mardi 28 février 2017

(24) ) A ceux qui font profession d'être chrétiens Charles Finney

Fichier informatique Numérisation M-C P. Ocr Yves PETRAKIAN Fev 2007 – Mars 2011 France Copie autorisée pour produit gratuit en indiquant la source: http://456-bible.123-bible.com et la disponibilité au format Logiciel Bible Online:http://456-bible.123-bible.com/

XXIV° DISCOURS  LE REPOS DES SAINTS.


« Nous entrons dans le repos, nous qui avons cru. » Hébreux 4 :3.

Je désire vous montrer :
I.  Ce que n'est pas le repos dont il est parlé ici.
II.  Ce qu'il est.
III. Quand nous devons entrer dans ce repos.
IV.  Comment nous devons y entrer.
V. Que tout péché est incrédulité ou provient de l'incrédulité.

I.

Ce que ce repos n'est pas.

1. Ce n'est évidemment pas un état d'inactivité.

                      L'apôtre qui écrit cette parole au présent : « Nous entrons dans le repos, » était très loin d'être inactif et d'encourager l'inactivité chez les autres.

2. Ce n'est pas non plus le parfait repos du ciel.

                    L'apôtre en parle au présent : « nous entrons (1), » ce qui ne s'accorde pas avec l'idée d'un repos à venir dans le ciel.

(1) C'est à tort que quelques-unes de nos traductions portent : « nous entrerons. » (Trad.)

                     Le parfait repos du ciel comprend la délivrance absolue de toutes les peines, de toutes les épreuves, de toutes les souffrances et de toutes les tentations de cette vie. Le repos du croyant ici-bas peut être essentiellement de même nature que ce repos céleste, mais il n'en est que le commencement, et il en diffère à plusieurs égards, car il n'implique point l'exemption des épreuves, des souffrances, de la maladie et de la mort, toutes choses dont les apôtres et la primitive église ont eu leur grande part.

II.

Ce qu'il est.

1. C'est la cessation de toute résistance à la volonté divine, de toute guerre avec Dieu.

                     Le terme de repos est souvent employé en ce sens dans la Bible. Dans notre contexte, il est dit que les Israélites se reposèrent quand ils furent délivrés de leurs ennemis. Le repos dont parle notre texte est la cessation de la lutte avec la vérité, la conscience et les exigences de la loi de Dieu. Celui qui est entré dans ce repos est délivré des reproches de la conscience qui troublent et agitent l'âme; il en a fini avec cette crainte servile de la colère de Dieu qui pousse aux oeuvres de la propre justice.

2. C'est la cessation de nos propres œuvres.

                    A. En entrant dans le repos, nous délaissons les oeuvres faites pour nous-mêmes. Une grande partie de la religion qu'il y a ou qu'il paraît y avoir dans le monde, se compose d’œuvres qui sont propres  et personnelles à l'homme, en ce sens qu'il les accomplit pour lui-même. Il travaille pour son salut comme le mercenaire pour gagner son pain. Or si dans votre religion vous n'avez pas d'autre but que d'être sauvé, — que ce soit d'une ruine temporelle ou d'une ruine éternelle, peu importe, — vous vivez pour vous-même, et loin de vous reposer de vos propres oeuvres, vous ne cessez de les multiplier.

                  Le repos dont parle notre texte est la cessation de toutes ces oeuvres-là. L'apôtre dit au verset 10: « Celui qui est entré dans son repos, se repose de ses propres oeuvres. » Il n'est pas question de délaisser toute espèce d’œuvres, ce que ne font ni les saints qui sont sur la terre, ni les saints qui sont dans le ciel. Nous n'avons, en effet, aucune raison de croire que les bienheureux, les anges et Dieu lui-même soient jamais inactifs. Il s'agit de laisser toute oeuvre ayant pour but unique le salut de notre âme. Il s'agit de cesser de travailler pour nous-mêmes, afin de travailler pour Dieu.

                   Nous faisons donc nos propres œuvres tant que notre but suprême est de sauver notre âme ; mais dès que nous remettons entièrement la question de notre salut entre les mains de Jésus-Christ et que nos oeuvres sont faites par amour pour Dieu, celles-ci ne sont plus nos propres oeuvres.

                         B. En entrant dans le repos, nous laissons de côté les oeuvres accomplies de nous-mêmes, aussi bien que les oeuvres accomplies pour nous-mêmes. Une oeuvre provient de nous-mêmes quand elle résulte de l'exercice des forces qui nous sont naturelles, en dehors des influences du Saint-Esprit. De telles oeuvres sont toujours et pleinement des péchés. Accusé par sa conscience, aiguillonné par l'espérance et la crainte, l'homme charnel se met à l'œuvre ; dans ces conditions, il ne peut que pécher, car il ne sort pas de l'égoïsme.


                         Que cet égoïsme varie ses formes et multiplie ses oeuvres à l'infini, elles ne deviendront jamais des oeuvres d'amour. Triste vie que celle de l'homme qui tire sa religion de son propre fonds et accomplit, ses oeuvres par ses propres forces, peinant, luttant sans cesse pour arriver à produire tant de religion par mois, tant par année, contraint par la peur, poussé par l'espoir, fustigé par la conscience, mais étranger aux impulsions de cet amour divin que le Saint-Esprit répand dans les cœurs!

                    Oh ! que de telles oeuvres sont lamentables! elles sont nôtres, tout autant que celles du démon sont siennes:

                      Qu'importe le nom, la forme, l'espèce de vos oeuvres, qu'importe qu'elles paraissent des plus religieuses et des plus admirables, si l'amour de Dieu n'en est pas le premier moteur, la vie, le coeur et la, racine ! Elles sont vos propos oeuvres : le repos en Dieu dont parle notre texte en,est complètement absent.

                   Nous devons laisser de côté de telles oeuvres, parce qu'elles laissent de côté l’Évangile. Celui qui s'y adonne, dans la mesure où il s'y adonne, refuse de recevoir Jésus-Christ comme son Sauveur. Jésus-Christ nous est présenté comme étant un Sauveur complet, comme étant notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption. Dans la mesure donc où un homme s'efforce de se passer de Jésus-Christ sous l'un ou l'autre de ces rapports, il met de côté l’Évangile.

                     C. Entrer dans le repos implique, non pas seulement que nous cessons de travailler en vue de notre salut, mais que nous cessons de faire quoi que ce soit pour nous mêmes.

                       Nous ne devons pas même manger ou boire pour nous-mêmes. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites TOUT POUR la gloire de Dieu. » (1 Corinthiens 10: 31.) Celui qui est entré dans son repos a cessé d'avoir des intérêts personnels. Ses intérêts ont entièrement disparu dans ceux de Christ; il s'est donné si parfaitement à Christ, qu'il n'a plus rien à faire pour lui-même. Il sait que pour autant qu’il s'agit de son salut, s'efforcer de le gagner par ses oeuvres serait, absolument insensé; il ne fera donc aucun  effort quelconque en ce sens.

