ait le même esprit que Christ, il faut surtout qu'il lui ressemble par son humilité.
    L'exemple de Christ nous montre que ce n'est pas le péché qui doit produire en nous l'humilité, comme le pensent tant de chrétiens. Ils croient que les péchés de chaque jour sont nécessaires pour nous maintenir dans l'humilité. Ce n'est pas cela. Il y a bien une humilité qui a son prix comme début de quelque chose de mieux, et qui consiste à reconnaître ses péchés ; mais il y a une autre humilité plus céleste encore, plus semblable à celle de Christ, qui consiste à s'abaisser même quand la grâce de Dieu nous préserve de pécher, qui s'étonne que Dieu puisse nous bénir, et qui se complaît à se tenir pour rien devant celui à qui nous devons tout. C'est de la grâce que nous avons besoin et non du péché, pour nous rendre humbles et nous maintenir dans l'humilité. C'est le poids des fruits qui fait ployer la branche, c'est sous l'affluence de l'eau que se creuse le lit de la rivière. Plus l'âme se rapproche de Dieu, plus l'imposante majesté de sa présence lui fait sentir sa bassesse. Voilà ce qui nous amené à « regarder les autres comme plus excellents que nous-mêmes ». Jésus-Christ, le Saint de Dieu, est notre modèle d'humilité. C'était en « sachant que le Père lui avait remis toutes choses entre les mains, et qu'il était venu de Dieu et qu'il retournait à Dieu, qu'il se mit à laver les pieds de ses disciples ». C'est la présence de Dieu en nous, c'est la conscience de posséder en nous la vie divine et l'amour divin qui nous rendront humbles.
     Il semble impossible à beaucoup de chrétiens de dire : Je ne veux plus penser à moi, je veux tenir les autres pour meilleurs que moi. Ils implorent bien de la grâce de Dieu qu'elle réprime la trop forte effervescence de leur orgueil et de leur amour-propre, mais quant à renoncer entièrement à eux-mêmes, comme Christ, c'est à leurs yeux trop difficile, trop irréalisable. S'ils comprenaient toute la vérité, toute la bénédiction que renferment ces mots : «Quiconque s'abaisse sera élevé », «quiconque perdra sa vie la trouvera » (Luc 14 : 11 ; Mathieu 16 : 25), ils ne pourraient se contenter de rien de moins que d'une entière conformité à leur Maître en ceci aussi. Ils verraient qu'il y a un moyen de dompter le moi et son orgueil : c'est de croire que ce moi a été cloué sur la croix et qu'il faut seulement le laisser là. (Galates 5 : 24; Romains 8 : 13). On ne peut obtenir ce degré d'humilité qu'en consentant de tout son cœur à suivre Christ dans sa mort.
    Pour en arriver là, il faut deux choses : d'abord la ferme décision de renoncer à soi-même, de ne plus se rechercher soi-même, et de vivre uniquement pour Dieu et pour le prochain. Il nous faut en outre la foi qui s'approprie la mort de Christ, la foi qui nous fait réaliser la mort au péché, l'affranchissement de la domination du péché. Quand nous tenons notre moi pécheur pour mort avec Christ sur la croix, nous voyons se clore cette phase de notre vie où le péché était trop fort pour nous, et s'ouvrir une phase nouvelle où Christ est plus fort que le péché.
    Ce n'est que sous la puissante influence du Saint-Esprit qu'il est possible de réaliser et de tenir ferme cette vérité ; mais, grâce à Dieu, nous avons le Saint-Esprit. Oh ! puissions-nous nous remettre entièrement à sa direction, car il nous guidera, c'est là son oeuvre. Il glorifiera Christ en nous; il nous fera comprendre que nous sommes « morts au péché », morts à notre vieille nature déchue, et que la vie de Christ, avec son humilité, est devenue notre vie.