                     Voyez le pécheur convaincu de péché. Quelle peine ne se donne-t-il pas pour se sauver lui-même, jusqu'à ce qu'il apprenne qu'il n'est rien et qu'il ne peut rien ! Quand il a appris cela, il cesse ses efforts et se jette dans les bras de Christ.

               Tant que l'homme n'a pas reconnu qu'il est en lui-même sans lumière, sans force, sans ressource aucune, il n'entend rien à la simplicité de l’Évangile qui nous appelle simplement à RECEVOIR le salut, par la foi, comme un pur don.

                  D. Nous reposer de nos oeuvres, c'est cesser de faire quoi que ce soit par nos propres forces. Celui qui est entré dans son repos sait que tout ce qu'il ferait dans sa propre force serait en abomination à Dieu. A moins que Christ ne vive en nous et que Dieu n'opère en nous la volonté et l'exécution, selon son bon plaisir, rien de ce que nous faisons n'est acceptable devant Dieu. Celui qui n'a pas appris cela, ne s'est pas reposé de ses propres oeuvres, il n'a pas accepté le Sauveur. L'apôtre

                  Paul dit que « nous ne sommes pas capables par nous-mêmes de penser quelque chose comme venant de nous-mêmes; » tant que nous n'avons pas fait cette expérience, nous n'avons pas compris la profondeur de la dégradation dans laquelle le péché nous a jetés.

3. Entrer dans le repos implique encore qu'on a rejeté tout fardeau sur le Seigneur Jésus-Christ.

                  « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et je vous donnerai le repos. » « Rejetez sur lui tout votre souci. » Ces paroles signifient exactement ce qu'elles disent. Que votre souci se rapporte à l'âme ou au corps, rejetez-le tout entier sur Jésus-Christ. Voyez ce petit enfant qui marche à côté de son père; celui-ci porte un lourd fardeau et l'enfant tâche de l'aider avec sa petite main, mais à quoi cela peut-il servir? Ainsi beaucoup de chrétiens se donnent une peine fort inutile en essayant d'aider le Seigneur Jésus-Christ dans son oeuvre. Ils s'agitent et se tourmentent tantôt pour une chose, tantôt pour une autre, comme si tout reposait sur leurs épaules. Mais, sachez-le, Jésus-Christ est autant engagé envers le croyant pour TOUT ce qui le concerne, que pour sa justification; il a pris à sa charge nos intérêts temporels tout autant que nos intérêts spirituels. Il n'est pas un seul de vos soucis que vous ne deviez rejeter sur Jésus-Christ. Je ne veux pas dire que le chrétien n'ait rien à faire. Voici un homme qui a rejeté sur Jésus-Christ le fardeau de toute sa famille; cela ne signifie pas qu'il n'ait rien à faire pour sa famille ; mais qu'il s'est remis à Christ pour que Christ lui donne à mesure direction, lumière, force, succès. Et Christ répond de tout ; il veillera à ce que tout aille bien.

4. Entrer dans le  repos, c'est faire du Seigneur Jésus-Christ notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption. C'est le recevoir pleinement lui-même, dans tous ses offices, comme celui qui pourvoit parfaitement à tous nos besoins.

5. Entrer dans le repos, c'est encore abandonner tellement toutes nos facultés à Christ, que désormais toutes nos oeuvres soient ses oeuvres.

                  Je ne voudrais pas qu'on cherchât dans ce langage autre mysticisme que celui de la Bible. C'est une maxime de droit que ce qu'un homme fait faire par un autre, il le fait lui-même. Si je paie un homme pour commettre un meurtre, je suis l'auteur de ce meurtre exactement comme si j'avais tué de ma propre main. Le crime n'est pas plus dans la main (1) qui tient l'épée que dans l'épée elle-même, il est dans l'esprit, dans le coeur de celui qui l'a voulu. Maintenant appliquez ce principe à l'activité de celui qui s'est entièrement abandonné à Christ.

(1) La main au sens littéral; il ne s'agit pas de l'assassin à gages. (Trad.)

                         Paul insiste sur le fait que s'il a travaillé plus que tous les autres apôtres, ce n'est pas lui qui l'a fait, mais la grâce de Dieu en lui, Christ vivant en lui. Cela ne signifie pas que Christ agisse sans que Paul ait à vouloir, mais que Christ par son Esprit influence et conduit l'esprit de Paul pour le faire agir d'une manière conforme à la volonté de Dieu, Quand un chrétien se repose de ses oeuvres, il abandonne si complètement ses intérêts personnels et sa volonté propre, il se place si entièrement dans la dépendance du Saint-Esprit, qu'il ne fait plus rien que sous l'impulsion de cet Esprit. C'est bien ainsi que l'entendait l'apôtre quand il écrivait « Accomplissez votre propre salut avec crainte et tremblement ; car c'est Dieu qui opère avec efficace en vous et le vouloir et le faire en vertu de son bon » Dieu agit sur la volonté, non par la contrainte, mais par l'amour, de manière à ce qu'elle fasse exactement ce qui plaît à Dieu. S'il usait de contrainte, nous ne serions plus des êtres responsables et libres.

                         Mais l'action de nos facultés n'est pas suspendue; elle s'exerce sous l'influence de Christ. Nos mains, nos pieds, tout notre être travaille pour Dieu, dirigé et inspiré par lui. De sorte que tout ce qui est bonne oeuvre en nous, est en réalité l'oeuvre de Christ.  C'est bien notre oeuvre en ce sens que nous y avons concouru volontairement ; mais Christ en est la cause première, c'est son oeuvre.

6. Dans la mesure où nous nous soumettons à Christ, nous cessons de pécher.

                       Si c'est lui qui nous dirige, il ne nous conduira pas à pécher. Ceci n'a pas besoin d'explication.


III.

Quand le croyant entre-t-il dans le repos ?

Il  y entre dans cette vie.

                       C'est ce que montrent notre texte et notre contexte. Le repos dont il s'agit est celui de la foi en Jésus-Christ; c'est la cessation de nos propres oeuvres qui sont appelées plus loin (Hébreux 9 :14) oeuvres mortes et dont nous devons être purifiés dès maintenant par le sang de Christ. Le chrétien entre donc dans son repos en croyant maintenant, aujourd’hui, dit notre contexte.

                      « Ceux qui étaient sortis d'Egypte, dit l'apôtre, ne purent entrer dans le repos de Dieu à cause de leur incrédulité. Craignons donc, tandis que la promesse d'entrer dans son repos subsiste encore, que quelqu'un de vous ne paraisse être venu trop tard. » Par la foi, nous devons prendre possession immédiate du repos, ce qui n'est antre chose que recevoir pleinement Jésus-Christ (1).

(1) Hébreux 4:11 il est dit : Empressons-nous dont d'entrer dans ce repos, exhortation qui serait absurde si nous ne pouvions pas y entrer aujourd'hui, maintenant (2 Corinthiens 6 :2), pendant cette vie-ci par conséquent.
(Et ne serait-elle pas pour nous très particulièrement cette exhortation adressée à dés gens qui vu le temps, devraient être docteurs, mais qui ont encore besoin qu'on leur enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, et qu'on les presse «d'aborder ce qui est parfait? » (Trad.))


IV.

Comment devons-nous entrer dans ce repos?

                            Nous l'avons vu, nous devons y entrer par la foi. Vous NOUS rappelez la parole de Jésus-Christ.: « Venez à moi vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et je vous donnerai le repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, parce que je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux et mon fardeau léger. » C'est ici le même repos que celui dont il est parlé dans notre texte.  Si nous voulons « venir à Christ ; » nous charger de son joug léger qui est amour, et nous « décharger sur Lui de tous nos fardeaux, » nous trouverons le repos. Le psalmiste parle de ce même repos quand il s'écrie: « Mon âme, retourne à ton repos. » (Psaume 116:7.)

                        Il est évident que par sa nature même, la foi en Jésus-Christ donne à l'âme le repos tel que je l'ai décrit. Avec quelle promptitude elle dissipe la crainte servile et amène la pleine liberté ! Comme elle délivre de l'égoïsme ! Par la foi, nous confions tout à Jésus-Christ, notre sanctification et la direction de notre vie aussi bien que notre justification ; et nous sommes tout aussi assurés de colles-là que de celle-ci. Considérée en elle-même et isolée de Dieu, l'âme est autant remplie de péchés et dénuée de ressources que si elle avait passé des siècles dans l'enfer. Prenez le meilleur chrétien de la terre, et supposez que le Seigneur Jésus-Christ abandonne son âme, priera-t-il, fera-t-il quelque bien, quelque chose d'acceptable aux yeux de Dieu ? Jamais! Le plus grand saint de la terre tombera immédiatement dans le péché s'il est abandonné par Jésus-Christ. Mais celui qui croit abandonne tout entre les mains du Sauveur, qui se charge de tout ; c'est là le repos.

                     La foi aperçoit distinctement qu'étant enfants de Dieu, nous n'avons pas plus besoin de travailler pour nous-mêmes que le fils du millionnaire n'a besoin de gagner son pain. Si nous sommes dans la foi, nous travaillerons par amour pour notre Père, et nous ne serons pas tentés de mêler notre justice à la justice de Christ, notre sagesse à sa sagesse, nos souffrances à ses souffrances. La foi met l’âme sous la direction et sous la puissance de l'amour, en sorte qu'elle n'agit plus seulement par devoir, poussée par la conscience toujours menaçante; elle agit sous l'empire des mêmes principes célestes qui ont inspiré Jésus-Christ.


V.

L'incrédulité est la cause de tout péché.

                     Elle est elle-même un péché et elle est la source d'où proviennent tous les autres péchés. Il est certain que le vrai péché d'Adam fut le manque de confiance en Dieu.

                    Un homme manque-t-il de foi, il est abandonné par cela même aux instincts de sa nature; le monde visible seul agit sur son âme et ne peut provoquer que des actes d'égoïsme. Cet homme est condamné à ramper dans la poussière de la terre ; il ne peut jamais s'élever au-dessus de ses appétits et de son propre intérêt. Il y a impossibilité naturelle à ce qu'il en soit autrement ; comment, en effet, l'esprit agirait-il sans motifs?

                    Les motifs de l'éternité n'existent que pour la foi. Les autres motifs, quels qu'ils soient, ne peuvent élever l'âme au-dessus de ce monde, et ne peuvent engendrer autre chose que « l'affection de la chair, » c'est-à-dire le péché.

                     Représentez-vous un enfant qui a perdu toute confiance en son père. Il ne peut plus lui rendre l'obéissance du coeur; c'est une impossibilité naturelle. S'il prétend obéir, ce n'est pas du coeur qu'il le fait ; son obéissance est égoïste ; le mobile et l'essence de toute obéissance cordiale ne se trouvent plus en lui. Ainsi « sans la foi il est impossible de plaire à Dieu ; » il est impossible de lui obéir d'une obéissance qui lui soit agréable.

                    Il est donc manifeste que l'incrédulité est la source de tous les péchés qui remplissent la terre et l'enfer et que toute âme dépourvue de foi travaille à sa ruine éternelle.

REMARQUES.

                      1. Nous voyons pourquoi la foi est appelée « une substance des choses qu'on espère. » La foi, la confiance en Dieu, est ce qui fait et constitue le ciel, et il en sera ainsi éternellement.

                    2. Nous voyons ce que c'est que d'être conduit par l'Esprit de Dieu. C'est lui abandonner toutes nos facultés et toutes nos énergies, de manière à être dirigé par lui dans tout ce que nous faisons.

                     3. Nous voyons qu'une parfaite foi produirait l'amour parfait ou la sanctification parfaite. Un abandon absolu et continu entre les mains de Christ de tout ce que nous avons et de tout ce que nous sommes ne peut produire autre chose que la sainteté parfaite.

                  4. Le chrétien est sanctifié dans la mesure de sa foi. S'il n'est sanctifié qu'imparfaitement, c'est parce que sa foi est faible. Quand le Seigneur Jésus-Christ était sur la terre et que ses disciples tombaient dans quelque faute, il leur reprochait leur manque de foi. Un homme qui croit en Christ n'a pas plus sujet de s'attendre à pécher qu'il n'a sujet de s'attendre à être damné. Ceci vous étonne peut-être, mais c'est pourtant vrai.

                Vous devez recevoir Christ pour votre sanctification aussi absolument que pour votre justification. Si vous dépendez de lui pour votre sanctification, il ne vous laissera pas plus tomber dans le péché qu'il ne vous laissera tomber en enfer. Il est aussi déraisonnable, aussi antiscripturaire et aussi coupable de vous attendre à l'un que de vous attendre à l'autre. Et si vous péchez, ce ne sera jamais autrement que par incrédulité.

                       Plusieurs d'entre vous ont lu le Journal de Mme Esther-Anne Rogers et savent combien il lui était habituel de s'en remettre immédiatement et absolument à Christ, quand la tentation se présentait ; or elle était gardée chaque fois, elle en rend hautement témoignage.