    C'est ainsi que par la foi on s'approprie l’humilité de Christ. Ceci peut se faire en un moment, mais l'application de cette humilité dans l'expérience de chaque jour ne se fait que peu à peu. Nos pensées et nos sentiments et toute notre manière d'être, ont été si longtemps sous la domination de notre ancien moi, qu'il faut du temps pour les pénétrer de l'humilité de Christ et les transformer à cette lumière divine. Au commencement, la conscience n'est pas encore bien au clair, le tact spirituel et la force de discernement n'ont pas encore été exercés. Mais si du fond de son cœur le croyant se répète: J'ai renoncé à moi-même pour être humble comme Jésus, il obtiendra du Seigneur que sa puissance divine vienne tout renouveler en lui, jusqu'à ce que dans l'expression de son visage, dans sa voix et dans ses actes, se reconnaisse la présence sanctifiante de l'Esprit, et qu'il se trouve réellement revêtu d'humilité.
    Cette humilité de Christ en nous, nous est une source inépuisable de bénédiction. Elle est de grand prix aux yeux de Dieu ; « il fait grâce aux humbles ». (Jac. 4:6). Dans la vie spirituelle, elle est une source de repos et de joie. Pour les humbles, tout ce que Dieu fait est bien et bon.
    L'humilité est toujours prête à louer Dieu pour ses moindres bontés. L'humilité ne trouve pas de difficulté à se confier. Elle se soumet sans condition à tout ce que Dieu dit. Les deux personnes dont Jésus loue la grande foi sont justement celles qui s'estimaient le moins. Le centenier avait dit : «Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ». (Mat. 8 : 8). Et la femme syro-phénicienne se laissait mettre au rang des petits chiens.
    L'humilité facilite nos rapports avec tous, elle nous donne le secret de pouvoir aimer et faire du bien. Un homme qui est humble ne s'offense pas, et il a grand soin de ne pas offenser autrui. Il est toujours prêt à rendre service à son prochain parce qu'il a appris de Jésus qu'il y a honneur et bonheur à être le serviteur de tous. Il est ainsi bienvenu de Dieu et des hommes.
    Oh ! qu'elle est belle la vocation des disciples de Christ ! Dieu les a envoyés dans le monde pour montrer tout ce qu'il y a de divin dans l'humilité. Celui qui est humble glorifie Dieu, il engage les autres à lui rendre gloire, et à la fin il sera glorifié lui-même en Christ. Qui ne voudrait donc être humble comme Jésus?
    O toi qui es descendu du ciel pour t'abaisser jusqu'à la mort de la croix, tu m'appelles à faire de ton humilité la règle de ma vie. Seigneur, fais-m'en bien comprendre toute la nécessité. Je ne puis, ni ne veux être un orgueilleux disciple de l'humble Jésus. Que dans le secret de mon cœur, soit seul, soit avec mes amis, soit aussi avec mes ennemis, que dans la prospérité comme dans l'adversité, je sois toujours rempli de ton humilité.
    O Seigneur! je sens le besoin de comprendre mieux ta mort sur la croix et la part que j'y ai eue. Fais-moi réaliser que mon ancien moi orgueilleux a été crucifié avec toi. Montre-moi à la lumière de ton Esprit qu'ayant été régénéré par toi, je suis à présent mort au péché, soustrait à sa puissance, et que, tant que je suis en communion avec toi, le péché ne peut rien sur moi. Seigneur Jésus, toi qui as vaincu le péché affermis en moi la confiance que tu es ma vie, et que tu veux me remplir de ton humilité si, moi, je veux te laisser entrer et me remplir de ton Saint-Esprit.
    Seigneur, mon espérance est en toi. Avec foi en toi, je vais montrer dans le monde que l'esprit qui t'animait passe aussi dans tes enfants, leur apprenant à regarder les autres par humilité, comme plus excellents qu'eux-mêmes. Oh! daigne, Seigneur, me le donner! Amen.
(fin de la deuxième partie)