                         Souvenez-vous de ce qui arriva à Simon Pierre. Il demanda à Jésus-Christ la permission d'aller vers lui en marchant sur les eaux, et le Seigneur l'invita à venir, ce qui était de sa part une promesse implicite de le soutenir. Sans cette promesse, c'eût été tenter Dieu que d'entreprendre pareille chose. Mais, -armé de cette promesse, Pierre n'avait plus le droit de douter. Il se lança donc, et aussi longtemps qu'il crut, la vertu de Christ le soutint, en sorte qu'il marcha sur les eaux comme sur un terrain solide. Mais aussitôt qu'il commença de douter, il enfonça. Il en est de même pour l'âme; dès qu'elle commence à douter que Jésus-Christ n'ait le pouvoir et la volonté de la maintenir dans un état d'amour parfait; elle succombe. Prenez Christ au mot, rendez-le responsable, attendez-vous à lui, et la terre et le ciel passeront avant qu'il laisse tomber votre âme dans le péché.

                   5. Vous voyez encore comment il se fait que l'activité désintéressée des saints soit compatible avec le repos. Cette activité a l'amour pour principe; aussi n'a-t-elle rien de contraint ni de pénible. Bien loin de là : si les chrétiens étaient empêchés de s'y livrer, c'est alors qu'ils souffriraient. Tel est leur amour des âmes que s'ils ne pouvaient rien faire pour elles, ils seraient en détresse. Au fait, l'inactivité est incompatible avec repos des saints. Comment serait-ce un repos que de ne rien faire, quand on est tout brillant de l'amour de Dieu et des âmes? Pourrait-on se reposer alors que Dieu est déshonoré et que les âmes sont détruites sans que personne ne vienne à leur secours? C'est au contraire un repos délicieux pour l'âme que de se répandre en prières et de se dépenser en efforts pour le salut des pécheurs. Tel est le repos dont jouissent les anges, lesquels ne cessent de travailler nuit et jour au service des saints.

                        L'apôtre dit : « Prenez garde, taies que la promesse du repos subsiste encore, que quelqu'un d'entre vous n'en soit privé. » « Empressons-nous donc d'entrer dans ce repos. » 

à suivre.........






dimanche 26 février 2017

(23) ) A ceux qui font profession d'être chrétiens Charles Finney

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XXIII° DISCOURS  L'AMOUR EST LE TOUT DE LA RELIGION.


« L'amour ne fait point de mal au prochain; l'amour est donc l'accomplissement de la loi. « Romains 13 : 10.

En traitant ce sujet, je désire :

I. faire quelques remarques sur la nature de l'amour,
II. montrer que l'amour est le tout de la religion,
III. indiquer plusieurs choses qui ne sont pas essentielles à l'amour parfait,
IV. en indiquer plusieurs qui lui sont essentielles,
V. montrer quelques-uns des effets de cet amour.

I.
Quelques remarques sur la nature de l'amour.

1. L'amour revêt différentes formes.

               Les deux principales, dans le domaine religieux, sont la  bienveillance et la sympathie. La bienveillance est une affection de l'âme, une direction de la volonté. Elle consiste à vouloir le bien de l'être aimé, à rechercher son bonheur. L'amour de sympathie implique approbation, estime, admiration pour celui qui en est l'objet. Le premier de ces amours doit embrasser tous les êtres moraux, quel que soit leur caractère. Le second, au contraire, n'est dit qu'à celui qui est bon et saint.

2. L'amour peut être affection ou émotion.

                      Quand il est affection, il est volontaire. Quand il est émotion, il est involontaire, en ce sens qu'il ne dépend pas directement de la volonté. C'est comme affection surtout que l'amour est une vertu; et c'est comme émotion surtout qu'il est une jouissance, un bonheur.

                   L'émotion peut se produire indépendamment de la volonté et même malgré elle; on en a conclu souvent qu'elle échappe à tout contrôle moral ; le fait est que la volonté peut agir sur l'émotion, mais d'une manière indirecte. Nous pouvons, en effet, produire en nous l'émotion en fixant notre attention d'une manière suffisante sur l'objet qui est de nature à la produire; nous pouvons aussi prévenir en détournant notre attention de l'objet qui lui donne naissance et en ne permettant pas que la pensée s'y arrête un seul instant.

3. Quand l'amour pour Dieu est ressenti sous forme d'affection, il est assez ordinaire qu'il se manifeste aussi sous la forme de l'émotion.

                     Ce n'est pourtant pas toujours le cas. Nous pouvons exercer notre bon vouloir envers quelqu'un sans ressentir constamment à son égard l'émotion de l'amour. Il n'est pas certain que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même ait continuellement ressenti l'amour pour Dieu sous la forme de l'émotion. Pour autant que nous connaissons ce qui se passe dans les cœurs, nous pouvons affirmer que l'on peut éprouver de l'affection et être conduit par cette affection dans tout ce que l'on fait, sans cependant ressentir aucune émotion C'est ainsi qu'un homme, époux et père de famille, peut être engagé dans un travail incessant entrepris pour le bien des siens, de façon à ce que toute son activité soit inspirée par l'affection qu'il leur porte, sans qu'à un moment don né su pensée s'arrête sur eux d'une façon assez distincte pou réveiller en lui l'émotion de l'amour. Remarquez que je prends ici le terme d'affection dans le sens que lui donne le Président Edwards dans son célèbre Traité sur la volonté. L'affection, au sens donné par cet auteur, est un acte de la volonté.

4. L'amour pour le prochain implique l'amour pour Dieu, et l'amour pour Dieu implique l'amour pour le prochain.

                          C'est ce que montrent notre texte et notre contexte. « Celui qui aime les autres a accompli la loi,» dit l'apôtre, c'est dire que celui qui aime les autres. aime Dieu. L'apôtre Jacques pose le même principe lorsqu'il dit : « Si vous accomplissez la loi royale qui dit : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. »

II.

L'amour est le tout de la religion.

                         En d'autres termes, tout ce que Dieu requiert de l'homme, c'est l'amour. L'objet du commandement est toujours le même au fond, quoiqu'il y ait diversité de manifestations et d'applications. Tout se résume dans l'amour.

1. Notre texte, ainsi qu'un grand nombre d'autres passages des Écritures, nous montrent dans l'amour le but et le résumé de toutes les exigences de la loi et de l’Évangile.

                      Notre Sauveur déclare que le grand commandement est : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force; et ton prochain comme toi-même. » Il nous dit que c'est là tout ce que l'Ecriture entière, « la loi et les prophètes » demandent.

2. Dieu est amour ; aimer c'est être semblable à Dieu; être parfait dans l'amour, c'est être parfait comme Dieu est parfait.

                    Tous les attributs moraux de Dieu sont amour; c'est toujours l'amour, mais agissant dans des circonstances variées et avec des fins diverses. La justice de Dieu punissant le méchant, la colère de Dieu contre le péché et tous les traits semblables du caractère de Dieu ne sont que son amour s'exerçant pour le bien général de son royaume. Il en est de même chez l'homme. Tout ce qui est bon dans un homme, c'est l'amour et rien que l'amour, sous une forme ou sous une autre. La haine pour le péché n'est que l'amour pour la vertu se manifestant dans son opposition à tout ce qui est contraire à celle-ci. De même, la vraie foi renferme. l'amour ; et toute foi qui ne le renferme pas, qui n'est pas « agissante par la charité, » n'a rien de religieux. La foi vraiment religieuse est une confiance en Dieu remplie d'affection peur lui. Il y a une espèce de foi en Dieu qui ne renferme aucun amour ; le diable a cette espèce de foi; le pécheur convaincu de péché l'a aussi; mais il n'y a point là de religion. La foi aurait beau s'exalter jusqu'à faire des miracles : si elle ne renferme pas l'amour, elle n'est rien. Paul dans la première aux Corinthiens; chapitre 13, dit : « Si j'ai le don de prophétie, et que je sache tous les mystères et tout ce qu'on peut connaître, et que j'aie toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, mais que je n'aie pas l'amour, je ne suis rien. »

                        Il en est de la repentance comme de la foi. La repentance qui ne renferme pas l'amour n'est pas « la repentance envers Dieu. » La vraie repentance implique l'obéissance à la loi d'amour ainsi que l'opposition au péché inhérente à cette obéissance.

III.
Différentes choses qui ne sont pas essentielles à l'amour parfait.

1. L'amour parfait n'est pas toujours accompagné d'une émotion très vive.

                       Il est évident que Jésus-Christ n'éprouva que rarement l'émotion de l'amour à son plus haut degré; et pourtant il eut toujours l'amour parfait. En général, il ne manifestait pas de très vives émotions; il était remarquablement calme. Parfois son indignation était grande, et la douleur que lui causait la dureté du coeur de l'homme était extrême; parfois aussi « il tressaillait de joie en son esprit ; » mais,encore une fois, ce n'était pas là sa manière d'être ordinaire. J'en conclus que la vivacité de l'émotion n'est nullement essentielle à la perfection de l'amour.

2. L'amour parfait n'exclut pas le progrès dans l'amour ou dans la grâce.

                       Je pense que nous sommes appelés à croître en connais, lance d'éternité en éternité et que ce progrès implique un progrès correspondant dans l'amour. Dans sa nature humaine; le Seigneur Jésus-Christ « croissait en stature et en grâce devant Dieu et devant les hommes. » Sans nul doute, comme enfant, il croissait en connaissance, et il croissait aussi à proportion eu amour pour Dieu en même temps qu'en grâce « auprès de Dieu. » Son amour était parfait déjà quand il était enfant; mais quand il devint un homme fait, cet amour fut plus grand encore. Il a probablement grandi dans l'amour de Dieu jusqu'à la fin de sa vie.

3. L'amour parfait n'implique pas que l'amour soit toujours ressenti pour tous les hommes également.

                      Nous ne pouvons pas penser à tous les hommes à la fois. Nous ne pouvons pas même penser en même temps à toutes les personnes que nous connaissons. Or, pour que nous ressentions de l'amour envers telle d'entre elles, il est nécessaire qu'elle soit actuellement, présente à notre pensée.

4. Si un homme a l'amour parfait, il n'en résulte pas qu'il priera toujours pour tous avec le mère esprit de prière ; ni qu'il priera toujours pour le même individu avec ici    abondance de cet esprit.

                       L'esprit de prière n'est pas toujours essentiel à l'amour pur et parfait. Les saints qui sont dans le ciel ont l'amour parfait, cependant il ne nous est pas dit qu'ils intercèdent en faveur de qui que ce soit. Vous pouvez aimer beaucoup quelqu'un sans cependant avoir l'esprit de prière pour lui; ce qui veut dire que l'Esprit de Dieu peut ne pas vous conduire à prier pour son salut. Vous ne priez pas pour les méchants qui sont en enfer. L'esprit de prière dépend des influences du Saint-Esprit qui conduit à prier pour les choses qui sont agréables à Dieu. Vous ne pouvez prier par l'Esprit avec le même degré de ferveur et de foi pour tous les hommes. Jésus-Christ dit expressément : « Je ne prie pas pour le monde. » On se trompe souvent sur ce point. Plusieurs pensent que les chrétiens n'ont pas fait tout leur devoir tant qu'ils n'ont pas prié avec foi pour chaque pécheur en particulier, aussi longtemps qu'il y en a sur la terre. Alors Jésus-Christ non plus n'aurait jamais fait tout son devoir, car il n'a jamais prié de cette façon-là. Dieu ne nous a jamais dit qu'il sauverait tous les hommes, il ne nous a donc pas donné de raison de croire qu'un jour tous seraient sauvés; comment donc pourrions-nous demander avec foi le salut de tous les hommes ?

5. L'amour parfait n'est pas incompatible avec la langueur et la faiblesse physiques.

                        Nous sommes ainsi faits que l'excitation épuise toutes nos facultés ; mais l'amour parfait peut subsister en dépit de cet épuisement. Quelqu'un peut être plus disposé à se coucher et à dormir qu'à prier, sans que l'amour cesse d'être parfait en lui. Le Seigneur Jésus-Christ éprouva souvent cette fatigue et cet épuisement; chez lui l'esprit, était toujours bien disposé, mais la chair était faible.

IV.

Ce qui est essentiel à l'amour parfait.

1. Avoir l'amour parfait, c'est n'avoir plus rien dans le coeur qui soit incompatible avec l'amour.

                         Ni haine, ni malice, ni colère, ni impatience, ni envie, ni mauvais sentiment quelconque.

2. C'est être conduit par l'amour dans toute notre vie intérieure et extérieure, 

                           pensées, paroles et actions, en sorte que rien n'y contredise la loi suprême de la charité.

3. C'est aimer Dieu par dessus tout.

                      Celui qui a l'amour parfait aime Dieu tellement au-dessus de tout, que son amour pour tout autre objet n'est rien en comparaison de son amour pour Dieu.

4. C'est l'aimer d'un amour désintéressé.

                      L'amour parfait aime Dieu pour ce qu'il est, et non pas seulement pour les dons qu'il dispense ; il l'aime à cause de l'infinie excellence de son caractère.

5. Celui qui est arrive à l'amour parfait aime son prochain d'un amour égal à celui qu'il se porte à lui-même ; 

                    il regarde les intérêts et le bonheur de son prochain comme, ayant autant de valeur que  les siens, et il agit en conséquence.

V.

Quelques fruits de l'amour parfait.

1. Si quelqu'un a un parfait amour pour Dieu et pour les hommes, il trouvera sa joie à renoncer à lui-même pour avancer le règne de Dieu et sauver les pécheurs.

                  Voyez des parents affectionnés, quelle jouissance ils trouvent à renoncer à eux-mêmes pour procurer, du bonheur à leurs enfants! Ce père de famille se livre aux plus rudes labeurs, jour après jour, année après année, durant toute une longue vie, se levant de bonne heure et souffrant toutes sortes de privations, tout cela pour le bien de ceux qui lui sont chers. Et il ne regarde pas ses travaux comme une peine ou comme un fardeau, mais comme une joie, parce qu'il aime sa famille. Voyez cette mère qui a pris à coeur les études de son fils au lycée: les veillées et les labeurs qu'elle s’impose pour lui sont pour elle une joie, parce qu'elle l’aime. De tels parents jouissent plus de ce qu'ils gagnent en le donnant à leurs enfants qu'en s'en servant pour eux-mêmes. Quelle est la mère qui ne jouisse beaucoup plus de donner un fruit à son jeune enfant que de le manger ? Le Seigneur Jésus éprouva beaucoup plus de satisfaction en travaillant au salut de l'humanité que jamais aucun des saints n'a pu en éprouver en recevant de lui telle ou telle grâce. Il a déclaré qu'il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. Donner était la joie qu'il poursuivait et pour laquelle il endura la croix et méprisa l'ignominie. 

                       L'apôtre Paul ne regardait point comme une peine ou un malheur d'être chassé de lieu en lieu, emprisonné, battu de verges, lapidé, et d'être regardé comme le rebut de la société, pour l'amour de Jésus et des âmes à sauver. Au contraire, c'était sa joie. L'amour de Christ le pressait et il avait un tel désir de faire du bien aux autres que sa plus grande joie était de s'offrir lui-même en sacrifice pour leur salut. D'autres après lui ont été animés des mêmes sentiments. Il y a en des chrétiens qui auraient volontiers consenti à rester sur la terre un millier d'années, ou même jusqu'à la fin des temps, pourvu qu'il leur fût donné de travailler sans cesse à faire du bien, à avancer le règne de Dieu, à sauver des âmes. En faveur de la cause qui leur était si chère, renoncer au sommeil et à la nourriture était peu de chose pour eux.

2. L'amour parfait délivre l'âme du pouvoir des motif légaux.

                             Cet amour conduit à obéir à Dieu non parce que l'on craint, sa colère ou que l'on espère être récompensé, mais parce que l'on aime Dieu et que l'on aime sa volonté. Plusieurs disent que la vertu consiste à faire le bien simplement parce qu'il est le bien, sans se préoccuper de la volonté de Dieu et sans être influencé par l'amour pour Dieu. Mais faire une chose simplement parce que l'on pense qu'elle est bien  et non pas par amour pour Dieu, n'est pas de la vertu. L'amour parfait conduit partout au bien et à la vertu; dès qu'il a reconnu la volonté de Dieu, il la fait, simplement parce qu'elle est la volonté de Dieu.

3. Celui qui a l'amour parfait est mort au monde.

                         Je veux dire par là que les considérations de ce monde n'auront aucune prise sur lui. L'amour parfait aura tellement anéanti l'égoïsme en lui, qu'il n'aura, pas d'autre volonté que la volonté de Dieu, pas d'autre intérêt que la gloire de Dieu. Il ne sera aucunement influencé par l'opinion publique, ni par ce que tel ou tel pourra penser ou dire de lui. Voyez cette femme; que n'est-elle pas capable de faire par affection pour l’époux qu'elle a choisi? Elle abandonnera tout le cercle de ses parents et amis, aussi complètement que si elle était morte pour eux, et ne fera pas la moindre attention à toutes leurs objections; elle abandonnera toutes les richesses, les honneurs et les jouissances qu'ils lui offrent, pour suivre celui qu'elle aime et vivre avec loi dans la pauvreté, dans les privations de toute espèce, dans la mauvaise réputation et dans l'exil. Elle quittera un palais pour habiter avec lui une chaumière et se trouvera parfaitement heureuse. Son affection est si grande qu'elle fait tout cela avec joie. Tout ce que ses anciens amis pourront dire contre l'objet de son affection ne fera, que le lui rendre plus cher. Cette affection unique qui absorbe tout en elle a tué toutes les autres influences qui autrefois agissaient sur elle. Il n'y a désormais qu'un seul chemin par lequel on puisse arriver à son coeur, et ce chemin c'est l'affection qui domine tout dans sa vie.

                            Le parfait amour pour Dieu produit un résultat analogue. Il est impossible de détourner de Dieu celui qui est rempli de cet amour. Ôtez-lui tout ce qu'il possède sur cette terre, ses amis, sa réputation, ses enfants; envoyez-le en prison, fouettez-le de verges, liez-le sur un bûcher, enduisez-le de poix, mettez-y le feu; -- vous lui laissez son Dieu, il est heureux.

                          Il y a eu des martyrs qui, tandis que leurs corps brûlaient sur le bûcher, étaient si parfaitement heureux en Dieu, qu'ils en avaient perdu la sensation de la douleur. Supposez, par impossible, de tels chrétiens dans l'enfer : aussi longtemps qu'ils jouiront de Dieu et que l'amour de Dieu remplira leurs cœurs, ils seront heureux.

                          Vous avez vu des parents vivre pour leur unique enfant. Après l'avoir perdu, ils ne désiraient plus que la mort. Vous avez vu des époux avoir une telle affection l'un pour l'autre, que cette affection était leur vie; lorsque l'un des deux mourait, l'autre dépérissait et le suivait bientôt. Le survivant avait perdu l'objet qui absorbait toute son âme, pourquoi aurait-il vécu encore? De même, quand un homme est rempli d'un parfait amour pour Dieu, il désire ne vivre que pour aimer et servir Dieu; il est mort au monde,  mort à sa réputation, mort à tout en dehors du dé--sir de glorifier Dieu.

                      Je me rappelle avoir entendu dire plus d'une fois à un ami chrétien : « Pour autant que je me connais, je ne songerais pas plus à vivre un seul instant pour un autre objet que la gloire de Dieu, qu'à sauter tout droit dans l'enfer. » C'est avec réflexion et de sang-froid que mon ami s'exprimait de la sorte, et toute sa vie confirmait cette assertion. C'était d'ailleurs un homme aussi sincère  qu'intelligent, et je n'ai aucune raison de mettre en doute l'exactitude de son témoignage. Or qu'est-ce qu'un semblable amour pour Dieu, si ce n'est l'amour parfait? L'amour qui a dicté la parole que je viens de citer est-il surpassé par celui des anges du ciel? Jésus-Christ lui-même pouvait-il dire davantage ?

4. Il est à peine nécessaire de dire qu'Une parfaite joie et une parfaite paix sont le résultat naturel du parfait amour.

5. Celui qui possède l'amour parfait fera constamment les plus grands efforts pour la sanctification de l'Eglise et pour le salut des âmes.

                            Mais celui qui montre de la négligence à l'égard de l'une ou de l'autre de ces choses, montre par là qu'il n'est nullement parfait dans l'amour, quelles que puissent être ses prétentions.

                           Je désire maintenant diriger votre attention sur le treizième chapitre de la première épître aux Corinthiens : Si je parle les langues des hommes et des anges, dit l'apôtre, mais que je n'aie pas l'amour, je suis un airain sonnant ou une cymbale retentissante. Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter, des montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. Il est donc possible d'avoir une foi qui opérerait des miracles, une foi si puissante qu'elle détacherait les montagnes de leurs fondements éternels, et de n'avoir pas l'amour. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour,être brûlé, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert de rien. Vous voyez jusqu'où l'apôtre suppose qu'un homme peut aller sans avoir l'amour. L'amour est patient. La patience ici est la douceur en face de l'opposition et des injures. L'amour supporte les provocations les plus violentes sans rendre la pareille. L'amour est plein de bonté, ou d'affection dans ses rapports avec les autres ; il n'est jamais dur, ni rude, il ne fait jamais de peine à personne inutilement L'amour n'est pas envieux ; celui qui a l'amour n'en voudra jamais à d'autres de ce qu'ils sont plus estimés, plus honorés, plus utiles, ou plus heureux que lui, ou de ce qu'ils le surpassent en connaissance ou en piété. L'amour ne se vante point, il est toujours humble et modeste. Il ne s'enfle point d'orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il produit tout naturellement une manière d'être aimable et polie envers tous. Quelque peu familiers que lui soient les usages de la société, celui qui a l'amour parfait ne sera gêné et déplacé nulle part, tant la courtoisie et la bienveillance lui sont naturelles. Il ne cherche pas son propre intérêt; il n'a aucun égoïsme. Il  ne s'irrite pas. C'est toujours l'effet de l'amour. Voyez cette mère, avec quelle patience elle supporte ses enfants? elle les supporte ainsi parce qu'elle les aime. Si vous voyez un homme maussade, ou hargneux, s'emportant facilement dès que quelque chose le contrarie, vous pouvez être certain que cet homme n'est nullement parfait dans l'amour, si même il a de l'amour. Être susceptible est toujours un signe d'orgueil. Une âme remplie d'amour ne sera point accessible, tant que dure cet amour, à cette sorte de colère qui est un péché. Elle éprouvera à l'égard de ce qui est vil et injuste l'indignation que les saints anges et Dieu lui-même éprouvent, mais il n'y aura chez elle ni aigreur, ressentiment. Il ne soupçonne point le mal. Montrez-moi un homme qui suspecte toujours les motifs des autres, et qui interprète toujours dans le sens le plus fâcheux leurs paroles et leurs actions, et vous m'aurez montré un homme qui a le diable en lui et non pas le Saint-Esprit. Si un homme est honnête et simple de coeur, il sera le dernier à penser mal des autres. Ce n'est pas lui que vous verrez flairant toujours l'hérésie ou la mauvaise intention chez ses frères. Au contraire, un tel homme sera facilement trompé par des gens artificieux, non par manque de bon sens, mais par un effet de sa charité. Quand les dehors semblent satisfaisants, il ne soupçonne pas le mal; il ne peut le croire sans les preuves les plus convaincantes. L'amour ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité. Si un homme triomphe quand il voit tomber son prochain, ou s'écrie aussitôt : « Je vous l'avais bien dit, » cet homme est encore loin d'avoir le parfait amour. Il supporte tout, toutes les provocations et toutes les injures, sans chercher à se venger. Il croit tout: au lieu d'être difficilement convainc& de ce qui est à l'avantage des autres, il est toujours prêt à croire d'eux le bien pour peu que cela soit possible. Il espère tout; là même où le mal semble probable, il espère le bien ; et il l'espère aussi longtemps qu'il y a moyen d'espérer.
                        Quiconque n'a pas cet esprit, n'est nullement sincère dans l'amour, cela est certain ; il faut dire plus, il n'a point d'amour.

                          Le temps me manque pour développer davantage ce sujet. Mais remarquez encore ceci : L'amour ne fait POINT DE MAL au prochain. Oh ! non, l'amour n'opprime personne, ne fait tort à personne. Celui qui a l'amour, vendrait-il des liqueurs fortes à son prochain ? Jamais! Celui qui aime Dieu de tout son coeur, tiendrait-il son prochain dans l'esclavage? L'amour ne fait pas de tort au prochain, et l'esclavage le dépouille de son salaire, il le vend, il l'arrache à sa famille, il le prive de la Bible et travaille autant qu'il le peut à faire de lui une brute. Maintenant que l'attention a été attirée sur ce sujet et que la lumière a été faite, il ne peut pas y avoir de plus grand mensonge et de plus grande hypocrisie, que de prétendre que l'on aime Dieu tandis que l'on agit de la sorte. Un homme haïra-t-il sa propre chair? Et s'il hait son prochain et le foute aux pieds, comment aimerait-il Dieu?

REMARQUES

                    1. Vous voyez le pourquoi de cette vérité qu'exprime l'apôtre Jacques : « Si quelqu'un croit être religieux et qu'il ne tienne point sa langue en bride, mais qu'il séduise son coeur, la religion d'un tel homme est vaine. »

                      Celui qui fait profession d'être religieux et qui cependant se permet de parler contre son prochain et de lui faire du tort, se séduit lui-même. En effet, serait-ce là aimer son prochain comme soi-même? Ce serait un amour étrange.

                  2. On peut avoir beaucoup de lumières sans cependant avoir l'amour. Il y a beaucoup de gens qui comprennent les choses de la religion et qui peuvent les enseigner aux autres, mais qui évidemment ne sont pas mus par l'amour. La bonté ne découle point de leurs lèvres.

                      3. Ceux qui ont beaucoup de connaissance religieuse et de zèle sans l'amour, sont les gens les moins aimables et les plus dangereux qu'il y ait. Ils critiquent toujours ; ils sont orgueilleux, emportés, hautains. Leurs discours peuvent produire une forte impression, mais non gagner les âmes à Jésus-Christ.

                4. Voyez de quelle espèce est votre zèle et par là vous pourrez savoir quel est le caractère de votre religion. Examinez si la lumière est en vous accompagnée de l'amour. S'il en est réellement ainsi, votre zèle ne sera pas sectaire. Mais celui qui est rempli de jalousie à l'égard de tout ce qui n'appartient pas à sa secte ou à son parti, est encore loin de l'amour parfait.

                  Le vrai amour n'est jamais dur, ni accusateur. S'il est obligé de parler des fautes des autres, il le fait avec bonté et à regret. Il ne peut parler rudement aux autres, il ne peut pas davantage parler d'eux avec dureté. Il ne mettra, jamais grande importance à ce qui est secondaire ou accessoire dans la religion ; il ne disputera pas pour des questions de forme ou de mesures particulières à prendre. Beaucoup de gens discutent presque avec fureur pour ou contre « certaines nouvelles mesures; » s'ils étaient remplis d'amour, ils ne le feraient pas. Le zèle qui provient de l'amour parfait ne se dépense pas à combattre pour ou contre des formes, non plus qu'à attaquer des maux ou des erreurs minuscules. L'amour conduit à mettre de l'importance à ce qui est fondamental dans la religion, à s'attacher aux chrétiens qui ont le coeur chaud, n'importe leur dénomination, à les aimer et à trouver ses délices à s'associer avec eux. Si vous rencontrez un homme qui aime à assister aux réunions ecclésiastiques et à prendre part à toutes les discussions du jour, vous pouvez être sûr que cet homme n'est pas rempli d'amour. Pour celui qui est rempli d'un saint amour, il est excessivement pénible d'aller à de telles réunions et de voir les ministres se diviser en plusieurs partis, manoeuvrant, délibérant, avocassant et luttant pour la prééminence. De même quant aux disputes dans les journaux ; celui qui aime à s'y livrer n'est pas rempli d'amour ; s'il l'était, il préférerait être insulté, moqué, calomnié, plutôt que de répondre et de se défendre soi-même. Jamais celui qui a l'amour ne rendra injures pour injures; si on le maudit, il bénira. Autant que cela sera possible, il aura la paix avec tous les hommes.

                        5. Où il y a religion, ou du moins ce qu'on appelle de ce nom, il n'y a pas toujours amour ; il s'en faut de beaucoup.

                       Que d’œuvres qui passent pour des oeuvres religieuses et qui ont été suscitées par des influences extérieures et non par la puissance intérieure d'un saint amour Il faut que nous le comprenions mieux que nous ne l'avons fait jusqu'ici : à moins que l'amour ne soit l'inspiration première de nos actions, il n'y a pas de religion en elles, qu'elles s'appellent prières, discours, chant des louanges de Dieu, donations, aumônes, ou bonnes oeuvres de quelque espèce que ce soit. Que d'excitation qui passe pour religion, sans que cependant l'amour s'y trouve ! Que de zèle dénué de religion.

                    Voici un homme toujours rempli d'un zèle amer ; on le reprend: vite il se réfugie dans l'exemple de Paul disant à  Elymas : « fils du diable. » Si c'était l'amour qui l'animât, il comprendrait qu'il se trouve dans des circonstances tout,autres que celles où était l'apôtre Paul alors qu'il reprenait le magicien. 

                     6. L'excitation religieuse qui ne procède pas d'un esprit d'amour ne constitue pas un vrai réveil religieux. L'église peut, être fort excitée, se donner beaucoup de mouvement, faire beaucoup de bruit, avec grande apparence de zèle,et grande impétuosité, mais sans amour des âmes, sans tendresse. Quelquefois ceux qui prennent au mouvement la part la plus active ont un ton grossier et déplaisant et querellent les familles qu'ils visitent. Un jour un jeune homme que je connaissais avoua qu'il prenait à tâche de mettre les gens en colère, et cela, disait-il, parce que c'était un bon moyen de produire chez eux une conviction de péché qui souvent amenait la conversion. Il aurait pu tout aussi bien se mettre à prononcer en leur présence d'affreux blasphèmes pour les rejeter vers la religion par l'horreur que ces blasphèmes leur auraient inspirée. Mais qui pourrait justifier une telle conduite sous prétexte qu'elle aurait eu quelquefois de bons résultats?

                       Si l'excitation produite par un réveil a été celle d'un zèle amer, on peut dire, sans méconnaître les exceptions, ni les bonnes intentions de quelques-uns, qu'il n'y aura pas eu réveil religieux, mais réveil de la colère, de la malice, de tout ce qui est contraire à la charité, en un mot réveil de l'irréligion.

                    7. Quand des gens font profession d'être convertis, si l'amour n'est pas le trait qui les distingue, leur conversion n'est pas véritable.

                     Quelque bonne apparence qu'ils puissent avoir sous d'autres rapports, quelle que soit la clarté de leurs vues, la profondeur de leurs sentiments, s'ils n'ont pas un esprit d'amour pour Dieu et pour l'homme, ils se trompent eux-mêmes. N'ayez pas confiance en de tels convertis.

                     8. Considérez un peu ce que serait ce monde si tous les hommes étaient mus par un esprit d'amour.

                  Nous savons que le temps viendra où « il ne se fera plus ni tort ni dommage,» et où l'esprit d'amour prévaudra universellement. Quel changement dans la société! Quel changement dans les affaires et dans les relations sociales, quand. chacun aimera son prochain comme soi-même et recherchera le  bien des autres comme le sien propre ! Si l'un des saints de notre époque revenait sur la terre à ce moment-là, il ne reconnaîtrait plus le monde dans lequel il aurait vécu : « Est-ce possible, s'écrierait-il, que ce soit cette même terre qui était si pleine d'extorsions, de fraudes, de querelles et d'oppression ? »

                 9. Le but du travail de notre Seigneur Jésus-Christ est d'amener toute l'humanité sous l'influence de l'amour.

                 Quel objet plus digne pouvait-il se proposer ? Il est venu pour détruire les oeuvres du diable et ce n'est que par l'amour qu'elles peuvent être détruites. Supposez que le monde soit rempli d'hommes tels qu' était Jésus-Christ dans sa nature humaine, et comparez cette perspective avec l'état actuel des choses. Ne serait-ce pas un changement digne du Fils de Dieu? Quel but glorieux, remplir la terre d'amour !

                      10. Vous voyez maintenant en quoi consiste le ciel. Il  consiste dans l'amour, l'amour parfait. Et l'on voit en même temps comment le ciel peut commencer déjà sur la terre; il a commencé partout où les cœurs sont remplis d'amour. Quelle douceur de caractère chez ceux dont le cœur est tel ! Que leur compagnie est agréable ! Quelle bénédiction que de vivre près d'eux : Lunes si pleines de candeur, de bonté, de noblesse, si soigneuses à éviter tout ce qui peut faire de la peine, si divinement aimables en toutes choses!

                    Demanderez-vous s'il est bien possible d'en arriver là; si nous pouvons vraiment aimer Dieu, dès cette vie, de tout notre coeur, de toute notre âme, de toute notre force et de toute notre pensée? N'est-ce donc pas notre privilège et notre devoir de posséder l'Esprit de Christ, ou sommes-nous obligés de manifester un esprit qui n'est autre que celui du diable ?

                     Bien-aimés, tendons à l'amour parfait; ne laissons aucun repos à Dieu jusqu'à ce que nous sentions nos cœurs remplis de son amour, jusqu'à ce que toutes nos pensées et nos vies soient pleines d'amour pour Lui et pour les hommes. Oh ! quand l'Eglise se lèvera-t-elle pour marcher vers ce but? Qu'elle soit seulement remplie d'amour et elle sera « belle connue le jour, resplendissante comme le soleil et terrible à toute méchanceté comme une armée qui marche à enseignes déployées (Cantique 4 :4,10). 

à suivre.........